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  • Ils ont dit au sujet de la possession du corps

    "Le corps est le tombeau de l’âme." [Platon]

    "L’âme ne raisonne jamais mieux que quand elle s’isole le plus complètement en elle-même, en envoyant promener le corps" [Platon]

    "Notre corps […] est l’enveloppe de l’âme, qui, de son côté, en est la gardienne et la protectrice" [Lucrèce]

    "Je ne suis point cet assemblage de membres que l’on appelle le corps humain […] puisque j’ai supposé que tout cela n’était rien, et que, sans changer cette supposition, je trouve que je ne laisse pas d’être certain que je suis quelque chose." [René Descartes]

    "Je ne suis pas seulement logé dans mon corps, ainsi qu’un pilote en son navire." [René Descartes]

    "Personne, il est vrai, n’a jusqu’à présent déterminé ce que peut le corps, c’est-à-dire l’expérience n’a enseigné à personne jusqu’à présent ce que, par les seules lois de la Nature considérée en tant seulement que corporelle, le corps peut faire et ce qu’il ne peut pas faire à moins d’être déterminé par l’esprit." [Baruch Spinoza]

    "Je suis corps tout entier et rien autre chose ; l’âme n’est qu’un mot pour une parcelle du corps… [Le corps] ne dit pas moi, mais il est moi." [Friedrich Nietzsche]

    "Notre avidité de connaître la nature est un moyen pour le corps de se perfectionner" [Friedrich Nietzsche]

    "Ce que nous appelons notre Moi se comporte dans la vie d'une façon toute passive, que nous sommes, pour nous servir de son expression, vécus par des forces inconnues, échappant à notre maîtrise." [Sigmund Freud]

    "Je n’ai pas d’autre moyen de connaître le corps humain que de le vivre, c’est-à-dire de reprendre à mon compte le drame qui le traverse et de me confondre avec lui. Je suis donc mon corps." [Maurice Merleau-Ponty]

    "Notre siècle a effacé la ligne de partage du "corps" et de l'"esprit" et voit la vie humaine comme spirituelle et corporelle de part en part, toujours appuyée au corps, toujours intéressée, jusque dans ses modes les plus charnels, au rapport des personnes." [Maurice Merleau-Ponty]

    "La vieille puissance de la mort où se symbolisait le pouvoir souverain est maintenant recouverte soigneusement par l’administration des corps et la gestion calculatrice de la vie." [Michel Foucault]

    "Si les sociétés attachent un tel prix aux détails en apparence les plus insignifiants de la tenue, du maintien, des manières corporelles et verbales, c’est que ‘traitant’ le corps comme une mémoire, elles lui confèrent […] les principes fondamentaux de l’‘arbitraire culturel’. Ce qui est ainsi incorporé se trouve placé hors des prises de la conscience." [Pierre Bourdieu]

    "Le corps est l'ensemble de nos pouvoirs, son être n'est compréhensible qu'à partir de l'essence de la puissance…" [Michel Henry]

    "En fait, le corps humain est tout d’abord un « objet matériel » et, en tant que tel, il s’inscrit L’être humain est une personne incarnée : sans corps, elle n’existerait pas ; par le corps, elle est liée à la matérialité du monde." [Michela Marzano]

    "En fait, le corps humain est tout d’abord un « objet matériel » et, en tant que tel, il s’inscrit dans le « devenir » et dans le « paraître »." [Michela Marzano]

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  • Descartes : Le corps d'un homme, notion équivoque

    Premièrement je considère ce que c'est que le corps d'un homme, et je trouve que ce mot de corps est fort équivoque ; car, quand nous parlons d'un corps en général, nous entendons une partie déterminée de la matière, et ensemble de la quantité dont l'univers est composé, en sorte qu'on ne saurait ôter tant soit peu de cette quantité, que nous ne jugions incontinent que le corps est moindre et qu'il n'est plus entier ; ni changer aucune particule de cette matière, que nous ne pensions par après que le corps n'est plus totalement le même, ou idem numero [le même, numériquement]. Mais, quand nous parlons du corps d'un homme, nous n'entendons pas une partie déterminée de matière, ni qui ait une grandeur déterminée, mais seulement nous entendons toute la matière qui est ensemble unie avec l'âme de cet homme ; en sorte que, bien que cette matière change, et que sa quantité augmente ou diminue, nous croyons toujours que c'est le même corps, idem numero, pendant qu'il demeure joint et uni substantiellement à la même âme ; et nous croyons que ce corps est tout entier, pendant qu'il a en soi toutes les dispositions requises pour conserver cette union. Car il n'y a personne qui ne croie que nous avons les mêmes corps que nous avons eus dès notre enfance, bien que leur quantité soit de beaucoup augmentée, et que, selon l'opinion commune des médecins, et sans doute selon la vérité, il n'y ait plus en eux aucune partie de la matière qui y était alors, et même qu'ils n'aient plus la même figure ; en sorte qu'ils ne sont eadem numero [les mêmes, numériquement], qu'à cause qu'ils sont informés de la même âme. Pour moi, qui ai examiné la circulation du sang, et qui crois que la nutrition ne se fait que par une continuelle expulsion des parties de notre corps, qui sont chassées de leur place par d'autres qui y entrent, je ne pense pas qu'il y ait aucune particule de nos membres qui demeure la même numero un seul moment, encore que notre corps, en tant que corps humain, demeure toujours le même numero pendant qu'il est uni avec la même âme. Et même, en ce sens-là, il est indivisible : car, si on coupe un bras ou une jambe à un homme, nous pensons bien que son corps est divisé, en prenant le nom de corps en la 1re signification, mais non pas en le prenant en la 2e ; et nous ne pensons pas que celui qui a un bras ou une jambe coupée, soit moins homme qu'un autre. Enfin, quelque matière que ce soit, et de quelque quantité ou figure qu'elle puisse être, pourvu qu'elle soit unie avec la même âme raisonnable, nous la prenons toujours pour le corps du même homme, et pour le corps tout entier, si elle n'a pas besoin d'être accompagnée d'autre matière pour demeurer jointe à cette âme.

    René Descartes, Lettre au Père Mesland (9 février 1645)

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  • Descartes : Le corps est une machine

    Je désire que vous considériez, après cela, que toutes les fonctions que j'ai attribuées à cette machine, comme la digestion des viandes, le battement du cœur et des artères, la nourriture et la croissance des membres, la respiration, la veille et le sommeil ; la réception de la lumière, des sons, des odeurs, des goûts, de la chaleur et de telles autres qualités, dans les organes des sens extérieurs ; l'impression de leurs idées dans l'organe du sens commun et de l'imagination, la rétention ou l'empreinte de ces idées dans la mémoire, les mouvements intérieurs des appétits et des passions ; et enfin les mouvements extérieurs de tous les membres, qui suivent si à propos, tant des actions des objets qui se présentent aux sens, que des passions, et des impressions qui se rencontrent dans la mémoire, qu'ils imitent le plus parfaitement possible ceux d'un vrai homme : je désire, dis-je, que vous considériez que ces fonctions suivent toutes naturellement en cette machine, de la seule disposition de ses organes, ni plus ni moins que font les mouvements d'une horloge, ou autre automate, de celle de ses contrepoids et de ses roues ; en sorte qu'il ne faut point à leur occasion concevoir en elle aucune autre âme végétative, ni sensitive, ni aucun autre principe de mouvement et de vie, que son sang et ses esprits, agités par la chaleur du feu qui brûle continuellement dans son cœur, et qui n'est point d'autre nature que tous les feux qui sont dans les corps inanimés.

    René Descartes, Traité de l'homme (1634)

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  • Descartes : Corps et esprit

    Je remarque ici, premièrement, qu’il y a une grande différence entre l’esprit et le corps, en ce que le corps, de sa nature, est toujours divisible, et que l’esprit est entièrement indivisible. Car en effet, lorsque je considère mon esprit, c’est-à-dire moi-même en tant que je suis seulement une chose qui pense, je n’y puis distinguer aucunes parties, mais je me conçois comme une chose seule et entière. Et quoique tout l’esprit semble être uni à tout le corps, toutefois un pied, ou un bras, ou quelque autre partie étant séparée de mon corps, il est certain que pour cela il n’y aura rien de retranché de mon esprit. Et les facultés de vouloir, de sentir, de concevoir, etc., ne peuvent pas proprement être dites ses parties : car le même esprit s’emploie tout entier à vouloir, et aussi tout entier à sentir, à concevoir, etc. Mais c’est tout le contraire dans les choses corporelles ou étendues : car il n’y en a pas une que je ne mette aisément en pièces par ma pensée, que mon esprit ne divise fort facilement en plusieurs parties et par conséquent que je ne connaisse être divisible. Ce qui suffirait pour m’enseigner que l’esprit ou l’âme de l’homme est entièrement différente du corps, si je ne l’avais déjà d’ailleurs assez appris.

    René Descartes, Méditations métaphysiques (1641)

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  • Descartes : Le corps est une machine

    Je ne reconnais aucune différence entre les machines que font les artisans et les divers corps que la nature seule compose, sinon que les effets des machines ne dépendent que de l'agencement de certains tuyaux, ou ressorts, ou autres instruments, qui, devant avoir quelque proportion avec les mains de ceux qui les font, sont toujours si grands que leurs figures et mouvements se peuvent voir, au lieu que les tuyaux ou ressorts qui causent les effets des corps naturels sont ordinairement trop petits pour être aperçus de nos sens. Et il est certain que toutes les règles des mécaniques appartiennent à la physique, en sorte que toutes les choses qui sont artificielles, sont avec cela naturelles. Car, par exemple, lorsqu'une montre marque les heures par le moyen des roues dont elle est faite, cela ne lui est pas moins naturel qu'il est à un arbre de produire des fruits.

    C'est pourquoi, en même façon qu'un horloger, en voyant une montre qu'il n'a point faite, peut ordinairement juger, de quelques-unes de ses parties qu'il regarde, quelles sont toutes les autres qu'il ne voit pas : ainsi, en considérant les effets et les parties sensibles des corps naturels, j'ai tache de connaitre quelles doivent être celles de leurs parties qui sont insensibles.

    René DescartesPrincipes de la philosophie (1644)

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  • Ils ont dit, au sujet du désir

    "Cet homme donc, comme tous ceux qui désirent, désire ce qui n'est pas actuel ni présent ; ce qu'on n'a pas, ce qu'on n'est pas, ce dont on manque, voilà les objets du désir et de l'amour." [Platon]

    "Aussi longtemps que nous aurons notre corps et que notre âme sera pétrie avec cette chose mauvaise, jamais nous ne posséderons en suffisance l'objet de notre désir. " [Platon]

    "Ceux qui désirent le moins de choses sont les plus près des dieux. " [Platon]

    "Le fait que tous les êtres, bêtes et hommes, poursuivent le plaisir est un signe que le plaisir est en quelque façon le Bien Suprême." [Aristote]

    "Souviens-toi donc de ceci : si tu crois soumis à ta volonté ce qui est, par nature, esclave d’autrui, si tu crois que dépende de toi ce qui dépend d’un autre, tu te sentiras entravé." [Épictète]

    "Ce n'est pas par la satisfaction du désir que s'obtient la liberté, mais par la destruction du désir." [Épictète]

    "Chacun devance sa propre vie : il se tourmente par désir de l'avenir et par dégoût du présent. Mais celui-ci qui met son temps tout entier à son service, qui organise toutes ses journées comme une vie entière, ne souhaite ni ne craint le lendemain." [Sénèque]

    "Pour les remèdes contre les excès des passions, j'avoue bien qu'ils sont difficiles à pratiquer, et même qu'ils ne peuvent suffire pour empêcher les désordres qui arrivent dans le corps." [René Descartes]

    "Ainsi nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre ; et, nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais." [Blaise Pascal]

    "Nous jugeons qu'une chose est bonne parce que nous faisons effort vers elle, que nous la voulons et tendons vers elle par appétit ou désir." [Baruch Spinoza]

    "Toute chose s'efforce - autant qu'il est en son pouvoir - de persévérer dans son être. L'effort par lequel toute chose s'efforce de persévérer dans son être n'est rien d'autre que l'essence actuelle de cette chose. " [Baruch Spinoza]

    "Les hommes sont conduits plutôt par le désir aveugle que par la raison. " [Baruch Spinoza]

    "On dit que le désir naît de la volonté, c'est le contraire, c'est du désir que naît la volonté. Le désir est fils de l'organisation." [Denis Diderot]

    "Tant qu’on désire on peut se passer d’être heureux; on s’attend à le devenir: si le bonheur ne vient point, l’espoir se prolonge, et le charme de l’illusion dure autant que la passion qui le cause." [Jean-Jacques Rousseau]

    "Malheur à qui n’a plus rien à désirer ! il perd pour ainsi dire tout ce qu’il possède. On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère, et l’on n’est heureux qu’avant d’être heureux. " [Jean-Jacques Rousseau]

    "Tout sentiment de peine est inséparable du désir de s'en délivrer ; toute idée de plaisir est inséparable du désir d'en jouir ; tout désir suppose privation, et toutes les privations qu'on sent sont pénibles ; c'est donc dans la disproportion de nos désirs et de nos facultés que consiste notre misères. Un être sensible dont les facultés égaleraient les désirs serait un être absolument heureux." [Jean-Jacques Rousseau]

    "Enfin, mon cher, je suis un animal amphibie ; j’aime tout, je m’amuse de tous les genres." [Sade]

    "Ce n'est pas dans la jouissance que consiste le bonheur, c'est dans le désir, c'est à briser les freins qu'oppose à ce désir. " [Sade]

    "Tout vouloir procède d’un besoin, c’est-à-dire d’une privation, c’est-à-dire d’une souffrance. La satisfaction y met fin ; mais pour un désir qui est satisfait, dix au moins sont contrariés ; de plus le désir est long et ses exigences tendent à l’infini ; la satisfaction est courte et elle est parcimonieusement mesurée. » [Arthur Schopenhauer]

    "Toutes les passions ont un temps où elles ne sont que néfastes, où elles avilissent leurs victimes avec la lourdeur de la bêtise, – et une époque tardive, beaucoup plus tardive où elles se marient à l’esprit, où elles se « spiritualisent »." [Friedrich Nietzsche]

    "On en vient à aimer son désir et non plus l'objet de son désir. " [Friedrich Nietzsche]

    "Nous n'arrivons pas à changer les choses suivant notre désir, mais peu à peu notre désir change." [Marcel Proust]

    "L'objet de la pulsion est ce en quoi ou par quoi la pulsion peut atteindre son but. Il est ce qu'il y a de plus variable dans la pulsion, il ne lui est pas originairement lié : mais ce n'est qu'en raison de son aptitude particulière à rendre possible la satisfaction qu'il est adjoint. " [Sigmund Freud]

    "Le rêve est la satisfaction d’un désir." [Sigmund Freud]

    "Nous ne pouvons jouir intensément que de ce qui est contraste, et nous ne pouvons jouir que très peu de ce qui est état." [Sigmund Freud]

    "Ce qui caractérise l'illusion, c'est d'être dérivée des désirs humains ; elle se rapproche par là de l'idée délirante en psychiatrie, mais se sépare aussi de celle-ci, même si l'on ne tient pas compte de la structure compliquée de l'idée délirante. " [Sigmund Freud]

    "Le désir est une conduite d'envoûtement." [Jean-Paul Sartre]

    "L'intérêt peut être trompé, méconnu ou trahi, mais pas le désir." [Gilles Deleuze]

    "Ascèse, pourquoi pas ? L'ascèce a toujours été la condition du désir, et non sa discipline ou son interdiction." [Gilles Deleuze]

    "L’amour, c’est offrir quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas." [Jacques Lacan]

    "Le désir de l'homme trouve son sens dans le désir de l'autre." [Jacques Lacan]

    "Souvenez-vous du cri du Roi Lear devant la dégringolade du train de vie que lui proposaient ses filles : "quel besoin avez-vous de cinquante serviteurs? - Quel besoin de dix? - Quel besoin d'un?" Et lui, alors : "Ah! Ne discutez pas le besoin! Le plus gueux des mendiants a toujours une bricole de superflu! Réduisez la nature aux besoins de nature et l'homme est une bête, sa vie ne vaut pas plus. Comprends-tu qu'il nous faut un rien de trop pour être?" [Maurice Clavel]

    "Les spectateurs ne trouvent pas ce qu'ils désirent, ils désirent ce qu'ils trouvent." [Guy Debord]

    Toute personne se qualifie par ses objets... Pour devenir objet de consommation, il faut que l'objet devienne signe..." [Jean Baudrillard]

    "Tu viens de partir. J’ai dit à Hugh que je devais compléter quelque chose dans mon travail. Il fallait que je monte dans ma chambre, que je sois seule. J’étais si pleine de toi que j’avais peur de montrer mon visage. Henry, jamais aucun de tes départs ne m’a autant secouée." [Anaïs Nin]

    "Tout se réduit en somme au désir et à l’absence de désir. Le reste est nuance." [Emil Michel Cioran]

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  • Descartes : Remèdes contre les excès des passions

    Pour les remèdes contre les excès des passions, j'avoue bien qu'ils sont difficiles à pratiquer, et même qu'ils ne peuvent suffire pour empêcher les désordres qui arrivent dans le corps, mais seulement pour faire que l'âme ne soit point troublée, et qu'elle puisse retenir son jugement libre. A quoi je ne juge pas qu'il soit besoin d'avoir une connaissance exacte de la vérité de chaque chose, ni même d'avoir prévu en particulier tous les accidents qui peuvent survenir, ce qui serait sans doute impossible ; mais c'est assez d'en avoir imaginé en général de plus fâcheux que ne sont ceux qui arrivent, et de s'être préparé à les soutenir. Je ne crois pas aussi qu'on pèche guère par excès en désirant les choses nécessaires à la vie ; ce n'est que des mauvaises ou superflues que les désirs ont besoin d'être réglés. Car ceux qui ne tendent qu'au bien sont, ce me semble, d'autant meilleurs qu'ils sont plus grands ; et quoique j'aie voulu flatter mon défaut, en mettant une je ne sais quelle langueur entre les passions excusables, j'estime néanmoins beaucoup plus la diligence de ceux qui se portent toujours avec ardeur à faire les choses qu'ils croient être en quelque façon de leur devoir, encore qu'ils n'en espèrent pas beaucoup de fruit.

    René Descartes, Lettre à Élisabeth (mai 1646)

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  • Ils ont dit, au sujet de la solitude et des autres

    "Dieu dit: Il n'est pas bon que l'homme soit seul; je lui ferai une aide semblable à lui." [Genèse]

    "Il n'était jamais moins seul que lorsqu'il était seul" [Caton]

    "Maintenant donc que mon esprit est libre de tous soins, et que je me suis procuré un repos assuré dans une paisible solitude, je m'appliquerai sérieusement et avec liberté à détruire généralement toutes mes anciennes opinions." [René Descartes]

    "C'est dans les villes les plus peuplées que l'on peut trouver la plus grande solitude." [Jean Racine]

    "Qui n'aime donc pas la solitude n'aime pas la liberté, car on n'est libre qu'étant seul" [Arthur Schopenhauer]

    "Donc cette prétendue bonne société n'a pas seulement l'inconvénient de nous mettre en contact avec des gens que nous ne pouvons ni approuver ni aimer, mais encore elle ne nous permet pas d'être nous-même, d'être tel qu'il convient à notre nature." [Arthur Schopenhauer]

    "Personne ne peut être heureux dans une solitude éternelle." [Anne Brontë]

    "Lorsque Zarathoustra eut atteint sa trentième année, il quitta sa patrie et le lac de sa patrie et s’en alla dans la montagne. Là il jouit de son esprit et de sa solitude et ne s’en lassa point durant dix années." [Friedrich Nietzsche]

    "Et sans doute les premiers temps avait-il pensé, dans la solitude même, avec plaisir que, par le moyen de ses œuvres, il s’adressait à distance, il donnait une plus haute idée de lui, à ceux qui l’avaient méconnu ou froissé. Peut-être alors vécut-il seul, non par indifférence, mais par amour des autres." [Marcel Proust]

    "Une seule chose est nécessaire : la solitude. La grande solitude intérieure. Aller en soi-même et ne rencontrer pendant des heures personne, c'est à cela qu'il faut parvenir. Etre seul, comme l'enfant est seul..." [Rainer Maria Rilke]

    "Il est bon de redire que l'homme ne se forme jamais par l'expérience solitaire." [Alain]

    "La solitude est une prison." [Lao She]

    "Ce que nous appelons isolement dans la sphère politique, se nomme désolation dans la sphère des relations humaines. Isolement et désolation font deux." [Hannah Arendt]

    "La désolation n'est pas la solitude. Celle-ci requiert que l'on soit seul, alors que celle-là n'apparaît jamais mieux qu'en compagnie." [Hannah Arendt]

    "Alors, c'est ça l'enfer. Je n'aurais jamais cru ... Vous vous rappelez : le soufre, le bûcher, le gril... Ah ! Quelle plaisanterie… Pas besoin de gril : l'enfer, c'est les Autres." [Jean-Paul Sartre]

    "J'ai voulu dire "l'enfer c'est les autres". Mais "l'enfer c'est les autres " a été toujours mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c'était toujours des rapports infernaux. Or, c'est tout autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l'autre ne peut être que l'enfer." [Jean-Paul Sartre]

    "L'absence c'est Dieu. Dieu, c'est la solitude des hommes." [Jean-Paul Sartre]

    "Tant la solitude me comble que le moindre rendez-vous m'est une crucifixion." [Emil Michel Cioran]

    "On ne trouve pas la solitude, on la fait." [Marguerite Duras]

    “Ce qui est le plus pénible est l'absence totale de solitude.” [Claude Lévi-Strauss]

    "Quant à la solitude, c'est évidemment notre lot à tous : le sage n'est plus proche de la sienne que parce qu'il est plus proche de la vérité. Mais la solitude n'est pas l'isolement : certains la vivent en ermite, certes, dans une grotte ou un désert, mais d'autres, aussi bien, dans un monastère, et d'autres encore les plus nombreux dans la famille ou la foule..." [André Comte-Sponville]

    "Tout courage vrai, tout amour vrai, même au service de la société, suppose ce rapport lucide à soi, qui est le contraire du narcissisme (…) et que j'appelle la solitude… L'égoïsme et la socialité vont ensemble ; ensemble la solitude et la générosité. Solitude des héros et des saints : solitude de Jean Moulin, solitude de l'abbé Pierre... Cela vaut aussi pour l'art ou la philosophie" [André Comte-Sponville]

    "Cela étant, comment aime-t-on lorsqu'on aime la solitude ? Comment quête-t-on l'autre ? Eh bien, je ne pense pas qu'il soit contradictoire d'aimer être seul et de parfois se laisser transporter jusqu'à « sortir de soi »" [Jean-Michel Besnier]

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  • Descartes : Grâce à ma paisible solitude...

    Il y a déjà quelque temps que je me suis aperçu, que dès mes premières années j'avais reçu quantité de fausses opinions pour véritables, et que ce que j'ai depuis fondé sur des principes si mal assurés, ne pouvait être que fort douteux et incertain; de façon qu'il me fallait entreprendre sérieusement une fois en ma vie, de me défaire de toutes les opinions que j'avais reçues jusques alors en ma créance, et commencer tout de nouveau dès les fondements, si je voulais établir quelque chose de ferme, et de constant dans les sciences. Mais cette entreprise me semblant être fort grande, j'ai attendu que j'eusse atteint un âge qui fût si mûr, que je n'en pusse espérer d'autre après lui auquel je fusse plus propre à l'exécuter: ce qui m'a fait différer si longtemps, que désormais je croirais commettre une faute, si j'employais encore à délibérer le temps qui me reste pour agir.

    Maintenant donc que mon esprit est libre de tous soins, et que je me suis procuré un repos assuré dans une paisible solitude, je m'appliquerai sérieusement et avec liberté à détruire généralement toutes mes anciennes opinions. Or il ne sera pas nécessaire pour arriver à ce dessein de prouver qu'elles sont toutes fausses, de quoi peut-être je ne viendrais jamais à bout... Mais parce que la ruine des fondements entraîne nécessairement avec soi tout le reste de l'édifice, je m'attaquerai d'abord aux principes sur lesquels toutes mes anciennes opinions étaient appuyées.

    René Descartes, Méditations métaphysiques, Première méditation (1641)

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  • Descartes : Liberté, indifférence ou choix éclairé?

    "Il n’y a que la seule volonté, que j’expérimente en moi être si grande, que je ne conçois point l’idée d’aucune autre plus ample et plus  étendue : en sorte que c’est elle principalement qui me fait connaître que je porte l’image et la ressemblance de Dieu. Car, encore qu’elle soit incomparablement plus grande dans Dieu, que dans moi, soit à raison de la connaissance et de la puissance, qui s’y trouvant jointes la rendent plus ferme et plus efficace, soit à raison de l’objet, d’autant qu’elle se porte et s’étend infiniment à plus de choses ; elle ne me semble pas toutefois plus grande, si je la considère formellement et précisément en elle-même.

    Car elle consiste seulement en ce que nous pouvons faire une chose, ou ne la faire pas (c’est-à-dire affirmer ou nier, poursuivre ou fuir), ou plutôt seulement en ce que, pour affirmer ou nier, poursuivre ou fuir les choses que l’entendement nous propose, nous agissons en telle sorte que nous ne sentons point qu’aucune force extérieure nous y contraigne.

    Car, afin que je sois libre, il n’est pas nécessaire que je sois indifférent à choisir l’un ou l’autre des deux contraires ; mais plutôt, d’autant plus que je penche vers l’un, soit que je connaisse évidemment que le bien et le vrai s’y rencontrent, soit que Dieu dispose ainsi l’intérieur de ma pensée, d’autant plus librement j’en fais choix et je l’embrasse. Et certes la grâce divine et la connaissance naturelle, bien loin de diminuer ma liberté, l’augmentent plutôt, et la fortifient.

    De façon que cette indifférence que je sens, lorsque je ne suis point emporté vers un côté plutôt que vers un autre par le poids d’aucune raison, est le plus bas degré de la liberté, et fait plutôt paraître un défaut dans la connaissance, qu’une perfection dans la volonté, car si je connaissais toujours clairement ce qui est vrai et ce qui est bon, je ne serais jamais en peine de délibérer quel jugement et quel choix je devrais faire ; et ainsi je serais entièrement libre, sans jamais être indifférent."

    René Descartes, Méditations philosophiques (1641)

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  • Compte-rendu du débat: "Faut-il vivre comme si nous ne devions jamais mourir?"

    Le vendredi 13 avril, le café philosophique de Montargis se délocalisait exceptionnellement à la Médiathèque de Montargis pour un nouveau débat qui avait pour thème : "Faut-il vivre comme si nous ne devions jamais mourir ?" L’équipe de la médiathèque avait mis les petits plats dans les grands pour accueillir un public d’une soixantaine de personnes venus débattre.

    Ce sujet est capital en philosophie, comme le disait en substance Albert Camus. Pour un premier participant, la question du débat semblerait poser problème dans sa formulation. Deux autres intervenants abordent le sujet de ce soir comme un appel à avoir en finalité notre mort future, sans perdre de vue pour autant cette vie qui nous est donnée et dont nous devons tirer profit. Si "philosopher c’est apprendre à mourir" comme le disait Montaigne, cela ne doit pas être une obsession ni nous empêcher d’agir – dans la mesure de nos moyens – choisir nos actions à entreprendre, avec le minimum d’impacts sur notre planète.

    La question du débat de ce soir interpelle une autre personne du public. "Faut-il vivre comme si nous ne devions jamais mourir ?" : le "comme si" interpelle. C’est un "comme si" qui implique une forme de mensonge ou d’illusion puisque de toute manière nous mourrons tous un jour.

    Par ailleurs, pour une autre personne du public, la question ne se pose pas au conditionnel : quand on naît, on vit et il y a par la suite un instinct de vie qui nous fait avancer lorsque nous sommes enfants. La pensée de la mort viendrait après – et en tout cas pas.

    Finalement, est-il encore dit, dans la question de ce soir, "Faut-il vivre comme si nous ne devions jamais mourir ?", chacun de ces termes pose problème, et, mis bout à bout, nous serions hors-sujet. La proposition de ce soir, intervient un animateur du café philo, est aussi celle que nous propose la société de consommation dans laquelle nous sommes. Dans des temps plus anciens, la mort était par contre plus présente qu’aujourd’hui, ne serait-ce que parce que les guerres étaient plus présentes.

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  • Compte-rendu du débat: "Tout doit-il être fait par passion?"

    Environ 40 participants étaient présents pour la séance du 23 mars au Belman, "Tout doit-il être fait par passion ?"

    La séance commence par la diffusion d’un court extrait de l’émission de Raphaël Enthoven, Philo, portant sur les passions. La séance commence par une question ouverte sur le thème du débat de ce soir mais aussi sur des exemples de passions. Finalement qu’est-ce qu’être passionné ? Un premier intervenant parle de ses passions pour les sciences astronomiques, physiques, électroniques, informatiques ou en intelligence artificielle. Être passionné c’est aller très loin dans ses actes et dans ses réflexions, dans tous les domaines. Il serait difficile d’avoir plusieurs passions dans sa vie, et toute sa vie. Cette personne parle de "beauté" en évoquant ses passions.

    Il y aurait plusieurs objets de passions, mais une forme d’"unité" dans cette passion. Ce dont il est question est bien de savoir si l’enjeu n’est pas dans l’objet de la passion. D’autre part, dans la question "Tout doit-il être fait par passion ?", il y a ce fameux "tout" globalisant à la fois notre énergie, notre temps et aussi, quelque part, cette multiplicité des passions, passées ou en devenir et comme autant de "champs de bataille à conquérir", comme l’a montré le premier intervenant.

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  • lls ont dit, au sujet des passions

    "En te racontant cela, est-ce que je te convaincs d'admettre que la vie tempérante vaut mieux que la vie déréglée ?" [Platon]

    "Qui ne commence pas par l'amour ne saura jamais ce qu'est la philosophie." [Platon]

    "Les passions sont aussi mauvais instruments que mauvais guides." [Sénèque]

    "Les passions ne sont en elles-mêmes ni bonnes ni mauvaises." [Saint Thomas d’Aquin]

    "Le monde fut toujours habité pas des hommes qui ont eu les mêmes passions." [Nicolas Machiavel]

    "L'envie est de toutes les passions humaines la plus constante." [Francis Bacon]

    "Les hommes que les passions peuvent le plus émouvoir sont capables de goûter le plus de douceur en cette vie." [René Descartes]

    "Les passions sont toutes bonnes de leur nature et nous n’avons rien à éviter que leurs mauvais usages ou leurs excès." [René Descartes]

    "Démonstration : Une affection qui est une passion est une idée confuse (Définition générale des Affections). Si donc nous formons de cette affection une idée claire et distincte, il n'y aura entre cette idée et l'affection elle-même, en tant qu'elle se rapporte à l’âme seule, qu'une distinction de raison, et ainsi l'affection cessera d'être une passion."[Baruch Spinoza]

    "Si nous résistons à nos passions, c'est plus par faiblesse que par notre force." [François de La Rochefoucauld]

    "C’est une absurdité de croire que la divinité ait des passions humaines, et l’une des plus basses des passions humaines, un incessant appétit d’applaudissements." [David Hume]

    "Comment réprimer la passion même la plus faible, quand elle est sans contrepoids ? Voilà l'inconvénient des caractères froids et tranquilles." [Jean-Jacques Rousseau]

    "L'épée use le fourreau, dit-on quelquefois. Voilà mon histoire. Mes passions m'ont fait vivre, et mes passions m'ont tué." [Jean-Jacques Rousseau]

    "Ce sont nos passions qui nous rendent faibles, parce qu'il faudrait pour les contenter plus de forces que ne nous en donna la nature." [Jean-Jacques Rousseau]

    "Les passions sobres font les hommes communs." [Denis Diderot]

    "Il n’y a que les passions et les grandes passions qui puissent élever l’âme aux grandes choses." [Denis Diderot]

    "La raison sans les passions serait presque un roi sans sujets." [Denis Diderot]

    "Les vrais passions donnent des forces, en donnant du courage." [Voltaire]

    "Les passions sont les vents qui enflent les voiles du navire ; elles le submergent quelquefois, mais sans elles il ne pourrait voguer." [Voltaire]

    "Qui veut détruire les passions, au lieu de les régler, veut faire l’ange." [Voltaire]

    "On déclame contre les passions, sans songer que c'est à leur flambeau que la philosophie allume le sien, que c'est à l'homme passionné que l'on doit le renversement total de toutes les imbécillités religieuses." [Marquis de Sade]

    "Adressez-vous plutôt aux passions qu'aux vertus quand vous voudrez persuader une femme." [Marquis de Sade]

    "On déclame contre les passions sans songer que c'est à leur flambeau que la philosophie allume le sien." [Marquis de Sade]

    "Les passions de l’homme ne sont que des moyens que la nature emploie pour parvenir à ses desseins." [Marquis de Sade]

    "On a plus perdu quand on a perdu sa passion, que quand on s'est perdu dans sa passion." [Søren Kierkegaard]

    "En ce sens, nous devons dire que rien de grand ne s'est accompli dans le monde sans passion." [Hegel]

    "La passion est tenue pour une chose qui n'est pas bonne, qui est plus ou moins mauvaise : l'homme ne doit pas avoir des passions." [Hegel]

    "Les deux caractères de la passion peuvent être exprimés d'un seul coup : d'une part, elle concentre le moi; de l'autre elle le dirige vers un objet." [Émile Durkheim]

    "Moins vous êtes, plus vous avez... Ainsi, toutes les passions et toutes les activités sont englouties dans la cupidité." [Karl Marx]

    "Toutes les passions ont une période où elles sont seulement néfastes, ou elles rabaissent leur victime de tout le poids de la bêtise, - et plus tard, une autre, beaucoup plus tardive, où elles se marient à l'esprit, se "spiritualisent"." [Friedrich Nietzsche]

    "Autrefois, à cause de la bêtise dans la passion, on faisait la guerre à la passion elle-même : on se conjurait pour l’anéantir, — tous les anciens jugements moraux sont d’accord sur ce point, "Il faut tuer les passions"." [Friedrich Nietzsche]

    "La musique offre aux passions le moyen de jouir d'elles-mêmes." [Friedrich Nietzsche]

    "Les passions sont comme des bibliothèques où le vulgaire séjourne sans connaître les trésors qu'elles contiennent." [Marcel Proust]

    "On supporte moins aisément la passion que la maladie, dont la cause est sans doute en ceci, que notre passion nous paraît résulter entièrement de notre caractère et de nos idées, mais porte avec cela les signes d'une nécessité invincible." [Alain]

    "Le propre des hommes passionnés est de ne pas croire un seul mot de ce que l'on écrit sur les passions." [Alain]

    "Toutes les passions, comme le nom l'indique, viennent de ce que l'on subit au lieu de gouverner." [Alain]

    "Ce sont les passions et non les intérêts qui mènent le monde." [Alain]

    "La logique des passions renverse l'ordre traditionnel du raisonnement et place la conclusion avant les prémisses." [Albert Camus]

    "Les grandes passions se préparent en de grandes rêveries." [Gaston Bachelard]

    "Jamais nous ne devons oublier qu'en dépit des promesses de félicité qui l'accompagnent, [la passion] introduit d'abord le trouble et le dérangement." [Georges Bataille]

    "Pour motiver cette prétendue épreuve, les prêtres et les philosophes ont distingué les passions en bonnes et mauvaises." [Charles Fourier]

    "Comme jaloux, je souffre quatre fois : parce que je suis jaloux, parce que je me reproche de l’être, parce que je crains que ma jalousie ne blesse l’autre, parce que je me laisse assujettir à une banalité : je souffre d’être exclu, d’être agressif, d’être fou et d’être commun." [Roland Barthes]

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  • Descartes : Nos passions sont par nature trompeuses

    "Mais ce qu'on peut toujours faire en telle occasion, et que je pense pouvoir mettre ici comme le remède le plus général et le plus aisé à pratiquer contre tous les excès des passions, c'est que lorsqu'on se sent le sang ainsi ému, on doit être averti et se souvenir que tout ce qui se présente à l'imagination tend à tromper l'âme et à lui faire paraître les raisons qui servent à persuader l'objet de sa passion beaucoup plus fortes qu'elles ne sont, et celles qui servent à la dissuader beaucoup plus faibles. Et lorsque la passion ne persuade que des choses dont l'exécution souffre quelque délai, il faut s'abstenir d'en porter sur l'heure aucun jugement, et se divertir par d'autres pensées jusqu'à ce que le temps et le repos aient entièrement apaisé l'émotion qui est dans le sang. Et enfin, lorsqu'elle incite à des actions touchant lesquelles il est nécessaire qu'on prenne résolution sur-le-champ, il faut que la volonté se porte principalement à considérer et à suivre les raisons qui sont contraires à celles que la passion représente, encore qu'elles paraissent moins fortes: comme lorsqu'on est inopinément attaqué par quelque ennemi, l'occasion ne permet pas qu'on emploie aucun temps à délibérer. Mais ce qu'il me semble que ceux qui sont accoutumés à faire réflexion sur leurs actions peuvent toujours, c'est que, lorsqu'ils se sentiront saisis de la peur, ils tâcheront à détourner leur pensée de la considération du danger, en se représentant les raisons pour lesquelles il y a beaucoup plus de sûreté et plus d'honneur en la résistance qu'en la fuite; et au contraire, lorsqu'ils sentiront que le désir de vengeance et la colère les incitent à courir inconsidérément vers ceux qui les attaquent, ils se souviendront de penser que c'est imprudence de se perdre quand on peut sans déshonneur se sauver, et que si la partie est fort inégale, il vaut mieux faire une honnête retraite ou prendre quartier que s'exposer brutalement à une mort certaine."

    René Descartes, Les Passions de l'Âme (1649)

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  • Compte-rendu du débat : "La vérité finit-elle toujours par triompher?"

    Le café philosophique de Montargis se réunissait au Belman le vendredi 19 janvier pour un débat portant sur cette question : "La vérité finit-elle toujours par triompher ?" Une soixantaine de personnes étaient présentes pour cette nouvelle séance.

    Pour commencer ce débat, les animateurs proposent une définition et une étymologie de la vérité : le terme de vérité, de veritas en latin ("vraie"), peut la définir dans trois dimensions: une vérité ontologique, la réalité dans sa quintessence, dans son intensité et sa pureté (comme l’or dans la joaillerie), il y aurait ensuite cette vérité définie par Thomas d’Aquin, qui serait l’adéquation entre l’esprit et la chose, c’est-à-dire une conformité entre mon jugement et la réalité ("Ce que l'homme appelle vérité, c'est toujours sa vérité, c'est-à-dire l'aspect sous lequel les choses lui apparaissent", Protagoras), et enfin la vérité logique dans le théorème scientifique ou mathématiques, qui serait dans l’ordre de la cohérence logique mais qui, pour le coup, peut ne pas correspondre à une réalité (les propriétés du triangle sont vraies quand bien même il n’existerait pas de triangles dans la nature).

    S’agissant de ce thème du triomphe de la vérité, il y a l’un des exemples les plus fameux : celui du de l’affaire Dreyfus et du J’Accuse d’Émile Zola.Un premier intervenant réagit au sujet du débat de ce soir. Une telle question sous-entend que quelqu’un cache la vérité, que ce soit une personne, un groupe de personnes ou un système. C’est le cas de l’Affaire Dreyfus par exemple. S’agissant de cette cas historique, il y a dichotomie entre la vérité et la justice. Pour que cette vérité triomphe, il faut l’investissement d’une personne pugnace, a fortiori lorsqu’il s’agit d’enjeux importants. Dans ce cas le triomphe de la vérité serait compliqué.

    Pour un autre intervenant, la vérité serait d’abord vivante et fonction de telle ou telle personne, tel ou tel sujet. Chacun a sa propre vérité et cette vérité bouge constamment au cours de notre vue. La vérité sur Dieu change, y compris dans notre existence. Une vérité immuable devient quelque chose de non-libre, voire dictatoriale. La recherche de la vérité doit être active tout au long de notre vie, selon les philosophes comme Socrate ou Platon.

    Dans ce qui est dit, réagit une autre personne du public, il y a une sorte de pluralité dans la notion de vérité. Or, comment différencier cela d’un simple avis, d’un simple avis ? Cela constituerait d’emblée un obstacle à sa recherche.

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