Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

hegel

  • Ils ont dit, au sujet des apparences

    "Représente-toi de la façon que voici l'état de notre nature relativement à l'instruction et à l'ignorance. Figure-toi des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne, ayant sur toute sa largeur une entrée ouverte à la lumière. Ces hommes sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou enchaînés, de sorte qu'ils ne peuvent bouger ni voir ailleurs que devant eux, la chaîne les empêchant de tourner la tête." [Platon]

    "Je distingue d'une part ceux qui aiment les spectacles, les arts et ce sont des hommes pratiques, et d'autre part ceux dont il s'agit dans notre discours, les seuls qu'on puisse à bon droit appeler philosophes (....) Les premiers dont la curiosité est toute dans les yeux et dans les oreilles, aiment les belles voix, les belles couleurs, les belles figures et tous les ouvrages où il entre quelque chose de semblable, mais leur intelligence est incapable de voir et d'aimer la nature du beau en lui-même." [Platon]

    "Lorsque quelqu'un vient nous annoncer qu'il a trouvé un homme instruit de tous les métiers, qui connaît tout ce que chacun connaît dans sa partie, et avec plus de précision que quiconque, il faut lui répondre qu'il est un naïf, et qu'apparemment il a rencontré un charlatan et un imitateur, qui lui en a imposé au point de lui paraître omniscient, parce que lui-même n'était pas capable de distinguer la science, l'ignorance et l'imitation." [Platon]

    "Je n’ai pas encore vu un homme qui aimât la vertu autant qu’on aime une belle apparence." [Confucius]

    "Les sens nous trompent quelquefois, touchant les choses peu sensibles et fort éloignées." [René Descartes]

    "Les sens abusent souvent la raison par de fausses apparences. " [Blaise Pascal]

    "Notre raison est toujours déçue par l'inconstance des apparences. " [Blaise Pascal]

    "Qui dispense la réputation, qui donne le respect et la vénération aux personnes, aux ouvrages, aux lois, aux grands, sinon cette faculté imaginante ? Combien toutes les richesses de la terre insuffisantes sans son consentement." [Blaise Pascal]

    "Ainsi la vie humaine n'est qu'une illusion perpétuelle ; on ne fait que s'entre-tromper et s'entre-flatter. Personne ne parle de nous en notre présence comme il en parle en notre absence. L'union qui est entre les hommes n'est fondée que sur cette mutuelle tromperie ; et peu d'amitiés subsisteraient, si chacun savait ce que son ami dit de lui lorsqu'il n'y est pas, quoiqu'il en parle alors sincèrement et sans passion. " [Blaise Pascal]

    "Telle est cette liberté humaine que tous se vantent de posséder et qui consiste en cela seul que les hommes ont conscience de leur appétits et ignorent les causes qui les déterminent." [Baruch Spinoza]

    “Combien de vertus apparentes cachent souvent des vices réels ! Le sage est sobre par tempérance, le fourbe l'est par fausseté." [Jean-Jacques Rousseau]

    "Toutes les perceptions de l'esprit humain se ramènent en deux genres distincts que j'appellerai impressions et idées." [David Hume]

    "Car nous avons affaire ici à une illusion naturelle et inévitable qui repose elle-même sur des principes subjectifs, et qu'elle donne pour objectifs." [Emmanuel Kant]

    "Le ridicule est qu'on cultive l'apparence à l'encontre d'autrui jusqu'à s'imaginer qu'elle est vérité." [Emmanuel Kant]

    "On ne s'éprend que de l'apparence, mais on aime la vérité." [Emmanuel Kant]

    "Il y a des choses qui nous sont données, en tant qu’objets de nos sens situés hors de nous, mais, de ce qu’elles peuvent bien être en soi, nous ne savons rien, nous ne connaissons que leurs phénomènes, c’est-à-dire les représentations qu’elles produisent en nous en affectant nos sens." [Emmanuel Kant]

    "L'art, dit-on, est le règne de l'apparence, de l'illusion, et ce que nous appelons beau pourrait tout aussi bien être qualifié d'apparent et d'illusoire." [Hegel]

    "De ces exemples on peut conclure que la réflexion est toujours à la recherche de ce qui est fixe, permanent, déterminé en soi-même, et de ce qui régit le particulier. Cet universel ne peut être saisi avec les sens et il vaut comme ce qui est essentiel et vrai." [Hegel]

    "Qu’importe le mensonge pourvu qu’on ait l’ivresse. La beauté n’est pas extérieure à l’esprit, elle est la nature réfléchie dans la sensibilité et la pensée de l’artiste, l’image de son goût de l’infini, l’expression de son rêve le plus intime, "la peinture de l’âme dans ses belles heures." [Charles Baudelaire]

    "Ce que l’esprit cherche, c’est à s’incorporer de nouvelles expériences, à ranger les faits nouveaux à l’intérieur de séries anciennes, il cherche, somme toute, à s’accroître; plus précisément à se sentir croître, à sentir sa force accrue." [Friedrich Nietzsche]

    "Entre nous et notre propre conscience, un voile s'interpose, voile épais pour le commun des hommes, voile léger, presque transparent, pour l'artiste et le poète. Quelle fée a tissé ce voile ? Fût-ce par malice ou par amitié ?" [Henri Bergson]

    "Une illusion n'est pas la même chose qu'une erreur, une illusion n'est pas non plus nécessairement une erreur." [Sigmund Freud]

    "Les vérités différentes en apparence sont comme d'innombrables feuilles qui paraissent différentes et qui sont sur le même arbre." {Gandhi]

    "Même la perception du mouvement, qui d’abord paraît dépendre directement du point de repère que l’intelligence choisit, n’est à son tour qu’un élément dans l’organisation globale du champ." [Maurice Merleau-Ponty]

    "Il ne faut donc pas se demander si nous percevons vraiment un monde, il faut dire au contraire : le monde est cela que nous percevons. […] si nous parlons d’illusions, c’est que nous avons reconnu des illusions, et nous n’avons pu le faire qu’au nom de quelque perception qui, dans le même moment, s’attestait comme vraie." [Maurice Merleau-Ponty]

    "La vérité jaillira de l’apparente injustice." [Albert Camus]

    "Voilà précisément le commencement d’une des distinctions qui constituent l’un des plus graves problèmes philosophiques, la distinction à établir entre l’apparence et la réalité, entre ce que les objets semblent être et ce qu’ils sont vraiment. Le peintre veut reproduire les apparences des objets, l’homme réaliste et le philosophe veulent savoir ce qu’ils sont réellement." [Bertrand Russell]

    "L'un des premiers paradoxes du trompe-l’œil... est qu'il n'existe pas - on pourrait presque dire par définition - de "mauvais" trompe-l’œil : un trompe-l’œil est ou n'est pas ; il est s'il fonctionne, c'est-à-dire s'il "trompe l’œil..." [Georges Perec]

    "L'apparence, comme la fraîcheur, est une passion. Il y a une obsession de la vérité, mais une passion de l'apparence." [Jean Baudrillard]

    "Qu'une réalité se cache derrière les apparences, cela est, somme toute, possible ; que le langage puisse la rendre, il serait ridicule de l'espérer." [Emil Michel Cioran]

    "C’est le propre des grands peintres que de voir au-delà des apparences. Ils veulent capter cette chose mystérieuse..." [Akira Kurosawa]

    "La transcendance du visage ne se joue pas en dehors du monde, comme si l'économie par laquelle se produit la séparation se tenait au-dessous d'une espèce de contemplation béatifique d'Autrui." [Emmanuel Levinas]

    Lien permanent Catégories : =>Saison. 10, Citations, Documents, [83] "Les apparences sont-elles toujours trompeuse Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • Hegel : Art, apparence et illusion

    L'art, dit-on, est le règne de l'apparence, de l'illusion, et ce que nous appelons beau pourrait tout aussi bien être qualifié d'apparent et d'illusoire...

    Rien de plus exact : l'art crée des apparences et vit d'apparences et, si l'on considère l'apparence comme quelque chose qui ne doit pas être, on peut dire que l'art n'a qu'une existence illusoire, et ses créations ne sont que de pures illusions.

    Mais au fond, qu'Est-ce que l'apparence ? Quels sont ses rapports avec l'essence ? N'oublions pas que toute essence, toute vérité, pour ne pas rester abstraction pure, doit apparaître. Le divin doit être un, avoir une existence qui diffère de ce que nous appelons apparence. Mais l'apparence elle-même est loi d'être quelque chose d'inessentiel; elle constitue, au contraire, un moment essentiel de l'essence. Le vrai existe pour lui-même dans l'esprit, apparaît en lui-même et est là pour les autres. Il peut donc y avoir plusieurs sortes d'apparences; la différence porte sur le contenu de ce qui apparaît. Si donc l'art est une apparence, il a une apparence qui lui est propre, mais non une apparence tout court.

    Cette apparence, propre à l'art, peut, avons-nous dit, être considérée comme trompeuse, en comparaison du monde extérieur, tel que nous le voyons de notre point de vue utilitaire, ou en comparaison de notre monde interne, dans notre conscience. Rien ne nous empêche de dire que, comparée à cette réalité, l'apparence de l'art est illusoire; mais l'on peut dire avec autant de raison que ce que nous appelons réalité est une illusion plus forte, une apparence plus trompeuse que l'apparence de l'art. Nous appelons réalité et considérons comme telle, dans la vie empirique et dans celle de nos sensations, l'ensemble des objets extérieurs et le sensations qu'ils nous procurent. Et, cependant, tout cet ensemble d'objets et de sensations n'est pas un monde de vérité, mais un monde d'illusions. Nous savons que la réalité vraie existe au-delà de la sensation immédiate et des objets que nous percevons directement. C'est donc bien plutôt au monde extérieur qu'à l'apparence de l'art que s'applique le qualificatif d'illusoire...

    Il est vrai que, comparé à la pensée, l'art peut bien être considéré comme ayant une existence faite d'apparences (...), en tout cas comme étant, par sa forme, inférieure à celle de la pensée. Mais il présente sur la réalité extérieure la même supériorité que la pensée : ce que nous recherchons, dans l'art comme dans la pensée, c'est la vérité. Dans son apparence même, l'art nous fait entrevoir quelque chose qui dépasse l'apparence : la pensée.

    Hegel, Esthétique (1823-1826)

    Lien permanent Catégories : =>Saison. 10, Compilation de textes, Documents, Livres, [83] "Les apparences sont-elles toujours trompeuse Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • Hegel : L'essentiel et le vrai

    Nous remarquons par exemple l'éclair et le tonnerre. Ce phénomène nous est bien connu et nous le percevons souvent. Cependant l'homme ne se satisfait pas de la simple familiarité avec ce qui est bien connu, du phénomène seulement sensible, mais il veut aller voir derrière celui-ci, il veut savoir ce qu'il est, il veut le concevoir. C'est pourquoi on réfléchit, on veut savoir la cause, comme quelque chose qui diffère du phénomène en tant que tel...

    Le sensible est quelque chose de singulier et de disparaissant ; l'élément durable en lui, nous apprenons à le connaître au moyen de la réflexion. La nature nous montre une multitude infinie de figures et de phénomènes singuliers ; nous éprouvons le besoin d'apporter de l'unité dans cette multiplicité variée ; c'est pourquoi nous faisons des comparaisons et cherchons à connaître l'universel qui est en chaque chose. Les individus naissent et périssent, le genre est en eux ce qui demeure, ce qui se répète en tout être, et c'est seulement pour la réflexion qu'il est présent. Sont concernées aussi les lois, par exemple les lois du mouvement des corps célestes. Nous voyons les astres aujourd'hui ici, et demain là-bas ; ce désordre est pour l'esprit quelque chose qui ne lui convient pas, dont il se méfie, car il a foi en un ordre, en une détermination simple, constante et universelle. C'est en ayant cette foi qu'il a dirigé sa réflexion sur les phénomènes et qu'il a connu leurs lois, fixé d'une manière universelle le mouvement des corps célestes de telle sorte qu'à partir de cette loi tout changement de lieu se laisse déterminer et connaître... De ces exemples on peut conclure que la réflexion est toujours à la recherche de ce qui est fixe, permanent, déterminé en soi-même, et de ce qui régit le particulier. Cet universel ne peut être saisi avec les sens et il vaut comme ce qui est essentiel et vrai.

    Hegel, Encyclopédie des sciences philosophiques (1817)

    Lien permanent Catégories : =>Saison. 10, Compilation de textes, Documents, Livres, [83] "Les apparences sont-elles toujours trompeuse Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • Les sujets du bac philo

    Les sujets de l'épreuve de philosophie du bac 2019 sont tombées, et à l'heure qu'il est les lycéennes et lycéens planchent toujours. Voici ces sujets, série par série :

    Série littéraire

    - 1er sujet: Est-il possible d'échapper au temps ?

    - 2e sujet: A quoi bon expliquer une oeuvre d'art ?

    - Explication d'un texte extrait de Principes de la philosophie du droit de Hegel (1820)

    Série économique et sociale

    - 1er sujet: La morale est-elle la meilleure des politiques ?

    - 2e sujet: Le travail divise-t-il les hommes ?

    - Explication d'un texte extrait de Remarques sur la partie générale des principes de Descartes de Leibniz (1692)

    Série scientifique

    - 1er sujet: La pluralité des cultures fait-elle obstacle à l'unité du genre humain ?

    - 2e sujet: Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté ?

    - Explication d'un texte extrait de L'avenir d'une illusion de Freud (1927)

    Séries technologiques (sauf Techniques de la Musique et de la Danse et Sciences et Technologies de l'Hôtellerie et de la Restauration)

    - 1er sujet: Seul ce qui peut s'échanger a-t-il de la valeur ?

    - 2e sujet: Les lois peuvent-elles faire notre bonheur ?

    - Explication d'un texte extrait des Essais de Montaigne (1580)

    Lien permanent Catégories : Quelques news en philo mais pas que Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • Ils ont dit, au sujet du gouvernement des hommes

    "Ce qui donne naissance à une société, c’est, je crois l’impuissance où se trouve chaque individu à se suffire à lui-même." [Platon]

    "Tant que les philosophes ne seront pas rois dans les cités (...) il n’y aura de cesse aux maux de la cité, ni, ce me semble, à ceux du genre humain." [Platon]

    "On voit d'une manière évidente pourquoi l'homme est un animal sociable à un plus haut degré que les abeilles et tous les animaux qui vivent réunis." [Aristote]

    "Pauvres gens misérables, peuples insensés, nations opiniâtres à votre mal et aveugles à votre bien !" [Étienne de La Boétie]

    "Comme il faut de la vertu dans une république, et dans une monarchie, de l'honneur, il faut de la crainte dans un gouvernement despotique : pour la vertu, elle n'y est point nécessaire, et l'honneur y serait dangereux." [Montaigne]

    "Je place au premier rang, à titre de penchant universel de tout le genre humain, un désir inquiet d’acquérir puissance après puissance, désir qui ne cesse seulement qu’à la mort." [Thomas Hobbes]

    "Hors de la société civile, chacun jouit d’une liberté très entière, mais qui est infructueuse, parce que, comme elle donne le privilège de faire tout ce que bon nous semble, aussi laisse-t-elle aux autres la puissance de nous faire souffrir tout ce qu’il leur plaît" [Thomas Hobbes]

    "L’homme est un loup pour l’homme." [Thomas Hobbes]

    "C’est comme si chacun disait à chacun : j’autorise cet homme ou cette assemblée et je lui abandonne mon droit de me gouverner moi-même, à cette condition que tu lui abandonnes ton droit, et que tu autorises toutes ses actions de la même manière." [Thomas Hobbes]

    "La liberté qu’a chacun d’user comme il le veut de son pouvoir propre, pour la préservation de sa propre nature." [Thomas Hobbes]

    "Par ce qui précède je pense avoir assez montré les fondements de l'État démocratique, duquel j'ai parlé en premier parce qu'il semblait le plus naturel et celui qui est le moins éloigné de la liberté que la nature reconnaît à chacun." [Baruch Spinoza]

    "Partout où les lois cessent, ou sont violées au préjudice d'autrui, la tyrannie commence et a lieu." [John Locke]

    "L'Homme véritable, c'est la nation, mais l’homme isolé est constamment un égoïste." [John Locke]

    "S’il est vrai qu’en entrant en société, les hommes abandonnent l’égalité, la liberté, le pouvoir exécutif qu’ils possédaient dans l’état de nature, et qu’ils les remettent entre les mains de la société pour que le législatif en dispose selon que le bien de cette même société l’exigera, il reste cependant que chacun ne le fait que dans l’intention de préserver d’autant mieux sa personne, sa liberté et sa propriété." [John Locke]

    "L’union des forces accroît notre pouvoir ; la division des tâches accroît notre capacité ; l’aide mutuelle fait que nous sommes moins exposés au sort et aux accidents. C’est ce supplément de force de capacité et de sécurité qui fait l’avantage de la société." [David Hume]

    "Tous les politiques admettent, ainsi que la plupart des philosophes, que des raisons d’Etat peuvent, en cas d’urgences particulières, dispenser de suivre les règles de justice, et invalider tout traité ou alliance, si les respecter strictement était considérablement préjudiciable à l’une ou l’autre des parties contractantes." [David Hume]

    "L'homme est un animal qui, lorsqu'il vit parmi d'autres membres de son espèce, a besoin d'un maître." [Emmanuel Kant]

    "Quand l’État se dissout, l’abus du gouvernement, quel qu’il soit, prend le nom commun d’anarchie." [Jean-Jacques Rousseau]

    "Convenons donc que force ne fait pas droit, et qu'on n'est obligé d'obéir qu'aux puissances légitimes." [Jean-Jacques Rousseau]

    "Renoncer à sa liberté c'est renoncer à sa qualité d'homme" [Jean-Jacques Rousseau]

    "En effet chaque individu peut comme homme avoir une volonté particulière contraire ou dissemblable à la volonté générale qu'il a comme citoyen" [Jean-Jacques Rousseau]

    "Le corps politique ou le souverain ne tirant son être que de la sainteté du contrat ne peut jamais s'obliger, même envers autrui, à rien qui déroge à cet acte primitif, comme d'aliéner quelque portion de lui-même ou de se soumettre à un autre souverain." [Jean-Jacques Rousseau]

    "La véritable liberté est l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite." [Jean-Jacques Rousseau]

    "Les affaires générales d'un pays n'occupent que les principaux citoyens." [Alexis de Tocqueville]

    "Je pense que l'espèce d'oppression dont les peuples démocratiques sont menacés ne ressemblera à rien de ce qui l'a précédée dans le monde... Je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs dont ils emplissent leur âme... Au-dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort." [Alexis de Tocqueville]

    "Tout ce que l’homme est, il le doit à l’État : c’est là que réside son être." [Hegel]

    "L'état de nature est l'état de rudesse, de violence et d'injustice. Il faut que les hommes sortent de cet état pour constituer une société qui soit un Etat, car c'est seulement là que la relation de droit possède une effective réalité." [Hegel]

    "Si on confond l'État avec la société civile et si on le destine a la sécurité et à la protection de la propriété et de la liberté personnelles, l‘intérêt des individus en tant que tels est le but suprême en vue duquel ils sont rassemblés." [Hegel]

    "Être gouverné, c’est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, endoctriné, prêché, contrôlé." [Pierre-Joseph Proudhon]

    "Donnez aux hommes cette double éducation de l'école et de la vie." [Mikhaïl Bakounine]

    "C’était un de ces portraits arrangés de telle sorte que les yeux semblent suivre celui qui passe. Une légende, sous le portrait, disait : BIG BROTHER VOUS REGARDE." [George Orwell]

    "Dans un système de discipline, l'enfant est plus individualisé que l'adulte, le malade l'est avant l'homme sain, le fou et le délinquant plutôt que le normal et le non-délinquant." [Michel Foucault]

    "L’anarchisme ne propose pas la société transparente, la disparition de toute conflictualité, la fin de toute division, l’harmonie globale…Mais l’anarchisme constate que toute société basée sur la division dominant-dominé transforme la justice dans l’intérêt du plus fort." [Eduardo Colombo]

    Lien permanent Catégories : =>Saison. 10, Citations, Documents, [82] "Les hommes ont-ils besoin d'être gouvernés?" Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • Hegel : L'État

    C’est seulement dans l’État que l’homme a une existence conforme à la Raison. Le but de toute éducation est que l’individu cesse d’être quelque chose de purement subjectif et qu’il s’objective dans l’État. L’individu peut certes utiliser l’État comme un moyen pour parvenir à ceci ou à cela. Mais le Vrai exige que chacun veuille la chose même et élimine ce qui est inessentiel.

    Tout ce que l’homme est, il le doit à l’État : c’est là que réside son être. Toute sa valeur, toute sa réalité spirituelle, il ne les a que par l’État. Ce qui constitue sa réalité spirituelle, c’est le fait que la Raison, son être même, devient un objet pour lui en tant que sujet connaissant et se présente à lui comme une objectivité immédiatement existante. C’est ainsi que l’homme est conscience, c’est ainsi qu’il participe aux mœurs, aux lois, à la vie éthique et étatique. Car le Vrai est l’unité de la volonté subjective et de la volonté générale : dans l’État, l’Universel s’exprime dans les lois, dans des déterminations rationnelles et universelles. [...]Le bon plaisir, les préférences particulières n’ont aucune validité.

    Hegel, La Raison dans l'Histoire (1822)

    Lien permanent Catégories : =>Saison. 10, Compilation de textes, Documents, Livres, [82] "Les hommes ont-ils besoin d'être gouvernés?" Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • Hegel : L'état de nature

    L'état de nature est l'état de rudesse, de violence et d'injustice. Il faut que les hommes sortent de cet état pour constituer une société qui soit un Etat, car c'est seulement là que la relation de droit possède une effective réalité.

    Éclaircissement. On décrit souvent l'état de nature comme un état parfait de l'homme, en ce qui concerne tant le bonheur que la bonté morale. ll faut d'abord noter que l'innocence est dépourvue comme telle de toute valeur morale, dans la mesure où elle est ignorance du mal et tient à l'absence des besoins d'où peut naître la méchanceté. D'autre part, cet état est bien plutôt celui où règnent la violence et l'injustice, précisément parce que les hommes ne s'y considèrent que du seul point de vue de la nature. Or, de ce point de vue-là, ils sont inégaux tout à la fois quant aux forces du corps et quant aux dispositions de l'esprit, et c'est par la violence et la ruse qu'ils font valoir l'un comme l'autre leur différence. Sans doute la raison appartient aussi à l'état de nature, mais c'est l'élément naturel qui a en lui prééminence. Il est donc indispensable que les hommes échappent à cet état pour accéder à un autre état, où prédomine le vouloir raisonnable.

    Hegel, Propédeutique philosophique (1809-1811)

    Lien permanent Catégories : =>Saison. 10, Compilation de textes, Documents, Livres, [82] "Les hommes ont-ils besoin d'être gouvernés?" Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • Hegel L’État et le rationnel

    Si on confond l'État avec la société civile et si on le destine a la sécurité et à la protection de la propriété et de la liberté personnelles, l‘intérêt des individus en tant que tels est le but suprême en vue duquel ils sont rassemblés et il en résulte qu'il est facultatif d'être membre d'un Etat. Mais sa relation à l‘individu est tout autre ; s'il est l'esprit objectif, alors l‘individu lui-même n'a d'objectivité, de vérité et de moralité que s'il en est un membre. L'association en tant que telle est elle-même le vrai contenu et le vrai but, et la destination des individus est de mener une vie collective ; et leur autre satisfaction, leur activité et les modalités de leur conduite ont cet acte substantiel et universel comme point de départ et comme résultat. La rationalité, considérée abstraitement, consiste essentiellement dans l‘unité intime de l‘universel et de l ‘individuel et ici concrètement, quant au contenu, dans l‘unité de la liberté objective, c'est-a-dire de la volonté générale substantielle et de la liberté subjective comme conscience individuelle et volonté recherchant ses buts particuliers ; quant a la forme, c'est par suite une conduite qui se détermine d'après des lois et des principes penses donc universels. Cette idée est l'être universel et nécessaire en soi et pour soi de l‘esprit.

    Hegel, Principes de la philosophie du droit (1821)

    Lien permanent Catégories : =>Saison. 10, Compilation de textes, Documents, Jeux, [82] "Les hommes ont-ils besoin d'être gouvernés?" Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • Compte-rendu du débat : "Un bon artiste est-il un artiste mort?"

    Le vendredi 26 avril 2019, le café philosophique de Montargis se trouvait à la médiathèque de Montargis pour une séance spéciale dans ce lieu pour un débat portant sur cette question : "Un bon artiste est-il un artiste mort ?" C’était la deuxième fois que le café philo se trouvait dans ce lieu pour cette séance décentralisée organisée conjointement avec une équipe de l’AME.

    Après une courte présentation de la cinéaste oubliée Alice Guy et un quiz sur quelques artistes devenus célèbres ou reconnus après leur décès, le débat s’installe et porte principalement de la question de savoir ce qu’est un bon artiste. "Qu’est-ce que l’artiste ? C’est un homme qui voit mieux que les autres, car il regarde la réalité nue et sans voiles" disait Henri Bergson.

    Un participant intervient pour resituer le titre du débat. "Un bon artiste est un artiste mort" viendrait d’une phrase du marchand d’art Durand-Ruel qui, très sollicité par des artistes, a déclaré un jour : "Je ne veux voir entrer dans mon bureau que des artistes morts."

    Derrière cette citation, y avait-il l’envie du galeriste de ne prendre que des artistes morts donc reconnus ? Ayant fait le choix des impressionnistes, ce marchand d’art parvenait à vendre et attirait donc des artistes vivants. Faire le choix d’artistes disparus, c’était peut-être aussi, dit un autre intervenant, une façon d’éviter de négocier la part de l’artiste.

    L’artiste mort assure également que son œuvre est terminée, avec un catalogue défini et la rareté assurée fait aussi sa valeur sur le marché de l’art. Avec l’art contemporain, le marché devient plus fluctuant et c’est l’oeuvre en devenir qui a de la valeur.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : =>Saison. 10, Comptes-rendus des débats, [80] "Un bon artiste est-il un artiste mort ?" Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • Hegel : L'artiste sait-il ce qu'il fait ?

    Si l'artiste pense à la manière du philosophe, il produit alors une oeuvre précisément opposée à celle de l'art, quant à la forme sous laquelle l'idée nous apparaît; car le rôle de l'imagination se borne à révéler à notre esprit la raison et l'essence des choses, non dans un principe ou une conception générale, mais dans une forme concrète et dans une réalité individuelle. Par conséquent tout ce qui vit et fermente dans son âme, l'artiste ne peut se le représenter qu'à travers les images et les apparences sensibles qu'il a recueillies, tandis qu'en même temps il sait maîtriser celles-ci pour les approprier à son but et leur faire recevoir et exprimer le vrai en soi d'une manière parfaite. Dans ce travail intellectuel qui consiste à façonner et à fondre ensemble l'élément rationnel et la forme sensible, l'artiste doit appeler à son aide à la fois une raison active et fortement éveillée et une sensibilité vive et profonde. C'est donc une erreur grossière de croire que des poèmes comme ceux d'Homère se sont formés comme un rêve pendant le sommeil du poète. Sans la réflexion qui sait distinguer, séparer, faire un choix, l'artiste est incapable de maîtriser le sujet qu'il veut mettre en oeuvre, et il est ridicule de s'imaginer que le véritable artiste ne sait pas ce qu'il fait.

    Hegel, Esthétique (1818-1829)

    Lien permanent Catégories : =>Saison. 10, Compilation de textes, Documents, Livres, [80] "Un bon artiste est-il un artiste mort ?" Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • Hegel : Le but de l'art

    Le but de l'art, son besoin originel, c'est de produire aux regards une représentation, une conception née de l'esprit, de la manifester comme son oeuvre propre; de même que, dans le langage, l'homme communique ses pensées et les fait comprendre à ses semblables. Seulement, dans le langage, le moyen de communication est un simple signe, à ce titre, quelque chose de purement extérieur à l'idée et d'arbitraire.

    L'art, au contraire, ne doit pas simplement se servir de signes, mais donner aux idées une existence sensible qui leur corresponde. Ainsi, d'abord, l'oeuvre d'art, offerte aux sens, doit renfermer en soi un contenu. De plus, il faut qu'elle le représente de telle sorte que l'on reconnaisse que celui-ci, aussi bien que sa forme visible, n'est pas seulement un objet réel de la nature, mais un produit de la représentation et de l'activité artistique de l'esprit. L'intérêt fondamental de l'art consiste en ce que ce sont les conceptions objectives et originelles, les pensées universelles de l'esprit humain qui sont offertes à nos regards.

    Hegel, Esthétique (1818-1829)

    Lien permanent Catégories : =>Saison. 10, Compilation de textes, Documents, Livres, [80] "Un bon artiste est-il un artiste mort ?" Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • Compte-rendu du débat: "Faut-il vivre comme si nous ne devions jamais mourir?"

    Le vendredi 13 avril, le café philosophique de Montargis se délocalisait exceptionnellement à la Médiathèque de Montargis pour un nouveau débat qui avait pour thème : "Faut-il vivre comme si nous ne devions jamais mourir ?" L’équipe de la médiathèque avait mis les petits plats dans les grands pour accueillir un public d’une soixantaine de personnes venus débattre.

    Ce sujet est capital en philosophie, comme le disait en substance Albert Camus. Pour un premier participant, la question du débat semblerait poser problème dans sa formulation. Deux autres intervenants abordent le sujet de ce soir comme un appel à avoir en finalité notre mort future, sans perdre de vue pour autant cette vie qui nous est donnée et dont nous devons tirer profit. Si "philosopher c’est apprendre à mourir" comme le disait Montaigne, cela ne doit pas être une obsession ni nous empêcher d’agir – dans la mesure de nos moyens – choisir nos actions à entreprendre, avec le minimum d’impacts sur notre planète.

    La question du débat de ce soir interpelle une autre personne du public. "Faut-il vivre comme si nous ne devions jamais mourir ?" : le "comme si" interpelle. C’est un "comme si" qui implique une forme de mensonge ou d’illusion puisque de toute manière nous mourrons tous un jour.

    Par ailleurs, pour une autre personne du public, la question ne se pose pas au conditionnel : quand on naît, on vit et il y a par la suite un instinct de vie qui nous fait avancer lorsque nous sommes enfants. La pensée de la mort viendrait après – et en tout cas pas.

    Finalement, est-il encore dit, dans la question de ce soir, "Faut-il vivre comme si nous ne devions jamais mourir ?", chacun de ces termes pose problème, et, mis bout à bout, nous serions hors-sujet. La proposition de ce soir, intervient un animateur du café philo, est aussi celle que nous propose la société de consommation dans laquelle nous sommes. Dans des temps plus anciens, la mort était par contre plus présente qu’aujourd’hui, ne serait-ce que parce que les guerres étaient plus présentes.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : =>Saison 9, Comptes-rendus des débats, [71] Café philo à la médiathèque : Penser la mort Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • Ils ont dit, au sujet de la mort

    " si le fil de · la vie n'était pas mouillé de quelques larmes , il romprait dans nos mains." [Pythagore]

    "D’abord vivre. Ensuite philosopher." [Citation latine]

    “Immortels, mortels ; mortels, immortels ; notre vie est la mort des premiers et leur vie, notre mort.” [Héraclite d'Ephèse]

    "Familiarise-toi avec l'idée que la mort n'est rien pour nous." [Épicure]

    “C'est parfois la peur de la mort qui pousse les hommes à la mort.” [Épicure]

    "Il semble que la mort est un raccourci qui nous mène au but." [Platon]

    "Nous vivons avec des émotions, pas avec des heures sur le cadran solaire. Nous devrions compter le temps en chagrins." [Aristote]

    "La mort rattrape ceux qui la fuient." [Horace]

    " Eh bien, n'est-ce pas là de quoi conclure qu'il n'y a rien de redoutable dans la mort ?" [Lucrèce]

    “Une vie malheureuse est plus insupportable que la mort.” [Sénèque]

    “La vie est l'attente de la mort.” [Alcuin]

    "La mort est moins à craindre que rien, s’il y avait quelque chose de moins… Elle ne vous concerne ni mort, ni vif ; vif parce que vous êtes ; mort parce que vous n’êtes plus. Nul ne meurt avant son heure." [Montaigne]

    "Le but de notre chemin, c’est la mort, c’est [là] l’objet inéluctable de notre visée : si elle nous effraie, comment est-il possible de faire un pas en avant sans fièvre ?" [Montaigne]

    "Le dernier acte est sanglant, quelque belle que soit la comédie en tout le reste. On jette enfin de la terre sur la tête, et en voilà pour jamais." [Blaise Pascal]

    "Une longue maladie semble être placée entre la vie et la mort, afin que la mort même devienne un soulagement et à ceux qui meurent et à ceux qui restent." [La Bruyère]

    "La mort n’est pas une cessation de toutes les fonctions, mais seulement une suspension de certaines fonctions plus remarquables." [Gottfried Wilhelm Leibniz]

    "La mort, si nous voulons nommer ainsi cette irréalité, est al chose la plus redoutable, et tenir fermement ce qui est mort, est ce qui exige la plus grande force." [Hegel]

    "La mort, le maître absolu." [Hegel]

    "La vue de chaque animal enseigne que la mort n'est pas un obstacle a la manifestation de l'essence de la vie, la volonté." [Arthur Schopenhauer]

    "Les vivants sont toujours, et de plus en plus, gouvernés nécessairement par les morts : telle est la loi fondamentale de l'ordre humain." [Auguste Comte]

    "Le sérieux comprend que si la mort est une nuit, la vie est le jour, que si l’on ne peut travailler la nuit, on peut agir le jour, et comme le mot bref de la mort, l’appel concis, mais stimulant de la vie, c’est : aujourd’hui même." [Sigmund Freud]

    "Ce qui ne peut aussi manquer de nous frapper, c’est que les pulsions de vie ont d’autant plus affaire à notre perception interne qu’elles se présentent comme des perturbateurs… les pulsions de mort en revanche paraissent accomplir leur travail sans qu’on s’en aperçoive." [Sigmund Freud]

    "L’homme primitif triomphe auprès du cadavre de l'ennemi qu'il vient de tuer, sans avoir à se creuser la tête à propos des énigmes de la vie et de la mort. Ce qui poussa l'homme primitif à réfléchir, ce ne fut ni l'énigme intellectuelle ni la mort en général, mais ce fut le conflit affectif qui, pour la première fois, s'éleva dans son âme à la vue d'une personne aimée et, cependant, étrangère et haïe." [Søren Kierkegaard]

    “La mort est une maladie de l'imagination.” [Alain]

    “La mort n’est pas un événement de la vie. La mort ne peut être vécue.” [Ludwig Wittgenstein]

    “La philosophie antique nous apprenait à accepter notre mort. La philosophie moderne, la mort des autres.” [Michel Foucault]

    "La mort, quel déshonneur ! Devenir soudain objet…" [Emil Michel Cioran]

    "Ce n'est pas la mort, ce que la plupart des gens craignent. Vous avez peur d'arriver à la fin de votre vie juste pour découvrir que vous n'avez jamais vraiment vécu." [anonyme]

    Lien permanent Catégories : =>Saison 9, Citations, Documents, [71] Café philo à la médiathèque : Penser la mort Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • Compte-rendu du débat: "Tout doit-il être fait par passion?"

    Environ 40 participants étaient présents pour la séance du 23 mars au Belman, "Tout doit-il être fait par passion ?"

    La séance commence par la diffusion d’un court extrait de l’émission de Raphaël Enthoven, Philo, portant sur les passions. La séance commence par une question ouverte sur le thème du débat de ce soir mais aussi sur des exemples de passions. Finalement qu’est-ce qu’être passionné ? Un premier intervenant parle de ses passions pour les sciences astronomiques, physiques, électroniques, informatiques ou en intelligence artificielle. Être passionné c’est aller très loin dans ses actes et dans ses réflexions, dans tous les domaines. Il serait difficile d’avoir plusieurs passions dans sa vie, et toute sa vie. Cette personne parle de "beauté" en évoquant ses passions.

    Il y aurait plusieurs objets de passions, mais une forme d’"unité" dans cette passion. Ce dont il est question est bien de savoir si l’enjeu n’est pas dans l’objet de la passion. D’autre part, dans la question "Tout doit-il être fait par passion ?", il y a ce fameux "tout" globalisant à la fois notre énergie, notre temps et aussi, quelque part, cette multiplicité des passions, passées ou en devenir et comme autant de "champs de bataille à conquérir", comme l’a montré le premier intervenant.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : =>Saison 9, Comptes-rendus des débats, [70] "Tout doit-il être fait par passion?" Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • Hegel : L'épreuve de la mort

    hans-baldung-grien-la-jeune-fille-et-la-mort-1517.jpg"La mort, si nous voulons nommer ainsi cette irréalité, est la chose la plus redoutable, et tenir fermement ce qui est mort, est ce qui exige la plus grande force. La beauté sans force hait l'entendement, parce que l'entendement attend d'elle ce qu'elle n'est pas en mesure d'accomplir. Ce n'est pas cette vie qui recule d'horreur devant la mort et se  réserve pure de la destruction, mais la vie qui porte la mort, et se maintient dans la mort même, qui est la vie de l'esprit. L'esprit conquiert sa vérité seulement à condition de se retrouver soi-même dans l'absolu déchirement.

    L'esprit est cette puissance en n'étant pas semblable au positif qui se détourne du négatif (comme quand nous disons d'une chose qu’elle n'est rien, ou qu'elle est fausse, et que, débarrassé alors d'elle, nous passons sans plus à quelque chose d'autre), mais l'esprit est cette puissance seulement en sachant regarder le négatif en face, et en sachant séjourner près de lui. Ce séjour est le pouvoir magique qui convertit le négatif en être."

    Hegel, La Phénoménologie de l'Esprit (1807)

    Lien permanent Catégories : =>Saison 9, Compilation de textes, Documents, Livres, [71] Café philo à la médiathèque : Penser la mort Imprimer 0 commentaire Pin it!