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  • Hegel : "Ce que nous sommes, nous le sommes aussi historiquement"

    Les actes de la pensée paraissent tout d'abord, étant historiques, être l'affaire du passé et se trouver au-delà de notre réalité. Mais, en fait, ce que nous sommes, nous le sommes aussi historiquement...

    Le trésor de raison consciente d'elle-même qui nous appartient, qui appartient à l'époque contemporaine, ne s'est pas produit de manière immédiate, n'est pas sorti du sol du temps présent, mais pour lui c'est essentiellement un héritage, plus précisément résultat du travail, et, à vrai dire, du travail de toutes les générations antérieures du genre humain... Ce que nous sommes en fait de science et plus particulièrement de philosophie, nous le devons à la tradition qui enlace tout ce qui est passager et qui est par suite passé, pareille à une chaîne sacrée (...) qui nous a conservé et transmis tout ce qu'a créé le temps passé.

    Or cette tradition n'est pas seulement une ménagère qui se contente de garder fidèlement ce qu'elle a reçu et le transmet sans changement aux successeurs ; elle n'est pas une immobile statue de pierre mais elle est vivante et grossit comme un fleuve puissant qui s'amplifie à mesure qu'il s'éloigne de sa source.

    Hegel, Leçons sur l'histoire de la philosophie (28 octobre 1816)

    Photo : Pexels - Antonio Friedemann

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  • Hegel : Le sensible et l'intellect

    Le sensible doit être présent dans l'oeuvre artistique, mais avec cette restriction qu'il s'agit seulement de l'aspect superficiel, de l'apparence du sensible. L'esprit ne cherche en lui ni la matérialité concrète, la consistance intérieure et toute l'envergure d'un objet organique que réclame le désir, ni les concepts universels purement idéaux; ce qu'il veut, c'est la présence sensible, qui doit certes rester sensible, mais qui doit aussi être débarrassée de l'échafaudage de sa matérialité. C'est pourquoi le sensible est élevé dans l'art à l'état de pure apparence, par opposition à la réalité immédiate des objets naturels. L'oeuvre artistique tient ainsi le milieu entre le sensible immédiat et la pensée pure. Ce n'est pas encore de la pensée pure, mais en dépit de son caractère sensible, ce n'est plus une réalité purement matérielle, comme sont les pierres,les plantes et la vie organique. Le sensible dans l'oeuvre artistique participe de l'idée, mais à la différence des idées de la pensée pure, cet élément idéal doit en même temps se manifester extérieurement comme une chose. Cette apparence du sensible s'offre de l'extérieur à l'esprit, à titre de forme, d'aspect, de sonorité, à condition qu'il laisse les objets exister en toute liberté, sans cependant essayer de pénétrer leur essence intime (ce qui les empêcherait d'avoir pour lui une existence individuelle).

    C'est pourquoi le sensible dans l'art ne concerne que ceux de nos sens qui sont intellectualisés: la vue et l'ouïe, à l'exclusion de l'odorat, du goût et du toucher. Car l'odorat, le goût et le toucher n'ont affaire qu'à des éléments matériels et à leurs qualités immédiatement sensibles, l'odorat à l'évaporation de particules matérielles dans l'air, le goût à la dissolution de particules matérielles, le toucher au froid, au chaud, au lisse, etc. Ces sens n'ont rien à faire avec des objets de l'art qui doivent se maintenir dans une réalité indépendante et ne pas se borner à offrir des relations sensibles. Ce que ces sens trouvent d'agréable n'est pas le beau que connaît l'art.

    C'est donc à dessein que l'art crée un royaume d'ombres, de formes, de tonalités, d'intuitions et il ne saurait être question de taxer d'impuissance ou d'insuffisance l'artiste qui appelle une oeuvre à l'existence, sous prétexte qu'il ne nous offre qu'un aspect superficiel du sensible, que des sortes de schèmes Car ces formes et ces tonalités sensibles, l'art ne les fait pas seulement intervenir pour elles-mêmes et sous leur apparence immédiate, mais encore afin de satisfaire des intérêts spirituels supérieurs, parce qu'ils sont capables de faire naître une résonance dans les profondeurs de la conscience, un écho dans l'esprit. Ainsi, dans l'art, le sensible est spiritualisé, puisque l'esprit y apparaît sous une forme sensible.

    Hegel, Esthétique (1818-1829)

    Photo : Pexels - Ronaldo Murcia

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  • Hegel : La conscience de la liberté

    Pour que la philosophie apparaisse il faut la conscience de la liberté, et le peuple dans lequel la philosophie commence doit avoir la liberté comme principe ; pratiquement, cela est lié à l'épanouissement de la liberté réelle, la liberté politique. Celle-ci commence seulement là où l'individu se sait comme individu pour soi, comme universel, comme essentiel, comme ayant une valeur infinie en tant qu'individu ; où le sujet a atteint la conscience de la personnalité, où donc il veut affirmer sa valeur absolument pour soi. La libre pensée de l'objet y est incluse, - de l'objet absolu, universel, essentiel.

    Penser, cela veut dire mettre quelque chose dans la forme de l'universalité ; se penser veut dire se savoir comme universel, se donner la détermination de l'universel, se rapporter à soi. là est contenu l'élément de la liberté pratique [...]. Dans l'histoire la philosophie apparaît donc seulement là où et en tant que se forment de libres constitutions. L'Esprit doit se séparer de son vouloir naturel, de son immersion dans la matière.

    Hegel, Leçons sur l'histoire de la philosophie (1837)

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  • Hegel : Art et nature

    C’est un vieux précepte que l’art doit imiter la nature ; on le trouve déjà chez Aristote... D’après cette conception, le but essentiel de l’art consisterait dans l’imitation, autrement dit dans la reproduction habile d’objets tels qu’ils existent dans la nature, et la nécessité d’une pareille reproduction faite en conformité avec la nature serait une source de plaisirs. Cette définition assigne à l’art un but purement formel, celui de refaire une seconde fois, avec les moyens dont l’homme dispose, ce qui existe dans le monde extérieur, et tel qu’il y existe. Mais cette répétition peut apparaître comme une occupation oiseuse et superflue, car quel besoin avons-nous de revoir dans des tableaux ou sur la scène des animaux, des paysages ou des évènements humains que nous connaissons déjà pour les avoir vus ou pour les voir dans nos jardins, dans nos intérieurs ou, dans certains cas, pour en avoir entendu parler par des personnes de nos connaissances ? On peut même dire que ces efforts inutiles se réduisent à un jeu présomptueux dont les résultats restent toujours inférieurs à ce que nous offre la nature. C’est que l’art, limité dans ses moyens d’expression, ne peut produire que des illusions unilatérales, offrir l’apparence de la réalité à un seul de nos sens ; et, en fait, lorsqu’il ne va pas au-delà de la simple imitation, il est incapable de nous donner l’impression d’une réalité vivante ou d’une vie réelle : tout ce qu’il peut nous offrir, c’est une caricature de la vie.

    Quel but poursuit-il en imitant la nature ? Celui de s’éprouver lui-même, de montrer son habileté et de se réjouir d’avoir fabriqué quelque chose ayant une apparence naturelle. La question de savoir si et comment son produit pourra être conservé et transmis à des époques à venir ou être porté à la connaissance d’autres peuples et d’autres pays ne l’intéresse pas. Il se réjouit avant tout d’avoir créé un artifice, d’avoir démontré son habileté et de s’être rendu compte de ce dont il était capable (…) ; mais cette joie et cette admiration de soi-même ne tardent pas à tourner en ennui et mécontentement, et cela d’autant plus vite et facilement que l’imitation reproduit plus facilement le modèle naturel. Il y a des portraits dont on a dit assez spirituellement qu’ils sont ressemblants jusqu’à la nausée (…). L’homme devrait éprouver une joie plus grande en produisant quelque chose qui soit bien de lui, quelque chose qui lui soit particulier, et dont il puisse dire qu’il est sien. Tout outil technique, un navire par exemple ou, plus particulièrement, un instrument scientifique, doit lui procurer plus de joie, parce que c’est sa propre œuvre, et non une imitation. Le plus mauvais outil technique a plus de valeur à ses yeux ; il peut être fier d’avoir inventé le marteau, le clou, parce que ce sont des inventions originales, et non imitées... En entrant en rivalité avec la Nature, on se livre à un artifice sans valeur.

    on peut dire d’une façon générale qu’en voulant rivaliser avec la nature par l’imitation l’art restera toujours au-dessous de la nature et pourra être comparé à un ver faisant des efforts pour égaler un éléphant. Il y a des hommes qui savent imiter les trilles du rossignol, et Kant a dit à ce propos que, dès que nous nous apercevons que c’est un homme qui chante ainsi, et non un rossignol, nous trouvons ce chant insipide. Nous y voyons un simple artifice, non une libre production de la nature ou une œuvre d’art. Le chant du rossignol nous réjouit naturellement, parce que nous entendons un animal, dans son inconscience naturelle, émettre des sons qui ressemblent à l’expression de sentiments humains. Ce qui nous réjouit donc ici, c’est l’imitation de l’humain par la nature...

    L’art doit donc avoir un autre but que celui de l’imitation purement formelle de ce qui existe, imitation qui ne peut donner naissance qu’à des artifices techniques, n’ayant rien de commun avec une œuvre d’art.

    Hegel, Esthétique (1835)

    Photo : Pexels - Pixabay

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  • Hegel : Le maître et l'esclave

    Le maître se rapporte médiatement à la chose par l'intermédiaire de l'esclave ; l'esclave, comme conscience de soi en général, se comporte négativement à l'égard de la chose et la supprime ; mais elle est en même temps indépendante pour lui, il ne peut donc par son acte de nier venir à bout de la chose et l'anéantir ; l'esclave la transforme donc seulement par son travail. Inversement, par cette médiation, le rapport immédiat devient pour le maître la pure négation de cette même chose ou la jouissance ; ce qui n'est pas exécuté par le désir est exécuté par la jouissance du maître ; en finir avec la chose : l'assouvissement dans la jouissance. Cela n'est pas exécuté par le désir à cause de l'indépendance de la chose ; mais le maître, qui a interposé l'esclave entre la chose et lui, se relie ainsi seulement à la dépendance de la chose, et purement en jouit. Il abandonne le côté de l'indépendance de la chose à l'esclave, qui l'élabore.

    Hegel, La Phénoménologie de l'Esprit (1807)

    Photo : Pexels - Fabio Steller

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  • Hegel : Philosophie et vérité

    Il semble que l'on fait consister proprement la possession de la philosophie dans le manque de connaissances et d'études, et que celles-ci finissent quand la philosophie commence. On tient souvent la philosophie pour un savoir formel et vide de contenu. Cependant, on ne se rend pas assez compte que ce qui est Vérité selon le contenu, dans quelque connaissance ou science que ce soit, peut seulement mériter le nom de Vérité si la philosophie l'a engendré ; que les autres sciences cherchent autant qu'elles veulent par la ratiocination à faire des progrès en se passant de la philosophie il ne peut y avoir en elles sans cette philosophie ni vie, ni esprit, ni vérité.

    Hegel, Phénoménologie de l'esprit (1807)

    Photo : Pexels - İlkin Efendiyev

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  • Hegel : Artiste et/ou philosophe

    Si l'artiste pense à la manière du philosophe, il produit alors une oeuvre précisément opposée à celle de l'art, quant à la forme sous laquelle l'idée nous apparaît; car le rôle de l'imagination se borne à révéler à notre esprit la raison et l'essence des choses, non dans un principe ou une conception générale, mais dans une forme concrète et dans une réalité individuelle. Par conséquent tout ce qui vit et fermente dans son âme, l'artiste ne peut se le représenter qu'à travers les images et les apparences sensibles qu'il a recueillies, tandis qu'en même temps il sait maîtriser celles-ci pour les approprier à son but et leur faire recevoir et exprimer le vrai en soi d'une manière parfaite. Dans ce travail intellectuel qui consiste à façonner et à fondre ensemble l'élément rationnel et la forme sensible, l'artiste doit appeler à son aide à la fois une raison active et fortement éveillée et une sensibilité vive et profonde. C'est donc une erreur grossière de croire que des poèmes comme ceux d'Homère se sont formés comme un rêve pendant le sommeil du poète. Sans la réflexion qui sait distinguer, séparer, faire un choix, l'artiste est incapable de maîtriser le sujet qu'il veut mettre en oeuvre, et il est ridicule de s'imaginer que le véritable artiste ne sait pas ce qu'il fait.

    Hegel, Esthétique (1835)

    Photo : Pexels - Như Vân (Wind’s Buddha)

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  • Hegel : Le but de l'art

    Le but de l'art, son besoin originel, c'est de produire aux regards une représentation, une conception née de l'esprit, de la manifester comme son œuvre propre; de même que, dans le langage, l'homme communique ses pensées et les fait comprendre à ses semblables. Seulement, dans le langage, le moyen de communication est un simple signe, à ce titre, quelque chose de purement extérieur à l'idée et d'arbitraire.

    L'art, au contraire, ne doit pas simplement se servir de signes, mais donner aux idées une existence sensible qui leur corresponde. Ainsi, d'abord, l'œuvre d'art, offerte aux sens, doit renfermer en soi un contenu. De plus, il faut qu'elle le représente de telle sorte que l'on reconnaisse que celui-ci, aussi bien que sa forme visible, n'est pas seulement un objet réel de la nature, mais un produit de la représentation et de l'activité artistique de l'esprit. L'intérêt fondamental de l'art consiste en ce que ce sont les conceptions objectives et originelles, les pensées universelles de l'esprit humain qui sont offertes à nos regards.

    Hegel, Esthétique (1835)

    Photo : Pexels - Una Laurencic

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  • Hegel : Le maître et l'esclave

    Le maître se rapporte médiatement à la chose par l'intermédiaire de l'esclave ; l'esclave, comme conscience de soi en général, se comporte négativement à l'égard de la chose et la supprime ; mais elle est en même temps indépendante pour lui, il ne peut donc par son acte de nier venir à bout de la chose et l'anéantir ; l'esclave la transforme donc seulement par son travail. Inversement, par cette médiation, le rapport immédiat devient pour le maître la pure négation de cette même chose ou la jouissance ; ce qui n'est pas exécuté par le désir est exécuté par la jouissance du maître ; en finir avec la chose : l'assouvissement dans la jouissance. Cela n'est pas exécuté par le désir à cause de l'indépendance de la chose ; mais le maître, qui a interposé l'esclave entre la chose et lui, se relie ainsi seulement à la dépendance de la chose, et purement en jouit. Il abandonne le côté de l'indépendance de la chose à l'esclave, qui l'élabore.

    Hegel, La Phénoménologie de l'Esprit (1807)

    Photo : Pexels - Monstera

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  • Hegel : "Si l'artiste pense à la manière du philosophe, il produit alors une oeuvre précisément opposée à celle de l'art"

    Si l'artiste pense à la manière du philosophe, il produit alors une oeuvre précisément opposée à celle de l'art, quant à la forme sous laquelle l'idée nous apparaît; car le rôle de l'imagination se borne à révéler à notre esprit la raison et l'essence des choses, non dans un principe ou une conception générale, mais dans une forme concrète et dans une réalité individuelle. Par conséquent tout ce qui vit et fermente dans son âme, l'artiste ne peut se le représenter qu'à travers les images et les apparences sensibles qu'il a recueillies, tandis qu'en même temps il sait maîtriser celles-ci pour les approprier à son but et leur faire recevoir et exprimer le vrai en soi d'une manière parfaite. Dans ce travail intellectuel qui consiste à façonner et à fondre ensemble l'élément rationnel et la forme sensible, l'artiste doit appeler à son aide à la fois une raison active et fortement éveillée et une sensibilité vive et profonde. C'est donc une erreur grossière de croire que des poèmes comme ceux d'Homère se sont formés comme un rêve pendant le sommeil du poète. Sans la réflexion qui sait distinguer, séparer, faire un choix, l'artiste est incapable de maîtriser le sujet qu'il veut mettre en oeuvre, et il est ridicule de s'imaginer que le véritable artiste ne sait pas ce qu'il fait. 

    Hegel, Introduction à l'Esthétique (1829)

    Photo : Pexels - Isabella Mariana

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  • Hegel : "L'art, quand il se borne à imiter, ne peut rivaliser avec la nature"

    D'une façon générale, il faut dire que l'art, quand il se borne à imiter, ne peut rivaliser avec la nature, et qu'il ressemble à un ver qui s'efforce en rampant d'imiter un éléphant. Dans ces reproductions toujours plus ou moins réussies, si on les compare aux modèles naturels, le seul but que puisse se proposer l'homme, c'est le plaisir de créer quelque chose qui ressemble à la nature. Et de fait, il peut se réjouir de produire lui aussi, grâce à son travail, son habileté, quelque chose qui existe déjà indépendamment de lui. Mais justement, plus la reproduction est semblable au modèle, plus sa joie et son admiration se refroidissent, si même elles ne tournent pas à l'ennui et au dégoût. Il y a des portraits dont on a dit spirituellement qu'ils sont ressemblant à vous donner la nausée. Kant donne un autre exemple de ce plaisir qu'on prend aux imitations : qu'un homme imite les trilles du rossignol à la perfection comme cela arrive parfois, et nous en avons vite assez; dès que nous découvrons que l'homme en est l'auteur, le chant nous paraît fastidieux; à ce moment nous n'y voyons qu'un artifice, nous ne le tenons ni pour une oeuvre d'art, ni pour une libre production de la nature.

    Hegel, Introduction à l'Esthétique (1829)

    Photo : Pexels - Brett Sayles

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  • Ils ont dit, au sujet du désir

    "Mieux vaut l’ordre de l’âme que les désirs insatiables opposés à la raison." [Platon]

    "quiconque éprouve le désir de quelque chose, désire ce dont il ne dispose pas et ce qui n’est pas présent." [Platon]

    "L'homme aux tonneaux pleins n'a plus aucun plaisir, et c'est justement là ce que j'appelais tout à l'heure vivre à la façon d'une pierre : une fois les tonneaux remplis, on n'a plus ni joie ni peine." [Platon]

    "Le désir est l’appétit de l’agréable." [Aristote]

    "Il faut se rendre compte que parmi nos désirs les uns sont naturels, les autres vains, et que, parmi les désirs naturels, les uns sont nécessaires et les autres naturels seulement." [Épicure] 

    "Parmi les choses, les unes dépendent de nous, les autres n’en dépendent pas." [Épictète] 

    "Ce n'est pas par la satisfaction du désir que s'obtient la liberté, mais par la destruction du désir." [Épictète] 

    "Il faut changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde." [René Descartes]

    "Le désir est l’appétit accompagné de la conscience de lui-même." [Baruch Spinoza]

    "Le désir qui naît de la joie est plus fort que le désir qui naît de la tristesse." [Baruch Spinoza]

    "Les hommes sont conscients de leurs désirs et ignorants des causes qui les déterminent." [Baruch Spinoza]

    "Nous ne désirons aucune chose parce que nous la trouvons bonne mais, au contraire, nous jugeons qu’une chose est bonne parce que nous la désirons." [Baruch Spinoza]

    "Les hommes sont conduits plutôt par le désir aveugle que par la raison." [Baruch Spinoza]

    "Malheur à qui n'a plus rien à désirer ! Il perd pour ainsi dire tout ce qu'il possède. On jouit moins de ce qu'on obtient que de ce qu'on espère et l'on n'est heureux qu'avant d'être heureux." [Jean-Jacques Rousseau] 

    "L’homme est conscience de soi et capacité de dire « Je »." [Emmanuel Kant]

    "L’homme se définit comme désir négateur, lequel permet d’accéder à la conscience de soi." [Emmanuel Kant]

    "Ce n'est pas dans la jouissance que consiste le bonheur, c'est dans le désir, c'est à briser les freins qu'oppose à ce désir." [Sade]

    "L’homme est conscience de soi, cette conscience est déchirée." [Hegel]

    "L’homme vacille ainsi entre peine et souffrance." [Arthur Schopenhauer]

    "Le désir est énergie mais aussi vie dans l’instant pur." [Soren Kierkegaard]

    "Le désir est signe de guérison ou d'amélioration." [Friedrich Nietzsche]

    "Nous n'arrivons pas à changer les choses suivant notre désir, mais peu à peu notre désir change." [Marcel Proust]

    "Par source de la pulsion, on entend le processus somatique qui est localisé dans un organe ou une partie du corps et dont l'excitation est représentée dans la vie psychique par la pulsion." [Sigmund Freud]

    "Le rêve est la satisfaction d’un désir." [Sigmund Freud]

    "“L'homme est une création du désir, non pas une création du besoin." [Gaston Bachelard]

    "Le désir est manque et dépassement de son manque." [Jean-Paul Sartre]

    "Le désir est une conduite d'envoûtement." [Jean-Paul Sartre]

    "Tout désir naît d’un manque et représente un cycle sans fin." [Jean-Paul Sartre]

    "L’homme doit assumer son désir et agir en conformité avec lui." [Jacques Lacan]

    "Le désir est inextinguible." [Jacques Lacan]

    "Tout se réduit en somme au désir et à l’absence de désir. Le reste est nuance." [Emil Cioran]

    "Peut-être aucun autre type de société n'a jamais accumulé, et dans une histoire relativement si courte, une telle quantité de discours sur le sexe. De lui, il se pourrait bien que nous parlions plus que de toute autre chose." [Michel Foucault]

    Photo : Pexels – Marcela Oliveira

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  • Hegel : "Instruire par l’expérience de l’histoire"

    On recommande aux gouvernants, aux hommes d’État, aux peuples de s’instruire principalement par l’expérience de l’histoire. Mais ce qu’enseignent l’expérience et l’histoire, c’est que peuples et gouvernements n’ont jamais rien appris de l’histoire et n’ont jamais agi suivant des maximes qu’on en aurait pu retirer.

    Chaque époque se trouve dans des conditions si particulières, constitue une situation si individuelle que dans cette situation on doit et l’on ne peut décider que par elle : les grands caractères sont précisément ceux qui, chaque fois, ont trouvé la solution appropriée.

    Dans le tumulte des événements du monde, une maxime générale est d’aussi peu de secours que le souvenir des situations analogues qui ont pu se produire dans le passé, car un pâle souvenir est sans force dans la tempête qui souffle sur le présent. ; il n’a aucun pouvoir sur le monde libre et vivant de l’actualité. L’élément qui façonne l’histoire est d’une tout autre nature que les réflexions tirées de l’histoire.

     Hegel, La Raison dans l’Histoire (1822)

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  • Hegel : Les leçons du passé dans l'histoire

    Hegel.jpgC'est le moment d'évoquer les réflexions morales qu'on introduit dans l'histoire.: de la connaissance de celle-ci, on croit pouvoir tirer un enseignement moral et C'est souvent en vue d'un tel bénéfice que le travail historique a été entrepris. S'il est vrai que les bons exemples élèvent l'âme, en particulier celle de la jeunesse, et devraient être utilisés pour l'éducation morale des enfants, les destinées des peuples et des Etats, leurs intérêts, leurs conditions et leurs complications constituent cependant un tout autre domaine que celui de la morale. (...)

    On recommande aux rois, aux hommes d'Etat, aux peuples de s'instruire principalement par l'expérience de l'histoire. Mais l'expérience et l'histoire nous enseignent que peuples et gouvernements n'ont jamais rien appris de l'histoire, qu'ils n'ont jamais agi suivant les maximes qu'on aurait pu en tirer. /Chaque époque, chaque peuple se trouve dans des conditions si particulières, forme une situation Si particulière, que c'est seulement en fonction de cette situation unique qu'il doit se décider : les grands caractères sont précisément ceux qui, chaque fois, ont trouvé la solution appropriée. Dans le tumulte des événements du monde, une maxime générale est d'aussi peu de secours que le souvenir des situations analogues qui ont pu se produire dans le passé, car un pâle souvenir est sans force dans la tempête qui souffle sur le présent; il n'a aucun pouvoir sur le monde libre et vivant de l'actualité. L'élément qui façonne l'histoire est d'une tout autre nature que les réflexions tirées de l'histoire. Nul cas ne ressemble exactement à un autre. Leur ressemblance fortuite n'autorise pas à croire que ce qui a été bien dans un cas pourrait l'être également dans un autre. Chaque peuple a sa propre situation, et pour savoir ce qui, à chaque fois, est juste, nul besoin de commencer par s'adresser à l'histoire.)

    Hegel, La Raison dans l'Histoire, Introduction à la Philosophie de l'Histoire (1822)

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  • Hegel : Médiation et travail

    La médiation qui prépare et obtient pour le besoin particularisé un moyen également particularisé, c’est le travail. Par les procédés les plus variés, il spécifie la matière livrée immédiatement par la nature pour les différents buts. Cette élaboration donne au moyen sa valeur et son utilité. L’homme dans sa consommation rencontre surtout des productions humaines et ce sont des efforts humains qu’il utilise.

    Hegel, Principes de la Philosophie du Droit (1820)

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  • Hegel : "Le travail est désir réfréné, disparition retardée"

    Mais le sentiment de la puissance absolue, réalisé en général et réalisé dans les particularités du service, est seulement la dissolution en soi. Si la crainte du maître est le commencement de la sagesse, en cela la conscience est bien pour elle-même, mais elle n'est pas encore l'être-pour-soi ; mais c'est par la médiation du travail qu'elle vient à soi-même. Dans le moment qui correspond au désir dans la conscience du maître, ce qui paraît échoir à la conscience servante c'est le côté du rapport inessentiel à la chose, puisque la chose dans ce rapport maintient son indépendance. Le désir s'est réservé à lui-même la pure négation de l'objet, et ainsi le sentiment sans mélange de soi-même. Mais c'est justement pourquoi cette satisfaction est elle-même uniquement un état disparaissant, car il lui manque le côté objectif ou la subsistance. le travail, au contraire, est désir réfréné, disparition retardée : le travail forme. Le rapport négatif à l'objet devient forme de cet objet même, il devient quelque chose de permanent, puisque justement, à l'égard du travailleur, l'objet a une indépendance. Ce moyen négatif, ou l'opération formatrice, est en même temps la singularité ou le pur être-pour-soi de la conscience. Cet être-pour-soi, dans le travail, s'extériorise lui-même et passe dans l'élément de la permanence ; la conscience travaillante en vient ainsi à l'intuition de l'être indépendant, comme intuition de soi-même.

    Hegel, La Phénoménologie de l'esprit (1807)

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  • Hegel : Esthétique

    L’idée essentielle qu’il nous faut noter est que, même si le talent et le génie de l’artiste comportent un moment naturel, ce moment n’en demande pas moins essentiellement à être formé et éduqué par la pensée, de même qu’il nécessite une réflexion sur le mode de sa production ainsi qu’un savoir-faire exercé et assuré dans l’exécution. Car l’un des aspects principaux de cette production est malgré tout un travail extérieur, dès lors que l’œuvre d’art a un côté purement technique qui confine à l’artisanal, surtout en architecture et en sculpture, un peu moins en peinture et en musique, et dans une faible mesure en poésie. Pour acquérir en ce domaine un parfait savoir-faire, ce n’est pas l’inspiration qui peut être d’un quelconque secours, mais seulement la réflexion, l’application et une pratique assidue. Or il se trouve qu’un tel savoir-faire est indispensable à l’artiste s’il veut se rendre maître du matériau extérieur et ne pas être gêné par son âpre résistance.

    Hegel, Esthétique (1837)

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  • Ils ont dit, au sujet de l'art

    "Muse, chante la colère du fils de Pélée." [Homère]

    "C'est chose légère que le poète, ailée, sacrée: il n'est pas en état de créer avant d'être inspiré par un dieu, hors de lui, et de n'avoir plus sa raison; tant qu'il garde cette faculté, tout être humain est incapable de faire oeuvre poétique et de chanter des oracles." [Platon]

    "La tragédie est imitation." [Aristote]

    "S'il ne sent point du ciel l'influence secrète / Si son astre en naissant ne l'a formé poète, / Sans son génie étroit, il est toujours captif." [Boileau]

    "Le génie n’est autre chose qu’une grande aptitude à la patience." [Buffon]

    "En peinture, il n’y a pas de règle plus raisonnable que l’équilibre des formes : il faut les placer avec la plus grande précision sur leur propre centre de gravité. Une forme mal équilibrée est disgracieuse ; elle provoque en effet l’idée de sa chute et celle de dommage et de douleur, ce sont des idées pénibles quand par sympathie elles acquièrent quelque degré de force et de vivacité." [David Hume]

    "Est beau ce qui plaît universellement, sans concept." [Emmanuel Kant]

    "Le génie est le talent de produire ce dont on ne peut donner de règle déterminée, et non pas l'habileté qu'on peut montrer en faisant ce qu'on peut apprendre suivant une règle ; par conséquent, l'originalité est sa première qualité." [Emmanuel Kant]

    "Quand je me sens bien et que je suis de bonne humeur […], les pensées me viennent en foule et le plus aisément du monde. D’où et comment m’arrivent-elles ? Je n’en sais rien, je n’y suis pour rien." [Wolfgang Amadeus Mozart]

    "Clos ton œil physique afin de voir d’abord ton tableau avec l’œil de ton esprit." [C.D. Friedrich]

    " Pour acquérir en ce domaine un parfait savoir-faire, ce n'est pas l'inspiration qui peut être d'un quelconque secours, mais seulement la réflexion, l'application et une pratique assidue." [GWF Hegel]

    "Ce n'est que par la pure contemplation… que sont appréhendées les Idées et la nature du génie consiste précisément dans la capacité par excellence à une telle contemplation … ce qui exige un oubli complet de notre propre personne." [Arthur Schopenhauer]

    "[Le génie] atteint un but que les autres ne peuvent même pas voir." [Arthur Schopenhauer]

    "L’art sauvera le monde." [Fiodor Dostoïevski]

    "Un formidable esprit descend dans sa pensée/ Sa parole luit comme un feu / Et son front porte tout un Dieu." [Victor Hugo]

    "Le goût se trouve partout où la pureté des lignes est présente." [Ledoux]

    "Pas d’idées ! Surtout, pas d’idées !" [W. Bouguereau]

    "Nous avons l’art afin de ne pas mourir de la vérité." [Friedrich Nietzsche]

    "Tous les grands hommes sont de grands travailleurs, infatigables non seulement à inventer, mais encore à rejeter, passer au crible, modifier, arranger. [De là] les magnifiques mélodies de Beethoven […] triées d’ébauches multiples." [Friedrich Nietzsche]

    "Je vous enseigne le Surhumain. L'homme est quelque chose qui doit être surmonté." [Friedrich Nietzsche]

    "Le surhumain est le sens de la terre. Que votre volonté dise : que le surhumain soit le sens de la terre !" [Friedrich Nietzsche]

    "Vous les solitaires d'aujourd'hui, vous qui demeurez à l'écart, vous serez un peuple un jour : de vous qui vous êtes vous-mêmes élus naîtra un peuple élu – et de lui naîtra le surhumain." [Friedrich Nietzsche]

    "Qu'est-ce que le singe pour l'homme ? Un objet de risée ou une honte douloureuse. Et c'est exactement cela que l'homme doit être pour le surhumain : un objet de risée ou une honte douloureuse." [Friedrich Nietzsche]

    "L'artiste a le pouvoir de réveiller la force d'agir qui sommeille dans d'autres âmes." [Friedrich Nietzsche]

    "L'art étant surhumain, il cultive l'élément surhumain en l'homme et se trouve être, par conséquent, un moyen d'évolution de l'humanité au même titre que la religion." [Piet Mondrian]

    "L'art ne reproduit pas le visible, il rend visible." [Paul Klee]

    "[L’art] c’est la seule chose qui résiste à la mort." [André Malraux]

    " "Si nos écrivains et artistes venus des milieux intellectuels veulent que leurs oeuvres soient bien accueillies par les masses, il faut que leurs pensées et leurs sentiments changent, il faut qu'ils se rééduquent..." [Mao Zedong]

    "Mais c'est expressément à Manet que nous devons attribuer d'abord la naissance de cette peinture sans autre signification que l'art de peindre qu'est la "peinture moderne" [George Bataille]

    "La main du poète-scribe n'est qu'un appareil enregistreur, un marteau sans maître." [René Char]

    "L’Homme habite en poète." [Martin Heidegger]

    " L'art est la mise en œuvre de la vérité." [Martin Heidegger]

    "L'artiste doit se faire regretter déjà de son vivant !" [René Char]

    "Quel est le rapport de l’œuvre d’art avec la communication ? Aucun." [Gilles Deleuze]

    "L’idée d’une œuvre d’art conservatrice a quelque chose d’absurde. En se séparant en toute rigueur du monde empirique, de leur autre, les œuvres témoignent que ce monde lui-même doit devenir autre chose." [Adorno]

    " La définition de ce qu’est l’art est toujours donnée à l’avance par ce qu’il fut autrefois, mais n’est légitimée que par ce qu’il est devenu, ouvert à ce qu’il veut être et pourra peut-être devenir." [Adorno]

    "[L’artiste est ] une sorte de monstre inconscient, irresponsable, un simple médiateur entre le commun des mortels et une puissance obscure, un Dieu." [Alain Robbe-Grillet]

    "Le peinte hyperréaliste ne dit pas au spectateur comment il doit ressentir le sujet, il affirme simplement qu’il existe et qu’il vaut la peine de le regarder parce qu’il existe." [Linda Chase]

    "Les abrutis ne voient le beau que dans les belles choses." [Arthur Cravan]

    "Créer pour vivre ou vivre pour créer : toute la différence entre l’artiste et l’artisan." [Michel Polac]

    "Un artiste est presque toujours tendu sur le bord du délire." [Hélène Grimaud]

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  • Hegel : La philosophie est un système et un cercle

    La science de l'absolu est nécessairement un système parce que le vrai, en tant que vrai concret, n'est tel qu'en se développant en lui-même et en gardant dans ces développements son unité; en d'autres termes, il n'est tel que comme totalité...

    Remarque: Une philosophie qui n'est pas un système ne saurait rien avoir de scientifique. Elle exprime bien plutôt une opinion subjective, et son contenu est un contenu contingent. Car un contenu n'est justifié que lorsqu'il est le moment d'un tout. Hors de ce tout, il n'est qu'une hypothèse ou une affirmation subjective. Il y a un grand nombre d'écrits philosophiques qui n'expriment que des opinions ou des convictions de ce genre. C'est à tort qu'on considère comme constituant une connaissance systématique une philosophie qui repose sur un principe limité et qui se trouve en présence d'un autre principe. La vraie philosophie doit renfermer tous les principes particuliers dans son unité.

    Hegel, Logique (1812-1816)

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  • Hegel : La philosophie une affaire sérieuse

    Il paraît particulièrement nécessaire de faire de nouveau de la philosophie une affaire sérieuse. Pour toutes les sciences, les arts, les talents, les techniques, prévaut la conviction qu'on ne les possède pas sans se donner de la peine et sans faire l'effort de les apprendre et de les pratiquer. Si quiconque ayant des yeux et des doigts, à qui on fournit du cuir et un instrument, n'est pas pour cela en mesure de faire des souliers, de nos jours domine le préjugé selon lequel chacun sait immédiatement philosopher et apprécier la philosophie puisqu'il possède l'unité de mesure nécessaire dans sa raison naturelle - comme si chacun ne possédait pas aussi dans son pied la mesure d'un soulier. Il semble que l'on fait consister proprement la possession de la philosophie dans le manque de connaissances et d'études, et que celle-là finit où celles-ci commencent.

    Hegel, Phénoménologie de l'esprit (1807)

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  • Les sujets du bac philo

    Les sujets de l'épreuve de philosophie du bac 2019 sont tombées, et à l'heure qu'il est les lycéennes et lycéens planchent toujours. Voici ces sujets, série par série :

    Série littéraire

    - 1er sujet: Est-il possible d'échapper au temps ?

    - 2e sujet: A quoi bon expliquer une oeuvre d'art ?

    - Explication d'un texte extrait de Principes de la philosophie du droit de Hegel (1820)

    Série économique et sociale

    - 1er sujet: La morale est-elle la meilleure des politiques ?

    - 2e sujet: Le travail divise-t-il les hommes ?

    - Explication d'un texte extrait de Remarques sur la partie générale des principes de Descartes de Leibniz (1692)

    Série scientifique

    - 1er sujet: La pluralité des cultures fait-elle obstacle à l'unité du genre humain ?

    - 2e sujet: Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté ?

    - Explication d'un texte extrait de L'avenir d'une illusion de Freud (1927)

    Séries technologiques (sauf Techniques de la Musique et de la Danse et Sciences et Technologies de l'Hôtellerie et de la Restauration)

    - 1er sujet: Seul ce qui peut s'échanger a-t-il de la valeur ?

    - 2e sujet: Les lois peuvent-elles faire notre bonheur ?

    - Explication d'un texte extrait des Essais de Montaigne (1580)

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  • Compte-rendu du débat : "Un bon artiste est-il un artiste mort?"

    Le vendredi 26 avril 2019, le café philosophique de Montargis se trouvait à la médiathèque de Montargis pour une séance spéciale dans ce lieu pour un débat portant sur cette question : "Un bon artiste est-il un artiste mort ?" C’était la deuxième fois que le café philo se trouvait dans ce lieu pour cette séance décentralisée organisée conjointement avec une équipe de l’AME.

    Après une courte présentation de la cinéaste oubliée Alice Guy et un quiz sur quelques artistes devenus célèbres ou reconnus après leur décès, le débat s’installe et porte principalement de la question de savoir ce qu’est un bon artiste. "Qu’est-ce que l’artiste ? C’est un homme qui voit mieux que les autres, car il regarde la réalité nue et sans voiles" disait Henri Bergson.

    Un participant intervient pour resituer le titre du débat. "Un bon artiste est un artiste mort" viendrait d’une phrase du marchand d’art Durand-Ruel qui, très sollicité par des artistes, a déclaré un jour : "Je ne veux voir entrer dans mon bureau que des artistes morts."

    Derrière cette citation, y avait-il l’envie du galeriste de ne prendre que des artistes morts donc reconnus ? Ayant fait le choix des impressionnistes, ce marchand d’art parvenait à vendre et attirait donc des artistes vivants. Faire le choix d’artistes disparus, c’était peut-être aussi, dit un autre intervenant, une façon d’éviter de négocier la part de l’artiste.

    L’artiste mort assure également que son œuvre est terminée, avec un catalogue défini et la rareté assurée fait aussi sa valeur sur le marché de l’art. Avec l’art contemporain, le marché devient plus fluctuant et c’est l’oeuvre en devenir qui a de la valeur.

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  • Compte-rendu du débat: "Faut-il vivre comme si nous ne devions jamais mourir?"

    Le vendredi 13 avril, le café philosophique de Montargis se délocalisait exceptionnellement à la Médiathèque de Montargis pour un nouveau débat qui avait pour thème : "Faut-il vivre comme si nous ne devions jamais mourir ?" L’équipe de la médiathèque avait mis les petits plats dans les grands pour accueillir un public d’une soixantaine de personnes venus débattre.

    Ce sujet est capital en philosophie, comme le disait en substance Albert Camus. Pour un premier participant, la question du débat semblerait poser problème dans sa formulation. Deux autres intervenants abordent le sujet de ce soir comme un appel à avoir en finalité notre mort future, sans perdre de vue pour autant cette vie qui nous est donnée et dont nous devons tirer profit. Si "philosopher c’est apprendre à mourir" comme le disait Montaigne, cela ne doit pas être une obsession ni nous empêcher d’agir – dans la mesure de nos moyens – choisir nos actions à entreprendre, avec le minimum d’impacts sur notre planète.

    La question du débat de ce soir interpelle une autre personne du public. "Faut-il vivre comme si nous ne devions jamais mourir ?" : le "comme si" interpelle. C’est un "comme si" qui implique une forme de mensonge ou d’illusion puisque de toute manière nous mourrons tous un jour.

    Par ailleurs, pour une autre personne du public, la question ne se pose pas au conditionnel : quand on naît, on vit et il y a par la suite un instinct de vie qui nous fait avancer lorsque nous sommes enfants. La pensée de la mort viendrait après – et en tout cas pas.

    Finalement, est-il encore dit, dans la question de ce soir, "Faut-il vivre comme si nous ne devions jamais mourir ?", chacun de ces termes pose problème, et, mis bout à bout, nous serions hors-sujet. La proposition de ce soir, intervient un animateur du café philo, est aussi celle que nous propose la société de consommation dans laquelle nous sommes. Dans des temps plus anciens, la mort était par contre plus présente qu’aujourd’hui, ne serait-ce que parce que les guerres étaient plus présentes.

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  • Compte-rendu du débat: "Tout doit-il être fait par passion?"

    Environ 40 participants étaient présents pour la séance du 23 mars au Belman, "Tout doit-il être fait par passion ?"

    La séance commence par la diffusion d’un court extrait de l’émission de Raphaël Enthoven, Philo, portant sur les passions. La séance commence par une question ouverte sur le thème du débat de ce soir mais aussi sur des exemples de passions. Finalement qu’est-ce qu’être passionné ? Un premier intervenant parle de ses passions pour les sciences astronomiques, physiques, électroniques, informatiques ou en intelligence artificielle. Être passionné c’est aller très loin dans ses actes et dans ses réflexions, dans tous les domaines. Il serait difficile d’avoir plusieurs passions dans sa vie, et toute sa vie. Cette personne parle de "beauté" en évoquant ses passions.

    Il y aurait plusieurs objets de passions, mais une forme d’"unité" dans cette passion. Ce dont il est question est bien de savoir si l’enjeu n’est pas dans l’objet de la passion. D’autre part, dans la question "Tout doit-il être fait par passion ?", il y a ce fameux "tout" globalisant à la fois notre énergie, notre temps et aussi, quelque part, cette multiplicité des passions, passées ou en devenir et comme autant de "champs de bataille à conquérir", comme l’a montré le premier intervenant.

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  • Séance du 23 mars : "Tout doit-il être fait par passion ?"

    Le café philosophique de Montargis fixera son prochain rendez-vous le vendredi 23 mars 2018 à 19 heures, au café Le Belman. Le sujet du débat portera sur cette question : "Tout doit-il être fait par passion ?"

    La passion pourrait bien être ce qui dirige nombre de nos actes, nos décisions ou nos choix. D’après Hegel, "Rien de grand ne s'est accompli dans le monde sans passion" Pour autant, a priori, la passion ne semblerait pas avoir bonne presse auprès du philosophe. La passion s’opposerait à la raison en ce qu’elle ne rendrait pas l’homme maître de lui-même. La passion amoureuse en est un exemple. Si la passion peut permettre à l’homme de se dépasser, peut-on également la dompter ? Doit-on laisser la passion gouverner notre vie ? Peut-on dire qu’il y a de bons ou de mauvaises passions ? Pourquoi la raison doit-elle se méfier de la passion ? Comment peut-on magnifier la passion et la rendre compatible avec la raison ?

    Ce sont autant de points qui pourront être débattues lors de la séance du vendredi 23 mars 2018, à partir de 19 heures au café Le Belman, boulevard des Belles Manières, à Montargis.

    La participation sera libre et gratuite.

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  • Compte-rendu du débat : "La vérité finit-elle toujours par triompher?"

    Le café philosophique de Montargis se réunissait au Belman le vendredi 19 janvier pour un débat portant sur cette question : "La vérité finit-elle toujours par triompher ?" Une soixantaine de personnes étaient présentes pour cette nouvelle séance.

    Pour commencer ce débat, les animateurs proposent une définition et une étymologie de la vérité : le terme de vérité, de veritas en latin ("vraie"), peut la définir dans trois dimensions: une vérité ontologique, la réalité dans sa quintessence, dans son intensité et sa pureté (comme l’or dans la joaillerie), il y aurait ensuite cette vérité définie par Thomas d’Aquin, qui serait l’adéquation entre l’esprit et la chose, c’est-à-dire une conformité entre mon jugement et la réalité ("Ce que l'homme appelle vérité, c'est toujours sa vérité, c'est-à-dire l'aspect sous lequel les choses lui apparaissent", Protagoras), et enfin la vérité logique dans le théorème scientifique ou mathématiques, qui serait dans l’ordre de la cohérence logique mais qui, pour le coup, peut ne pas correspondre à une réalité (les propriétés du triangle sont vraies quand bien même il n’existerait pas de triangles dans la nature).

    S’agissant de ce thème du triomphe de la vérité, il y a l’un des exemples les plus fameux : celui du de l’affaire Dreyfus et du J’Accuse d’Émile Zola.Un premier intervenant réagit au sujet du débat de ce soir. Une telle question sous-entend que quelqu’un cache la vérité, que ce soit une personne, un groupe de personnes ou un système. C’est le cas de l’Affaire Dreyfus par exemple. S’agissant de cette cas historique, il y a dichotomie entre la vérité et la justice. Pour que cette vérité triomphe, il faut l’investissement d’une personne pugnace, a fortiori lorsqu’il s’agit d’enjeux importants. Dans ce cas le triomphe de la vérité serait compliqué.

    Pour un autre intervenant, la vérité serait d’abord vivante et fonction de telle ou telle personne, tel ou tel sujet. Chacun a sa propre vérité et cette vérité bouge constamment au cours de notre vue. La vérité sur Dieu change, y compris dans notre existence. Une vérité immuable devient quelque chose de non-libre, voire dictatoriale. La recherche de la vérité doit être active tout au long de notre vie, selon les philosophes comme Socrate ou Platon.

    Dans ce qui est dit, réagit une autre personne du public, il y a une sorte de pluralité dans la notion de vérité. Or, comment différencier cela d’un simple avis, d’un simple avis ? Cela constituerait d’emblée un obstacle à sa recherche.

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  • Compte-rendu du débat: "L’État a-t-il tous les droits ?"

    Le café philosophique de Montargis se réunissait le 12 mai 2017 à la Brasserie du Centre commercial de la Chaussée pour un débat intitulé "L’État a-t-il tous les droits ?"

    En ouverture de ce débat, une définition de l’État est donnée : "L’État est une autorité souveraine qui s’exerce sur l’ensemble d’un peuple et sur un territoire donné." L’État aurait tous les droits que la constitution lui donne. Cependant, les droits de l’État sont évolutifs, avec le jeu démocratique de l’exécutif, du législatif et de la justice, des jeux qui peuvent être fluctuants, orientés, avec une part parfois de corruptibilité.

    L’État a pour vocation de garantir les droits des individus, une vocation qui est au centre du contrat social de Jean-Jacques Rousseau. L’État a plusieurs définitions et a évolué au fil des siècles. Il naît d’une opposition violente entre plusieurs ordres de pouvoirs (l’Église, le pouvoir impérial et les ordres féodaux). Cette naissance naît de cette opposition, une naissance "dans la douleur." Par la suite, les rapports de force vont venir s’intégrer, avec aussi des notions nouvelles comme ce "Contrat social" de Rousseau et des critiques comme le risque d’autoritarisme (Montesquieu).

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  • Compte-rendu du débat "L’échec : tomber, se relever"

    Le 20 janvier 2017, le café philosophique de Montargis se réunissait pour une nouvelle séance autour de ce sujet : "L’échec : tomber, se relever." Au préalable, Bruno présentait les nouveaux propriétaires de la Brasserie de la Chaussée, Fabrice et Michèle. Le sujet de cette séance a été assez peu traité par la philosophie et, une fois n’est pas coutume, le sujet de ce soir n’est pas une question mais un postulat qui sera discuté par les participants de cette séance.

    Bruno commence cette séance par parler des échecs que le café philo a essuyé à sa création : débats houleux, sujets peu consensuels, critiques cinglantes y compris dans la presse locale. Peut-on réellement parler d‘échecs dans ce cas, réagit un premier intervenant, en sachant que le café philo existe toujours ? Le fait qu’il y ait eu des difficultés mais que le café philo poursuit son petit bonhomme de chemin laisserait entendre que le terme d’échec n’est pas approprié. Pour Claire, dans cette notion d’échec il est question de subjectivité. Parler d’échec c’est "vivre l’échec", le ressentir tel quel. Pour reprendre Épictète, il convient de ne pas considérer comme un échec ce qui ne dépend pas de nous. “C'est le fait d'un ignorant d'accuser les autres de ses propres échecs ; celui qui a commencé de s'instruire s'en accuse soi-même ; celui qui est instruit n'en accuse ni autrui ni soi-même.

    Prendre ce recul, c’est acquérir une forme de rigueur, voire de rudesse, suivant l’exemple du philosophe et empereur Marc Aurèle. Échouer, au contraire, pourrait être une forme d’humanisme et d’humilité, avouer les travers de l’humanité. Vivre sa vie de manière linéaire, (donc) sans échec pourrait en soit vivre de manière inhumaine.

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  • Compte-rendu du débat : "Qu'est-ce qu'une oeuvre d'art ?"

    Le samedi 10 décembre 2016, le café philosophique de Montargis se réunissait de manière tout à fait exceptionnelle au Centre d’art contemporain des Tanneries d’Amilly, à l’occasion de l’exposition "Histoire des formes" pour un débat sur cette question : "Qu’est-ce qu’une œuvre d’art ?" C’est la deuxième fois que le café philo se décentralise, trois ans après une séance à l’AGART d’Amilly ("Un bon artiste est-il le Surhomme ?").

    Ce débat dans un lieu prestigieux ("une œuvre d'art à part entière", commente une personne du public au sujet du bâtiment des Tanneries) était précédé d’une visite de l’exposition temporaire par Jeanne Pelloquin, médiatrice culturelle au centre des Tanneries. Cette visite commentée, visible sur ce lien, dit Bruno, est une entrée en matière passionnante pour parler d’un sujet, l’art, qui, a priori est aux antipodes de la philosophie. L’art est de l’ordre de la création et au sensible alors que la philosophie s’occupe de concepts. Voilà donc deux domaines irréconciliables. Pourtant, les philosophes ont souvent eu à dire beaucoup de choses sur l’art (Hegel, par exemple). En outre, philosophie et art se répondent et s’influencent mutuellement. Ainsi, les grands ouvrages de Friedrich Nietzsche sont des œuvres poétiques et littéraires à part entière (comme le montre cet extrait de Par delà le Bien et le Mal). La poésie et l’art nourrissent la philosophie et sont les premières strates de la pensée. Ainsi, la visite commentée aux Tanneries entend être la première étape du débat sur cette question : "Qu’est-ce qu’une œuvre d’art ?"

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    Lien permanent Catégories : =>Saison 8, Comptes-rendus des débats, [61] "Qu'est-ce qu'une œuvre d'art?" Imprimer 0 commentaire Pin it!
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