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Café philosophique de Montargis

  • Béart : "La Vérité"

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  • "X-Files" : La vérité est ailleurs...

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  • Nietzsche : Qu'est-ce que la vérité?

    "Qu'est-ce que la vérité ? Une multitude mouvante de métaphores, de métonymies, d'anthropomorphismes, bref, une somme de relations humaines qui ont été poétiquement et rhétoriquement haussées, transposées, ornées, et qui, après un long usage, semblent à un peuple fermes, canoniales et contraignantes : les vérités sont des illusions dont on a oublié ce qu'elles sont, des métaphores qui ont été usées et qui ont perdu leur force sensible, des pièces de monnaies qui ont perdu leur empreinte et qui entrent dès lors en considération non plus comme pièces de monnaie mais comme métal."

    Friedrich Nietzsche, Le Livre du Philosophe (1873)

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  • Brown : La vérité appartiendrait-elle à la jeunesse?

    "— Ah oui. Je crois avoir lu que vous avez prédit la crise financière en Europe, il y a quelques années ? Et comme personne n'a voulu vous écouter, vous avez mis au point un programme qui a sauvé l'Union européenne alors que tout le monde la croyait morte. Je me sou¬viens de votre déclaration, restée dans les annales : « À trente-trois ans, j'ai le même âge que le Christ quand il a ressuscité. »
    Kirsch grimaça.
    — La métaphore n'était guère heureuse, monseigneur. J'étais jeune.
    — Jeune ? Et quel âge avez-vous donc aujourd'hui ? Quarante ans ?
    — Tout juste.
    Le vieil homme sourit alors que le vent de la montagne agitait toujours sa soutane.
    — Les faibles sont censés hériter de la terre, mais c'est aux jeunes qu'elle appartient en vérité - à ceux qui versent dans la technologie, qui scrutent des écrans au lieu de sonder leur âme. Je ne pensais pas qu'un jour j'aurais l'occasion de rencontrer le champion de cette génération. Vous savez comment ils vous appellent ? Le prophète.
    — Un piètre prophète, en l'occurrence."

    Dan Brown, Origine (2017)

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  • La vérité finit-elle toujours par triompher?

    Affiche La vérité finit elle toujours par triompher.png

    Le prochain café philosophique se déroulera  au café Le Belman, 17-19 Boulevard des Belles Manières à Montargis, pour sa prochaine séance le vendredi 19 janvier 2018.

    Le débat de cette séance sera intitulé : "La vérité finit-elle toujours par triompher?"

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  • Toutes nos affiches

    Saison 9

    "La vérité finit-elle toujours par triompher ?" (séance du 19 janvier 2018)

    "Ma liberté est-elle en danger?" (séance du 15 octobre 2017)

    "La culture serait-elle une meilleure réponse à la violence ?" (séance du 10 octobre 2017)

    "Les sciences vont-elles trop loin ?" (séance du 22 septembre 2017)

    Saison 8

    "Pouvons-nous nous passer du progrès ?" (séance du 23 juin 2017)

    "L'Etat a-t-il tous les droits ?" (séance du 12 mai 2017)

    "Suis-je l'auteur de ma propre vie ?" (séance du 24 mars 2017)

    "L'échec : tomber, se relever" (séance du 20 janvier 2017)

    "Qu'est-ce qu'une oeuvre d'art ?" (séance du 10 décembre 2016)

    "Qu'est-ce qu'être français ?" (séance du 4 novembre 2016)

    "La société est-elle menacée par l'ordre ou le désordre?" (séance du 23 septembre 2016) 

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  • Toutes nos séances

    Saison 9

    [A venir] Débat 69 [Saison 9] - Vendredi 19 janvier 2018 : "La vérité finit-elle toujours par triompher?", au café Le Belman (Montargis)

    [A venir] Débat 68 [Saison 9] - Vendredi 15 décembre 2017 : "Ma liberté est-elle en danger ?", au café Le Belman (Montargis)

    Débat 67 [Saison 9] - Vendredi 20 octobre 2017 : "La culture serait-elle une meilleure réponse à la violence?", au café Le Belman (Montargis)

    Débat 66 [Saison 9] - Vendredi 22 septembre 2017 : "Les sciences vont-elles trop loin ?", avec la participation de Thierry Berlanda

    Saison 8

    Débat 65 [Saison 8] - Vendredi 23 juin 2017 : "Pouvons-nous nous passer du progrès?"

    Débat 64 [Saison 8] - Vendredi 12 mai 2017 : "L'Etat a-t-il tous les droits ?"

    Débat 63 [Saison 8] - Vendredi 24 mars 2017 : "Suis-je l'auteur de ma propre vie?"

    Débat 62 [Saison 8] - Vendredi 20 janvier 2017 : "L'échec : tomber, se relever"

    Débat 61 [Saison 8] - Samedi 10 décembre 2016 : "Qu'est-ce qu'une oeuvre d'art ?" Séance spéciale aux Tanneries d'Amilly

    Débat 60 [Saison 8] - Vendredi 4 novembre 2016 : "Qu'est-ce qu'être français ?"

    Débat 59 [Saison 8] - Vendredi 23 septembre 2016 : "La société est-elle menacée par l'ordre ou le désordre?"

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  • Merci aux participants de la séance du 15 décembre 2017

    applause.jpgLe café philosophique de Montargis se réunissait le vendredi 20 octobre 2017 pour un débat qui portait autour de ce sujet : "Ma liberté est-elle en danger?" 

    Environ 30 personnes étaient étaient présentes pour ce débat. Merci aux participants de ce débat ainsi qu'au café Le Belman pour son accueil chaleureux.

    Le café philo donne rendez-vous pour son débat suivant le vendredi 19 janvier 2018, pour la première séance de cette saison 9. Le débat portera sur cette question : "La vérité finit-elle toujours par triompher?"

    Notez bien que cette séance aura également lieu au café Le Belman, 17-19 Boulevard des Belles Manières, à Montargis.

    A bientôt !

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  • Pour aller plus loin

    Affiche Ma liberté est elle en danger.pngPour compléter la séance du 15 décembre qui portait sur la question "Ma liberté est-elle en danger ?", retrouvez sur ce lien le diaporama qui était diffusé

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  • Séance du 15 décembre 2017: "Ma liberté est-elle en danger?"

    Le café philosophique de Montargis propose un nouveau rendez-vous au café Le Belman, le vendredi 15 décembre 2017 à 19 heures. Le sujet portera sur cette question : "Ma liberté est-elle en danger ?"

    Les participants du café philo seront invités à débattre de cette liberté arborée au fronton des mairies, un idéal auquel aspirent les sociétés en même temps qu’un concept difficile à saisir. Il conviendra d’abord de s’interroger sur cette notion de liberté. Si la liberté c’est faire tout ce dont j’ai envie, il semble qu’elle n’ait pas sa place dans une société organisée et aspirant à la paix de tous et de chacun. Par ailleurs, certains intellectuels et philosophes s’interrogent : aujourd’hui, nos libertés ne seraient-elles pas en danger ?

    Mais de quels dangers parlons-nous exactement ? Dans nos sociétés préoccupées par le terrorisme, la liberté collective l’emporterait-elle telle sur la liberté individuelle ? La loi commune est-elle une garantie de protection ? Peut-elle satisfaire l’homme raisonnable comme le disait Thomas Hobbes ? Ma sécurité est-elle au prix de ma liberté ? Comment puis-je défendre ma liberté, voire la reconquérir ?L’homme est-il condamné à être libre, comme le défendait Sartre ?

    Ce sont autant de questions qui pourront être débattues lors de la séance du 15 décembre prochain, à partir de 19 heures au café Le Belman, boulevard des Belles Manières, à Montargis.
    La participation sera libre et gratuite.

    Voir aussi la page Espace Presse

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  • Ils ont dit, au sujet de la liberté et de ses dangers

    "Heureux sont les hommes libres et libres sont les hommes courageux." [Périclès]

    "Dans une cité démocratique tu entendras dire que c'est le plus beau de tous les biens, ce pourquoi un homme né libre ne saura habiter ailleurs que dans cette cité... Or, (...) n'est-ce pas le désir insatiable de ce bien, et l'indifférence pour tout le reste, qui change ce gouvernement et le met dans l'obligation de recourir à la tyrannie ?" [Platon]

    "On ne devrait pas abandonner à la masse des citoyens la haute main sur les élections de magistrats." [Aristote]

    "D'où vient, dis-je, cette libre faculté arrachée au destin, qui nous fait aller partout où la volonté nous mène ?" [Lucrèce]

    "L’esclave souhaite aussitôt d’être affranchi et libre. Pourquoi ? Croyez-vous que c’est par désir de donner de l’argent aux fermiers de l’impôt du vingtième ? Non, mais parce qu’il s’imagine mener une vie contrainte et malheureuse tant qu’il n’aura pas obtenu la liberté." [Épictète]

    "Si, par conséquent, tu t’attaches à quelqu’une de ces choses comme à un objet personnel, tu recevras le châtiment que mérite celui qui désire ce qui lui est étranger. Telle est la route qui conduit à la liberté : la seule qui délivre de l’esclavage." [Épictète]

    "La liberté, c'est l'indépendance de la pensée." [Épictète]

    "La vraie liberté est de pouvoir toute chose sur soi." [Montaigne]

    "L'indifférence me semble signifier proprement l'état dans lequel se trouve la volonté lorsqu'elle n'est pas poussée d'un côté plutôt que de l'autre par la perception du vrai ou du bien ; et c'est en ce sens que je l'ai prise lorsque j'ai écrit que le plus bas degré de la liberté est celui où nous nous déterminons aux choses pour lesquelles nous sommes indifférents." [René Descartes]

    "L'homme raisonnable est plus libre dans la cité où il vit sous la loi commune que dans la solitude où il n'obéit qu'à lui-même." [Baruch Spinoza]

    "Nous ne sommes pas du tout libres à l'égard des choses que nous désirons vivement et qui ne peut être apaisé par le souvenir d'une autre chose." [Baruch Spinoza]

    ""Le mot liberté désigne proprement l’absence d’opposition (par opposition, j’entends les obstacles au extérieurs au mouvement), et peut être appliqué aux créatures sans raison ou inanimées aussi bien qu’aux créatures raisonnables." [Thomas Hobbes]

    "Comment être libre, alors que n'importe qui peut vous imposer ses caprices ?" [John Locke]

    "Le droit est l'ensemble des conditions qui permettent à la liberté de chacun de s'accorder à la liberté de tous." [Emmanuel Kant]

    "Une volonté libre et une volonté soumise à des lois morales sont par conséquent une seule et même chose." [Emmanuel Kant]

    "On dit, il est vrai, que la liberté de parler ou d’écrire peut nous être ôtée par une puissance supérieure, mais non pas la liberté de penser... Aussi bien, l’on peut dire que cette puissance extérieure qui enlève aux hommes la liberté de communiquer publiquement, leur ôte également la liberté de penser." [Emmanuel Kant]

    "La liberté est le droit de faire ce que les lois permettent." [Montesquieu]

    "Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice, lorsqu’on va, pour ainsi dire, noyer des malheureux sur la planche même sur laquelle ils s’étaient sauvés." [Montesquieu]

    "La nature commande à tout animal, et la bête obéit. L’homme éprouve la même impression, mais il se reconnaît libre d’acquiescer, ou de résister ; et c’est surtout dans la conscience de cette liberté que se montre la spiritualité de son âme." [Jean-Jacques Rousseau]

    "On pourrait sur ce qui précède ajouter à l’acquis de l’état civil la liberté morale, qui seule rend l’homme vraiment maître de lui ; car l’impulsion du seul appétit est esclavage, et l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté." [Jean-Jacques Rousseau]

    "l’État et la société sont précisément les conditions dans lesquelles la liberté se réalise." [Hegel]

    "Le déterministe, le fataliste sont des désespérés, qui ont perdu leur moi, parce qu'il n'y a plus pour eux que de la nécessité." [Søren Kierkegaard]

    "Que les gens sont absurdes ! Ils ne se servent jamais des libertés qu'ils possèdent, mais réclament celles qu'ils ne possèdent pas ; ils ont la liberté de pensée, ils exigent la liberté de parole." [Søren Kierkegaard]

    "Les gens exigent la liberté d’expression pour compenser la liberté de pensée qu’ils préfèrent éviter." [Søren Kierkegaard]

    "À la vérité, le règne de la liberté commence seulement à partir du moment où cesse le travail dicté par la nécessité et les fins extérieures." [Karl Marx]

    "Tout ce qui augmente la liberté augmente la responsabilité." [Victor Hugo]

    "Sauvons la liberté, la liberté sauve le reste." [Victor Hugo]

    "C’est par la grâce de Dieu que nous avons ces trois précieuse choses : la liberté de parole, la liberté de penser et la prudence de n’exercer ni l’une ni l’autre." [Mark Twain]

    "Nous n’avons maintenant plus aucune indulgence pour la notion de "libre arbitre"; nous ne savons que trop ce que c’est." [Friedrich Nietzsche]

    "La liberté, c'est toujours la liberté de l'autre." [Rosa Luxembourg]

    "Le peuple n'a pas besoin de liberté, car la liberté est une des formes de la dictature bourgeoise..." [Lénine]

    "Que préfères-tu, celui qui veut te priver de pain au nom de la liberté ou celui qui veut t’enlever ta liberté pour assurer ton pain ?" [Albert Camus]

    "Sans une vie publique politiquement garantie, il manque à la liberté l’espace mondain où faire son apparition... La liberté comme fait démontrable et la politique coïncident et sont relatives l’une à l’autre comme deux côtés d’une même chose." [Hannah Arendt]

    "La liberté appartient à ceux qui l’ont conquise." [André Malraux]

    "En fait, nous sommes une liberté qui choisit, mais nous ne choisissons pas d'être libres : nous sommes condamnés à la liberté." [Jean-Paul Sartre]

    "Et, quand nous disons que l'homme est responsable de lui-même, nous ne voulons pas dire que l'homme est responsable de sa stricte individualité, mais qu'il est responsable de tous les hommes." [Jean-Paul Sartre]

    "Quand nous disons que l'homme se choisit, nous entendons que chacun d'entre nous se choisit, mais par là nous voulons dire aussi qu'en se choisissant il choisit tous les hommes." [Jean-Paul Sartre]

    "Dostoïevski avait écrit : « Si Dieu n’existait pas tout serait permis. » C’est là le point de départ de l’existentialisme. En effet, tout est permis si Dieu n’existe pas, et par conséquent l’homme est délaissé, parce qu’il ne trouve ni en lui, ni hors de lui une possibilité de s’accrocher." [Jean-Paul Sartre]

    "Une liberté qui ne s'emploie qu'à nier la liberté doit être niée." [Simone de Beauvoir]

    "La liberté ne peut pas être une institution. La liberté n'existe que dans le mouvement de conquête de la liberté." [Alain Robbe-Grillet]

    "Il faut tout dire. La première des libertés est la liberté de tout dire." [Maurice Blanchot]

    "On appellera émancipation la différence maintenue des deux rapports, l’acte d’une intelligence qui n’obéit qu’à elle-même, lors même que la volonté obéit à une autre volonté." [Jacques Rancière]

    "On a un peu vécu dans l’illusion que la liberté d’expression, sinon la liberté sexuelle, était acquise une bonne fois pour toutes." [Catherine Millet]

    "La liberté d'expression peut être une liberté d'offenser." [Fleur Pellerin]

    "Quand je suis faible je réclame la liberté au nom de vos principes ; quand je suis fort je vous la refuse au nom des miens." [Fernando Savater]

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  • Asimov : Danger, robots...

    "La voix de Powell avait pris une intonation tendue dans les oreilles de Donovan.

    - Maintenant, reprenons les Trois Lois fondamentales de la Robotique... les Trois Lois qui sont implantées au plus profond de tout cerveau positronique.

    Ses doigts gantés énumérèrent chacun des points dans l'obscurité.

    - Un : Un robot ne peut nuire à un être humain ni laisser sans assistance un être humain en danger.
    - Exact !
    - Deux, continua Powell : Un robot doit obéir aux ordres qui lui sont donnés par les êtres humains, sauf quand ces ordres sont incompatibles avec la Première Loi.
    - Exact
    - Et trois : Un robot doit protéger sa propre existence tant que cette protection n'est pas incompatible avec la Première ou la Deuxième Loi.
    - Exact! A présent où en sommes-nous ?
    - Précisément à l'explication. Les conflits entre les diverses Lois sont réglés par les différents potentiels positroniques existant dans le cerveau. Disons qu'un robot marche vers le danger et le sait. Le potentiel automatique suscité par la Loi numéro trois le contraint à revenir sur ses pas. Supposons que vous lui donniez l'ordre d'aller s'exposer à ce danger. Dans ce cas, la Loi deux suscite un contre-potentiel plus élevé que le
    précédent et le robot exécute les ordres au péril de son existence.
    - Je sais cela. Et après ?
    - Prenons le cas de Speedy. Speedy est l'un des derniers modèles, extrêmement spécialisé, et aussi coûteux qu'un croiseur de bataille. C'est une machine que l'on ne doit pas détruire à la légère.
    - Alors ?
    - Alors la Loi numéro trois a été renforcée."

    Isaac Asimov, Les Robots (1950)

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  • Marx : Liberté et travail

    marx"À la vérité, le règne de la liberté commence seulement à partir du moment où cesse le travail dicté par la nécessité et les fins extérieures ; il se situe donc, par sa nature même, au-delà de la sphère de la production matérielle proprement dite. Tout comme l'homme primitif, l'homme civilisé est forcé de se mesurer avec la nature pour satisfaire ses besoins, conserver et reproduire sa vie ; cette contrainte existe pour l'homme dans toutes les formes de la société et sous tous les types de production. Avec son développement, cet empire de la nécessité naturelle s'élargit parce que les besoins se multiplient ; mais, en même temps, se développe le processus productif pour les satisfaire. Dans ce domaine, la liberté ne peut consister qu'en ceci : les producteurs associés - l'homme socialisé - règlent de manière rationnelle leurs échanges organiques avec la nature et les soumettent à leur contrôle commun au lieu d'être dominés par la puissance aveugle de ces échanges ; et ils les accomplissent en dépensant le moins d'énergie possible, dans les conditions les plus dignes, les plus conformes à leur nature humaine. Mais l'empire de la nécessité n'en subsiste pas moins. C'est au-delà que commence l'épanouissement de la puissance humaine qui est sa propre fin, le véritable règne de la liberté qui, cependant, ne peut fleurir qu'en se fondant sur ce règne de la nécessité. La réduction de la journée de travail est la condition fondamentale de cette libération."

    Karl Marx, Le Capital (1867)

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  • Sartre : Le garçon de café

    "Considérons ce garçon de café. Il a le geste vif et appuyé, un peu trop précis, un peu trop rapide, il vient vers les consommateurs d'un pas un peu trop vif, il s'incline avec un peu trop d'empressement, sa voix, ses yeux expriment un intérêt un peu trop plein de sollicitude pour la commande du client, enfin le voilà qui revient, en essayant d'imiter dans sa démarche la rigueur inflexible d'on ne sait quel automate tout en portant son plateau avec une sorte de témérité de funambule, en le mettant dans un équilibre perpétuellement instable et perpétuellement rompu, qu'il rétablit perpétuellement d'un mouvement léger du bras et de la main. Toute sa conduite nous semble un jeu. Il s'applique à enchaîner ses mouvements comme s'ils étaient des mécanismes se commandant les uns les autres, sa mimique et sa voix même semblent des mécanismes ; il se donne la prestesse et la rapidité impitoyable des choses. Il joue, il s'amuse. Mais à quoi donc joue-t-il ? Il ne faut pas l'observer longtemps pour s'en rendre compte : il joue à être garçon de café. Il n'y a rien là qui puisse nous surprendre : le jeu est une sorte de repérage et d'investigation. L'enfant joue avec son corps pour l'explorer, pour en dresser l'inventaire ; le garçon de café joue avec sa condition pour la réaliser.
    Cette obligation ne diffère pas de celle qui s'impose à tous les commerçants : leur condition est toute de cérémonie, le public réclame d'eux qu'ils la réalisent comme une cérémonie, il y a la danse de l'épicier du tailleur, du commissaire priseur, par quoi ils s'efforcent de persuader à leur clientèle qu'ils ne sont rien d'autre qu'un épicier, qu'un commissaire-priseur, qu'un tailleur. Un épicier qui rêve est offensant pour l'acheteur, parce qu'il n'est plus tout à fait un épicier. La politesse exige qu'il se contienne dans sa fonction d'épicier, comme le soldat au garde-à-vous se fait chose-soldat avec un regard direct mais qui ne voit point, qui n'est plus fait pour voir, puisque c'est le règlement et non l'intérêt du moment qui détermine le point qu'il doit fixer (le regard "fixé à dix pas").

    Voilà bien des précautions pour emprisonner l'homme dans ce qu'il est. Comme si nous vivions dans la crainte perpétuelle qu'il n'y échappe, qu'il ne déborde et n'élude tout à coup sa condition. Mais c'est que, parallèlement, du dedans le garçon de café ne peut être immédiatement garçon de café, au sens où cet encrier est encrier, où le, verre est verre. Ce n'est point qu'il ne puisse former des jugements réflexifs ou des concepts sur sa condition. Il sait bien ce qu'elle « signifie » : l'obligation de se lever à cinq heures, de balayer le sol du débit, avant l'ouverture des salles, de mettre le percolateur en train, etc.

    Il connaît les droits qu'elle comporte : le droit au pourboire, les droits syndicaux, etc. Mais tous ces concepts, tous ces jugements renvoient au transcendant. Il s'agit de possibilités abstraites, de droits et de devoirs conférés à un « sujet de droit ». Et c'est précisément ce sujet que j'ai à être et que je ne suis point. Ce n'est pas que je ne veuille pas l'être ni qu'il soit un autre. Mais plutôt il n'y a pas de commune mesure entre son être et le mien. Il est une "représentation" pour les autres et pour moi-même, cela signifie que je ne puis l'être qu'en représentation.

    Mais précisément si je me le représente, je ne le suis point, j'en suis séparé, comme l'objet du sujet, séparé par rien, mais ce rien m'isole de lui, je ne puis l'être, je ne puis que jouer à l'être, c'est-à-dire m'imaginer que je le suis. Et, par là même, je l'affecte de néant. J'ai beau accomplir les fonctions de garçon de café, je ne puis l'être que sur le mode neutralisé, comme l'acteur est Hamlet, en faisant mécaniquement les gestes typiques de mon état et en me visant comme garçon de café imaginaire à travers ces gestes... Ce que je tente de réaliser c'est un être-en-soi du garçon de café, comme s'il n'était pas justement en mon pouvoir de conférer leur valeur et leur urgence à mes devoirs d'état, comme s'il n'était pas de mon libre choix de me lever chaque matin à cinq heures ou de rester au lit quitte à me faire renvoyer."

    Jean-Paul Sartre, L’Être et le Néant (1943)

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