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26/05/2015

RUSSELL : A QUOI BON PHILOSOPHER...

russell.jpg"L’esprit qui s’est accoutumé à la liberté et à l’impartialité de la contemplation philosophique, conservera quelque chose de cette liberté et de cette impartialité dans le monde de l’action et de l’émotion; il verra dans ses désirs et dans ses buts les parties d’un tout, et il les regardera avec détachement comme les fragments infinitésimaux d’un monde qui ne peut être affecté par les préoccupations d’un seul être humain. L’impartialité qui, dans la contemplation, naît d’un désir désintéressé de la vérité, procède de cette même qualité de l’esprit qui, à l’action, joint la justice, et qui, dans la vie affective, apporte un amour universel destiné à tous et non pas seulement à ceux qui sont jugés utiles ou dignes d’admiration. Ainsi, la contemplation philosophique exalte les objets de notre pensée, et elle ennoblit les objets de nos actes et de notre affection ; elle fait de nous des citoyens de l’univers et non pas seulement des citoyens d’une ville forteresse en guerre avec le reste du monde. C’est dans cette citoyenneté de l’univers que résident la véritable et constante liberté humaine et la libération d’une servitude faite d’espérances mesquines et de pauvres craintes.

Résumons brièvement notre discussion sur la valeur de la philosophie : la philosophie mérite d’être étudiée, non pour y trouver des réponses précises aux questions qu’elle pose, puisque des réponses précises ne peuvent, en général, être connues comme conformes à la vérité, mais plutôt pour la valeur des questions elles-mêmes ; en effet, ces questions élargissent notre conception du possible, enrichissent notre imagination intellectuelle et diminuent l’assurance dogmatique qui ferme l’esprit à toute spéculation; mais avant tout, grâce à la grandeur du monde que contemple la philosophie, notre esprit est lui aussi revêtu de grandeur et devient capable de réaliser cette union avec l’univers qui constitue le bien suprême."

Bertrand Russell, Problèmes de philosophie (1912)

 

25/05/2015

"KANT EST UNE ANDOUILLE"

L’auteur du graffiti “Kant est une andouille” sur les murs de la maison du philosophe, en Russie, a été identifié. L’affaire a défrayé la chronique la semaine, mettant le projecteur sur le délabrement de ce monument historique.

La suite ici...

 

24/05/2015

CAFÉ PHILOSOPHIQUE DE MONTARGIS : "LA PHILOSOPHIE A-T-ELLE UNE QUELCONQUE UTILITÉ ?"

Affiche La philosophie a-t-elle une quelconque utilité 2.png

La prochaine séance du café philosophique de Montargis aura lieu le vendredi 19 juin 2015 à 19 heures, à la Brasserie du Centre commercial de la Chaussée.

Il s'agira d'une séance spéciale 50e café philo !

Le débat sera intitulé : "La philosophie a-t-elle une quelconque utilité ?"

 

23/05/2015

LES GRECS CROYAIENT-ILS A LEURS DIEUX ?

"On ne peut douter que les Grecs ont cru à leur mythologie aussi longtemps que leur mère et leur nourrice la leur ont racontée. » Ariane, Psyché, Héraclès, OEdipe, les Argonautes... et Zeus, fils d'un certain Chronos, tissent l'histoire des temps fabuleux de la Grèce antique. Mais nos ancêtres les Grecs croyaient-ils vraiment en leurs dieux-héros ?

Ils y croyaient, et ils n'y croyaient pas...

La suite ici...

MERCI AUX PARTICIPANTS DE LA SÉANCE DU 22 MAI 2015

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Pas moins de 130 personnes étaient présentes pour la séance du 22 mai 2015 qui portait sur cette question : "Est-il raisonnable de croire en Dieu?". Face à un sujet aussi sensible que la croyance et la religion, les participants du café philo ont débattu avec intelligence, spontanéité, passion et non sans humour. Un grand bravo à tous ! 

Bientôt, sur ce site, vous retrouverez le compte-rendu de cette séance.

La prochaine séance du café philosophique de Montargis aura lieu le vendredi 19 juin pour la 50e du café philosophique de Montargis ! Les participants de la soirée du 22 mai ont élu démocratiquement le sujet qui sera débattu pour cette future soirée spéciale : "La philosophie a-t-elle une quelconque utilité ?

 

22/05/2015

TOUTES NOS AFFICHES

Saison 6

"La philosophie a-t-elle une quelconque utilité ?" (séance du 19 juin 2015)

"Est-il raisonnable de croire en Dieu ?" (séance du 22 mai 2015)

"Suis-je ce que mon passé fait de moi ?" (séance du 17 avril 2015)

"Autrui, antidote à ma solitude ?" (séance du 20 mars 2015)

"Le langage trahit-il la pensée ?" (séance du 30 janvier 2015)

"Autrui, antidote à la solitude ?" (séance du 13 mars 2015)

"Doit-on tout faire pour être heureux ?" (séance du 12 décembre 2014)

"Le monstre est-il parmi nous ?" (séance du 14 novembre 2014)

"Existe-t-on quand personne ne nous regarde?" (séance du 26 septembre 2014)

Saison 5

"Avons-nous ce que nous méritons ?" (séance du 13 juin 2014)

"Faut-il trouver un sens à chaque chose ?" (séance du 9 mai 2014)

"Famille(s) je vous aime, famille(s) je vous hais" (séance du 28 mars 2014)

"La raison a-t-elle à s'occuper de l'irrationnel ?" (séance du 14 février 2014)

"L'utopie est-elle dénuée de toute valeur ?" (séance du 10 janvier 2014)  

"Un bon artiste est-il le Surhomme ?" (séance du 29 novembre 2013), à l'AGART d'Amilly 

"Qu'est-ce que l'amitié ?" (séance du 8 novembre 2013)  

"Justice : surveiller, punir ou guérir ?" (séance du 27 septembre 2013) 

Saison 4

"Qu'est-ce qu'une vie réussie ?" (séance du 28 juin 2013) 

"Manipulation dans le couple : pourquoi rester ? Comment partir ?" (séance du 7 juin 2013)

"Puis-je faire ce que je veux de mon corps ?" (séance du 22 mars 2013)

"Puis-je savoir qui je suis ?" (séance du 1er mars 2013)

"Oser la gentillesse : est-ce encore possible ?" (séance du 1er février 2013)

"Catastrophe ! La fin du monde ? La peur peut-elle être bonne conseillère ?" (séance du 21 février 2012)

"Mémoire, mémoires..." (séance du 30 novembre 2012)

"La vérité est-elle toujours bonne à dire ?" (séance du 19 octobre 2012)

"Prendre son temps est-ce le perdre ?" (séance du 28 septembre 2012)

Saison 3

"Peut-on vraiment être en vacances ?" (séance du 6 juillet 2012)

"Qu'est-ce qu'un bon Président ?" (séance du 20 avril 2012)

"Peut-on être jeune et heureux ?" (séance du 30 mars 2012)

"L'école sert-elle à enseigner ou à éduquer ?" (séance du 24 février 2012)

"Vivre seul(e) ou mal accompagné(e)" (séance du 27 janvier 2012)

"Les riches le méritent-ils ?" (séance du 9 décembre 2011) 

"Mes passions sont-elles des entraves à ma liberté ?" (séance du 4 novembre 2011)

"La vie n'est-elle qu'une suite de hasards ?" (séance du 30 septembre 2011)

Saison 2

"Qui dit "jeune" dit-il forcément "con"?" (séance du 22 juillet 2011)

"Pensées sectaires : Où s'arrête ma liberté?" (séance du 24 juin 2011)

"Le café philo passe le bac : Qu’attendons-nous pour être heureux ?" (séance du 27 mai 2011)

"Parlons sérieux, parlons rire" (séance du 1er avril 2011)

"L’art : à quoi ça sert ?"  (séance du 18 février 2011)

"Indignez-vous (?)" (séance du 28 janvier 2011)

"Le Père Noël est-il un imposteur ?"  (séance du 17 décembre 2010)

"Engagement(s) ! - Philosophie de l’engagement et engagements du philosophe"
(séance du 26 novembre 2010)
"Cela a-t-il encore un sens de philosopher aujourd’hui ?" (séance du 29 octobre 2010)

Saison 1

"Faut-il brûler Freud ?" (séance du 3 juillet 2010)

"Qu'attendons-nous pour être heureux ? (le café philo passe le bac)" (séance du 12 juin 2010)

"L'éducation à la non-violence est-elle garante de la paix ?" (séance du 6 mars 2010)

"Y a-t-il un humanisme aujourd'hui ?" (séance du 16 janvier 2010)

"A-t-on le droit de mourir ?" (séance du 5 décembre 2009)

"Religion = opium du peuple ?" (séance du 7 novembre 2009)

"Autrui, obstacle à ma liberté ?" (séance du 3 octobre 2009)

TOUTES NOS SÉANCES

Saison 6

À VENIR Débat 50 [Saison 6] - Vendredi 19 juin 2015 : "La philosophie a-t-elle une quelconque utilité?" Soirée spéciale 50e Café Philo

Débat 49 [Saison 6] - Vendredi 22 mai 2015 : "Est-il raisonnable de croire en Dieu ?"

Débat 48 [Saison 6] - Vendredi 17 avril 2015 : "Suis-je ce que mon passé fait de moi ?"

Débat 47 [Saison 6] - Vendredi 20 mars 2015 : "Autrui, antidote à la solitude?"

Débat 46 [Saison 6] - Vendredi 30 janvier 2015 : "Le langage trahit-il la pensée ?"

Débat 45 [Saison 6] - Vendredi 12 décembre 2014 : "Doit-on tout faire pour être heureux?"

Débat 44 [Saison 6] - Vendredi 14 novembre 2014 : "Le monstre est-il parmi nous?"

Débat 43 [Saison 6] - Vendredi 26 septembre 2014 : "Existe-t-on quand personne ne nous regarde ?"

Saison 5

Débat 42 [Saison 5] - Vendredi 13 juin 2014 : "Avons-nous ce que nous méritons?"

Débat 41 [Saison 5] - Vendredi 9 mai 2014 : "Faut-il trouver un sens à chaque chose ?" Café philo spécial co-animé avec des élèves de Terminale littéraire

Débat 40 [Saison 5] - Vendredi 28 mars 2014 : "Famille(s) je vous aime, famille(s) je vous hais" 

Débat 39 [Saison 5] - Vendredi 14 février 2014 : "La raison a-t-elle à s'occuper de l'irrationnel ?"

Débat 38 [Saison 5] - Vendredi 10 janvier 2014 : "L'utopie est-elle dénuée de toute valeur ?"

Débat 37 [Saison 5] - Vendredi 29 novembre 2013 : "Un bon artiste est-il le Surhomme ?" Café philo exceptionnel à l'AGART d'Amilly

Débat 36 [Saison 5] - Vendredi 8 novembre 2013 : "Qu'est-ce que l'amitié"?"

Débat 35 [Saison 5] - Vendredi 27 septembre 2013 : "Justice : surveiller, punir ou guérir ?"

Saison 4

Débat 34 [Saison 4] - Vendredi 28 juin 2013 : "Qu'est-ce qu'une vie réussie ?"

Débat 33 [Saison 4] - Vendredi 7 juin 2013 : "Manipulation dans le couple : Pourquoi rester ? Comment partir ?Avec la participation de Catherine Armessen, médecin et auteur de La Marionnette (éd. Feuillage)

Débat 32 [Saison 4] - Vendredi 3 mai 2013 : "L'amour peut-il se passer de normes?"

Débat 31 [Saison 4] - Vendredi 22 mars 2013 : "Puis-je faire ce que je veux de mon corps ?Café philo spécial co-animé avec des élèves de Terminale littéraire

Débat 30 [Saison 4] - Vendredi 1er mars 2013 : "Puis-je savoir qui je suis?"

Débat 29 [Saison 4] - Vendredi 1er février 2013 : "Oser la gentillesse : est-ce encore possible ?"

Débat 28 [Saison 4] - Vendredi 21 décembre 2012 : "Catastrophe ! la fin du monde? La peur peut-elle être bonne conseillère?"

Débat 27 [Saison 4] - Vendredi 30 novembre 2012 : "Mémoire, mémoires...  : Cette mémoire qui nous construit, cette mémoire qui nous détruitCafé philo spécial avec la participation de Jean-Dominique Paoli

Débat 26 [Saison 4] - Vendredi 19 octobre 2012 : "La vérité est-elle toujours bonne à dire ?"

Débat 25 [Saison 4] - Vendredi 28 septembre 2012 : "Prendre son temps est-ce le perdre ?"

Saison 3

Débat 24 [Saison 3] - Vendredi 6 juillet 2012 : "Peut-on vraiment être en vacances?"

Débat 23 [Saison 3] - Vendredi 20 avril 2012 : "Qu'est-ce qu'un bon Président ?" Spécial Elections présidentielle

Débat 22 [Saison 3] - Vendredi 30 mars 2012 : "Peut-on être jeune et heureux ?Café philo spécial co-animé avec des élèves de Terminale littéraire

Débat 21 [Saison 3] - Vendredi 24 février 2012 : "L'école sert-elle à enseigner ou à éduquer ?"

Débat 20 [Saison 3] - Vendredi 27 janvier 2012 : "Vivre seul(e) ou mal accompagné(e) ?" Débat autour de cette question : "La vie est-elle trop courte pour s'ennuyer avec quelqu'un qui n'en vaut pas la peine ?"

Débat 19 [Saison 3] - Vendredi 9 décembre 2011 : "Les riches le méritent-ils ?" Café Philo spécial Fêtes de fin d'année

Débat 18 [Saison 3] - Vendredi 4 novembre 2011 : "Mes passions sont-elles des entraves à ma liberté ?"

Débat 17 [Saison 3] - Vendredi 30 septembre 2011 : "La vie n'est-elle qu'une suite de hasards ?"

Saison 2

Débat 16 [Saison 2] - Vendredi 22 juillet 2011 : "Qui dit "jeune" dit-il forcément "con"?"

Débat 15 [Saison 2] - Vendredi 24 juin 2011 : "Pensées sectaires : Où s'arrête ma liberté?" Café philo avec la participation de Catherine Armessen, médecin et auteur de Manipulation, éd. Cheminements (Prix Littré 2008)

Débat 14 [Saison 2] - Vendredi 27 mai 2011 : "Le café philo passe le bac : Qu’attendons-nous pour être heureux ?" Café philo spécial Bac

Débat 13 [Saison 2] - Vendredi 1er avril 2011 : "Parlons sérieux, parlons rire"Café Philo spécial 1er avril

Débat 12 [Saison 2] - Vendredi 18 février 2011 : "L’art : à quoi ça sert ?"

Débat 11 [Saison 2] - Vendredi 28 janvier 2011 : "Indignez-vous (?)"

Débat 10 [Saison 2] - Vendredi 17 décembre 2010 : "Le Père Noël est-il un imposteur ?Café Philo spécial Noël

Débat 9 [Saison 2] - Vendredi 26 novembre 2010 : "Engagement(s) ! - Philosophie de l’engagement et engagements du philosophe"

Débat 8 [Saison 2] - Vendredi 29 octobre 2010 : "Cela a-t-il encore un sens de philosopher aujourd’hui ?"

Saison 1

Débat 7 [Saison 1] - Samedi 3 juillet 2010 : "Faut-il brûler Freud ?"

Débat 6 [Saison 1] - Samedi 12 juin 2010 : "Le café philo passe le bac : Pourquoi travaille-t-on ?" Café philo spécial Bac

Débat 5 [Saison 1] - Samedi 6 mars 2010 : "L’éducation à la non-violence est-elle garante de la paix ?" Café philo spécial, avec l’intervention de Vincent Roussel, membre de la Coordination française pour la Décennie

Débat 4 [Saison 1] - Samedi 16 janvier 2010 : "Y a-t-il un Humanisme aujourd’hui ?" Café philo "supplément d'AME" (service culturel de l'Agglomération Montargoise Et rives du Loing), dans le cadre des représentations du Neveu de Rameau de Diderot (Pannes, 21-22 janvier 2010) 

Débat 3 [Saison 1] - Samedi 5 décembre 2009 : "A-t-on le droit de mourir ?"

Débat 2 [Saison 1] - Samedi 7 novembre 2009 : "Religion = opium du peuple ?"

Débat 1 [Saison 1] - Samedi 3 octobre 2009 : "Autrui, obstacle à ma liberté ?"

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Album photo du café philo ici

 

CAFÉ PHILOSOPHIQUE DE MONTARGIS : "EST-IL RAISONNABLE DE CROIRE EN DIEU?"

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La prochaine séance du café philosophique de Montargis aura lieu le vendredi 22 mai 2015 à 19 heures, à la Brasserie du Centre commercial de la Chaussée.

Le débat sera intitulé : "Est-il raisonnable de croire en Dieu ?"

 

NIETZSCHE : LA RELIGION, MALADIE DE LA CIVILISATION

artwork_images_424157556_176230_DavidLaChapelle111.jpg"On aura déjà deviné ce qui se passa avec tout cela et sous le voile de tout cela : cette volonté de se torturer soi-même, cette cruauté rentrée de l'animal-homme refoulé dans sa vie intérieure, se retirant avec effroi dans son individualité, enfermé dans "l'État" pour être apprivoisé, et qui inventa la mauvaise conscience pour se faire du mal, après que la voie naturelle de cette volonté de faire le mal lui fut coupée, – cet homme de la mauvaise conscience s'est emparé de l'hypothèse religieuse pour pousser son propre supplice à un degré de dureté et d'acuité effrayant. Une dette envers Dieu : cette pensée devint pour lui un instrument de torture.

Il saisit en "Dieu" les extrêmes contrastes qu'il peut imaginer à ses propres instincts animaux irrémissibles, il interprète ces instincts mêmes comme dette envers Dieu (hostilité, rébellion, révolte contre le "maître", le "père", l'ancêtre et le principe du monde), il se place au beau milieu de l'antithèse entre "dieu" et le "diable", il jette hors de lui-même toutes les négations, tout ce qui le pousse à se renier soi-même, à renier la nature, la spontanéité, la réalité de son être pour en faire l'affirmation de quelque chose d'existant, de corporel, de réel, Dieu. Dieu saint, Dieu juge, Dieu bourreau, l'Au-delà, le supplice, l'infini, l'enfer, la grandeur incommensurable du châtiment et de la faute. C'est là une espèce de délire de la volonté dans la cruauté physique, dont à coup sûr on ne trouvera pas d'équivalent : cette volonté de l'homme à se trouver coupable et réprouvé jusqu'à rendre l'expiation impossible, sa volonté de se vouloir châtié sans que jamais le châtiment puisse être l'équivalent de la faute, sa volonté d'infester et d'empoisonner le sens le plus profond des choses par le problème de la punition et de la faute, pour se couper une fois pour toutes la sortie de ce labyrinthe d'"idées fixes", sa volonté enfin d'ériger un idéal – celui du "Dieu très saint" – pour bien se rendre compte en présence de cet idéal de son absolue indignité propre.

Quelle bête triste et folle que l'homme. À quelles imaginations bizarres et contre nature, à quel paroxysme de démence, à quelle bestialité de l'idée se laisse-t-elle entraîner dès qu'elle est empêchée quelque peu d'être bête de l'action !... Tout cela est intéressant à l'extrême, mais, à trop longtemps regarder dans cet abîme, on se sent envahi par une tristesse poignante, et énervante, c'est pourquoi il faut s'arracher avec violence à ce spectacle. Il n'est pas douteux que nous ne nous trouvions en présence d'une maladie, la plus terrible qui ait jamais sévi parmi les hommes : – et celui qui est encore capable d'entendre (mais de nos jours on n'a plus d'oreilles pour cela) – d'entendre ressentir dans cette nuit de martyre et d'absurdité, le cri de l'amour, le cri de l'extase, enflammé de désir, le cri de la rédemption par l'amour, celui-là se retournera saisi d'une invincible horreur... En l'homme il y a tant de choses effroyables ! – Trop longtemps la terre fut un asile d'aliénés."   

Friedrich Nietzsche, Généalogie de la Morale (1887)

 

AUGUSTIN : LA RELIGION COMME SOUVERAIN BIEN

saint-augustin.jpg"En nous reliant à Dieu (et c'est de là que viendrait aussi le nom de religion), nous tendons vers lui par amour afin qu'une fois parvenus au terme nous y trouvions le repos, bienheureux parce qu'achevés par celui qui est notre fin. Car notre bien, ce bien dont les philosophes ont tant disputé pour savoir quelle en est la perfection, n'est autre que de nous attacher à lui, le seul dont les étreintes incorporelles, si l'on peut ainsi parler, emplissent et fécondent l'âme intellectuelle de vertus véritables.

Aimer ce bien de tout notre cœur, de toute notre âme, de toutes nos forces, voilà ce qui nous est commandé ; c'est vers ce bien que nous devons être conduits par ceux qui nous aiment et conduire ceux que nous aimons. Ainsi s'accomplissent ces deux préceptes auxquelles se rattachent toute la loi et les prophètes : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout notre coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit", et : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même." Car, afin que l'homme sût s'aimer soi-même, une fin lui a été fixée où il devrait, pour être heureux, référer toutes ses actions – s'aimer, en effet, n'est pas autre chose que vouloir être heureux – et cette fin, c'est de s'attacher à Dieu. Aussi, quand à celui qui sait déjà s'aimer lui-même on commande d'aimer son prochain comme lui-même, que lui commande-t-on sinon de le porter, autant qu'il est possible, à aimer Dieu ?"

S. Augustin, La Cité de Dieu (420-429)

 

"MISSION"

 Lien externe

 

21/05/2015

ILS ONT DIT, AU SUJET DE DIEU

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"Tard je t'ai aimée, Beauté si ancienne et si nouvelle, tard je t'ai aimée ! mais quoi ! Tu étais au-dedans de moi et j'étais, moi, en dehors de moi-même !" [s. Augustin]

"La nature a des perfections pour montrer qu'elle est l'image de Dieu, et des défauts pour montrer qu'elle n'en est que l'image." [Blaise Pascal]

"Athéisme, force de l'esprit, mais jusqu’à un certain degré seulement." [Blaise Pascal]

"Examinons donc ce point, et disons Dieu est, ou il est pas... Que gagerez-vous?... Il faut parier cela n'est pas volontaire, vous êtes embarqué... Pesons le gain et la perte en prenant croix, que Dieu est." [Blaise Pascal]

"Pourquoi la mer était-elle agitée ? pourquoi l’homme a-t-il été invité pour tel moment ? et ils continueront ainsi de vous interroger sans relâche sur les causes des événements, jusqu’à de que vous vous soyez réfugié dans la volonté de Dieu, cet asile de l’ignorance." [Baruch Spinoza

"Dieu ne parle pas, mais Sa voix est distincte ; Il éclaire peu mais sa lumière est pure." [Nicolas De Malebranche]

"La cause de l'athéisme réside dans cette notion de corps doté d'une réalité en soi, complète, absolue et indépendante." [Isaac Newton

"Il n'appartient qu'à l'honnête homme d'être athée." [Denis Diderot]

"Qu'est-ce que la foi ? Est-ce de croire ce qui paraît évident ? Non. Il m'est évident qu'il y a un Être nécessaire, éternel, suprême, intelligent ; ce n'est pas là de la foi, c'est de la raison." [Voltaire]  

"Les athées sont pour la plupart des savants hardis et égarés qui raisonnent mal, et qui, ne pouvant comprendre la création, l'origine du mal, et d'autres difficultés, ont recours à l'hypothèse de l'éternité des choses et de la nécessité." [Voltaire

"La religion, sans la conscience morale n'est qu'un culte superstitieux. On croit servir Dieu lorsque, par exemple, on le loue ou célèbre sa puissance, sa sagesse, sans penser à la manière d'obéir aux lois divines, sans même connaître et étudier cette sagesse et cette puissance. Pour certaines gens, les cantiques sont un opium pour la conscience et un oreiller sur lequel on peut tranquillement dormir." [Emmanuel Kant]

"L'homme devient athée lorsqu'il se sent meilleur que son Dieu." [Pierre-Joseph Proudhon]

"Il est évident que l'athéisme est encore moins logique que la foi." [Pierre-Joseph Proudhon]

"Dieu est le seul être qui, pour régner, n'ait même pas besoin d'exister." [Charles Baudelaire]

"L’objet de l’homme n’est rien d’autre que son essence objective elle-même. Telle est la pensée de l’homme, tels ses sentiments, tel son Dieu : autant de valeur possède l’homme, autant et pas plus, son Dieu." [Ludwig Feuerbach

"Et si Dieu existait, il faudrait s'en débarrasser !" [Michel Bakounine

"Si Dieu est, l'homme est esclave, or l'homme peut et doit être libre : donc Dieu n'existe pas." [Michel Bakounine

"L'athéisme est une négation de Dieu et par cette négation, il pose l'existence de l'homme." [Karl Marx

"La religion est le soupir de la créature opprimée, l'âme d'un monde sans cœur, comme elle est l'esprit des conditions sociales d'où l'esprit est exclu. Elle est l'opium du peuple." [Karl Marx

"Cet homme de la mauvaise conscience s'est emparé de l'hypothèse religieuse pour pousser son propre supplice à un degré de dureté et d'acuité effrayant. Une dette envers Dieu : cette pensée devint pour lui un instrument de torture." [Friedrich Nietzsche] 

"Par la foi nous recevons la substance de la vérité, par la raison sa forme." [Miguel de Unamuno]

"L'avenir est la seule transcendance des hommes sans Dieu." [Albert Camus

"Ce dont l'existence pourrait être démontrée ne serait pas et ne pourrait pas être Dieu." [Gabriel Marcel]

"Si Dieu n'est pas noir en lui-même, alors Jésus a menti quand il a pris la parole dans la synagogue de Capharnaüm et Marx avait raison de dire que la religion est l'opium du peuple." [Jean-Paul Sartre]

"Tout est permis si Dieu n'existe pas, et par conséquent l'homme est délaissé, parce qu'il ne trouve ni en lui, ni hors de lui une possibilité de s'accrocher." [Jean-Paul Sartre]

"Le destin de l’homme est d’épuiser l’idée de Dieu." [Emil Michel Cioran]

"Le grand fléau au cœur de notre culture, un fléau dont on n'ose pas parler, est le monothéisme." [Gore Vidal]

"La religion n'est plus opium du peuple, mais la vitamine du faible." [Régis Debray]

"Le silence de Dieu permet le bavardage de ses ministres qui usent et abusent de l'épithète : quiconque ne croit pas à Dieu, donc à eux, devient immédiatement un athée. Donc le pire des hommes : l'immoraliste, le détestable, l'immonde, l'incarnation du mal. Difficile dès lors de se dire athée. [...] On est dit tel, et toujours dans la perspective insultante d'une autorité soucieuse de bannir, mettre à l'écart et condamner." [Michel Onfray]

"Car l'inverse me semble bien plutôt vrai : "Parce que Dieu existe, alors tout est permis ..." [Michel Onfray]

"Quand la croyance fâche avec l’immanence, donc soi, l’athéisme réconcilie avec la terre, l’autre nom de la vie." [Michel Onfray]

"L'athéisme n'est pas une thérapie mais une santé mentale recouvrée." [Michel Onfray]

"À un enfant qui meurt, et aux parents de cet enfant, ferez-vous, si la religion les console, l'éloge de l'athéisme ? Qu'on ne se méprenne pas : cela, à mon sens, ne prouve rien contre l'athéisme et beaucoup contre la religion. "L'âme d'un monde sans âme, disait Marx, l'esprit d'un monde sans esprit..." C'est la misère qui fait la religion, et c'est pourquoi celle-ci est misérable. Qui interdirait l'opium au mourant ? Et que sommes-nous d'autres, hors l'oubli ou le divertissement, que des mourants ?" [André Comte-Sponville]

 

SOUVENONS-NOUS...

Il y a presque six ans de cela, le tout jeune café philosophique de Montargis proposait un débat intitulé : "La religion, opium du peuple ?"

Retrouvez les documents sur cette séance sur ce lien.

 

MARX : LA RELIGION, OPIUM DU PEUPLE

1867 Karl_Marx.jpg"La religion est le soupir de la créature opprimée, la chaleur d’un monde sans cœur, comme elle est l’esprit de conditions sociales d’où l’esprit est exclu. Elle est l’opium du peuple.

Abolir la religion en tant que bonheur illusoire du peuple, c’est exiger son bonheur réel. Exiger qu’il renonce aux illusions sur sa situation c’est exiger qu’il renonce à une situation qui a besoin d’illusion. La critique de la religion est donc en germe la critique de cette vallée de larmes dont la religion est l’auréole.

La critique a dépouillé les chaînes des fleurs imaginaires qui les recouvraient, non pour que l’homme porte des chaînes sans fantaisie, désespérantes, mais pour qu’il rejette les chaînes et cueille la fleur vivante. La critique de la religion détruit les illusions de l’homme pour qu’il pense, agisse, façonne sa réalité comme un homme désillusionné parvenu à l’âge de la raison, pour qu’il gravite autour de lui-même, c’est-à-dire de son soleil réel. La religion n’est que le soleil illusoire qui gravite autour de l’homme en tant que l’homme ne gravite pas autour de lui-même.

C’est donc la tâche de l’histoire, après la disparition de l’Au-delà de la vérité, d’établir la vérité de ce monde-ci. C’est en premier lieu la tâche de la philosophie, qui est au service de l’histoire, une fois démasquée la forme sacrée de l’auto-aliénation de l’homme, de démasquer l’auto-aliénation dans ses formes non sacrées. La critique du ciel se transforme par là en critique de la terre, la critique de la religion en critique du droit, la critique de la théologie en critique de la politique."

Karl Marx, Contribution à la Critique de la Philosophie du Droit de Hegel (1844)

FEUERBACH : CONSCIENCE DE DIEU, CONSCIENCE DE L'HOMME

Ludwig_Andreas_Feuerbach.jpg"L’objet de l’homme n’est rien d’autre que son essence objective elle-même. Telle est la pensée de l’homme, tels ses sentiments, tel son Dieu : autant de valeur possède l’homme, autant et pas plus, son Dieu. La conscience de Dieu est la conscience de soi de l’homme, la connaissance de Dieu est la connaissance de soi de l’homme. A partir de son Dieu tu connais l’homme, et inversement à partir de l’homme son Dieu : les deux ne font qu’un. Ce que Dieu est pour l’homme, c’est son esprit, son âme, et ce qui est le propre de l’esprit humain, son âme, son cœur, c’est cela son Dieu : Dieu est l’intériorité manifeste, le soi exprimé de l’homme ; la religion est le solennel dévoilement des trésors cachés de l’homme, l’aveu de ses pensées les plus intimes, la confession publique de ses secrets d’amour.

Mais si la religion, consciente de Dieu, est désignée comme étant la conscience de soi de l’homme, cela ne peut signifier que l’homme religieux a directement conscience du fait que sa conscience de Dieu est la conscience de soi de son essence, puisque c’est la carence de cette conscience qui précisément fonde l’essence particulière de la religion. Pour écarter ce malentendu, il vaut mieux dire : la religion est la première conscience de soi de l’homme, mais indirecte. Partout, par suite, la religion précède la philosophie, aussi bien dans l’histoire de l’humanité que dans l’histoire de l’individu. L’homme déplace d’abord à l’extérieur de soi sa propre essence avant de la trouver en lui. La religion est l’essence infantile de l’humanité."

Ludwig Feuerbach, L’Essence du Christianisme (1841)