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  • Ils ont dit, au sujet du progrès

    "C'est par l'expérience que la science et l'art font leur progrès chez les hommes." [Aristote]

    "Il [L'homme] est dans l'ignorance au premier âge de sa vie, mais il s'instruit sans cesse dans son progrès, car il tire avantage, non seulement de sa propre expérience, mais encore de celle de ses prédécesseurs." [Blaise Pascal]

    "L'admiration est fondement de toute philosophie, l'inquisition le progrès, l'ignorance le bout." [Michel de Montaigne]

    "Je tremble toujours qu’on ne parvienne, à la fin, à découvrir quelque secret qui fournisse une voie plus abrégée pour faire périr les hommes, détruire les peuples et les nations entières." [Montesquieu]

    "Cette espérance en des temps meilleurs, sans laquelle un désir sérieux de faire quelque chose d’utile au bien général n’aurait jamais échauffé le cœur humain, a même eu de tout temps une influence sur l’activité des esprits droits." [Emmanuel Kant]

    "On verra alors apparaître un progrès régulier du perfectionnement de la constitution politique dans notre continent." [Emmanuel Kant]

    "Cette espérance en des temps meilleurs, sans laquelle un désir sérieux de faire quelque chose d'utile au bien général n'aurait jamais échauffé le cœur humain, a même eu de tout temps une influence sur l'activité des esprits droits." [Emmanuel Kant]

    "Dans cet âge heureux où rien ne marquait les heures, rien n'obligeait à les compter : le temps n'avait d'autre mesure que l'amusement et l'ennui." [Jean-Jacques Rousseau]

    "Tant que les hommes se contentèrent de leurs cabanes rustiques, tant qu'ils se bornèrent à coudre leurs habits de peaux avec des épines ou des arêtes, à se parer de plumes et de coquillages, à se peindre le corps de diverses couleurs, à perfectionner ou à embellir leurs arcs et leurs flèches, à tailler avec des pierres tranchantes quelques canots de pêcheurs ou quelques grossiers instruments de musique, en un mot tant qu'ils ne s'appliquèrent qu'à des ouvrages qu'un seul pouvait faire, et à des arts qui n'avaient pas besoin du concours de plusieurs mains, ils vécurent libres, sains, bons et heureux autant qu'ils pouvaient l'être par leur nature." [Jean-Jacques Rousseau]

    "L'esprit qui invente est toujours mécontent de ses progrès, parce qu'il voit au-delà." [Jean le Rond d’Alembert]

    "Il se forma bientôt en Europe une classe d'hommes moins occupés encore de découvrir ou d'approfondir la vérité, que de la répandre." [Condorcet]

    "L'histoire universelle est le progrès dans la conscience de la liberté." [Friedrich Hegel]

    "Toute idée de progrès social était nécessairement interdite aux philosophes de l'antiquité faute d'observations politiques assez complètes et assez étendues Aucun d'eux même parmi les plus éminents et les plus judicieux n'a pu se soustraire à la tendance alors aussi universelle que spontanée à considérer directement l'état social contemporain comme radicalement inférieur à celui des temps antérieurs." [Auguste Comte]

    "Le progrès est le développement de l’ordre." [Auguste Comte]

    "Aucune idée, parmi celles qui se réfèrent à l'ordre des faits naturels, ne tient de plus près à la famille des idées religieuses que l'idée de progrès, et n'est plus propre à devenir le principe d'une sorte de foi religieuse pour ceux qui n'en ont plus d'autre". [Antoine Augustin Cournot]

    "Croire au progrès ne signifie pas qu’un progrès ait déjà eu lieu.” [Franz Kafka]

    "Nous ne percevons, pratiquement, que par le passé, le présent pur étant l’insaisissable progrès du passé rongeant l’avenir." [Henri Bergson]

    "La route en lacet qui monte. Belle image du progrès." [Henri Bergson]

    "Nous ne percevons, pratiquement, que par le passé, le présent pur étant l’insaisissable progrès du passé rongeant l’avenir." [Henri Bergson]

    "En définitive, l'intelligence, envisagée dans ce qui en paraît être la démarche originelle, est la faculté de fabriquer des objets artificiels, en particulier des outils à faire des outils et d'en varier indéfiniment la fabrication." [Henri Bergson]

    "Au cours des dernières générations, l'humanité a fait accomplir des progrès extraordinaires aux sciences physiques et naturelles, et à leurs applications techniques, elle a assuré sa domination sur la nature d'une manière inconcevable." [Sigmund Freud]

    "On devrait se contenter de conclure que la domination de la nature n'est pas la seule condition du bonheur, pas plus qu'elle n'est le but de l'œuvre civilisatrice, et non que les progrès de la technique soient dénués de valeur pour l'économie de notre bonheur." [Sigmund Freud]

    "L'homme moderne est l'esclave de la modernité : il n'est point de progrès qui ne tourne pas à sa plus complète servitude." [Paul Valéry]

    "Le progrès spirituel exige de nous que nous cessions de tuer les autres êtres vivants pour nos besoins corporels." [Gandhi]

    "A l'origine de toute connaissance, nous rencontrons la curiosité ! Elle est une condition essentielle du progrès." [Alexandra David-Néel]

    "Une aptitude ne reste une aptitude que si elle s’efforce de se dépasser, que si elle est un progrès." [Gaston Bachelard]

    "Rien n'arrête le progrès. Il s'arrête tout seul." [Alexandre Vialatte]

    "Il faut se méfier des ingénieurs, ça commence par la machine à coudre, ça finit par la bombe atomique." [Marcel Pagnol]

    "Le progrès et la catastrophe sont l'avers et le revers d'une même médaille." [Hannah Arendt]

    "La religion participe souvent du mythe du progrès qui nous protège des terreurs d’un futur incertain." [Frank Herbert]

    "L'idée de progrès déshonore l'intellect." [Emil Michel Cioran]

    "Le progrès n’a aucun caractère inéluctable, rien ne garantit des lendemains meilleurs." [Karl Popper]

    "On peut définir la Science-Fiction comme la branche de la littérature qui se soucie des réponses de l'être humain aux progrès de la science et de la technologie." [Isaac Asimov]

    "La notion de progrès se dédouble, devient angoissante, ambivalente ; le progrès est à distance de l'homme et n'a plus de sens pour l'homme individuel, car les conditions de la perception intuitive du progrès par l'homme n'existent plus." [Gilbert Simondon]

    "Il n'y a donc pas de hiérarchie dans le champ de la technique, il n'y a pas de technologie supérieure ni inférieure ; on ne peut mesurer un équipement technologique qu'à sa capacité de satisfaire, en un milieu donné, les besoins de la société." [Pierre Clastres]

    "La civilisation occidentale s'est entièrement tournée, depuis deux ou trois siècles, vers la mise à la disposition de l'homme de moyens mécaniques de plus en plus puissants. Si l'on adopte ce critère, on fera de la quantité d'énergie disponible par tête d'habitant l'expression du plus ou moins haut degré de développement des sociétés humaines… Si le critère retenu avait été le degré d'aptitude à triompher des milieux géographiques les plus hostiles, il n'y a guère de doute que les Eskimos d'une part, les Bédouins de l'autre, emporteraient la palme." [Claude Lévi-Strauss]

    "Le progrès quasi autonome de la science et de la technique dont dépend effectivement la variable la plus importante du système, à savoir la croissance économique, fait (...) figure de variable indépendante. Il en résulte une perspective selon laquelle l'évolution du système social paraît être déterminée par la logique du progrès scientifique et technique. " [Jürgen Habermas]

    "La notion de progrès en est ainsi venue à désigner de façon exclusive le progrès technique. L'idée d'un progrès esthétique, intellectuel, spirituel ou moral, sis en la vie de l'individu et consistant dans l'auto-développement et l'auto-accroissement des multiples potentialités phénoménologiques de cette vie, dans sa culture, n'a plus cours." [Michel Henry]

    "Le changement du monde n'est pas seulement création, progrès, il est d'abord et toujours décomposition, crise." [Alain Touraine]

    "Le progrès c'est quand vous remplacez un employé à 8 000 francs par mois par un ordinateur qui vous coûte le double." [Gilda Petrov]

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  • Comte : L'idée de progrès est moderne

    1006911-Auguste_Comte.jpg"Toute idée de progrès social était nécessairement interdite aux philosophes de l'antiquité faute d'observations politiques assez complètes et assez étendues Aucun d'eux même parmi les plus éminents et les plus judicieux n'a pu se soustraire à la tendance alors aussi universelle que spontanée à considérer directement l'état social contemporain comme radicalement inférieur à celui des temps antérieurs.

    Cette inévitable disposition était d'autant plus naturelle et légitime que l'époque de ces travaux philosophiques coïncidait essentiellement comme je l'expliquerai plus tard avec celle de la décadence nécessaire du régime grec ou romain Or, cette décadence qui en considérant l'ensemble du passé social constitue certainement un progrès véritable en tant que préparation indispensable au régime plus avancé des temps postérieurs ne pouvait être aucunement jugée de cette manière par les anciens hors d'état de soupçonner une telle succession."

    Auguste Comte, Cours de Philosophie positive (1830-1842)

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  • Ils ont dit, au sujet de l'ordre et du désordre dans la société

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    "C'est l'Intelligence qui a tout mis en ordre, c'est elle qui est la cause de toutes choses… Une telle cause fit ma joie" [Socrate]

    "La loi, au contraire, est faite par les faibles et par le grand nombre. C'est donc par rapport à eux-mêmes et en vue de leur intérêt personnel qu'ils font la loi et qu'ils décident de l'éloge et du blâme." [Platon]

    "Un acte de justice et de douceur a souvent plus de pouvoir sur le cœur des hommes que la violence et la barbarie." [Nicolas Machiavel]

    "Là où l'homme aperçoit un tout petit peu d'ordre, il en suppose immédiatement beaucoup trop." [Francis Bacon]

    "S'il était aussi facile de commander aux esprits qu'aux langues, aucun gouvernement ne se trouverait jamais en péril et aucune autorité n'aurait besoin de s'exercer par des moyens violents." [Baruch Spinoza]

    "Ce n’est pas pour tenir l’homme par la crainte et faire qu’il appartienne à un autre, que l’Etat est institué; au contraire, c’est pour libérer l’individu de la crainte, pour qu’il vive autant que possible en sécurité." [Baruch Spinoza]

    "Ainsi apparaît le grand Léviathan ou, si l'on préfère, le Dieu mortel à qui seul (...) nous devons la paix et la protection" [Thomas Hobbes]

    "De la sorte, nous pouvons trouver dans la nature humaine trois causes principales de querelles: premièrement, la rivalité; deuxièmement, la méfiance; troisièmement, la fierté... Dans le premier cas ils usent de violence pour se rendre maîtres de la personne d'autres hommes, de leurs femmes, de leurs enfants, de leurs biens." [Thomas Hobbes]

    "Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir." [Montesquieu]

    "L'aliénation totale de chaque associé avec tous ses droits à toute la communauté. Car, premièrement, chacun se donnant tout entier, la condition est égale pour tous, et la condition étant égale pour tous, nul n'a intérêt de la rendre onéreuse aux autres." [Jean-Jacques Rousseau]

    "Au lieu de détruire l’égalité naturelle, le pacte fondamental substitue, au contraire, une égalité morale et légitime à ce que la nature avait pu mettre d’inégalité physique entre les hommes, et que, pouvant être inégaux en force ou en génie, ils deviennent tous égaux par convention et de droit." [Jean-Jacques Rousseau]

    "L'ordre social ne vient pas de la nature ; il est fondé sur des conventions." [Jean-Jacques Rousseau]

    "L’homme veut vivre à son aise et plaisamment, mais la nature veut qu’il soit dans l’obligation de se précipiter hors de son indolence et de sa tempérance inactive dans le travail et les efforts, pour aussi, en revanche, trouver en retour le moyen de s’en délivrer sagement." [Emmanuel Kant]

    "On se fait une idée précise de l'ordre, mais non pas du désordre." [Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre]

    "L'état de nature est l'état de rudesse, de violence et d'injustice. Il faut que les hommes sortent de cet état pour constituer une société qui soit État." [GWF Hegel]

    "Le progrès est le développement de l’ordre." [Auguste Comte]

    "Quoique très ami de l’ordre, je suis anarchiste." [Pierre-Joseph Proudhon]

    "La plus haute perfection de la société se trouve dans l'union de l'ordre et de l'anarchie." [Pierre-Joseph Proudhon]

    "Être gouverné : c’est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n’ont ni le titre, ni la science, ni la vertu." [Pierre-Joseph Proudhon]

    "Là, tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe, calme et volupté." [Charles Baudelaire]

    "La violence joue encore dans l'histoire un autre rôle, un rôle révolutionnaire; que selon les paroles de Marx, elle soit l'accoucheuse de toute vieille société qui en porte une nouvelle dans ses flans; qu'elle soit l'instrument grâce auquel le mouvement social l'emporte et met en pièces des formes politiques figées et mortes." [Friedrich Engels]

    "L'ordre, et l'ordre seul, fait en définitive la liberté. Le désordre fait la servitude." [Charles Péguy]

    "Le commandement "Aime ton prochain comme toi-même" est la défense la plus forte contre l’agression humaine et un excellent exemple de la démarche non psychologique du sur-moi-de-la-culture. Le commandement est impraticable." [Sigmund Freud

    "Le désordre est simplement l’ordre que nous ne cherchons pas." [Henri Bergson]

    "L’ordre pour l’ordre châtre l’homme de son pouvoir essentiel, qui est de transformer et le monde et soi-même." [Antoine de Saint-Exupéry]

    "Quand l'ordre est injustice, le désordre est déjà un commencement de justice." [Romain Rolland]

    "Deux dangers ne cessent de menacer le monde ; l'ordre et le désordre." [Paul Valéry]

    "Un révolutionnaire est celui qui désire mettre au rancart l'ordre social existant, afin d'en essayer un autre." [George Bernard Shaw]

    "Dans le règne du contrat, le citoyen, à chaque opération d'échange, est présent dans un intérêt bien personnel et bien réel; l'ordre est sa mesure, il est à hauteur de l'ordre, l'ordre collectif n'est que sa volonté répétée à l'infini: toute hétéronomie est exclue de la société." [Emmanuel Mounier]

    "Côté gouvernés, le pouvoir abêtit, dans toute la mesure où il établit un clivage entre des éléments actifs et des individus à peu près passifs, dont l'obéissance devient simple exécution mécanique… Côté gouvernants, comme dit Alain, le pouvoir rend fou. C'est un des leitmotiv de l'anarchie, à l'adresse des semi-libéraux et de tous les anarchistes; mais, qu'on ne fait pas, dans son cœur, au pouvoir sa part; que toujours, quelle que soit son origine et quelle que soit sa forme, il tend au despotisme." [Emmanuel Mounier]

    "C'est toujours par l'ennui et ses folies que l'ordre social est rompu." [Alain]

    "Résistance et obéissance, voilà les deux vertus du citoyen. Par l'obéissance il assure l'ordre ; par la résistance, il assure la liberté." [Alain]

    "C'est un genre de force, mais passionnée et qui vise à briser la résistance par la terreur. La violence définit le crime, lorsqu'elle s'exerce contre la personne humaine. Et la loi des punitions est au contraire qu'elles soient entièrement purifiées de violence." [Alain]

    "Le désordre est le meilleur serviteur de l’ordre établi." [Jean-Paul Sartre]

    "La société se fout de votre bonheur, elle est pour l’ordre" [Jean-Louis Bory]

    "L'incohérence n'existe pas, le désordre n'est qu'un ordre différent." [Robert Malaval]

    "Il y a toujours mort d'homme à l'origine de l'ordre culturel." [René Girard]

    "Au principe du déterminisme généralisé, on devrait substituer un principe qui conçoit une relation entre l’ordre, le désordre et l’organisation." [Edgar Morin]

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  • COMPTE-RENDU DE LA SÉANCE : "EST-IL RAISONNABLE DE CROIRE EN DIEU?"

    Thème du débat : "Est-il raisonnable de croire en Dieu?" 

    Date : 22 mai 2015 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée

    Cafe_philo_anges_raphael.jpgLe 22 mai 2015, la 49ème séance du café philosophique de Montargis portait sur cette question : "Est-il raisonnable de croire en Dieu ?" Cette séance est co-animée par Marie Tellier et de Katharina Kim, élèves de Terminale du lycée Saint-François de Sales de Gien. D'emblée, Bruno remarque qu'un tel  sujet, particulièrement d'actualité, est particulièrement clivant. Les organisateurs du café philo ne souhaitent cependant pas faire du débat de la soirée une discussion polémique sur les religions ou sur Dieu, comme cela avait pu être le cas quelques années plus tôt pour le débat "La religion : opium du peuple ?" Le but n'est pas de parler de ses opinions, de ses croyances mais de philosopher sur la religion et la raison. 

    Un premier participant commence par dédramatiser ce sujet. Dieu peut parfois servir à justifier des petits tracas de la vie quotidienne – une tartine de beurre qui tombe du bon côté ou bien un verre qui tombe mais ne se casse pas. Dans ce cas "il y a un bon Dieu" ! Pourquoi le choix de ce terme "raisonnable" plutôt que "rationnel", s'interroge-t-il ? Dans "raisonnable" il y a une connotation morale. L'intitulé du sujet, dit un autre participant, pose problème en effet. "Dans "Est-il raisonnable de croire en Dieu ?", les termes de raison et de passion  (la foi) s'opposent. "C'est un peu un oxymore." La question, quelque part est soit mal posée soit provocatrice, tant il ne peut pas être raisonnable de croire en Dieu ! Pour un nouveau participant, le sujet interroge et, avec un peu plus de malice, il aurait pu s'intituler : "Est-il bien raisonnable de croire en Dieu ?" Pour un autre intervenant, cela aurait pu être : "Est-il sensé de croire en Dieu ?

    la-cene-david-lachapelle.jpgUn membre du public veut sortir de cette question du titre et pose cette autre question : "Est-il raisonnable de croire ?", de croire en quoi que ce soit : Dieu, cette chaise, voire la physique des particules. Cette physique des particules, justement, est considérée comme démontrée scientifiquement bien que l'on ne puisse jamais la voir en action. De la même manière, face au doute que peut nous inspirer Dieu, le mystique répondra : "Si Dieu existe, Dieu fonctionne et la foi a du sens." Qu'est-ce qui pèche donc lorsque l'on parle de l'existence des trous noirs que personne n'a observé ? Comment, plus généralement, se positionne la raison lorsque l'on parle de choses que l'on ne peut pas voir et quelle est la différence entre le prêtre et le scientifique ? Un intervenant réfute cette vision car, selon lui, tout est question de méthodes scientifiques et critiques et de théories prouvées ou non, avec des expérimentations et des faits. Par contre, le religieux décrète. C'est un axiome : "C'est comme ça : je crois en Dieu !" et, d'emblée, elle n'est pas en posture d'accepter la critique. Flaubert a dit que prêcher Dieu "c'est expliquer l'incompréhensible par l'absurde." Dit autrement, Dieu peut être une justification facile et incongrue à des questions qui nous dépassent.   

    Pour Claire, ce sujet du café philosophique de Montargis entend distinguer le rationnel du raisonnable. René Descartes définit la raison comme la faculté de discerner le vrai du faux et le bien du mal (voir ce texte). Et en cela, il distingue le caractère rationnel (vrai/faux) et le caractère raisonnable (bien/mal). Le mot raisonnable a été choisi car il semblerait qu'il est rationnel de croire, dans le sens où la croyance est une tentative d'explication du monde. Auguste Comte dit que lorsque l'homme se met à vouloir donner du sens à la réalité en l'expliquant (en y incluant Dieu, par exemple), lorsqu'il énonce une vérité, il rationalise. C'est donc utiliser sa raison que de croire. La question est ensuite de savoir si le raisonnable impose des enjeux beaucoup plus importants que ce que le côté rationnel suppose. S'interroger sur le caractère raisonnable d'une croyance c'est se demander si, "quant aux conséquences du croire,  je vis mieux..." Par là, puis-je atteindre une forme de bonheur et de morale grâce à la croyance ? De même la distinction entre le croire et le savoir n'est pas au niveau de la vérité. La foi dans quelque chose vient du latin "fides" qui signifie "avoir confiance". La différence entre celui qui croit et celui qui sait est une question de démonstration. Ce n'est pas la vérité qui est en jeu ici : on peut croire dans quelque chose de vrai. Mais celui qui croit ne demande pas de justification ou de preuve. Croire en Dieu c'est croire en une vérité révélée, c'est avoir confiance, avoir foi, et de manière exhaustive et absolue. 

    Un intervenant se fait moins polémique que caustique en brocardant Dieu : entité masculine et justification d'actes violents (cf. ce texte de Michel Onfray). "Si Dieu existe, tout est permis", dit SartreUne intervenante réagit en citant Saint-Exupéry : "Que m'importe que Dieu n'existe pas. Dieu donne à l'homme de la divinité." La raison est capitale à l'homme. Dieu est l'incarnation, non de la divinité, mais d'un idéal en dehors de toute religion. Est-ce que nous n'avons pas besoin de croire en quelque chose qui nous dépasse, et ce depuis le début des civilisations ?

    b-lachapelle-intervention-web1.jpgLes dieux de l'Antiquité étant cités, Bruno remarque que selon plusieurs spécialistes, dont Paul Veynes, les citoyens romains ou grecs ne croyaient pas stricto sensu dans leurs dieux, que ce suit Jupiter, Diane ou Hermès (voir cet article). Il s'agissait plus d'entités lointaines que l'on pouvait invoquer par une sorte de superstition. Cette vision diffère de notre posture par rapport à Dieu, qui est plus vu comme une présence, qu'elle soit lointaine ou non et ce, même s'il y a un continuum entre les religions polythéistes et les religions monothéistes. Pour une participante, la croyance impose non des preuves mais plutôt des signes – comme en amour.  

    Croire en Dieu, dit une autre participante, participe d'une volonté d'élévation de l'esprit – de l'âme, pour les croyants. La question du libre-arbitre est posée, à laquelle Blaise Pascal répond par "le pari de Dieu". La croyance en Dieu serait sensée mener au bonheur. Pour un participant, ce serait "tout bénef" de croire en Dieu. Or, si j'en viens à croit à un au-delà, à tort car cet au-delà n'existe pas, au final, et contrairement au "pari de Pascal", la perte n'est pas nulle. On a tendance à moins modifier le monde si l'on se dit qu'il y a mieux ailleurs. Toute une mouvance philosophique du XIXe siècle prône cela : Nietzsche, Alain, Sartre, etc. Lorsque quelqu'un comme Nietzsche dit que "Dieu est mort", il affirme par là que c'est ici et maintenant qu'il s'agit de créer sa vie (voir aussi ce texte). Il faut s'extraire de cette forme de rédemption et de rachat mais également s'échapper de cette idée que ma route serait toute tracée  car c'est ici et maintenant que l'on est responsable. Dans ce monde là, c'est à l'homme décrire son sens, à l'exemple de Sartre.   

    La question, dit une autre participante, n'est pas tant l'existence de Dieu mais la foi. Celle-ci peut-elle me permettre, de manière individuelle d'avancer dans la vie ? Dans les familles élevées dans la religion, Dieu peut être considéré comme une tradition qui se transmet et qui nous rattache, en tant qu'individu, à nos origines. Pour un participant, il paraît difficile d'admettre que l'idée abstraite de Dieu nous aide à vivre ; par contre, les messages transmis via les religions (les Évangiles par exemple) le peuvent. Ce qui explique d'ailleurs pourquoi les religions ont cherché à "humaniser Dieu", afin que cette idée soit plus proche de nous. 

    Claire réagit, considérant qu'en philosophie "le relativisme est toujours de mauvais aloi." Les différenciations n'ont pas lieu d'être, même pour un sujet comme celui-ci. Pour l'homme philosophe, est-ce que cela apporte quelque chose – bonheur, morale, etc. – de croire ? Est-ce que l'homme peut être homme si l'on cesse de croire, que ce soit en Dieu ou en autre chose ? Pour une participante, la croyance apparaît comme nécessaire, que ce soit en une entité divine, les droits de l'homme ou au Surhomme nietzschéen. 

    david_la_chapelle_-_Jesus-is-my-homeboy-600x391.jpgLa raison mais aussi la science sont au centre de ce débat. "La science est le contraire de Dieu", même si, comme le rappelle Einstein, "Un peu de science éloigne de Dieu, beaucoup l'en approche". Un participant remarque que nombre de grands scientifiques étaient de fervents croyants. Pour un autre intervenant, des indices dans la nature peuvent nous interroger sur une présence divine en action dans le monde : la vie sur terre, l'agencement de l'univers, l'algorithme dans la nature (la suite de Fibonacci). Voltaire lui-même affirmait : "Je ne puis, en contemplant cette horloge, croire qu'il n'y ait point d'horloger."  Il voulait aussi que tout le monde puisse croire en Dieu, y compris son tailleur car cela lui permettait de moins courir le risque d'être volé !

    La question posée est aussi celle du doute dans la vie de l'homme. La différence entre la démonstration scientifique et la démonstration du religieux, qui affirment tous deux une connaissance et un savoir, c'est que la démonstration scientifique admet le doute. Chaque nouvelle connaissance scientifique est une réponse à une contradiction qui est ensuite dépassée (par exemple la physique quantique par rapport à la physique de Newton). Il y a construction et déconstruction permanente. Or, la connaissance religieuse n'admet pas le doute : elle affirme, en se basant sur des écrits "stables et jamais remis en question", au risque que cela freine l'homme dans le progrès et de contraindre nos sociétés. Bruno ajoute que ce doute peut bel et bien être présent dans les religions, certes sous une autre forme (Thérèse de Lisieux ou Jean de la Croix, cf. cet article). 

    Un autre intervenant considère que la croyance en Dieu nous interroge lorsqu'elle dépasse la sphère privée et s'impose à nous, dans la sphère publique. Claire remarque aussi que le discours anti-Dieu vient souvent de personnes qui s'en sont libérés. Un discours affirmerait que le salut de l'homme se trouverait dans cette fin des religions, qui peuvent effrayer. Voire. Des enfants sans éducation religieuse se trouvent de nos jours face à une incapacité à comprendre, traduire et interpréter certains œuvres artistiques. Sans rapport à la foi, proche ou lointaine, un homme peut avoir du mal à exercer sa vie d'homme. Le besoin de spiritualité est même croissant aujourd'hui. Dans la nature humaine, la religion peut apporter la conscience morale, ce qui est un socle important, y compris pour une meilleure vie en société. Pour autant, dit un intervenant, l'ensemble des religions monothéistes peuvent apparaître écrasantes, aliénantes, voire violentes. S'agissant des valeurs transmises par les religions, la charité peut être louable ; mais elle est aussi la marque d'une incapacité, voire d'une indifférence d'un État à résoudre la misère humaine. 

    artwork_images_424157556_176230_DavidLaChapelle111.jpgUne co-animatrice réagit par la différence entre les dogmes qui sont imposées par les religions et les valeurs qui peuvent nous construire.

    Arrivé à cette étape du débat, Claire souhaite rappeler l'étymologie du mot "religion" (religio), qui vient de "religare" et de "religere" qui signifient l'assemblée d'une part (comme l'église ou la synagogue), le lien entre les hommes et ensuite le recueillement. Il s'agit de s'interroger sur ce qui fait d'un homme un être humain et donc de donner du sens. Comme il a été dit, il est rationnel de croire puisque c'est une tentative de donner une explication et un sens. Dès lors, il y a une interrogation dans le recueillement mais force est de constater qu'il faut distinguer entre le dogme qui s'impose et qui ne laisse pas de place au doute et la valeur qui est l'idée que l'on souhaite donner à sa vie. Le mot sens signifie donner une direction mais aussi une signification. 

    Parler d'un Dieu et parler de religion ne sont pas exactement la même chose, dit une autre personne du public. La fonction de la vérité (divine, scientifique, etc.) est importante dans un monde où de plus en plus de vérités coexistent, tentent de s'affirmer les unes par rapport aux autres ; et la vérité scientifique en est une. L'étymologie du mot religion fait également sens. La religion (au sens de "relier") peut avoir une fonction raisonnable car elle suppose une notion de "vivre ensemble", de relier les personnes, ce qui a peut-être permis de souder les individus entre eux, voire de "sauver l'humanité". Pour un autre participant, derrière le mot foi, tout le monde ne croit pas à la même chose. Des dogmes ne sont pas unilatéralement partagés, contrairement aux consensus que les religions veulent croire comme acquis. La réalité est à géométrie variable, à commencer par les dogmes des églises. À travers l'Histoire, les religions ont autant uni que divisé.     

    Mais les dogmes, dit un participant, sont avant tout des connaissances données au commun des mortels, sans autre explication. Ce qui ne veut pas dire que cela se limite à cela. Les religieux dépassent ces dogmes, cet exotérisme, pour aller vers l'ésotérisme. L'ésotérisme est très présent dans certaines religions; comme le montre René Guénon. Cette métaphysique pure qui n'est pas dénuée d'intérêt. 

    alachapelle.jpgDans la religion, il y a également la question du verbe, du langage et du symbole. Qu'est-ce qui peut faire sens pour tout le monde ? Qu'est-ce qui peut être le dénominateur commun capable de rassembler ? L'idée de Dieu peut permettre de rassembler car elle peut amener à des abstractions importantes et permettre à chacun de vivre une expérience individuelle et de vivre ensemble sur une même planète. Les dogmes religieux peuvent d'ailleurs, remarque une intervenante, fonder des lois morales durables, comme le jeun – pour préserver la nourriture disponible – ou la monogamie – qui a indéniablement des vertus sanitaires. Il y a une utilité pragmatique aux valeurs de la religion : dans ce point de vue, il est raisonnable de croire en Dieu ! 

    En dehors de cet aspect utilitaire, les dogmes imposés par ces religions peuvent aussi être considérées comme des bornes pour les personnes incapables de donner elles-mêmes un sens à leur vie. La religion peut donner des réponses, qu'elles soient contestables ou non. Ces règles de vie peuvent avoir une réelle utilité sociale et personnelle. L'idée, vraie ou non, qu'une présence supérieure veuille sur soi peut responsabiliser l'individu. L'absence de doute que l'homme de raison peut reprocher à l'homme croyant peut, certes, être critiquable. Pour autant, cette absence de doute signifie aussi la peur de la perte de sens, ce qui n'est pas déraisonnable dans le fond. Un participant pointe du doigt les dérives des religions – croisades, persécutions ou guerres. Pour autant, répond une intervenante, parler de ces dérives pour stigmatiser les religions n'a aucun sens dans la mesure où le but des religions est d'aider l'homme à atteindre un idéal. Si l'on pose l'hypothèse de l'existence d'un Dieu qui permettrait de faire progresser l'Humanité, force est de constater que le bilan des valeurs humaines (liberté, libération de la femme, droits de l'homme) est positif depuis une cinquantaine d'année, au moins dans nos sociétés occidentales, une opinion que ne partagent pas une partie de l'assistance. 

    En conclusion, un participant remarque que pendant tout ce café philo, on a, sans surprise, parlé de religion pour parler de Dieu, "tout comme on a bien du mal à manger un yaourt sans cuillère" ! Il a été opposé la science et la religion. Il y a la physique et la métaphysique et, derrière cette métaphysique, il est question d'un ordonnateur, de Dieu ou du grand Horloger. La science propose des modèles, régulièrement remis en cause, et qui a eu sa période obscurantiste comme l'a prouvé le procès de Galilée. La science a eu ses dogmes, tout comme la religion en a ; peut-être qu'à l'avenir le concept de Dieu va échapper à ces dogmes pour que nous puissions avoir une compréhension  métaphysique du Dieu qui nous rapproche et qui nous relie. 

    Le débat se termine par le vote du sujet du prochain débat, qui aura lieu le vendredi 19 juin 2015, qui sera 50ème débat du café philosophique de Montargis. Quatre sujets sont proposés : "Doit-on prendre ses rêves pour la réalité ?", "La philosophie a-t-elle une quelconque utilité ?", "Le souci de la beauté révèle-t-il à l'homme son humanité ?" et "De quelle laïcité parlons-nous ?" C'est le sujet "La philosophie a-t-elle une quelconque utilité ?" qui est élu "démocratiquement" comme sujet pour le 50ème débat du café philosophique, qui sera le dernier de cette saison.        

     

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  • ILS ONT DIT, AU SUJET DE LA FAMILLE

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    "Voir les enfants de ses enfants est la joie du vieillard. La gloire des enfants est de connaître leur père." [Livre des Proverbes]

    "Vous voyez cet enfant qui est le mien ? Il n'a que cinq ans, mais il tient l'univers sous sa férule. Car il gouverne sa mère, sa mère me gouverne, je gouverne Athènes et Athènes gouverne le monde." [Thémistocle]

    "La cité est par nature antérieure à la famille et à chacun de nous pris individuellement." [Aristote]

    "Quel cadeau la Providence peut-elle faire à un homme qui lui soit plus cher que ses enfants ?" [Cicéron]

    "Un prophète n'est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents, et dans sa maison." [s. Marc]

    "Je ne vis jamais père, pour teigneux et bossu que fût son fils, qui laissât de l'avouer." [Montaigne]

    "La plus ancienne de toutes les sociétés et la seule naturelle est celle de la famille." [Jean-Jacques Rousseau]


    "Ce qui détermine la famille, en tant que substantialité immédiate de l'Esprit, c'est son unité sous la forme du sentiment, l'amour..." [Hegel]

    "La société humaine se compose de familles et non d'individus." [Auguste Comte]

    "Mon père est un grand enfant que j'ai eu quand j'étais tout petit." [Alexandre Dumas Fils

    "La famille conjugale résulte d'une contraction de la famille paternelle. Celle-ci comprenait le père, la mère, et toutes les générations issues d'eux, sauf les filles et leurs descendants. La famille conjugale ne comprend plus que le mari, la femme, les enfants mineurs et célibataires." [Emile Durkheim]

    "Derrière chaque homme qui se respecte se cache un enfant qui n'a qu'une envie : jouer." [Friedrich Nietzsche]

    "Les pères sont faits pour n'être ni vus ni entendus. C'est le fondement de toute vie de famille digne de ce nom." [Oscar Wilde]

    "Familles, je vous hais ! foyers clos ; portes refermées ; possessions jalouses du bonheur." [André Gide]

    "Se marier, fonder une famille, accueillir les enfants qui nous viennent, les aider à se faire une place dans ce monde peu sûr et peut-être les guider quelque peu, voilà, j'en suis convaincu, la plus belle chose dont un homme soit capable." [Franz Kafka]

    "L'attitude ambivalente à l'égard du père et la tendance objectale uniquement tendre envers la mère représentent chez le garçon le contenu du complexe d'Oedipe simple, positif." [Sigmund Freud]

    "Je ne connais aucun besoin dans l'enfance qui soit aussi pressant que la protection d'un père." [Sigmund Freud]

    "Les parents ont par priorité le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants." [Déclaration Universelle des Droits de l’Homme]

    "Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas." [Albert Camus]

    "En cas de conflit entre parent et enfant, il se peut que l'un des deux ait raison mais, en général, ils ont tort tous les deux. C'est cet état de choses qui donne à la famille son charme hystérique particulier." [Isaac Rosenfeld]

    "Les sentiments et les conduites passionnelles sont inventés comme les mots. Même ceux qui, comme la paternité, paraissent inscrits dans le corps humain sont en réalité des institutions." [Maurice Merleau-Ponty]

    "Où peut-on être mieux qu'au sein d'une famille ? Partout ailleurs !" [Hervé Bazin]

    "Non, ma mère, il n'y a plus qu'un seul verbe qui compte ici, et nous le déclinons correctement à tous les temps. Je te hais, tu me hais..." [Hervé Bazin]

    "La société bouge grâce à une forme de parricide où les enfants tuent d'une certaine façon, non pas leurs pères mais du moins les certitudes de leurs pères. C'est cela le progrès." [Isaiah Berlin]

    "Les enfants méprisent leurs parents jusqu'à l'âge de quarante ans. Après quoi ils deviennent exactement comme eux, pour ne pas compromettre le système." [Quentin Crewe]

    "Moi, j’aimerais mieux faire trois guerres, debout sur mes deux pieds, plutôt que d’accoucher une seule fois !" [Marie Cardinale]

    "Les parents sont les os sur lesquels les enfants se font les dents." [Peter Ustinov]

    "Les non-dits pathogènes ne sont pas néfastes tellement parce qu'ils maintiennent l'enfant dans différentes ignorances, que parce qu'ils traduisent l'insurmontable angoisse des parents touchant à ce qu'ils cachent." [Anne Ancelin Schützenberger]

    "Chacun d'entre nous a un roman familial, et chaque famille a des histoires qu'on raconte, qu'on répète, qu'on redit, une histoire mythique, une saga - et des secrets." [Anne Ancelin Schützenberger]

    "La fidélité aux ancêtres, devenue inconsciente ou invisible la loyauté invisible nous gouverne : il est important de la rendre visible, d'en prendre conscience, de comprendre ce qui nous oblige, ce qui nous gouverne et si éventuellement, il ne faudrait pas recadrer cette loyauté, pour redevenir libre de vivre sa vie." [Anne Ancelin Schützenberger]

    "Élever un enfant c'est moitié bonheur, moitié guérilla." [Ed Assner]

    "L'instinct maternel est un mythe." [Élisabeth Badinter]

    "Par ma mort, je comptais attirer l'attention de maman et non celle de la police. Je ferais souffrir maman, c'est entendu, mais pas question de la faire envoyer en prison." [Ying Chen]

     

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  • COMTE : LA SOCIETE EST COMPOSEE DE FAMILLES

    Auguste_Comte2.jpg"La décomposition de l'humanité en individus proprement dits, ne constitue qu'une analyse anarchique, autant irrationnelle qu'immorale, qui tend à dissoudre l'existence sociale au lieu de l'expliquer, puisqu'elle ne devient applicable que quand l'association cesse. Elle est aussi vicieuse en sociologie que le serait en biologie, la décomposition chimique de l'individu lui-même en molécules irréductibles, dont la séparation n'a jamais lieu pendant la vie. A la vérité, quand l'état social se trouve profondément altéré, la dissolution pénètre, à un certain degré, jusqu'à la constitution domestique, comme on ne le voit que trop aujourd'hui. Mais, quoique ce soit là le plus grave de tous les symptômes anarchiques, on peut alors remarquer, d'une part la disposition universelle à maintenir autant que possible les anciens liens domestiques, et d'autre part, la tendance spontanée à former de nouvelles familles, plus homogènes et plus stables. Ces cas maladifs confirment donc eux-mêmes l'axiome élémentaire de la sociologie statique : la société humaine se compose de familles et non d'individus. Suivant un principe philosophique posé, depuis longtemps par mon ouvrage fondamental, un système quelconque ne peut être formé que d'éléments semblables à lui et seulement moindres. Une société n'est donc pas plus décomposable en individus qu'une surface géométrique ne l'est en lignes ou une ligne en points."

    Auguste Comte, Système de Politique positive (1851-1854)

     

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  • AUGUSTE COMTE : LA SCIENCE NE PEUT CONNAÎTRE L'ABSOLU

    balle.jpg"Le caractère fondamental de la philosophie positive est de regarder tous les phénomènes comme assujettis à des lois naturelles variables, dont la découverte précise et la réduction au moindre nombre possible sont le but de tous nos efforts, en considérant comme absolument inaccessible et vide de sens pour nous la recherche de ce qu'on appelle les causes, soit premières, soit finales. Il est inutile d'insister beaucoup sur un principe devenu maintenant aussi familier à tous ceux qui ont fait une étude un peu approfondie des sciences d'observation. Chacun sait, en effet, que, dans nos explications positives, même les plus parfaites, nous n'avons nullement la prétention d'exposer les causes génératrices des phénomènes, puisque nous ne ferions jamais alors que reculer la difficulté, mais seulement d'analyser avec exactitude les circonstances de leur production, et de les rattacher les unes aux autres par des relations normales de succession et de similitude."

    Auguste Comte, Cours de philosophie positive, Première leçon (1830)

     

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  • ILS ONT DIT, AU SUJET DE LA CONNAISSANCE DE SOI...

    Narcisse.jpg

    "Connais-toi toi-même." [Platon, inscription sur le temple d'Apollon de Delples]

    "Je ne suis pas encore capable, comme le demande l'inscription de Delphes, de me connaître moi-même ; dès, je trouve qu'il serait ridicule de me lancer, moi, à qui fait encore défaut cette connaissance, dans l'examen de ce qui m'est étranger." (Socrate, dans Phèdre de Platon]

    "Prendre conscience, c'est transformer le voile qui recouvre la lumière en miroir." [Lao-Tseu]

    "Le véritable bien se trouve dans le repos de la conscience." [Sénèque]

    "Ne cesse de sculpter ta propre statue." [Plotin]

    "Pourquoi dès lors faire un devoir à l'âme de se connaître ? C'est, je crois, pour l'inviter à se penser elle-même, à vivre selon sa nature, c'est-à-dire pour lui donner le plaisir de s'ordonner selon sa nature : au-dessous de celui auquel elle doit se soumettre, au-dessus des êtres auxquels elle doit se préférer ; au-dessous de celui par lequel elle doit se laisser gouverner, au-dessus des choses qu'elle doit gouverner." [Saint Augustin

    "Je m'étudie plus qu'autre sujet. C'est ma métaphysique, c'est ma physique." [Montaigne]

    "La plus grande chose du monde, c'est de savoir être à soi." [Montaigne]

    "Je pense donc je suis." [René Descartes]

    "Considérant mon intérieur, je chercherai de me rendre peu à peu plus connu et plus familier à moi-même." [René Descartes]

    "Et si on m'aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m'aime-t-on moi ? Non, car je puis perdre ces qualités sans me perdre moi-même. Où donc est ce moi, s'il n'est ni dans le corps ni dans l'âme ?" [Blaise Pascal]

    "Le corps, par les seules lois de sa nature, peut beaucoup de choses dont son esprit reste étonné." [Baruch Spinoza]

    "Nous n’avons pas conscience des lois qui nous déterminent à agir." [Baruch Spinoza]

    "Notre fait ne sont que pièces rapportées." [David Hume]

    "Le "je pense" doit pouvoir accompagner toutes mes représentations." [Emmanuel Kant]

    "Notre vrai moi n’est pas tout entier en nous." [Jean-Jacques Rousseau]

    "La plus utile et la moins avancée de toutes les connaissances humaines me paraît être celle de l'homme, et j'ose dire que la seule inscription du temple de Delphes contenait un précepte plus important et plus difficile que tous les gros livres des Moralistes." [Jean-Jacques Rousseau]

    "Nous n’avons conscience de nos pensées, nous n’avons de pensées déterminées et réelles que lorsque nous leur donnons la forme objective, que nous les différencions de notre intériorité." [GWF Hegel]

    "Chacun est enfermé dans sa conscience comme dans sa peau." [Arthur Schopenhauer]

    "On ne peut se mettre à la fenêtre pour se regarder passer dans la rue." [Auguste Comte]

    "Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur être ; c’est inversement leur être social qui détermine leur conscience." [Karl Marx]

    "Vivre, c'est avoir la conscience d'être." [Victor Hugo]

    "Ce n'est qu'au terme de la connaissance de toutes choses que l'homme se connaîtra. Car les choses ne sont que les frontières de l'homme." [Friedrich Nietzsche]

    "Que dit ta conscience ? Tu dois devenir l'homme que tu es." [Friedrich Nietzsche]

    "C’est une altération des faits de prétendre que le sujet moi est la condition de l’attribut "je pense". Quelque chose pense, mais croire que ce quelque chose est l’antique et fameux moi c’est une pure supposition." [Friedrich Nietzsche]

    "On a conscience avant, on prend conscience après." [Oscar Wilde]

    "Il faut qu'une ligne au moins soit braquée chaque jour comme on braque aujourd'hui un téléscope sur les comètes." [Franz Kafka]

    "La conscience est conscience de quelque chose" [Edmund Husserl]

    "Pour bien comprendre la vie psychique, il est indispensable de cesser de surestimer la conscience." [Sigmund Freud]

    "Le moi n’est pas maître dans sa propre maison." [Sigmund Freud]

    "Des philosophes, des écrivains (...) ont tenté de se conformer aux avis de l'oracle de Delphes, mais tous ont échoué. Une résistance intérieure avait empêché toute réussite." [Sigmund Freud]

    "La conscience est la conséquence du renoncement aux pulsions." [Sigmund Freud]

    "L’inconscient est une méprise sur le Moi." [Alain]

    "L'homme ne prend conscience de son être que dans les situations limites." [Karl Jaspers]

    "La question de l’être est aujourd’hui tombée dans l’oubli." [Martin Heidegger]

    "Etre une conscience c’est s’éclater vers le monde." [Jean-Paul Sartre]

    "Je voulais dessiner la conscience d'exister et l'écoulement du temps." [Henri Michaux]

    "On ne peut pas réaliser que les autres gens sont des consciences qui se sentent du dedans comme on se sent soi-même (…) Quand on entrevoit ça, c’est terrifiant : on a l’impression de ne plus être qu’une image dans la tête de quelqu’un d’autre." [Simone de Beauvoir]

    "Moi, Dalí, qui suis plongé dans une constante introspection et une analyse méticuleuse de mes moindres pensées, je viens de découvrir soudain que, sans m'en rendre compte, toute ma vie je n'ai peint que des cornes de rhinocéros." [Salvador Dalí]

    "La conscience n'est jamais assurée de surmonter l'ambiguïté et l'incertitude." [Edgar Morin]

    "Un "je" ne peut se prendre comme sujet d'étude, pas plus qu'une lunette d'approche ne peut se prendre elle-même comme objet d'observation." [Clément Rosset]

    ""Je" est une fiction." [Clément Rosset]

      

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  • ILS ONT DIT, AU SUJET DE L'ÉCOLE...

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    "Nous sommes frères par la nature, mais étrangers par l'éducation." [Confucius]

    "Interroger, c’est enseigner." [Xénophon]

    " L’éducation est pour les gens heureux une parure, pour les malheureux un refuge." [Démocrite]

    "Pour les petits enfants, l'éducation, c'est le maître d'école ; pour les jeunes gens, c'est le poète." [Aristophane]

    "Les racines de l'éducation sont amères, mais ses fruits sont doux." [Aristote]

    "Je n'enseigne pas, je raconte." [Montaigne]

    "Celui qui est maître de l'éducation peut changer la face du monde." [Leibniz]

    "On aime ressentir l'influence bienfaisante d'un enfant, se mettre à son école, et, l'âme apaisée, l'appeler son maître avec reconnaissance." [Kierkegaard]

    "L'éducation développe les facultés, mais ne les crée pas." [Voltaire]

    " Ordinairement les parents ne se soucient que d’une chose : que leurs enfants réussissent bien dans le monde… Les princes ne considèrent leurs sujets que comme des instruments pour leurs desseins…" [Kant]

    "Toute éducation humaine doit préparer chacun à vivre pour autrui, afin de revivre dans autrui." [Auguste Comte]

    "Il faudrait bien comprendre que le rôle de l'école est d'apprendre aux enfants ce qu'est le monde, et non pas leur inculquer l'art de vivre." [Hannah Arendt]

    "Quoi d'étonnant si la prison ressemble aux usines, aux écoles, aux casernes, aux hôpitaux, qui tous ressemblent aux prisons ?" [Michel Foucault]

    "Il a été décidé qu’on reparlerait, dès les petites classes, d’éducation civique, d’honnêteté, de courage, de refus du racisme et d’amour de la République. Il est dommage que l’école ne soit fréquentée que par les enfants." [André Frossard]

    "On ne parle de clonage qu'en termes biologiques. Or il a déjà été précédé par un clonage mental : le système de l'école permet de fabriquer des êtres qui deviennent une copie conforme les uns des autres." [Jean Baudrillard]

    "Plutôt que d'initier les élèves à la critique textuelle, il faut utiliser les quelques années d'école, à apporter des poèmes, et à les faire apprendre par coeur, car c'est de ce seul fait qu'ils pourront accompagner les enfants dans leur existence à venir" [Yves Bonnefoy]

    "L'éducation sert à nous corrompre nous-mêmes afin de mieux rentrer dans le système." [Anonyme]


    Lien permanent Catégories : =>Saison 3, Citations, Documents, [21] "L'école sert-elle à enseigner ou à éduquer? Imprimer

"L'homme raisonnable est plus libre dans la cité où il vit sous la loi commune que dans la solitude où il n'obéit qu'à lui-même." [Baruch Spinoza]