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  • Ils ont dit, au sujet de la vengeance

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    "Si un homme arrache l’œil d’un autre homme, son œil sera arraché. Si un homme brise un os d’un autre homme, son os sera brisé." [Code Hammourabi]

    "Si un homme frappe à mort un être humain, quel qu’il soit, il sera mis à mort. S’il frappe à mort un animal, il le remplacera — vie pour vie (…) Vous aurez une seule législation : la même pour l’émigré et pour l’indigène." [Torah]

    "Ton œil sera sans pitié : vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied." [Deutéronome]

    "Qu'un coup meurtrier soit puni d'un coup meurtrier" [Eschyle]

    "[La Justice] a établi la nécessité, pour qui a commis quelque forfait de ce genre, de subir à son tour le forfait même qu'il a commis" [Platon]

    "Vous avez appris qu’il a été dit : "œil pour œil et dent pour dent". Et moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Au contraire, si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre." [Matthieu, Évangiles]

    "Et Nous y avons prescrit pour eux vie pour vie, œil pour œil, nez pour nez, oreille pour oreille, dent pour dent. Les blessures tombent sous la loi du talion. Après, quiconque y renonce par charité, cela lui vaudra une expiation." [Coran]

    Si Dieu se vengeait, tu serais emporté soudain avec ta haine contre ton frère. Mais Dieu t’épargne encore, épargne-toi aussi et te réconcilie." [s. Augustin]

    "La vengeance est une justice sauvage" [Francis Bacon]

    "Aristote dit que la vengeance est une chose juste, fondée sur ce principe qu'il faut rendre à chacun ce qui lui appartient." [Montesquieu]

    "Quand la Religion chrétienne a défendu la vengeance, elle n'a fait que maintenir la puissance des tribunaux. Mais, s'il n'y avait point de lois, la vengeance serait permise ; non pas le sentiment qui fait que l'on aime faire du mal pour du mal, mais un exercice de justice et de punition." [Montesquieu]

    Ainsi : le mal immérité que tu infliges à un autre dans le peuple, tu le fais à toi-même... Seule la loi du talion (jus talionis), mais bien entendu à la barre du tribunal (et non dans un jugement privé), peut fournir avec précision la quantité et la qualité de la peine ; toutes les autres sont chancelantes et ne peuvent, en raison des considérations étrangères qui s’y mêlent, s’accorder avec la sentence de la pure et stricte justice." [Emmanuel Kant]

    "Dans cette sphère de l'immédiateté du droit, la suppression du crime est sous sa forme punitive vengeance." [Hegel]

    "La vengeance reste insuffisante, car elle est l'action d'une volonté subjective et, de ce fait, n'est pas conforme à son contenu. Les personnes qui composent un tribunal sont certes encore des personnes, mais leur volonté est la volonté universelle de la loi." [Hegel]

    "Du fait même qu'elle est l'action positive d'une volonté particulière, la vengeance devient une nouvelle violation du droit : par cette contradiction, elle s'engage dans un processus qui se poursuit indéfiniment et se transmet de génération en génération, et cela, sans limite..." [Hegel]

    "La vengeance se distingue de la punition en ce que l'une est une réparation obtenue par un acte de la partie lésée, tandis que l'autre est l’œuvre d'un juge." [Hegel]

    "La vengeance est perpétuelle et sans fin chez les peuples non civilisés." [Hegel]

    "Que dit la Loi ? Tu ne tueras point ! Comment le dit-elle ? En tuant !" [Victor Hugo]

    "Tout le monde se vengera, à moins d'être sans honneur ou alors plein de mépris ou d'amour pour l'auteur du dommage et de l'offense." [Friedrich Nietzsche]

    "N’est pas pénalement responsable la personne qui, devant une atteinte injustifiée envers elle-même ou autrui, effectue dans le même temps, un acte commandé par la nécessité de la légitime défense d’elle-même ou d’autrui, sauf s’il y a disproportion entre les moyens de défense employés et la gravité de l’atteinte." [Code Pénal]

    "Je n’ai jamais, pour ma part, cultivé la haine comme désir primaire de revanche, de souffrance infligée à un ennemi véritable ou supposé, de vengeance particulière." [Primo Levi]

    "Le châtiment a ceci de commun avec le pardon qu’il tente de mettre un terme à une chose qui, sans intervention, pourrait continuer indéfiniment. Il est donc très significatif, c’est un élément structurel du domaine des affaires humaines, que les hommes soient incapables de pardonner ce qu’ils ne peuvent punir, ce qui se relève impardonnable." [Hannah Arendt]

    "Il n’y pas de faute si grave qu’on ne puisse en dernier recours, la pardonner." [Vladimir Jankélévitch]

    "Tout mal commis par l'un est mal subi par l'autre. Faire le mal, c'est faire souffrir autrui.... Dès lors toute action, éthique ou politique, qui diminue la quantité de violence exercée par les hommes les uns contre les autres, diminue le taux de violence dans le monde. " [Paul Ricoeur]

    "Quand on punirait un bourreau en lui infligeant les souffrances qu'il a infligées... ce tortionnaire n'aurait pas cent corps pour souffrir les cent martyres qu'il a faits. La punition n'irait pas assez loin. Elle serait inaccomplie et confesserait son impuissance devant le crime." [France Quéré]

    "La vengeance constitue donc un processus infini, interminable. Chaque fois qu’elle surgit en un point quelconque d’une communauté elle tend à s’étendre et à gagner l’ensemble du corps social." [René Girard]

    "Ni haine ni pardon. Personne n'a demandé mon pardon, sauf peut-être les jeunes Allemands qui se sentent encore coupables des crimes de leurs grand-parents. Pourquoi me demandent-ils pardon?" [Boris Cyrulnik]

    "Pardonner, ce n'est pas excuser, amnistier ou absoudre : dans le pardon, on ne nie pas la faute ou l'offense, mais on décide de ne plus vouloir s'en venger." [Christophe André]

     

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  • Augustin : Le pardon

    ob_7bb4cfb7782a914e84a8f6d71584ed3b_saintaugustin-jpg.jpeg"Veux-tu savoir de quelle nature sont ces ténèbres dont il est parlé dans ces mots: "Celui qui hait son frère est encore dans les ténèbres ? » Le même Apôtre dit ailleurs: «Celui qui hait son frère est un homicide". Cet homme haineux se met en mouvement, il sort, il rentre, il voyage, il ne paraît ni chargé de chaînes, ni enfermé dans un cachot; mais il est lié par le crime. Ne t’imagine point qu’il ne soit pas en prison; son cœur est son cachot. Afin donc d’écarter toute idée d’indifférence pour les ténèbres dont il dit: "Celui qui hait son frère est encore dans les ténèbres", l’Apôtre ajoute: "Celui qui hait son frère est homicide". Toi, tu hais ton frère et tu voyages tranquillement! Quoique Dieu t’en donne le moyen, tu refuses de te réconcilier avec lui! Tu es donc homicide, et pourtant tu vis encore! Si Dieu se vengeait, tu serais emporté soudain avec ta haine contre ton frère. Mais Dieu t’épargne encore, épargne-toi aussi et te réconcilie.

    Le voudrais-tu sans que ton frère le voulût ? C’est assez pour toi. Tu as, hélas! un motif de le plaindre; mais toi, tu es dégagé; et quoi. qu’il refuse la réconciliation, dès que tu la veux, tu peux dire tranquillement: « Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons nous-mêmes à ceux qui nous ont offensés »."

    Augustin, Sermon 211 (IVe s. ap. JC)

     

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  • AUGUSTIN : LA RELIGION COMME SOUVERAIN BIEN

    saint-augustin.jpg"En nous reliant à Dieu (et c'est de là que viendrait aussi le nom de religion), nous tendons vers lui par amour afin qu'une fois parvenus au terme nous y trouvions le repos, bienheureux parce qu'achevés par celui qui est notre fin. Car notre bien, ce bien dont les philosophes ont tant disputé pour savoir quelle en est la perfection, n'est autre que de nous attacher à lui, le seul dont les étreintes incorporelles, si l'on peut ainsi parler, emplissent et fécondent l'âme intellectuelle de vertus véritables.

    Aimer ce bien de tout notre cœur, de toute notre âme, de toutes nos forces, voilà ce qui nous est commandé ; c'est vers ce bien que nous devons être conduits par ceux qui nous aiment et conduire ceux que nous aimons. Ainsi s'accomplissent ces deux préceptes auxquelles se rattachent toute la loi et les prophètes : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout notre coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit", et : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même." Car, afin que l'homme sût s'aimer soi-même, une fin lui a été fixée où il devrait, pour être heureux, référer toutes ses actions – s'aimer, en effet, n'est pas autre chose que vouloir être heureux – et cette fin, c'est de s'attacher à Dieu. Aussi, quand à celui qui sait déjà s'aimer lui-même on commande d'aimer son prochain comme lui-même, que lui commande-t-on sinon de le porter, autant qu'il est possible, à aimer Dieu ?"

    S. Augustin, La Cité de Dieu (420-429)

     

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  • ILS ONT DIT, AU SUJET DE DIEU

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    "Tard je t'ai aimée, Beauté si ancienne et si nouvelle, tard je t'ai aimée ! mais quoi ! Tu étais au-dedans de moi et j'étais, moi, en dehors de moi-même !" [s. Augustin]

    "La nature a des perfections pour montrer qu'elle est l'image de Dieu, et des défauts pour montrer qu'elle n'en est que l'image." [Blaise Pascal]

    "Athéisme, force de l'esprit, mais jusqu’à un certain degré seulement." [Blaise Pascal]

    "Examinons donc ce point, et disons Dieu est, ou il est pas... Que gagerez-vous?... Il faut parier cela n'est pas volontaire, vous êtes embarqué... Pesons le gain et la perte en prenant croix, que Dieu est." [Blaise Pascal]

    "Pourquoi la mer était-elle agitée ? pourquoi l’homme a-t-il été invité pour tel moment ? et ils continueront ainsi de vous interroger sans relâche sur les causes des événements, jusqu’à de que vous vous soyez réfugié dans la volonté de Dieu, cet asile de l’ignorance." [Baruch Spinoza

    "Dieu ne parle pas, mais Sa voix est distincte ; Il éclaire peu mais sa lumière est pure." [Nicolas De Malebranche]

    "La cause de l'athéisme réside dans cette notion de corps doté d'une réalité en soi, complète, absolue et indépendante." [Isaac Newton

    "Il n'appartient qu'à l'honnête homme d'être athée." [Denis Diderot]

    "Qu'est-ce que la foi ? Est-ce de croire ce qui paraît évident ? Non. Il m'est évident qu'il y a un Être nécessaire, éternel, suprême, intelligent ; ce n'est pas là de la foi, c'est de la raison." [Voltaire]  

    "Les athées sont pour la plupart des savants hardis et égarés qui raisonnent mal, et qui, ne pouvant comprendre la création, l'origine du mal, et d'autres difficultés, ont recours à l'hypothèse de l'éternité des choses et de la nécessité." [Voltaire

    "La religion, sans la conscience morale n'est qu'un culte superstitieux. On croit servir Dieu lorsque, par exemple, on le loue ou célèbre sa puissance, sa sagesse, sans penser à la manière d'obéir aux lois divines, sans même connaître et étudier cette sagesse et cette puissance. Pour certaines gens, les cantiques sont un opium pour la conscience et un oreiller sur lequel on peut tranquillement dormir." [Emmanuel Kant]

    "L'homme devient athée lorsqu'il se sent meilleur que son Dieu." [Pierre-Joseph Proudhon]

    "Il est évident que l'athéisme est encore moins logique que la foi." [Pierre-Joseph Proudhon]

    "Dieu est le seul être qui, pour régner, n'ait même pas besoin d'exister." [Charles Baudelaire]

    "L’objet de l’homme n’est rien d’autre que son essence objective elle-même. Telle est la pensée de l’homme, tels ses sentiments, tel son Dieu : autant de valeur possède l’homme, autant et pas plus, son Dieu." [Ludwig Feuerbach

    "Et si Dieu existait, il faudrait s'en débarrasser !" [Michel Bakounine

    "Si Dieu est, l'homme est esclave, or l'homme peut et doit être libre : donc Dieu n'existe pas." [Michel Bakounine

    "L'athéisme est une négation de Dieu et par cette négation, il pose l'existence de l'homme." [Karl Marx

    "La religion est le soupir de la créature opprimée, l'âme d'un monde sans cœur, comme elle est l'esprit des conditions sociales d'où l'esprit est exclu. Elle est l'opium du peuple." [Karl Marx

    "Cet homme de la mauvaise conscience s'est emparé de l'hypothèse religieuse pour pousser son propre supplice à un degré de dureté et d'acuité effrayant. Une dette envers Dieu : cette pensée devint pour lui un instrument de torture." [Friedrich Nietzsche] 

    "Par la foi nous recevons la substance de la vérité, par la raison sa forme." [Miguel de Unamuno]

    "L'avenir est la seule transcendance des hommes sans Dieu." [Albert Camus

    "Ce dont l'existence pourrait être démontrée ne serait pas et ne pourrait pas être Dieu." [Gabriel Marcel]

    "Si Dieu n'est pas noir en lui-même, alors Jésus a menti quand il a pris la parole dans la synagogue de Capharnaüm et Marx avait raison de dire que la religion est l'opium du peuple." [Jean-Paul Sartre]

    "Tout est permis si Dieu n'existe pas, et par conséquent l'homme est délaissé, parce qu'il ne trouve ni en lui, ni hors de lui une possibilité de s'accrocher." [Jean-Paul Sartre]

    "Le destin de l’homme est d’épuiser l’idée de Dieu." [Emil Michel Cioran]

    "Le grand fléau au cœur de notre culture, un fléau dont on n'ose pas parler, est le monothéisme." [Gore Vidal]

    "La religion n'est plus opium du peuple, mais la vitamine du faible." [Régis Debray]

    "Le silence de Dieu permet le bavardage de ses ministres qui usent et abusent de l'épithète : quiconque ne croit pas à Dieu, donc à eux, devient immédiatement un athée. Donc le pire des hommes : l'immoraliste, le détestable, l'immonde, l'incarnation du mal. Difficile dès lors de se dire athée. [...] On est dit tel, et toujours dans la perspective insultante d'une autorité soucieuse de bannir, mettre à l'écart et condamner." [Michel Onfray]

    "Car l'inverse me semble bien plutôt vrai : "Parce que Dieu existe, alors tout est permis ..." [Michel Onfray]

    "Quand la croyance fâche avec l’immanence, donc soi, l’athéisme réconcilie avec la terre, l’autre nom de la vie." [Michel Onfray]

    "L'athéisme n'est pas une thérapie mais une santé mentale recouvrée." [Michel Onfray]

    "À un enfant qui meurt, et aux parents de cet enfant, ferez-vous, si la religion les console, l'éloge de l'athéisme ? Qu'on ne se méprenne pas : cela, à mon sens, ne prouve rien contre l'athéisme et beaucoup contre la religion. "L'âme d'un monde sans âme, disait Marx, l'esprit d'un monde sans esprit..." C'est la misère qui fait la religion, et c'est pourquoi celle-ci est misérable. Qui interdirait l'opium au mourant ? Et que sommes-nous d'autres, hors l'oubli ou le divertissement, que des mourants ?" [André Comte-Sponville]

     

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  • L'EXISTENCE DE DIEU, UNE QUESTION PHILOSOPHIQUE OUBLIÉE?

    sujud-salle-priere-mosquee.jpgLa philosophie nous permet de mieux comprendre le monde actuel: tel est un des arguments souvent invoqués par les professeurs de philosophie pour justifier l'enseignement de leur matière au collégial. Or Jean Grondin, un des meilleurs spécialistes de la philosophie allemande au Québec, craint qu'à utiliser cet argument les professeurs risquent de confondre "la philosophie avec la science politique ou le journalisme" ("digne profession par ailleurs», ajoute-il, diplomate... ). Le risque: oublier les questions fondamentales, comme celle de l'existence de Dieu, à propos de laquelle il nous offre le texte stimulant qui suit. Il y critique le "nominalisme", ce mode de pensée d'où découlerait une conception moderne de l'existence; conception par laquelle la foi, par exemple, ne peut nous apparaître comme une «attitude» individuelle et subjective, un "choix personnel", comme on n'a cessé de le répéter à la commission Bouchard-Taylor.

    Il fut un temps où les philosophes n'avaient pas de souci plus pressant que de traiter de l'existence de Dieu. La question a tenu en haleine les plus grands esprits, Aristote, Cicéron, Augustin, Thomas d'Aquin, Descartes, Spinoza, Kant, Hegel et tant d'autres, mais elle est un peu disparue de nos débats philosophiques. Il est permis d'y voir un appauvrissement. Aujourd'hui, on demande aux philosophes de se justifier en montrant que leurs idées permettent d'éclairer tel ou tel problème politique ou social qui agite les manchettes.

    Il se pourrait qu'on confonde ici la philosophie avec la science politique ou le journalisme (digne profession, par ailleurs). La philosophie ne peut guère se justifier qu'en étant elle-même, donc en demeurant fidèle à ses interrogations fondamentales.

    La question de l'existence de Dieu en fait partie...

    La suite ici...

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  • SAINT AUGUSTIN : DIEU, MON AMOUR

    107 Adam1.jpg"Tard je t'ai aimée, Beauté si ancienne et si nouvelle, tard je t'ai aimée ! mais quoi ! Tu étais au-dedans de moi et j'étais, moi, en dehors de moi-même ! Et c'est au dehors que je te cherchais ; je me ruais dans ma laideur sur la grâce de tes créatures. Tu étais avec moi et je n'étais pas avec toi, retenu loin de toi par ces choses qui ne seraient point, si elles n'étaient en toi. Tu m'as appelé et ton cri a forcé ma surdité ; tu as brillé et ton éclat a chassé ma cécité ; tu as exhalé ton parfum, je l'ai respiré et voici que pour toi je soupire ; je t'ai goûtée et j'ai faim de toi, soif de toi ; tu m'as touché et j'ai brûlé d'ardeur pour la paix que tu donnes."

    Saint Augustin, Confessions (397-401)

     

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  • SAINT-AUGUSTIN : "ET L'ENFANCE NE S'EST PAS RETIRÉE ; OÙ SERAIT-ELLE ALLÉE?"

    images.jpg"Dans la traversée de ma vie jusqu’à ce jour, ne suis-je pas venu de la première enfance à la seconde, ou plutôt celle-ci n’est-elle pas survenue en moi, succédant à la première? Et l’enfance ne s’est pas retirée ; où serait-elle allée? Et pourtant elle n’était plus; car déjà, l’enfant à la mamelle était devenu l’enfant qui essaye la parole. Et je me souviens de cet âge; et j’ai remarqué depuis comment alors j’appris à parler, non par le secours d’un maître qui m’ait présenté les mots dans certain ordre méthodique comme les lettres bientôt après me furent montrées, mais de moi-même et par la seule force de l’intelligence que vous m’avez donnée, mon Dieu. Car ces cris, ces accents variés, cette agitation de tous les membres, n’étant que des interprètes infidèles ou inintelligibles, qui trompaient mon cœur impatient de faire obéir à ses volontés, j’eus recours à ma mémoire pour m’emparer des mots qui frappaient mon oreille, et quand une parole décidait un geste, un mouvement vers un objet, rien ne m’échappait, et je connaissais que le son précurseur était le nom de la chose qu’on voulait désigner, Ce vouloir m’était révélé par le mouvement du corps, langage naturel et universel que parlent la face, le regard, le geste, le ton de. la voix où se produit le mouvement de l’âme qui veut, possède, rejette ou fuit.

    Attentif au fréquent retour de ces paroles exprimant des pensées différentes dans une syntaxe invariable, je notais peu à peu leur signification, et dressant ma langue à les articuler, je m’en servis enfin pour énoncer mes volontés. Et je parvins ainsi à pratiquer l’échange des signes expressifs de nos sentiments, et j’entrai plus avant dans l’orageuse société de la vie humaine, sous l’autorité de mes parents et la conduite des hommes plus âgés."

    Saint-Augustin, Confession, VIII (Ve s. ap. JC)

     

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  • SAINT AUGUSTIN : CROIRE POUR RAISONNER

    religion.jpg"Tu m'écris qu'il faut saisir la Vérité par la foi plutôt que par la raison. D'après ce que tu dis, tu devrais préférer, et surtout à propos de la Trinité, question de foi par excellence, te contenter de suivre l'autorité des saints au lieu de m'en demander, à moi, de t'en donner, à force de raisons, l'intelligence. Quand je m'efforcerais de t'introduire dans l'intelligence de ce grand mystère — ce que je ne pourrai réussir qu'avec l'aide de Dieu — que ferais-je sinon t'en rendre raison, dans la mesure du possible ? Si donc tu te crois bien fondé de recourir à moi, ou à tout autre maître, pour comprendre ce que tu crois, corrige ta formule : il ne s'agit pas de rejeter la foi, mais de chercher à saisir par la lumière de la raison ce que tu possèdes déjà fermement par la foi.

    Que Dieu nous garde de penser qu'il haïsse en nous ce en quoi il nous a créés supérieurs aux autres animaux ! À Dieu ne plaise que la foi nous empêche de recevoir ou de demander la raison de ce que nous croyons ! Nous ne pourrions pas même croire si nous n'avions pas des âmes raisonnables. Dans les choses qui appartiennent à la doctrine du salut et que nous ne pouvons pas comprendre encore, mais que nous comprendrons un jour, il faut que la foi précède la raison : elle purifie ainsi le coeur et le rend capable de recevoir et de supporter la lumière de la grande raison. Aussi est-ce la raison même qui parle par la bouche du Prophète quand il dit : « Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas. (Isaïe, 7, 9) » Par où il distingue les deux choses, nous conseillant de commencer par croire, afin de pouvoir comprendre ce que nous croirons. Ainsi c'est la raison qui veut que la foi la précède (si ce que dit le Prophète n'était pas selon la raison, il serait contre, ce que Dieu nous garde de penser !). Si donc il est raisonnable que la foi précède la raison pour accéder à certaines grandes vérités, il n'est pas douteux que la raison même qui nous le persuade précède elle-même la foi : ainsi il y a toujours quelque raison qui marche devant."

    Saint Augustin, Lettre 120 (Ve siècle ap. JC)

     

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  • COMPTE-RENDU DE LA SÉANCE "L'UTOPIE EST-ELLE DENUEE DE TOUTE VALEUR ?"

    Thème du débat : "L'utopie est-elle dénuée de toute valeur ?" 

    Date : 10 janvier 2014 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée

    Utopie visuel café philo.jpgLe vendredi 10 janvier 2014, le café philosophique de Montargis se réunissait pour une nouvelle séance intitulée "L'utopie est-elle dénuée de toute valeur ?" Environ 70 personnes étaient présentes pour ce nouveau rendez-vous, le 38e de l'animation philosophique de La Chaussée.

    Cette séance commence par une définition de l'utopie – à aussi mettre en parallèle avec son contraire, la dystopie (contre-utopie). Ce mot d'utopie, dit une intervenante, vient étymologiquement du grec ou ("non") et topos ("lieu"). Il a été créé par Thomas More dans son ouvrage Utopia (cf. ce texte), qui parlait justement d'un monde imaginaire et d'une société idéale, quelques siècles après la République de Platon (cf. également ici). Dans le langage courant, ce terme a également pris une connotation péjorative : être utopique c'est croire en une chose irréalisable. 

    Il est dit, en ouverture de ce rendez-vous, que l'utopie est la projection individuelle d'un rêve qui serait destiné à un groupe de personnes. Cela peut prendre la forme d'un lieu, d'une société et de projets qui vont, a priori, dans un sens de progrès vers l'Humanité. Un participant évoque l'utopie comme moteur vers le progrès technique : que l'on pense à des inventions dans l'aéronautique ou dans la conquête spatiale. Jules Verne apparaît d'ailleurs comme l'un des maîtres de cette littérature utopique (Paris au XXe siècle).  

    utopies 7.jpgL'utopie recouvre également l'utopie politique ou sociétale. Or, ce que d'aucuns pourraient considérer comme utopique dans la construction d'une société (on pense notamment au communisme au cours du XXe siècle) peut au contraire être considéré comme contre-utopique, à savoir la transformation d'une société rêvée en un cauchemar à l'échelle d'un pays (dictature du prolétariat se transformant en dictature tout court, élimination physique des opposants à une idéologie sensée apporter le bonheur sur terre, etc.). Il semblerait, ajoute Bruno, que le terme "utopie" contient avec lui son pendant "contre-utopie". Un programme de société idéale, où les habitants vivraient heureux, en harmonie, sans guerre, sans famine, sans malheur, paraît d'emblée drainer une forme de suspicion. Si bien que lorsque l'on parte d'utopie, on reste méfiant jusqu'à parler presque systématiquement de contre-utopie, à l'exemple de 1984 de George Orwell (cf. ce texte) ou Le Meilleur des Mondes d'Aldous Huxley.  Cette méfiance peut s'expliquer par l'échec de grandes utopies au XXe siècle : l'utopie communiste ou le nazisme en premier lieu.     

    Quand on parle d'utopie, dit Claire, cela peut avoir autant une connotation péjorative (de grandes idéologies criminelles) ou méliorative (les progrès techniques). Toutefois, derrière ce concept se cache cette question : doit-on accomplir ses rêves ou bien sont-ils faits pour rester à l'état de fantasme ? Car, finalement, mes rêves ne sont pas forcément ceux de mes semblables. Doit-on désirer l'impossible et ces désirs assouvis ne sont-ils pas forcément un bien pour certains et un mal pour d'autres ? Dit autrement, les utopies sont-elles appelées à ne pas se réaliser ? L'utopie semblerait être autotélique : elle porte en elle-même sa propre fin même si elle a pour but la réalisation de cet idéal. Elle naît d'un rêve a priori inaccessible à un instant T et vise son assouvissement. Nos désirs d'impossible doivent-ils être domptés ? Pouvons-nous être nous-mêmes si on ne tente pas de faire de l'utopie une réalité ? Quelle est finalement la valeur de l'utopie ? J'ai des rêves et j'essaie de les réaliser, de leur donner vie. Dans ce cas, ne serait-ce pas là la valeur de l'utopie ? Ne porte-t-elle pas en elle-même sa propre valeur ? L'utopie se fonde sur les imperfections. On ne peut jamais être sûr que l'utopie le restera ou non. 

    utopies 6.jpgFinalement de quoi parle l'utopie sinon de notre réalité, ici et maintenant ? Un intervenant évoque comme valeur utopique la naissance d'idées que chacun pourrait prendre à son compte en dépit des résistances. Finalement, la valeur de l'utopie serait sa contre-utopie. Elle nous tend un miroir : serais-je prêt à accepter ce monde idéal ou non ? Claire cite à ce sujet Raymond Trousson : d'après lui, lorsque l'on repense à telle ou telle utopie qui s'est réalisé, on peut être amené à se demander si elle était souhaitable, et si sa valeur n'était pas justement de ne pas être réalisé. Un monde utopique peut ainsi vouloir réaliser sur terre l'égalité pour tous. Mais l'envers de cette égalité ne serait-elle pas l'uniformité, avec toutes ces dérives comme le souligne Jean-Jacques Rousseau ? Ce dernier peut bien condamner la propriété. Cependant, à partir du moment où l'on met décrète l'égalité, on fonde la société mais on se gangrène aussi parce que l'on aura tous le droit à des biens. Est-ce souhaitable dans cette société idéale ?  

    Toutes les utopies sociales et politiques, dont les mises en place ont d'ailleurs souvent apporté leur lot de violences, ne se valent pas forcément. Finalement, l'utopie technique poserait moins de problème moral dans la mesure où les progrès scientifiques ou médicaux (l'hygiène, les moyens de transport, etc.) semblent aller vers un progrès a priori bénéfique à tous. En ce qui concerne, les utopies politiques ou sociétales, les choses se compliquent : l'utopie d'un seul ou de quelques uns qui serait imposée à tous, uniformément, est considérée avec méfiance. Dans Candide, Voltaire met en avant le départ de l'Eldorado afin que Candide redevienne lui-même. Chacun aurait besoin de sa propre utopie pour se réaliser. Le résultat est que certaines utopies collectives seraient fatalement pourvoyeuses de contre-utopies. S'agissant de sociétés idéales, Bruno précise que les grands utopistes imaginaient souvent des sociétés finalement réduites (quelques 100 000 personnes pour l'île d'Utopia chez Thomas More). Un intervenant rebondit en considérant qu'aujourd'hui les utopies sont appelées au contraire à devenir planétaires et véritablement universelles (l'écologie par exemple). Cela dit, "les petites utopies n'empêchent pas les grandes utopies", permettant d'améliorer le genre humain.  

    utopies 5.jpgL'utopie peut certes prendre plusieurs visages, dit un autre participant : utopie sociale, politique, technique. Mais n'y a-t-il des utopies morales ? L'amour, la non-violence, voire les religions. L'un des premiers utopistes est s. Augustin avec la Cité idéale (La Cité de Dieu), une idée qui a fait son chemin jusque dans de grands empire (l'Empire carolingien par exemple).  

    Pour un participant, une utopie reste une utopie à partir du moment où elle n'a pas été réalisée. Et le jour où cette utopie prend vie, finalement elle n'a jamais été une utopie car elle a pour essence d'être irréalisable. Bruno, comme d'autres intervenants, se place en porte-à-faux en citant le philosophe Karl Mannheim (cf. ce texte ici). Ce dernier dégage une caractéristique de l'utopie qui est la non-congruence : un récit utopique parle d’une organisation politique ou sociale dont l’existence n'est pas attestée par la science historique de son temps. Ainsi, dans les années 1970, l'utopie de voir un ordinateur dans chaque foyer est reste utopique au moment où elle est énoncée, même si quarante ans plus tard cela ne l'est plus (en savoir plus ici). 

    Une autre caractéristique de l'utopie, par rapport aux œuvres imaginaires en générale, est l'engagement de l'auteur pour la mise en place de l'utopie qu'il a imaginée : L’utopie a une part de revendication de l’auteur ("La raison devient utopique quand cette protestation contre le pouvoir en place ne trouve pas d’issue historique" disait Paul Ricoeur).

    utopies 4.jpgMettre une utopie à l'état de projet c'est déjà vouloir lui donner une existence rationnelle, c'est croire qu'un autre monde est possible. C'est mettre dépasser les limites et imaginer quelque chose qui n'existe pas encore. Les utopistes, affirme un intervenant, sont des penseurs qui bousculent la société pour pousser cette dernière à changer de modèle, de paradigme. L'utopie pourrait être une vitamine intellectuelle dans le sens où sont proposés des solutions à des problèmes donnés. L'utopie a vocation à être incarnée : des idées sont mises en branle par des personnes passionnées, des intellectuelles qui la défendent, qui la portent. Un participant prend pour exemple la démocratie. Il y a également le projet utopique européen. Cette construction, mal en point et critiquée de nos jours, reste une idée majeure et pensée par de nombreux intellectuels depuis plusieurs siècles. Emmanuel Kant en avait par exemple dessiné les contours :  dès avant la Révolution française, l'union politique du contient européen lui paraissait inéluctable (Une histoire universelle du point de vue cosmopolitisme). 

    Il y a une nécessité utopique, dit un participant : "Ils ne savaient pas ce que c'était impossible; donc ils l'ont fait" selon Mark Twain. L'utopie a du sens car elle permet de lutter contre des idées d'une époque et de se projeter dans l'avenir. En réalité, l'utopie peut être considérée comme bénéfique et encouragée (l'utopie technique, par exemple, représenté par Jules Verne, cf. ce texte) mais elle peut aussi bien être considérée comme gênante lorsqu'elle dérange les idées d'une époque ou bien les habitudes d'une société. Des réalisations révolutionnaires peuvent capoter en raison de leur violence (le nazisme) mais elles peuvent aussi aller à contre-courant de l'économie ou de la politique."Rien n'est plus fort qu'un idée dont l'heure est venue", disait Victor Hugo.

    utopies 1.jpgDes intervenants évoquent également des exemples d'organisations utopiques à plus petite échelle : l'AMAP de Cortrat (voir ce lien), près de Montargis (la première AMAP du Loiret)  des jardins collectifs,  des "incroyables cosmétiques" des SCOP (Rouville), des économies parallèles au préalable généreuses et altruistes. Ce sont des idées qui vont à contre-courant du système. Mais pour que cela se réalise, il faut mettre en place des règles de fonctionnement. Avec la différence de taille avec beaucoup de sociétés c'est que l'adhésion est libre.    

    Claire met en avant l'importance de penser chaque utopie comme une chose réalisable. Gustave Le Bon dans La Psychologie des Foules, affirme que l'être humain reste mû, même physiologiquement, par ses désirs d'impossible et par la réalisations de ses rêves. Et, ajoute-t-il, lorsque des hommes sont réunis, il suffit de les faire rêver, mettre entre parenthèse leur raison, pour les manipuler. C'est aussi le sujet du film Inception (cf. bande annonce), de nombreuses publicités ou des campagnes politiques. La valeur du rêve et de l'utopie pourrait être le dépassement et le progrès. L'importance serait d'avancer. L'utopie serait "l'autorisation de rêver" - si ce n'est "l'obligation de rêver". 

    Cette puissance de l'imagination doit être le départ d'une longue marche vers de nouveaux paradigmes, pour pouvoir créer les meilleurs des mondes.   

    La séance se termine par le vote du sujet du prochain café philo, le vendredi 14 février à la Brasserie du Centre commercial de la Chaussée, à 19 heures. Trois sujets sont proposés par Claire et Bruno : "La raison a-t-elle à s’occuper de l’irrationnel ?", "Les morts ont-ils droit de Cité ?" et "L'État est-il une violence institutionnalisée?" C'est le premier sujet qui est choisi : "La raison a-t-elle à s’occuper de l’irrationnel ?" 

    Philo-Galerie

    Les illustrations de ce compte-rendu sont celles de visions utopiques. 

     

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  • SAINT-AUGUSTIN : LE BONHEUR AU PARADIS

    philo-augustin-127.jpg"Ainsi l’homme vivait au paradis comme il le voulait, aussi longtemps qu’il voulut ce que Dieu avait ordonné. Il vivait jouissant de Dieu dont la bonté faisait la sienne ; il vivait exempt de tout besoin et il avait le pouvoir de vivre toujours ainsi. Il avait à disposition une nourriture pour apaiser sa faim, une boisson pour étancher sa soif, l’arbre de vie pour le garantir contre les atteintes de la vieillesse. Aucune espèce de corruption corporelle n’imposait la moindre gêne à aucun de ses sens. Il n’avait à craindre aucune maladie intérieure, aucun accident extérieur : dans sa chair une parfaite santé, dans son âme une pleine sérénité. De même qu’on ne souffrait en paradis ni du chaud ni du froid, ainsi son hôte était-il à l’abri de tout désir et de toute crainte contrariant sa volonté bonne. Pas l’ombre d’une tristesse, pas la moindre vaine joie. Continuellement il trouvait sa vraie joie en Dieu pour qui il brûlait d’une charité née d’un cœur pur, d’une conscience droite et d’une foi sincère. Entre les deux époux régnait une union fidèle fondée sur un chaste amour, entre le corps et l’âme un mutuel dévouement, une obéissance sans effort au commandement divin. Le repos ne dégénérait pas en lassitude, on n’était pas malgré soi accablé de sommeil."

    Saint Augustin, La Cité de Dieu, XIV (413-426)

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  • ILS ONT DIT, AU SUJET DE L'AMITIÉ

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    "Je suis l'ami de Platon, mais encore plus de la vérité" [Aristote]

    "L'amitié est une âme en deux corps." [Aristote]

    "De tous les biens que la sagesse nous procure pour le bonheur de toute notre vie, celui de l’amitié est de beaucoup le plus grand." [Épicure]

    " L’amitié fait le tour du monde et nous convie tous à nous réveiller pour la vie heureuse." [Épicure]

    "Ainsi l'amitié n'est rien d'autre qu'une unanimité en toutes choses, divines et humaines, assortie d'affection et de bienveillance : je me demande si elle ne serait pas, la sagesse exceptée, ce que l'homme a reçu de meilleur des dieux immortels." [Cicéron]

    "Si l'intérêt cimentait les amitiés, au moindre changement d'intérêts, on les verrait se dénouer. Mais comme la nature ne saurait changer, les vraies amitiés sont éternelles." [Cicéron]

    "L'amitié dure davantage entre des égaux." [Cicéron]

    "La foi, la liberté et l'amitié sont les principaux biens de l'âme de l'homme." [Tacite]

    "On ne connaît personne sinon par l’amitié." [Saint Augustin]

    "L'amitié est la similitude des âmes." [Alcuin]

    "L'amitié double les joies et réduit de moitié les peines." [Francis Bacon]

    "Vivre sans amis c’est mourir sans témoins." [George Herbert]

    "Expliquer mon amitié pour La Boétie, ce ne peut s'exprimer qu'en répondant : ''Parce que c'était lui, parce que c'était moi." [Montaigne]

    "L'amitié se nourrit de communication." [Montaigne]

    "Une haute amitié remplit bien mieux qu'une commune et égale le coeur de l'homme ; et les petites choses flottent dans sa capacité ; il n'y a que les grandes qui s'y arrêtent et qui y demeurent." [Blaise Pascal]

    "Si tous les hommes savaient ce que disent les uns des autres, il n'y aurait pas quatre amis dans le monde." [Blaise Pascal]

    "Tout notre malheur vient de ne pouvoir demeurer seul dans une chambre." [Blaise Pascal]

    "Un ami véritable est une douce chose" [Jean de La Fontaine]

    "Les femmes vont plus loin en amour que la  plupart des hommes ; mais les hommes l'emportent sur elles en amitié." [Jean de La Bruyère]

    "Il y a un goût dans la pure amitié où ne peuvent atteindre ceux qui sont nés médiocres. " [Jean de La Bruyère]

    "Il est plus ordinaire de voir un amour extrême qu'une parfaite amitié." [Jean de La Bruyère]

    "La grande amitié n'est jamais tranquille." [Marquise de Sévigné]

    "Le plus grand effort de l'amitié n'est pas de montrer nos défauts à un ami, c'est de lui faire voir les siens." [François de La Rochefoucauld]

    "Les amitiés renouées demandent plus de soins que celles qui n'ont jamais été rompues." [François de La Rochefoucauld]

    "Là, je rassemblerais une société plus choisie que nombreuse, d'amis aimant le plaisir et s'y connaissant. [...] Chacun, se préférant ouvertement à tout autre, trouverait bon que tout autre se préférât de même à lui : de cette familiarité cordiale et modérée naîtrait, sans grossièreté, sans fausseté, sans contrainte, un conflit badin plus charmant cent fois que la politesse, et plus fait pour lier les cœurs." [Jean-Jacques Rousseau]

    "Le premier sentiment dont un jeune homme élevé soigneusement est susceptible n'est pas l'amour, c'est l'amitié." [Jean-Jacques Rousseau]

    "L'amitié d'un grand homme est un bienfait des dieux." [Voltaire]

    "C'est un contrat tacite entre deux personnes sensibles et vertueuses." [Voltaire]

    "L'amitié (considérée dans sa perfection) est l'union de deux personnes liées par un amour et un respect égaux et réciproques. - On voit facilement qu'elle est l'Idéal de la sympathie et de la communication en ce qui concerne le bien de chacun de ceux qui sont unis par une volonté moralement bonne, et que si elle ne produit pas tout le bonheur de la vie, l'acceptation de cet Idéal et des deux sentiments qui le composent enveloppe la dignité d'être heureux, de telle sorte que rechercher l'amitié entre les hommes est un devoir." [Emmanuel Kant]

    "Il se rencontre parfois entre les hommes certaines relations qui, bien que reposant essentiellement sur des motifs secrètement égoïstes et de natures différentes, sont additionnées néanmoins d’un grain de cette amitié véritable et sincère, ce qui suffit à leur donner un tel cachet de noblesse qu’elles peuvent, en ce monde des imperfections, porter avec quelque droit le nom d’amitié." [Arthur  Schopenhauer]

    "L’éloignement et la longue absence nuisent à toute amitié, quoiqu’on ne l’avoue pas volontiers. Les gens que nous ne voyons pas, seraient-ils nos plus chers amis, s’évaporent insensiblement avec la marche du temps jusqu’à l’état de notions abstraites, ce qui fait que notre intérêt pour eux devient de plus en plus une affaire de raison, pour ainsi dire de trahison." [Arthur  Schopenhauer]

    "La femme n’est pas encore capable d’amitié. Mais dites-moi, hommes, qui d’entre vous est capable d’amitié ? Hélas, quelle pauvreté est la vôtre ! Et combien grande la parcimonie de vos âmes ! Ce que vous donnez à votre ami, je suis prêt à l’offrir à mon ennemi, et je ne me sentirai pas appauvri d’autant. La camaraderie existe : puisse l’amitié naître !" [Friedrich Nietzsche]

    "Amitié : mariage de deux êtres qui ne peuvent pas coucher ensemble." [Jules Renard]

    "Une amitié est perdue quand il faut penser à la défendre." [Charles Péguy]

    "Lorsqu'elle me tendit la main, pour partir, il y avait entre nous, plus clairement que si nous avions dit beaucoup de paroles, une entente secrète que la mort seule devait briser et une amitié plus pathétique qu'un grand amour." [Alain Fournier]

    "Il y a de merveilleuses joies dans l’amitié. On le comprend sans peine si l’on remarque que la joie est contagieuse. Il suffit que ma présence procure à mon ami un peu de vraie joie pour que le spectacle de cette joie me fasse éprouver à mon tour une joie ; ainsi la joie que chacun donne lui est rendue ; en même temps des trésors de joie sont mis en liberté, et tous deux se disent : "J’avais en moi du bonheur dont je ne faisais rien"." [Alain]

    "Une amitié qui ne peut pas résister aux actes condamnables de l'ami n'est pas une amitié." [Alain]

    "L’amitié, en effet, consiste dans le choix absolu d’un être que nous avons distingué pour sa nature et préféré une fois pour toutes." [Abel Bonnard]

    "L’habitude fait les faux amis, comme l’occasion fait les faux amants." [Abel Bonnard]

    "On rêve d’amour et non d’amitié, parce c’est le corps qui rêve." [Abel Bonnard]

    "Un amour peut mourir d’une vérité, comme une amitié d’un mensonge." [Abel Bonnard]

    "Il y a entre l’amour et l’amitié la même différence qu’entre l’opéra et la musique de chambre»; et «en amour, on a besoin d’être cru; en amitié d’être deviné." [Abel Bonnard]

    "L’héritage de nos amours est plus trouble que celui de nos amitiés." [François Mauriac]

    "Le difficile n'est pas d'être avec ses amis quand ils ont raison, mais quand ils ont tort." [André Malraux]

    "Je n’ai rien trahi. Car je n’avais rien à trahir. Je me suis interdit de vouloir connaître les secrets de mon ami et je ne les connais pas." [André Hardellet]

    "Toute amitié est un drame inapparent, une suite de blessures subtiles." [Cioran]

    "L'amitié totale est universelle. Et seule l'amitié universelle peut être une amitié totale. Tout lien particulier manque de profondeur, s'il n'est ouvert à l'amitié universelle." [Jean Guitton]

    "La grande différence entre l'amour et l'amitié, c'est qu'il ne peut y avoir d'amitié sans réciprocité." [Michel Tournier]

    "Les blessures d'amitié sont inconsolables."  [Tahar Ben Jelloun]


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  • ILS ONT DIT, AU SUJET DE LA RÉUSSITE

    artist.jpg

    "Je demande si quelqu’un d’entre nous voudrait vivre, assuré d’avoir en toutes choses toute la sagesse, l’intelligence, la science et la mémoire qu’on peut avoir, mais sans avoir aucune part, ni petite ni grande, au plaisir, ni à la douleur non plus, et sans éprouver aucun sentiment de cette nature." [Platon]

    " Les hommes − il ne faut pas s’en étonner − paraissent concevoir le bien et le bonheur d’après la vie qu’ils mènent." [Aristote

    "Puisque toute connaissance et toute décision librement prise vise quelque bien, quel est le but que nous assignons à la politique et quel est le souverain bien de notre activité ? Sur son nom du moins il y a assentiment presque général : c'est le bonheur." [Aristote]

    "On ne devient pas soudain un taureau ou un homme d’élite, il y faut de l’exercice, de la préparation. Et ne pas se lancer à l’aveugle dans des entreprises qui ne sont pas à notre portée." [Épictète]

    "Non seulement les sages sont libres, mais ils sont rois, la royauté est un pouvoir qui n'a pas de compte à rendre." [Diogène Laërce]

    "Prends le jour qui s'offre, ne fais pas crédit à demain." [Horace]

    "Il faut retrancher ses deux choses : la crainte de l’avenir, le souvenir des maux anciens. Ceux-ci ne me concernent plus et l’avenir ne me concerne pas encore." [Sénèque]

    "Nul n’est heureux s’il ne jouit de ce qu’il aime." [Saint Augustin]

    "Il ne faut juger notre heur qu’après notre mort." [Montaigne]

    "Qui commence par les certitudes finira par le doute. Mais qui s’éveille au doute trouvera les certitudes." [Francis Bacon

    "Tous les hommes  recherchent d’être heureux. Ceci est sans exception, quelques différents moyens qu’ils y emploient." [Blaise Pascal]

    "On n’est jamais si heureux ni si malheureux qu’on s’imagine." [La Rochefoucauld]

    "Cultive tes facultés mentales et corporelles pour les rendre aptes à toutes les fins qui peuvent se présenter à toi, ignorant quelles seront celles qui seront les tiennes." [Emmanuel Kant]

    "Le sentiment particulier de plaisir et de déplaisir, propre à chacun, lui indique en quoi il doit placer son bonheur, et, même dans un seul et même sujet, ce choix dépend de la différence des besoins qui suivent les modifications de ce sentiment." [Emmanuel Kant]

    "Être heureux est nécessairement le désir de tout être raisonnable mais fini (…), c’est un problème qui nous est posé par la nature finie elle-même car nous avons des besoins et ces besoins concernent la matière de notre faculté de désirer." [Emmanuel Kant]

    "Le désir, de sa nature, est souffrance ; la satisfaction engendre bien vite la satiété ; le but était illusoire ; la possession lui enlève son attrait ; le désir renaît sous une forme nouvelle, et avec lui le besoin ; sinon, c'est le dégoût, le vide, l'ennui, ennemis plus rudes encore que le besoin." [Arthur Schopenhauer]

    "Réussir sa vie, c'est pouvoir réaliser à l'âge mûr ses rêves de jeunesse." [Alfred de Vigny]

    "“Adieu, tâche de t'en sortir... Moi, j'ai raté ma vie.”" [Émile Zola

    "Tu dois devenir qui tu es." [Friedrich Nietzsche]

    "La grandeur de l’homme, c’est qu’il est un pont et non une fin." [Friedrich Nietzsche]

    "Fuis, mon ami, fuis dans ta solitude, là−haut où souffle un vent rude et fort. Ce n’est pas ta destinée d’être un chasse−mouches." [Friedrich Nietzsche]

    "L’homme qui manque de maturité veut mourir noblement pour une cause. L’homme qui a atteint la maturité veut vivre humblement pour une cause." [Wilhelm Stekel]

    "Il faut suivre sa pente, mais en montant." [André Gide]

    "Refais chaque jour le serment d'être heureux." [Alain]

    "Le miracle de la liberté consiste dans ce pouvoir-commencer". [Hannah Arendt]

    "Chaque homme est en lui-même un nouveau commencement". [Hannah Arendt]

    "Contre l'imprévisibilité, contre la chaotique incertitude de l'avenir, le remède se trouve dans la faculté de faire et de tenir des promesses." [Hannah Arendt]

    "Le temps d’apprendre à vivre, il est déjà trop tard." [Louis Aragon]

    "Cet échec vers lequel tu cours, c’est un genre d’échec particulier, et horrible." [JD Salinger

    "Je crois que l'on devient ce que notre père nous a enseigné dans les temps morts, quand il ne se souciait pas de nous éduquer. On se forme sur des déchets de sagesse." [Umberto Eco]

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  • SAINT AUGUSTIN : UNE APPROCHE RELIGIEUSE DU BONHEUR

    saint_10.jpg"Que tous cèdent donc à ces philosophes qui ont fait consister le bonheur de l’homme, flou a jouir du corps ou de l’esprit, mais à jouir de Dieu, et non pas à en jouir comme l’esprit jouit du corps ou de soi-même, ou comme un ami jouit d’un ami, muais comme l’oeil jouit de la lumière. Il faudrait insister peut-être pour montrer la justesse de cette comparaison; mais j’aime mieux le faire ailleurs, s’il plaît à Dieu, et selon la mesure de lues forces. Présentement il me suffit de rappeler que le souverain bien pour Platon, c’est de vivre selon la vertu, ce qui n’est possible qu’à celui qui connaît Dieu et qui l’imite; et voilà l’unique source du bonheur. Aussi n’hésite-t-il point à dire que philosopher, c’est aimer Dieu, dont la nature est incorporelle; d’où il suit que l’ami de la sagesse, c’est-à-dire le philosophe, ne devient heureux que lors. qu’il commence de jouir de Dieu. En effet, bien que l’on ne soit pas nécessairement heureux pour jouir de ce qu’on aime, car plusieurs sont malheureux d’aimer ce qui ne doit pas être aimé, et plus malheureux encore d’en jouir, personne toutefois n’est heureux qu’autant qu’il jouit de ce qu’il aime. Ainsi donc, ceux-là mêmes qui aiment ce qui ne doit pas être aimé, ne se croient pas heureux par l’amour, mais par la jouissance. Qui donc serait assez malheureux pour ne pas réputer heureux celui qui aime le souverain bien et jouit de ce qu’il aime! Or, Platon déclare que le vrai et souverain bien, c’est Dieu, et voilà pourquoi il veut que le vrai philosophe soit celui qui aime Dieu, car le philosophe tend à la félicité, et celui qui aime Dieu est heureux en jouissant de Dieu.

    Saint Augustin, La Cité de Dieu, Livre VIII, ch. 8 (413-426)


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  • SAINT AUGUSTIN : AIMER ET ÊTRE AIMÉ

    amour,saint augustin"Je vins à Carthage, où bientôt j’entendis bouillir autour de moi la chaudière des sales amours. Je n’aimais pas encore, et j’aimais à aimer; et par une indigence secrète, je m’en voulais de n’être pas encore assez indigent. Je cherchais un objet à mon amour, aimant à aimer; et je haïssais ma sécurité, ma voie exempte de piéges. Mon coeur défaillait, vide de la nourriture intérieure, de vous-même, mon Dieu; et ce n’était pas de cette faim-là que je me sentais affamé ; je n’avais pas l’appétit des aliments incorruptibles: non que j’en fusse rassasié; je n’étais dégoûté que par inanition. Et mon âme était mal portante et couverte de plaies, et se jetant misérablement hors d’elle-même, elle mendiait ces vifs attouchements qui devaient envenimer son ulcère. C’est la vie que l’on aime dans les créatures aimer, être aimé m’était encore plus doux, quand la personne aimante se donnait toute à moi.

    Je souillais donc la source de l’amitié des ordures de la concupiscence; je couvrais sa sérénité du nuage infernal de la débauche. Hideux et infâme, dans la plénitude de ma vanité, je prétendais encore à l’urbanité élégante. Et je tombai dans l’amour où je désirais être pris, O mon Dieu, ô ma miséricorde, de quelle amertume votre, bonté a assaisonné ce miel! Je fus aimé, j’en vins aux liens secrets de la jouissance, et, joyeux, je m’enlaçais dans un réseau d’angoisses, pour être bientôt livré aux verges de fer brûlantes de la jalousie, des soupçons, des craintes, des colères et des querelles."

    Saint Augustin, Confessions, I (397-398)

     

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  • ILS ONT DIT, AU SUJET DE L'AMOUR...

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    "Toute passion et toute action s’accompagnent logiquement de plaisir ou de peine." [Aristote]

    "Comment souffrir que la passion soit mise au même rang que la raison ?" [Sénèque]

    "La majesté et l'amour n'habitent pas la même demeure." [Ovide]

    "Celui qui se perd dans sa passion perd moins que celui qui perd sa passion." [Saint Augustin]

    "Lorsque nous sommes portés à aimer quelqu'un, sans que nous en sachions la cause, nous pouvons croire que cela vient de ce qu'il y a quelque chose en lui de semblable à ce qui a été dans un autre objet que nous avons aimé auparavant." [René Descartes]

    "L’amour est un tyran qui n’épargne personne." [Pierre Corneille]

    "L’amour est une joie qu’accompagne l’idée d’une cause extérieure." [Baruch Spinoza]

    "La passion est une existence primitive ou, si vous le voulez, un mode primitif d’existence." [David Hume]

    "Ce qu'on nomme passion n'est autre chose qu'un désir irrité par la contradiction." [Beaumarchais]

    " L'amour. C'est l'étoffe de la nature que l'imagination a brodée." [Voltaire]

    "C’est l’amour de nous-mêmes qui assiste l’amour des autres ; c’est par nos besoins mutuels que nous sommes utiles au genre humain. " [Voltaire]

    "La passion amoureuse ou un haut degré d'ambition ont changé des gens raisonnables en fous qui déraisonnent." [Emmanuel Kant]

    "C’est une chose différente que d’aimer ou que de jouir; la preuve en est qu’on aime tous les jours sans jouir, et qu’on jouit encore plus souvent sans aimer." [Marquis de Sade]

    "Je tâchais de tirer au fond de moi-même des motifs pour étouffer dans mon âme cette malheureuse passion qui la dévorait…mais l’amour est-il un mal dont on puisse guérir ?" [Marquis de Sade]

    "Le perfide Bressac ne me paraissait jamais plus aimable que quand j’avais réuni devant moi tout ce qui devait m’engager à le haïr." [Marquis de Sade]

    "L'amour est la seule passion qui se paie d'une monnaie qu'elle se fabrique elle-même. " [Stendhal]

    "On a plus perdu quand on a perdu sa passion que quand on s'est perdu dans sa passion." [Søren Kierkegaard]

    "Il a fallu que l’intelligence de l’homme fût obscurcie par l’amour pour qu’il ait appelé beau ce sexe de petite taille, aux épaules étroites, aux larges hanches et aux jambes courtes." [Arthur Schopenhauer]

    "Ne pouvant pas supprimer l'amour, l'Église a voulu au moins le désinfecter, et elle a fait le mariage." [Charles Baudelaire]

    "Il est plus facile de renoncer à une passion que de la maîtriser." [Friedrich Nietzsche]

    "On supporte moins aisément la passion que la maladie. Il y a toujours du remords et de l'épouvante dans la passion. [Alain]

    "Il ne faut point s’étonner si une femme indigne est aimée jusqu’à la fureur ; ce n’est point l’exception, c’est la règle." [Alain]

    "L'amour est un signe de notre misère. Dieu ne peut aimer que soi. Nous ne pouvons aimer qu'autre chose." [Simone Weil]

    "Ah ! la grande amour, ça vient, on ne sait pas quand, on ne sait pas comment, et qui mieux est, on ne sait pas pour qui." [Raymond Queneau]

    "Ce que le public réclame, c'est l'image de la passion, non la passion elle-même." [Roland Barthes]

    "Je n'ai fait qu'obéir à la nature. Je suis le chien fidèle de la nature. Pourquoi alors ce sentiment d'horreur dont je ne puis me défaire ? Lui ai-je subtilisé sa fleur ? Sensibles dames du jury, je n'étais même pas son premier amant." [Vladimir Nabokov]

    "Aimer est dans son essence le projet de se faire aimer, où chacun attend de l’autre un amour qui ne se résume pas au projet d’être aimé." [Jean-Paul Sartre]

    "Ainsi l’amant ne désire-t-il pas posséder l’aimé comme on possède une chose. Il réclame un type spécial d’appropriation. Il veut posséder une liberté comme liberté." [Jean-Paul Sartre]

    "Je t’aime, mais, parce qu’inexplicablement j’aime en toi quelque chose plus que toi, l’objet petit a, je te mutile" [Jacques Lacan]

    "Et ce qu'il y a de très beau, c'est que les paroles d'amour sont suivies de silences d'amour." [Edgar Morin]

    " – La passion doit être punie. – Ah oui ? Quel est le con qui a dit ça ?" [Philippe Sollers]

     

     

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"Il faut se méfier des ingénieurs, ça commence par la machine à coudre, ça finit par la bombe atomique." [Marcel Pagnol]