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  • Compte-rendu du débat : "Qu'est-ce qu'être normal?"

    Le café philosophique de Montargis se réunissait le 18 mai 2018 pour une séance qui portait sur cette question : "Qu’est-ce qu’être normal ?"

    La première question est de savoir de quelle norme il s’agit, en sachant qu’on interroge la normalité dans le sens de l’être. Il est dit que la norme est ce qui est d’équerre. C’est applicable à un ensemble de personnes, d’une majorité. Tout dépend des cultures et d’une époque. Faut-il suivre une normalité ou non ? L’être humain doit-il se référer à des normes, des lois, qui nous imposent telle ou telle attitude ?

    Être normal ce serait déjà utiliser un jeu de comparaisons. On est normal par rapport à : des normes, des lois ou des règles. La question de la normalité semble être omniprésent dans nos vies :"Suis-je normal ?" "Mon enfant est-il normal ?" "Est-ce normal que je réagisse ainsi ?" En politique, n’a-t-on pas parlé de "Président normal" ?

    Pour une participante, finalement c’est l’autre qui nous dit si je suis normal ou non. Chacun répondrait à des critère qu’on lui impose oui qui lui sont imposés, comme une personne handicapée. Il en sera question plus tard.
    Un autre intervenant se pose trois questions : est-ce que moi je me considère comme normal ? Et les autres : me paraissent-ils normaux ? Et le monde l’est-il ? La question de normalité fait réellement sens : "Quelle chimère est-ce donc que l'homme ? Quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradictions, quel prodige ? Juge de toutes choses, imbécile ver de terre, dépositaire du vrai, cloaque d'incertitude et d'erreur, gloire et rebut de l'univers" disait Blaise Pascal.

    Pour quelles raisons se pose-t-on cette question : une anomalie ou un décalage par rapport aux autres ? "Je ne suis pas sensé être normal, je suis sensé être moi" réagit une autre personne.

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  • Compte-rendu du débat: "Faut-il vivre comme si nous ne devions jamais mourir?"

    Le vendredi 13 avril, le café philosophique de Montargis se délocalisait exceptionnellement à la Médiathèque de Montargis pour un nouveau débat qui avait pour thème : "Faut-il vivre comme si nous ne devions jamais mourir ?" L’équipe de la médiathèque avait mis les petits plats dans les grands pour accueillir un public d’une soixantaine de personnes venus débattre.

    Ce sujet est capital en philosophie, comme le disait en substance Albert Camus. Pour un premier participant, la question du débat semblerait poser problème dans sa formulation. Deux autres intervenants abordent le sujet de ce soir comme un appel à avoir en finalité notre mort future, sans perdre de vue pour autant cette vie qui nous est donnée et dont nous devons tirer profit. Si "philosopher c’est apprendre à mourir" comme le disait Montaigne, cela ne doit pas être une obsession ni nous empêcher d’agir – dans la mesure de nos moyens – choisir nos actions à entreprendre, avec le minimum d’impacts sur notre planète.

    La question du débat de ce soir interpelle une autre personne du public. "Faut-il vivre comme si nous ne devions jamais mourir ?" : le "comme si" interpelle. C’est un "comme si" qui implique une forme de mensonge ou d’illusion puisque de toute manière nous mourrons tous un jour.

    Par ailleurs, pour une autre personne du public, la question ne se pose pas au conditionnel : quand on naît, on vit et il y a par la suite un instinct de vie qui nous fait avancer lorsque nous sommes enfants. La pensée de la mort viendrait après – et en tout cas pas.

    Finalement, est-il encore dit, dans la question de ce soir, "Faut-il vivre comme si nous ne devions jamais mourir ?", chacun de ces termes pose problème, et, mis bout à bout, nous serions hors-sujet. La proposition de ce soir, intervient un animateur du café philo, est aussi celle que nous propose la société de consommation dans laquelle nous sommes. Dans des temps plus anciens, la mort était par contre plus présente qu’aujourd’hui, ne serait-ce que parce que les guerres étaient plus présentes.

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  • Compte-rendu du débat "L’échec : tomber, se relever"

    Le 20 janvier 2017, le café philosophique de Montargis se réunissait pour une nouvelle séance autour de ce sujet : "L’échec : tomber, se relever." Au préalable, Bruno présentait les nouveaux propriétaires de la Brasserie de la Chaussée, Fabrice et Michèle. Le sujet de cette séance a été assez peu traité par la philosophie et, une fois n’est pas coutume, le sujet de ce soir n’est pas une question mais un postulat qui sera discuté par les participants de cette séance.

    Bruno commence cette séance par parler des échecs que le café philo a essuyé à sa création : débats houleux, sujets peu consensuels, critiques cinglantes y compris dans la presse locale. Peut-on réellement parler d‘échecs dans ce cas, réagit un premier intervenant, en sachant que le café philo existe toujours ? Le fait qu’il y ait eu des difficultés mais que le café philo poursuit son petit bonhomme de chemin laisserait entendre que le terme d’échec n’est pas approprié. Pour Claire, dans cette notion d’échec il est question de subjectivité. Parler d’échec c’est "vivre l’échec", le ressentir tel quel. Pour reprendre Épictète, il convient de ne pas considérer comme un échec ce qui ne dépend pas de nous. “C'est le fait d'un ignorant d'accuser les autres de ses propres échecs ; celui qui a commencé de s'instruire s'en accuse soi-même ; celui qui est instruit n'en accuse ni autrui ni soi-même.

    Prendre ce recul, c’est acquérir une forme de rigueur, voire de rudesse, suivant l’exemple du philosophe et empereur Marc Aurèle. Échouer, au contraire, pourrait être une forme d’humanisme et d’humilité, avouer les travers de l’humanité. Vivre sa vie de manière linéaire, (donc) sans échec pourrait en soit vivre de manière inhumaine.

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  • COMPTE-RENDU DE LA SÉANCE "SUIS-JE CE QUE MON PASSÉ FAIT DE MOI?"

    Thème du débat : "Suis-je ce que mon passé fait de moi?" 

    Date : 17 avril 2015 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée

    Le vendredi 17 avril 2015, environ 120 personnes étaient présentes pour la séance du café philosophique de Montargis dont le débat portait sur cette question : "Suis-je ce que mon passé fait de moi ?"

    Une première participante réagit ainsi : "Oui et non. Non car c'est dans l'instant présent que je peux exister et faire des choix. [Oui car] je suis conditionné culturellement par mon passé." Pour une autre intervenante, le passé nous construit indubitablement, grâce à nos expériences, notre vécu. D'ailleurs, ajoute aussi Claire, "quelle tragédie si je deviens amnésique !"  

    Pour un autre intervenant, on dépend culturellement de son passé et on a du mal à échapper à sa spatio-temporalité. Par contre, chacun peut se projeter par ses envies, ses rêves. On peut en sortir si l'on veut. "L'avenir est la seule chose qui m'intéresse, car je compte bien y passer les prochaines années" disait Woody Allen

    Pour Claire, il est déjà question de deux passés : un passé culturel, au sens de situation culturelle et sociale ("On est d'abord un être en situation"), c'est un passé historique, regroupant une histoire filiale, familiale, générationnelle ; et d'autre part le passé en tant que vécu personnel ("Ce que j'ai fait avant"). Dans ce dernier cas, puis-je me choisir vraiment ? Ma vie est-elle mon œuvre ? Finalement, la question de savoir si je résulte de mon passé ne se pose pour ainsi dire pas si ce passé est honorifique ; par contre, la question devient aporitique lorsque mon passé me colle à la peau et que je souhaiterais m'en défaire.

    Pour un autre intervenant, notre vie est un "immense apprentissage" (gestes, mouvements, etc.). D'ailleurs le sujet de ce débat porte sur une expression importante : "Suis-je...". Le "Je suis" regroupe mon corps, mes comportements, mes paroles, l'apprentissage, la mémoire, l'inconscient, etc. Le passé est ce qui peut nous revenir violemment : des faits, des colères, des émotions, comme le disait Marcel Proust : "Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.

    Pour une autre participante l'aspect psychologique est importante dans un tel sujet. Pour elle, à l'âge de trois ans, la majorité des dés sont jetés. Chacun part avec ce capital plus ou moins riche et chaque individu ne peut échapper à l'une des cinq blessures que l'on traîne toute notre vie : la trahison, le rejet, l'humiliation, l'abandon et l'injustice. On est issu de ce passé là et la majorité de nos réactions vient de ces cinq blessures originelles. 

    Pour un autre intervenant, la question "Suis-je ce que mon passé fait de moi ?" induit une question bien plus fondamentale : est-ce que je suis capable de savoir que je suis le résultat de mon passé ? Cela voudrait dire que je me souviens exactement de mon propre passé et que je suis capable de repérer dans celui-ci ce qui me détermine. Répondre à cette question est d'une infinie complexité ! Et si je cherche à lire dans ce passé qui me détermine, sans doute vais-je forcément trouver quelque chose ; par contre, est-ce réellement cette chose qui me détermine ? Ou bien n'y a-t-il pas le risque que j'interprète ou surinterprète une notion, un acte ou une parole ? Cela renvoie en tout cas autant à la notion de mémoire qu'à celle de liberté. 

    En parlant de mémoire, un nouvel intervenant parle de la mémoire familiale et des secrets de famille (la psychogénéalogie) qui sembleraient avoir des influences considérables sur la vie de chacun. Les non-dits reproduisent de manière similaires ou quasi-similaires les traumatismes. Freud, dit Claire, met en avant l'aspect scientifique de la psychanalyse tout en précisant que c'est l'une des seules sciences qui ne peut recevoir de lois car un traumatisme ne sera pas reçu de la même manière par telle ou telle catégorie de gens (voir aussi ce texte). Freud fait le lien avec la littérature. Zola théorisait le conditionnement du milieu ; d'autres philosophes, au contraire, considèrent que les individus réagissent différemment parce qu'ils ne reçoivent pas la situation  de la même manière. Boris Cyrulnik parle, lui, de résilients pouvant échapper aux conséquences de situations catastrophiques, situations qui ont pourtant provoqué l'effondrement d'autres personnes  avant eux. Il y a une histoire de volonté derrière cet échappatoire salutaire. La question est de savoir qui est à même de s'autoriser à en rêver et à s'en sortir ? Face à un choc traumatique – et quelque soit sa puissance – certains résilients ont la volonté de se construire envers et contre tout. Au contraire, d'autres personnes, qui ont acquis une éducation "sécure", se refuseront de croire en eux. Il semblerait qu'il n'existe pas de lois figées ni de théories.

    Un autre exemple est cité : celui de la gémellité. Les jumeaux, êtres génétiquement identiques, restent des êtres uniques, justement parce que, malgré les caractéristiques et les passés communs, chacun porte un regard singulier sur l'un comme sur l'autre, même si l'amour donné et l'éducation sont a priori identiques.    

    Le passé doit être tenu comme ce qu'il est : un ensemble d'événements révolus, dus au hasard ou non. La solution serait d'essayer de s'y confronter, de l'affronter (dans le cadre de la psychanalyse, par exemple) mais aussi pratiquer une forme d'amnésie volontaire. Certains peuvent aussi choisir de partir sans laisser d'adresse. La question est de savoir comment je peux me défaire de mon passé. Est-ce que je fais toujours les mêmes erreurs, à l'image du personnage principale de Camille Redouble ? Comme le dit Claire, j'ai été "informé" depuis l'enfance – au sens de "donner forme" – et il semblerait que cette forme soit reproduite. Dit autrement, est-ce que l'existence précède l'essence (Sartre) ? Voir aussi ce texte.

    Pour un intervenant, ce débat prend une tournure très négative dans le sens où la question qui pourrait nous être posée serait celle-ci : comment ne pas subir ce passé ? Or, il pourrait tout aussi bien prendre un tour plus positif. L'histoire humaine semblerait bien ne pas se répéter. Mieux, si l'on peut considérer être le résultat de notre passé, force est de constater qu'à titre collectif la richesse humaine s'est considérablement accumulée à travers l'Histoire. Je peux considérer que je peux bénéficier de cette richesse culturelle. Le passé est un héritage et la leçon de toutes les civilisations qui m'ont précédé est de savoir comment profiter de ces apports.

    Claire s'interroge sur la notion de progrès – positif ou négatif – qui semble être apposé à celui de l'Histoire. Certains historiens prônent le mythe de l'éternel retour. L'histoire serait cyclique, avec un certain déterminisme catégorique (Cf. texte de Mircéa Eliade). Cependant, réagit un participant, intuitivement, cette notion de progrès – matérielle ou non – semblerait être réelle : nous lisons Kant au contraire de nombre de nos aïeux, la peine de mort  tend à devenir moins pratiquée dans le monde qu'il y a seulement un siècle et les supplices tendent à disparaître au fur et à mesure des siècle. Cela n'empêche pas l'homme de ne pas tirer les leçons passées et de faire le choix de violences à travers le monde (un intervenant rappelle que le cerveau de l'artiste qui a peint la Grotte Chauvet est le même que celui de l'homme moderne). Se rappeler de son passé pour se tourner vers l'avenir (le "devoir de mémoire") implique que l'on doive en tirer les leçons. Claire cite Emmanuel Kant : " L’homme veut la concorde, mais la nature sait mieux que lui ce qui est bon pour son espèce : elle veut la discorde. Il veut vivre commodément et à son aise ; mais la nature veut qu’il soit obligé de sortir de son inertie et de sa satisfaction passive, de se jeter dans le travail et dans la peine pour trouver en retour les moyens de s’en libérer sagement" (Kant, Idée d'une Histoire universelle du Point de vue cosmopolitique, §8). 

    Le vrai sujet est qu'aujourd'hui notre civilisation a tendance à oublier la notion de passé pour privilégier la notion de performance immédiate et la maîtrise d'un futur qui lui échappe de toute manière. Il semblerait, dit encore cet intervenant, que chacun doive s'interroger sur cette question : qu'est-ce que j'hérite de mon passé commun et comment je m'enrichis grâce à lui ? Et, ajoute ce participant, interpréter ce passé à l'échelle individuelle et psychanalytique est une "perversion" et le "dévoie" totalement !

    Hegel affirme dans La Raison dans l'Histoire, dit que l'homme individuellement est emprunt de passion. Mais, à l'échelle de l'Humanité, on est dans un progrès de la Raison qui donne sens à tout cela. On va vers une évolution pour davantage de rationalité. C'est directement mis en avant par Jean-Jacques Rousseau qui dit que l'homme est perfectible. L'homme, dit-il, peut être dans un rapport mimétique au monde ou bien il peut le dépasser par la création. Contre cette théorie, Nietzsche puis les philosophes existentialistes croient en la faculté positive de l'oubli : laissons derrière nous, dit le "Philosophe au Marteau", ces héritages de sens – car le sens ne s'hérite pas : il se créé. Et Sartre dit qu'à situation similaire, réception différente parce que l'homme est libre – et condamné à être libre. Cette façon singulière de recevoir un stimulus afin d'écrire "son histoire", qui sera jugée à l'aune de l'Humanité. Le lâche n'est pas lâche du fait de son passé : il est lâche car il a décidé, un moment donné, de se comporter comme un lâche et "son sens lui colle à la peau".  

    Une participante évoque le concept de socialisation, élaboré par Émile Durkheim. Ce principe d'éducation admet que ce que l'on reçoit de nos parents de la société qui, de manière consciente ou non, forme nos manières d'agir, de réagir, nos contenus mentaux. Les successeurs de Durkheim, dont Maurice Halbwachs, insisteront sur le fait que la socialisation influe sur la manière dont on donne sens au monde qui nous entoure. Selon les milieux sociaux, les personnes n'ont pas les mêmes réactions face à telle ou telle situation. Cette intervenante parle des inégalités perpétuées au sein de l'école. Raymond Boudon parle en 1973, dans L'Inégalité des Chances, "d'individualisme éthologique". Les individus n'ont pas les mêmes réactions et font des choix hérités du passé et des aïeux, alors que la démocratisation scolaire est avancée : études courtes, diplômes moins prestigieux, écoles modestes. Claire rebondit en constatant que cette "inégalité des chances" est plus vraie en 2015 qu'en 1973. François Lenglet, dans un cours sur les inégalités, met en évidence que les grandes écoles françaises se renouvellent au sein d'une même classe sociale. Il y a aussi une forme d'alimentation de cette inégalité, par une sorte de fatalisme. Cette répétition du passé, jusque dans les élites ("je suis polytechnicien parce que mon père l'était") est sans doute aussi, réagit un participant, une forme de ratage de carrière, de sa vie ("l'inculture... de ces polytechniciens formatés" est sévèrement stigmatisée !) et de ses aspirations vers le bonheur. 

    Bruno considère qu'il existe un autre frein : la nostalgie, qui peut être un facteur limitant. 

    La question ambitieuse est de savoir, si l'on n'a pas à reproduire les mêmes mécanismes sociaux, comment se défaire d'un passé qui ne nous convient pas, qui nous empêche de nous exprimer et de nous épanouir ? Dans ce cas, la tâche à accomplir pas s'avérer ardue comme le montrent quelques destins atypiques (le cuisinier Thierry Marx, par exemple). Finalement, réagit un autre participant, "les gens diffèrent plus par leur volonté que par leur intelligence". Le déterminisme est une chose ("à trois ans tout est fini" ?), dit un autre intervenant, mais le libre-arbitre en est une autre. La raison nous interroge : puis-je me contenter de mon passé ou bien est-ce que j'aspire à autre chose afin de ne pas subir ? Dans ce cas, la connaissance et la volonté sont des armes, sauf si la volonté "est barrée par des croyances limitantes" (évoquées autrement plus haut), facteurs d'une forme de déterminisme social. Ces dernières sont inscrites profondément et inconsciemment en nous et il est très difficile d'en sortir. Pour lutter contre ce déterminisme, la clé serait le rêve, dû souvent à des personnes qui s'autorisent à créer et agir pour faire changer leur monde et le monde. Pour preuve, l'artiste, capable de dépasser l'académisme – et souvent après avoir assimilé le passé – pour créer leur propre univers.

    Un participant évoque la question du passé, non pas de soi, mais de l'autre. Ce qui peut nous faire sortir de notre passé c'est la séduction d'un passé qui nous est étranger mais qui nous touche par l'universalité et la beauté. Le rôle de l'artiste, par exemple, nous permet de nous échapper de notre propre passé qui pourrait nous débloquer.  

    Un participant évoque en fin de débat cette allégorie : le passé serait cette petite barque naviguant au fil de l'eau mais construite au fur et à mesure. Au fur et à mesure de notre voyage, nous intégrons à cette barque des débris – plus ou moins lourds – que nous rencontrons. Nous tentons de donner un cap à notre bateau grâce à notre raisonnement, en sachant que nous devons faire avec les vents dominants comme avec les tempêtes. Au final, nous essayons sans doute de trouver l'équilibre en pleine mer. Certains, que nous pouvons croiser sur notre route, peuvent essayer de nous pousser dans une  direction initiale mais c'est à nous d'influer le cap et de suivre notre propre boussole. 

    Finalement, nous devons nous autoriser à dépasser notre passé et à rêver, pour aller vers un avenir – mais sans "se divertir" (Pascal), sans courir vers quelque chose qui n'existe pas. 

    Pour clôture la séance, quatre sujets (et non pas trois, comme de coutume) sont mis au vote pour la séance suivante, le 22 mai 2015 : "Y a-t-il des civilisations supérieures à d'autres ?", "Doit-on prendre ses rêves pour la réalité ?", "Doit-on mourir pour une cause ?" et "Est-il raisonnable de croire en Dieu ?" C'est ce dernier sujet qui est élu par la majorité des participants.    

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  • COMPTE-RENDU DE LA SÉANCE : "FAUT-IL TOUT FAIRE POUR ÊTRE HEUREUX ?"

    Thème du débat : "Faut-il tout faire pour être heureux ?" 

    Date : 12 décembre 2014 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée

    Le café philosophique de Montargis se réunissait le 12 décembre 2014 pour un débat portant sur cette question : "Doit-on tout faire pour être heureux ?" Une centaine de personnes était présente pour cette 45e séance.

    Claire commence par préciser qu'il s'agissait d'un sujet proposé, en juin 2014, pour l'épreuve de philosophie du baccalauréat (section Littéraire).  

    Un premier participant problématise cette question : est-il question d'une obligation ? Qu'est-ce qu'être heureux (biens matériels, comportements, etc.) ? Quel est le rapport entre la notion de bonheur et celle de plaisir ("la récompense") ? Le "tout faire" pourrait impliquer que ce chemin vers le bonheur se ferait "au détriment des autres". La répartition des biens et des richesses en est une illustration, ajoute ce participant. La cupidité et la rapacité se font au détriment d'une immense majorité de personnes pauvres ou modestes (il est cité l'exemple des notaires – "pas forcément dans le besoin" – manifestant cette semaine pour conserver leur niveau de vie...). À l'inverse, certaines personnes altruistes sont heureuses lorsqu'elles apportent un peu de bien aux autres. Bruno rebondit en citant l'exemple de Fritz Zorn, Mars : le narrateur, issu d'un milieu bourgeois et aisé, trouve son salut – et une forme de bonheur – grâce à la maladie qui l'accable.


    Pour un autre intervenant : "Il faut tout faire pour être heureux, parce que la vie est courte (... ), mais dans la limite du raisonnable". La question soulevée par une participante est celle de quantifier le bonheur : quand est-on heureux ? La réponse peut être dans une forme de comparaison. Une intervenante se demande si le bonheur ne résiderait pas dans l'absence de malheur, une optique dans laquelle s'engouffre le domaine pharmaceutique et les mises à disposition de psychotropes. Lorsque tout va bien, dit Claire, nous pouvons être dans un état d'allégresse, de joie, de spontanéité qui n'est sans doute pas à proprement parlé du bonheur. Par contre, c'est sans doute dans le malheur et dans les témoignages d'amour et de soutien que l'on pourrait retrouver la trace de ce bonheur.  

    Pour une participante, le bonheur est une exigence autant qu'un état personnel, lié à l'éducation, avec certainement une part génétique voire neurologique. Aux notions de bien et de mal, peut s'ajouter les notions de "bien vivre" et de "mal vivre". Tout faire pour être heureux semblerait ne pas vraiment avoir de sens, dit encore cette participante, car le bonheur semblerait être un état naturel ("On ne peut pas se forcer à être heureux : on l'est ou on l'est pas"). Par contre, ajoute-t-elle, certaines personnes, peuvent rendre malheureux les autres. 

    Pour une autre intervenante, le bonheur est souvent associé à quelque chose d'extérieur à soi que que l'on posséderait : la santé, l'amour, une famille, les biens matériels, etc. "Une récompense", est-il encore dit au cours de la soirée. L'autre remarque de cette intervenante réside autour de cette question : "Est-ce qu'il est obligatoire de faire quelque chose pour être heureux ?" Ne pourrait-on pas être heureux dans la quiétude épicurienne évoquée par Claire : accepter et ne rien faire. En un mot : le lâcher prise ?

    Tout faire pour être heureux pose la question de l'âge : la jeunesse, remarque une personne de l'assistance, recherche le bonheur dans l'action, alors qu'avec l'âge cet état résiderait plutôt dans l'évitement de la douleur : l'ataraxie.  

    Claire revient sur cette notion de bonheur et d'obligation, évoquées plus haut : "Il y a la notion d'obligation mais aussi la notion de devoir". Le "tout faire" et le "doit-on" peuvent se regrouper autour de la notion de devoir. Autrement dit, je pourrais pratiquer un hédonisme tel que, par définition, je me devrais, pour être un homme, d'être heureux envers et contre tous. Du coup, peut-on et comment arriver à l'état de plénitude – qui est l'état du bonheur  ? Car il s'agit bien de cela, ajoute Claire : le bonheur est cet état de plénitude, sans manque ni désir. On est heureux lorsque l'on satisfait ses désirs. Le bonheur résiderait dans l'avoir et la possession, l'assouvissement de ses désirs et donc, quelque part, dans l'accomplissement de soi. 

    La notion de devoir est importante, ajoute Claire, dans le sens où cela sous-entend une une forme d'exigence. Car, a contrario, si la finalité de la vie humaine n'est pas le bonheur, quelle est-elle ? La vérité ? La santé ? Autre chose ? Si l'on abandonne l'exigence du bonheur, peut-on mener une existence pertinente ? Pour une participante, la réponse est positive : on peut se contenter d'un "semi-bonheur" car, suite à ce semi-bonheur, "le reste arrivera" sans doute...

    Est-ce que le bonheur ne résiderait pas plutôt dans l'ataraxie, l'absence de troubles de l'âme ? À ce sujet, Épicure dit que le plaisir est le commencement et la fin de toute vie heureuse. Mais dans sa Lettre à Ménécée, il précise que tous les plaisirs ne sont pas à rechercher ni toutes les douleurs à éviter. Par là, l'épicurisme n'est pas cette doctrine philosophique souvent caricaturée d'une invitation à "brûler la vie par les deux bouts" : Épicure recherche plutôt l'ataraxie, la quiétude, la sérénité. On peut penser qu'un bonheur ne peut s'atteindre si l'on est en conflit avec autrui. Mais donc ce cas, peut-on être heureux tout seul ? Et peut-on être heureux si l'on est malgré tout dans "l'attentat" envers son proche et son prochain ?  

    Claire réagit en précisant qu'étymologiquement, le "bon heur" est la "chance". Par exemple, les eudémonistes, qui sont ces philosophes qui cherchent à comprendre le bonheur et les moyens d'y accéder, ne parlent pas de "bon heur", tant cette notion de chance et de fortune (fortuna) nous échappe. Mais par contre, ils parlent du Souverain Bien (Aristote ou Épicure). Nous ne sommes plus alors dans l'action mais plutôt dans le délaissement. On va à l'essentiel et à ce qui nous caractérise singulièrement, ce qui fait que nous sommes nous-même et pas un autre, y compris dans le corps politique (polis). Le bonheur se situe dans le respect de soi-même et de l'autre. Nous sommes alors dans la dimension éthique du Souverain Bien.  

    Une participante remarque que ce débat sur le bonheur semble être très occidental, même si cette notion reste universelle. La France, pays développé et riche, fait partie de ces contrées dont les habitants sont les plus insatisfaits et les plus "malheureux" au monde. C'est aussi là, précise un autre intervenant, que se consomme le plus de psychotropes (du "bonheur de substitution"). Cette notion de bonheur est très relative et peut être mise en relief avec d'autres cultures, par exemple le Bouthan qui a remplacé le PNB (Produit National Brut) par le BNB (Bonheur National Brut). Un intervenant relativise cette posture : le BNB interdisait l'alcool, interdiction qui, par la suite a été levée, ce qui amis un sérieux coup de canif dans l'idéal de ce BNB !

    Un autre intervenant parle de techniques modernes pour accéder au bonheur (la méditation de pleine conscience de Christophe André), de notions psychologiques ou psychiatriques (la résilience de Boris Cyrulnik) qui tendent à nous emmener vers une forme de bonheur immatériel : être en paix avec soi-même. Paul Watzlawick, de l'école de Palo Alto, dans l'ouvrage Faites-vous même votre Malheur, démontre comment certaines personnes s'enfoncent dans leur malheur, le ruminent et n'ont simplement jamais conscience de se sentir bien. 

    Un nouveau participant reprend la question d'origine : "Doit-on tout faire pour être heureux ?" Si l'on répond par la négative, on se place d'emblée dans le camp de ceux pour qui bonheur ou malheur laisse indifférent. Je me place en position de désintérêt par rapport à la vie et à ma propre existence, - voire, ajoute-t-il, dans un "état suicidaire". La recherche du bonheur (même s'il s'agit, comme dit plus haut d'un "demi bonheur"), est, selon lui, une nécessité absolue, tout en sachant qu'il sera difficilement accessible, notamment pour les personnes vivant dans le dénuement et le désœuvrement le plus total. Pour une autre personne du public, le bonheur peut s'organiser (il cite l'importance des vacances ou de sorties en groupes) : "Il faut se battre pour être heureux !" autant que donner. Mais tout en gardant en tête, ajoute une intervenante, l'impératif de la morale : "Pas de bonheur sans morale !"  Et pas de bonheur sans autrui, est-il également dit au cours de ce débat.

    Pour un autre intervenant, la condition fondamentale du bonheur est celle de la liberté. L'accès au bonheur semblerait bien être l'objectif que tout un chacun souhaite atteindre. Seulement, présenté par les eudémonistes comme le Souverain Bien, il s'agit d'un idéal et en tant qu'idéal il est inatteignable : "Le concept du bonheur est un concept si indéterminé, que, malgré le désir qu’a tout homme d’arriver à être heureux, personne ne peut jamais dire en termes précis et cohérents ce que véritablement il désire et il veut", écrivait Emmanuel Kant. Jean Anouilh disait, de son côté : "Il ne faut pas croire exagérément au bonheur."

    Pour Claire, il y a une nette distinction entre l'injonction "Je dois tout faire pour être heureux" par l'action d'une part et le travail sur soi afin d'acquérir une forme de sérénité d'autre part. Il est sans doute important de faire en sorte de donner un sens à sa vie (Sartre) ; a contrario, pour beaucoup de philosophes, si le bonheur se situe dans un état de projection, on perd tout car, par définition, s'évertuer à dire que l'on est heureux c'est oublier qu'on l'est déjà ! La philosophie stoïcienne dit par exemple qu'il y a ce qui dépend de moi et ce qui n'en dépend pas ; tout ce qui ne dépend pas de moi, je dois m'en détacher et tout ce qui dépend de moi, je dois l'apprécier. Pour Blaise Pascal, l'homme sera d'autant plus heureux lorsqu'il arrêtera de chercher à se divertir, le divertissement n'étant rien d'autre que la projection vers un bonheur illusoire, au risque d'oublier l'instant présent : la méditation et la contemplation, là, maintenant, serait préférable à la nostalgie comme à une recherche vaine vers un bonheur futur et hypothétique. Un participant cite à ce sujet Bouddha : "La joie se cueille, le plaisir se ramasse et le bonheur se cultive." Ce sont les petits bonheurs et les petits malheurs qui permettent d'accueillir la vie : "Goûtez tous les plaisirs et souffrez tous les maux / Et dites : c'est beaucoup et c'est l'ombre d'un rêve" (Jean Moréas), cite un participant.

    Pour aller plus loin, la morale devrait-elle toujours prévaloir dans cette "construction du bonheur". Pascal dit : "Tous les hommes recherchent d’être heureux. Cela est sans exception, quelques différents moyens qu’ils y emploient. Ils tendent tous à ce but" (Pensée 138). Mais à le rechercher sans relâche, on oublie de vivre de manière pertinente, on s'oublie soi-même, si bien que "le présent ne nous satisfaisant jamais, l’espérance nous séduit, et, de malheur en malheur, nous mène jusqu’à la mort, qui en est le comble éternel". Une telle posture pose une question morale : s'accomplir soi-même vient en contradiction avec nos impératifs sociaux. Nous ne sommes sans doute jamais à notre place dans notre vie, la recherche du bonheur venant se heurter à une vie qui nous oblige. Le "connais-toi toi-même" socratique nous interpelle : est-ce que je suis à ma place ? Tout cela est une histoire d'appropriation.

    Le bonheur, dit une autre intervenante, pourrait n'être qu'un fantasme. Un fantasme que de grandes  idéologies du XXe siècle ont utilisé à des fins politiques, à décréter. Le bonheur ne serait pas à prendre d'un bloc mais comme une accumulation de petits événements ou de micro comportements à goûter ("Le bonheur est dans le pré ; cours-y vite cours-y vite ; le bonheur est dans le pré ; Cours y vite il va filer" dit une comptine célèbre). Bruno rebondit sur cette question de "bonheur collectif". Un bonheur collectif qui, depuis la fin du XXe siècle, n'existe plus et a été remplacé par le concept de bonheur individuel (thérapies de groupe, cours de sophrologie, etc.).

    Parler du bonheur implique la nécessité et la capacité à le reconnaître lorsqu'il se présente à nous, réagit une nouvelle participante. Or, parfois, cette capacité nous ne l'avons pas. Le bonheur est aussi le fait d'appréhender le monde d'une certaine façon afin de "le rendre heureux". Lors d'une introspection, lors de mauvaises expériences, nous pouvons en tirer des conclusions et des leçons bénéfiques ("positiver les choses"). 

    Ce qui est également en jeu à travers la question du bonheur est celle de la mort et de notre rapport à elle. Une intervenante cite l'Inde. Dans ce pays, la mort n'est pas taboue. Elle est présente de manière moins tragique que dans nos sociétés occidentales. Claire met en avant notre rapport moderne à la mort. Aucune mort n'est naturelle et tout décès est hasardeux, "alors que, dit Claire, la mort n'est pas un hasard ; c'est la vie qui en est un". Dans nos sociétés modernes, la mort, la vieillesse et le passé sont mises de côté. Seuls comptent le présent et le futur. On est dans la création. Le bonheur semblerait avoir un lien avec l'idée de sens : quelle orientation dois-je choisir de donner à ma vie.? Or, n'est-il par perdu d'avance de chercher à se construire dans un avenir hypothétique ? "L'homme avide est borné" disait Jean-Jacques Rousseau.

    Dans le doit-on tout faire pour être heureux, peut-on choisir son malheur, quitte à faire souffrir aujourd'hui ? Ou bien mon bonheur ne devra-t-il passer que par l'acceptation d'autrui ? Ce qui se pose ici est celle d'une morale qui viendrait borner notre recherche du bonheur.  

    "Il y a une intelligence du bonheur", juge également un membre du public : certaines personnes ont plus d'aptitudes au bonheur que d'autres. Partant de cela, réagit un autre participant, "ceux qui n'en ont pas doivent aller chercher des astuces" pour être meilleur et heureux. Mais une telle considération sur "l'intelligence du bonheur" n'est-elle pas contredite par l'expression populaire "Espèce d'imbécile heureux !" ? Être trop intelligent ne serait-ce pas un frein à ce bonheur tant désiré. Ne faut-il pas revendiquer une certaine bêtise, à la manière de Candide ou l'Optimiste (Voltaire) ? Or, si l'on parle d'intelligence dans le bonheur, il ne s'agit pas d'une intelligence scientifique ou intellectuelle. Des peuplades reculées, dénuées de tout confort matériel, vivant parfois dans l'intelligence, peuvent être dans une parfaite harmonie et avec un détachement heureux. "Une puissance de vie", précise une participante.

    Cela voudrait-il dire que le progrès et l'intelligence seraient un frein au bonheur ? Quelqu'un dans l'assistance répond par la négative : croire que la pauvreté permettraient de se raccrocher à l'essentiel est profondément illusoire. La construction d'une route, l'installation de l'électricité ou la mise en place d'écoles pour tous dans des régions reculées du monde peuvent participer d'un mouvement altruiste. La science, l'imagerie médicale, l'atterrissage d'un satellite artificiel sur une lointaine comète peuvent susciter une forme de bonheur, qui serait un bonheur collectif, une fierté pour le genre humain et le progrès qui a un certain sens.  

    Aujourd'hui, il y a bien une injonction à être heureux. Le "mal heureux" n'est pas bien considéré dans nos sociétés. Il gêne. Doit-on absolument être heureux ? Cette question, réagit un intervenant, peut ne pas se poser. Hannah Arendt, dans la Crise de la Culture (1961), revient sur la période de la résistance au cours de laquelle la question du bonheur individuel ne se posait pas, au contraire du bonheur collectif et de la recherche de la liberté. Spinoza parlait de la question du travail comme souffrance, mais ce travail, s'il est sublimé, peut devenir un plaisir. Or, le bonheur est cet effort (conatus) pour entrer dans cette obligation de vivre et de persévérer dans l'être ce qui nous procure la joie.

    Mais  comment construire un monde pour le bonheur des autres et de nos descendants ? La vitesse des sociétés occidentales peut nous mener vers une voie où le bonheur paraît factice dans une société compartimentée et modelée par la consommation. Un intervenant considère que le bonheur est une idée neuve... depuis 200 ans et se félicite qu'aujourd'hui chacun puisse prétendre au bonheur.

    Bruno conclut ce débat par les paroles d'une chanson de Berry : "Le trésor n'est pas caché / Il est juste là / À nos pieds dévoilés / Il nous ferait presque tomber" (Le Bonheur). "Peut-être, ajoute-t-il, que le bonheur est là et peut-être ne le savons-nous pas". Alain disait également : "Le bonheur est une récompense qui vient à ceux qui ne l'ont pas cherché."

    Trois sujets sont mis au vote pour la séance du 30 janvier 2015 : "L'enfer est-il pavé de bonnes intentions ?", "Autrui, antidote à la solitude ?" et "Le langage trahit-il la pensée ?" C'est ce dernier sujet qui est élu par la majorité des participants. Rendez-vous est pris à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée pour le vendredi 30 janvier.

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"La félicité et le bonheur ne sont pas davantage l’œuvre d’une seule journée, ni d’un bref espace de temps” [Aristote]