Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

[26] "La vérité est-elle toujours bonne à dire?"

  • MERCI AUX PARTICIPANTS DE LA SÉANCE DU 14 FÉVRIER 2014

    applause.gif

    Le café philosophique de Montargis a réuni pour sa séance du 14 février 2014 septembre de 45 à 50 personnes. Le débat s'intitulait : "La raison a-t-elle à s'occuper de l'irrationnel ?"

    Claire et Bruno tiennent à remercier les personnes présentes. Bientôt, sur ce site, vous retrouverez comme d'habitude le compte-rendu de cette séance.

    La prochaine séance du café philosophique de Montargis aura lieu le vendredi 28 mars 2014 à 19 heures, à la Brasserie du Centre commercial de la Chaussée pour un débat intitulé : "Famille(s) je vous aime, famille(s) je vous hais"

    Notez également que la seconde émission de "La Philosophie au Comptoir" aura lieu le lundi 17 février à 20 heures su C2L. Titre de cette nouvelle émission du café philo : "Puis-je faire ce que je veux de mon corps ?

     

    Lien permanent Catégories : "La Philosophie au Comptoir", =>Saison 4, =>Saison 5, Radio, Radio, [26] "La vérité est-elle toujours bonne à dire?", [31] "Puis-je faire ce que je veux de mon corps?", [39] "La raison a-t-elle à s'occuper de l'irration, [40] "Famille(s) je vous aime, famille(s) je vous Imprimer
  • "DOIT-ON TOUJOURS DIRE LA VERITE ?" : KANT VERSUS CONSTANT

    Le débat du café philosophique de Montargis traitait en octobre 2012 de la vérité (cf. ce lien vers la rubrique). Pour ajouter une pièce supplémentaire à ce dossier sensible ("Toute vérité est-elle bonne à dire ?"), nous proposons de nous intéresser de nouveau à la controverse entre Kant et Constant.

    L'émission de France Culture "Le Gai Savoir" propose de s'intéresser à la querelle philosophique de ces deux intellectuels. Emmanuel Kant dit qu’il ne faut jamais mentir... Quoi qu’il arrive. Que "c’est le devoir formel de l’homme envers chacun..." Mais est-ce si simple ?

     

    Lien permanent Catégories : =>Saison 4, Documents, Radio, [26] "La vérité est-elle toujours bonne à dire?" Imprimer
  • COMPTE-RENDU DE LA SÉANCE "LA VÉRITÉ EST-ELLE TOUJOURS BONNE À DIRE?"

    Thème du débat : "La vérité est-elle toujours bonne à dire ?" 

    Date : 19 octobre 2012 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée.

    Cravaux vérité2.JPGPour cette séance du 19 octobre 2012, intitulée "La vérité est-elle toujours bonne à dire ?", le café philosophique de Montargis a connu une affluence particulière : plus de 100 personnes étaient présentes à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée. Un record pour cette 26ème séance : bravo et merci à tous les participants !

    Comme de coutume, ce nouveau rendez-vous commence par la présentation de la séance suivante, prévue le vendredi 30 novembre 2012. Bruno la décrit comme une séance atypique – un "café philo autant qu’un café psycho" – puisqu’elle aura pour thème la mémoire ("Mémoire, mémoires : cette mémoire qui nous construit, cette mémoire qui nous détruit"). Pour l’occasion, Claire et Bruno seront assistés exceptionnellement d’un troisième co-animateur, Jean-Dominique Paoli. Ce dernier vient parler en quelques mots de cette séance en insistant sur l’utilisation de moins en moins fréquente de notre mémoire en raison d’outils de plus en plus sophistiqués (Internet, moteurs de recherche, encyclopédies en ligne, répertoires électroniques de téléphones, etc.). Or, ce désintérêt pour la mémoire se heurte au contraire à une peur commune de maladies invalidantes et dégénératives, a fortiori dans nos populations modernes de plus en plus vieillissantes. Jean-Dominique Paoli présente ce futur débat autant comme une démonstration des capacités de notre mémoire qu’un moment de discution philosophique sur ce qu’est la mémoire.

    Après cette introduction, le débat de ce mois d’octobre sur la vérité est lancé. 

    La Vérité est au fond du puits par Gérôme.jpgLe début de la séance est largement consacré à la notion de vérité. "Il faut savoir ce que l’on entend par "vérité" dit un premier participant. "Ne pourrait-on pas parler de "vérités" au pluriel ?" Il apparaît rapidement que ce vocable de "vérité" est à géométrie variable : vérité d’une situation passée, vérité scientifique, vérité édictée par la justice, vérité historique (que l’on pense à cette reconnaissance récente par le Président de la République des violences commises par la police lors de la manifestation du 17 octobre 1961, cf. ce lien ici), etc. Finalement, n’y aurait-il pas autant de vérités que de points de vue ? Comme le rappelle une participante, citant Blaise Pascal, "Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà."

    Dans ce cas, dit un autre participant, "dire la vérité" c’est d’abord "dire sa vérité" : je peux être convaincu du bien-fondé de ce qui m’apparaît vrai (par exemple que les émissions de téléréalité particulièrement populaires sont néfastes à plus d’un titre) et en même temps comprendre autrui lorsqu’il se montre en désaccord avec ce que je crois bien fondé. Accepter qu’il n’y a pas une vérité mais des vérités c’est ouvrir vers l’autre un dialogue et le champ des possibles mais c’est aussi, dit Bruno, dénaturer l’idée même de vérité : "Voilà ma vérité" proclament, en guise de défense ou de justification, des témoignages singulièrement polémiques après tel ou tel événement. Prenons pour exemple le témoignage de Leïla Ben Ali, la femme du dictateur tunisien dans son récent essai opportunément intitulé Ma Vérité. (pour en savoir plus, cliquez ici). Dire "sa vérité" c’est déjà accepter qu’elle soit susceptible d’être battue en brèche. C’est encore accepter de composer avec "une autre vérité". "À chacun sa vérité" comme le disait l’homme de théâtre italien Luigi Pirandello.

    Jules-Joseph-Lefebvre-La-verite.jpgParler de vérités c’est aussi prendre en compte le facteur "temps", perpétuel acteur et façonneur de nouveaux paradigmes : la terre fut plate et au centre de l’univers pendant des siècles avant que cette "vérité" ne devienne grâce aux avancées scientifiques un fourvoiement de la pensée. Au contraire, ce qui était considéré comme une aberration (le globe terrestre et l’héliocentrisme) est devenue cette vérité universelle enseignée. 

    Dans notre vie quotidienne, l’énonciation – ou pas – de la vérité participe de l’époque dans laquelle nous vivons. Faut-il dire, par exemple, la vérité aux enfants adoptés, s’interroge un autre intervenant ? Sans nul doute, dit Bruno, pendant des années il fallait taire à ces enfants victimes d’un traumatisme sans égal cette réalité douloureuse. La vérité cachée devait leur permettre de se construire une vie dite "normale", comme si rien ne s’était passé. Aujourd’hui, cette ancienne évidence (l’evidence anglaise, la "preuve") est largement remise en cause. Un nouveau paradigme est apparu au sujet de ces enfants adoptés : la vérité ne peut être que bonne à dire, nombre de spécialistes considérant que plus cette vérité est dite tôt, meilleure sera la situation de l’enfant par la suite… (pour en savoir plus, lire cet article) Cet exemple n’est pas sans susciter l’étonnement de personnes de ce café philo, preuve s’il en est que là comme souvent la vérité n’est jamais figée comme une idole taboue !

    Un nouvel intervenant évoque cette vérité scientifique évoquée plus haut : non, la vérité scientifique n’existe pas ! La science n’avance pas à coups de certitudes ex nihilo mais pas à pas, à l’aide d’hypothèses et d’intuitions savamment étudiées. C’est sur ces a priori que se construit ensuite un cheminement intellectuel, des expérimentations précises et une méthodologie rationnelle jusqu’à aboutir à l’énoncé non d’une vérité mais d’une affirmation admise par la majorité du corps scientifique ("Cette vieille erreur, qu'il n'y a de parfaitement vrai que ce qui est prouvé, et que toute vérité repose sur une preuve, quand, au contraire, toute preuve s'appuie sur une vérité indémontrée" affirme Arthur Schopenhauer). Finalement, dire la vérité scientifique, vertu capitale dans nos sociétés, n’est-ce pas avant tout chercher à enseigner et divulguer un savoir à l’ensemble de la population ? Pour aller plus loin, rendez-vous sur ce lien au sur le dernier essai de Bruno Latour.  

    La Vérité par Gérôme.jpgLa notion évanescente de la vérité, parfois érigée en totem, la rend difficile à définir. Comment connaître ce qui est vrai, demande une participante? La réponse est d’autant plus insoluble dans une société gavée d’informations contradictoires, convient l’ensemble de l’assistance. Il est d’ailleurs paradoxal de constater qu’alors que les tribunaux utilisent avec solennité l’expression "Je jure de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité", c’est dans ces lieux que la vérité, discutée, débattu, analysée, reste insaisissable… Et pourtant, dans cette situation, l’expression "à chacun sa vérité" est insoutenable ! Trouver et énoncer LA vérité c’est faire lumière sur. 

    Pourquoi ne pas considérer que la vérité, telle que nous pourrions la concevoir, est cet accord, cette adéquation entre l’idée que nous nous faisons d’une chose et cette chose? C’est ce jugement qui colle à la réalité, comme le disait Heidegger. Spinoza dit également ceci: "On appelle idée vraie celle qui montre une chose comme elle est en elle-même ; fausse, celle qui montre une chose autrement qu’elle n’est en réalité". De là vient l’impression que ces vérités ne sont ni plus ni moins que des opinions, partagées ou non.

    Énoncer ou pas "sa" vérité à autrui ne se conçoit qu’à l’aune d’une vérité fluctuante. Ceci étant dit, ne pas dire le vrai – ou ce qui nous paraît tel quel – peut-il être moralement tenable? Un participant répond par l’affirmatif : entre le mensonge et la vérité brutale, il y a l’entre-deux, le compromis : le silence. Je connais une réalité douloureuse mais je choisis de la taire, ce que la pensée chrétienne a traduit comme "mensonge par omission". "Se taire, ne rien dire qui pourrait blesser, ce n’est pas vraiment mentir" ajoute ce participant. La morale est-elle sauve pour autant, demande Claire ? Ce paravent du silence n’est-il pas une mesure facile pour ne pas m’engager ? N’est-ce pas cacher un voile pudique et me mentir à moi-même? Ce mensonge par omission fait assurément débat et entre de plain-pied dans un problème d’éthique.

    Allégorie La Vérité sortant du puits armée de son martinet pour châtier l'humanité.jpgLorsque tel(le) ou tel(le) choisit au contraire de ne pas garder le silence, qu’est-ce qui peut me pousser à cacher la vérité ? Cela peut être pour des raisons égoïstes (cacher un méfait) mais cela aussi peut être pour ne pas blesser autrui. Le mensonge se pare alors de vertu. Moralement, je choisis de protéger autrui qui, je le sais, sera blessé par l’annonce d’une nouvelle. L’exemple médical est cité: tel(le) ou tel(le) pourra ne pas être tenu au courant de son propre état de santé par son médecin. Ce dernier prendra en main le soin de son patient ou de sa patiente en lui cachant tout ou partie de la vérité : à quoi bon faire souffrir moralement un patient lorsque cacher la réalité paraît si commode ? Concevoir ainsi les relations malade/médecin n’est pas sans susciter un vif débat. Une participante rétorque que cette attitude est condamnable. Pour prendre cet exemple, conclut-elle, un patient doit connaître la vérité, fusse-t-elle difficile à accepter ! Cet exemple permet ainsi de s’interroger sur le pouvoir de la vérité. Peut-on s’octroyer le droit de garder une telle emprise sur autrui ?

    Une intervention vient appuyer cet impératif de dire le vrai : de quel droit devrais-je m’arroger le droit de décider si telle ou telle vérité doit être dévoilé, sous le prétexte que je me dois de protéger autrui ? Le connais-je suffisamment pour augurer de sa réaction ? Pour les meilleures raisons du monde, je peux estimer qu’il ne sert à rien de faire souffrir autrui en lui dévoilant une situation ; cependant, qui peut me certifier que ce dévoilement ne va pas être finalement bénéfique (que l’on se réfère à la métaphore de la Caverne de Platon, cf. lien) ?

    Une participante ajoute, non sans malice, que la posture des plus petits peut être exemplaire : ne dit-on pas que la "vérité sort de la bouche des enfants" ?

    Ne pas dire la vérité à tout prix, dit encore Claire, c’est se placer dans une posture plus ambiguë qu’il n’y paraît. C’est affirmer une emprise, un pouvoir sur autrui, tant il est vrai que le savoir (celui du scientifique ou du professeur par exemple) est sensé apporter une autorité certaine. Lorsque autrui est un proche, un ami, suis-je prêt à prendre le risque de dénaturer mes relations avec lui en me plaçant en situation de supériorité morale ? De la même manière, autrui à qui je "dis ses quatre vérités" est-il prêt à accepter mon emprise sur lui, jusqu’à m’être redevable de lui avoir ouvert les yeux ? Le Président de la République qui vient énoncé "la vérité du 17 octobre 1961" (cf. plus haut) ne se place-t-il pas d’emblée dans une situation d’autorité, contestée ou non ?

    vérité gravure anon.jpgC’est sous l’angle du problème de du pouvoir que se place ensuite le débat. Plus précisément, c’est l’autorité tyrannique qui nous met en face des contradictions s’agissant de l’impératif de la vérité. Oui, affirment plusieurs participants, on peut mentir pour des raisons morales ! Je suis même en droit, comme le dit John Locke, de tuer le tyran qui me gouverne ! L’histoire de l’Humanité est riche de ces moments où le mensonge s’invite à la table de l’humanité et de la fraternité. Un participant évoque à ce sujet l’exemple des Justes qui, pendant la seconde guerre mondiale, ont accueilli et protégé des personnes pourchassées jusqu’au péril de leur vie. Par ces actes, ils ont non seulement contesté l’autorité considérée à l’époque comme légale mais encore utilisé le mensonge comme moyen de résistance. Par un retournement de l’Histoire, le mensonge est devenu une arme au service d’une action morale ; au contraire, les citoyens qui ont suivi l’autorité tyrannique sans rien lui cacher ont reçu l’opprobre pour ne pas dire la condamnation de l’Histoire.

    Le bouquin du mois :

    C’est l’opportunité pour Claire de présenter le livre d’Emmanuel Kant, D’un prétendu Droit de mentir par Humanité (1785). (cf. lien).

    La position de Kant a suscité une controverse avec Benjamin Constant, dans son ouvrage La France, publié en 1797. Pour en savoir plus sur la polémique entre Emmanuel Kant et Benjamin Constant, rendez-vous sur ce lien.

    véritéClaire résume ainsi la position de Kant : s’intéressant au "mensonge généreux", Kant  prend pour exemple un pouvoir tyrannique accusant mon ami d’un crime, crime qui condamne assurément cet ami. Celui-ci se réfugie chez moi et s’y cache. La police vient frapper à ma porte et me demande de la renseigner sur le fugitif. Quelle doit être ma position ? Dois-je ou non dire la vérité ? Le mensonge n’a-t-il pas toute sa justification morale, comme en conviennent nombre de participants du café philo ? C’est la position de Benjamin Constant qui affirme que "nul d’a droit à la vérité qui nuit à autrui." Or, dit Claire, Kant place la vérité au dessus de toute considération : même dans ce cas de figure, le mensonge ne m’est pas permis moralement, aussi choquante que soit cette assertion dans un cas aussi exceptionnel ! En mentant, je me rends responsables de cet acte et j’en porte l’entière responsabilité quelles qu’en soient les conséquences. Au contraire, la justice publique ne peut s’en prendre à moi si je dis la vérité. 

    Pour protéger cet ami pourchassé par un pouvoir criminel que je honnis, le mensonge n’est-il pas la solution idéale pour qu’une morale soit sauve ? Non, répond Kant ainsi : "Il est possible qu’après que vous avez loyalement répondu oui au meurtrier [les policiers aux ordres du pouvoir tyrannique] qui vous demandait si son ennemi [cet ami en fuite] était dans la maison, celui-ci en sorte inaperçu et échappe ainsi aux mains de l’assassin, de telle sorte que le crime n’ait pas lieu ; mais, si vous avez menti en disant qu’il n’était pas à la maison et qu’étant réellement sorti (à votre insu) il soit rencontré par le meurtrier, qui commette son crime sur lui, alors vous pouvez être justement accusé d’avoir causé sa mort. En effet, si vous aviez dit la vérité, comme vous la saviez, peut-être le meurtrier, en cherchant son ennemi dans la maison, eût-il été saisi par des voisins accourus à temps, et le crime n’aurait-il pas eu lieu."

    Le mensonge porte en lui une atteinte à l’ordre sacré et à l’Humanité. Ne pas dire la vérité c’est dénaturer en profondeur le sens de la parole. En mentant, je fais en sorte "que les déclarations ne trouvent en général aucune créance, et que par conséquent aussi tous les droits, qui sont fondés sur des contrats, s’évanouissent et perdent leur force, ce qui est une injustice faite à l’humanité en général… C’est donc un ordre sacré de la raison, un ordre qui n’admet pas de condition, et qu’aucun inconvénient ne saurait restreindre, que celui qui nous prescrit d’être véridiques (loyaux) dans toutes nos déclarations."

    Cette séance du café philosophique de Montargis se termine par le rappel du prochain débat, le vendredi 30 novembre (même lieu, même heure) : "Mémoire, mémoires…" avec la participation de Jean-Dominique Paoli. 

    Philo-galerie : 

    Peintures académiques du Second Empire de Jean-Léon Gérôme (1824-1904).


    Lien permanent Catégories : =>Saison 4, Comptes-rendus des débats, Le bouquin du mois, Philo-galerie, [26] "La vérité est-elle toujours bonne à dire?" Imprimer
  • BIENTÔT, LE COMPTE-RENDU DE LA DERNIÈRE SÉANCE SUR LA VÉRITÉ

    BIentôt, sur ce site, vous pourrez retrouver le compte-rendu de la dernière séance du café philosophique de Montargis qui avait pour titre : "La vérité est-elle toujours bonne à dire ?"

    Le dernier compte-rendu en ligne est celui de la séance du 28 septembre 2012 : "Prendre son temps, est-ce le perdre ?"

     

    Lien permanent Catégories : =>Saison 4, Comptes-rendus des débats, Vie du site, vie du café philo, [26] "La vérité est-elle toujours bonne à dire?" Imprimer
  • PORTFOLIO DE LA SÉANCE DU 19 OCTOBRE


    Lien permanent Catégories : =>Saison 4, Portfolio, Vie du site, vie du café philo, [26] "La vérité est-elle toujours bonne à dire?" Imprimer
  • MERCI AUX (NOMBREUX) PARTICIPANTS DE LA SÉANCE DU 19 OCTOBRE

    Plus de 100 personnes étaient présentes à la dernière séance du café philosophique de Montargis ! Un record pour notre rendez-vous...

    DSCF7953.JPGCe débat, intitulée "La vérité est-elle toujours bonne à dire ?", a permis des échanges riches, passionnés et toujours respectueux. Bientôt, sur ce site, vous pourrez retrouver le compte-rendu de ce débat.

    Un grand merci à tous !

    La prochaine séance du café philo aura lieu le vendredi 30 novembre à 19 heures dans notre lieu de rendez-vous habituel, la Brasserie du centre commercial de la Chaussée. Il s'agira d'une séance exceptionnelle, co-animée avec Jean-Dominique Paoli, et qui aura pour sujet la mémoire. Le débat philosophique sera intitulé : "Mémoire, mémoires... : Cette mémoire qui nous construit, cette mémoire qui nous détruit".

     

    Lien permanent Catégories : =>Saison 4, [26] "La vérité est-elle toujours bonne à dire?", [27] "Mémoire, mémoires..." Imprimer
  • NOTRE PROCHAINE SÉANCE

    affiche vérité.PNG

    La prochaine séance du café philosophique de Montargis aura lieu le vendredi 19 octobre 2012 à 19H à la Brasserie du Centre commercial de la Chaussée. Le débat portera sur ce thème : "La vérité est-elle toujours bonne à dire?" 

    A bientôt.


    Lien permanent Catégories : =>Saison 4, [26] "La vérité est-elle toujours bonne à dire?" Imprimer
  • LE COEUR COMME MOYEN D’ACCÈS A LA VÉRITÉ

    vérité,pascal"Nous connaissons la vérité, non seulement par la raison, mais encore par le coeur ; c'est de cette dernière sorte que nous connaissons les premiers principes, et c'est en vain que le raisonnement, qui n'y a point de part, essaye de les combattre. Les pyrrhoniens, qui n'ont que cela pour objet, y travaillent inutilement. Nous savons que nous ne rêvons point ; quelque impuissance où nous soyons de le prouver par raison, cette impuissance ne conclut autre chose que la faiblesse de notre raison, mais non pas l'incertitude de toutes nos connaissances, comme ils le prétendent. Car la connaissance des premiers principes, comme qu'il y a espace, temps, mouvements, nombres, est aussi ferme qu'aucune de celles que nos raisonnements nous donnent. Et c'est sur ces connaissances du coeur et de l'instinct qu'il faut que la raison s'appuie, et qu'elle y fonde tout son discours. (Le coeur sent qu'il y a trois dimensions dans l'espace et que les nombres sont infinis ; et la raison démontre ensuite qu'il n'y a point deux nombres carrés dont l'un soit le double de l'autre. Les principes se sentent, les propositions se concluent ; et le tout avec certitude, quoique par différentes voies.) Et il est aussi inutile et ridicule que la raison demande au coeur des preuves de ses premiers principes, pour vouloir y consentir, que le coeur demandât à la raison un sentiment de toutes les propositions qu'elle démontre, pour vouloir les recevoir. Cette impuissance ne doit donc servir qu'à humilier la raison, qui voudrait juger de tout, mais non pas à combattre notre certitude, comme s'il n'y avait que la raison capable de nous instruire."

    Blaise Pascal, Pensées, 282


    Lien permanent Catégories : =>Saison 4, Compilation de textes, Documents, Livres, [26] "La vérité est-elle toujours bonne à dire?" Imprimer
  • LORSQUE LE MENSONGE TUE : L'AFFAIRE ROMAND

    romand.jpg

    Lundi 11 janvier 1993, vers 4 heures 15 du matin, les pompiers arrivent sur les lieux d'un incendie à Prévessin-Moens, dans l'Ain à la frontière genevoise. La maison de la famille Romand est la proie des flammes. A l'intérieur de l'ancienne ferme ils découvrent les corps dans vie de Florence Romand qui présente des marques sur la tête et de ses deux enfants Antoine et Caroline âgés de cinq et sept ans, en partie carbonisés. Jean-Claude Romand est toujours vivant mais plongé dans un profond coma.

    Le lendemain les gendarmes se rendent à Clairvaux-les-Lacs, dans le Jura, au domicile des parents de Jean-Claude Romand pour leur annoncer la triste nouvelle. Mais, sur place ils font une macabre découverte. Aimé et Anne-Marie Romand ainsi que leur chien ont été assassinés durant le week-end.

    Dans la BMW louée par Jean-Claude Romand, les enquêteurs trouvent un message : "Un banal accident et une injustice peuvent provoquer la folie. Pardon." Il ne fait alors plus aucun doute qu'il est l'auteur de cette tuerie...

    LA SUITE ICI...

    Lien permanent Catégories : =>Saison 4, [26] "La vérité est-elle toujours bonne à dire?" Imprimer
  • LORSQUE L'HISTOIRE MENT...

    D64DB0504D91EA85911B97CAD692B.jpg

     

    Lien permanent Catégories : =>Saison 4, Documents, Peintures/Photos/BD, [26] "La vérité est-elle toujours bonne à dire?" Imprimer
  • POURQUOI ET POUR QUOI DEVRAIT-ON DIRE LA VÉRITÉ ?

    "Si tu as, par exemple, empêché d'agir par un mensonge quelqu'un qui se trouvait avoir alors des intentions meurtrières, tu es responsable d'un point de vue juridique de toutes les conséquenses qui pourraient en résulter. Mais si tu t'en es tenu strictement à la vérité, la justice publique ne peut rien te Kant.jpgfaire quelles que soient les conséquenses imprévues. Il peut toutefois se produire qu'après que tu as honnêtement répondu oui au meurtrier qui te demandait si celui qu'il voulait tuer était chez toi, celui-ci soit cependant sorti sans être remarqué et qu'ainsi il ait échappé au meurtrier, que le crime alors n'ait pas eu lieu; mais supposons que tu aies menti et dit qu'il n'était pas chez toi, et qu'il soit réellement sorti (bien qu'à ton insu); si le meurtrier le rencontrant en train de sortir, accomplissait son crime, tu peux alors être à bon droit accusé d'être la cause de sa mort. (...). Par conséquent celui qui ment, quelque bien intentionné qu'il puisse être, doit répondre des conséquenses de son mensonge. (...) et en payer le prix, quel que soit leur caractère imprévisible. Car dire la vérité constitue un devoir qui doit être considéré comme la base de tous les devoirs qui sont à fonder sur un contrat, et dont la loi, si on y tolère ne serait-ce que la plus petite exception, est rendue chancelante et vaine."

    Emmanuel Kant, Du Prétendu droit de mentir par humanité

    Lien permanent Catégories : =>Saison 4, Compilation de textes, Documents, Livres, [26] "La vérité est-elle toujours bonne à dire?" Imprimer
  • COMMENT PARVENIR À LA VÉRITÉ ?

    "Archimède, pour tirer le globe terrestre de sa place et le transporter en un autre lieu, ne demandait rien qu'un point qui fût fixe et assuré. Ainsi j'aurai droit de concevoir de hautes espérances, si je suis assez heureux pour trouver seulement une chose qui soit certaine et indubitable.

    descartes.jpgJe suppose donc que toutes les choses que je vois sont fausses ; je me persuade que rien n'a jamais été de tout ce que ma mémoire remplie de mensonges me représente ; je pense n'avoir aucun sens ; je crois que le corps, la figure, l'étendue, le mouvement et le lieu ne sont que des fictions de mon esprit. Qu'est-ce donc qui pourra être estimé véritable ? Peut-être rien autre chose, sinon qu'il n'y a rien au monde de certain.

    Mais que sais-je s'il n'y a point quelque autre chose différente de celles que je viens de juger incertaines, de laquelle on ne puisse avoir le moindre doute ? N'y a-t-il point quelque Dieu ou quelque autre puissance qui me met en l'esprit ces pensées ? Cela n'est pas nécessaire ; car peut-être que je suis capable de les produire de moi-même. Moi donc à tout le moins ne suis-je point quelque chose ? Mais j'ai déjà nié que j'eusse aucun sens ni aucun corps ; j'hésite néanmoins, car que s'ensuit-il de là ? Suis-je réellement dépendant du corps et des sens que je ne puisse être sans eux ? Mais j'ai déjà nié qu'il n'y avait rien du tout dans le monde ; qu'il n'y avait aucun ciel, aucune terre, aucuns esprits ni aucuns corps ; ne me suis-je donc pas aussi persuadé que je n'étais point ? Tant s'en faut ; j'étais sans doute, si je me suis persuadé ou seulement si j'ai pensé quelque chose. Mais il y a un je ne sais quel trompeur très puissant et très rusé qui emploie toute son industrie à me tromper toujours.

    Il n'y a donc point de doute que je suis, s'il me trompe ; et qu'il me trompe tant qu'il voudra, il ne saura jamais faire que je ne sois rien tant que je penserai être quelque chose. De sorte qu'après y avoir bien pensé et avoir soigneusement examiné toutes choses, enfin il faut conclure, et tenir pour constant que cette proposition : Je suis, j'existe, est nécessairement vraie, toutes les fois que je la prononce ou que je la conçois en mon esprit."

    Réné Descartes, Méditations métaphysiques, II, §§. 2-4

     
    Lien permanent Catégories : =>Saison 4, Compilation de textes, Documents, Livres, [26] "La vérité est-elle toujours bonne à dire?" Imprimer
  • LE MENSONGE EST-IL PRÉFÉRABLE À LA VÉRITÉ ?

    "Voici, par exemple, une femme qui s’est rendue à un premier rendez-vous. Elle sait fort bien les intentions que l’homme qui lui parle nourrit à son égard. Elle sait aussi qu’il lui faudra prendre tôt ou tard une décision. Mais elle n’en veut pas sentir l’urgence : elle s’attache seulement à ce qu’offre de respectueux et de discret l’attitude de son partenaire. Elle ne saisit pas cette conduite comme une tentative pour réaliser ce qu’on nomme "les premières approches", c’est-à-dire qu’elle ne veut pas voir les possibilités de développement temporel que présente cette conduite : elle borne ce comportement à ce qu’il est dans le présent, elle ne veut pas lire dans les phrases qu’on lui adresse autre chose que leur sens explicite, si on lui dit : "Je vous admire tant", elle désarme cette phrase de son arrière-fond sexuel, elle attache aux discours et à la conduite de son interlocuteur des 12-SartreCouverture.jpgsignifications immédiates qu’elle envisage comme des qualités objectives. L’homme qui lui parle lui semble sincère et respectueux comme la table est ronde ou carrée, comme la tenture murale est bleue ou grise. Et les qualités ainsi attachées à la personne qu’elle écoute se sont ainsi figées dans une permanence chosiste qui n’est autre que la projection dans l’écoulement temporel de leur strict présent. C’est qu’elle n’est pas au fait de ce qu’elle souhaite : elle est profondément sensible au désir qu’elle inspire, mais le désir cru et nu l’humilierait et lui ferait horreur. Pourtant, elle ne trouverait aucun charme à un respect qui serait uniquement du respect. Il faut, pour la satisfaire, un sentiment qui s’adresse tout entier à sa personne, c’est-à-dire à sa liberté plénière, et qui soit une reconnaissance de sa liberté. Mais il faut en même temps que ce sentiment soit tout entier désir, c’est-àdire qu’il s’adresse à son corps en tant qu’objet. Cette fois donc, elle refuse de saisir le désir pour ce qu’il est, elle ne lui donne même pas de nom, elle ne le reconnaît que dans la mesure où il se transcende vers l’admiration, l’estime, le respect et où il s’absorbe tout entier dans les formes plus élevées qu’il produit, au point de n’y figurer plus que comme une sorte de chaleur et de densité. Mais voici qu’on lui prend la main. Cet acte de son interlocuteur risque de changer la situation en appelant une décision immédiate : abandonner cette main, c’est consentir de soi-même au flirt, c’est s’engager. La retirer, c’est rompre cette harmonie trouble et instable qui fait le charme de l’heure. Il s’agit de reculer le plus loin possible l’instant de la décision. On sait ce qui se produit alors : la jeune femme abandonne sa main, mais ne s’aperçoit pas qu’elle l’abandonne. Elle ne s’en aperçoit pas parce qu’il se trouve par hasard qu’elle est, à ce moment, tout esprit. Elle entraîne son interlocuteur jusqu’aux régions les plus élevées de la spéculation sentimentale, elle parle de la vie, de sa vie, elle se montre sous son aspect essentiel : une personne, une conscience. Et pendant ce temps, le divorce du corps et de l’âme est accompli ; la main repose inerte entre les mains chaudes de son partenaire : ni consentante ni résistante – une chose.

    Nous dirons que cette femme est de mauvaise foi. Mais nous voyons aussitôt qu’elle use de différents procédés pour se maintenir dans cette mauvaise foi. Elle a désarmé les conduites de son partenaire en les réduisant à n’être que ce qu’elles sont, c’est-à-dire à exister sur le mode de l’en-soi. Mais elle se permet de jouir de son désir, dans la mesure où elle le saisira comme n’étant pas ce qu’il est, c’est-à-dire où elle en reconnaîtra la transcendance. Enfin, tout en sentant profondément la présence de son propre corps – au point d’être troublée peut-être – elle se réalise comme n’étant pas son propre corps et elle le contemple de son haut comme un objet passif auquel des événements peuvent arriver, mais qui ne saurait ni les provoquer ni les éviter, parce que tous ses possibles sont hors de lui. Quelle unité trouvons-nous dans ces différents aspects de la mauvaise foi ? C’est un certain art de former des concepts contradictoires, c’est-à-dire qui unissent en eux une idée et la négation de cette idée."

    Jean-Paul Sartre, L’Être et le Néant, Première partie, chapitre II "La mauvaise foi", Gallimard, 1943

    Lien permanent Catégories : =>Saison 4, Compilation de textes, Documents, Livres, [26] "La vérité est-elle toujours bonne à dire?" Imprimer
  • PROCHAIN CAFÉ PHILOSOPHIQUE SUR LA VÉRITÉ

    Le vendredi 19 octobre à 19 heures à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée aura lieu le prochain débat du café philosophique de Montargis. Pour ce nouveau rendez-vous, le sujet du débat choisi par les participants de la dernière séance s’intitule : "La vérité est-elle toujours bonne à dire ?"

    Vérité François JOUFFROY Premier secret confié à Vénus 1839.jpgDire la vérité est-ce seulement conférer une réalité immuable et incontestable à un fait ? A priori, la vérité doit s’imposer d’elle-même, telle une évidence, face au mensonge qui paraît immoral. Pourtant, force est de constater que le vrai a souvent du mal à s’imposer sans être critiqué ici ou là. Ne voit-on pas des vérités scientifiques que d’aucuns jugeaient un jour irréfutables être battues en brèche pour être remplacées par d’autres vérités scientifiques ? Que l’on pense à la naissance de l’univers ou à la forme de la terre. Dire de bonne foi la vérité un jour ne peut-il pas devenir plus tard la défense d’un mensonge ? De même, lorsque cette vérité paraît incontestable, la dévoiler ne peut-il pas devenir un acte moralement répréhensible ? Dès lors, a-t-on le droit, voire parfois, le devoir, de mentir ?    

    C’est sur ces questions, et sur bien d’autres sans doute, que le débat portera. Le café philosophique de Montargis est ouvert à tous. La participation est libre et gratuite. 

    Lien permanent Catégories : =>Saison 4, [26] "La vérité est-elle toujours bonne à dire?" Imprimer