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=>Saison. 10

  • Paul de Tarse : Contre les désirs de la chair

    Je dis donc : Marchez selon l’Esprit et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair. Car la chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair ; ils sont opposés afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez. Si vous êtes conduits par la chair, vous n’êtes pas sous la loi. Or, les œuvres de la chair sont manifestes, ce sont l’impudicité, l’impureté, la dissolution, l’idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l’envie, l’ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables. Je vous dis d’avance, comme je vous l’ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n’hériteront point le royaume de Dieu. Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance ; la loi n’est pas contre ces choses. Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi selon l’Esprit. Ne cherchons pas une vaine gloire, en nous provoquant les uns les autres, en nous portant envie les uns aux autres.

    Paul de Tarse, L’Épître aux Galates (Ier s. ap. JC)

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  • "Déshabillez-moi"

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  • Rousseau : Malheur à qui n’a plus rien à désirer

    Malheur à qui n’a plus rien à désirer ! il perd pour ainsi dire tout ce qu’il possède. On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère, et l’on n’est heureux qu’avant d’être heureux. En effet, l’homme avide et borné, fait pour tout vouloir et peu obtenir, a reçu du ciel une force consolante qui rapproche de lui tout ce qu’il désire, qui le soumet à son imagination, qui le lui rend présent et sensible, qui le lui livre en quelque sorte, et pour lui rendre cette imaginaire propriété plus douce, le modifie au gré de sa passion. Mais tout ce prestige disparaît devant l’objet même ; rien n’embellit plus cet objet aux yeux du possesseur ; on ne se figure point ce qu’on voit ; l’imagination ne pare plus rien de ce qu’on possède, l’illusion cesse où commence la jouissance. Le pays des chimères est en ce monde le seul digne d’être habité et tel est le néant des choses humaines, qu’hors l’Être existant par lui-même, il n’y a rien de beau que ce qui n’est pas.

    Si cet effet n’a pas toujours lieu sur les objets particuliers de nos passions, il est infaillible dans le sentiment commun qui les comprend toutes. Vivre sans peine n’est pas un état d’homme ; vivre ainsi c’est être mort. Celui qui pourrait tout sans être Dieu, serait une misérable créature ; il serait privé du plaisir de désirer ; toute autre privation serait plus supportable.

    Jean-Jacques Rousseau, La Nouvelle Héloïse (1761) 

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  • Saint Augustin : "Dévoré du désir secret de l'amour)

    Je vins à Carthage, et partout autour de moi bouillait à gros bouillons la chaudière des amours honteuses. Je n’aimais pas encore, et j’aimais à aimer; dévoré du désir secret de l’amour, je m’en voulais de ne l’être pas plus encore. Comme j’aimais à aimer, je cherchais un objet à mon amour, j’avais horreur de la paix d’une voie sans embûches. Mon âme avait faim, privée qu’elle était de la nourriture de l’âme, de vous-même, mon Dieu, mais je ne sentais pas cette faim. J’étais sans appétit pour les aliments incorruptibles, non par satiété, mais plus j’en étais privé, plus j’en avais le dégoût. Et c’est pourquoi mon âme était malade et, rongée d’ulcères, se jetait hors d’elle-même, avec une misérable et ardente envie de se frotter aux créatures sensibles. Mais si ces créatures n’avaient pas une âme, à coup sûr, on ne les aimerait pis. Aimer et être aimé m’était bien plus doux, quand je jouissais du corps de l’objet aimé. Je souillais donc la source de l’amitié des ordures de la concupiscence; j’en ternissais la pureté des vapeurs infernales de la débauche. Repoussant et infâme, je brûlais dans mon extrême vanité de faire l’élégant et le mondain. Je me ruai à l’amour où je souhaitais être pris. Mon Dieu, qui m’avez fait miséricorde, de quel fiel, dans votre bonté, vous en avez arrosé pour moi la douceur ! Je fus aimé, j’en vins secrètement aux liens de la possession.

    Saint Augustin, Confessions (397-401)

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  • Flaubert : les émois de madame Bovary

    D’abord, ce fut comme un étourdissement ; elle voyait les arbres, les chemins, les fossés, Rodolphe, et elle sentait encore l’étreinte de ses bras, tandis que le feuillage frémissait et que les joncs sifflaient.

    Mais, en s’apercevant dans la glace, elle s’étonna de son visage. Jamais elle n’avait eu les yeux si grands, si noirs, ni d’une telle profondeur. Quelque chose de subtil épandu sur sa personne la transfigurait.

    Elle se répétait : » J’ai un amant ! un amant ! » se délectant à cette idée comme à celle d’une autre puberté qui lui serait survenue. Elle allait donc posséder enfin ces joies de l’amour, cette fièvre du bonheur dont elle avait désespéré. Elle entrait dans quelque chose de merveilleux où tout serait passion, extase, délire ; une immensité bleuâtre l’entourait, les sommets du sentiment étincelaient sous sa pensée, et l’existence ordinaire n’apparaissait qu’au loin, tout en bas, dans l’ombre, entre les intervalles de ces hauteurs.

    Alors elle se rappela les héroïnes des livres qu’elle avait lus, et la légion lyrique de ces femmes adultères se mit à chanter dans sa mémoire avec des voix de soeurs qui la charmaient. Elle devenait elle-même comme une partie véritable de ces imaginations et réalisait la longue rêverie de sa jeunesse, en se considérant dans ce type d’amoureuse qu’elle avait tant envié. D’ailleurs, Emma éprouvait une satisfaction de vengeance. N’avait-elle pas assez souffert ! Mais elle triomphait maintenant, et l’amour, si longtemps contenu, jaillissait tout entier avec des bouillonnements joyeux. Elle le savourait sans remords, sans inquiétude, sans trouble.

    Gustave Flaubert, Madame Bovary (1857)

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  • Le désir n'est-il que le manque ?

    Affiche Le désir n'est il que le manque.png

    Le café philosophique de Montargis proposera sa prochaine séance au Belman. Ce sera le vendredi 18 janvier 2019 à 19 heures. Le débat portera sur cette question : "Le désir n'est-il que le manque ?" 

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  • Pour aller plus loin

    Affiche Peut on être seul au milieu des autres.pngPour compléter la séance du 23 novembre qui portait sur la question "Va-t-on trop vite ?", retrouvez sur ce lien le diaporama qui était diffusé. 

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  • Merci aux participants de la séance du 23 novembre 2018

    tenor.gifLe café philosophique de Montargis se réunissait le vendredi 23 novembre 2018 pour un débat qui portait autour de ce sujet : "Peut-on être seul·e au milieu des autres?"

    Plus de 40 personnes étaient étaient présentes pour ce 77e débat. Merci aux participants et au café Le Belman pour son accueil.

    Le café philo fixe son prochain rendez-vous au Belman le vendredi 18 janvier 2019 à 19 heures. Le débat portera sur cette question : "Le désir n'est-il que le manque?"

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  • Peut-on être seul·e au milieu des autres?

    Le café philosophique de Montargis proposera sa prochaine séance au café Le Belman le vendredi 23 novembre 2018 à 19 heures. Le débat portera sur cette question : "Peut-on être seul·e au milieu des autres?"

    Il y a d’emblée une incohérence dans cette interrogation : la solitude signifierait une forme d’isolement au monde contraint ou choisi. Être seul au milieu des autres paraîtrait donc contradictoire. Lors du débat, les animateurs proposeront de s’interroger sur mes rapports aux autres : ai-je besoin d’eux pour exister ?

    Qu’est-ce que j’attends au juste des autres ? Qu’entend-on par alter-ego – littéralement cet "autre moi" ? Cet alter-ego peut-il être un obstacle à ma singularité et à ma liberté ? L’autre me condamnerait-il à une forme de solitude ? Et de quelle solitude parle-t-on, justement ? Cette solitude peut-elle être voulue et assumée ? Et est-ce que je peux m’accomplir dans une forme d’isolement ? Ce sont quelques-unes des questions qui seront posées au cours de ce 77e débat du café philo. Cela aura lieu au Belman, le vendredi 23 novembre 2018 à 19 heures.

    La participation sera libre et gratuite.

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  • Ils ont dit, au sujet de la solitude et des autres

    "Dieu dit: Il n'est pas bon que l'homme soit seul; je lui ferai une aide semblable à lui." [Genèse]

    "Il n'était jamais moins seul que lorsqu'il était seul" [Caton]

    "Maintenant donc que mon esprit est libre de tous soins, et que je me suis procuré un repos assuré dans une paisible solitude, je m'appliquerai sérieusement et avec liberté à détruire généralement toutes mes anciennes opinions." [René Descartes]

    "C'est dans les villes les plus peuplées que l'on peut trouver la plus grande solitude." [Jean Racine]

    "Qui n'aime donc pas la solitude n'aime pas la liberté, car on n'est libre qu'étant seul" [Arthur Schopenhauer]

    "Donc cette prétendue bonne société n'a pas seulement l'inconvénient de nous mettre en contact avec des gens que nous ne pouvons ni approuver ni aimer, mais encore elle ne nous permet pas d'être nous-même, d'être tel qu'il convient à notre nature." [Arthur Schopenhauer]

    "Personne ne peut être heureux dans une solitude éternelle." [Anne Brontë]

    "Lorsque Zarathoustra eut atteint sa trentième année, il quitta sa patrie et le lac de sa patrie et s’en alla dans la montagne. Là il jouit de son esprit et de sa solitude et ne s’en lassa point durant dix années." [Friedrich Nietzsche]

    "Et sans doute les premiers temps avait-il pensé, dans la solitude même, avec plaisir que, par le moyen de ses œuvres, il s’adressait à distance, il donnait une plus haute idée de lui, à ceux qui l’avaient méconnu ou froissé. Peut-être alors vécut-il seul, non par indifférence, mais par amour des autres." [Marcel Proust]

    "Une seule chose est nécessaire : la solitude. La grande solitude intérieure. Aller en soi-même et ne rencontrer pendant des heures personne, c'est à cela qu'il faut parvenir. Etre seul, comme l'enfant est seul..." [Rainer Maria Rilke]

    "Il est bon de redire que l'homme ne se forme jamais par l'expérience solitaire." [Alain]

    "La solitude est une prison." [Lao She]

    "Ce que nous appelons isolement dans la sphère politique, se nomme désolation dans la sphère des relations humaines. Isolement et désolation font deux." [Hannah Arendt]

    "La désolation n'est pas la solitude. Celle-ci requiert que l'on soit seul, alors que celle-là n'apparaît jamais mieux qu'en compagnie." [Hannah Arendt]

    "Alors, c'est ça l'enfer. Je n'aurais jamais cru ... Vous vous rappelez : le soufre, le bûcher, le gril... Ah ! Quelle plaisanterie… Pas besoin de gril : l'enfer, c'est les Autres." [Jean-Paul Sartre]

    "J'ai voulu dire "l'enfer c'est les autres". Mais "l'enfer c'est les autres " a été toujours mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c'était toujours des rapports infernaux. Or, c'est tout autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l'autre ne peut être que l'enfer." [Jean-Paul Sartre]

    "L'absence c'est Dieu. Dieu, c'est la solitude des hommes." [Jean-Paul Sartre]

    "Tant la solitude me comble que le moindre rendez-vous m'est une crucifixion." [Emil Michel Cioran]

    "On ne trouve pas la solitude, on la fait." [Marguerite Duras]

    “Ce qui est le plus pénible est l'absence totale de solitude.” [Claude Lévi-Strauss]

    "Quant à la solitude, c'est évidemment notre lot à tous : le sage n'est plus proche de la sienne que parce qu'il est plus proche de la vérité. Mais la solitude n'est pas l'isolement : certains la vivent en ermite, certes, dans une grotte ou un désert, mais d'autres, aussi bien, dans un monastère, et d'autres encore les plus nombreux dans la famille ou la foule..." [André Comte-Sponville]

    "Tout courage vrai, tout amour vrai, même au service de la société, suppose ce rapport lucide à soi, qui est le contraire du narcissisme (…) et que j'appelle la solitude… L'égoïsme et la socialité vont ensemble ; ensemble la solitude et la générosité. Solitude des héros et des saints : solitude de Jean Moulin, solitude de l'abbé Pierre... Cela vaut aussi pour l'art ou la philosophie" [André Comte-Sponville]

    "Cela étant, comment aime-t-on lorsqu'on aime la solitude ? Comment quête-t-on l'autre ? Eh bien, je ne pense pas qu'il soit contradictoire d'aimer être seul et de parfois se laisser transporter jusqu'à « sortir de soi »" [Jean-Michel Besnier]

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  • Molière : Le misanthrope

    Alceste : Non, elle est générale, et je hais tous les hommes :
    Les uns, parce qu’ils sont méchants, et malfaisants ;
    Et les autres, pour être aux méchants, complaisants,
    Et n’avoir pas, pour eux, ces haines vigoureuses
    Que doit donner le vice aux âmes vertueuses .
    De cette complaisance, on voit l’injuste excès,
    Pour le franc scélérat avec qui j’ai procès ;
    Au travers de son masque, on voit à plein le traître,
    Partout, il est connu pour tout ce qu’il peut être ;
    Et ses roulements d’yeux, et son ton radouci,
    N’imposent qu’à des gens qui ne sont point d’ici.
    On sait que ce pied plat, digne qu’on le confonde,
    Par de sales emplois, s’est poussé dans le monde :
    Et, que, par eux, son sort, de splendeur revêtu,
    Fait gronder le mérite, et rougir la vertu.
    Quelques titres honteux qu’en tous lieux on lui donne,
    Son misérable honneur ne voit, pour lui, personne
    Nommez-le fourbe, infâme, et scélérat maudit,
    Tout le monde en convient, et nul n’y contredit.
    Cependant, sa grimace est, partout, bienvenue :
    On l’accueille, on lui rit ; partout, il s’insinue ;
    Et s’il est, par la brigue, un rang à disputer,
    Sur le plus honnête homme, on le voit l’emporter.
    Têtebleu, ce me sont de mortelles blessures,
    De voir qu’avec le vice on garde des mesures ;
    Et, parfois, il me prend des mouvements soudains,
    De fuir, dans un désert, l’approche des humains.

    Molière, Le Misanthrope (1666)

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  • De Rosnay : Seul et heureux

    Sentinelle-de-la-pluie.jpgPersonne ne peut me trouver quand je suis là-haut. Le silence ne me dérange pas. Ce n’est pas vraiment du silence, car il contient une multitude de petits bruits. Le friselis du feuillage. Le gémissement du vent. Le bourdonnement d’une abeille. Le cri-cri des cigales. Le battement d’une aile d’oiseau. Quand le mistral se lève et balaie la vallée, les milliers de branches mugissent comme la mer. C’est là que je venais jouer. C’était là mon royaume.

    Tatiana de Rosnay, Sentinelle de la Pluie (2018)

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  • L'affaire Christopher Knight, le reclus américain

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  • Nietzsche : Zarathoustra seul puis parmi les hommes

    Lorsque Zarathoustra eut atteint sa trentième année, il quitta sa patrie et le lac de sa patrie et s’en alla dans la montagne. Là il jouit de son esprit et de sa solitude et ne s’en lassa point durant dix années. Mais enfin son cœur se transforma, — et un matin, se levant avec l’aurore, il s’avança devant le soleil et lui parla ainsi :

    « Ô grand astre ! Quel serait ton bonheur, si tu n’avais pas ceux que tu éclaires ?

    Depuis dix ans que tu viens vers ma caverne : tu te serais lassé de ta lumière et de ce chemin, sans moi, mon aigle et mon serpent.

    Mais nous t’attendions chaque matin, nous te prenions ton superflu et nous t’en bénissions.

    Voici ! Je suis dégoûté de ma sagesse, comme l’abeille qui a amassé trop de miel. J’ai besoin de mains qui se tendent.
    Je voudrais donner et distribuer, jusqu’à ce que les sages parmi les hommes soient redevenus joyeux de leur folie, et les pauvres, heureux de leur richesse.

    Voilà pourquoi je dois descendre dans les profondeurs, comme tu fais le soir quand tu vas derrière les mers, apportant ta clarté au-dessous du monde, ô astre débordant de richesse !

    Je dois disparaître ainsi que toi, me coucher, comme disent les hommes vers qui je veux descendre.

    Bénis-moi donc, œil tranquille, qui peux voir sans envie un bonheur même sans mesure !

    Bénis la coupe qui veut déborder, que l’eau toute dorée en découle, apportant partout le reflet de ta joie !

    Vois ! cette coupe veut se vider à nouveau et Zarathoustra veut redevenir homme. »

    Ainsi commença le déclin de Zarathoustra.

    Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra (1883-1885)

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  • Juliette Armanet : "L'amour en solitaire"

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