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  • Ils ont dit, au sujet de la liberté et de ses dangers

    "Heureux sont les hommes libres et libres sont les hommes courageux." [Périclès]

    "Dans une cité démocratique tu entendras dire que c'est le plus beau de tous les biens, ce pourquoi un homme né libre ne saura habiter ailleurs que dans cette cité... Or, (...) n'est-ce pas le désir insatiable de ce bien, et l'indifférence pour tout le reste, qui change ce gouvernement et le met dans l'obligation de recourir à la tyrannie ?" [Platon]

    "On ne devrait pas abandonner à la masse des citoyens la haute main sur les élections de magistrats." [Aristote]

    "D'où vient, dis-je, cette libre faculté arrachée au destin, qui nous fait aller partout où la volonté nous mène ?" [Lucrèce]

    "L’esclave souhaite aussitôt d’être affranchi et libre. Pourquoi ? Croyez-vous que c’est par désir de donner de l’argent aux fermiers de l’impôt du vingtième ? Non, mais parce qu’il s’imagine mener une vie contrainte et malheureuse tant qu’il n’aura pas obtenu la liberté." [Épictète]

    "Si, par conséquent, tu t’attaches à quelqu’une de ces choses comme à un objet personnel, tu recevras le châtiment que mérite celui qui désire ce qui lui est étranger. Telle est la route qui conduit à la liberté : la seule qui délivre de l’esclavage." [Épictète]

    "La liberté, c'est l'indépendance de la pensée." [Épictète]

    "La vraie liberté est de pouvoir toute chose sur soi." [Montaigne]

    "L'indifférence me semble signifier proprement l'état dans lequel se trouve la volonté lorsqu'elle n'est pas poussée d'un côté plutôt que de l'autre par la perception du vrai ou du bien ; et c'est en ce sens que je l'ai prise lorsque j'ai écrit que le plus bas degré de la liberté est celui où nous nous déterminons aux choses pour lesquelles nous sommes indifférents." [René Descartes]

    "L'homme raisonnable est plus libre dans la cité où il vit sous la loi commune que dans la solitude où il n'obéit qu'à lui-même." [Baruch Spinoza]

    "Nous ne sommes pas du tout libres à l'égard des choses que nous désirons vivement et qui ne peut être apaisé par le souvenir d'une autre chose." [Baruch Spinoza]

    ""Le mot liberté désigne proprement l’absence d’opposition (par opposition, j’entends les obstacles au extérieurs au mouvement), et peut être appliqué aux créatures sans raison ou inanimées aussi bien qu’aux créatures raisonnables." [Thomas Hobbes]

    "Comment être libre, alors que n'importe qui peut vous imposer ses caprices ?" [John Locke]

    "Le droit est l'ensemble des conditions qui permettent à la liberté de chacun de s'accorder à la liberté de tous." [Emmanuel Kant]

    "Une volonté libre et une volonté soumise à des lois morales sont par conséquent une seule et même chose." [Emmanuel Kant]

    "On dit, il est vrai, que la liberté de parler ou d’écrire peut nous être ôtée par une puissance supérieure, mais non pas la liberté de penser... Aussi bien, l’on peut dire que cette puissance extérieure qui enlève aux hommes la liberté de communiquer publiquement, leur ôte également la liberté de penser." [Emmanuel Kant]

    "La liberté est le droit de faire ce que les lois permettent." [Montesquieu]

    "Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice, lorsqu’on va, pour ainsi dire, noyer des malheureux sur la planche même sur laquelle ils s’étaient sauvés." [Montesquieu]

    "La nature commande à tout animal, et la bête obéit. L’homme éprouve la même impression, mais il se reconnaît libre d’acquiescer, ou de résister ; et c’est surtout dans la conscience de cette liberté que se montre la spiritualité de son âme." [Jean-Jacques Rousseau]

    "On pourrait sur ce qui précède ajouter à l’acquis de l’état civil la liberté morale, qui seule rend l’homme vraiment maître de lui ; car l’impulsion du seul appétit est esclavage, et l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté." [Jean-Jacques Rousseau]

    "l’État et la société sont précisément les conditions dans lesquelles la liberté se réalise." [Hegel]

    "Le déterministe, le fataliste sont des désespérés, qui ont perdu leur moi, parce qu'il n'y a plus pour eux que de la nécessité." [Søren Kierkegaard]

    "Que les gens sont absurdes ! Ils ne se servent jamais des libertés qu'ils possèdent, mais réclament celles qu'ils ne possèdent pas ; ils ont la liberté de pensée, ils exigent la liberté de parole." [Søren Kierkegaard]

    "Les gens exigent la liberté d’expression pour compenser la liberté de pensée qu’ils préfèrent éviter." [Søren Kierkegaard]

    "À la vérité, le règne de la liberté commence seulement à partir du moment où cesse le travail dicté par la nécessité et les fins extérieures." [Karl Marx]

    "Tout ce qui augmente la liberté augmente la responsabilité." [Victor Hugo]

    "Sauvons la liberté, la liberté sauve le reste." [Victor Hugo]

    "C’est par la grâce de Dieu que nous avons ces trois précieuse choses : la liberté de parole, la liberté de penser et la prudence de n’exercer ni l’une ni l’autre." [Mark Twain]

    "Nous n’avons maintenant plus aucune indulgence pour la notion de "libre arbitre"; nous ne savons que trop ce que c’est." [Friedrich Nietzsche]

    "La liberté, c'est toujours la liberté de l'autre." [Rosa Luxembourg]

    "Le peuple n'a pas besoin de liberté, car la liberté est une des formes de la dictature bourgeoise..." [Lénine]

    "Que préfères-tu, celui qui veut te priver de pain au nom de la liberté ou celui qui veut t’enlever ta liberté pour assurer ton pain ?" [Albert Camus]

    "Sans une vie publique politiquement garantie, il manque à la liberté l’espace mondain où faire son apparition... La liberté comme fait démontrable et la politique coïncident et sont relatives l’une à l’autre comme deux côtés d’une même chose." [Hannah Arendt]

    "La liberté appartient à ceux qui l’ont conquise." [André Malraux]

    "En fait, nous sommes une liberté qui choisit, mais nous ne choisissons pas d'être libres : nous sommes condamnés à la liberté." [Jean-Paul Sartre]

    "Et, quand nous disons que l'homme est responsable de lui-même, nous ne voulons pas dire que l'homme est responsable de sa stricte individualité, mais qu'il est responsable de tous les hommes." [Jean-Paul Sartre]

    "Quand nous disons que l'homme se choisit, nous entendons que chacun d'entre nous se choisit, mais par là nous voulons dire aussi qu'en se choisissant il choisit tous les hommes." [Jean-Paul Sartre]

    "Dostoïevski avait écrit : « Si Dieu n’existait pas tout serait permis. » C’est là le point de départ de l’existentialisme. En effet, tout est permis si Dieu n’existe pas, et par conséquent l’homme est délaissé, parce qu’il ne trouve ni en lui, ni hors de lui une possibilité de s’accrocher." [Jean-Paul Sartre]

    "Une liberté qui ne s'emploie qu'à nier la liberté doit être niée." [Simone de Beauvoir]

    "La liberté ne peut pas être une institution. La liberté n'existe que dans le mouvement de conquête de la liberté." [Alain Robbe-Grillet]

    "Il faut tout dire. La première des libertés est la liberté de tout dire." [Maurice Blanchot]

    "On appellera émancipation la différence maintenue des deux rapports, l’acte d’une intelligence qui n’obéit qu’à elle-même, lors même que la volonté obéit à une autre volonté." [Jacques Rancière]

    "On a un peu vécu dans l’illusion que la liberté d’expression, sinon la liberté sexuelle, était acquise une bonne fois pour toutes." [Catherine Millet]

    "La liberté d'expression peut être une liberté d'offenser." [Fleur Pellerin]

    "Quand je suis faible je réclame la liberté au nom de vos principes ; quand je suis fort je vous la refuse au nom des miens." [Fernando Savater]

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  • Aristote : Il ne faudrait pas laisser la démocratie entre les mains du peuple

    "Le choix judicieux est l’affaire des gens de savoir : par exemple le choix d’un géomètre appartient à ceux qui sont versés dans la géométrie, et le choix d’un pilote à ceux qui connaissent l’art de gouverner un navire. Car, en admettant même que, dans certains travaux et certains arts, des profanes aient voix au chapitre, leur choix en tout cas n’est pas meilleur que celui des hommes compétents. Par conséquent, en vertu de ce raisonnement, on ne devrait pas abandonner à la masse des citoyens la haute main sur les élections de magistrats. Mais peut-être cette conclusion n’est-elle pas du tout pertinente, si la multitude à laquelle on a affaire n’est pas d’un niveau par trop bas (car, bien que chaque individu pris séparément puisse être plus mauvais juge que les gens de savoir, tous, une fois réunis en corps, ne laisseront pas d’être de meilleurs juges que ces derniers, ou du moins pas plus mauvais), et aussi parce qu’il y a certaines réalisations pour lesquelles leurs auteurs ne sauraient être seul juge ni même le meilleur juge : nous voulons parler de ces arts dont les productions peuvent être appréciées en connaissance de cause même par des personnes étrangères à l’art en question : ainsi la connaissance d’une maison n’appartient pas seulement à celui qui l’a construite ; mais meilleur juge encore sera celui qui l’utilise (en d’autres termes le maître de maison), et le pilote portera sur un gouvernail une meilleure appréciation qu’un charpentier, et l’invité jugera mieux un bon repas que les cuisiniers."

    Aristote, Politiques (IVe s. av JC)

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  • Ils ont dit, au sujet des sciences

    “Mais il y a une mesure en toutes choses, et savoir la saisir à propos est la première des sciences.” [Thémistocle]

    “Ce n’est pas de vivre selon la science qui procure le bonheur ; ni même de réunir toutes les sciences à la fois, mais de posséder la seule science du bien et du mal.” [Platon]

    "Le commencement de toutes les sciences, c’est l’étonnement de ce que les choses sont ce qu’elles sont.” [Aristote]

    “La vraie science est une ignorance qui se sait. ” [Michel de Montaigne]

    “Science sans conscience n'est que ruine de l'âme.” [François Rabelais]

    “Un peu de foi éloigne de Dieu, beaucoup de science y ramène.” [Francis Bacon]

    “De toutes les sciences humaines, la science de l'homme est la plus digne de l'homme.” [Nicolas de Malebranche]

    “La science décrit la nature, la poésie la peint et l'embellit.” [Buffon]

    “La science restera toujours la satisfaction du plus haut désir de notre nature, la curiosité ; elle fournira à l'homme le seul moyen qu'il ait pour améliorer son sort.” [Ernest Renan]

    “Un peu de science éloigne de Dieu, mais beaucoup y ramène.” [Louis Pasteur]

    “Promesse de la science : la science moderne a pour but aussi peu de douleur que possible.” [Friedrich Nietzsche]

    "Il est grand temps que les scientifiques en arrivent à vouloir affirmer explicitement que l'attitude scientifique est elle aussi pleine de passion, qu'elle est autant une fonction de l'homme comme tout - et pas seulement d'une part intellectuelle de celui-ci - que n'importe quelle autre approche de l'action humaine. ” [Conrad Hal Waddington]

    "Le mot “philosophie” doit signifier quelque chose qui est au-dessus ou au-dessous, mais non pas à côté des sciences de la nature.”[Ludwig Wittgenstein]

    “Toute science a la voracité destructrice d'un rite obsessionnel.” [Edward Sapir]

    "En fait, il est indéniable que de nombreuses difficultés de notre époque sont dues aux mauvais usages de la science." [Frédéric Joliot-Curie]

    “La science antique portait sur des concepts, tandis que la science moderne cherche des lois.” [Henri Bergson]

    La science sans religion est boiteuse, la religion sans science est aveugle." [Albert Einstein]

    “Toute découverte de la science pure est subversive en puissance ; toute science doit parfois être traitée comme un ennemi possible.” [Aldous Huxley]

    "C’est pourquoi la superstition de la science crée un dégoût incurable de l’existence." [Karl Jaspers]

    "La science moderne est un phénomène dont on chercherait en vain l’équivalent dans toute l’histoire de l’humanité; elle est propre à l’Occident… Actuellement, ce mouvement connaît une accélération démesurée." [Karl Jaspers]

    “Le paradoxe de la science est qu'il n'y a qu'une réponse à ses méfaits et à ses périls : encore plus de science.” [Romain Gary]

    "Les sciences humaines d'aujourd'hui sont plus que du domaine du savoir : déjà des pratiques, déjà des institutions.”[Michel Foucault]

    “L'homme de science le sait bien, lui, que seule la science, a pu, au fil des siècles, lui apporter l'horloge pointeuse et le parcmètre automatique sans lesquels il n'est pas de bonheur terrestre possible.” [Pierre Desproges]

    “On peut définir la Science-fiction comme la branche de la littérature qui se soucie des réponses de l'être humain aux progrès de la science et de la technologie.” [Isaac Asimov]

    “La science est devenue un moyen de la technique.” [Jacques Ellul]

    "Dans cet état, tandis que les lois de la nature sont de mieux en mieux déchiffrées et maîtrisées par cette forme particulière d'exercice de la raison qu'est la méthode scientifique, on se résigne à ce que cet exercice ne soit pratiquement d'aucun secours pour le vécu individuel et social, l'élaboration et la découverte d'une éthique." [Henri Atlan]

    "L'éthique de la connaissance ne s'impose pas à l'homme ; c'est lui au contraire qui se l'impose en en faisant axiomatiquement la condition d'authenticité de tout discours ou de toute action." [Jacques Monod]

    "La modernité opère un renversement dans le rapport entre la vie et la technique : la technique ne relève plus de la corpspropriation mais devient une fin pour soi." [Michel Henry]

    "La destruction de l'Université par le monde de la technique revêt une double forme : c'est d'abord l'abolition de la frontière qui, à titre d'indice de leur différenciation fonctionnelle, séparait jusqu'à présent Université et société ; c'est, en second lieu, cette barrière une fois abattue, l'irruption de la technique au sein même de l'Université et l'anéantissement de celle-ci en tant que culture." [Michel Henry]

    “Les sciences humaines ignorent l'humain biologique, en font une entité sans corps et sans vie.” [Edgar Morin]

    “Les sciences biologiques ignorent ce qui fait l'humanité de l'humanité, la culture, le langage, l'esprit, la conscience.” [Edgar Morin]

    “Les sciences humaines ne savent pas qu'elles sont inhumaines, non seulement à désintégrer ce qui est naturellement intégré, mais à ne retenir que le quantitatif et le déterministe.” [Edgar Morin]

    "La science - toute science - est sans conscience ni limites.” [André Comte-Sponville]

    "Avec ces avancées technologiques, la vie devient plus agréable, plus facile. Les hommes subissent de moins en moins et agissent de plus en plus, ils assurent une maîtrise grandissante du réel." [Michel Onfray]

    “Montaigne associe la décadence de Rome au développement des arts, des sciences et des lettres, au raffinement de sa civilisation.”[Antoine Compagnon]

    “Science sans fiction n'est que ruine de l'âme.” [Daniel de Roulet]

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  • Ils ont dit, au sujet du progrès

    "C'est par l'expérience que la science et l'art font leur progrès chez les hommes." [Aristote]

    "Il [L'homme] est dans l'ignorance au premier âge de sa vie, mais il s'instruit sans cesse dans son progrès, car il tire avantage, non seulement de sa propre expérience, mais encore de celle de ses prédécesseurs." [Blaise Pascal]

    "L'admiration est fondement de toute philosophie, l'inquisition le progrès, l'ignorance le bout." [Michel de Montaigne]

    "Je tremble toujours qu’on ne parvienne, à la fin, à découvrir quelque secret qui fournisse une voie plus abrégée pour faire périr les hommes, détruire les peuples et les nations entières." [Montesquieu]

    "Cette espérance en des temps meilleurs, sans laquelle un désir sérieux de faire quelque chose d’utile au bien général n’aurait jamais échauffé le cœur humain, a même eu de tout temps une influence sur l’activité des esprits droits." [Emmanuel Kant]

    "On verra alors apparaître un progrès régulier du perfectionnement de la constitution politique dans notre continent." [Emmanuel Kant]

    "Cette espérance en des temps meilleurs, sans laquelle un désir sérieux de faire quelque chose d'utile au bien général n'aurait jamais échauffé le cœur humain, a même eu de tout temps une influence sur l'activité des esprits droits." [Emmanuel Kant]

    "Dans cet âge heureux où rien ne marquait les heures, rien n'obligeait à les compter : le temps n'avait d'autre mesure que l'amusement et l'ennui." [Jean-Jacques Rousseau]

    "Tant que les hommes se contentèrent de leurs cabanes rustiques, tant qu'ils se bornèrent à coudre leurs habits de peaux avec des épines ou des arêtes, à se parer de plumes et de coquillages, à se peindre le corps de diverses couleurs, à perfectionner ou à embellir leurs arcs et leurs flèches, à tailler avec des pierres tranchantes quelques canots de pêcheurs ou quelques grossiers instruments de musique, en un mot tant qu'ils ne s'appliquèrent qu'à des ouvrages qu'un seul pouvait faire, et à des arts qui n'avaient pas besoin du concours de plusieurs mains, ils vécurent libres, sains, bons et heureux autant qu'ils pouvaient l'être par leur nature." [Jean-Jacques Rousseau]

    "L'esprit qui invente est toujours mécontent de ses progrès, parce qu'il voit au-delà." [Jean le Rond d’Alembert]

    "Il se forma bientôt en Europe une classe d'hommes moins occupés encore de découvrir ou d'approfondir la vérité, que de la répandre." [Condorcet]

    "L'histoire universelle est le progrès dans la conscience de la liberté." [Friedrich Hegel]

    "Toute idée de progrès social était nécessairement interdite aux philosophes de l'antiquité faute d'observations politiques assez complètes et assez étendues Aucun d'eux même parmi les plus éminents et les plus judicieux n'a pu se soustraire à la tendance alors aussi universelle que spontanée à considérer directement l'état social contemporain comme radicalement inférieur à celui des temps antérieurs." [Auguste Comte]

    "Le progrès est le développement de l’ordre." [Auguste Comte]

    "Aucune idée, parmi celles qui se réfèrent à l'ordre des faits naturels, ne tient de plus près à la famille des idées religieuses que l'idée de progrès, et n'est plus propre à devenir le principe d'une sorte de foi religieuse pour ceux qui n'en ont plus d'autre". [Antoine Augustin Cournot]

    "Croire au progrès ne signifie pas qu’un progrès ait déjà eu lieu.” [Franz Kafka]

    "Nous ne percevons, pratiquement, que par le passé, le présent pur étant l’insaisissable progrès du passé rongeant l’avenir." [Henri Bergson]

    "La route en lacet qui monte. Belle image du progrès." [Henri Bergson]

    "Nous ne percevons, pratiquement, que par le passé, le présent pur étant l’insaisissable progrès du passé rongeant l’avenir." [Henri Bergson]

    "En définitive, l'intelligence, envisagée dans ce qui en paraît être la démarche originelle, est la faculté de fabriquer des objets artificiels, en particulier des outils à faire des outils et d'en varier indéfiniment la fabrication." [Henri Bergson]

    "Au cours des dernières générations, l'humanité a fait accomplir des progrès extraordinaires aux sciences physiques et naturelles, et à leurs applications techniques, elle a assuré sa domination sur la nature d'une manière inconcevable." [Sigmund Freud]

    "On devrait se contenter de conclure que la domination de la nature n'est pas la seule condition du bonheur, pas plus qu'elle n'est le but de l'œuvre civilisatrice, et non que les progrès de la technique soient dénués de valeur pour l'économie de notre bonheur." [Sigmund Freud]

    "L'homme moderne est l'esclave de la modernité : il n'est point de progrès qui ne tourne pas à sa plus complète servitude." [Paul Valéry]

    "Le progrès spirituel exige de nous que nous cessions de tuer les autres êtres vivants pour nos besoins corporels." [Gandhi]

    "A l'origine de toute connaissance, nous rencontrons la curiosité ! Elle est une condition essentielle du progrès." [Alexandra David-Néel]

    "Une aptitude ne reste une aptitude que si elle s’efforce de se dépasser, que si elle est un progrès." [Gaston Bachelard]

    "Rien n'arrête le progrès. Il s'arrête tout seul." [Alexandre Vialatte]

    "Il faut se méfier des ingénieurs, ça commence par la machine à coudre, ça finit par la bombe atomique." [Marcel Pagnol]

    "Le progrès et la catastrophe sont l'avers et le revers d'une même médaille." [Hannah Arendt]

    "La religion participe souvent du mythe du progrès qui nous protège des terreurs d’un futur incertain." [Frank Herbert]

    "L'idée de progrès déshonore l'intellect." [Emil Michel Cioran]

    "Le progrès n’a aucun caractère inéluctable, rien ne garantit des lendemains meilleurs." [Karl Popper]

    "On peut définir la Science-Fiction comme la branche de la littérature qui se soucie des réponses de l'être humain aux progrès de la science et de la technologie." [Isaac Asimov]

    "La notion de progrès se dédouble, devient angoissante, ambivalente ; le progrès est à distance de l'homme et n'a plus de sens pour l'homme individuel, car les conditions de la perception intuitive du progrès par l'homme n'existent plus." [Gilbert Simondon]

    "Il n'y a donc pas de hiérarchie dans le champ de la technique, il n'y a pas de technologie supérieure ni inférieure ; on ne peut mesurer un équipement technologique qu'à sa capacité de satisfaire, en un milieu donné, les besoins de la société." [Pierre Clastres]

    "La civilisation occidentale s'est entièrement tournée, depuis deux ou trois siècles, vers la mise à la disposition de l'homme de moyens mécaniques de plus en plus puissants. Si l'on adopte ce critère, on fera de la quantité d'énergie disponible par tête d'habitant l'expression du plus ou moins haut degré de développement des sociétés humaines… Si le critère retenu avait été le degré d'aptitude à triompher des milieux géographiques les plus hostiles, il n'y a guère de doute que les Eskimos d'une part, les Bédouins de l'autre, emporteraient la palme." [Claude Lévi-Strauss]

    "Le progrès quasi autonome de la science et de la technique dont dépend effectivement la variable la plus importante du système, à savoir la croissance économique, fait (...) figure de variable indépendante. Il en résulte une perspective selon laquelle l'évolution du système social paraît être déterminée par la logique du progrès scientifique et technique. " [Jürgen Habermas]

    "La notion de progrès en est ainsi venue à désigner de façon exclusive le progrès technique. L'idée d'un progrès esthétique, intellectuel, spirituel ou moral, sis en la vie de l'individu et consistant dans l'auto-développement et l'auto-accroissement des multiples potentialités phénoménologiques de cette vie, dans sa culture, n'a plus cours." [Michel Henry]

    "Le changement du monde n'est pas seulement création, progrès, il est d'abord et toujours décomposition, crise." [Alain Touraine]

    "Le progrès c'est quand vous remplacez un employé à 8 000 francs par mois par un ordinateur qui vous coûte le double." [Gilda Petrov]

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  • Compte-rendu du débat: "L’État a-t-il tous les droits ?"

    Le café philosophique de Montargis se réunissait le 12 mai 2017 à la Brasserie du Centre commercial de la Chaussée pour un débat intitulé "L’État a-t-il tous les droits ?"

    En ouverture de ce débat, une définition de l’État est donnée : "L’État est une autorité souveraine qui s’exerce sur l’ensemble d’un peuple et sur un territoire donné." L’État aurait tous les droits que la constitution lui donne. Cependant, les droits de l’État sont évolutifs, avec le jeu démocratique de l’exécutif, du législatif et de la justice, des jeux qui peuvent être fluctuants, orientés, avec une part parfois de corruptibilité.

    L’État a pour vocation de garantir les droits des individus, une vocation qui est au centre du contrat social de Jean-Jacques Rousseau. L’État a plusieurs définitions et a évolué au fil des siècles. Il naît d’une opposition violente entre plusieurs ordres de pouvoirs (l’Église, le pouvoir impérial et les ordres féodaux). Cette naissance naît de cette opposition, une naissance "dans la douleur." Par la suite, les rapports de force vont venir s’intégrer, avec aussi des notions nouvelles comme ce "Contrat social" de Rousseau et des critiques comme le risque d’autoritarisme (Montesquieu).

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  • Ils ont dit, au sujet de l'Etat

    "C’est pourquoi il est évident que l’homme est un animal politique plus que n’importe quelle abeille et que n’importe quel animal grégaire." [Aristote]

    "Il faut nécessairement, en effet : ou bien que tous les citoyens possèdent tous les biens en commun ; ou bien qu’ils n’aient rien en commun, ou enfin qu’ils aient en commun certains biens à l’exclusion de certains autres." [Aristote]

    "Celui qui ne peut pas vivre en société, ou qui n’a besoin de rien parce qu’il se suffit à lui-même, ne fait point partie de l’État ; c’est une brute ou un dieu." [Aristote]

    "Il ressort manifestement que la cité n’est pas naturellement une au sens où certains le prétendent, et que ce qu’on a prétendu être le bien suprême dans les cités mène les cités à leur perte." [Aristote]

    "L’homme veut la concorde ; mais la nature sait mieux ce qui est bon pour son espèce : elle veut la discorde." [Emmanuel Kant]

    "S’il est vrai qu’en entrant en société, les hommes abandonnent l’égalité, la liberté et le pouvoir exécutif privé qu’ils possédaient dans l’état de nature, et qu’ils le remettent entre les mains de la société pour que législatif en dispose selon que le bien de cette même société l’exigera, il reste cependant que chacun ne le fait que dans l’intention de préserver d’autant mieux sa personne, sa liberté et sa propriété." [John Locke]

    "Ainsi, qui que ce soit qui a le pouvoir législatif ou souverain d’une communauté, est obligé de gouverner suivant les lois établies et connues du peuple, non par des décrets arbitraires et formés sur-le-champ ; d’établir des Juges désintéressés et équitables qui décident les différends par ces lois ; d’employer les forces de la communauté au-dedans, seulement pour faire exécuter ces lois, ou au dehors pour prévenir ou réprimer les injures étrangères, mettre la communauté à couvert des courses et des invasions, et en tout cela de ne se proposer d’autre fin que la tranquillité, la sûreté, le bien du peuple." [John Locke]

    "La seule façon d’ériger un tel pouvoir commun, apte à défendre les gens de l’attaque des étrangers, et des torts qu’ils pourraient se faire les uns aux autres, et ainsi de les protéger de telle sorte que par leur industrie et par les productions de la terre, ils puissent se nourrir et vivre satisfaits, c’est de confier tout leur pouvoir et toute leur force à un seul homme, ou à une seule assemblée, qui puisse réduire toutes leurs volontés, par la règle de la majorité, en une seule volonté. Cela revient à dire : désigner un homme, ou une assemblée, pour assumer leur personnalité." [Thomas Hobbes]

    "Il apparaît clairement par là qu’aussi longtemps que les hommes vivent sans un pouvoir commun qui les tienne tous en respect, ils sont en guerre de chacun contre chacun." [Thomas Hobbes]

    "Dès qu’on s’aperçut qu’il était utile à un seul d’avoir des provisions pour deux, l’égalité disparut, la propriété s’introduisit, le travail devint nécessaire et les vastes forêts se changèrent en des campagnes riantes qu’il fallut arroser de la sueur des hommes, et dans lesquelles on vit bientôt l’esclavage et la misère germer et croître avec les moissons." [Jean-Jacques Rousseau]

    "Un État qui n’a pas les moyens d’effectuer des changements n’a pas les moyens de se maintenir." [Edmund Burke]

    "J’ai toujours cru que cette sorte de servitude, réglée, douce et paisible, dont je viens de faire le tableau, pourrait se combiner mieux qu’on ne l’imagine avec quelques-unes des formes extérieures de la liberté, et qu’il ne lui serait pas impossible de s’établir à l’ombre même de la souveraineté du peuple." [Alexis de Tocqueville]

    "C’est seulement dans l’État que l’individu a une existence conforme à la Raison. Le but de toute éducation est que l’individu cesse d’être quelque chose de purement subjectif et qu’il s’objective dans l’État. L’individu peut certes utiliser l’État comme un moyen pour parvenir à ceci ou cela." [Hegel]

    "Si on confond l’État avec la société civile et si on le destine à la sécurité et à la protection de la propriété et de la liberté personnelles, l’intérêt des individus en tant que tels est le but suprême en vue duquel ils sont rassemblés et il en résulte qu’il est facultatif d’être membre de l’État. Mais sa relation à l’individu est tout autre." [Hegel]

    "L'État n'est que la muselière dont le but est de rendre inoffensive la bête carnassière, l'homme, et de faire en sorte qu'il ait l'aspect d'un herbivore." [Arthur Schopenhauer]

    "Tout État est despotique, que le despote soit un, qu’il soit plusieurs" [Max Striner]

    "L'État ne poursuit jamais qu'un but : limiter, enchaîner, assujettir l'individu, le subordonner à une généralité quelconque." [Max Striner]

    "Partout où il y a encore du peuple, il ne comprend pas l'État et il le déteste comme le mauvais œil et une dérogation aux coutumes et aux lois." [Friedrich Nietzsche]

    "L’État est le plus froid des monstres froids. Il ment froidement ; et voici le mensonge qui s’échappe de sa bouche : “Moi l’État, je suis le peuple.”" [Friedrich Nietzsche]

    "On considère l’État comme l’antagoniste de l’individu et il semble que le premier ne puisse se développer qu’au détriment du second. La vérité, c’est que l’État a été bien plutôt le libérateur de l’individu." [Émile Durkheim]

    "Ne fais jamais rien contre ta conscience, même si l'État te le demande." [Albert Einstein]

    "L'État est notre serviteur et nous n'avons pas à en être les esclaves. " [Albert Einstein]

    "Toutes les révolutions modernes ont abouti à un renforcement de l’État." [Albert Camus]

    "Le régime totalitaire est "sans lois" en ce qu’il se joue de toutes les lois positives, mais il n’es pas arbitraire car il obéit, selon une logique rigoureuse, à ces lois de l’Histoire ou de la Nature dont toutes les lois positives sont supposées provenir, et il les met à exécution dans un esprit d’obligation scrupuleux." [Hannah Arendt]

    "L'État fondé sur le principe civique, respectant l'homme et son monde naturel dans toutes ses dimensions ou composantes est un État pacifique et humain." [Vaclav Havel]

    "L'État totalitaire ce n'est pas la force déchaînée, c'est la vérité enchaînée." [Bernard-Henri Lévy]

    "Le totalitarisme suppose la conception d’une société qui se suffit à elle-même et, puisque la société se signifie dans le pouvoir, celle d’un pouvoir qui se suffit à lui-même." [Claude Lefort]

    "L'État se nomme toujours patrie, quand il prépare un assassinat." [Friedrich Dürrenmatt]

    "Il aura fallu un sacré nombre de chefs d’état pour mettre le monde dans cet état." [Jacques Sternberg]

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  • Aristote : Cité et unité

    "Il faut nécessairement, en effet : ou bien que tous les citoyens possèdent tous les biens en commun ; ou bien qu’ils n’aient rien en commun, ou enfin qu’ils aient en commun certains biens à l’exclusion de certains autres...

    Cependant il est évident que, le processus d’unification se poursuivant avec trop de rigueur, il n’y aura plus d’Etat : car la cité est par nature une pluralité, et son unification étant par trop poussée, de cité elle deviendra famille, et de famille individu : en effet, nous pouvons affirmer que la famille est plus une que la cité, et l’individu plus un que la famille. Par conséquent, en supposant même qu’on soit en mesure d’opérer cette unification, on doit se garder de la faire, car se serait conduire la cité à la ruine. La cité est composée non seulement d’une pluralité d’individus, mais encore d’éléments spécifiquement distincts : une cité n’est pas formée de parties semblables, car autre est une symmachie et autre une cité...

    Il faut assurément qu’en un certain sens la famille forme une unité, et la cité également, mais cette unité ne doit pas être absolue. Car il y a, dans la marche vers l’unité, un point passé lequel il n’y aura plus de cité, ou passé lequel la cité, tout en continuant d’exister, mais se trouvant à deux doigts de sa disparition, deviendra un Etat de condition inférieure : c’est exactement comme si d’une symphonie on voulait faire un unisson, ou réduire un rythme à un seul pied."

    Aristote, Politiques (IVe siècle av. JC)

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  • Aristote : Cité signifie multiplicité

    "Il est manifeste que si elle s’avance trop sur la voie de l’unité, une cité ne sera plus une, car la cité a dans sa nature d’être une sorte de multiplicité, et si elle devient trop une, de cité elle retourne à l’état de famille, et de famille à celui d’individu. On peut dire, en effet, que la famille est plus une que la cité, et l’individu plus un que la famille. Si bien que, serait-on à même de réaliser ce but, on devrait se garder de le faire, car ce serait mener la cité à sa perte. La cité est composée d’hommes qui non seulement sont plus nombreux que dans la famille, mais aussi diffèrent spécifiquement entre eux ; une cité, en effet, n’est pas formée de gens semblables : une alliance militaire et une cité sont deux choses différentes. L’intérêt de celle-là tient au nombre alors même que ses éléments sont de même espèce (car une alliance militaire, de par sa nature, a comme fin l’assistance mutuelle), tout comme poids plus important pèse plus lourd... Une cité, au contraire, doit être une unité composée d’éléments différant spécifiquement...

    De tout cela il ressort manifestement que la cité n’est pas naturellement une au sens où certains le prétendent, et que ce qu’on a prétendu être le bien suprême dans les cités mène les cités à leur perte."

    Aristote, Politiques (IVe siècle av. JC)

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  • Aristote : L"homme est un animal politique

    "La communauté achevée formée de plusieurs villages est une cité dès lors qu’elle a atteint le niveau de l’autarcie pour ainsi dire complète ; s’étant donc constituée pour permettre de vivre, elle permet, une fois qu’elle existe, de mener une vie heureuse. Voilà pourquoi toute cité est naturelle : c’est parce que les communautés antérieures dont elle procède le sont aussi. Car elle est leur fin, et la nature est fin : ce que chaque chose, en effet, est une fois que sa genèse est complètement achevée, c’est cela que nous disons être la nature de cette chose, par exemple la nature d’un homme, d’un cheval, d’une famille. De plus, ce en vue de quoi, c’est-à-dire la fin, c’est le meilleur, et l’autarcie est à la fois une fin et quelque chose d’excellent.

    Il est manifeste, à partir de cela, que la cité fait partie des choses naturelles, et que l’homme est par nature un animal politique, et que celui qui est hors cité, naturellement bine sûr et non par le hasard des circonstances, est soit un être dégradé soi un être surhumain, et il est comme celui qui est injurié en ces termes par Homère : « sans lignage, sans loi, sans foyer ».

    Car un tel homme est du même coup naturellement passionné de guerre, étant comme un pion isolé au jeu de trictrac. C’est pourquoi il est évident que l’homme est un animal politique plus que n’importe quelle abeille et que n’importe quel animal grégaire. Car, comme nous le disons, la nature ne fait rien en vain ; or, seul parmi les animaux l’homme a un langage. Certes la voix est le signe du douloureux et de l’agréable, aussi la rencontre-t-on chez les animaux ; leur nature, en effet, est parvenue jusqu’au point d’éprouver la sensation du douloureux et de l’agréable et de se les signifier mutuellement. Mais le langage existe en vue de manifester l’avantageux et le nuisible, et par suite aussi le juste et l’injuste. Il n’y a en effet qu’une chose qui soit propre aux hommes par rapport aux autres animaux : le fait que seuls ils aient la perception du bien, du mal, du juste, de l’injuste et des autres notions de ce genre. Or avoir de telles notions en commun c’est ce qui fait une famille et une cité.

    De plus une cité est par nature antérieure à une famille et à chacun de nous. Le tout, en effet, est nécessairement antérieur à la partie, car le corps entier une fois détruit, il n’y a plus ni pied ni main, sinon par homonymie, comme quand on parle d’une main de pierre, car c’est après la mort qu’une main sera telle (…) Que donc la cité soit à la fois par nature et antérieur à chacun de ses membres, c’est clair. S’il est vrai, en effet, que chacun pris séparément n’est pas autosuffisant, il sera dans la même situation que les autres parties vis-à-vis du tout, alors que celui qui n’est pas capable d’appartenir à une communauté ou qui n’en pas besoin parce qu’il se suffit à lui-même n’est en rien une partie d’une cité, si bien que c’est soit une bête soit un dieu."

    Aristote, Politiques (IVe siècle av. JC)

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  • Ils ont dit, au sujet de ma liberté

    " Nous délibérons sur les choses qui dépendent de nous et que nous pouvons réaliser." [Aristote]

    "La liberté, c'est l'indépendance de la pensée." [Épictète]

    "La vraie liberté est de pouvoir toute chose sur soi." [Montaigne]

    "Au reste, il est si évident que nous avons une volonté libre, qui peut donner son consentement ou ne pas le donner, quand bon lui semble." [René Descartes]

    "La liberté est le droit de faire ce que les lois permettent." [Montesquieu]

    "J'appelle libre une chose qui est et agit par la seule nécessité de sa nature ; contrainte, celle qui est déterminée par une autre chose à exister et à agir d'une certaine façon déterminée." [Baruch Spinoza]

    "Telle est cette liberté humaine que tous se vantent de posséder et qui consiste en cela seul que les hommes ont conscience de leurs appétits et ignorent les causes qui les déterminent." [Baruch Spinoza]

    "Les hommes se trompent en ce qu'ils pensent être libres." [Baruch Spinoza]

    “Que les gens sont absurdes ! Ils ne se servent jamais des libertés qu'ils possèdent, mais réclament celles qu'ils ne possèdent pas ; ils ont la liberté de pensée, ils exigent la liberté de parole.” [Sören Kierkegaard]

    "Je est un autre. Si le cuivre s’éveille clairon, il n’y a rien de sa faute. Cela m’est évident : j’assiste à l’éclosion de ma pensée : je la regarde, je l’écoute : je lance un coup d’archet : la symphonie fait son remuement dans les profondeurs, ou vient d’un bond sur la scène." [Arthur Rimbaud]

    “C’est par la grâce de Dieu que nous avons ces trois précieuse choses : la liberté de parole, la liberté de penser et la prudence de n’exercer ni l’une ni l’autre.” [Mark Twain]

    "Le domaine de la liberté commence là où s’arrête le travail déterminé par la nécessité." [Karl Marx]

    "On ne peut enfermer un homme dans ses actes, ni dans ses oeuvres ; ni même dans ses pensées, où lui-même ne peut s'enfermer, car nous savons par expérience propre et continuelle que ce que nous pensons et faisons à chaque instant n'est jamais exactement nôtre ; mais tantôt un peu plus, tantôt un peu moins." [Paul Valéry]

    "Dans le cours des siècles, la science a infligé à l'égoïsme naïf de l'humanité deux graves démentis. La première fois, ce fut lorsqu'elle a montré que la terre, loin d'être le centre de l'univers, ne forme qu'une parcelle insignifiante du système cosmique dont nous pouvons à peine nous représenter la grandeur. Cette première démonstration se rattache pour nous au nom de Copernic, bien que la science alexandrine ait déjà annoncé quelque chose de semblable. Le second démenti fut infligé à l'humanité par la recherche biologique, lorsqu'elle a réduit à rien les prétentions de l'homme à une place privilégiée dans l'ordre de la création, en établissant sa descendance du règne animal et en montrant l'indestructibilité de sa nature animale. Cette dernière révolution s'est accomplie de nos jours, à la suite des travaux de Ch. Darwin, de Wallace et de leurs prédécesseurs, travaux qui ont provoqué la résistance la plus acharnée des contemporains. Un troisième démenti sera infligé à la mégalomanie humaine par la recherche psychologique de nos jours qui se propose de montrer au moi qu'il n'est seulement pas maître dans sa propre maison." [Sigmund Freud]

    "Le dandy se rassemble, se forge une unité, par la force même du refus. Dissipé en tant que personne privée de règle, il sera cohérent en tant que personnage." [Albert Camus]

    “Que préfères-tu, celui qui veut te priver de pain au nom de la liberté ou celui qui veut t’enlever ta liberté pour assurer ton pain ?" [Albert Camus]

    "L’idée qui sort de ces contes, c’est la prédestination, que des théologiens mirent plus tard en doctrine ; et cela s’exprime ainsi : la destinée de chacun est fixée quoi qu’il fasse. Ce qui n’est point scientifique du tout." [Alain]

    "C’est ainsi que nous vivons ; à chaque instant nous échappons à un malheur parce que nous le prévoyons ; ainsi ce que nous prévoyons, et très raisonnablement, n’arrive pas." [Alain]

    "Je n’espère rien, je ne crains rien, je suis libre" [Níkos Kazantzákis]

    "Quand un homme se sacrifie lui-même, il dépasse en grandeur la Divinité, car comment Dieu, infini et tout-puissant, pourrait-il faire le sacrifice de Lui-même? Tout au plus peut-il sacrifier son Fils Unique." [Somerset Maugham]

    "En fait, nous sommes une liberté qui choisit, mais nous ne choisissons pas d'être libres : nous sommes condamnés à la liberté.” [Jean-Paul Sartre]

    "Il y a au moins un être chez qui l'existence précède l'essence, un être qui existe avant de pouvoir être défini par un aucun concept... Et cet être c'est l'homme." [Jean-Paul Sartre]

    "En me choisissant, je choisis l'homme." [Jean-Paul Sartre]

    "La première démarche de l’existentialisme est de mettre l'homme en possession de ce qu'il est et de faire reposer sur lui la responsabilité totale de l’existence." [Jean-Paul Sartre]

    "Un homme n'est rien d'autre qu'une série d'entreprises... Il est la somme, l'organisation, l'ensemble des relations qui constituent ces entreprises." [Jean-Paul Sartre]

    "La liberté est une, mais elle se manifeste diversement selon les circonstances. A tous les philosophes qui s'en font les défenseurs, il est permis de poser une question préalable : à propos de quelle situation privilégiée avez-vous fait l'expérience de votre liberté ? C'est une chose, en effet, d'éprouver qu'on est libre sur le plan de l'action, de l'entreprise sociale ou politique, de la création dans les arts, et autre chose de l'éprouver dans l'acte de comprendre et de découvrir." [Jean-Paul Sartre]

    "Une liberté qui ne s'emploie qu'à nier la liberté doit être niée.” [Simone de Beauvoir]

    "J’ai traité le déterminisme physique de cauchemar. C’est un cauchemar parce qu’il affirme que le monde entier, avec tout ce qu’il contient est un gigantesque automate, et que nous ne sommes rien d’autre que des petits rouages, ou des sous-automates dans le meilleur des cas." [Karl Popper]

    "Nous naissons déterminés et nous avons une petite chance de devenir libres" [Pierre Bourdieu]

    "Mais que peut valoir la vie, si la première répétition de la vie est déjà la vie même ? C'est ce qui fait que la vie ressemble toujours à une esquisse." [Milan Kundera]

    "La liberté de pensée est absolue ou elle n'est rien." [Luc Ferry]

    "L'homme est cet être qui peut se résumer lui-même après s'être formé en jouant avec le hasard." [Peter Sloterdijk]

    "Quiconque dit "je" cherche à s'illusionner sur lui-même." [Peter Sloterdijk]

    "Nous sommes des produits pédagogiques semi-finis qui doivent mener seuls leur production à son terme." [Peter Sloterdijk]

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  • Aristote : "nous délibérons sur les choses qui dépendent de nous et que nous pouvons réaliser"

    aristote"Sur les entités éternelles, il n’y a jamais objet de délibération : par exemple, l’ordre du monde ou l’incommensurabilité de la diagonale avec le côté du carré. Il n’y a pas davantage de délibération sur les choses qui sont en mouvement mais se produisent toujours de la même façon, soit par nécessité, soit par nature, soit par quelque autre cause : tels sont par exemple, les solstices et le lever des astres. Il n’existe pas non plus de délibération sur les choses qui arrivent tantôt d’une façon tantôt d’une autre, par exemple, les sécheresses et les pluies, ni sur les choses qui arrivent par fortune, par exemple la découverte d’un trésor. Bien plus, la délibération ne porte pas sur toutes les affaires humaines sans exception : ainsi un Lacédémonien ne délibère pas sur la meilleure forme de gouvernement pour les Scythes. C’est qu’en effet, rien de tout ce que nus venons d’énumérer ne pourrait être produit par nous. Mais nous délibérons sur les choses qui dépendent de nous et que nous pouvons réaliser."

    Aristote, Ethique à Nicomaque, III, 5 (IVe s. av JC)

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  • Ils ont dit, au sujet des oeuvres d'art

    "L'art d'imiter est donc bien éloigné du vrai, et, s'il peut tout exécuter, c'est, semble-t-il, qu'il ne touche qu'une petite partie de chaque chose, et cette partie n'est qu'un fantôme." [Platon]

    "Ce n’est pas un art (…) qui se trouve en toi et te rend capable de bien parler d’Homère. Non, c’est une puissance divine qui te met en mouvement." [Platon]

    "L’épopée, et la poésie tragique comme aussi la comédie, l’art du poète de dithyrambe et, pour la plus grande partie, celui du joueur de flûte et de cithare, se trouvent tous être, d’une manière générale, des imitations. Mais ils diffèrent les uns des autres par trois aspects : ou bien ils imitent par des moyens différents, ou bien ils imitent des objets différents, ou bien ils imitent selon des modes différents, et non de la même manière." [Aristote]

    "Mais ce qui plaira à plus de gens, pourra être nommé simplement le plus beau, ce qui ne saurait être déterminé." [René Descartes]

    "Le génie est la disposition innée de l’esprit (ingenium) par laquelle la nature donne ses règles à l’art." [Emmanuel Kant]

    "Et ainsi on ne peut pas dire : à chacun son goût. Cela reviendrait à dire - il n'y a pas de goût, c'est-à-dire pas de jugement esthétique qui puisse légitimement prétendre à l'assentiment universel." [Emmanuel Kant]

    "Aucun Homère, aucun Wieland ne pourrait montrer comment ses idées riches en poésie et pourtant lourdes de pensées surgissent et s'assemblent dans son cerveau, car lui-même ne le sait pas et il ne peut donc l'enseigner à un autre." [Emmanuel Kant]

    "D’une façon générale, il faut dire que l’art, quand il se borne à imiter, ne peut rivaliser avec la nature." [Hegel]
    "L'œuvre d'art, tout en ayant une existence sensible, n'a pas besoin d'avoir une réalité tangiblement concrète ni d'être effectivement vivante" [Hegel]

    "Rien ne nous empêche de dire que, comparée à cette réalité, l'apparence de l'art est illusoire; mais l'on peut dire avec autant de raison que ce que nous appelons réalité est une illusion plus forte, une apparence plus trompeuse que l'apparence de l'art." [Hegel]

    "Le sensible peut avoir avec l'esprit plusieurs sortes de relations. La plus médiocre, la moins appropriée à l'esprit, c'est l'appréhension purement sensible." [Hegel]

    "Il est permis de soutenir dès maintenant que le beau artistique est plus élevé que le beau dans la nature. Car la beauté artistique est la beauté née et comme deux fois née de l'esprit." [Hegel]

    "Ce qui donne au tragique, quelle qu’en soit la forme, son élan particulier vers le sublime, c’est la révélation de cette idée que le monde, la vie sont impuissants à nous procurer aucune satisfaction véritable et sont par suite indignes de notre attachement : telle est l’essence de l’esprit tragique ; il est donc le chemin de la résignation." [Arthur Schopenhauer]

    "La forme, c’est le fond qui remonte à la surface." [Victor Hugo]

    "J’ai essayé d’exprimer les terribles passions de l’humanité au moyen du rouge et du vert." [Vincent Van Gogh]

    "Nommer un objet, c'est supprimer les trois quarts de la jouissance du poème, qui est faite du bonheur de deviner peu à peu : le suggérer, voilà le rêve." [Stéphane Mallarmé]

    "Des enfants normaux, voilà ce que furent les Grecs. Le charme que nous trouvons à leurs couvres d'art n'est pas contrarié par le peu d'avancement de la société où elles ont fleuri. Il en est plutôt le résultat; il est inséparable de la pensée que l'état d'immaturité sociale où cet art est né, où seul il pouvait naître, ne reviendra jamais." [Karl Marx]

    "Il faut avoir du chaos en soi pour enfanter une étoile dansante." [Friedrich Nietzsche]

    "L’art favorise la vie en rendant l’horreur sublime et l’absurde comique." [Friedrich Nietzsche]

    "Nous avons l’art afin de ne pas mourir de la vérité." [Friedrich Nietzsche]

    " L'instinct le plus profond de l'artiste va-t-il à l'art, ou bien n'est-ce pas plutôt au sens de l'art, à la vie, à un désir de vie ? - L'art est le grand stimulant à la vie : comment pourrait-on l'appeler sans fin, sans but, comment pourrait-on l'appeler l'art pour l'art ?" [Friedrich Nietzsche]

    "Les abrutis ne voient le beau que dans les belles choses." [Arthur Cravan]

    "Il existe notamment un chemin de retour qui conduit de la fantaisie à la réalité : c'est l'art." [Sigmund Freud]

    "L'art ne reproduit pas le visible, il rend visible." [Paul Klee]

    "Mettez-vous dans la tête qu’on ne fait pas de progrès." [Francis Picabia]

    "La philosophie n'est pas l'art, mais elle a avec l'art de profondes affinités. Qu'est-ce que l'artiste ? C'est un homme qui voit mieux que les autres car il regarde la réalité nue et sans voiles." [Henri Bergson]

    "Le goût – bon ou mauvais – est une habitude." [Marcel Duchamp]

    "L'art naît... de la fascination de l'insaisissable, du refus de copier des spectacles, de la volonté d'arracher les formes au monde que l'homme subit pour les faire entrer dans celui qu'ils gouvernent ... Les grands artistes ne sont pas les transcripteurs du monde, ils en sont les rivaux." [André Malraux]

    "L'art est ce par quoi les formes deviennent style" [André Malraux]

    "Qu'est-ce que la technique moderne? Elle aussi est un dévoilement. C'est seulement lorsque nous arrêtons notre regard sur ce trait fondamental que ce qu'il y a de nouveau dans la technique moderne se montre à nous." [Martin Heiddegger]

    "La qualité esthétique de la jouissance, et même le divertissement, a toujours été inséparable de l'essence de l'art, quelque tragique, quelque exempte de compromis que soit l'œuvre d'art. La proposition d'Aristote sur l'effet purificateur de l'art résume la double fonction de l'art qui est à la fois d'opposer et de réconcilier, de dénoncer et d'acquitter, de faire resurgir ce qui est refoulé et de le refouler à nouveau, sous une forme « purifiée »." [Herbert Marcuse]

    "L'œuvre d'art est une forme, c'est-à-dire un mouvement arrivé à sa conclusion : en quelque sorte un infini contenu dans le fini. Sa totalité résulte de sa conclusion et doit donc être considérée non comme la fermeture d'une réalité statique et immobile, mais comme l'ouverture d'un infini qui s'est rassemblé dans une forme." [Luigi Pareyson]

    "À la vérité « l’Art » n’a pas d’existence propre. Il n’y a que des artistes." [Ernst Gombrich]

    "La peinture transforme donc un texte en figures énigmatiques. Le travail du rêve, les opérations décrites par Freud pour rendre compte de ce travail que fait le rêve, transforment les pensées en images, tout comme un tableau." [Daniel Arasse]

    "L'œuvre est ouverte au sens où l'est un débat : on attend, on souhaite une solution, mais elle doit naître d'une  prise de conscience du public. L'ouverture devient instrument de pédagogie révolutionnaire." [Umberto Eco]

    "Au royaume du kitsch s’exerce la dictature du cœur." [Milan Kundera]

    "Le nouveau n’est pas nouveau." [Ben]

    "Comprendre une œuvre d’art, c’est mesurer exactement les raisons qui nous la rendent inintelligible à jamais." [Renaud Camus]

    "C’est ce que j’ai appelé, dans la conclusion de mon livre, « le paradoxe permissif », c’est-à-dire le fait qu’en approuvant et en intégrant les propositions transgressives, les institutions de l’art contemporain vont, d’une certaine façon, à l’encontre de ce que font les artistes qu’elles prétendent soutenir." [Nathalie Heinich]

    "Chacun de nous a trois existences. Une existence de chose : nous sommes un corps. Une existence d'esprit : nous sommes une conscience. Et une existence de discours : nous sommes ce dont les autres parlent." [Eric-Emmanuel Schmitt]

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  • Aristote : l'art et le plaisir de l'imitation

    aristote "À l'origine de l'art poétique dans son ensemble, il semble bien y avoir deux causes, toutes deux naturelles.

    Imiter est en effet, dès leur enfance, une tendance naturelle aux hommes - et ils se différencient des autres animaux en ce qu'ils sont des êtres fort enclins à imiter et qu'ils commencent à apprendre à travers l'imitation - comme la tendance commune à tous, de prendre plaisir aux représentations; la preuve en est ce qui se passe dans les faits : nous prenons plaisir à contempler les images les plus exactes de choses dont la vue nous est pénible dans la réalité, comme les formes d'animaux les plus méprisés et des cadavres. Une autre raison est qu'apprendre est un grand plaisir non seulement pour les philosophes, mais pareillement aussi pour les autres hommes - quoique les points communs entre eux soient peu nombreux à ce sujet. On se plaît en effet à regarder les images car leur contemplation apporte un enseignement et permet de se rendre compte de ce qu'est chaque chose, par exemple que ce portrait-là, c'est un tel; car si l'on se trouve ne pas l'avoir vu auparavant, ce n'est pas en tant que représentation que ce portrait procurera le plaisir, mais en raison du fini dans l'exécution, de la couleur ou d'une autre cause de ce genre.

    L'imitation, la mélodie et le rythme ( car il est évident que les mètres sont une partie des rythmes ) nous étant naturels, ceux qui à l'origine avaient les meilleures dispositions naturelles en ce domaine, firent peu à peu des progrès, et à partir de leurs improvisations, engendrèrent la poésie. Mais la poésie se divisa suivant le caractère propre à chacun; ceux qui avaient une âme noble imitaient les belles actions et celles de leurs pareils, ceux qui étaient plus vulgaires imitaient les actions des hommes bas, en composant d'abord des blâmes, tout comme les autres composaient des hymnes et des éloges."

    Aristote, Poétique, IV (IVe s. av JC)

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  • Compte-rendu du débat "La société est-elle menacée par l'ordre ou le désordre?"

    Le vendredi 23 septembre 2016, le café philosophique de Montargis se réunissait pour sa 8e saison et sa 59e séance à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée. La séance portait sur cette question : "La société est-elle menacée par l’ordre ou le désordre ?"

    Pour cette séance, Bruno est accompagné de Claire, maintenant bien rompue à cet exercice, ainsi que de Micheline qui officie pour la première fois comme co-animatrice.

    Un premier participant s’interroge sur le sens du mot ordre. Chaque société s’organise sur des règles – des lois – qui vont être basées sur une culture dont les bases sont humaines, morales, religieuses ou idéologiques. Or, dit-il, certaines organisations sociales sont incompatibles avec d’autres. Donc, chaque structure créé un ordre avec son corollaire, le désordre, qui doit s’adapter à cette situation.

    Pour Claire, l’ordre et le désordre peuvent être comparés à un mouvement dialectique (ordre/thèse, désordre/antithèse et renaissance d’un nouvel ordre/synthèse). À partir de ce mouvement, le désordre a priori menaçant la société, peut être une charnière pour relever la nécessité de l’ordre. Le désordre est une période transitoire permettant de faire renaître un nouvel ordre depuis un ancien ordre aboli. "Ordo ab chao" résume un participant.

    Pour autant, encore faudrait-il savoir l’origine de ce désordre (climatique, économique, et cetera). Qu’est-ce qui peut mettre en péril une société, en sachant que chaque société possède une âme, un logiciel commun pour tous les sujets d’un État – religion, idéologie, et cetera. Le métissage de cultures d’horizons différents pourrait donc, dans cette optique apporter des mariages heureux comme des conflits.

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  • Compte-rendu du Café philo : "Peut-on rire de tout ?"

    Thème du débat : "Peut-on rire de tout?" 

    Date : 1er avril 2016 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée

    démocrite,bergson,aristoteLe café philosophique de Montargis du 1er avril 2016 était consacrée, date oblige, au rire, avec ce sujet : "Peut-on rire de tout ?"

    La séance commence par une question posée à l’assistance : "Qu’est-ce qui vous fait rire et qu’est-ce qui ne vous fait pas rire ?" Face aux réponses obtenues, Bruno constate la diversité des réactions par rapport à ce qui nous fait rire. Le rire est connu de tous, universel et humain (Alphonse Allais avait eu son bon mot : "Le rire est à l’homme ce que la bière est à la pression"), mais le rire est aussi à géométrie variable. Mais il n’est pas partagé de la même manière. Ce comportement n’est pas uniforme. Ainsi les hommes politiques peuvent autant faire rire que l’inverse.

    Par rapport à la question de ce soir, "Peut-on rire de tout ?", d’emblée elle pourrait se lire ainsi : peut-on rire à tout moment de la journée dès que je me lève, tel Démocrite qui s’amusait de chaque instant, ou, d’autre part, est-ce que tous les sujets sont propre à faire rire ?

    Pour un participant, le rire est inattendu, un comportement subi qui provoque l’hilarité même dans les moments les plus inattendus – un colloque sérieux, un enterrement ou une chute par exemple, comme le dit Henri Bergson. Pour une autre participante, il existe aussi des situations où l’on force le rire jusqu’au fou rire. Il y a des écoles du rire, des thérapies grâce à ce comportement qui n’en est plus un : on provoque le rire artificiellement. Bruno parle du rire comme d’un comportement culturel mais aussi comme d’un comportement naturel, avec par exemple une expérience sur des singes pouvant être capable d’émettre ce que l’on peut qualifier de rires.

    Le rire peut avoir plusieurs fonctions, dit une participante : un exutoire, une manière de prendre du recul par rapport à une situation, une défense face à une difficulté, un moyen de désamorcer une situation, l’expression d’une joie, rire pour ne pas se dévoiler, un lien entre personnes, une expression de la nervosité. Le rire a des fonctions sociales.

    démocrite,bergson,aristote,spinozaLe rire est une rupture, dit un intervenant : on se met dans une situation incongrue ou on dit le contraire de ce que notre discours pourrait prétendre. Le rire est une cassure du sérieux, ce qui peut être reproché aux comiques lorsqu’ils brocardent les hommes politiques dits "sérieux". Le rire a cette étiquette de ne pas être "raisonnable", au contraire du sérieux. Pour un intervenant, une satire répétée finit par perdre de son comique pour devenir une charge blessante. Claire souligne que la caricature a beau être drôle ou non, elle ne retire en tout cas de la liberté à personne. Je peux dessiner un prophète, cela n’empêchera pas des croyants de pratiquer leur religion. Par contre, si j’attaque un caricaturiste pour blasphème à ma religion, je restreint sa liberté d’expression.

    Est-ce que tout prête à rire ? est-il demandé en cours de débat. Le rire est communicatif, répond un intervenant, si bien que l’on peut rire de rien et de tout, en fonction de l’environnement. Un autre intervenant revient sur la question et s’interroge sur son ambiguïté : "Est-ce que l’on parle d’un rire spontané, d’un rire immédiat ou d’un rire provoqué par une situation ?" Un rire serait "un décalage" : je marche dans la rue très fière et, d’un coup, je m’entrave et moi, l’homme digne, je deviens comme une poupée mécanique. De là viendrait la situation risible, ce que Bergson montre en parlant du rire comme "d’une mécanique plaquée sur du vivant". Tout est-il à sujet à rire ? L’autre question derrière le titre du débat de ce soir est celle-ci : "Peut-on se moquer de tout ?" Peut-on se moquer de la misère, de la maladie, de la religion comme le fait Charlie Hebdo ? Ce rire intellectuel et ironique semblerait être "un rire d’exclusion" mais aussi un rire qui peut être "sain et nécessaire". C’est un rire qui a un côté discriminant, qui n’a pas ce côté spontané et universel. Une autre intervenante parle de ces rires néfastes, ceux des cours de récréation où le rire est un rire agressif et moqueur, qui peut d’ailleurs être contraint par la morale et la loi qui aurait tendance à dire que l’on ne peut pas rire de tout.

    Le rire peut en effet être jugé moralement en fonction de ce qui le motive, dit Claire. On est tous en capacité de rire de tout. "C’est une capacité humaine qui fait resplendir notre liberté d’expression". Spinoza faisait une distinction nette entre le rire pur plaisir et anodin et le rire découlant de la haine, de la méchanceté. Par exemple, je peux rire des handicapés, ce ne sera pas forcément motivé par la moquerie et la méchanceté. Le "mauvais rire" est celui, pervers, qui provoque le plaisir à faire souffrir l’autre. Or, se rend-on compte lorsque l’on fait souffrir les autres ? Est-ce que l’humour noir est motivé par ce désir de faire souffrir ? C’est peu probable. D’autre part, si rire est propre à l’homme (Aristote), est-ce que nous devrions restreindre tel ou tel à rire ? Claire souligne que si rire est le propre de l’humain, Bergson a souligné que l’homme rit de ce qui lui est propre : un paysage peut être laid ou beau, pour autant il ne sera pas risible ; par contre on peut rire d’un animal s’il présente des caractéristiques et/ou un comportement humain. On peut rire d’un objet, d’un chapeau par exemple, mais on ne rira pas du tissu de feutre mais de la forme que l’humain lui aura donné. Au final on rit toujours de l’humain, ce qui implique que tout le monde pourra se sentir jugé, que ce soit volontairement ou non. Un autre intervenant souligne que l’autodérision est peu répandue, sans doute parce qu’on se riant de nos problèmes on les dédramatise.

    démocrite,bergson,aristote,spinozaPeut-on nous imposer des sujets délicats qui seraient risibles? Nous rions toujours aux dépends de quelqu’un. La personne caricaturée est à la fois la personne que nous connaissons et aussi un personnage que nous découvrons dont les traits ont été exagérés. Ce qui me fait rire ne fera pas forcément rire mon voisin. Il est là question de différences culturelles et de civilisations. Il est aussi question d’éducation qui peut diverger d’une personne à une autre même si le rire est a priori universel.

    Le sujet aussi, dit Bruno réside dans l’intention du rire. Quoi de commun entre les sketchs sur la Shoah par Pierre Desproges et les calembours de Jean-Marie Le Pen sur les chambres à gaz ? Ce qui est en jeu n’est pas en soi le rire ou son objet mais l’intention qu’on lui prête. Il est dit que le handicap peut tout à fait être traité avec humour, ne serait-ce par une personne elle-même handicapée. Mais rien n’empêche n’importe qui de faire de l’humour sur ce sujet lorsque cela est fait sans intention de blesser ou d’avilir. Cela peut aussi avoir pour objet de dédramatiser certains sujets, quand cela n’a pas une vocation de catharsis.

    Le rire pourrait aussi une manière autant élégante que pertinente d’aborder ces fameux sujets graves dont nous parlions : "Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer" disait Beaumarchais. Charlie Chaplin a montré dans son œuvre cinématographique que son rire – accompagné bien souvent des larmes – avait la capacité de traiter et de sublimer des sujets importants. Un participant souligne qu’une société qui entend baliser voire restreindre le rire montre sans doute sa propre fragilité.

    Il semblerait qu’il y ait un rapport étroit entre le rire et le drame. "Peut-on rire de tout ?" Si l’on répond par la négative, on s’interdit de traiter de certains sujets de telle ou telle manière – la mort, le handicap, et cetera. Or c’est autour de ces choses graves et taboues que le rire surgit. Et ce sont ces sujets qui a priori prêteraient le plus à rire. Tout sujet est certes propre à rire, à la condition, dit une personne du public, que cela soit fait sans intention de nuire, de blesser. Mais est-ce possible ? Un humoriste est potentiellement visible par des millions de personnes, a fortiori avec les réseaux sociaux : tout sujet propre à rire seraient aussi susceptibles de blesser. N’est-ce pas se mettre des barrières lorsque l’on dit : "Je ne veux pas blesser" ?

    Il y a aussi la question publique ou privée : je peux m’autoriser dans l’intimité à rire de tout mais une fois dans une sphère publique, je vais cependant me refuser à exprimer mon hilarité sur tel ou tel sujet. Un intervenant s’interroge cependant : "Peut-on rire réellement tout seul ?" Le rire charrie avec lui une valeur essentielle : le partage. Pas de rire sans public – même s’il s’agit d’un public restreint ? "Le rire rassemble", réagit une personne du public.

    démocrite,bergson,aristote,spinozaÀ l’exemple des primates, le rire a certainement une fonction sociale, réagit Bruno. Une étude de l’université de Portsmouth en 2003 sur 60 chimpanzés a établi que le rire simiesque était apparenté à un "outil de métacommunication, qui donne une information sur la relation [entre les singes]", par exemple signifier que si les coups sont échangés, c’est pour jouer, pas pour agresser" (Le Monde, 25 mars 2011). Le rire peut aussi avoir pour moyen, dit Claire, d’obtenir des hommes une conduite souhaitable car personne n’a envie d’être ridicule ni d’être l’objet de la risée de chacun. Le rire peut être aussi quelque part un moyen de "contrôle social", un ciment social pour contrôler la population.

    À ce sujet, le rire peut-il être militant ? Et qu’est-ce que ce "rire militant" ? Ce serait un un rire qui entendrait dénoncer, apporter un message, enlever le masque des hypocrites ou caricaturer les rois, les présidents et les puissants. C’est le rire du bouffon comme le rire des comiques modernes engagés. Gilles souligne que le rire a toujours gêné les religions. Dans la religion catholique, le rire a été longtemps proscrit, "car Jésus ne riait pas" (Umberto Eco). Les autorités laïques en sont venues à s’opposer aux ecclésiastiques jusqu’à s’entourer de bouffons, parfois célèbres : Triboulet sous Louis XII et François Ier, puis Brusquet ou Chico sous Henri III et Henri IV. Il y avait aussi une "école des fous" qui était une institution tout à fait sérieuse. Le rire trivial ou la satire avait une double fonction : amuser, distraire mais aussi révéler. Sans doute était-ce une forme de rire militant qui n’était d’ailleurs pas sans danger pour ces amuseurs publics (Brusquet n’a pas pu terminer sa carrière). Gilles signale qu’à Montargis, il y avait un bouffon célèbre de la cour de Renée de France, Pietro Gonella qui est mort de peur en simulant sa propre exécution.

    Le rire peut faire passer un message, est-il encore dit. L’humour peut être une arme pour attaquer et là est la limite avec la loi. Le problème de Dieudonné est celui non de l’humour mais de l’injure publique. Il est bien question d’intention dans le rire. Un autre humoriste peut nous éclairer : Pierre Desproges. Lorsqu’il fait son sketch sur les juifs ("On me dit que des juifs se sont glissés dans la salle… Ils peuvent rester…"), pourquoi ce sketch sarcastique a-t-il été accepté ? Parce que le public était averti. Desproges passait "un pacte humoristique" avec son public qui savait qu’il allait parler au deuxième degré. Il avait payé sa place pour rire. Par contre, lorsqu’Alain Soral, le militant d’extrême-droite, reprend ce sketch sur son site Internet, il le reprend au premier degré pour son public, dans une intention toute autre.

    Derrière la question "Peut-on rire de tout ?", il est question du pouvoir, de la capacité et de la censure. La question pourrait être celle-ci : "Rit-on de tout ?" On aurait envie de rire mais on s’autocensure : d’abord parce que le législateur contrôle le rire comme il nous contrôle en tant que citoyen. Pour contourner cette législation, nous avons mis en place plusieurs formes de rires : rires jaunes, rires francs, rires amers, et cetera.

    Dans la question "Peut-on rire de tout ?", il est question de légitimité. La liberté d’expression et de pensée – y compris dans le rire – est fondamentale. L’humour, par nature, est subversif et peut heurter les sensibilités. Or, quel est le rôle de la loi ? Est-il de protéger la liberté ou la servitude ? Puis-je interdire mon voisin de rire parce qu’il ne rit pas de la même chose que nous ? Une question se pose d’emblée : "Suis-je responsable de mon rire ?"

    Rire de tout, dit intervenant, dépend du lieu, de l’idéologie politique ou doxa dominante dans laquelle on se trouve (en France, la laïcité, le libéralisme économique et la démocratie) mais aussi le climat social. La question qui se pose à ce sujet est de savoir si l’on est "à cran ou pas à cran". La mauvaise répartition des richesses, la pauvreté ou les suicides des agriculteurs mettent des tensions dans le rire. La désinvolture peut-être la règle dans des milieux "protégés" mais ces aspects ne sont pas à négliger. Le rire peut amener des troubles à l’ordre public mais présumer des troubles potentiels jusqu’à interdire une représentation pose problème. Ce dont il est question est ici encore l’intention, mais comment prouver cette intention ? Qui décrète les intentions de Desproges, Dieudonné – ou des autres ? Il y a certes le talent de faire rire mais il y a aussi le talent de rire de tout. Tout est propre à rire, sans quoi le risque serait de brider notre liberté d’expression. Albert Pike disait : "La liberté d’opinion, la liberté d’expression, ne permettent pas que l’on interdise quoique ce soit même si cela nous heurte et froisse nos conviction ou si cela nous apparaît intolérable ou monstrueux. Sinon, la liberté n’excuse plus, elle disparaît. La dictature commence là où la liberté catégorielle ou sélective s’installe."

    A nous de ne pas brider le rire et au contraire de préférer au rire impertinent le rire pertinent et la raison dans le rire.

    La soirée se termine par le choix du sujet de la séance suivante, le 27 mai 2016. Quatre sujets sont proposés : "Aujourd’hui, ne faut-il s’étonner de rien ?", "Est-il bon de s’ennuyer ?", "L’homme est-il un loup pour l’homme ?" et "L’humanité est-elle vouée à disparaître ?" Le sujet choisi est : "Est-il bon de s’ennuyer ?" (titre définitif : "L’ennui : vice ou vertu ?")

     

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