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  • ILS ONT DIT, AU SUJET DE L'UTOPIE

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    "D'or fut la première race d'hommes périssables que créèrent les Immortels, habitants de l'Olympe." [Hésiode]

    "Nos citoyens seront fortement unis dans ce qu’ils nommeront leur intérêt propre, et, unis de la sorte, éprouveront joies et peines en parfaite communion." [Platon]

    "Ils seront délivrés de toutes ces misères et mèneront une vie plus heureuse que la vie bienheureuse des vainqueurs Olympiques." [Platon]

    "Mais quoi ? Ne verra-t-on pas disparaître les procès et les accusations réciproques, dans notre cité où chacun des gardiens n'aura à soi que son propre corps, et où tout le reste sera commun ? Ne s'ensuit-il pas que nos citoyens seront alors à l'abri de tous les conflits que fait naître parmi les hommes la possession de richesses, d'enfants et de parents ? […] Ainsi ils seront délivrés de toutes ces misères, et mèneront une vie plus heureuse que la vie bienheureuse des vainqueurs olympiques." [Platon]

    "Le premier âge du monde fut appelé l’Âge d’or, parce que l’homme y gardait sa foi, sans y être contraint par les lois, parce que de son propre mouvement il cultivait la Justice, et qu’il ne connaissait point d’autres biens que la simplicité et l’innocence." [Ovide]

    "Ainsi l’homme vivait au paradis comme il le voulait, aussi longtemps qu’il voulut ce que Dieu avait ordonné." [Saint Augustin]

    "La paix du corps, c'est l'agencement harmonieux de ses parties […] La paix de la cité, c'est la concorde bien ordonnée des citoyens dans le commandement et l'obéissance ; la paix de la cité céleste, c'est la communauté parfaitement ordonnée et parfaitement harmonieuse dans la jouissance de Dieu et dans la jouissance mutuelle en Dieu ; la paix de toutes choses, c'est la tranquillité de l'ordre. L'ordre, c'est la disposition des êtres égaux et inégaux, désignant à chacun la place qui lui convient." [Saint Augustin]

    "Il y a si loin de la manière dont on vit à celle donc on devrait vivre, que celui qui tient pour réel et pour vrai ce qui devrait l'être sans doute, mais qui malheureusement ne l'est pas, court à une ruine inévitable." [Machiavel]

    "L’imagination. C’est cette partie de l’homme, cette maîtresse d’erreur et de fausseté, et d’autant plus fourbe qu’elle ne l’est pas toujours." [Blaise Pascal]

    "L’imagination dispose de tout ; elle fait la beauté, la justice et le bonheur qui est le tout de tout le monde." [Blaise Pascal]

    "Pensiez-vous voir de pareils crimes dans le temps éclairé où nous sommes ? Hélas ! Les temps éclairés ne sont que pour un petit nombre de gens. La nature humaine est bien abominable et le meilleur des mondes possibles est bien funeste." [Voltaire]

    "Il arrivera donc, ce moment où le soleil n’éclairera plus, sur la terre, que des hommes libres, et ne reconnaissant d’autre maître que leur raison ; où les tyrans et les esclaves, les prêtres et leurs stupides ou hypocrites instruments n’existeront plus que dans l’histoire ou sur les théâtres." [Condorcet]

    "Comme si tout grand progrès de l’humanité n’était pas dû à de l’utopie réalisée ! Comme si la réalité de demain ne devait pas être faite de l’utopie d’hier et d’aujourd’hui." [Charles Fourier]

    "La philosophie sans la science perd bientôt de vue nos rapports réels avec la création pour s'égarer dans des espaces imaginaires; la science sans la philosophie […], on ne voit pas qu'elle offre à la raison un aliment digne d'elle, ni qu'elle puisse être prise pour le dernier but des travaux de l'esprit." [Antoine-Auguste Cournot]

    "L'utopie est la vérité de demain." [Victor Hugo]

    "Que les classes dominantes tremblent devant une révolution communiste. Les prolétaires n'ont rien à y perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !" [Karl Marx et Friedrich Engels]

    "Vous nous accusez de vouloir abolir votre propriété à vous. En vérité, c’est bien là notre intention." [Karl Marx et Friedrich Engels]

    "Quand une multitude de petites gens dans une multitude de petits lieux changent une multitude de petites choses, ils peuvent changer la face du monde." [Friedrich Nietzche]

    "Le progrès n'est que l'accomplissement des utopies." [Oscar Wilde]

    "Aucune carte du monde n'est digne d'un regard si le pays de l'utopie n'y figure pas." [Oscar Wilde]

    "Lorsqu’un homme désire ardemment de connaître la vérité, son premier effort sera d’imaginer ce que la vérité peut être." [Charles S. Pierre]

    "J’appuyai sur le levier jusqu’à sa position extrême. La nuit vint comme on éteint une lampe ; et un moment après, demain était là." [H.G. Wells]

    "Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif." [Aldous Huxley]

    "L’avenir ne dépend pas de l’identité du prochain président : il dépend de l’aptitude des citoyens écœurés à se mobiliser pour hurler leur désir de changement, de leur aptitude à faire dérailler ce pays pour qu’il emprunte enfin de vraies nouvelles voies." [André Gide]

    " Les problèmes du monde ne peuvent pas être résolus par des sceptiques ou des cyniques dont les horizons se limitent à des réalités évidentes. Nous avons besoin d ‘hommes capables d’imaginer ce qui n’a jamais existé." [Albert Einstein]

    "Il peut être considéré comme admis qu’avant 1980, les bateaux, les avions, les locomotives et même les automobiles seront alimentés atomiquement." [David Sarnoff]

    "Imaginer, c'est [...] hausser le réel d'un ton." [Gaston Bachelard]

    "L'imagination créatrice a de toute autres fonctions que celles de l'imagination reproductrice. A elle appartient cette fonction de l'irréel qui est psychiquement aussi utile que la fonction du réel si souvent évoquée par les psychologues pour caractériser l'adaptation d'un esprit à une réalité estampillée par les valeurs sociales." [Gaston Bachelard]

    "Composer follement, de façon indisciplinée, pure, venant de dessous ; plus c’est cinglé, mieux c’est." [Jack Kerouac]

    "Pour qu'une conscience puisse imaginer il faut qu'elle échappe au monde par sa nature même, il faut qu'elle puisse tirer d'elle-même une position de recul par rapport au monde. En un mot il faut qu'elle soit libre." [Jean-Paul Sartre]

    "L'imaginaire et le réel sont deux lieux de la vie." [Jacques Lacan]

    "L'utopie, presbytie des vieux peuples." [Emil Cioran]

    "L'utopie est simplement ce qui n'a pas encore été essayé!" [Théodore Monod]

    "La science et la cité radieuse sont étroitement liées dans la pensée des utopistes." [Jean Servier]

    "L'utopie ne consiste pas, aujourd'hui à préconiser le bien-être par la décroissance et la subversion de l'actuel mode de vie ; l'utopie consiste à croire que la croissance de la production sociale peut encore apporter le mieux-être, et qu'elle est matériellement possible." [André Gorz]

    "Toute personne née après l’an 2000 vivra indéfiniment, sauf accident." [Arthur C. Clarke]

    "L’utopie n’est plus alors qu’une manière de rêver l’action en évitant de réfléchir sur les conditions de possibilités de son insertion dans la situation actuelle." [Paul Ricoeur]

    "C'est la fin de l'utopie, car l'humain a désormais les moyens d'accéder à son origine, par l'archéologie et la génétique, qu'à sa fin dans une possible perfection paradisiaque obtenue dans la science et les techniques." [Jean Baudrillard]

    "Comme nous appelons folie la conjonction de l'illusion, de la démesure, de l'instabilité, de l'incertitude entre réel et imaginaire, de la confusion entre subjectif et objectif, de l'erreur, du désordre, nous sommes contraints de voir l'homo sapiens comme homo demens." [Edgar Morin]

     
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  • CONDORCET : DES PROGRÈS FUTURS DE L'ESPRIT HUMAIN

    condorcet.jpg"Si l’homme peut prédire, avec une assurance presque entière, les phénomènes dont il connaît les lois ; si lors même qu’elles lui sont inconnues, il peut, d’après l’expérience du passé, prévoir avec une grande probabilité les événements de l’avenir ; pourquoi regarderait-on comme une entreprise chimérique, celle de tracer, avec quelque vraisemblance, le tableau des destinées futures de l’espèce humaine d’après les résultats de son histoire. Le seul fondement de croyance dans les sciences naturelles est cette idée que les lois générales, connues ou ignorées, qui règlent les phénomènes de l’Univers, sont nécessaires et constantes ; et par quelle raison ce principe serait-il moins vrai pour le développement des facultés intellectuelles et morales de l’homme que pour les autres opérations de la nature ? Enfin, puisque des opinions formées d’après l’expérience du passé, sur des objets du même ordre, sont la seule règle de la conduite des hommes les plus sages, pourquoi interdirait-on au philosophe d’appuyer ses conjectures sur cette même base, pourvu qu’il ne leur attribue pas une certitude supérieure à celle qui peut naître du nombre, de la constance, de l’exactitude des observations ?

    Nos espérances, sur l’état à venir de l’espèce humaine, peuvent se réduire à ces trois points importants : la destruction de l’inégalité entre les nations, les progrès de l’égalité dans un même peuple ; enfin, le perfectionnement réel de l’homme. Toutes les nations doivent-elles se rapprocher un jour de l’état de civilisation où sont parvenus les peuples les plus éclairés, les plus libres, les plus affranchis de préjugés, tels que les Français et les Anglo-Américains ? Cette distance immense qui sépare ces peuples de la servitude des nations soumises à des rois, de la barbarie des peuplades africaines, de l’ignorance des Sauvages, doit-elle peu-à-peu s’évanouir ?

    Y a-t-il, sur le globe, des contrées dont la nature ait condamné les habitants à ne jamais jouir de la liberté, à ne jamais exercer leur raison ?

    Cette différence de lumières, de moyens ou de richesses, observée jusqu’à présent chez tous les peuples civilisés, entre les différentes classes qui composent chacun d’eux ; cette inégalité, que les premiers progrès de la société ont augmentée et pour ainsi dire produite, tient-elle à la civilisation même, ou aux imperfections actuelles de l’art social ? Doit-elle continuellement s’affaiblir pour faire place à cette égalité de fait, dernier but de l’art social, qui, diminuant même les effets de la différence naturelle des facultés, ne laisse plus subsister qu’une inégalité utile à l’intérêt de tous, parce qu’elle favorisera les progrès de la civilisation, de l’instruction et de l’industrie, sans entraîner ni dépendance, ni humiliation, ni appauvrissement ? En un mot, les hommes approcheront-ils de cet état, où tous auront les lumières nécessaires pour se conduire d’après leur propre raison dans les affaires communes de la vie, et la maintenir exempte de préjugés ; pour bien connaître leurs droits et les exercer d’après leur opinion et leur conscience ; où tous pourront, par le développement de leurs facultés, obtenir des moyens sûrs de pourvoir à leurs besoins ; où enfin, la stupidité et la misère ne seront plus que des accidents, et non l’état habituel d’une portion de la société ?

    Enfin, l’espèce humaine doit-elle s’améliorer, soit par de nouvelles découvertes dans les sciences et dans les arts, et par une conséquence nécessaire, dans les moyens de bien-être particulier et de prospérité commune ; soit par des progrès dans les principes de conduite et dans la morale pratique ; soit enfin par le perfectionnement réel des facultés intellectuelles, morales et physiques, qui peut être également la suite, ou de celui des instruments qui augmentent l’intensité ou dirigent l’emploi de ces facultés, ou même de celui de l’organisation naturelle.

    En répondant à ces trois questions, nous trouverons, dans l’expérience du passé, dans l’observation des progrès que les sciences, que la civilisation ont faits jusqu’ici, dans l’analyse de la marche de l’esprit humain et du développement de ses facultés, les motifs les plus forts de croire que la nature n’a mis aucun terme à nos espérances."

    Condorcet, Esquisse d’un Tableau historique des Progrès de l’Esprit humain (1795)

     

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