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lucrèce

  • Ils ont dit, au sujet de la mort

    " si le fil de · la vie n'était pas mouillé de quelques larmes , il romprait dans nos mains." [Pythagore]

    "D’abord vivre. Ensuite philosopher." [Citation latine]

    “Immortels, mortels ; mortels, immortels ; notre vie est la mort des premiers et leur vie, notre mort.” [Héraclite d'Ephèse]

    "Familiarise-toi avec l'idée que la mort n'est rien pour nous." [Épicure]

    “C'est parfois la peur de la mort qui pousse les hommes à la mort.” [Épicure]

    "Il semble que la mort est un raccourci qui nous mène au but." [Platon]

    "Nous vivons avec des émotions, pas avec des heures sur le cadran solaire. Nous devrions compter le temps en chagrins." [Aristote]

    "La mort rattrape ceux qui la fuient." [Horace]

    " Eh bien, n'est-ce pas là de quoi conclure qu'il n'y a rien de redoutable dans la mort ?" [Lucrèce]

    “Une vie malheureuse est plus insupportable que la mort.” [Sénèque]

    “La vie est l'attente de la mort.” [Alcuin]

    "La mort est moins à craindre que rien, s’il y avait quelque chose de moins… Elle ne vous concerne ni mort, ni vif ; vif parce que vous êtes ; mort parce que vous n’êtes plus. Nul ne meurt avant son heure." [Montaigne]

    "Le but de notre chemin, c’est la mort, c’est [là] l’objet inéluctable de notre visée : si elle nous effraie, comment est-il possible de faire un pas en avant sans fièvre ?" [Montaigne]

    "Le dernier acte est sanglant, quelque belle que soit la comédie en tout le reste. On jette enfin de la terre sur la tête, et en voilà pour jamais." [Blaise Pascal]

    "Une longue maladie semble être placée entre la vie et la mort, afin que la mort même devienne un soulagement et à ceux qui meurent et à ceux qui restent." [La Bruyère]

    "La mort n’est pas une cessation de toutes les fonctions, mais seulement une suspension de certaines fonctions plus remarquables." [Gottfried Wilhelm Leibniz]

    "La mort, si nous voulons nommer ainsi cette irréalité, est al chose la plus redoutable, et tenir fermement ce qui est mort, est ce qui exige la plus grande force." [Hegel]

    "La mort, le maître absolu." [Hegel]

    "La vue de chaque animal enseigne que la mort n'est pas un obstacle a la manifestation de l'essence de la vie, la volonté." [Arthur Schopenhauer]

    "Les vivants sont toujours, et de plus en plus, gouvernés nécessairement par les morts : telle est la loi fondamentale de l'ordre humain." [Auguste Comte]

    "Le sérieux comprend que si la mort est une nuit, la vie est le jour, que si l’on ne peut travailler la nuit, on peut agir le jour, et comme le mot bref de la mort, l’appel concis, mais stimulant de la vie, c’est : aujourd’hui même." [Sigmund Freud]

    "Ce qui ne peut aussi manquer de nous frapper, c’est que les pulsions de vie ont d’autant plus affaire à notre perception interne qu’elles se présentent comme des perturbateurs… les pulsions de mort en revanche paraissent accomplir leur travail sans qu’on s’en aperçoive." [Sigmund Freud]

    "L’homme primitif triomphe auprès du cadavre de l'ennemi qu'il vient de tuer, sans avoir à se creuser la tête à propos des énigmes de la vie et de la mort. Ce qui poussa l'homme primitif à réfléchir, ce ne fut ni l'énigme intellectuelle ni la mort en général, mais ce fut le conflit affectif qui, pour la première fois, s'éleva dans son âme à la vue d'une personne aimée et, cependant, étrangère et haïe." [Søren Kierkegaard]

    “La mort est une maladie de l'imagination.” [Alain]

    “La mort n’est pas un événement de la vie. La mort ne peut être vécue.” [Ludwig Wittgenstein]

    “La philosophie antique nous apprenait à accepter notre mort. La philosophie moderne, la mort des autres.” [Michel Foucault]

    "La mort, quel déshonneur ! Devenir soudain objet…" [Emil Michel Cioran]

    "Ce n'est pas la mort, ce que la plupart des gens craignent. Vous avez peur d'arriver à la fin de votre vie juste pour découvrir que vous n'avez jamais vraiment vécu." [anonyme]

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  • Bayle : La mort ne nous concerne pas

    220px-Pierre_Bayle_by_Louis_Ferdinand_Elle.jpg"Épicure et Lucrèce supposent que la mort est une chose qui ne nous concerne pas, et à laquelle nous n’avons aucun intérêt. Ils concluent cela de ce qu’ils supposent que l’âme est mortelle, et par conséquent que l’homme ne sent plus rien après la séparation du corps et de l’âme...

    Ces philosophes […] supposent que l’homme ne craint la mort que parce qu’il se figure qu’elle est suivie d’un grand malheur positif Ils se trompent, et ils n’apportent aucun remède à ceux qui regardent comme un grand mal la simple perte de la vie. L’amour de la vie est tellement enraciné dans le cœur de l’homme, que c’est un signe qu’elle est considérée comme un très grand bien ; d’où il s’ensuit que de cela seul que la mort enlève ce bien, elle est redoutée comme un très grand mal. À quoi sert de dire contre cette crainte : vous ne sentirez rien après votre mort ? Ne vous répondra-ton pas aussitôt, c’est bien assez que je sois privé de la vie que j’aime tant ; et si l’union de mon corps et de mon âme est un état qui m’appartient, et que je souhaite ardemment conserver, vous ne pouvez pas prétendre que la mort qui rompt cette union est une chose qui ne me regarde pas.

    Concluons que l’argument d’Épicure et de Lucrèce n’était pas bien arrangé, et qu’il ne pouvait servir que contre la peur des peines de l’autre monde. Il y a une autre sorte de peur qu’ils devaient combattre ; c’est celle de la privation des douceurs de cette vie."

    Pierre Bayle, Dictionnaire historique et critique (1697)

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  • Lucrèce : L'illusoire souffrance de la mort

    "Même si, affranchis du corps, l'esprit et l'âme conservaient le sentiment, en quoi cela nous intéresse-t-il, nous dont une union intime de l'âme et du corps réalise l'existence et constitue l'être ? Et quand bien même le temps, après notre mort, rassemblerait toute notre matière et la réorganiserait dans son ordre actuel en nous donnant une seconde fois la lumière de la vie, là encore il n'y aurait rien qui nous pût toucher, du moment que rupture se serait faite dans la chaîne de notre mémoire. Que nous importe aujourd'hui ce que nous fûmes autrefois ? que nous importe ce que le temps fera de notre substance ? En effet, tournons nos regards vers l'immensité du temps écoulé, songeons à la variété infinie des mouvements de la matière : nous concevrons aisément que nos éléments de formation actuelle se sont trouvés plus d'une fois déjà rangés dans le même ordre ; mais notre mémoire est incapable de ressaisir ces existences détruites, car dans l'intervalle la vie a été interrompue et tous les mouvements de la matière se sont égarés sans cohésion bien loin de nos sens.

    Il faut bien qu'un homme, pour que le malheur et la souffrance puissent l'atteindre, vive lui-même à l'époque où il doit faire leur rencontre. Voilà que la mort fait disparaître cet homme et retire l'existence à cette victime présumée d'un concert de maux. Eh bien, n'est-ce pas là de quoi conclure qu'il n'y a rien de redoutable dans la mort ? Aucun malheur ne peut atteindre celui qui n'est plus ; il ne diffère en rien de ce qu'il serait s'il n'était jamais né, puisque sa vie mortelle lui a été ravie par une mort immortelle.

    Lors donc qu'un homme se lamente sur lui-même la pensée du sort mortel qui fera pourrir son corps abandonné, ou le livrera aux flammes, ou le donnera en pâture aux bêtes sauvages, tu peux dire que sa voix sonne faux, qu'une crainte secrète tourmente son cœur, bien qu'il affecte de ne pas croire qu'aucun sentiment puisse résister en lui à la mort. Cet homme, à mon avis, ne tient pas ses promesses et cache ses principes ; ce n'est pas de tout son être qu'il s'arrache à la vie ; à son insu peut-être il suppose que quelque chose de lui doit survivre. Tout vivant en effet qui se représente son corps déchiré après la mort par les oiseaux de proie et les bêtes sauvages, se prend en pitié ; car il ne parvient pas à se distinguer de cet objet, le cadavre, et croyant que ce corps étendu, c'est lui-même, il lui prête encore, debout à ses côtés, la sensibilité de la vie. Alors il s'indigne d'avoir été créé mortel, il ne voit pas que dans la mort véritable il n'y aura plus d'autre lui-même demeuré vivant pour pleurer sa fin et, resté debout, gémir de voir sa dépouille devenue la proie des bêtes et des flammes. Car si c'est un malheur pour les morts d'être broyés entre les dents des fauves, je ne trouve pas qu'il puisse être moins douloureux de rôtir dans les flammes d'un bûcher, d'être étouffé dans du miel, de subir raidi la pierre glacée du tombeau ou le poids écrasant de la terre qui vous broie."

    Lucrèce, De la Nature (Ier s. ap. JC)

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  • LUCRÈCE DE LA NATURE

    la-peur-mieux-la-comprendre-pour-mieux-la-combattre-6914.jpg"Ce qui rend les hommes esclaves de la peur, c'est que, témoins de mille faits accomplis dans le ciel et sur la terre, mais incapables d'en apercevoir les causes, ils les imputent à une puissance divine. Aussi, dès que nous aurons vu que rien ne se fait de rien, déjà nous distinguerons mieux le but de nos poursuites, et la source d'où jaillissent tous les êtres, et la manière dont ils se forment, sans que les dieux y aident."

    Lucrèce, De la Nature (Ier s. av JC)

    Lien permanent Catégories : =>Saison 6, Compilation de textes, Documents, Livres, [45] "Doit-on tout faire pour être heureux?" Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • ILS ONT DIT, AU SUJET DU MÉRITE

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     "L'amour-propre exagère toujours notre mérite à nos propres yeux." [Chilon]

    "L'homme supérieur ne demande rien qu'à lui-même ; l'homme vulgaire et sans mérite demande tout aux autres." [Confucius]

    "Je vous dis que ce n’est pas de la fortune que naît le vrai mérite, mais que c’est le vrai mérite qui fait bonnes la fortune, les autres choses humaines aussi, toutes sans exception, dans les affaires privées comme dans celles de l'État. Maintenant, si c’est en disant cela que je corromps, alors c’est que cela est dommageable !" [Platon]

    "Et qu'aurait donc à craindre un mortel, jouet du destin, qui ne peut rien prévoir de sûr, vivre au hasard." [Sophocle

    "Puisque l'injuste ne respecte pas l'égalité et que l'injuste se confond avec l'inégalité, il est évident qu'il y a une juste mesure relativement à l'inégalité. Cette juste moyenne, c'est l'égalité." [Aristote]

    " La gloire que donnent les richesses et la beauté est passagère et fragile ; le mérite, au contraire, est un bien éclatant impérissable." [Salluste]

    "Quiconque se plaint, pleure et gémit, est forcé néanmoins d'obéir et d'exécuter malgré lui les ordres qu'on lui prescrit. Quelle folie de se faire traîner plutôt que de suivre !" [Sénèque]

    "Nos mouvements peuvent changer de direction sans être déterminés par le temps ni par le lieu, mais selon que nous inspire notre esprit lui-même." [Lucrèce]

    "S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité." [Tacite

    "Si tu le veux, tu es libre." [Épictète]

    "Il t'appartient aussi, par conséquent, de choisir ou non telle conduite." [Épictète]

    "Celui qui n'aime pas la vie ne la mérite pas." [Léonard de Vinci]

    "La réputation est un préjugé vain et fallacieux : souvent gagnée sans mérite et perdue sans justice !" [William Shakespeare]

    "Il faut (donc) entièrement rejeter l'opinion vulgaire qu'il y a hors de nous une fortune qui fait que les choses arrivent ou n'arrivent pas, selon son plaisir, et savoir que tout est conduit par la Providence divine." [René Descartes]

    "Qu'aisément un esprit qui se laisse flatter s'imagine un bonheur qu'il pense mériter !" [Pierre Corneille

    "On ne doit pas juger du mérite d'un homme par ses grandes qualités, mais par l'usage qu'il en sait faire." [François de La Rochefoucauld]

    "Les hommes se croient libres parce qu'ils ont conscience de leurs volitions et de leur appétit, et qu'ils ne pensent pas, même en rêve, aux causes qui les disposent à désirer et à vouloir, parce qu'ils les ignorent." [Baruch Spinoza]

    "Ceux qui ont dit qu'une fatalité aveugle a produit tous les effets que nous voyons dans le monde, ont dit une grande absurdité : car quelle plus grande absurdité qu'une fatalité aveugle qui aurait produit des êtres intelligents." [Montesquieu]

    "C'est un bonheur d'être d'une grande naissance, ce n'est pas un malheur d'être d'une médiocre ; le mérite console tout." [Montesquieu]  

    "Je vois des peuples infortunés gémissants sous le joug de fer, le genre humain écrasé par une poignée d'oppresseurs, une foule affamée, accablée de peine et de faim, dont le riche boit en paix le sang et les larmes, et partout le fort armé contre le faible du redoutable pouvoir des lois." [Jean-Jacques Rousseau]

    "Jacques ne connaissait ni le nom de vice, ni le nom de vertu ; il prétendait qu'on était heureusement ou malheureusement né." [Denis Diderot]

    "Rien de si difficile à pardonner que le mérite." [Denis Diderot]

    "Il en est du mérite comme de l'innocence : il se perd dès qu'on s'en repaît." [Emmanuel Kant]

    "Quel crime avons-nous fait pour mériter de naître ?" [Alphonse de Lamartine

    "Presque personne n’est assez pur de péchés pour ne pas mériter un châtiment." [Victor Hugo

    "C'est par piston qu'on entre au paradis. Si c'était au mérite, mon chien y entrerait et moi je resterais dehors." [Mark Twain]

    "L'homme n'est pas la conséquence d'une intention propre, d'une volonté, d'un but." [Friedrich Nietzsche]

    "L’incertitude de nos voies nous tourmentent toute la vie. Que dirai-je ? Tout choix est effrayant quand on y sonde... C’est une route à élire dans un pays de toutes parts inconnu, ou chacun fait "sa" découverte, et ne la fait que pour soi." [André Gide]

    "Qui est-ce qui a choisi ? Je le demande. Personne n'a choisi, puisque nous sommes tous d'abord des enfants. Personne n'a choisi, mais tous ont fait d'abord." [Alain]

    "Nous aurons le destin que nous aurons mérité." [Albert Einstein]

    "Si l'on connaissait bien le changement continuel autour de nous, la variété et la floraison continuelle des petites causes, ce serait assez pour ne pas se faire un destin." [Alain]

    "L'homme mérite qu'il se soucie de lui-même car il porte dans son âme les germes de son devenir." [Carl Gustav Jung]

    "Mériter le succès plutôt qu'y parvenir." [Lester Bowles Pearson]

    "Qu’est-ce que signifie ici que l’existence précède l’essence ? Cela signifie que l’homme existe d’abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu’il se définit après." [Jean-Paul Sartre]

    "Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience." [René Char

    "Penser dépend de certaines coordonnées. Nous avons les vérités que nous méritons d’après le lieu où nous portons notre existence, l’heure où nous veillons, l’élément que nous fréquentons." [Gilles Deleuze]

    "L’existence est un chemin et ce cheminement implique un choix continu" [Arturo Pérez Reverte]

    "L’homme détermine la société et non l’inverse" [Cai Chongguo]

     

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  • LUCRÈCE : LIBERTÉ HUMAINE ET DÉTERMINISTE SCIENTIFIQUE

    Lucrece.jpg"Voici encore [...] ce que je veux te faire connaître. Les atomes descendent bien en droite ligne dans le vide, entraînés par leur pesanteur ; mais il leur arrive, on ne saurait dire où ni quand, de s'écarter un peu de la verticale, si peu qu'à peine peut-on parler de déclinaison. Sans cet écart, tous, comme des gouttes de pluie, ne cesseraient de tomber à travers le vide immense ; il n'y aurait point lieu à rencontres, à chocs, et jamais la nature n'eût pu rien créer... Il faut que les atomes s'écartent un peu de la verticale, mais à peine et le moins possible. N'ayons pas l'air de leur prêter des mouvements obliques, que démentirait la réalité. C'est en effet une chose manifeste et dont l’œil nous instruit, que les corps pesants ne peuvent d'eux-mêmes se diriger obliquement lorsqu'ils tombent, cela est visible à chacun... Enfin, si tous les mouvements sont enchaînés dans la nature, si toujours d'un premier naît un second suivant un ordre rigoureux ; si, par leur déclinaison, les atomes ne provoquent pas un mouvement qui rompe les lois de la fatalité et qui empêche que les causes ne se succèdent à l'infini ; d'où vient donc cette liberté accordée sur terre aux êtres vivants, d'où vient, dis-je, cette libre faculté arrachée au destin, qui nous fait aller partout où la volonté nous mène ? Nos mouvements peuvent changer de direction sans être déterminés par le temps ni par le lieu, mais selon que nous inspire notre esprit lui-même. Car, sans aucun doute, de tels actes ont leur principe dans notre volonté et c'est de là que le mouvement se répand dans les membres. Ne vois-tu pas qu'au moment où s'ouvre la barrière, les chevaux ne peuvent s'élancer aussi vite que le voudrait leur esprit lui-même ? Il faut que de tout leur corps s'anime la masse de la matière, qui, impétueusement portée dans tout l'organisme, s'unisse au désir et en suive l'élan. Tu le vois donc, c'est dans le cœur que le mouvement a son principe ; c'est de la volonté de l'esprit qu'il procède d'abord, pour se communiquer de là à tout l'ensemble du corps et des membres."

    Lucrèce, De la Nature (Ier s. ap. JC)

     

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  • LUCRÈCE : L'ÂME EST UNE PARTIE DU CORPS

    1006394-Lucrèce.jpg"L'âme ainsi faite est enveloppée dans le corps tout entier, elle en est la gardienne, elle en assure le salut, car tous deux tiennent à des racines qui les unissent et l'on ne peut les séparer sans les détruire. Aux grains d'encens arracherait-on leur parfum sans que la substance n'en périsse ? La substance de l'esprit et de l'âme ne saurait être soustraite au corps sans que l'ensemble se dissolve. Leurs principes se trouvent dés l'origine si enchevêtrés entre eux qu'ils leur font un destin commun. Il ne semble pas que chacun puisse se passer du secours de l'autre, corps et âme n'ont pas le pouvoir de sentir isolément ; c'est leur réunion et la communauté de leurs mouvements qui allument en nous et entretiennent en tous nos organes la flamme de sensibilité."

    Lucrèce, De la Nature, livre III

     

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  • COMPTE RENDU DE LA DERNIÈRE SÉANCE

    Thème du débat : "La vie n'est-elle qu'une suite de hasards ?"

    Date : 30 septembre 2011 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée.

    Environ 45 personnes étaient présentes pour ce premier café philosophique de la saison. Le sujet choisi était particulièrement ardu puisqu’il portait sur le hasard, un concept, dit Bruno, qui a toujours posé problème aux philosophes, lorsqu’il n’a pas été purement et simplement dénié. Pourquoi cette négation ?

    café philosophique de montargis,philo,philosophie,montargisClaire et Bruno proposent de partir d’un exemple. Anne-Marie est une femme qui a des années vécue seule. Elle a fait confiance à sa bonne étoile pour trouver une personne avec qui elle vivrait mais force est de constater que sa destinée ne lui a pas été favorable. Si bien que, jusque vers l’âge de quarante ans, elle reste célibataire. Un jour, un banal accrochage de voiture inopinée la conduit à la gendarmerie. Elle se retrouve nez à nez avec un homme qui ne la laisse pas indifférente. Répondant à son invitation, elle accepte de le revoir, commençant une idylle et une nouvelle vie : "le hasard fait bien les choses", dira-t-elle à leur mariage ! Anne-Marie et cet homme – nous l’appellerons Paul – se marient et vivent ensemble une dizaine d’années, des années heureuses qui confortent Anne-Marie dans sa vision d’une bonne étoile protectrice. Un soir, cependant, la gendarmerie où travaille Paul l’appelle : un accident de voiture a eu lieu. Son mari vient de décéder : une nouvelle fois, le hasard a frappé a sa porte. Un hasard tragique, cette fois.

    Le hasard fait-il les choses ? Il semble y avoir une contradiction à dire cela. Le hasard c’est la contingence. Alors, plutôt que de hasard, peut-on parler ici de prédestination comme guide de l’action guidée par une intelligence supérieure derrière cette suite d’événements ?

    café philosophique de montargis,philo,philosophie,montargisUne première participante émet l’avis que selon elle "rien n’arrive par hasard" (une première négation du hasard) : chacun a un rôle à jouer dans sa vie, même si nous n’en sommes pas conscients. Cette opinion est contestée par plusieurs autres participants qui donnent au hasard une place importante, sans toutefois faire du hasard l’alpha et l’oméga de notre existence : le monde ne serait pas qu’un "vaste chantier sans architecte et sans fin" comme le sous-entendait le poète épicurien du Ier siècle av. J.C. Lucrèce !

    Qu’est-ce donc que le hasard ? Une suite d’événements chaotiques ? La manifestation d’une intelligence supérieure qui nous guiderait tels des pantins ? Finalement, le hasard ne serait que l’interprétation d’événements chaotiques et/ou incompréhensibles (Freud). Ainsi, un participant évoque l’exemple de la naissance du genre humain, provoquée par la chute "hasardeuse" d’une météorite. À cette remarque, un autre participant rebondit en s’interrogeant s’il ne s’agit pas de "science" plutôt que de hasard. Tout est histoire d’interprétation.

    café philosophique de montargis,philo,philosophie,montargisLe hasard ne serait-il donc pas l’ennemi de la raison ? Les philosophes auraient tendance à le penser, tant le hasard, "ce mal-aimé", leur a donné du fil à retordre. Bruno rappelle l’étymologie du terme : le mot hasard tire son origine de l’arabe "az-zahr", le jeu de dés. De ce mot, on en a tiré un autre : "as", le premier chiffre de ce jeu de dés (cf. également cet article).

    Force est de constater que les philosophes n’aiment pas le hasard : face au chaos originel, au désordre, au hasard, l’intelligence humaine répond par le savoir, la science, la compréhension : "Au commencement était le chaos, puis vint l'intelligence qui débrouilla tout" (Anaxagore). Pour Confucius, "La vie de l'homme dépend de sa volonté ; sans volonté, elle serait abandonnée au hasard."  Vain combat, tant le hasard s’entête à guider des pans entiers de notre existence.

    Si la vie est une suite de hasards ou même s’il faut composer avec lui, alors la liberté n’existe pas. Qu’est-ce que le libre-arbitre ? On ne peut donc pas rationnellement se soumettre au seul hasard. D’ailleurs, pour Démocrite, "Tout ce qui existe dans l'univers est le fruit du hasard et de la nécessité." Les penseurs ont très vite cherché à repousser la place du hasard, synonyme de chaos et de désordre, comme de la Fortuna (ou "la Fortune", qui distribue aveuglément coups du sort et bonheur). Leucippe, (v. -460 - -370) affirme ceci : "Aucune chose ne devient sans cause, mais tout est l'objet d'une loi [raison] (λόγος), et sous la contrainte de la nécessité". Plus tard, avec l’avènement du christianisme, les philosophes chrétiens voient dans Dieu le principe d’une nécessité souveraine abolissant le chaos et le hasard : "Ce que nous appelons le hasard n'est que notre incapacité à comprendre un degré d'ordre supérieur" dit Jean Guitton.

    café philosophique de montargis,philo,philosophie,montargisPour beaucoup de penseurs donc, le hasard est l’opposé de la raison, l’opposé de l’intelligence et la négation de la liberté. Ainsi, être libre c’est être le maître absolu omniscient et omniprésent de son action. C’est un ennemi tenace qui a la peau dure car on a beau "raboter le hasard il en reste toujours quelque chose".

    Un participant considère pourtant que le hasard fait partie intégrante de la raison et de la science. Darwin a ainsi fait du hasard une composante de sa théorie de l’évolution des espèces, ce qui n’a pas été sans lui donner des problème de conscience religieuse.

    Loin d’être ce trou noir inexorable, le hasard peut en outre être paré de toutes les vertus. On peut penser alors à ces jeux de hasard, si populaires ! Ne pourrait-on pas les identifier à cette Bonne Fortune (Fortuna) ancestrale chargée de distribuer les bienfaits sans distinction ? Une Bonne Fortune que l’on peut également parer – à tort ou à raison – des atours des statistiques ! 

    Finalement, le hasard, qu’il soit bienvenu ou non, est la condition de notre liberté. C’est à nous qu’il convient  soit de l’accueillir avec bienveillance, soit de l’affronter avec le courage sartrien ! C’est dans le sens que l’on donne à la situation que se trouve ou pas le hasard. L’action donc me dépasse ; mais attention à la mauvaise foi ! Claire propose que le vrai homme sage irait prendre jusqu’à la posture des Stoïciens pour qui l’on ne devrait se préoccuper que de ce qui dépend de nous et considérer comme négligeable ce qui nous échappe (et la mort en fait partie !). (Manuel d’Épictète) Une posture ambitieuse et difficilement réalisable.

    café philosophique de montargis,philo,philosophie,montargisPour les croyants ou ceux qui font confiance au pari de Pascal, le hasard peut être la manifestation voire la chance d’une puissance supérieure (un dieu ?). Dans tous les cas, le hasard (ou les hasards), pour chaotique qu’il apparaisse et parce qu’il sait nous surprendre, nous émouvoir (qu’on pense aux arts aléatoires : ce compte-rendu est d'ailleurs illustré de reproductions de peintures faisant appel à cela, cf. infra), nous heurter, doit être considéré et pensé avec étonnement. L’étonnement qui est, comme le disait Platon (Téétète), la première étape vers la philosophie !

    Ce café philosophique s’achève par le vote du thème du prochain débat. Le choix se porte sur ce sujet : "Mes passions sont-elles des entraves à ma liberté ?" Rendez-vous le 4 novembre 2011 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée, à 18H30.

    Philo-galerie

    Pour illustrer ce compte-rendu sur le hasard, nous avons choisi des reproductions de peintures faisant appel à l'aléatoire. L'une des jeunes artistes les plus douées de sa génération, Marlène Mocquet fait appel à cet aléatoire (notamment un travail sur les tâches de Rorschach) et à l'accident pour créer des oeuvres d'une grande richesse graphique. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site Slash.fr

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