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  • Ils ont dit, au sujet des oeuvres d'art

    "L'art d'imiter est donc bien éloigné du vrai, et, s'il peut tout exécuter, c'est, semble-t-il, qu'il ne touche qu'une petite partie de chaque chose, et cette partie n'est qu'un fantôme." [Platon]

    "Ce n’est pas un art (…) qui se trouve en toi et te rend capable de bien parler d’Homère. Non, c’est une puissance divine qui te met en mouvement." [Platon]

    "L’épopée, et la poésie tragique comme aussi la comédie, l’art du poète de dithyrambe et, pour la plus grande partie, celui du joueur de flûte et de cithare, se trouvent tous être, d’une manière générale, des imitations. Mais ils diffèrent les uns des autres par trois aspects : ou bien ils imitent par des moyens différents, ou bien ils imitent des objets différents, ou bien ils imitent selon des modes différents, et non de la même manière." [Aristote]

    "Mais ce qui plaira à plus de gens, pourra être nommé simplement le plus beau, ce qui ne saurait être déterminé." [René Descartes]

    "Le génie est la disposition innée de l’esprit (ingenium) par laquelle la nature donne ses règles à l’art." [Emmanuel Kant]

    "Et ainsi on ne peut pas dire : à chacun son goût. Cela reviendrait à dire - il n'y a pas de goût, c'est-à-dire pas de jugement esthétique qui puisse légitimement prétendre à l'assentiment universel." [Emmanuel Kant]

    "Aucun Homère, aucun Wieland ne pourrait montrer comment ses idées riches en poésie et pourtant lourdes de pensées surgissent et s'assemblent dans son cerveau, car lui-même ne le sait pas et il ne peut donc l'enseigner à un autre." [Emmanuel Kant]

    "D’une façon générale, il faut dire que l’art, quand il se borne à imiter, ne peut rivaliser avec la nature." [Hegel]
    "L'œuvre d'art, tout en ayant une existence sensible, n'a pas besoin d'avoir une réalité tangiblement concrète ni d'être effectivement vivante" [Hegel]

    "Rien ne nous empêche de dire que, comparée à cette réalité, l'apparence de l'art est illusoire; mais l'on peut dire avec autant de raison que ce que nous appelons réalité est une illusion plus forte, une apparence plus trompeuse que l'apparence de l'art." [Hegel]

    "Le sensible peut avoir avec l'esprit plusieurs sortes de relations. La plus médiocre, la moins appropriée à l'esprit, c'est l'appréhension purement sensible." [Hegel]

    "Il est permis de soutenir dès maintenant que le beau artistique est plus élevé que le beau dans la nature. Car la beauté artistique est la beauté née et comme deux fois née de l'esprit." [Hegel]

    "Ce qui donne au tragique, quelle qu’en soit la forme, son élan particulier vers le sublime, c’est la révélation de cette idée que le monde, la vie sont impuissants à nous procurer aucune satisfaction véritable et sont par suite indignes de notre attachement : telle est l’essence de l’esprit tragique ; il est donc le chemin de la résignation." [Arthur Schopenhauer]

    "La forme, c’est le fond qui remonte à la surface." [Victor Hugo]

    "J’ai essayé d’exprimer les terribles passions de l’humanité au moyen du rouge et du vert." [Vincent Van Gogh]

    "Nommer un objet, c'est supprimer les trois quarts de la jouissance du poème, qui est faite du bonheur de deviner peu à peu : le suggérer, voilà le rêve." [Stéphane Mallarmé]

    "Des enfants normaux, voilà ce que furent les Grecs. Le charme que nous trouvons à leurs couvres d'art n'est pas contrarié par le peu d'avancement de la société où elles ont fleuri. Il en est plutôt le résultat; il est inséparable de la pensée que l'état d'immaturité sociale où cet art est né, où seul il pouvait naître, ne reviendra jamais." [Karl Marx]

    "Il faut avoir du chaos en soi pour enfanter une étoile dansante." [Friedrich Nietzsche]

    "L’art favorise la vie en rendant l’horreur sublime et l’absurde comique." [Friedrich Nietzsche]

    "Nous avons l’art afin de ne pas mourir de la vérité." [Friedrich Nietzsche]

    " L'instinct le plus profond de l'artiste va-t-il à l'art, ou bien n'est-ce pas plutôt au sens de l'art, à la vie, à un désir de vie ? - L'art est le grand stimulant à la vie : comment pourrait-on l'appeler sans fin, sans but, comment pourrait-on l'appeler l'art pour l'art ?" [Friedrich Nietzsche]

    "Les abrutis ne voient le beau que dans les belles choses." [Arthur Cravan]

    "Il existe notamment un chemin de retour qui conduit de la fantaisie à la réalité : c'est l'art." [Sigmund Freud]

    "L'art ne reproduit pas le visible, il rend visible." [Paul Klee]

    "Mettez-vous dans la tête qu’on ne fait pas de progrès." [Francis Picabia]

    "La philosophie n'est pas l'art, mais elle a avec l'art de profondes affinités. Qu'est-ce que l'artiste ? C'est un homme qui voit mieux que les autres car il regarde la réalité nue et sans voiles." [Henri Bergson]

    "Le goût – bon ou mauvais – est une habitude." [Marcel Duchamp]

    "L'art naît... de la fascination de l'insaisissable, du refus de copier des spectacles, de la volonté d'arracher les formes au monde que l'homme subit pour les faire entrer dans celui qu'ils gouvernent ... Les grands artistes ne sont pas les transcripteurs du monde, ils en sont les rivaux." [André Malraux]

    "L'art est ce par quoi les formes deviennent style" [André Malraux]

    "Qu'est-ce que la technique moderne? Elle aussi est un dévoilement. C'est seulement lorsque nous arrêtons notre regard sur ce trait fondamental que ce qu'il y a de nouveau dans la technique moderne se montre à nous." [Martin Heiddegger]

    "La qualité esthétique de la jouissance, et même le divertissement, a toujours été inséparable de l'essence de l'art, quelque tragique, quelque exempte de compromis que soit l'œuvre d'art. La proposition d'Aristote sur l'effet purificateur de l'art résume la double fonction de l'art qui est à la fois d'opposer et de réconcilier, de dénoncer et d'acquitter, de faire resurgir ce qui est refoulé et de le refouler à nouveau, sous une forme « purifiée »." [Herbert Marcuse]

    "L'œuvre d'art est une forme, c'est-à-dire un mouvement arrivé à sa conclusion : en quelque sorte un infini contenu dans le fini. Sa totalité résulte de sa conclusion et doit donc être considérée non comme la fermeture d'une réalité statique et immobile, mais comme l'ouverture d'un infini qui s'est rassemblé dans une forme." [Luigi Pareyson]

    "À la vérité « l’Art » n’a pas d’existence propre. Il n’y a que des artistes." [Ernst Gombrich]

    "La peinture transforme donc un texte en figures énigmatiques. Le travail du rêve, les opérations décrites par Freud pour rendre compte de ce travail que fait le rêve, transforment les pensées en images, tout comme un tableau." [Daniel Arasse]

    "L'œuvre est ouverte au sens où l'est un débat : on attend, on souhaite une solution, mais elle doit naître d'une  prise de conscience du public. L'ouverture devient instrument de pédagogie révolutionnaire." [Umberto Eco]

    "Au royaume du kitsch s’exerce la dictature du cœur." [Milan Kundera]

    "Le nouveau n’est pas nouveau." [Ben]

    "Comprendre une œuvre d’art, c’est mesurer exactement les raisons qui nous la rendent inintelligible à jamais." [Renaud Camus]

    "C’est ce que j’ai appelé, dans la conclusion de mon livre, « le paradoxe permissif », c’est-à-dire le fait qu’en approuvant et en intégrant les propositions transgressives, les institutions de l’art contemporain vont, d’une certaine façon, à l’encontre de ce que font les artistes qu’elles prétendent soutenir." [Nathalie Heinich]

    "Chacun de nous a trois existences. Une existence de chose : nous sommes un corps. Une existence d'esprit : nous sommes une conscience. Et une existence de discours : nous sommes ce dont les autres parlent." [Eric-Emmanuel Schmitt]

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  • Kant : Qu'est-ce que le génie ?

    1008424-Antoine_Félix_Boisselier_le_Jeune_Homère_racontant.jpg"Newton pouvait non seulement pour lui, mais pour tout autre, décrire clairement, et déterminer pour ses successeurs, les démarches qu'il eut à faire depuis les premiers éléments de la géométrie, jusqu'à ses grandes et profondes découvertes ; mais aucun Homère, aucun Wieland ne pourrait montrer comment ses idées riches en poésie et pourtant lourdes de pensées surgissent et s'assemblent dans son cerveau, car lui-même ne le sait pas et il ne peut donc l'enseigner à un autre. En matière de science par conséquent il n'y a entre le plus grand inventeur et l'imitateur, l'apprenti le plus laborieux, qu'une différence de degrés, mais il y a une différence spécifique entre lui et celui que la nature a doué pour les beaux arts; on ne veut pourtant pas diminuer ces grands hommes auxquels l'humanité doit tout, par rapport à ceux qui parleur talent pour les beaux-arts sont des favoris de la nature. Le talent des premiers consiste à faire progresser toujours davantage les connaissances, et les avantages pratiques qui en dépendent, comme à instruire les autres dans ces mêmes connaissances et c'est là une grande supériorité sur ceux qui méritent l'honneur d'être appelés des génies; pour ceux-ci l'art s'arrête quelque part; il a ses limites qu'il ne peut dépasser, qu'il a sans doute atteintes depuis longtemps et qui ne peuvent plus être reculées ; de plus une telle maîtrise ne peut se communiquer, elle est dispensée directement à chacun par la main de la nature; elle disparaît donc avec l'un jusqu'à ce que la nature confère à un autre les mêmes dons ; et il ne reste plus à celui-ci que d'avoir un modèle pour laisser se manifester de semblable manière le talent dont il a conscience."

    Emmanuel Kant, Critique du jugement, § 47 (1790)

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  • Kant : "Pour ce qui est de l'agréable..."

    "Pour ce qui est de l'agréable chacun se résigne à ce que son jugement, fondé sur un jugement individuel, par lequel il affirme qu'un objet lui plaît, soit restreint à sa seule personne... L'un trouve la couleur violette douce et aimable, un autre la trouve morne et terne ; l'un préfère le son des instruments à vent, l'autre celui des instruments à cordes. Discuter à ce propos pour accuser d'erreur le jugement d'autrui, qui diffère du nôtre, comme s'il s'opposait à lui logiquement, ce serait folie; au point de vue de l'agréable, il faut admettre le principe : à chacun son goût (il s'agit du goût des sens). Il en va tout autrement du beau. Car il serait tout au contraire ridicule qu'un homme pensât justifier ses prétentions en disant : cet objet (l'édifice que nous voyons, le vêtement qu'untel porte, le concert que nous entendons, le poème que l'on soumet à notre jugement) est beau pour moi. Car il ne suffît pas qu'une chose lui plaise pour qu'il ait le droit de l'appeler belle , beaucoup de choses peuvent avoir pour lui du charme et de l'agrément, personne ne s'en soucie, mais quand il donne une chose pour belle, il prétend trouver la même satisfaction en autrui ; il ne juge pas seulement pour lui mais pour tous et parle alors de la beauté comme si elle était une propriété des objets; il dit donc : la chose est belle, et s'il compte sur l'accord des autres avec son jugement de satisfaction, ce n'est pas qu'il ait constaté à diverses reprises cet accord mais c'est qu'il l'exige. Il les blâme s'ils jugent autrement, il leur dénie le goût tout en demandant qu'ils en aient; et ainsi on ne peut pas dire : à chacun son goût. Cela reviendrait à dire - il n'y a pas de goût, c'est-à-dire pas de jugement esthétique qui puisse légitimement prétendre à l'assentiment universel."

    Emmanuel Kant, Critique du jugement, § 7 (1790)

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  • Ils ont dit, au sujet de l'ordre et du désordre dans la société

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    "C'est l'Intelligence qui a tout mis en ordre, c'est elle qui est la cause de toutes choses… Une telle cause fit ma joie" [Socrate]

    "La loi, au contraire, est faite par les faibles et par le grand nombre. C'est donc par rapport à eux-mêmes et en vue de leur intérêt personnel qu'ils font la loi et qu'ils décident de l'éloge et du blâme." [Platon]

    "Un acte de justice et de douceur a souvent plus de pouvoir sur le cœur des hommes que la violence et la barbarie." [Nicolas Machiavel]

    "Là où l'homme aperçoit un tout petit peu d'ordre, il en suppose immédiatement beaucoup trop." [Francis Bacon]

    "S'il était aussi facile de commander aux esprits qu'aux langues, aucun gouvernement ne se trouverait jamais en péril et aucune autorité n'aurait besoin de s'exercer par des moyens violents." [Baruch Spinoza]

    "Ce n’est pas pour tenir l’homme par la crainte et faire qu’il appartienne à un autre, que l’Etat est institué; au contraire, c’est pour libérer l’individu de la crainte, pour qu’il vive autant que possible en sécurité." [Baruch Spinoza]

    "Ainsi apparaît le grand Léviathan ou, si l'on préfère, le Dieu mortel à qui seul (...) nous devons la paix et la protection" [Thomas Hobbes]

    "De la sorte, nous pouvons trouver dans la nature humaine trois causes principales de querelles: premièrement, la rivalité; deuxièmement, la méfiance; troisièmement, la fierté... Dans le premier cas ils usent de violence pour se rendre maîtres de la personne d'autres hommes, de leurs femmes, de leurs enfants, de leurs biens." [Thomas Hobbes]

    "Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir." [Montesquieu]

    "L'aliénation totale de chaque associé avec tous ses droits à toute la communauté. Car, premièrement, chacun se donnant tout entier, la condition est égale pour tous, et la condition étant égale pour tous, nul n'a intérêt de la rendre onéreuse aux autres." [Jean-Jacques Rousseau]

    "Au lieu de détruire l’égalité naturelle, le pacte fondamental substitue, au contraire, une égalité morale et légitime à ce que la nature avait pu mettre d’inégalité physique entre les hommes, et que, pouvant être inégaux en force ou en génie, ils deviennent tous égaux par convention et de droit." [Jean-Jacques Rousseau]

    "L'ordre social ne vient pas de la nature ; il est fondé sur des conventions." [Jean-Jacques Rousseau]

    "L’homme veut vivre à son aise et plaisamment, mais la nature veut qu’il soit dans l’obligation de se précipiter hors de son indolence et de sa tempérance inactive dans le travail et les efforts, pour aussi, en revanche, trouver en retour le moyen de s’en délivrer sagement." [Emmanuel Kant]

    "On se fait une idée précise de l'ordre, mais non pas du désordre." [Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre]

    "L'état de nature est l'état de rudesse, de violence et d'injustice. Il faut que les hommes sortent de cet état pour constituer une société qui soit État." [GWF Hegel]

    "Le progrès est le développement de l’ordre." [Auguste Comte]

    "Quoique très ami de l’ordre, je suis anarchiste." [Pierre-Joseph Proudhon]

    "La plus haute perfection de la société se trouve dans l'union de l'ordre et de l'anarchie." [Pierre-Joseph Proudhon]

    "Être gouverné : c’est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n’ont ni le titre, ni la science, ni la vertu." [Pierre-Joseph Proudhon]

    "Là, tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe, calme et volupté." [Charles Baudelaire]

    "La violence joue encore dans l'histoire un autre rôle, un rôle révolutionnaire; que selon les paroles de Marx, elle soit l'accoucheuse de toute vieille société qui en porte une nouvelle dans ses flans; qu'elle soit l'instrument grâce auquel le mouvement social l'emporte et met en pièces des formes politiques figées et mortes." [Friedrich Engels]

    "L'ordre, et l'ordre seul, fait en définitive la liberté. Le désordre fait la servitude." [Charles Péguy]

    "Le commandement "Aime ton prochain comme toi-même" est la défense la plus forte contre l’agression humaine et un excellent exemple de la démarche non psychologique du sur-moi-de-la-culture. Le commandement est impraticable." [Sigmund Freud

    "Le désordre est simplement l’ordre que nous ne cherchons pas." [Henri Bergson]

    "L’ordre pour l’ordre châtre l’homme de son pouvoir essentiel, qui est de transformer et le monde et soi-même." [Antoine de Saint-Exupéry]

    "Quand l'ordre est injustice, le désordre est déjà un commencement de justice." [Romain Rolland]

    "Deux dangers ne cessent de menacer le monde ; l'ordre et le désordre." [Paul Valéry]

    "Un révolutionnaire est celui qui désire mettre au rancart l'ordre social existant, afin d'en essayer un autre." [George Bernard Shaw]

    "Dans le règne du contrat, le citoyen, à chaque opération d'échange, est présent dans un intérêt bien personnel et bien réel; l'ordre est sa mesure, il est à hauteur de l'ordre, l'ordre collectif n'est que sa volonté répétée à l'infini: toute hétéronomie est exclue de la société." [Emmanuel Mounier]

    "Côté gouvernés, le pouvoir abêtit, dans toute la mesure où il établit un clivage entre des éléments actifs et des individus à peu près passifs, dont l'obéissance devient simple exécution mécanique… Côté gouvernants, comme dit Alain, le pouvoir rend fou. C'est un des leitmotiv de l'anarchie, à l'adresse des semi-libéraux et de tous les anarchistes; mais, qu'on ne fait pas, dans son cœur, au pouvoir sa part; que toujours, quelle que soit son origine et quelle que soit sa forme, il tend au despotisme." [Emmanuel Mounier]

    "C'est toujours par l'ennui et ses folies que l'ordre social est rompu." [Alain]

    "Résistance et obéissance, voilà les deux vertus du citoyen. Par l'obéissance il assure l'ordre ; par la résistance, il assure la liberté." [Alain]

    "C'est un genre de force, mais passionnée et qui vise à briser la résistance par la terreur. La violence définit le crime, lorsqu'elle s'exerce contre la personne humaine. Et la loi des punitions est au contraire qu'elles soient entièrement purifiées de violence." [Alain]

    "Le désordre est le meilleur serviteur de l’ordre établi." [Jean-Paul Sartre]

    "La société se fout de votre bonheur, elle est pour l’ordre" [Jean-Louis Bory]

    "L'incohérence n'existe pas, le désordre n'est qu'un ordre différent." [Robert Malaval]

    "Il y a toujours mort d'homme à l'origine de l'ordre culturel." [René Girard]

    "Au principe du déterminisme généralisé, on devrait substituer un principe qui conçoit une relation entre l’ordre, le désordre et l’organisation." [Edgar Morin]

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  • Kant : L’insociable sociabilité des hommes

    state-of-nature.jpg"Le moyen dont la nature se sert pour mener à bien le développement de toutes les dispositions humaines est leur antagonisme au sein de la Société, dans la mesure où cet antagonisme est en fin de compte la cause d’une organisation régulière de cette Société. - J’entends ici par antagonisme l’insociable sociabilité des hommes, c’est-à-dire leur inclination à entrer en société, inclination qui est cependant doublée d’une répulsion générale à le faire, menaçant constamment de désagréger cette société. L’homme a un penchant à s’associer, car dans un tel état, il se sent plus qu’homme par le développement de ses dispositions naturelles. Mais il manifeste aussi une grande propension à se détacher (s’isoler), car il trouve en même temps en lui le caractère d’insociabilité qui le pousse à vouloir tout diriger dans son sens ; et, de ce fait, il s’attend à rencontrer des résistances de tous côtés, de même qu’il se sait par lui-même enclin à résister aux autres. C’est cette résistance qui éveille toutes les forces de l’homme, le porte à surmonter son inclination à la paresse, et, sous l’impulsion de l’ambition, de l’instinct de domination ou de cupidité, à se frayer une place parmi ses compagnons qu’il supporte de mauvais gré, mais dont il ne peut se passer. L’homme a alors parcouru les premiers pas, qui, de la grossièreté, le mènent à la culture ; c’est alors que se forme le goût, et que même, cette évolution se poursuivant, commence à se fonder une forme de pensée qui peut, avec le temps, transformer la grossière disposition naturelle au discernement moral en des principes déterminés et enfin transformer un accord pathologiquement extorqué pour former la société en un tout moral. Sans cette insociabilité, attribut, il est vrai, en lui-même fort peu aimable, d’où provient cette résistance que chacun doit nécessairement rencontrer dans ses prétentions égoïstes, tous les talents resteraient cachés dans leur germes pour l’éternité, dans une vie de bergers d’Arcadie, dans la parfaite concorde, la tempérance et l’amour réciproque. Les hommes, inoffensifs comme les moutons qu’ils font paître, ne donneraient à leur existence une valeur guère plus grande que celle de leurs bêtes d’élevage ; ils ne combleraient pas le vide de la création au regard de sa finalité, comme nature raisonnable. Que la nature soit donc remerciée, pour cette incapacité à se supporter, pour cette vanité jalouse d’individus rivaux, pour l’appétit insatiable de possession mais aussi de domination ! Sans cela, les excellentes dispositions sommeilleraient éternellement en l’humanité à l’état de simples potentialités. L’homme veut la concorde, mais la nature sait mieux ce qui est bon pour son espèce : elle veut la discorde. L’homme veut vivre à son aise et plaisamment, mais la nature veut qu’il soit dans l’obligation de se précipiter hors de son indolence et de sa tempérance inactive dans le travail et les efforts, pour aussi, en revanche, trouver en retour le moyen de s’en délivrer sagement."

    Emmanuel Kant, Idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique,
    4e proposition (1784)

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  • Ils ont dit, au sujet des femmes...

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    "Primitivement, il y avait trois espèces d'hommes, les uns tout hommes, les autres tout femmes, les troisièmes homme et femme, les Androgynes, espèce tout à fait inférieure aux deux premières." [Platon]

    "Les hommes nés des hommes doubles s'aiment entre eux, comme les femmes nées des femmes doubles s'aiment entre elles, comme les femmes nées des Androgynes aiment les hommes, et comme les hommes nés de ces mêmes Androgynes ont de l'amour pour les femmes." [Platon]

    "Malheureuse, tu as crié « ma belle ». Tu aurais fait du joli si tu avais dit ça à l’assemblée !" [Aristophane]

    "La femme est un être occasionnel et accidentel" [Thomas d'Aquin]

    "Je réponds qu'il était nécessaire qu’une femme soit faite, ainsi que le disent les Écritures, une aide pour l’homme ; en réalité pas comme une compagne aidant à d’autres travaux, car on dit que l’homme peut être plus efficacement aidé par un autre homme dans d’autres travaux ; mais elle est une aide au travail de reproduction." [Thomas d'Aquin]

    "Par le mariage la femme devient libre, par lui, l’homme perd sa liberté." [Emmanuel Kant]

    "Il n’y a que les femmes qui sachent aimer; les hommes n’y entendent rien." [Denis Diderot]

    "Le seul aspect de la femme révèle qu’elle n’est
 destinée ni aux grands travaux de l’intelligence, ni aux
 grands travaux matériels. Elle paie sa dette à la vie non
 par l’action mais par la souffrance, les douleurs de l’enfantement, les soins inquiets de l’enfance ; elle doit
 obéir à l’homme, être une compagne patiente qui le 
rassérène." [Arthur Schopenhauer]

    "En tout cas, puisque les lois ont accordé aux femmes les mêmes droits qu’aux hommes, elles auraient bien dû aussi leur conférer une raison virile." [Arthur Schopenhauer]

    "Une moitié de l’espèce humaine est hors de l’égalité, il faut l’y faire rentrer : donner pour contrepoids au droit de l’homme le droit de la femme." [Victor Hugo]

    "Ce qui dans la femme inspire le respect et bien souvent la crainte, c’est sa nature, plus « naturelle » que celle de l’homme (...) [et] le caractère insaisissable (...) de ses désirs et de ses vertus." [Friedrich Nietzsche]

    "A supposer que la vérité soit femme, n’a-t-on pas lieu de soupçonner que tous les philosophes, pour autant qu’ils furent dogmatiques, n’entendent pas grand-chose aux femmes ?" [Friedrich Nietzsche]

    "On ne fonde pas le mariage sur « l’amour », on le fonde sur l’instinct de l’espèce, sur l’instinct de propriété (la femme et les enfants étant des propriétés), sur l’instinct de la domination qui sans cesse s’organise dans la famille en petite souveraineté." [Friedrich Nietzsche]

    "Tout homme porte en soi l’image de la femme qui lui vient de sa mère. C’est elle qui le détermine à respecter les femmes en général ou bien à les mépriser ou bien à ne sentir pour toutes qu’indifférence." [Friedrich Nietzsche]

    "L’amour devient immense, nous ne songeons pas combien la femme réelle y tient peu de place." [Marcel Proust]

    "De tout temps les hommes se sont creusé la tête sur l’énigme de la féminité... Vous aussi, vous ne vous êtes sans doute pas exclus de cette réflexion ; dans la mesure où vous êtes des hommes ; on ne l’attend pas des femmes qui se trouvent parmi vous, elles sont elles-mêmes cette énigme." [Sigmund Freud]

    "Il nous faut maintenant reconnaître que la petite fille est un petit homme." [Sigmund Freud]

    "Les femmes, c'est le continent noir." [Sigmund Freud]

    "Après trente ans passés à étudier la psychologie féminine, je n’ai toujours pas trouvé de réponse à la grande question: Que veulent-elles au juste?" [Sigmund Freud]

    "Appeler les femmes “le sexe faible” est une diffamation ; c’est l’injustice de l’homme envers la femme. Si la non-violence est la loi de l’humanité, l’avenir appartient aux femmes." [Gandhi]

    "Le masculin et le féminin sont les créations culturelles d’une société fondée, entre autres hiérarchies, sur une hiérarchie de genre." [Pierre Bourdieu]

    "On ne naît pas femme : on le devient." [Simone de Beauvoir]

    "La passivité qui caractérisera essentiellement la femme "féminine" est un trait qui se développe en elle dès ses premières années. Mais il est faux de prétendre que c'est là une donnée biologique ; en vérité, c'est un destin qui lui est imposé par ses éducateurs et par la société." [Simone de Beauvoir]

    "[L'homosexualité est] pour la femme une manière parmi d'autres de résoudre les problèmes posés par sa condition en général, par sa situation érotique en particulier." [Simone de Beauvoir]

    "Les femmes se forgent à elles-mêmes les chaînes dont l’homme ne souhaite pas les charger." [Simone de Beauvoir]

    Les droits abstraits sont bien loin d'être partout intégralement reconnus aux femmes : en Suisse, elles ne votent pas encore ; en France la loi de 1942 maintient sous une forme atténuée les prérogatives de l'époux. Et les droits abstraits, nous venons de le dire, n'ont jamais suffi à assurer à la femme une prise concrète sur le monde : entre les deux sexes, il n'y a pas aujourd'hui encore de véritable égalité." [Simone de Beauvoir]

    "On persuade l'enfant que c'est à cause de la supériorité des garçons qu'il leur est demandé davantage ; pour l'encourager dans le chemin difficile qui est le sien, on lui insuffle l'orgueil de sa virilité." [Simone de Beauvoir]

    "Les femmes : j'aimais les couleurs de leurs vêtements ; leur démarche ; la cruauté de certains visages ; de temps en temps, la beauté presque parfaite d'un autre visage, totalement et superbement féminin." [Charles Bukowski]

    "Aliénant et culpabilisant pour les femmes, le mythe de l'instinct maternel se révèle ravageur pour les enfants, et en parti[culier pour les fils." [Élisabeth Badinter]

    "L'amour maternel est infiniment complexe et imparfait. Loin d'être un instinct, il faut plutôt un petit miracle pour que cet amour soit tel qu'on nous le décrit." [Élisabeth Badinter]

    Il faut être ignorant des problèmes identitaires pour croire qu'une même génération d'hommes, élevée dans l'ancien modèle, réussirait d'un coup le triple saut périlleux : la remise en question d'une virilité ancestrale, l'acceptation d'une féminité redoutée et l'invention d'une autre masculinité compatible avec elle." [Élisabeth Badinter]

    Bander est le symbole de sa puissance et le pénis est une arme, disent les radicales américaines, dont l'homme se sert pour posséder et rabaisser la femme." [Élisabeth Badinter]

    "Nous avons rappelé qu’une femme n’est pas femme du fait de sa nature biologique, mais d’abord du fait de sa place dans le système symbolique qui organise les sociétés et les lois de la parole et du langage." [Markos Zafiropoulos]

    "Penser la différence sexuelle, c’est jeter le doute, et permettre de libérer la phrase de la pensée. Libérer la pensée de la pensée." [Mireille Calle-Gruber]

    "Cette affirmation de supériorité liée à des métaphores viriles, transparaît assez constamment dans les œuvres de la tradition philosophique." [Michèle Le Doeuff]

    "Je dis "vagin" parce que je veux que cessent ces horreurs." [Eve Ensler]

    "Nous n'avons jamais une relation simple, transparente, indéniable au sexe biologique." [Judith Butler]

    "Nous ne pouvons pas ignorer la sédimentation des normes sexuelles. Nous avons besoin de normes pour que le monde fonctionne, mais nous pouvons chercher des normes qui nous conviennent mieux." [Judith Butler]

     

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  • Ils ont dit, au sujet de l'histoire

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    "Voici l'exposé de l'enquête effectuée par Hérodote de Thourioi, afin que les événements humains ne disparaissent pas avec le temps." [Hérodote]

    “L'histoire est un perpétuel recommencement.” [Thucydide]

    "Voilà pourquoi la poésie est une chose plus philosophique et plus noble que l’histoire : la poésie dit plutôt le général, l’histoire le particulier." [Aristote]

    “L'histoire est la philosophie enseignée par l'exemple.” [Denys d’Halicarnasse]

    "Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les événements, mais l'idée qu'ils se font des événements." [Épictète]

    “Il faut éclairer l'histoire par les lois et les lois par l'histoire.” [Montesquieu]

    "Une tentative philosophique pour traiter l'histoire universelle en fonction du plan de la nature qui vise à une unification politique totale dans l'espèce humaine doit être envisagée comme possible et même comme avantageuse pour ce dessein de la nature." [Emmanuel Kant]

    "J’ai vu l’Empereur – cette âme du monde – sortir de la ville pour aller en reconnaissance ; c’est effectivement une sensation merveilleuse de voir un pareil individu qui, concentré ici sur un point, assis sur un cheval, s’étend sur le monde et le domine." [Hegel]

    "Le point de vue de l'histoire philosophique n'est pas tiré abstraitement de la multitude des autres points de vue généraux et ne peut être compris si l'on fait abstraction des autres. Son principe spirituel est la totalité de tous les points de vue." [Hegel]

    "On dit aux gouvernants, aux hommes d’État, aux peuples de s'instruire principalement par l'expérience de l'histoire. Mais ce qu'enseignent l'expérience et l'histoire, c'est que peuples et gouvernements n'ont jamais rien appris de l'histoire et n'ont jamais agi suivant des maximes qu'on en aurait pu retirer. Chaque époque, chaque peuple se trouve dans des conditions si particulières, constitue une situation si individuelle que dans cette situation on ne peut et on ne doit décider que par elle." [Hegel]

    “La raison gouverne le monde et par conséquent gouverne et a gouverné l'histoire universelle.” [Hegel]

    "L’histoire est à la poésie ce que le portrait est au tableau d’histoire ; la première nous donne la vérité particulière, la seconde la vérité générale." [Arthur Schopenhauer]

    "L’histoire est pour l’espèce humaine ce que la raison est pour l’individu. Grâce à sa raison, l’homme n’est pas renfermé comme l’animal dans les limites étroites du présent visible ; il connaît encore le passé infiniment plus étendu, source du présent qui s’y rattache : c’est cette connaissance seule qui lui procure une intelligence plus nette du présent et lui permet même de formuler des inductions pour l’avenir." [Arthur Schopenhauer]

    "Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas arbitrairement, dans les conditions choisies par eux, mais dans des conditions directement données et héritées du passé." [Karl Marx]

    "L'histoire de toute société jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire de luttes de classes." [Karl Marx et Friedrich Engels]

    "La société bourgeoise moderne, élevée sur les ruines de la société féodale, n'a pas aboli les antagonismes de classes. Elle n'a fait que substituer de nouvelles classes, de nouvelles conditions d'oppression, de nouvelles formes de lutte à celles d'autrefois." [Karl Marx et Friedrich Engels]

    "L’histoire se répète toujours deux fois : la première fois comme une tragédie, la seconde fois comme une comédie." [Karl Marx]

    "Votre amour trompeur pour le passé : amour de fossoyeur - C'est faire tort à la vie : c'est lui voler son avenir." [Friedrich Nietzsche]

    “Toute l'histoire du monde se conçoit comme la biographie d'un seul homme.” [Friedrich Nietzsche]

    “L'histoire est la science des choses qui ne se répètent pas.” [Paul Valéry]

    "Si j’étais un antiquaire, je n’aurais d’yeux que pour les vieilles choses. Mais je suis historien. C’est pourquoi j’aime la vie." [Marc Bloch]

    “L'histoire, comme une idiote, mécaniquement se répète.” [Paul Morand]

    “L'histoire est un grand présent, et pas seulement un passé.” [Alain]

    "Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre" [Winston Churchill]

    "Si nous quittons résolument l'idée théologique d'un fond rationnel du monde, la logique de l'histoire n'est plus qu'une possibilité parmi d'autres." [Maurice Merleau-Ponty]

    “Nous ne voulons plus d'un destin. Nous voulons une histoire. ” [Jean Baudrillard]

    "La connaissance historique ne consiste pas à raconter ce qui s’est passé d’après les documents écrits qui nous ont été par accident conservés, mais, sachant ce que nous voulons découvrir et quels sont les principaux aspects de toute collectivité, à nous mettre en quête de documents qui nous ouvriront l’accès au passé." [Raymond Aron]

    "J'entends par histoire une recherche scientifiquement conduite, disons à la rigueur une science, mais complexe : il n'y a pas une histoire, un métier d'historien, mais des métiers, des histoires, une somme de curiosités, de points de vue, de possibilités." [Fernand Braudel]

    “Il arrive que l’histoire repasse les plats mais ce sont rarement les meilleurs.” [André Frossard]

    "Nous attendons de l'histoire une certaine objectivité, l'objectivité qui lui convient : c'est de là que nous devons partir et non de l'autre terme." [Paul Ricoeur]

    “Toute philosophie est d'une certaine façon, la fin de l'histoire.” [Paul Ricoeur]

    “Hélas, l'histoire donne peu d'exemples de peuples qui tirent les leçons de leur propre histoire” [Stéphane Hessel]
    “Et si l'Histoire plaisantait ?” [Milan Kundera]

    "L’enjeu véritable n’est pas l’avenir mais le passé : nous voulons le modifier en fonction de nos goûts. On ne veut être maître de l’avenir que pour pouvoir changer le passé." [Milan Kundera]

    "Demain, c'est écrit hier" [Günter Grass]

     

    "Un homme sans passé est plus pauvre qu’un homme sans avenir." [Elie Wiesel]

    "Ce à quoi nous assistons peut-être n'est pas seulement à la fin de la Guerre froide, ni à la fin d'une période particulière de l'histoire d'après-guerre, mais à la fin de l'histoire en tant que telle... C'est-à-dire le point final de l'évolution idéologique de l'humanité et l'universalisation de la démocratie libérale occidentale en tant que forme ultime du gouvernement humain." [Francis Fukuyama]

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  • Kant : la nécessité de penser l'histoire

    couronnement_napoleon_gr.jpg"Une tentative philosophique pour traiter l'histoire universelle en fonction du plan de la nature qui vise à une unification politique totale dans l'espèce humaine doit être envisagée comme possible et même comme avantageuse pour ce dessein de la nature. C'est un projet à vrai dire étrange, et en apparence extravagant, que vouloir composer une histoire d'après l'idée de la marche que le monde devrait suivre, s'il était adapté a des buts raisonnables certains; il semble qu'avec une telle intention, on ne puisse aboutir, qu'à un roman.

    Cependant, si on peut admettre que la nature même, dans le jeu de la liberté humaine, n'agit pas sans plan sans dessein final, cette idée pourrait bien devenir utile; et, bien que nous ayons une vue trop courte pour pénétrer dans le mécanisme secret de son organisation, cette idée pourrait nous servir fil conducteur pour nous représenter ce qui ne serait sans cela qu'un agrégat des actions humaines comme formant, du moins en gros, un système."

    Emmanuel Kant, Idée d'une Histoire universelle du Point de vue cosmopolitique (1784)

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  • Ils ont dit, au sujet de la vengeance

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    "Si un homme arrache l’œil d’un autre homme, son œil sera arraché. Si un homme brise un os d’un autre homme, son os sera brisé." [Code Hammourabi]

    "Si un homme frappe à mort un être humain, quel qu’il soit, il sera mis à mort. S’il frappe à mort un animal, il le remplacera — vie pour vie (…) Vous aurez une seule législation : la même pour l’émigré et pour l’indigène." [Torah]

    "Ton œil sera sans pitié : vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied." [Deutéronome]

    "Qu'un coup meurtrier soit puni d'un coup meurtrier" [Eschyle]

    "[La Justice] a établi la nécessité, pour qui a commis quelque forfait de ce genre, de subir à son tour le forfait même qu'il a commis" [Platon]

    "Vous avez appris qu’il a été dit : "œil pour œil et dent pour dent". Et moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Au contraire, si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre." [Matthieu, Évangiles]

    "Et Nous y avons prescrit pour eux vie pour vie, œil pour œil, nez pour nez, oreille pour oreille, dent pour dent. Les blessures tombent sous la loi du talion. Après, quiconque y renonce par charité, cela lui vaudra une expiation." [Coran]

    Si Dieu se vengeait, tu serais emporté soudain avec ta haine contre ton frère. Mais Dieu t’épargne encore, épargne-toi aussi et te réconcilie." [s. Augustin]

    "La vengeance est une justice sauvage" [Francis Bacon]

    "Aristote dit que la vengeance est une chose juste, fondée sur ce principe qu'il faut rendre à chacun ce qui lui appartient." [Montesquieu]

    "Quand la Religion chrétienne a défendu la vengeance, elle n'a fait que maintenir la puissance des tribunaux. Mais, s'il n'y avait point de lois, la vengeance serait permise ; non pas le sentiment qui fait que l'on aime faire du mal pour du mal, mais un exercice de justice et de punition." [Montesquieu]

    Ainsi : le mal immérité que tu infliges à un autre dans le peuple, tu le fais à toi-même... Seule la loi du talion (jus talionis), mais bien entendu à la barre du tribunal (et non dans un jugement privé), peut fournir avec précision la quantité et la qualité de la peine ; toutes les autres sont chancelantes et ne peuvent, en raison des considérations étrangères qui s’y mêlent, s’accorder avec la sentence de la pure et stricte justice." [Emmanuel Kant]

    "Dans cette sphère de l'immédiateté du droit, la suppression du crime est sous sa forme punitive vengeance." [Hegel]

    "La vengeance reste insuffisante, car elle est l'action d'une volonté subjective et, de ce fait, n'est pas conforme à son contenu. Les personnes qui composent un tribunal sont certes encore des personnes, mais leur volonté est la volonté universelle de la loi." [Hegel]

    "Du fait même qu'elle est l'action positive d'une volonté particulière, la vengeance devient une nouvelle violation du droit : par cette contradiction, elle s'engage dans un processus qui se poursuit indéfiniment et se transmet de génération en génération, et cela, sans limite..." [Hegel]

    "La vengeance se distingue de la punition en ce que l'une est une réparation obtenue par un acte de la partie lésée, tandis que l'autre est l’œuvre d'un juge." [Hegel]

    "La vengeance est perpétuelle et sans fin chez les peuples non civilisés." [Hegel]

    "Que dit la Loi ? Tu ne tueras point ! Comment le dit-elle ? En tuant !" [Victor Hugo]

    "Tout le monde se vengera, à moins d'être sans honneur ou alors plein de mépris ou d'amour pour l'auteur du dommage et de l'offense." [Friedrich Nietzsche]

    "N’est pas pénalement responsable la personne qui, devant une atteinte injustifiée envers elle-même ou autrui, effectue dans le même temps, un acte commandé par la nécessité de la légitime défense d’elle-même ou d’autrui, sauf s’il y a disproportion entre les moyens de défense employés et la gravité de l’atteinte." [Code Pénal]

    "Je n’ai jamais, pour ma part, cultivé la haine comme désir primaire de revanche, de souffrance infligée à un ennemi véritable ou supposé, de vengeance particulière." [Primo Levi]

    "Le châtiment a ceci de commun avec le pardon qu’il tente de mettre un terme à une chose qui, sans intervention, pourrait continuer indéfiniment. Il est donc très significatif, c’est un élément structurel du domaine des affaires humaines, que les hommes soient incapables de pardonner ce qu’ils ne peuvent punir, ce qui se relève impardonnable." [Hannah Arendt]

    "Il n’y pas de faute si grave qu’on ne puisse en dernier recours, la pardonner." [Vladimir Jankélévitch]

    "Tout mal commis par l'un est mal subi par l'autre. Faire le mal, c'est faire souffrir autrui.... Dès lors toute action, éthique ou politique, qui diminue la quantité de violence exercée par les hommes les uns contre les autres, diminue le taux de violence dans le monde. " [Paul Ricoeur]

    "Quand on punirait un bourreau en lui infligeant les souffrances qu'il a infligées... ce tortionnaire n'aurait pas cent corps pour souffrir les cent martyres qu'il a faits. La punition n'irait pas assez loin. Elle serait inaccomplie et confesserait son impuissance devant le crime." [France Quéré]

    "La vengeance constitue donc un processus infini, interminable. Chaque fois qu’elle surgit en un point quelconque d’une communauté elle tend à s’étendre et à gagner l’ensemble du corps social." [René Girard]

    "Ni haine ni pardon. Personne n'a demandé mon pardon, sauf peut-être les jeunes Allemands qui se sentent encore coupables des crimes de leurs grand-parents. Pourquoi me demandent-ils pardon?" [Boris Cyrulnik]

    "Pardonner, ce n'est pas excuser, amnistier ou absoudre : dans le pardon, on ne nie pas la faute ou l'offense, mais on décide de ne plus vouloir s'en venger." [Christophe André]

     

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  • Kant : le droit de punir

    400px-Robert_Francois_Damiens_before_the_judges.jpg"Le droit de punir est le droit du souverain envers celui qui lui est soumis de lui infliger une peine douloureuse en raison de son crime... La peine juridique (...) ne peut jamais être simplement comme un moyen de réaliser un autre bien, soit pour le criminel lui-même, soit pour la société civile, mais doit uniquement lui être infligée, pour la seule raison qu’il a commis un crime ; en effet l’homme ne peut jamais être traité simplement comme un moyen pour les fins d’autrui... Il doit préalablement être trouvé punissable, avant que l’on songe à retirer de cette punition quelque utilité pour lui-même ou ses concitoyens (...) car la justice cesse d’être une justice, dès qu’elle se donne pour un quelconque prix.

    Mais quel est le mode et quel est le degré du châtiment que la justice publique doit adopter comme principe et mesure ? Il n’en est point d’autre que le principe de l’égalité (figuré par la position de l’aiguille dans la balance de la justice), et qui consiste à ne pas se pencher d’un côté plus que de l’autre. Ainsi : le mal immérité que tu infliges à un autre dans le peuple, tu le fais à toi-même. Si tu l’outrages, c’est toi-même que tu outrages ; si tu le voles, tu te voles toi-même ; si tu le frappes, tu te frappes toi-même ; si tu le tues, tu te tues toi-même. Seule la loi du talion (jus talionis), mais bien entendu à la barre du tribunal (et non dans un jugement privé), peut fournir avec précision la quantité et la qualité de la peine ; toutes les autres sont chancelantes et ne peuvent, en raison des considérations étrangères qui s’y mêlent, s’accorder avec la sentence de la pure et stricte justice."

    Emmanuel Kant, Métaphysique des Mœurs (1796)

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  • Compte-rendu du café philosophique de Montargis : "De quoi sommes-nous responsables ?"

    Thème du débat : "De quoi sommes-nous responsables?" 

    Date : 2 octobre 2015 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée

    Responsabilite_image.jpgBruno commence cette soirée et cette 51e séance par présenter aux 80 personnes présentes la nouvelle équipe qui s'est constituée après le départ de Claire Durand pour raisons personnelles. Bruno présente les deux animateurs qui vont l'accompagner pour cette première séance : d'abord, Gilles Poirier, un des plus fidèles du café philo, qui a suivi les séances depuis sa création. L'autre personne qui animera le premier débat de cette septième saison est Claire Bailly, qui a découvert récemment l'animation de la Chaussée et s'est lancée dans cette aventure. Pascal Weber, toujours fidèle au café philo, complète l'équipe de ce soir.

    Pour lancer le débat, un premier participant parle du titre de la séance "De quoi sommes-nous responsables ?" Cette question en appelle d'autres : "Comment philosopher et comment relativiser ? Comment définir la philosophie que l'on emprunte ? Comment définir le champ d'idée ?" Pour aller plus loin, un autre intervenant souhaite poser la question de la responsabilité d'un individu vis-à-vis d'une société avec ses lois ou vis-à-vis de son éthique propre.

    A ce sujet, Claire souhaite faire une distinction entre responsabilité civile et responsabilité morale. La responsabilité civile a ses limites, vis-à-vis de la loi : ce qui est légal et ce qui ne l'est pas. Il s'agit d'une responsabilité unique. La responsabilité morale est une notion abstraite car elle est propre à chaque individu. Elle déborde sur le champ de la conscience : quelqu'un va se sentir responsable d'un acte alors qu'une autre personne face à un même acte, ne se sentira pas responsable car elle n'a ni la même conscience, ni les mêmes valeurs.

    no-yolo-11-other-life-lessons-from-the-twilight-zone-source-twilightzone2frame-tumblr-483308.jpgGilles souhaite s'arrêter sur les définitions de la responsabilité (Le Robert) : "Qui doit réparer les dommages qu'il a causés par sa faute... Qui doit subir le châtiment par la loi". Responsable est à la fois un substantif et un adjectif. La deuxième acception est : "Qui doit rendre des comptes de ses actes ou de ceux d'autrui en vertu de la morale admise" La troisième signification est :"Qui est auteur, qui est la cause volontaire de quelque chose et en porte la responsabilité morale." La quatrième variante : celui qui est "chargé de", celui qui prend les décisions dans une organisation. La cinquième acception : "Qui est la cause et la raison suffisante de quelque chose". Et la sixième, qui est plus récente, est issue du terme anglais "responsible", à savoir "raisonnable", "réfléchi, "qui mesure les conséquences de ses actes, qui a une attitude raisonnable."

    Dans la notion de responsabilité il pourrait également être question d'instinct. Mes comportements pourraient être conditionnés par ces instincts qui mettent d'emblée la question de la responsabilité en questionnement. 

    Nous pourrions être responsables de tout ce que nous entreprenons, est-il encore dit. Nous sommes à 100 % responsables de ce que nous entreprenons si nous entreprenons à 100 % cette chose. Je peux être responsable d'un examen que je passe mais je ne suis pas à 100 % responsable de son résultat. Certains critères m'échappent qui sont de la responsabilité d'une tierce personne. Un autre exemple est pris : celui des accidents de la route qui peuvent être autant dû à des négligences et une forme d'irresponsabilité qu'à des facteurs autres qui me dédouaneraient, ou bien me donneraient quelques circonstances atténuantes. Pour cet intervenant, "tout le malheur du monde est le manque d'auto-responsabilité", à force de toujours chercher "les limites vis-à-vis d'autrui". Le contournement de la loi et le judiciaire utilisé à mauvais escient aurait tendance à permettre à tel ou tel de se déresponsabiliser vis-à-vis de la loi commune à tous.

    obsolete_man_twilight.pngÀ travers ces interventions, dit Bruno, il apparaît que la notion de responsabilité est une notion vaste et sinueuse qui nous amène dans beaucoup de directions différentes : responsabilités vis-à-vis des autres, vis-à-vis de soi-même. Bruno revient au cœur de la question posée ce soir. La phrase "De quoi sommes-nous responsables ?" nous met en accusation. C'est une notion injonctive : la responsabilité a beaucoup à voir avec le pénal, alors que la responsabilité est beaucoup plus vaste. Bruno cite l'exemple d'une œuvre marquante de la littérature : Le Procès de Franz Kafka, dans lequel le personnage principal, Joseph K. (que l'on peut du reste identifier à l'auteur) est accusé de quelque chose dont le lecteur ne saura rien (voir cet extrait). Désigné responsable (puis coupable), un procès se déroule dans une ambiance mystérieuse, procès qui aboutira à une fin tragique. La responsabilité est là : c'est une notion forte et écrasante. Or, il apparaît qu'aujourd'hui nous sommes responsables de tout et de rien. La responsabilité est très vaste, illimitée, mais en même temps, nous pouvons nous sentir à maints égards irresponsables de ce qui peut nous arriver. Un participant cite l'exemple de la famille qui induit une responsabilité à l'égard de ses enfants, de ses proches, de ses parents. La responsabilité est engagée dès lors qu'il y a un conflit. Les enjeux sociaux nous engagent, jusqu'au conflit : "Nous avons la responsabilité d'être un être humain". Mais être responsable, dans l'acception courate, c'est assumer sa liberté même si cela peut être difficile voire "chiant" ! Être responsable, ce serait "répondre" en conscience – plutôt que "réagir" – à une situation, fruit certainement d'un héritage plus ou moins imposant. 

    La responsabilité a souvent avoir, dit une intervenante, avec la notion de responsabilité civile et la notion de culpabilité. Or, être responsable ce n'est pas forcément être coupable (voir ce lien). Cela pervertit même le sens de responsabilité, qui doit contenir une acception "civilisatrice", tel le Petit Prince qui doit être responsable de sa rose car il l'a apprivoisée (Saint-Exupéry). Dans l'étymologie, le mot responsabilité vient de l'expression "répondre à" : on répond de nos choix plutôt qu'on les assume. C'est une philosophie personnelle qui nous engage face aux autres.

    9-21.jpgEncore faut-il que nous soyons de fait en état d'être responsables. Bruno évoque à ce sujet la psychanalyse. L'inconscient peut nous dicter via des lapsus, des actes manqués, des vérités qui nous dépassent. La psychanalyse tend depuis Freud à baliser le champ de cet inconscient qui nous contraint ("Le Moi n'est plus maître dans sa propre maison"). 

    L'homme a une conscience réfléchie, dit une autre intervenante, et la notion de choix est capitale pour comprendre celle de responsabilité. Il n'y a pas de responsabilité s'il n'y a pas de liberté et de choix. Claire fait un point étymologique sur le mot "responsabilité" qui vient du latin "respondere" qui veut dire "se porter garant de" et du mot "sponsio" qui veut dire "promesse". Donc, au final, la responsabilité est littéralement "assumer ses choix". Pour qu'il y ait responsabilité, il faut qu'il y ait deux fondements : la liberté et la conscience. Je dois donc me poser cette double question : est-ce que je suis libre de mon choix et est-ce que je suis conscient de mon choix ? Claire prend l'exemple de l'ivrogne et du somnambule. L'un et l'autre sont dans la rue, l'un est endormi et l'autre est ivre. Or, chacun fait tomber par inadvertance une personne dans l'eau qui se noie. La question à se poser est : sont-ils responsables ? Les deux personnes sont toutes les deux inconscientes, l'un à cause du sommeil, l'autre à cause de l'alcool. Or, c'est là que la notion de liberté prend son sens : l'ivrogne avait le choix de cette inconscience alors que le somnambule ne l'était pas. Parler de liberté nous renvoie à Sartre : L'homme est "condamné à être libre". Cette phrase apparaît de manière négative. La liberté n'est pas si douce. Elle est une angoisse d'avoir des choix constants à faire et de ne pas être acteurs des événements qui nous contraignent. N'être pas passifs nous impose. Nous sommes libres de faire nos choix. On ne naît pas libre, réagit une personne du public, mais nous avons la possibilité de le devenir. 

    Un intervenant intervient sur cette notion de responsabilité qui peut être à la fois enivrante (être responsable d'une entreprise, par exemple) et parfois vaine ("on n'est responsables de rien"), tant le déterminisme nous contraint. Nous agissons face à, la nécessité (Spinoza), en accord avec la mouvance sociale autour de nous, de notre passé et de notre héritage, d'autrui également. La responsabilité est une question dialectique.

    burgess-meredith-twilight-zone.pngBruno cite Épictète : "Il y a ce qui dépend de nous, il y a ce qui ne dépend pas de nous. Dépendent de nous l’opinion, la tendance, le désir, l’aversion, en un mot toutes nos œuvres propres ; ne dépendent pas de nous le corps, la richesse, les témoignages de considération, les hautes charges, en un mot toutes les choses qui ne sont pas nos œuvres propres." Bruno revient sur la notion de responsabilité juridique, déjà débattue : un tribunal civil ou pénal punit un acte commis, plutôt que putatif, comme le disait Hans Jonas : un acte doit être exécuté pour être puni.

    Pour un autre intervenant, l'histoire impose que la notion de responsabilité ait évolué avec te temps, en plus d'être tributaire de cultures différentes : on a pu parler de responsabilité imposée par le cosmos, puis sous l'angle des religions, avant d'apporter la conscience et la connaissance humaine avec la démocratie et le droit positif. Un intervenant parle de la notion d'héritage. Il se pourrait aussi que nous devions répondre de nos actions devant deux sortes de tribunaux : le civil (mais quelle est la légitimité d'un village mettant en accusant tel ou tel, comme dans le film Coup de Chaud ?) et notre conscience morale, si tant est que celle-ci n'a pas été "dégénérée", à l'exemple de ces marchands d'arme continuant leurs affaires sans état d'âme.

    Aux propos d'une dame parlant de la notion de responsabilité historique de la seconde guerre mondiale pesant sur les épaules des jeunes générations allemandes, Bruno pose la question de savoir si on peut différencier responsabilité individuelle et responsabilité collective. Pour un intervenant, les deux termes sont en interaction entre le je et le tu ou entre le nous et le vous. Cette notion de culpabilité collective, voire de péché originel, semblerait peser lourdement dans les consciences, comme si la culpabilité de nos aïeux devait être portée par les générations suivantes. Bruno cite le film Amnesia, qui raconte l'histoire d'une femme allemande qui refuse son passé, sa langue et sa culture, en raison de cette responsabilité collective insupportable. Or, cette notion semblerait inadéquate. Hannah Arendt, qui a suivi le procès d'Adolf Eichmann, établit que la responsabilité collective n'a aucun sens, et en tout cas elle n'est pas moralement établie si je n'ai pas accompli d'actes : "Deux conditions doivent être présentes pour qu'il y ait responsabilité collective : je dois être tenu pour responsable de quelque chose que je n'ai pas fait et la raison expliquant ma responsabilité doit être ma participation à un groupe (un collectif) qu'aucun acte volontaire de ma part ne peut dissoudre, c'est-à-dire une participation qui n'a rien à voir avec un partenariat commercial, que je peux dissoudre à volonté. La question de la "faute en groupe par complicité" doit être laissée en suspens parce que toute participation est déjà non déléguée. Cette forme de responsabilité est selon moi toujours politique, qu'elle prenne la forme ancienne où toute une communauté se juge responsable de ce que l'un de ses membres a fait ou bien si une communauté est tenue pour responsable de ce qui a été fait en son nom.

    Bm9rg7yCMAA9CXo.jpgClaire revient sur la responsabilité civile qui a pour principe de mettre une limite à nos actes afin de maintenir une certaine cohésion sociale, avec le risque de se déresponsabiliser en pointant du doigt autrui ou un groupe. Sartre disait ceci : "L'homme qui se croit déterminé se masque sa responsabilité". Comment alors, se demande Bruno, être responsable dans un monde complexe, multi-connecté avec beaucoup de choses qui nous échappent ? Pour une participante, le degré de responsabilisation n'est pas uniforme d'un individu à un autre, surtout dans un monde de plus en plus vaste, et avec des élites de plus en plus puissantes et souvent impunies. La contrainte sociale semblerait nous déresponsabiliser : "Soyez le changement que vous voudriez voir dans le monde" invitait Gandhi pour une prise de conscience générale. Seulement, "comment aimer un monde qui n'est pas aimable" et comment imposer sa responsabilité dans des sociétés où l'individu a du mal à se faire entendre ?

    De là, Gilles évoque le danger d'une déresponsabilisation sociale due à un amoncellement de lois. Le philosophe, sociologue et historien Cornelius Castoriadis (voir aussi ce lien) ne dit pas autre chose lorsqu'il stigmatise ce déficit en responsabilisation : "Il y a donc une contre-éducation politique. Alors que les gens devraient s’habituer à exercer toutes sortes de responsabilités et à prendre des initiatives, ils s’habituent à suivre ou à voter pour des options que d’autres leur présentent. Et comme les gens sont loin d’être idiots, le résultat, c’est qu’ils y croient de moins en moins et qu’ils deviennent cyniques." Le cynisme semblerait être un aboutissement à cette déresponsabilisation. Bruno rappelle que le cynisme vient du grec kunikos, chien : "ceux qui déchiquettent les opinions", qui se mettent à l'écart de la société - tel Diogène - par déception, indignation et apathie. 

    En tout état de cause, avance un autre intervenant, il semblerait que ce soit la responsabilité qui structure l'être humain, avec une obligation morale d'assumer ses actes. À ce sujet, un proverbe portugais dit ceci : "Nos malheurs entrent toujours par des portes que nous ouvrons". La notion de liberté et de choix est toujours présente. Cependant, penser que tous nos actes nous engagent et engagent la vie peut vite "rendre la vie impossible", et cela pourrait nous tétaniser. La philosophie pratique ne devrait-elle pas nous imposer une ataraxie, à la manière d’Épicure ? Sans doute, faudrait-il plutôt tenter de ne pas créer de malheur. "Un homme ça s'empêche" disait Albert Camus : pourquoi ne chercherions-nous pas, modestement, "à éviter de faire plutôt qu'à chercher à faire" ? 

    time-enough.pngUne personne du public revient sur l'acception religieuse de la responsabilité, en rappelant qu'il a été un moment question de péché originel. Elle fait référence à l'encyclique Laudato Si du pape François sur l'environnement et sur les conséquences de nos actions, et de celles des entreprises prévaricatrices du milieu naturel - non sans notre complicité. L'homme n'a pas à être un pion irresponsable, dit-elle encore, mais un "maillon intégré dans le système" pour évaluer le bout de la chaîne, qui sont les milliards d'êtres humains qui n'ont ni eau, ni nourriture, ni électricité. Ces propos, dit Bruno, font écho au philosophe Hans Jonas qui a écrit un ouvrage de référence, Le Principe Responsabilité (voir aussi ce lien)Jonas répondait, en quelque sorte, à cette citation provocatrice de David Hume : "Je peux préférer la destruction du monde à une égratignure sur mon doigt". Jonas pose le principe de responsabilité devant la nature, avec une nouvelle éthique. Le philosophe nous met face à des choix moraux. Devant le futur (même si le terme de "génération future" est mis à toutes les sauces), Jonas nous parle de la nécessité d'avoir peur. Une peur non pas aliénante mais qui devient valeur positive, source de connaissance plutôt que d'aveuglément (car "nous sommes responsables de notre ignorance", comme le dit un autre intervenant). Jonas parle de nouveaux impératifs catégoriques de la responsabilité : "Agis de telle sorte que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur terre ; agis de telle sorte que les effets de ton action ne soient pas des destructeurs pour la possibilité future d'une telle vie ; Ne compromet pas les conditions de la survie indéfinie de l'humanité sur terre..." Nous sommes face à une responsabilité individuelle pour faire des choix qui engagent l'humanité toute entière, en sachant que nous pouvons être responsables de nos inactions et de nos silences. L'injonction kantienne "Tu peux donc tu dois" se transforme chez Jonas en un "Tu dois donc tu peux"! (voir aussi ce lien)

    960.jpgL'engagement, on le voit, est au centre de cette notion de responsabilité. Gilles cite à ce sujet Toni Negri, qui s'adresse à chacun d'entre nous : "Chaque fois que l'on fait quelque chose, on en accepte la responsabilité. Cette action vit pour toujours dans l'éternité. Il n'y a pas de renvoi de responsabilité. Chacun de nous est responsable de sa singularité, de son présent, de l'intensité de sa vie, de la jeunesse et de la vieillesse qu'il y investit. Et c'est l'unique moyen d'éviter la mort. Il faut saisir le temps, le tenir, le remplir de responsabilité."

    Bruno considère en conclusion que derrière chaque responsabilité, il y a un acte, un choix, de courtes décisions que l'on prend à certains moments de notre vie. Ce sont des décisions pour autant capitales car elles mettent en jeu notre passé, celui de nos aïeux, celui de notre inconscient (assez peu évoqué au cours de cette séance), notre monde et autrui (l'existentialisme). Et ces enjeux nous conduisent à nous porter vers le monde, vers la transformation du monde, voire à le réparer comme le conceptualise la philosophie du Care (Carol Giligan, Michael Slote ou Sandra Laugier). La réparation est souvent évoquée dans le cadre judiciaire. Elle peut l'être dans le cadre environnemental, sociétal ou économique. C'est de l'ordre de notre responsabilité individuelle, l'individu étant devenue la norme dans nos sociétés car "de notre position de sujet, nous sommes toujours responsables" (Jacques Lacan). Êtres fondamentalement libres, nous sommes invités à nous engager, ce qui est une responsabilité écrasante, comme on peut le voir dans Le Procès de Kafka ou chez un personnage comme Hamlet. Pour autant qu'elle soit lourde, cette responsabilité est noble : "La responsabilité demande du courage parce qu'elle nous place à la pointe extrême de la décision agissante" (Vladimir Jankélévitch).

    La séance suivante aura lieu le vendredi 6 novembre à 19 heures. Il s'agira d'une séance exceptionnelle puisque le débat intitulé "Œil pour œil, dent pour dent", sur le thème de la vengeance, sera co-animé en présence de Catherine Armessen

     

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  • Ils ont dit, au sujet de la responsabilité

    orsay20.jpg"J'apparais aujourd'hui ce que je suis en fait : un criminel , issu de criminels" [Sophocle]

    "En menant une existence relâchée les hommes sont personnellement responsables d'être devenus eux-mêmes relâchés, ou d'être devenus injustes ou intempérants" [Aristote]

    "Il y a aussi, semble-t-il bien, une différence entre agir par ignorance et accomplir un acte dans l'ignorance" [Aristote]

    "Il y a ce qui dépend de nous, il y a ce qui ne dépend pas de nous. Dépendent de nous l’opinion, la tendance, le désir, l’aversion, en un mot toutes nos œuvres propres ; ne dépendent pas de nous le corps, la richesse, les témoignages de considération, les hautes charges, en un mot toutes les choses qui ne sont pas nos œuvres propres" [Épictète]

    "- Qui t’as dit que c’était ton affaire de pouvoir te promener sans en être empêché ? C’est ta volonté seule dont je dis qu’elle n’est pas empêchée ; mais dès que l’on a besoin du corps et de son concours, tu as depuis longtemps appris que ce n’était pas ton affaire. Soit encore cela. Quelqu’un peut-il te forcer à désirer contre ton gré ? – Personne" [Épictète]

    "Renoncer à sa liberté c’est renoncer à sa qualité d’homme, aux droits de l’humanité, même à ses devoirs" [Jean-Jacques Rousseau]

    "Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen" [Emmanuel Kant]

    "Devoir ! nom sublime et grand, toi qui ne renfermes rien en toi d'agréable, rien qui implique insinuation, mais qui réclames la soumission" [Emmanuel Kant]

    "Si les circonstances ne sont pas celles dont l'individu avait conscience et si l'objectivité comporte d'autres déterminations que celles qu'il prévoyait, l'homme moderne n'accepte pas l'entière responsabilité de ce qu'il a fait, il désavoue une partie de ce qu'il a réalisé, parce que, du fait de l'ignorance où il était des circonstances ou du fait de leur fausse appréciation, cette partie de son activité n'a pas été comme il la voulait, et il ne s'impute que ce qu'il savait et que ce qu'il a accompli intentionnellement en se basant sur ce savoir" [Hegel]

    "On dit volontiers : ma volonté a été déterminée par ces mobiles, circonstances, excitations et impulsions. Cette formule implique que je me suis comporté de façon passive. Mais, en réalité, mon comportement n'a pas été seulement passif : il a été actif aussi, et de façon essentielle, car c'est ma volonté qui assume telles ou telles circonstances comme mobiles, qui les fait valoir comme mobiles" [Hegel]

    "Tout ce qui augmente la liberté augmente la responsabilité" [Victor Hugo

    "Mais ces personnes n'interviennent ici que comme personnification de catégories économiques, comme porteurs de rapports de classe et d'intérêts déterminés" [Karl Marx]

    "Société : système ingénieux pour obtenir des bénéfices individuels sans responsabilité individuelle.” [Ambrose Bierce]

    "On peut dire qu'il y a trois qualités déterminantes qui font l'homme politique : la passion - le sentiment de la responsabilité - le coup d’œil" [Max Weber]

    "Socrate et Platon ont raison : quoi que l'homme fasse, il fait toujours le bien, c'est-à-dire ce qui lui semble bon (utile) suivant son degré d'intelligence, son niveau actuel de raison" [Friedrich Nietzsche]

    "Les profondes lois de la conservation et de la croissance exigent le contraire: que chacun s'invente sa vertu, son impératif catégorique" [Friedrich Nietzsche]

    "On voit donc à quel point la notion de responsabilité repose sur celle de causalité, c'est-à-dire de conformité à des lois (Gesetzmässigkeit) de nos actes volontaires" [Moritz Schlick]

    "Responsabilité. Une faute est ce qui est enfin puni. La conséquence mauvaise est la marque de la faute. L'homme qui manque du pied pèche contre son rythme, choit et se blesse" [Paul Valéry]

    “Presque toujours, la responsabilité confère à l’homme de la grandeur.” [Stefan Zweig]

    "Si un homme est conduit, par les lois de la nature, à faire ce qu'il fait, nous ne pouvons ni l'en approuver ni le blâmer, pas davantage que nous ne pouvons reprocher à une montre d'être en avance ou en retard" [Albert Camus]

    "Dans la vie, bien souvent, les responsabilités nous échappent, comme l'eau qu'on puise avec un panier percé." [Lao She]

    "C'est justement pour préserver ce qui est neuf et révolutionnaire dans chaque enfant que l'éducation doit être conservatrice, c'est-à-dire assurer “la continuité du monde" [Hannah Arendt]

    "J'ignore quand le terme de « responsabilité collective » est apparu pour la première fois, mais je crois pouvoir affirmer avec certitude que non seulement le terme mais aussi les problèmes qu'il implique doivent leur pertinence et l'intérêt général qu'ils attirent à des situations qui sont politiques, et non juridiques ou morales" [Hannah Arendt]

    "Quand quelqu'un dit qu'il se sent coupable non de ce qu'il a fait mais des actes de son père ou de son peuple, c'est en un sens seulement métaphorique et non en un sens personnel. (Moralement parlant, il est presque aussi mal de se sentir coupable quand on n'a rien fait de précis, que de se sentir innocent quand on est réellement coupable.)" [Hannah Arendt]

    "L'homme qui se croit déterminé se masque sa responsabilité." [Jean-Paul Sartre]

    "L'existentialiste ne croit pas à la puissance de la passion. Il ne pensera jamais qu'une belle passion est un torrent dévastateur qui conduit fatalement l'homme à certains actes, et qui, par conséquent, est une excuse. Il pense que l'homme est responsable de sa passion. L'existentialiste ne pensera pas non plus que l'homme peut trouver un secours dans un signe donné, sur terre, qui l'orientera ; car il pense que l'homme déchiffre lui- même le signe comme il lui plaît." [Jean-Paul Sartre]

    "Ce qui compte, c'est l'engagement total, et ce n'est pas un cas particulier, une action particulière, qui vous engage totalement" [Jean-Paul Sartre]

    "Ah monstre que je suis ! infortunées victimes ! est-il possible que j'aye fait cela, non ce n'est qu'un rêve ! ah ce n'est que trop vrai !" [Michel Foucault/Pierre Rivière]

    "Brusquement ce qui est tout bonnement donné, ce qui est pris comme allant de soi, ce à quoi on ne réfléchit jamais dans le but de l'action : qu'il y ait des hommes, qu'il y ait la vie, qu'il y ait un monde fait pour cela, se trouve placé sous l'éclairage orageux de la menace émanant de l'agir humain" [Hans Jonas]

    "La condition de la responsabilité est le pouvoir causal. L'acteur doit répondre de son acte : il est tenu responsable de ses conséquences et le cas échéant on lui en fait porter la responsabilité" [Hans Jonas]

    "Personne ne doit des comptes pour l'imagination impuissante des méfaits les plus atroces et les sentiments de culpabilité qui surgissent éventuellement ici sont tout aussi privés que le délit psychologique. Un acte doit avoir été exécuté ou du moins commencé à avoir été commis dans le monde (comme dans le complot). Et il reste vrai que l'acte réussi pèse plus lourd que l'acte raté" [Hans Jonas]

    "Le problème de la responsabilité, ce sont des suites qui n'ont pas encore fait leurs effets mais que l'on peut évaluer. Là intervient la deuxième idée de Jonas, à savoir qu'il faut tenir compte non seulement des dangers probables, mais aussi des dangers possibles" [Paul Ricoeur]

    "La désobéissance civile est une forme de responsabilité et appelle à davantage de responsabilités" [André Glucksmann]

     

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  • Kant : impératif catégorique

    JeanGiraud107.kant-et-ses-amis-detail.jpgSi donc il doit y avoir un principe pratique suprême, et au regard de la volonté humaine un impératif catégorique, il faut qu'il soit tel que, par la représentation de ce qui, étant une fin en soi, est nécessairement une fin pour tout homme, il constitue un principe objectif de la volonté, que par conséquent il puisse servir de loi pratique universelle. Voici le fondement de ce principe : la nature raisonnable existe comme fin en soi. L'homme se représente nécessairement ainsi sa propre existence ; c'est donc en ce sens un principe subjectif d'actions humaines.

    Mais tout autre être raisonnable se présente également ainsi son existence, en conséquence du même principe rationnel qui vaut aussi pour moi ; c'est donc en même temps un principe objectif dont doivent pouvoir être déduites, comme d'un principe pratique suprême, toutes les lois de la volonté. L'impératif sera donc celui-ci : Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen.

    Emmanuel Kant, Fondements de la Métaphysique des Mœurs, II (1785)

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  • Kant : Devoir !

    les-derniers-jours-d-emmanuel-kant_274920_42650.jpg"Devoir ! nom sublime et grand, toi qui ne renfermes rien en toi d'agréable, rien qui implique insinuation, mais qui réclames la soumission, qui cependant ne menaces de rien de ce qui éveille dans l'âme une aversion naturelle et l'épouvante pour mettre en mouvement la volonté, mais poses simplement une loi qui trouve d'elle-même accès dans l'âme et qui cependant gagne elle-même malgré nous la vénération (sinon toujours l'obéissance), devant laquelle se taisent tous les penchants, quoiqu'ils agissent contre elle en secret ; quelle origine est digne de toi, et où trouve-t-on la racine de ta noble tige, qui repousse fièrement toute parenté avec les penchants, racine dont il faut faire dériver, comme de son origine, la condition indispensable de la seule valeur que les hommes peuvent se donner eux-mêmes ?

    Ce ne peut être rien de moins que ce qui élève l'homme au-dessus de lui-même (comme partie du monde sensible), ce qui le lie à un ordre de choses que l'entendement seul peut concevoir et qui en même temps commande à tout le monde sensible et avec lui à l'existence, qui peut être déterminée empiriquement, de l'homme dans le temps à l'ensemble de toutes les fins (qui est uniquement conforme à ces lois pratiques et inconditionnées comme la loi morale). Ce n'est pas autre chose que la personnalité, c'est-à-dire la liberté et l'indépendance à l'égard du mécanisme de la nature entière, considérée cependant en même temps comme un pouvoir d'un être qui est soumis à des lois spéciales, c'est-à-dire aux lois pures pratiques données par sa propre raison, de sorte que la personne comme appartenant au monde sensible, est soumise à sa propre personnalité, en tant qu'elle appartient en même temps au monde intelligible. Il n'y a donc pas à s'étonner que l'homme, appartenant à deux mondes, ne doive considérer son propre être, relativement à sa seconde et à sa plus haute détermination, qu'avec vénération et les lois auxquelles il est en ce cas soumis, qu'avec le plus grand respect."

    Emmanuel KantCritique de la Raison pratique (1788)

     

     

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  • ILS ONT DIT, AU SUJET DE LA PHILOSOPHIE

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    "L'homme est la mesure de toute chose." [Protagoras

    "Dans tous les cas, mariez-vous. Si vous tombez sur une bonne épouse, vous serez heureux ; et si vous tombez sur une mauvaise, vous deviendrez philosophe, ce qui est excellent pour l’homme." [Socrate]

    "Le philosophe désire la sagesse car il ne la possède pas." [Platon]

    "La philosophie est une activité libre et gratuite de la pensée dont la raison d'être est la recherche de la connaissance par des hommes conscients de leur ignorance." [Aristote]

    "C’est, en effet, l’étonnement qui poussa, comme aujourd’hui, les premiers penseurs aux spéculations philosophiques." [Aristote]

    "[La philosophie] doit être la science théorétique des premiers principes et des premières causes." [Aristote]

    "Philosopher c’est apprendre à mourir." [Cicéron]

    "La philosophie, activité de la raison, est la seule voix qui permet d'accéder à la vérité." [Épictète]

    "Il faut que le jeune homme aussi bien que le vieillard cultivent la philosophie." [Épictète]

    "Ce que l'on doit faire on le sait bien mieux que les philosophes." [Épictète]

    "La sagesse consiste pour l'homme à se soumettre à la fatalité naturelle dont il prend connaissance grâce à l'exercice de sa raison." [Marc-Aurèle]

    "La philosophie consiste à veiller sur le dieu intérieur." [Marc-Aurèle]

    "Je pense donc je suis." [René Descartes

    "La philosophie est avant tout un acte personnel qui ne doit jamais être délégué car il constitue la pensée même." [René Descartes]

     "J’aurais voulu premièrement y expliquer ce que c’est que la philosophie, en commençant par les choses les plus vulgaires, comme sont : que ce mot philosophie signifie l’étude de la sagesse, et que par la sagesse on n’entend pas seulement la prudence dans les affaires mais une parfaite connaissance de toutes les choses que l’homme peut savoir, tant pour la conduite de sa vie que pour la conservation de sa santé et 1’invention de tous les arts." [René Descartes]

    "Se moquer de la philosophie, c’est vraiment philosopher." [Blaise Pascal]

    "Les philosophes qui se sont mêlés de traiter les sciences se partageaient en deux classes, à savoir : les empiriques et les dogmatiques. L’empirique, semblable à la fourmi, se contente d’amasser et de consommer ensuite ses provisions. Le dogmatique, tel que l’araignée, tisse des toiles dont la matière est extraite de sa propre substance." [Francis Bacon]

    "Les philosophes conçoivent les affections qui se livrent bataille en nous, comme des vices dans lesquels les hommes tombent par leur faute, c'est pourquoi ils ont accoutumé de les tourner en dérision, de les déplorer, de les réprimander, ou, quand ils veulent paraître plus moraux, de les détester." [Baruch Spinoza]

    "Soyez philosophe ; mais, au milieu de toute votre philosophie, soyez toujours un homme." [David Hume]

    "Il se livrait au trafic d’opinions : il était professeur de philosophie." [Georg Christoph Lichtenberg]

    "La philosophie sert a penser de manière autonome, responsable et universelle." [Jean-Jacques Rousseau]

    "La philosophie est le seul remède au fanatisme car ce dernier est l'expression d'un esprit malade, incapable de penser." [Voltaire]

    "La philosophie est la science du rapport de toute connaissance avec le but ultime de la raison humaine, a savoir comprendre ce qu'est l'homme." [Emmanuel Kant]

    "On ne peut pas apprendre la Philosophie, mais on doit apprendre a philosopher." [Emmanuel Kant]

    "On déclame contre les passions sans songer que c'est à leur flambeau que la philosophie allume le sien." [Marquis de Sade]

    "La liberté civile est une condition a la philosophie." [Hegel]

    "Ma philosophie ne m'a rien rapporté, mais elle m'a beaucoup épargné." [Arthur Schopenhauer]

    "Les philosophes n'ont fait qu'interpréter diversement le monde, il s'agit maintenant de le transformer." [Karl Marx]

    "On ne reste philosophe qu'en se taisant." [Friedrich Nietzsche]

    "Pour vivre seul, il faut être une bête, ou un dieu, dit Aristote. Reste un troisième cas, il faut être les deux à la fois : philosophe." [Friedrich Nietzsche]

    "La philosophie n'est pas réservée a une élite, mais est accessible a tous a condition de faire l'effort d'exercer son esprit critique." [Antonio Gramasci]

    "Penser, c'est nier ce que l'on sait déjà. Cet esprit critique est la condition de toute réflexion personnelle et véritable." [Alain]

    "La valeur de la philosophie doit en réalité surtout résider sans son caractère incertain." [Bertrand Russell]

    "Dans la mesure où l'homme existe advient, d'une certaine manière, le philosopher. La philosophie — ce qu'ainsi nous appelons — est la mise en marche de la métaphysique." [Martin Heidegger]

    "La philosophie antique nous apprenait à accepter notre mort. La philosophie moderne, la mort des autres." [Michel Foucault]

    "Une chose en tout cas est certaine : c'est que l'homme n'est pas le plus vieux problème ni le plus constant qui se soit posé au savoir humain." [Michel Foucault]

    "Philosopher, c'est se comporter vis-à-vis de l'univers comme si rien n'allait de soi." [Vladimir Jankélévitch]

    “Les philosophes croient faire leur miel de tout, mais ce n'est que de la cire." [Alain Touraine

    "Quand un homme se met à raisonner, il puise en lui-même les réponses." [Jostein Gaarder

    "Si l’on demande à quoi sert la philosophie, la première réponse qui vient à l’esprit est : à rien !" [André Comte-Sponville]

    "La philosophie n’est ni science ni religion : chacun y cherche une vérité mais ne trouve jamais que la sienne, qu’il confronte à celle des autres. " [André Comte-Sponville]

     

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