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durkheim

  • Ils ont dit, au sujet de l'Etat

    "C’est pourquoi il est évident que l’homme est un animal politique plus que n’importe quelle abeille et que n’importe quel animal grégaire." [Aristote]

    "Il faut nécessairement, en effet : ou bien que tous les citoyens possèdent tous les biens en commun ; ou bien qu’ils n’aient rien en commun, ou enfin qu’ils aient en commun certains biens à l’exclusion de certains autres." [Aristote]

    "Celui qui ne peut pas vivre en société, ou qui n’a besoin de rien parce qu’il se suffit à lui-même, ne fait point partie de l’État ; c’est une brute ou un dieu." [Aristote]

    "Il ressort manifestement que la cité n’est pas naturellement une au sens où certains le prétendent, et que ce qu’on a prétendu être le bien suprême dans les cités mène les cités à leur perte." [Aristote]

    "L’homme veut la concorde ; mais la nature sait mieux ce qui est bon pour son espèce : elle veut la discorde." [Emmanuel Kant]

    "S’il est vrai qu’en entrant en société, les hommes abandonnent l’égalité, la liberté et le pouvoir exécutif privé qu’ils possédaient dans l’état de nature, et qu’ils le remettent entre les mains de la société pour que législatif en dispose selon que le bien de cette même société l’exigera, il reste cependant que chacun ne le fait que dans l’intention de préserver d’autant mieux sa personne, sa liberté et sa propriété." [John Locke]

    "Ainsi, qui que ce soit qui a le pouvoir législatif ou souverain d’une communauté, est obligé de gouverner suivant les lois établies et connues du peuple, non par des décrets arbitraires et formés sur-le-champ ; d’établir des Juges désintéressés et équitables qui décident les différends par ces lois ; d’employer les forces de la communauté au-dedans, seulement pour faire exécuter ces lois, ou au dehors pour prévenir ou réprimer les injures étrangères, mettre la communauté à couvert des courses et des invasions, et en tout cela de ne se proposer d’autre fin que la tranquillité, la sûreté, le bien du peuple." [John Locke]

    "La seule façon d’ériger un tel pouvoir commun, apte à défendre les gens de l’attaque des étrangers, et des torts qu’ils pourraient se faire les uns aux autres, et ainsi de les protéger de telle sorte que par leur industrie et par les productions de la terre, ils puissent se nourrir et vivre satisfaits, c’est de confier tout leur pouvoir et toute leur force à un seul homme, ou à une seule assemblée, qui puisse réduire toutes leurs volontés, par la règle de la majorité, en une seule volonté. Cela revient à dire : désigner un homme, ou une assemblée, pour assumer leur personnalité." [Thomas Hobbes]

    "Il apparaît clairement par là qu’aussi longtemps que les hommes vivent sans un pouvoir commun qui les tienne tous en respect, ils sont en guerre de chacun contre chacun." [Thomas Hobbes]

    "Dès qu’on s’aperçut qu’il était utile à un seul d’avoir des provisions pour deux, l’égalité disparut, la propriété s’introduisit, le travail devint nécessaire et les vastes forêts se changèrent en des campagnes riantes qu’il fallut arroser de la sueur des hommes, et dans lesquelles on vit bientôt l’esclavage et la misère germer et croître avec les moissons." [Jean-Jacques Rousseau]

    "Un État qui n’a pas les moyens d’effectuer des changements n’a pas les moyens de se maintenir." [Edmund Burke]

    "J’ai toujours cru que cette sorte de servitude, réglée, douce et paisible, dont je viens de faire le tableau, pourrait se combiner mieux qu’on ne l’imagine avec quelques-unes des formes extérieures de la liberté, et qu’il ne lui serait pas impossible de s’établir à l’ombre même de la souveraineté du peuple." [Alexis de Tocqueville]

    "C’est seulement dans l’État que l’individu a une existence conforme à la Raison. Le but de toute éducation est que l’individu cesse d’être quelque chose de purement subjectif et qu’il s’objective dans l’État. L’individu peut certes utiliser l’État comme un moyen pour parvenir à ceci ou cela." [Hegel]

    "Si on confond l’État avec la société civile et si on le destine à la sécurité et à la protection de la propriété et de la liberté personnelles, l’intérêt des individus en tant que tels est le but suprême en vue duquel ils sont rassemblés et il en résulte qu’il est facultatif d’être membre de l’État. Mais sa relation à l’individu est tout autre." [Hegel]

    "L'État n'est que la muselière dont le but est de rendre inoffensive la bête carnassière, l'homme, et de faire en sorte qu'il ait l'aspect d'un herbivore." [Arthur Schopenhauer]

    "Tout État est despotique, que le despote soit un, qu’il soit plusieurs" [Max Striner]

    "L'État ne poursuit jamais qu'un but : limiter, enchaîner, assujettir l'individu, le subordonner à une généralité quelconque." [Max Striner]

    "Partout où il y a encore du peuple, il ne comprend pas l'État et il le déteste comme le mauvais œil et une dérogation aux coutumes et aux lois." [Friedrich Nietzsche]

    "L’État est le plus froid des monstres froids. Il ment froidement ; et voici le mensonge qui s’échappe de sa bouche : “Moi l’État, je suis le peuple.”" [Friedrich Nietzsche]

    "On considère l’État comme l’antagoniste de l’individu et il semble que le premier ne puisse se développer qu’au détriment du second. La vérité, c’est que l’État a été bien plutôt le libérateur de l’individu." [Émile Durkheim]

    "Ne fais jamais rien contre ta conscience, même si l'État te le demande." [Albert Einstein]

    "L'État est notre serviteur et nous n'avons pas à en être les esclaves. " [Albert Einstein]

    "Toutes les révolutions modernes ont abouti à un renforcement de l’État." [Albert Camus]

    "Le régime totalitaire est "sans lois" en ce qu’il se joue de toutes les lois positives, mais il n’es pas arbitraire car il obéit, selon une logique rigoureuse, à ces lois de l’Histoire ou de la Nature dont toutes les lois positives sont supposées provenir, et il les met à exécution dans un esprit d’obligation scrupuleux." [Hannah Arendt]

    "L'État fondé sur le principe civique, respectant l'homme et son monde naturel dans toutes ses dimensions ou composantes est un État pacifique et humain." [Vaclav Havel]

    "L'État totalitaire ce n'est pas la force déchaînée, c'est la vérité enchaînée." [Bernard-Henri Lévy]

    "Le totalitarisme suppose la conception d’une société qui se suffit à elle-même et, puisque la société se signifie dans le pouvoir, celle d’un pouvoir qui se suffit à lui-même." [Claude Lefort]

    "L'État se nomme toujours patrie, quand il prépare un assassinat." [Friedrich Dürrenmatt]

    "Il aura fallu un sacré nombre de chefs d’état pour mettre le monde dans cet état." [Jacques Sternberg]

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  • Durkheim : l’État et la société civile

    "On considère l’État comme l’antagoniste de l’individu et il semble que le premier ne puisse se développer qu’au détriment du second. La vérité, c’est que l’État a été bien plutôt le libérateur de l’individu. C’est l’État qui, à mesure qu’il a pris de la force, a affranchi l’individu des groupes particuliers et locaux qui tendaient à l’absorber : famille, cité, corporation, etc. L’individualisme a marché dans l’histoire du même pas que l’étatisme. Non pas que l’État ne puisse devenir despotique et oppresseur. Comme toutes les forces de la nature, s’il n’est limité par aucune puissance collective qui le contienne, il se développera sans mesure et deviendra à son tour une menace pour les libertés individuelles. D’où il suit que la force sociale qui est en lui doit être neutralisée par d’autres forces sociales qui lui fassent contrepoids. Si les groupes secondaires sont facilement tyranniques quand leur action n’est pas modérée par celle de l’État, inversement celle de l’État, pour rester normale, a besoin d’être modérée à son tour. Le moyen d’arriver à ce résultat, c’est qu’il y ait dans la société, en dehors de l’État, quoique soumis à son influence, des groupes plus restreints (territoriaux ou professionnels, il n’importe pour l’instant) mais fortement constitués et doués d’une individualité et d’une autonomie suffisante pour pouvoir s’opposer aux empiétements du pouvoir central. Ce qui libère l’individu, ce n’est pas la suppression de tout centre régulateur, c’est leur multiplication, pourvu que ces centres multiples soient coordonnés et subordonnés les uns aux autres."

    Émile Durkheim, L’État et la société civile (1916)

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  • Durkheim : Ce qui libère l'individu

    Durkheim1.gif"On considère l’État comme l’antagoniste de l’individu et il semble que le premier ne puisse se développer qu’au détriment du second. La vérité, c’est que l’État a été bien plutôt le libérateur de l’individu. C’est l’État qui, à mesure qu’il a pris de la force, a affranchi l’individu des groupes particuliers et locaux qui tendaient à l’absorber : famille, cité, corporation, etc. L’individualisme a marché dans l’histoire du même pas que l’étatisme. Non pas que l’État ne puisse devenir despotique et oppresseur. Comme toutes les forces de la nature, s’il n’est limité par aucune puissance collective qui le contienne, il se développera sans mesure et deviendra à son tour une menace pour les libertés individuelles. D’où il suit que la force sociale qui est en lui doit être neutralisée par d’autres forces sociales qui lui fassent contrepoids. Si les groupes secondaires sont facilement tyranniques quand leur action n’est pas modérée par celle de l’État, inversement celle de l’État, pour rester normale, a besoin d’être modérée à son tour. Le moyen d’arriver à ce résultat, c’est qu’il y ait dans la société, en dehors de l’État, quoique soumis à son influence, des groupes plus restreints (territoriaux ou professionnels, il n’importe pour l’instant) mais fortement constitués et doués d’une individualité et d’une autonomie suffisante pour pouvoir s’opposer aux empiétements du pouvoir central. Ce qui libère l’individu, ce n’est pas la suppression de tout centre régulateur, c’est leur multiplication, pourvu que ces centres multiples soient coordonnés et subordonnés les uns aux autres."

    Émile Durkheim, L’État et la société civile, 1916.

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  • COMPTE-RENDU DE LA SÉANCE "SUIS-JE CE QUE MON PASSÉ FAIT DE MOI?"

    Thème du débat : "Suis-je ce que mon passé fait de moi?" 

    Date : 17 avril 2015 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée

    rousseau,kant,hegel,sartre,cyrulnik ,freudLe vendredi 17 avril 2015, environ 120 personnes étaient présentes pour la séance du café philosophique de Montargis dont le débat portait sur cette question : "Suis-je ce que mon passé fait de moi ?"

    Une première participante réagit ainsi : "Oui et non. Non car c'est dans l'instant présent que je peux exister et faire des choix. [Oui car] je suis conditionné culturellement par mon passé." Pour une autre intervenante, le passé nous construit indubitablement, grâce à nos expériences, notre vécu. D'ailleurs, ajoute aussi Claire, "quelle tragédie si je deviens amnésique !"  

    Pour un autre intervenant, on dépend culturellement de son passé et on a du mal à échapper à sa spatio-temporalité. Par contre, chacun peut se projeter par ses envies, ses rêves. On peut en sortir si l'on veut. "L'avenir est la seule chose qui m'intéresse, car je compte bien y passer les prochaines années" disait Woody Allen

    rousseau,kant,hegel,sartre,cyrulnik ,freudPour Claire, il est déjà question de deux passés : un passé culturel, au sens de situation culturelle et sociale ("On est d'abord un être en situation"), c'est un passé historique, regroupant une histoire filiale, familiale, générationnelle ; et d'autre part le passé en tant que vécu personnel ("Ce que j'ai fait avant"). Dans ce dernier cas, puis-je me choisir vraiment ? Ma vie est-elle mon œuvre ? Finalement, la question de savoir si je résulte de mon passé ne se pose pour ainsi dire pas si ce passé est honorifique ; par contre, la question devient aporitique lorsque mon passé me colle à la peau et que je souhaiterais m'en défaire.

    Pour un autre intervenant, notre vie est un "immense apprentissage" (gestes, mouvements, etc.). D'ailleurs le sujet de ce débat porte sur une expression importante : "Suis-je...". Le "Je suis" regroupe mon corps, mes comportements, mes paroles, l'apprentissage, la mémoire, l'inconscient, etc. Le passé est ce qui peut nous revenir violemment : des faits, des colères, des émotions, comme le disait Marcel Proust : "Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.

    rousseau,kant,hegel,sartre,cyrulnik ,freudPour une autre participante l'aspect psychologique est importante dans un tel sujet. Pour elle, à l'âge de trois ans, la majorité des dés sont jetés. Chacun part avec ce capital plus ou moins riche et chaque individu ne peut échapper à l'une des cinq blessures que l'on traîne toute notre vie : la trahison, le rejet, l'humiliation, l'abandon et l'injustice. On est issu de ce passé là et la majorité de nos réactions vient de ces cinq blessures originelles. 

    Pour un autre intervenant, la question "Suis-je ce que mon passé fait de moi ?" induit une question bien plus fondamentale : est-ce que je suis capable de savoir que je suis le résultat de mon passé ? Cela voudrait dire que je me souviens exactement de mon propre passé et que je suis capable de repérer dans celui-ci ce qui me détermine. Répondre à cette question est d'une infinie complexité ! Et si je cherche à lire dans ce passé qui me détermine, sans doute vais-je forcément trouver quelque chose ; par contre, est-ce réellement cette chose qui me détermine ? Ou bien n'y a-t-il pas le risque que j'interprète ou surinterprète une notion, un acte ou une parole ? Cela renvoie en tout cas autant à la notion de mémoire qu'à celle de liberté. 

    En parlant de mémoire, un nouvel intervenant parle de la mémoire familiale et des secrets de famille (la psychogénéalogie) qui sembleraient avoir des influences considérables sur la vie de chacun. Les non-dits reproduisent de manière similaires ou quasi-similaires les traumatismes. Freud, dit Claire, met en avant l'aspect scientifique de la psychanalyse tout en précisant que c'est l'une des seules sciences qui ne peut recevoir de lois car un traumatisme ne sera pas reçu de la même manière par telle ou telle catégorie de gens (voir aussi ce texte). Freud fait le lien avec la littérature. Zola théorisait le conditionnement du milieu ; d'autres philosophes, au contraire, considèrent que les individus réagissent différemment parce qu'ils ne reçoivent pas la situation  de la même manière. Boris Cyrulnik parle, lui, de résilients pouvant échapper aux conséquences de situations catastrophiques, situations qui ont pourtant provoqué l'effondrement d'autres personnes  avant eux. Il y a une histoire de volonté derrière cet échappatoire salutaire. La question est de savoir qui est à même de s'autoriser à en rêver et à s'en sortir ? Face à un choc traumatique – et quelque soit sa puissance – certains résilients ont la volonté de se construire envers et contre tout. Au contraire, d'autres personnes, qui ont acquis une éducation "sécure", se refuseront de croire en eux. Il semblerait qu'il n'existe pas de lois figées ni de théories.

    rousseau,kant,hegel,sartre,cyrulnik ,freudUn autre exemple est cité : celui de la gémellité. Les jumeaux, êtres génétiquement identiques, restent des êtres uniques, justement parce que, malgré les caractéristiques et les passés communs, chacun porte un regard singulier sur l'un comme sur l'autre, même si l'amour donné et l'éducation sont a priori identiques.    

    Le passé doit être tenu comme ce qu'il est : un ensemble d'événements révolus, dus au hasard ou non. La solution serait d'essayer de s'y confronter, de l'affronter (dans le cadre de la psychanalyse, par exemple) mais aussi pratiquer une forme d'amnésie volontaire. Certains peuvent aussi choisir de partir sans laisser d'adresse. La question est de savoir comment je peux me défaire de mon passé. Est-ce que je fais toujours les mêmes erreurs, à l'image du personnage principale de Camille Redouble ? Comme le dit Claire, j'ai été "informé" depuis l'enfance – au sens de "donner forme" – et il semblerait que cette forme soit reproduite. Dit autrement, est-ce que l'existence précède l'essence (Sartre) ? Voir aussi ce texte.

    Pour un intervenant, ce débat prend une tournure très négative dans le sens où la question qui pourrait nous être posée serait celle-ci : comment ne pas subir ce passé ? Or, il pourrait tout aussi bien prendre un tour plus positif. L'histoire humaine semblerait bien ne pas se répéter. Mieux, si l'on peut considérer être le résultat de notre passé, force est de constater qu'à titre collectif la richesse humaine s'est considérablement accumulée à travers l'Histoire. Je peux considérer que je peux bénéficier de cette richesse culturelle. Le passé est un héritage et la leçon de toutes les civilisations qui m'ont précédé est de savoir comment profiter de ces apports.

    rousseau,kant,hegel,sartre,cyrulnik ,freudClaire s'interroge sur la notion de progrès – positif ou négatif – qui semble être apposé à celui de l'Histoire. Certains historiens prônent le mythe de l'éternel retour. L'histoire serait cyclique, avec un certain déterminisme catégorique (Cf. texte de Mircéa Eliade). Cependant, réagit un participant, intuitivement, cette notion de progrès – matérielle ou non – semblerait être réelle : nous lisons Kant au contraire de nombre de nos aïeux, la peine de mort  tend à devenir moins pratiquée dans le monde qu'il y a seulement un siècle et les supplices tendent à disparaître au fur et à mesure des siècle. Cela n'empêche pas l'homme de ne pas tirer les leçons passées et de faire le choix de violences à travers le monde (un intervenant rappelle que le cerveau de l'artiste qui a peint la Grotte Chauvet est le même que celui de l'homme moderne). Se rappeler de son passé pour se tourner vers l'avenir (le "devoir de mémoire") implique que l'on doive en tirer les leçons. Claire cite Emmanuel Kant : " L’homme veut la concorde, mais la nature sait mieux que lui ce qui est bon pour son espèce : elle veut la discorde. Il veut vivre commodément et à son aise ; mais la nature veut qu’il soit obligé de sortir de son inertie et de sa satisfaction passive, de se jeter dans le travail et dans la peine pour trouver en retour les moyens de s’en libérer sagement" (Kant, Idée d'une Histoire universelle du Point de vue cosmopolitique, §8). 

    rousseau,kant,hegel,sartre,cyrulnik ,freudLe vrai sujet est qu'aujourd'hui notre civilisation a tendance à oublier la notion de passé pour privilégier la notion de performance immédiate et la maîtrise d'un futur qui lui échappe de toute manière. Il semblerait, dit encore cet intervenant, que chacun doive s'interroger sur cette question : qu'est-ce que j'hérite de mon passé commun et comment je m'enrichis grâce à lui ? Et, ajoute ce participant, interpréter ce passé à l'échelle individuelle et psychanalytique est une "perversion" et le "dévoie" totalement !

    Hegel affirme dans La Raison dans l'Histoire, dit que l'homme individuellement est emprunt de passion. Mais, à l'échelle de l'Humanité, on est dans un progrès de la Raison qui donne sens à tout cela. On va vers une évolution pour davantage de rationalité. C'est directement mis en avant par Jean-Jacques Rousseau qui dit que l'homme est perfectible. L'homme, dit-il, peut être dans un rapport mimétique au monde ou bien il peut le dépasser par la création. Contre cette théorie, Nietzsche puis les philosophes existentialistes croient en la faculté positive de l'oubli : laissons derrière nous, dit le "Philosophe au Marteau", ces héritages de sens – car le sens ne s'hérite pas : il se créé. Et Sartre dit qu'à situation similaire, réception différente parce que l'homme est libre – et condamné à être libre. Cette façon singulière de recevoir un stimulus afin d'écrire "son histoire", qui sera jugée à l'aune de l'Humanité. Le lâche n'est pas lâche du fait de son passé : il est lâche car il a décidé, un moment donné, de se comporter comme un lâche et "son sens lui colle à la peau".  

    Une participante évoque le concept de socialisation, élaboré par Émile Durkheim. Ce principe d'éducation admet que ce que l'on reçoit de nos parents de la société qui, de manière consciente ou non, forme nos manières d'agir, de réagir, nos contenus mentaux. Les successeurs de Durkheim, dont Maurice Halbwachs, insisteront sur le fait que la socialisation influe sur la manière dont on donne sens au monde qui nous entoure. Selon les milieux sociaux, les personnes n'ont pas les mêmes réactions face à telle ou telle situation. Cette intervenante parle des inégalités perpétuées au sein de l'école. Raymond Boudon parle en 1973, dans L'Inégalité des Chances, "d'individualisme éthologique". Les individus n'ont pas les mêmes réactions et font des choix hérités du passé et des aïeux, alors que la démocratisation scolaire est avancée : études courtes, diplômes moins prestigieux, écoles modestes. Claire rebondit en constatant que cette "inégalité des chances" est plus vraie en 2015 qu'en 1973. François Lenglet, dans un cours sur les inégalités, met en évidence que les grandes écoles françaises se renouvellent au sein d'une même classe sociale. Il y a aussi une forme d'alimentation de cette inégalité, par une sorte de fatalisme. Cette répétition du passé, jusque dans les élites ("je suis polytechnicien parce que mon père l'était") est sans doute aussi, réagit un participant, une forme de ratage de carrière, de sa vie ("l'inculture... de ces polytechniciens formatés" est sévèrement stigmatisée !) et de ses aspirations vers le bonheur. 

    Bruno considère qu'il existe un autre frein : la nostalgie, qui peut être un facteur limitant. 

    rousseau,kant,hegel,sartre,cyrulnik ,freudLa question ambitieuse est de savoir, si l'on n'a pas à reproduire les mêmes mécanismes sociaux, comment se défaire d'un passé qui ne nous convient pas, qui nous empêche de nous exprimer et de nous épanouir ? Dans ce cas, la tâche à accomplir pas s'avérer ardue comme le montrent quelques destins atypiques (le cuisinier Thierry Marx, par exemple). Finalement, réagit un autre participant, "les gens diffèrent plus par leur volonté que par leur intelligence". Le déterminisme est une chose ("à trois ans tout est fini" ?), dit un autre intervenant, mais le libre-arbitre en est une autre. La raison nous interroge : puis-je me contenter de mon passé ou bien est-ce que j'aspire à autre chose afin de ne pas subir ? Dans ce cas, la connaissance et la volonté sont des armes, sauf si la volonté "est barrée par des croyances limitantes" (évoquées autrement plus haut), facteurs d'une forme de déterminisme social. Ces dernières sont inscrites profondément et inconsciemment en nous et il est très difficile d'en sortir. Pour lutter contre ce déterminisme, la clé serait le rêve, dû souvent à des personnes qui s'autorisent à créer et agir pour faire changer leur monde et le monde. Pour preuve, l'artiste, capable de dépasser l'académisme – et souvent après avoir assimilé le passé – pour créer leur propre univers.

    Un participant évoque la question du passé, non pas de soi, mais de l'autre. Ce qui peut nous faire sortir de notre passé c'est la séduction d'un passé qui nous est étranger mais qui nous touche par l'universalité et la beauté. Le rôle de l'artiste, par exemple, nous permet de nous échapper de notre propre passé qui pourrait nous débloquer.  

    Un participant évoque en fin de débat cette allégorie : le passé serait cette petite barque naviguant au fil de l'eau mais construite au fur et à mesure. Au fur et à mesure de notre voyage, nous intégrons à cette barque des débris – plus ou moins lourds – que nous rencontrons. Nous tentons de donner un cap à notre bateau grâce à notre raisonnement, en sachant que nous devons faire avec les vents dominants comme avec les tempêtes. Au final, nous essayons sans doute de trouver l'équilibre en pleine mer. Certains, que nous pouvons croiser sur notre route, peuvent essayer de nous pousser dans une  direction initiale mais c'est à nous d'influer le cap et de suivre notre propre boussole. 

    Finalement, nous devons nous autoriser à dépasser notre passé et à rêver, pour aller vers un avenir – mais sans "se divertir" (Pascal), sans courir vers quelque chose qui n'existe pas. 

    Pour clôture la séance, quatre sujets (et non pas trois, comme de coutume) sont mis au vote pour la séance suivante, le 22 mai 2015 : "Y a-t-il des civilisations supérieures à d'autres ?", "Doit-on prendre ses rêves pour la réalité ?", "Doit-on mourir pour une cause ?" et "Est-il raisonnable de croire en Dieu ?" C'est ce dernier sujet qui est élu par la majorité des participants.    

    Philo-galerie

    Illustrations:  Gustav Klimt

     

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  • ILS ONT DIT, AU SUJET DE LA FAMILLE

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    "Voir les enfants de ses enfants est la joie du vieillard. La gloire des enfants est de connaître leur père." [Livre des Proverbes]

    "Vous voyez cet enfant qui est le mien ? Il n'a que cinq ans, mais il tient l'univers sous sa férule. Car il gouverne sa mère, sa mère me gouverne, je gouverne Athènes et Athènes gouverne le monde." [Thémistocle]

    "La cité est par nature antérieure à la famille et à chacun de nous pris individuellement." [Aristote]

    "Quel cadeau la Providence peut-elle faire à un homme qui lui soit plus cher que ses enfants ?" [Cicéron]

    "Un prophète n'est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents, et dans sa maison." [s. Marc]

    "Je ne vis jamais père, pour teigneux et bossu que fût son fils, qui laissât de l'avouer." [Montaigne]

    "La plus ancienne de toutes les sociétés et la seule naturelle est celle de la famille." [Jean-Jacques Rousseau]


    "Ce qui détermine la famille, en tant que substantialité immédiate de l'Esprit, c'est son unité sous la forme du sentiment, l'amour..." [Hegel]

    "La société humaine se compose de familles et non d'individus." [Auguste Comte]

    "Mon père est un grand enfant que j'ai eu quand j'étais tout petit." [Alexandre Dumas Fils

    "La famille conjugale résulte d'une contraction de la famille paternelle. Celle-ci comprenait le père, la mère, et toutes les générations issues d'eux, sauf les filles et leurs descendants. La famille conjugale ne comprend plus que le mari, la femme, les enfants mineurs et célibataires." [Emile Durkheim]

    "Derrière chaque homme qui se respecte se cache un enfant qui n'a qu'une envie : jouer." [Friedrich Nietzsche]

    "Les pères sont faits pour n'être ni vus ni entendus. C'est le fondement de toute vie de famille digne de ce nom." [Oscar Wilde]

    "Familles, je vous hais ! foyers clos ; portes refermées ; possessions jalouses du bonheur." [André Gide]

    "Se marier, fonder une famille, accueillir les enfants qui nous viennent, les aider à se faire une place dans ce monde peu sûr et peut-être les guider quelque peu, voilà, j'en suis convaincu, la plus belle chose dont un homme soit capable." [Franz Kafka]

    "L'attitude ambivalente à l'égard du père et la tendance objectale uniquement tendre envers la mère représentent chez le garçon le contenu du complexe d'Oedipe simple, positif." [Sigmund Freud]

    "Je ne connais aucun besoin dans l'enfance qui soit aussi pressant que la protection d'un père." [Sigmund Freud]

    "Les parents ont par priorité le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants." [Déclaration Universelle des Droits de l’Homme]

    "Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas." [Albert Camus]

    "En cas de conflit entre parent et enfant, il se peut que l'un des deux ait raison mais, en général, ils ont tort tous les deux. C'est cet état de choses qui donne à la famille son charme hystérique particulier." [Isaac Rosenfeld]

    "Les sentiments et les conduites passionnelles sont inventés comme les mots. Même ceux qui, comme la paternité, paraissent inscrits dans le corps humain sont en réalité des institutions." [Maurice Merleau-Ponty]

    "Où peut-on être mieux qu'au sein d'une famille ? Partout ailleurs !" [Hervé Bazin]

    "Non, ma mère, il n'y a plus qu'un seul verbe qui compte ici, et nous le déclinons correctement à tous les temps. Je te hais, tu me hais..." [Hervé Bazin]

    "La société bouge grâce à une forme de parricide où les enfants tuent d'une certaine façon, non pas leurs pères mais du moins les certitudes de leurs pères. C'est cela le progrès." [Isaiah Berlin]

    "Les enfants méprisent leurs parents jusqu'à l'âge de quarante ans. Après quoi ils deviennent exactement comme eux, pour ne pas compromettre le système." [Quentin Crewe]

    "Moi, j’aimerais mieux faire trois guerres, debout sur mes deux pieds, plutôt que d’accoucher une seule fois !" [Marie Cardinale]

    "Les parents sont les os sur lesquels les enfants se font les dents." [Peter Ustinov]

    "Les non-dits pathogènes ne sont pas néfastes tellement parce qu'ils maintiennent l'enfant dans différentes ignorances, que parce qu'ils traduisent l'insurmontable angoisse des parents touchant à ce qu'ils cachent." [Anne Ancelin Schützenberger]

    "Chacun d'entre nous a un roman familial, et chaque famille a des histoires qu'on raconte, qu'on répète, qu'on redit, une histoire mythique, une saga - et des secrets." [Anne Ancelin Schützenberger]

    "La fidélité aux ancêtres, devenue inconsciente ou invisible la loyauté invisible nous gouverne : il est important de la rendre visible, d'en prendre conscience, de comprendre ce qui nous oblige, ce qui nous gouverne et si éventuellement, il ne faudrait pas recadrer cette loyauté, pour redevenir libre de vivre sa vie." [Anne Ancelin Schützenberger]

    "Élever un enfant c'est moitié bonheur, moitié guérilla." [Ed Assner]

    "L'instinct maternel est un mythe." [Élisabeth Badinter]

    "Par ma mort, je comptais attirer l'attention de maman et non celle de la police. Je ferais souffrir maman, c'est entendu, mais pas question de la faire envoyer en prison." [Ying Chen]

     

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  • DURKHEIM : QU'EST-CE QUE LA VIE CONJUGALE ?

    Durkheim1.gif"La famille conjugale résulte d'une contraction de la famille paternelle. Celle-ci comprenait le père, la mère, et toutes les générations issues d'eux, sauf les filles et leurs descendants. La famille conjugale ne comprend plus que le mari, la femme, les enfants mineurs et célibataires. Il y a en effet entre les membres du groupe ainsi constitué des rapports de parenté tout à fait caractéristiques, et qui n'existent qu'entre eux, et dans les limites où s'étend la puissance paternelle. Le père est tenu de nourrir l'enfant et de pourvoir à son éducation jusqu'à sa majorité. Mais en revanche l'enfant est placé sous la dépendance du père ; il ne dispose ni de sa personne, ni de sa fortune dont le père a la jouissance. Il n'a pas de responsabilité civile. Celle-ci revient au père. Mais quand l'enfant est majeur quant au mariage - car la majorité civile de vingt et un ans le laisse sous la tutelle du père en ce qui regarde le mariage - ou bien dès que, à un moment quelconque, l'enfant est légitimement marié, tous les rapports cessent. L'enfant a désormais sa personnalité propre, ses intérêts distincts, sa responsabilité personnelle. Il peut sans doute continuer à habiter sous le toit du père, mais sa présence n'est plus qu'un fait matériel ou purement moral ; elle n'a plus aucune des conséquences juridiques qu'elle avait dans la famille paternelle 2. D'ailleurs, le plus souvent, la cohabitation cesse même avant la majorité. En tout cas, une fois l'enfant marié, la règle est qu'il se fait un foyer indépendant. Sans doute il continue à être lié à ses parents ; il leur doit des aliments en cas de maladie, et, inversement, il a droit à une portion déterminée de la fortune familiale, puisqu'il ne peut pas [en droit français], être déshérité totalement. Ce sont les seules obligations juridiques qui survivent [des formes de famille antérieures], et encore la seconde paraît destinée à disparaître. Il n'y a là tien qui rappelle cet état de dépendance perpétuelle qui était la base de la famille paternelle et de la famille patriarcale. Nous sommes donc en présence d'un type familial nouveau. Puisque les seuls éléments permanents en sont le mari et la femme, puisque tous les enfants quittent tôt ou tard la maison [paternelle] je propose de l'appeler la famille conjugale."

    Emile Durkeim, La Famille conjugale (1892)

     

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  • ILS ONT DIT, AU SUJET DU TEMPS...

    temps

    "Tout s’écoule." [Héraclite]

    "Le Temps… imite l'éternité et se déroule en cercle suivant le Nombre." [Platon]

    "Il faut que l'emploi du temps de tous les hommes libres soit réglé dans la totalité de sa durée, à commencer presque depuis l'aube du jour sans la moindre interruption jusqu'à l'aube du jour suivant." [Platon]

    "Le temps est en soi plutôt cause de destruction, puisqu’il est nombre du mouvement et que le mouvement défait ce qui est." [Aristote

    "La patience a beaucoup plus de pouvoir que la force. " [Plutarque]

    "C’est du seul présent, en effet, que l’on peut être privé, puisque c’est le seul présent qu’on a et qu’on ne peut perdre ce qu’on n’a point." [Marc-Aurèle]

    " "Qu'est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais : mais que je veuille l'expliquer à la demande, je ne le sais pas !" [s. Augustin]

    "Tes années ni ne vont ni ne viennent ; les nôtres vont et viennent." [s. Augustin]

    "Le temps mûrit toute choses ; par le temps toutes choses viennent en évidence ; le temps est père de la vérité." [François Rabelais]

    "Je passe le temps, quand il est mauvais et incommode ; quand il est bon, je ne le veux pas passer, je le retâte, je m'y tiens. Il faut courir le mauvais et se rasseoir au bon." [Montaigne

    "Que chacun examine ses pensées, il les trouvera toutes occupées au passé et à l’avenir. Nous ne pensons presque point au présent." [Blaise Pascal]

    "Le monde avec lenteur marche vers la sagesse." [Voltaire

    "Tout ce qui est exquis mûrit lentement." [Arthur Schopenhauer]

    "L'espace est la forme de ma puissance, le temps de mon impuissance." [Jules Lagneau]

    "Toute vérité est courbée. Le temps lui-même est un cercle." [Friedrich Nietzsche]

    "Fermer de temps en temps les portes de et les fenêtres de la conscience, demeurer insensible au bruit et à la lutte que le monde souterrain des organes à notre service livre pour s'entraider ou s'entre-détruire ; faire silence, un peu... Nulle jouissance de l'instant présent ne pourraient exister sans faculté d'oubli." [Friedrich Nietzsche]

    "Un temps qui ne serait pas une succession d'années, de mois, de semaines, de jours,  d'heures! Ce serait quelque chose d'à peu près impensable. Nous ne pouvons concevoir le temps qu'à condition d'y distinguer des moments différents." [Emile Durkheim]

    "Aussitôt que nous jugeons que quelque chose existe dans le temps, nous sommes dans l'erreur." [John Ellis McTaggart]

    "Le temps n'a qu'une réalité, celle de l'Instant." [Gaston Bachelard

    "Ils se contentent de tuer le temps en attendant que le temps les tue." [Simone de Beauvoir]

    "Qu'est-ce que l'instant présent ? C'est le moment qui comporte un peu de passé et un peu d'avenir. Le présent en soi est comme le point en géométrie. Le présent en soi n'existe pas. Ce n'est pas une donnée immédiate de notre conscience." [Jorge Luis Borges]

    "Le temps pseudo-cyclique est celui de la consommation de la survie économique moderne, la survie augmentée, où le vécu quotidien reste privé de décision et soumis… à la pseudo-nature développée dans le travail aliéné." [Guy Debord]

    "La vitesse est la forme d'extase dont la révolution technique a fait cadeau à l'homme. " [Milan Kundera]

    "La présence est une intensité." [Tristan Garcia]


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  • LES SUJETS DU BAC PHILO

    313.jpgLe ministère de l'Education nationale a rendu publics les sujets de philosophie proposés aux lycéens ce jeudi matin, à 8h00. Les scientifiques auront eu le choix entre trois sujets, à savoir une explication de texte du Léviathan de Hobbes, et deux sujets de dissertation: "L’art peut-il se passer de règles?" ou "Dépend-il de nous d’être heureux?". Les littéraires, eux, auront pu analyser un extrait de la Somme théologique de Thomas d'Aquin, ou plancher sur l'un des sujets suivants: "La recherche de la vérité peut-elle être désintéressée?" ou "Faut-il oublier le passé pour se donner un avenir?". Les élèves de série ES auront répondu à la question "Une vérité scientifique peut-elle être dangereuse?" ou "Le rôle de l’historien est-il de juger?", ou se seront attelés au décryptage d'un extrait de L'Education morale de Durkheim.

    Source : le JDD


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"Il faut se méfier des ingénieurs, ça commence par la machine à coudre, ça finit par la bombe atomique." [Marcel Pagnol]