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Kant : Le jugement de goût

Toute fin, envisagée comme le motif de la satisfaction, est toujours associée à un intérêt comme cause déterminante du jugement sur l'objet du plaisir. Le jugement de goût ne peut donc avoir pour principe une fin subjective; de même aussi aucune représentation d'une fin objective c'est-à-dire de la possibilité de l'objet lui-même d'après des principes de liaison finale; donc aucun concept du bien ne peut déterminer le jugement de goût; car, c'est un jugement esthétique et non un jugement de connaissance, et il ne concerne par suite aucun objet de la nature, ou de la possibilité interne ou externe de l'objet, mais uniquement le rapport réciproque des facultés représentatives en tant que déterminées par une représentation.

Or ce rapport, quand on qualifie un objet de beau, est uni à un sentiment de plaisir qui est en même temps déclaré valable pour tous par le jugement de goût; par suite, un agrément qui accompagnant la représentation ne peut pas plus en renfermer le motif déterminant que ne le peut la représentation de la perfection de l'objet ou le concept du bien. Donc ce qui constitue la satisfaction que, sans concept, nous jugeons universellement communicable, et par suite le motif déterminant du jugement de goût, c'est uniquement la finalité subjective dans la représentation d'un objet, sans aucune fin (ni objective, ni subjective), en conséquence la simple forme de la finalité de la représentation par laquelle un objet nous est donné.

Emmanuel Kant, Critique du jugement (1790)

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"La félicité et le bonheur ne sont pas davantage l’œuvre d’une seule journée, ni d’un bref espace de temps” [Aristote]