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  • COMPTE-RENDU DE LA SÉANCE "L'UTOPIE EST-ELLE DENUEE DE TOUTE VALEUR ?"

    Thème du débat : "L'utopie est-elle dénuée de toute valeur ?" 

    Date : 10 janvier 2014 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée

    Utopie visuel café philo.jpgLe vendredi 10 janvier 2014, le café philosophique de Montargis se réunissait pour une nouvelle séance intitulée "L'utopie est-elle dénuée de toute valeur ?" Environ 70 personnes étaient présentes pour ce nouveau rendez-vous, le 38e de l'animation philosophique de La Chaussée.

    Cette séance commence par une définition de l'utopie – à aussi mettre en parallèle avec son contraire, la dystopie (contre-utopie). Ce mot d'utopie, dit une intervenante, vient étymologiquement du grec ou ("non") et topos ("lieu"). Il a été créé par Thomas More dans son ouvrage Utopia (cf. ce texte), qui parlait justement d'un monde imaginaire et d'une société idéale, quelques siècles après la République de Platon (cf. également ici). Dans le langage courant, ce terme a également pris une connotation péjorative : être utopique c'est croire en une chose irréalisable. 

    Il est dit, en ouverture de ce rendez-vous, que l'utopie est la projection individuelle d'un rêve qui serait destiné à un groupe de personnes. Cela peut prendre la forme d'un lieu, d'une société et de projets qui vont, a priori, dans un sens de progrès vers l'Humanité. Un participant évoque l'utopie comme moteur vers le progrès technique : que l'on pense à des inventions dans l'aéronautique ou dans la conquête spatiale. Jules Verne apparaît d'ailleurs comme l'un des maîtres de cette littérature utopique (Paris au XXe siècle).  

    utopies 7.jpgL'utopie recouvre également l'utopie politique ou sociétale. Or, ce que d'aucuns pourraient considérer comme utopique dans la construction d'une société (on pense notamment au communisme au cours du XXe siècle) peut au contraire être considéré comme contre-utopique, à savoir la transformation d'une société rêvée en un cauchemar à l'échelle d'un pays (dictature du prolétariat se transformant en dictature tout court, élimination physique des opposants à une idéologie sensée apporter le bonheur sur terre, etc.). Il semblerait, ajoute Bruno, que le terme "utopie" contient avec lui son pendant "contre-utopie". Un programme de société idéale, où les habitants vivraient heureux, en harmonie, sans guerre, sans famine, sans malheur, paraît d'emblée drainer une forme de suspicion. Si bien que lorsque l'on parte d'utopie, on reste méfiant jusqu'à parler presque systématiquement de contre-utopie, à l'exemple de 1984 de George Orwell (cf. ce texte) ou Le Meilleur des Mondes d'Aldous Huxley.  Cette méfiance peut s'expliquer par l'échec de grandes utopies au XXe siècle : l'utopie communiste ou le nazisme en premier lieu.     

    Quand on parle d'utopie, dit Claire, cela peut avoir autant une connotation péjorative (de grandes idéologies criminelles) ou méliorative (les progrès techniques). Toutefois, derrière ce concept se cache cette question : doit-on accomplir ses rêves ou bien sont-ils faits pour rester à l'état de fantasme ? Car, finalement, mes rêves ne sont pas forcément ceux de mes semblables. Doit-on désirer l'impossible et ces désirs assouvis ne sont-ils pas forcément un bien pour certains et un mal pour d'autres ? Dit autrement, les utopies sont-elles appelées à ne pas se réaliser ? L'utopie semblerait être autotélique : elle porte en elle-même sa propre fin même si elle a pour but la réalisation de cet idéal. Elle naît d'un rêve a priori inaccessible à un instant T et vise son assouvissement. Nos désirs d'impossible doivent-ils être domptés ? Pouvons-nous être nous-mêmes si on ne tente pas de faire de l'utopie une réalité ? Quelle est finalement la valeur de l'utopie ? J'ai des rêves et j'essaie de les réaliser, de leur donner vie. Dans ce cas, ne serait-ce pas là la valeur de l'utopie ? Ne porte-t-elle pas en elle-même sa propre valeur ? L'utopie se fonde sur les imperfections. On ne peut jamais être sûr que l'utopie le restera ou non. 

    utopies 6.jpgFinalement de quoi parle l'utopie sinon de notre réalité, ici et maintenant ? Un intervenant évoque comme valeur utopique la naissance d'idées que chacun pourrait prendre à son compte en dépit des résistances. Finalement, la valeur de l'utopie serait sa contre-utopie. Elle nous tend un miroir : serais-je prêt à accepter ce monde idéal ou non ? Claire cite à ce sujet Raymond Trousson : d'après lui, lorsque l'on repense à telle ou telle utopie qui s'est réalisé, on peut être amené à se demander si elle était souhaitable, et si sa valeur n'était pas justement de ne pas être réalisé. Un monde utopique peut ainsi vouloir réaliser sur terre l'égalité pour tous. Mais l'envers de cette égalité ne serait-elle pas l'uniformité, avec toutes ces dérives comme le souligne Jean-Jacques Rousseau ? Ce dernier peut bien condamner la propriété. Cependant, à partir du moment où l'on met décrète l'égalité, on fonde la société mais on se gangrène aussi parce que l'on aura tous le droit à des biens. Est-ce souhaitable dans cette société idéale ?  

    Toutes les utopies sociales et politiques, dont les mises en place ont d'ailleurs souvent apporté leur lot de violences, ne se valent pas forcément. Finalement, l'utopie technique poserait moins de problème moral dans la mesure où les progrès scientifiques ou médicaux (l'hygiène, les moyens de transport, etc.) semblent aller vers un progrès a priori bénéfique à tous. En ce qui concerne, les utopies politiques ou sociétales, les choses se compliquent : l'utopie d'un seul ou de quelques uns qui serait imposée à tous, uniformément, est considérée avec méfiance. Dans Candide, Voltaire met en avant le départ de l'Eldorado afin que Candide redevienne lui-même. Chacun aurait besoin de sa propre utopie pour se réaliser. Le résultat est que certaines utopies collectives seraient fatalement pourvoyeuses de contre-utopies. S'agissant de sociétés idéales, Bruno précise que les grands utopistes imaginaient souvent des sociétés finalement réduites (quelques 100 000 personnes pour l'île d'Utopia chez Thomas More). Un intervenant rebondit en considérant qu'aujourd'hui les utopies sont appelées au contraire à devenir planétaires et véritablement universelles (l'écologie par exemple). Cela dit, "les petites utopies n'empêchent pas les grandes utopies", permettant d'améliorer le genre humain.  

    utopies 5.jpgL'utopie peut certes prendre plusieurs visages, dit un autre participant : utopie sociale, politique, technique. Mais n'y a-t-il des utopies morales ? L'amour, la non-violence, voire les religions. L'un des premiers utopistes est s. Augustin avec la Cité idéale (La Cité de Dieu), une idée qui a fait son chemin jusque dans de grands empire (l'Empire carolingien par exemple).  

    Pour un participant, une utopie reste une utopie à partir du moment où elle n'a pas été réalisée. Et le jour où cette utopie prend vie, finalement elle n'a jamais été une utopie car elle a pour essence d'être irréalisable. Bruno, comme d'autres intervenants, se place en porte-à-faux en citant le philosophe Karl Mannheim (cf. ce texte ici). Ce dernier dégage une caractéristique de l'utopie qui est la non-congruence : un récit utopique parle d’une organisation politique ou sociale dont l’existence n'est pas attestée par la science historique de son temps. Ainsi, dans les années 1970, l'utopie de voir un ordinateur dans chaque foyer est reste utopique au moment où elle est énoncée, même si quarante ans plus tard cela ne l'est plus (en savoir plus ici). 

    Une autre caractéristique de l'utopie, par rapport aux œuvres imaginaires en générale, est l'engagement de l'auteur pour la mise en place de l'utopie qu'il a imaginée : L’utopie a une part de revendication de l’auteur ("La raison devient utopique quand cette protestation contre le pouvoir en place ne trouve pas d’issue historique" disait Paul Ricoeur).

    utopies 4.jpgMettre une utopie à l'état de projet c'est déjà vouloir lui donner une existence rationnelle, c'est croire qu'un autre monde est possible. C'est mettre dépasser les limites et imaginer quelque chose qui n'existe pas encore. Les utopistes, affirme un intervenant, sont des penseurs qui bousculent la société pour pousser cette dernière à changer de modèle, de paradigme. L'utopie pourrait être une vitamine intellectuelle dans le sens où sont proposés des solutions à des problèmes donnés. L'utopie a vocation à être incarnée : des idées sont mises en branle par des personnes passionnées, des intellectuelles qui la défendent, qui la portent. Un participant prend pour exemple la démocratie. Il y a également le projet utopique européen. Cette construction, mal en point et critiquée de nos jours, reste une idée majeure et pensée par de nombreux intellectuels depuis plusieurs siècles. Emmanuel Kant en avait par exemple dessiné les contours :  dès avant la Révolution française, l'union politique du contient européen lui paraissait inéluctable (Une histoire universelle du point de vue cosmopolitisme). 

    Il y a une nécessité utopique, dit un participant : "Ils ne savaient pas ce que c'était impossible; donc ils l'ont fait" selon Mark Twain. L'utopie a du sens car elle permet de lutter contre des idées d'une époque et de se projeter dans l'avenir. En réalité, l'utopie peut être considérée comme bénéfique et encouragée (l'utopie technique, par exemple, représenté par Jules Verne, cf. ce texte) mais elle peut aussi bien être considérée comme gênante lorsqu'elle dérange les idées d'une époque ou bien les habitudes d'une société. Des réalisations révolutionnaires peuvent capoter en raison de leur violence (le nazisme) mais elles peuvent aussi aller à contre-courant de l'économie ou de la politique."Rien n'est plus fort qu'un idée dont l'heure est venue", disait Victor Hugo.

    utopies 1.jpgDes intervenants évoquent également des exemples d'organisations utopiques à plus petite échelle : l'AMAP de Cortrat (voir ce lien), près de Montargis (la première AMAP du Loiret)  des jardins collectifs,  des "incroyables cosmétiques" des SCOP (Rouville), des économies parallèles au préalable généreuses et altruistes. Ce sont des idées qui vont à contre-courant du système. Mais pour que cela se réalise, il faut mettre en place des règles de fonctionnement. Avec la différence de taille avec beaucoup de sociétés c'est que l'adhésion est libre.    

    Claire met en avant l'importance de penser chaque utopie comme une chose réalisable. Gustave Le Bon dans La Psychologie des Foules, affirme que l'être humain reste mû, même physiologiquement, par ses désirs d'impossible et par la réalisations de ses rêves. Et, ajoute-t-il, lorsque des hommes sont réunis, il suffit de les faire rêver, mettre entre parenthèse leur raison, pour les manipuler. C'est aussi le sujet du film Inception (cf. bande annonce), de nombreuses publicités ou des campagnes politiques. La valeur du rêve et de l'utopie pourrait être le dépassement et le progrès. L'importance serait d'avancer. L'utopie serait "l'autorisation de rêver" - si ce n'est "l'obligation de rêver". 

    Cette puissance de l'imagination doit être le départ d'une longue marche vers de nouveaux paradigmes, pour pouvoir créer les meilleurs des mondes.   

    La séance se termine par le vote du sujet du prochain café philo, le vendredi 14 février à la Brasserie du Centre commercial de la Chaussée, à 19 heures. Trois sujets sont proposés par Claire et Bruno : "La raison a-t-elle à s’occuper de l’irrationnel ?", "Les morts ont-ils droit de Cité ?" et "L'État est-il une violence institutionnalisée?" C'est le premier sujet qui est choisi : "La raison a-t-elle à s’occuper de l’irrationnel ?" 

    Philo-Galerie

    Les illustrations de ce compte-rendu sont celles de visions utopiques. 

     

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  • THOMAS MORE: L'ÎLE D'UTOPIE

    saint-thomas-more-00.jpg"L’île d’Utopie a deux cent mille pas dans sa plus grande largeur, située à la partie moyenne. Cette largeur se rétrécit graduellement et symétriquement du centre aux deux extrémités, en sorte que l’île entière s’arrondit en un demi-cercle de cinq cents miles de tour, et présente la forme d’un croissant, dont les cornes sont éloignées de onze mille pas environ.

    La mer comble cet immense bassin ; les terres adjacentes qui se développent en amphithéâtre y brisent la fureur des vents, y maintiennent le flot calme et paisible et donnent à cette grande masse d’eau l’apparence d’un lac tranquille. Cette partie concave de l’île est comme un seul et vaste port accessible aux navires sur tous les points.

    L’entrée du golfe est dangereuse, à cause des bancs de sable d’un côté, et des écueils de l’autre. Au milieu s’élève un rocher visible de très loin, et qui pour cela n’offre aucun danger. Les Utopiens y ont bâti un fort, défendu par une bonne garnison. D’autres rochers, cachés sous l’eau, tendent des pièges inévitables aux navigateurs. Les habitants seuls connaissent les passages navigables, et c’est avec raison qu’on ne peut pénétrer dans ce détroit sans avoir un pilote utopien à son bord. Encore cette précaution serait-elle insuffisante, si des phares échelonnés sur la côte n’indiquaient la route à suivre. La simple transposition de ces phares suffirait pour détruire la flotte la plus nombreuse, en lui donnant une fausse direction.

    A la partie opposée de l’île, on trouve des ports fréquents, et l’art et la nature ont tellement fortifié les côtes qu’une poignée d’hommes pourrait empêcher le débarquement d’une grande armée.

    S’il faut en croire des traditions, pleinement confirmées, du reste, par la configuration du pays, cette terre ne fut pas toujours une île. Elle s’appelait autrefois Abraxa, et tenait au continent ; Utopus s’en empara et lui donna son nom.

    Ce conquérant eut assez de génie pour humaniser une population grossière et sauvage, et pour en former un peuple qui surpasse aujourd’hui tous les autres en civilisation. Dès que la victoire l’eut rendu maître de ce pays, il fit couper un isthme de quinze mille pas, qui le joignait au continent ; et la terre d’Abraxa devint ainsi l’île d’Utopie. Utopus employa à l’achèvement de cette œuvre gigantesque les soldats de son armée aussi bien que les indigènes, afin que ceux-ci ne regardassent pas le travail imposé par le vainqueur comme une humiliation et un outrage. Des milliers de bras furent donc mis en mouvement, et le succès couronna bientôt l’entreprise. Les peuples voisins en furent frappés d’étonnement et de terreur, eux qui au commencement avaient traité cet ouvrage de vanité et de folie.

    L’île d’Utopie contient cinquante-quatre villes spacieuses et magnifiques. Le langage, les mœurs, les institutions, les lois y sont parfaitement identiques. Les cinquante-quatre villes sont bâties sur le même plan, et possèdent les mêmes établissements, les mêmes édifices publics, modifiés suivant les exigences des localités. La plus courte distance entre ces villes est de vingt-quatre miles, la plus longue est une journée de marche à pied.

    Tous les ans, trois vieillards expérimentés et capables sont nommés députés par chaque ville, et se rassemblent à Amaurote, afin d’y traiter les affaires du pays. Amaurote est la capitale de l’île ; sa position centrale en fait le point de réunion le plus convenable pour tous les députés.

    Un minimum de vingt mille pas de terrain est assigné à chaque ville pour la consommation et la culture. En général, l’étendue du territoire est proportionnelle à l’éloignement des villes. Ces heureuses cités ne cherchent pas à reculer les limites fixées par la loi. Les habitants se regardent comme les fermiers, plutôt que comme les propriétaires du sol.

    Il y a, au milieu des champs, des maisons commodément construites, garnies de toute espèce d’instruments d’agriculture, et qui servent d’habitations aux armées de travailleurs que la ville envoie périodiquement à la campagne.

    La famille agricole se compose au moins de quarante individus, hommes et femmes, et de deux esclaves. Elle est sous la direction d’un père et d’une mère de famille, gens graves et prudents.

    Trente familles sont dirigées par un philarque.

    Chaque année, vingt cultivateurs de chaque famille retournent à la ville ; ce sont ceux qui ont fini leurs deux ans de service agricole. Ils sont remplacés par vingt individus qui n’ont pas encore servi. Les nouveaux venus reçoivent l’instruction de ceux qui ont déjà travaillé un an à la campagne, et, l’année suivante, ils deviennent instructeurs à leur tour. Ainsi, les cultivateurs ne sont jamais tout à la fois ignorants et novices, et la subsistance publique n’a rien à craindre de l’impéritie des citoyens chargés de l’entretenir.

    Ce renouvellement annuel a encore un autre but, c’est de ne pas user trop longtemps la vie des citoyens dans les travaux matériels et pénibles. Cependant, quelques-uns prennent naturellement goût à l’agriculture, et obtiennent l’autorisation de passer plusieurs années à la campagne.

    Les agriculteurs cultivent la terre, élèvent les bestiaux, amassent du bois, et transportent les approvisionnements à la ville voisine, par eau ou par terre. Ils ont un procédé extrêmement ingénieux pour se procurer une grande quantité de poulets : ils ne livrent pas aux poules le soin de couver leurs œufs ; mais ils les font éclore au moyen d’une chaleur artificielle convenablement tempérée. Et, quand le poulet a percé sa coque, c’est l’homme qui lui sert de mère, le conduit et sait le reconnaître. Ils élèvent peu de chevaux, et encore ce sont des chevaux ardents, destinés à la course, et qui n’ont d’autre usage que d’exercer la jeunesse à l’équitation.

    Les bœufs sont employés exclusivement à la culture et au transport. Le bœuf, disent les Utopiens, n’a pas la vivacité du cheval, mais il le surpasse en patience et en force ; il est sujet à moins de maladies, il coûte moins à nourrir, et quand il ne vaut plus rien au travail, il sert encore pour la table.

    Les Utopiens convertissent en pain les céréales ; ils boivent le suc du raisin, de la pomme, de la poire ; ils boivent aussi l’eau pure ou bouillie avec le miel et la réglisse qu’ils ont en abondance.

    La quantité de vivres nécessaire à la consommation de chaque ville et de son territoire est déterminée de la manière la plus précise. Néanmoins, les habitants ne laissent pas de semer du grain et d’élever du bétail, beaucoup au-delà de cette consommation. L’excédent est mis en réserve pour les pays voisins.

    Quant aux meubles, ustensiles de ménage, et autres objets qu’on ne peut se procurer à la campagne, les agriculteurs vont les chercher à la ville. Ils s’adressent aux magistrats urbains, qui les leur font délivrer sans échange ni retard. Tous les mois ils se réunissent pour célébrer une fête.

    Lorsque vient le temps de la moisson, les philarques des familles agricoles font savoir aux magistrats des villes combien de bras auxiliaires il faut leur envoyer ; des nuées de moissonneurs arrivent, au moment convenu, et, si le ciel est serein, la récolte est enlevée presque en un seul jour."

    Thomas More, Utopie (1518)

     

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  • UTOPIE : DÉFINITION

    Trinquons.jpgUtopie, nom féminin (de Utopia, mot créé par Thomas More, du grec ou, non, et topos, lieu)

    Construction imaginaire et rigoureuse d'une société, qui constitue, par rapport à celui qui la réalise, un idéal ou un contre-idéal.

    Projet dont la réalisation est impossible, conception imaginaire : Une utopie pédagogique.

    Référence : http://www.larousse.fr

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