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Café philosophique de Montargis - Page 4

  • Marc-Aurèle : "Faire retraite en soi-même"

    Ils se cherchent des retraites, maisons de campagne, plages ou montagne ; et toi aussi, tu prends l'habitude de désirer fortement des choses de ce genre. Voilà qui est absolument vulgaire, puisqu'il t'est loisible de faire retraite en toi-même à l'heure que tu voudras. Il n'est pas pour l'homme de retraite plus tranquille ni plus débarrassée d'affaires que dans sa propre âme, et surtout quand on possède en soi-même tout ce qu'il faut pour arriver, à condition d'y porter attention, à cette aisance facile, qui n'est qu'un autre nom de l'ordre. Accorde-toi continuellement cette retraite ; renouvelle-toi ; aie des formules brèves, élémentaires qui, dès qu'elles se présentent, suffiront à écarter tout chagrin et à te renvoyer sans irritation aux affaires quand tu y reviens. Contre quoi te fâcher ? Contre la méchanceté des hommes ? Reprends ce raisonnement : "Les vivants raisonnables sont nés les uns pour les autres ; la justice consiste, pour une part, à les supporter ; c'est malgré eux qu'ils pèchent ; combien de gens ennemis, soupçonneux, haineux, combatifs sont étendus à jamais ou réduits en cendre ?" (...) Contre la part qui t'est réservée dans l'univers ? Répète-toi l'alternative : ou bien providence ou bien atomes ; et tout ce qui démontre que le monde est comme une cité. - Mais tu es encore en contact avec le corps ? Réfléchis : la pensée n'est plus mélangée à ce souffle vital dont les mouvements sont aisés ou violents, dès que tu te reprends et que tu connais la liberté qui t'est propre...

    Reste à songer à la retraite dans ce petit champ bien à toi ; avant tout, ne te tourmente pas, ne fais pas d'effort ; sois libre ; vois les choses virilement, en homme, en citoyen, en animal mortel. Aie toujours à ta disposition et sous ton regard ces deux principes : d'abord les choses ne touchent pas l'âme, elles restent dehors, immobiles, et les troubles ne viennent que de l'opinion intérieure. Ensuite, tous les êtres que tu vois, à peine changent-ils, ne seront bientôt plus, pense aussi à tous ceux que tu as vu toi-même se transformer. « Le monde est changement, la vie est opinion.

    Marc-Aurèle, Pensées (IIe s. ap. JC)

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  • "Shiny Happy People"

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  • Rousseau : Civilisation et bonheur

    Mais quand les difficultés qui environnent toutes ces questions (concernant la différence entre l’homme et l’animal) laisseraient quelque lieu de disputer, il y a une autre qualité très spécifique qui les distingue, et sur laquelle il ne peut y avoir de contestation : c’est la faculté de se perfectionner ; faculté qui, à l’aide des circonstances, développe successivement toutes les autres, et réside parmi nous tant dans l’espèce que dans l’individu, au lieu qu’un animal est, au bout de quelques mois, ce qu’il sera toute sa vie, et son espèce, au bout de mille ans, ce qu’elle était la première année de ces mille ans. Pourquoi l’homme seul est-il sujet à devenir imbécile? N’est-ce point qu’il retourne ainsi dans son état primitif et que, tandis que la bête, qui n’a rien acquis et qui n’a rien non plus à perdre, reste toujours avec son instinct, l’homme reperdant par la vieillesse ou d’autres accidents tout ce que sa perfectibilité lui avait fait acquérir, retombe ainsi plus bas que la bête même ? Il serait triste pour nous d’être forcés de convenir que cette faculté distinctive, et presque illimitée, est la source de tous les malheurs de l’homme; que c’est elle qui le tire, à force de temps, de cette condition originaire dans laquelle il coulerait des jours tranquilles et innocents; que c’est elle qui, faisant éclore avec les siècles ses lumières et ses erreurs, ses vices et ses vertus, le rend à la longue le tyran de lui-même et de la nature.

    Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes (1755)

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  • Nietzsche : "La volonté m'apparaît avant tout comme une chose complexe"

    Les philosophes ont coutume de parler de la volonté comme si c'était la chose la mieux connue du monde ; Schopenhauer a même laissé entendre que la volonté était la seule chose qui nous fût réellement connue, entièrement et totalement connue, sans surplus et sans reste ; mais il me semble toujours que Schopenhauer, dans ce cas comme dans d'autres, n'a fait que ce que font d'habitude les philosophes : il a adopté et poussé à l'extrême un préjugé populaire. La volonté m'apparaît avant tout comme une chose complexe, une chose qui n'a d'unité que son nom, et c'est dans cette unicité du nom que réside le préjugé populaire qui a trompé la vigilance toujours en défaut des philosophes. Pour une fois, soyons donc plus circonspects, soyons moins philosophes, disons que dans toute volonté il y a d'abord une pluralité de sentiments, le sentiment de l'état dont on veut sortir, celui de l'état où l'on tend, le sens de ces directions elles-mêmes, "à partir d'ici", "pour aller là-bas", enfin une sensation musculaire accessoire qui même sans que nous remuions bras ni jambes, entre en jeu comme machinalement sitôt que nous nous mettons à vouloir. De même que le sentir, et un sentir multiple, est évidemment l'un des ingrédients de la volonté, elle contient aussi un penser ; dans tout acte volontaire, il y a une pensée qui commande ; et qu'on ne croit pas pouvoir isoler cette pensée du vouloir pour obtenir un précipité qui serait encore de la volonté . En troisième lieu, la volonté n'est pas uniquement un complexe de sentir et de penser, mais encore et avant tout un état affectif, l'émotion de commander dont nous avons parlé plus haut. Ce qu'on appelle le "libre arbitre" est essentiellement le sentiment de supériorité qu'on éprouve à l'égard d'un subalterne. "Je suis libre, c'est à lui d'obéir", voilà ce qu'il y a au fond de toute volonté, avec cette attention tendue, ce regard direct fixé sur une seule chose, ce jugement absolu : "A présent, ceci est nécessaire, et rien d'autre", la certitude qu'on sera obéi, et tout ce qui constitue encore l'état d'âme de celui qui commande. Vouloir, c'est commander en soi à quelque chose qui obéit ou dont on se croit obéi.

    Mais que l'on considère à présent l'essence la plus singulière de la volonté, cette chose si complexe pour laquelle le vulgaire n'a qu'un seul nom : s'il arrive que dans un cas donné nous soyons à la fois celui qui commande et celui qui obéit, nous avons en obéissant l'impression de nous sentir contraints, poussés, pressés de résister, de nous mouvoir, impressions qui suivent immédiatement la volition ; mais dans la mesure où nous avons d'autre part l'habitude de faire abstraction de ce dualisme, de nous tromper à son sujet grâce au concept synthétique du "moi" toute une chaîne de conclusions erronées et par suite de fausses évaluations de la volonté elle-même viennent encore s'accrocher au vouloir. Si bien que celui qui veut, croit de bonne foi qu'il suffit de vouloir pour agir.

    Comme, dans la plupart des cas, on s'est contenté de vouloir et qu'on a pu aussi s'attendre à l'effet de l'ordre donné, c'est-à-dire à l'obéissance, à l'accomplissement de l'acte prescrit, l'apparence s'est traduite par le sentiment que l'acte devait nécessairement se produire ; bref, celui qui "veut" croit avec un certain degré de certitude que vouloir et agir ne font qu'un, en un certain sens. Il attribue la réussite, l'exécution du vouloir au vouloir lui-même, et cette croyance renforce en lui le sentiment de puissance qu'apporte le succès. Le "libre arbitre", tel est le nom de cet état de plaisir complexe de l'homme qui veut, qui commande, et qui en même temps se confond avec celui qui exécute, et goûte ainsi le plaisir de surmonter des obstacles tout en estimant à part soi que c'est sa volonté qui a triomphé des résistances.

    Dans l'acte volontaire, s'ajoute ainsi au plaisir de donner un ordre le plaisir de l'instrument qui l'exécute avec succès ; à la volonté s'ajoutent des volontés subalternes des âmes subalternes et dociles, notre corps n'étant que l'édifice collectif de plusieurs âmes. L'effet, c'est moi ; il se passe ici ce qui se passe dans toute collectivité heureuse et bien organisée ; la classe dirigeante s'identifie aux succès de la collectivité. Dans tout vouloir il s'agit simplement de commander et d'obéir à l'intérieur d'une structure collective complexe, faite, comme je l'ai dit, de plusieurs âmes ; c'est pourquoi un philosophe devrait pouvoir se permettre de considérer le vouloir sous l'angle de la morale, la morale conçue comme la science d'une hiérarchie dominatrice, d'où naît le phénomène de la vie.

    Friedrich Nietzsche, Par-delà le Bien et le Mal (1876)

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  • Fort : "Le bonheur est dans le pré"

    Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite.
    Le bonheur est dans le pré, cours-y vite. Il va filer.
    Si tu veux le rattraper, cours-y vite, cours-y vite.
    Si tu veux le rattraper, cours-y vite. Il va filer.
    Dans l'ache et le serpolet, cours-y vite, cours-y vite,
    dans l'ache et le serpolet, cours-y vite. Il va filer.
    Sur les cornes du bélier, cours-y vite, cours-y vite,
    sur les cornes du bélier, cours-y vite. Il va filer.
    Sur le flot du sourcelet, cours-y vite, cours-y vite,
    sur le flot du sourcelet, cours-y vite. Il va filer.
    De pommier en cerisier, cours-y vite, cours-y vite,
    de pommier en cerisier, cours-y vite. Il va filer.
    Saute par-dessus la haie, cours-y vite, cours-y vite,
    saute par-dessus la haie, cours-y vite. Il a filé!

    Paul Fort

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  • Focus sur une soirée proposée par l'Alticiné et Les Cramés de la Bobine

    Le lundi 6 janvier 2020 l’Alticiné de Montargis et l’association des Cramés de la bobine proposeront une soirée exceptionnelle autour du film de Roman Polanski, J’accuse, sorti le 13 novembre 2019, multi primé (Lion d’argent - Grand Prix du jury à la Mostra de Venise).

    Charles Dreyfus, petit-fils du capitaine juif victime fin 1894 d’un mensonge et d’une machination militaristes, nationalistes et antisémites, viendra parler de son aïeul. Il sera question de la souffrance d’Alfred Dreyfus, des souvenirs familiaux, mais aussi de la raison d’État, de l’autorité de la chose jugée et du combat remporté le 12 juillet 1906, 12 ans après le déclenchement de l’affaire.

    Pendant les 12 années qu’elle dura, l’Affaire Dreyfus déchira la France, provoquant un véritable séisme dans le monde entier. Dans cet immense scandale, le plus grand sans doute de la fin du XIXème siècle, se mêlent erreur judiciaire, déni de justice et antisémitisme. Le film de Polanski est raconté du point de vue du Colonel Picquart qui, une fois nommé à la tête du contre-espionnage, va découvrir que les preuves contre le Capitaine Alfred Dreyfus avaient été fabriquées. À partir de cet instant, et au péril de sa carrière puis de sa vie, il n’aura de cesse d’identifier les vrais coupables et de réhabiliter Alfred Dreyfus.

    Alain Pagès, professeur émérite à la Sorbonne et codirecteur du centre d’étude sur Zola et le naturalisme, présentera à Alticiné à 18 heures, une conférence sur le traitement de l’Affaire Dreyfus au cinéma depuis Méliès et le roman de Robert Harris, centré sur le rôle révélateur du lieutenant-colonel Picquart, que le cinéaste Polanski et l’auteur britannique ont adapté pour le scénario de J’accuse. À 19 heures 30, l’Alticiné offrira un cocktail avant la soirée-débat prévue à 20 heures 15.

    Soirée spéciale J’accuse, film et conférence, Cinéma Alticiné, Montargis
    Lundi 6 janvier 2020 à partir de 18 heures, suivie de la projection du film de Polanski
    Présenté par Claude Sabatier en présence de Charles Dreyfus
    Les Cramés de la Bobine

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  • Kant : Contrainte, liberté et bonheur

    Un des plus grands problèmes de l'éducation est de concilier sous une contrainte légitime la soumission avec la faculté de se servir de sa liberté. Car la contrainte est nécessaire ! Mais comment cultiver le liberté par la contrainte ? Il faut que j'accoutume mon élève à souffrir que sa liberté soit soumise à une contrainte, et qu'en même temps je l'instruise à faire bon usage de sa liberté. Sans cela il n'y aurait en lui que pur mécanisme; l'homme privé d'éducation ne sait pas se servir de sa liberté. Il est nécessaire qu'il sente de bonne heure la résistance inévitable de la société, afin d'apprendre à connaître combien il est difficile de se suffire à soi même, de supporter les privations et d'acquérir de quoi se rendre indépendant. On doit observer ici les règles suivantes:

    1) il faut laisser l'enfant libre dès sa première enfance et dans tous les moments( excepté dans les circonstances où il peut se nuire à lui même, comme par exemple s'il vient à saisir un instrument tranchant), mais à la condition qu'il ne fasse pas lui même obstacle à la liberté d'autrui, comme par exemple quand il crie, ou que sa gaieté se manifeste d'une manière trop bruyante et qu'il incommode les autres.

    2)On doit lui montrer qu'il ne peut arriver à ses fins qu'à la condition de laisser les autres arriver aussi aux leurs, par exemple qu'on ne fera rien d'agréable pour lui s'il ne fait pas lui-même ce que l'on désire, qu'il faut qu'il s'instruise, etc.

    3)Il faut lui prouver que la contrainte qu'on lui impose a pour but de lui apprendre à faire usage de sa propre liberté, qu'on le cultive afin qu'il puisse un jour être libre. "

    Emmanuel Kant, Réflexions sur l'éducation ou Traité de pédagogie (1803)

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  • Bonne année 2020 de la part de l'équipe du café philo

    L'équipe du café philosophique de Montargis vous souhaite une excellente année 2020.

    Prochaine séance : le vendredi 24 janvier au Belman : "Peut-on faire le bonheur des autres malgré eux?"

    A bientôt !

    Photo : John Paul tyrone Fernandez - Pexels

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  • Compte-rendu du débat "Dépend-il de nous d'être heureux?"

    Le 18 novembre 2019, le café philosophique de Montargis se réunissait pour débattre autour du sujet "Dépend-il de nous d’être heureux ?"

    Après avoir annoncé la prochaine séance, se tenant à la médiathèque de Montargis le 6 décembre, le débat commence. On se demande d’abord ce qu’est le bonheur. Une première intervenante prend la parole : le bonheur est individuel, non universel ni linéaire ; chacun étant heureux individuellement, selon ses propres critères, il est impossible de donner une définition unique du bonheur.

    Bruno propose à l’auditoire de partager un souvenir heureux, permettant d’approcher une définition au moins opérationnelle du "bonheur". Plusieurs "souvenirs" sont évoqués : la naissance d’un enfant ; la première sculpture monumentale réalisée et exposée ; le plaisir du théâtre ; un voyage en Corse ; le contentement pour la réussite d’un élève difficile. Ce qui ressort de ce petit tour de table, c’est que le bonheur se donne sous forme de satisfactions éphémères.

    Une intervenante revient sur la question du bonheur "individuel" : s’il est vrai que chacun définit le bonheur selon ses propres critères, est-ce vraiment possible d’être heureux dans la solitude ? Autrui ne joue-t-il pas un rôle dans mon bonheur ? Peut-on être réellement heureux, alors que les autres ne le sont pas ? Ce questionnement mène la personne du public à donner une première réponse à la question : en général, le bonheur ne dépend pas de nous, mais de toute une série de conditions objectives et largement aléatoires, que nous ne maîtrisons pas. Cependant, certaines personnes semblent plus capables de tirer du profit des petites choses de l’existence. Ainsi dira-t-on que, du point de vue des conditions objectives, le bonheur ne dépend pas de nous ; d’un point de vue plus subjectif, le bonheur peut dépendre de nous – et notamment, de notre capacité à tirer du profit des petites choses de l’existence. Cette idée reviendra dans la suite au débat : on parlera alors d’"aptitudes", de "prédispositions" différentes au bonheur.

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  • "La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen" et le bonheur de tous

    Les représentants du peuple français, constitués en Assemblée nationale, considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, ont résolu d'exposer, dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l'homme, afin que cette déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que les actes du pouvoir législatif, et ceux du pouvoir exécutif, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution et au bonheur de tous.

    Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789

     

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  • Sartre : "Il est impossible de trouver en chaque homme une essence universelle"

    S'il est impossible de trouver en chaque homme une essence universelle qui serait la nature humaine, il existe pourtant une universalité humaine de condition. Ce n'est pas par hasard que les penseurs d'aujourd'hui parlent plus volontiers de la condition de l'homme que de Sa nature. Par condition ils entendent avec plus ou moins de clarté l'ensemble des limites a priori qui esquissent Sa situation fondamentale dans l'univers. Les situations historiques varient: L’homme peut naître esclave dans une société païenne ou seigneur féodal ou prolétaire. Ce qui ne varie pas, c'est la nécessité pour lui d'être dans le monde, d'y être au travail, d'y être au milieu d'autres et d'y être mortel... Et bien que les projets puissent être divers, au moins aucun ne me reste-t-il tout à fait étranger parce qu'ils se présentent tous comme un essai pour franchir ces limites ou pour les reculer ou pour les nier ou pour s'en accommoder.

    Jean-Paul Sartre, L'Existentialisme est un humanisme (1946)

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  • Peut-on faire le bonheur des autres malgré eux?

    Le café philosophique de Montargis proposera sa prochaine séance au café Le Belman le vendredi 24 janvier 2020 à 19 heures.

    Le débat portera sur cette question : "Peut-on faire le bonheur des autres malgré eux ?"

    La participation sera libre et gratuite.

    Trinity Kubassek - Pexels

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  • Marx : Travail, liberté et bonheur

    « Tu travailleras à la sueur de ton front ! » Cette malédiction, Adam la reçut de la bouche de Jéhovah, et c'est bien ainsi qu'Adam Smith entend le travail ; quant au « repos » il serait identique à la liberté et au « bonheur ». C'est le moindre souci de Smith que « dans son état normal de santé, de force, d'activité, d'habileté, de dextérité », l'individu ait également besoin d'une quantité normale de travail qui mette fin à son repos. Il est vrai que la mesure du travail semble venir de l'extérieur, dictée par les obstacles à surmonter en fonction du but à atteindre. Il ne soupçonne pas non plus que le renversement de ces obstacles constitue en soi une affirmation de liberté ; il ne voit aucunement la réalisation de soi, l'objectivation du sujet, donc sa liberté concrète qui s'actualise précisément dans le travail. Sans doute Smith a raison lorsqu'il dit que dans ses formes historiques : esclavage, corvée, salariat, le travail est toujours répulsif, qu'il apparaît toujours comme une « contrainte extérieure », et qu'en face de lui, le non travail est « liberté » et « bonheur ». Cela est doublement vrai pour un travail plein de contradictions, un travail qui n'a pas encore su créer les conditions objectives et subjectives (...) qui le rendraient « attractif », propice à l'autoréalisation de l'individu...

    Karl Marx, Principes d'une critique de l'économie politique (1858)

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  • La valsie philosophique du mois

    La "Valise philosophique" du café philo est toujours disponible et vous accompagne pour illustrer nos débats.

    Comme pour chaque séance, nous vous avons préparé des documents, textes, extraits de films ou de musiques servant à illustrer et enrichir les débats mensuels.

    Sur la colonne de droite, vous pouvez retrouver les documents autour de la séance du vendredi 24 janvier 2020 qui aura pour thème : "Peut-on faire le bonheur des autres malgré eux?"

    Restez attentifs : régulièrement de nouveaux documents viendront alimenter cette rubrique d'ici la séance.

    Photo : VisionPic .net - Pexels

     

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  • Bonnes fêtes de Noël !

    L'équipe du café philosophique de Montargis vous souhaite un joyeux Noël !

    Photo : Tim Mossholder - Pexels

     

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  • "Le Bagad De Lann Bihouë"

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  • Malebranche : Recherche du bonheur et vertus chrétiennes

    Tout le monde se pique de raison, et tout le monde y renonce : cela parait se contredire, mais rien n'est plus vrai. Tout le monde se pique de raison, parce que tout homme porte écrit dans le fond de son être que d'avoir part a la raison, c'est un droit essentiel a notre nature. Mais tout le monde y renonce parce qu'on ne peut s'unir a la raison, et recevoir d'elle la lumière et l'intelligence, sans une espèce de travail fort désolant, a cause qu'il n'y a rien qui flatte les sens. Ainsi les hommes voulant invinciblement être heureux, ils laissent la le travail de l'attention, qui les rend actuellement malheureux. Mais s'ils le laissent, ils prétendent ordinairement que c'est par raison.

    Le voluptueux croit devoir préférer les plaisirs actuels a une vue sèche et abstraite de la vérité qui coûte néanmoins beaucoup de peine. L'ambitieux prétend que l'objet de la passion est quelque chose de réel, et que les biens intelligibles ne sont qu'illusions et que fantômes ; car d'ordinaire, on juge de la solidité des biens par l'impression qu'ils font sur l'imagination et sur les sens. Il y a même des personnes de pitié, qui prouvent par raison qu'il faut renoncer a la raison, que ce n'est point la lumière mais la foi seule qui doit nous conduire et que L'obeïssance aveugle est la principale vertu des chrétiens.

    Nicolas Malebranche, La Recherche de la Vérité (1674-1675)

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  • Rousseau : d'où viennent les peines

    C'est l'imagination qui étend pour nous la mesure des possibles soit en bien, soit en mal, et qui par conséquent excite et nourrit les désirs par l'espoir de les satisfaire. Mais l'objet qui paraissait d'abord sous la main fuit plus vite qu'on ne peut le poursuivre; quand on croit l'atteindre, il se transforme et se montre au loin devant nous. Ne voyant plus le pays déjà parcouru nous le comptons pour rien; celui qui reste à parcourir s'agrandit, s'étend sans cesse; ainsi l'on s'épuise sans arriver au terme et plus nous gagnons sur la jouissance, plus le bonheur s'éloigne de nous. Au contraire, plus l'homme est resté près de sa condition naturelle, plus la différence de ses facultés à ses désirs est petite, et moins par conséquent il est éloigné d'être heureux. Il n'est jamais moins misérable que quand il paraît dépourvu de tout : car la misère ne consiste pas dans la privation des choses, mais dans le besoin qui s'en fait sentir. Le monde réel a ses bornes; le monde imaginaire est infini; ne pouvant élargir l'un, rétrécissons l'autre; car c'est de leur seule différence que naissent toutes les peines qui nous rendent vraiment malheureux.

    Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l'éducation (1762)

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  • Saint-Exupéry : "Les yeux sont aveugles. Il faut chercher avec le cœur"

    « Les hommes de chez toi, dit le petit prince, cultivent cinq mille roses dans un même jardin… et ils n’y trouvent pas ce qu’ils cherchent…
    – Ils ne le trouvent pas, répondis-je…
    – Et cependant, ce qu’ils cherchent pourrait être trouvé dans une seule rose ou un peu d’eau…
    – Bien sûr », répondis-je.
    Et le petit prince ajouta :
    « Mais les yeux sont aveugles. Il faut chercher avec le cœur. »

    Antoine de Saint-Exupéry, Le petit Prince (1943)

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  • "Il est où le bonheur"

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  • Nietzsche : "Le bonheur est un bonheur"

    Dans le plus petit comme dans le plus grand bonheur, il y a toujours quelque chose qui fait que le bonheur est un bonheur : la possibilité d'oublier, ou pour dire en termes plus savants, la faculté de se sentir pour un temps en dehors de l'histoire. L'homme qui est incapable de s'asseoir au seuil de l'instant en oubliant tous les événements passés, celui qui ne peut pas, sans vertige et sans peur se dresser un instant tout debout comme une victoire, ne saura jamais ce qu'est un bonheur et ce qui est pareil ne fera jamais rien pour donner du bonheur aux autres. Imaginez l'exemple extrême: un homme qui serait incapable de rien oublier et qui serait condamné à ne voir partout qu'un devenir; celui la ne croirait plus en soi il verrait tout se dissoudre en une infinité de points mouvants et finirait par se perdre dans ce torrent du devenir. Finalement en vrai disciple d'Héraclite il n'oserait même plus bouger un doigt. Tout acte exige l'oubli comme la vie des êtres organiques exige non seulement la lumière mais aussi l'obscurité. Un homme qui ne voudrait rien voir qu'historiquement serait pareil à celui qu'on forcerait à s'abstenir de sommeil ou à l'animal qui ne devrait vivre que de ruminer et de ruminer sans fin. Donc, il est possible de vivre presque sans souvenir et de vivre heureux, comme le démontre l'animal mais il est impossible de vivre sans oublier. Ou plus simplement encore, il y a un degré d'insomnie, de rumination, de sens historique qui nuit au vivant et qui finit par le détruire, qu'il s'agisse d'un homme d'une nation ou d'une civilisation.

    Friedrich Nietzsche, Secondes considérations intempestives (1873-1876)

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  • Shopenhauer : "Le bonheur n'est au propre et dans son essence rien que de négatif"

    La satisfaction, le bonheur, comme l'appellent les hommes, n'est au propre et dans son essence rien que de négatif , en elle, rien de positif. Il n'y a pas de satisfaction qui, d'elle-même et comme de son propre mouvement, vienne à nous , il faut qu'elle soit la satisfaction d'un désir. Le désir, en effet, la privation, est la condition préliminaire de toute jouissance. Or, avec la satisfaction cesse le désir, et par conséquent la jouissance aussi. Donc la satisfaction, le contentement, ne sauraient être qu'une délivrance à l'égard d'une douleur, d'un besoin , sous ce nom, il ne faut pas entendre en effet seulement la souffrance effective, visible, mais toute espèce de désir qui, par son importunité, trouble notre repos, et même cet ennui qui tue, qui nous fait de l'existence un fardeau. Maintenant, c'est une entreprise difficile d'obtenir, de conquérir un bien quelconque , pas d'objet qui ne soit séparé de nous par des difficultés, des travaux sans fin , Sur la route, à chaque pas, surgissent des obstacles. Et la conquête une fois faite, l'objet atteint, qu'a-t-on gagné ? Rien assurément, que de s'être délivré de quelque souffrance, de quelque désir, d'être revenu à l'état où l'on se trouvait avant l'apparition de ce désir. Le fait immédiat pour nous, c'est le besoin tout seul, c'est-à-dire la douleur. Pour la satisfaction et la jouissance, nous ne pouvons les connaître qu'indirectement : il nous faut faire appel au souvenir de la souffrance, de la privation passées, qu'elles ont chassées tout d'abord. Voilà pourquoi les biens, les avantages qui sont actuellement en notre possession, nous n'en avons pas une vraie conscience, nous ne les apprécions pas , il nous semble qu'il n'en pouvait être autrement , et en effet, tout le bonheur qu'ils nous donnent, c'est d'écarter de nous certaines souffrances. Il faut les perdre, pour en sentir le prix, le manque, la privation, la douleur, voilà la chose positive, et qui sans intermédiaire s'offre à nous.

    Arthur Schopenhauer, Le Monde comme Volonté et comme Représentation (1819)

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  • "A la recherche du bonheur"

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  • Epicure : "C'est un grand bien, croyons-nous, que le contentement"

    C'est un grand bien, croyons-nous, que le contentement, non pas qu'il faille toujours vivre de peu en général, mais parce que si nous n'avons pas l'abondance, nous saurons être contents de peu, bien convaincus que ceux-là jouissent le mieux de l'opulence, qui en ont le moins besoin. Tout ce qui est fondé en nature s'acquiert aisément, malaisément ce qui ne l'est pas. Les saveurs ordinaires réjouissent à l'égal de la magnificence dès lors que la douleur venue du manque est supprimée. Le pain et l'eau rendent fort vif le plaisir, quand on en fut privé. Ainsi l'habitude d'une nourriture simple et non somptueuse porte à la plénitude de la santé, elle fait l'homme intrépide dans ses occupations, elle renforce grâce à l'intermittence de frugalité et de magnificence, elle apaise devant les coups de la fortune.

    Partant, quand nous disons que le plaisir est le but de la vie, il ne s'agit pas des plaisirs déréglés ni des jouissances luxurieuses ainsi que le prétendent ceux qui ne nous connaissent pas, nous comprennent mal ou s'opposent à nous. Par plaisir, c'est bien l'absence de douleur dans le corps et de trouble dans l'âme qu'il faut entendre. Car la vie de plaisir ne se trouve point dans d'incessants banquets et fêtes, ni dans la fréquentation de jeunes garçons et de femmes, ni dans la saveur des poissons et des autres plats qui ornent les tables magnifiques, elle est dans la tempérance, lorsqu'on poursuit avec vigilance un raisonnement, cherchant les causes pour le choix et le refus, délaissant l'opinion, qui avant tout fait le désordre de l'âme.
    Au principe de tout cela se trouve le plus grand des biens : la prudence. La philosophie acquiert par elle une dignité supérieure, les autres vertus procèdent d'elle naturellement car elle enseigne qu'une vie sans prudence ni bonté ni justice ne saurait être heureuse et que ce bonheur ne saurait être sans plaisir. De fait les vertus se trouvent naturellement liées dans la vie heureuse, de même que la vie heureuse ne se sépare point de ces vertus.

    Epicure, Lettre à Ménécée (IVe s. av. JC)

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  • Nietzsche : "Le bonheur général des troupeaux sur le paturage"

    Ce à quoi ils tendent de toutes leurs forces, c'est le bonheur général des troupeaux sur le paturage, avec la securité, le bien être et l'allègement de l'existence pour tout le monde. Les deux rengaines qu'ils chantent le plus souvent sont égalités des droits et pitié pour tout ce qui souffre, et ils considèrent la souffrance elle-même comme quelque chose qu'il faut supprimer. Nous, qui voyons les choses sous une autre face, nous qui avons ouvert notre esprit à la question de savoir ou et comment la plante « homme » s'est developpée le plus vigoureusement jusqu'ici [...], nous pensons que la dureté, la violence, l'esclavage le péril dans l'âme et dans la rue, que la dissimulation, le stoicisme, les artifices et les diableries de toutes sortes, que tout ce qui est mauvais, terrible, tyrannique, tout ce qui tiens de la bête de proie et du serpent sert tout aussi bien à l'élévation du type homme qu'à son contraire.

    Friedrich Nietzsche, Par-delà le Bien et le Mal (1886)

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  • Berry : "Le bonheur"

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  • Fitzgerald : Gatsby le magnifique

    Gatsby_le_magnifique.jpgIl me sourit avec une sorte de complicité - qui allait au-delà de la complicité. L'un de ces sourires singuliers qu'on ne rencontre que cinq ou six fois dans une vie, et qui vous rassure à jamais. Qui, après avoir jaugé - ou feint peut-être de jauger - le genre humain dans son ensemble, choisit de s'adresser à vous, poussé par un irrésistible préjugé favorable à votre égard. Qui vous comprend dans la mesure exacte où vous souhaitez qu'on vous comprenne, qui croit en vous comme vous aimeriez croire en vous-même, qui vous assure que l'impression que vous donnez est celle que vous souhaitez donner, celle d'être au meilleur de vous-même.

    Francis Scott FitzgeraldGatsby le magnifique (1925)

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