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Café philosophique de Montargis - Page 4

  • Kerouac : Sur la route

    "Un gars de l'Ouest, de la race solaire, tel était Dean. Ma tante avait beau me mettre en garde contre les histoires que j'aurais avec lui, j'allais entendre l'appel d'une vie neuve, voir un horizon neuf, me fier à tout ça en pleine jeunesse ; et si je devais avoir quelques ennuis, si même Dean devait ne plus vouloir de moi comme copain et me laisser tomber, comme il le ferait plus tard, crevant de faim sur un trottoir ou sur un lit d'hôpital, qu'est-ce que cela pouvait me foutre ? J'étais un jeune écrivain et je me sentais des ailes.

    Quelque part sur le chemin je savais qu'il y aurait des filles, des visions, tout, quoi ; quelque part sur le chemin on me tendrait la perle rare"

    Jack Kerouac, Sur la route (1957)

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  • La vie et les deux morts de Louis Althusser

    Le 16 novembre 1980, le nom du philosophe Louis Althusser rejoignait la colonne des faits divers. Le brillant intellectuel de la rue d’Ulm, maniaco-dépressif et, ce jour-là, dans un état de démence, étrangla sa compagne Hélène Rytmann. Reconnu irresponsable de ses actes, Louis Althusser passa les dix dernières années de sa vie en traitement, avec interdiction de s’exprimer publiquement. L'affaire judiciaire se conclua par une première mort symbolique du philosophe, avant son décès le 22 octobre 1990.

    Étonnamment, le documentaire de Bruno Oliveira, L’Aventure Althusser, visible en replay sur Arte pour encore quelques jours, s’attarde peu sur cet homicide – ou ce "suicide altruiste" comme il a été dit non sans un certain cynisme. Ce qui intéresse le réalisateur c'est le parcours philosophique et politique d’un des intellectuels français les plus brillants de la deuxième moitié du XXe siècle.

    La carrière de Louis Althusser est intimement liée à celle du communisme qu’il épousa, en adhérant au PCF, jusqu’à en devenir une figure importante. Ne rêvait-il pas d’en devenir son idéologue, comme le rappelle le film de Bruno Oliveira ?

    L’Aventure Althusser retrace le cheminent philosophique de celui qui va relire en profondeur l’œuvre de Marx, et en particulier Le Capital, grâce à un groupe de recherche de l’École Normale Supérieure. Les travaux d’Althusser et de ses élèves vont avoir une influence majeure sur l'histoire de la pensée. Ils contribuent à dépoussiérer le marxisme et le remettre au centre des débats idéologiques. Nous sommes dans les années 60. Après le décès de Staline, Khrouchtchev a procédé à une condamnation virulente de son prédécesseur. En Chine, Mao est le centre d’intérêt d’une partie de la jeunesse européenne, passionnée par une révolution communiste menée tambour battant et avec les escès que l'on connaît : "Pendant la dictature bourgeoise, la bourgeoisie a obligé les travailleurs a ramer dans un certain sens. Maintenant, nous obligerons tout le monde, pas seulement les travailleur, mais aussi leurs adversaires, à ramer dans un autre sens. C’est ça, la dictature du prolétariat" comme l'a affirmé Louis Althusser.

    L'auteur de Pour Marx se fait le chantre d’un nouveau communisme, après les règnes violents de ces "philosophes froids" qu’ont été Lénine ou Staline. Or, mai 68 voit le succès des concepts marxistes "marcher contre lui" ! Les témoignages des élèves d’Althusser comme de ses amis sont un rappel du rendez-vous manqué de cette année révolutionnaire. La voix de Louis Althusser est singulièrement absente. Il est vrai que l’homme est déjà malade, sujet de troubles maniaco-dépressifs à répétition qu’une frise chronologique éloquente vient rappeler dans le documentaire.

    Ce film sur Louis Althusser est certes insuffisant pour embrasser une carrière philosophique majeure. L’homicide d’Hélène Rytmann reste pudiquement en arrière-plan (pas un mot notamment sur son essai autobiographique posthume L'Avenir dure longtemps, 1992). De même, sa relation sentimentale avec sa traductrice italienne Francesca est seulement dévoilée. Sans doute, y aurait-il matière à faire un second film sur la vie personnelle d'Althusser pour comprendre les motivations d'un meurtre épouvantable. Cependant, le film de Bruno Oliveira reste une passionnante découverte ou redécouverte d’un philosophe majeur du XXe siècle, dont les idées semblent reprendre de la vigueur depuis une dizaine d'années.

    Bruno Oliveira, L’Aventure Althusser, 2016, 60 mn, sur Arte, en replay en ce moment

    "La vie et les deux morts de Louis Althusser", Bla Bla Blog

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  • Merci aux participants de la séance du 20 janvier

    applause.jpgLe café philosophique de Montargis se réunissait le vendredi 20 janvier 2017 pour un débat qui portait autour de ce sujet : "L'échec : tomber, se relever". 

    Un peu plus de 60 personnes étaient présentes pour ce débat. Merci à tous pour votre participation. Bientôt, sur ce site, vous pourrez retrouver le compte-rendu de cette séance.

    Le café philo donne rendez-vous pour son débat suivant le vendredi 24 mars 2017, pour ce sujet, élu par le public du 20 janvier : "Suis-je l'auteur de ma propre vie ?".

     

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  • Prochain débat le 20 janvier 2016 : "L'échec : tomber, se relever"

    Affiche L'échec.png

    Le café philosophique de Montargis proposera sa prochaine séance le vendredi 20 janvier 2017 à la Brasserie du Centre commercial de la Chaussée. 

    Le débat de cette séance sera intitulé : "L'échec : tomber, se relever"

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  • Ils ont dit, au sujet de l'échec

    "On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve." [Héraclite]

    "Un voyage de mille lieues commence par un pas." [Lao Tseu]

    "L'échec est au fondement de la réussite." [Lao Tseu]

    “La hâte est la mère de l'échec. ” [Hérodote]

    "La chute n'est pas un échec, l'échec est de rester là où nous sommes tombés." [Socrate]

    “C'est le fait d'un ignorant d'accuser les autres de ses propres échecs ; celui qui a commencé de s'instruire s'en accuse soi-même ; celui qui est instruit n'en accuse ni autrui ni soi-même.” [Épictète]

    "Ce qui dépend de toi c'est d'accepter ou non ce qui ne dépend pas de toi." [Épictète]

    "Se rendre ferme comme le roc que les vagues ne cessent de battre. Il demeure immobile, et l'écume de l'onde tourbillonne à ses pieds. "Ah! quel malheur pour moi, dis-tu, que cet accident me soit arrivé !" Tu te trompes." [Marc Aurèle]

    "Nous savons que l'erreur dépend de notre volonté." [René Descartes]

    "Car tous les hommes désirent d’être heureux ; cela est sans exception. Quelques différents moyens qu’ils y emploient, ils tendent tous à ce but." [Blaise Pascal]

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  • Corneille : "À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire"

    "Ce grand cœur qui paraît aux discours que tu tiens,
    Par tes yeux, chaque jour, se découvrait aux miens
    Et croyant voir en toi l’honneur de la Castille,
    Mon âme avec plaisir te destinait ma fille.
    Je sais ta passion et suis ravi de voir
    Que tous ses mouvements cèdent à ton devoir,
    Qu’ils n’ont point affaibli cette ardeur magnanime,
    Que ta haute vertu répond à mon estime
    Et que voulant pour gendre un cavalier parfait,
    Je ne me trompais point au choix que j’avais fait.
    Mais je sens que pour toi ma pitié s’intéresse,
    J’admire ton courage, et je plains ta jeunesse.
    Ne cherche point à faire un coup d’essai fatal,
    Dispense ma valeur d’un combat inégal ;
    Trop peu d’honneur pour moi suivrait cette victoire :
    À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.
    On te croirait toujours abattu sans effort
    Et j’aurais seulement le regret de ta mort."

    Pierre Corneille, Le Cid, Acte II, scène 2 (1637)

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  • Nietzsche : l'homme est un pont

    "Ce qu’il y a de grand dans l’homme, c’est qu’il est un pont et non un but : ce que l’on peut aimer en l’homme, c’est qu’il est un passage et un déclin.
    J’aime ceux qui ne savent vivre autrement que pour disparaître, car ils passent au-delà.
    J’aime les grands contempteurs, parce qu’ils sont les grands adorateurs, les flèches du désir vers l’autre rive.
    J’aime ceux qui ne cherchent pas, derrière les étoiles, une raison pour périr ou pour s’offrir en sacrifice ; mais ceux qui se sacrifient à la terre, pour qu’un jour la terre appartienne au Surhumain.
    J’aime celui qui vit pour connaître et qui veut connaître afin qu’un jour vive le Surhumain. Car c’est ainsi qu’il veut son propre déclin.
    J’aime celui qui travaille et invente, pour bâtir une demeure au Surhumain, pour préparer à sa venue la terre, les bêtes et les plantes : car c’est ainsi qu’il veut son propre déclin.
    J’aime celui qui aime sa vertu : car la vertu est une volonté de déclin, et une flèche de désir.
    J’aime celui qui ne réserve pour lui-même aucune parcelle de son esprit, mais qui veut être tout entier l’esprit de sa vertu : car c’est ainsi qu’en esprit il traverse le pont.
    J’aime celui qui fait de sa vertu son penchant et sa destinée : car c’est ainsi qu’à cause de sa vertu il voudra vivre encore et ne plus vivre.
    J’aime celui qui ne veut pas avoir trop de vertus. Il y a plus de vertus en une vertu qu’en deux vertus, c’est un nœud où s’accroche la destinée.
    J’aime celui dont l’âme se dépense, celui qui ne veut pas qu’on lui dise merci et qui ne restitue point : car il donne toujours et ne veut point se conserver.
    J’aime celui qui a honte de voir le détomber en sa faveur et qui demande alors : suis-je donc un faux joueur ? – car il veut périr.
    J’aime celui qui jette des paroles d’or au-devant de ses œuvres et qui tient toujours plus qu’il ne promet : car il veut son déclin.
    J’aime celui qui justifie ceux de l’avenir et qui délivre ceux du passé, car il veut que ceux d’aujourd’hui le fassent périr.
    J’aime celui qui châtie son Dieu, parce qu’il aime son Dieu : car il faut que la colère de son Dieu le fasse périr.
    J’aime celui dont l’âme est profonde, même dans la blessure, celui qu’une petite aventure peut faire périr : car ainsi, sans hésitation, il passera le pont.
    J’aime celui dont l’âme déborde au point qu’il s’oublie lui-même, et que toutes choses soient en lui : ainsi toutes choses deviendront son déclin.
    J’aime celui qui est libre de cœur et d’esprit : ainsi sa tête ne sert que d’entrailles à son cœur, mais son cœur l’entraîne au déclin.
    J’aime tous ceux qui sont comme de lourdes gouttes qui tombent une à une du sombre nuage suspendu sur les hommes : elles annoncent l’éclair qui vient, et disparaissent en visionnaires.
    Voici, je suis un visionnaire de la foudre, une lourde goutte qui tombe de la nue : mais cette foudre s’appelle le Surhumain."

    Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra (1883-1885)

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  • Sartre : "L'homme n'est rien d'autre que son projet"

    "L'homme n'est rien d'autre que son projet. Il n'existe que dans la mesure où il se réalise, il n'est donc rien d'autres que l'ensemble de ses actes, rien d'autres que sa vie. D'après ceci, nous pouvons comprendre pourquoi notre doctrine fait horreur a un certain nombre de gens. Car souvent ils n'ont qu'une manière de supporter leur misère, c'est de penser " Les circonstances ont été contre moi, je valais beaucoup mieux que ce que j'ai été ; bien sûr, je n'ai pas eu de grand amour, ou de grande amitié, mais c'est parce que je n'ai pas rencontré un homme ou une femme qui en fussent dignes, je n'ai pas écris de bons livres, c'est parce que je n'ai pas eu le loisir de le faire, etc... Or en réalité, pour l'existentialiste, il n'y a pas d'amour autre que celui qui se construit, il n'y a pas possibilité d'amour autre que celle qui se manifeste dans un amour ; il n'y a pas de génie autre que celui qui s'exprime dans des œuvres d'art. Un homme s'engage dans sa vie, dessine sa figure, et en dehors de cette figure, il n'y a rien."

    Jean-Paul Sartre, L'Existentialisme est un Humanisme (1946)

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  • Schopenhauer : "Nous sommes tous nés en Arcadie"

    schopenhauer"Nous sommes tous nés en Arcadie, autrement dit nous entrons dans la vie pleins d’exigences de bonheur et de jouissance, et nous avons l’espoir fou de les réaliser jusqu’à ce que le destin nous tombe dessus sans ménagement et nous montre que rien n’est à nous, qu’au contraire tout est sien puisqu’il a un droit incontestable non seulement sur tout ce que nous possédons et acquérons, mais encore sur nos bras et nos jambes, nos yeux et nos oreilles, et même sur le nez au milieu de notre visage. Vient alors l’expérience et elle nous enseigne que bonheur et jouissance sont de pures chimères qu’une illusion nous indique au loin ; qu’au contraire la souffrance, la douleur sont réelles, qu’elles se font connaître elles-mêmes immédiatement sans avoir besoin d’illusion et de délais. Leur enseignement porte-t-il du fruit ?"

    Arthur Schopenhauer, Le Monde comme Volonté et comme Représentation (1819)

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  • L'échec : tomber, se relever

    Le café philosophique de Montargis fixe son nouveau rendez-vous le vendredi 20 janvier 2017 à 19 heures, à la Brasserie du Centre commercial de la Chaussée. Le sujet de ce nouveau débat portera sur l’échec : "Échec : tomber, se relever".

    L’échec : voilà un sujet paradoxalement au centre de nos existences et pourtant relativement peu traité par la philosophie. Les participants du café philosophique de Montargis se réuniront pour discuter de ce que signifie "échouer" et de ce que cela implique. Il semblerait qu’en France, plus qu’ailleurs sans doute, l’échec soit particulièrement stigmatisé. Mais qu’est-ce que l’échec finalement, et doit-il être rejeté en bloc ? Sommes-nous toujours responsables de nos échecs ? Peut-on parler d’échecs justes ou injustes ? Lorsque nous ratons, sommes-nous des ratés ? L’échec peut-il avoir des vertus ? Peut-on "bien" échouer ? Comment l’échec peut-il être dépassé ?

    Ce sont autant de points qui seront évoqués au cours de cette nouvelle séance du café philo, le vendredi 20 janvier 2017 à partir de 19 heures à la brasserie du Centre Commercial de La Chaussée de Montargis.

    La participation sera libre et gratuite.

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  • Pépin : la défaite nous ment, le succès nous ment

    "La défaite nous ment quand elle nous fait croire que nous sommes un raté. Le succès nous ment lorsqu'il nous invite à confondre une réussite conjoncturelle ou une image sociale avec ce que nous sommes au fond. Mais comment « conserver sa tête » jusque dans l'ivresse du succès? En ne perdant jamais de vue que la seule réussite qui compte est celle de notre aventure humaine et que le véritable enjeu est de se montrer à la hauteur de cette humanité, dans le succès comme dans l'échec."

    Charles Pépin, Les Vertus de l’Échec (2016)

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  • Michelet : souvenirs de mes échecs

    Michelet_Jules_29_mini-2.jpg"Je me rappelle que dans ce malheur accompli, privations du présent, craintes de l'avenir, l'ennemi étant à deux pas [nous sommes en 1814], et mes ennemis à moi se moquant de moi tous les jours, un jeudi matin, je me ramassai sur moi-même, sans feu (la neige couvrait tout), ne sachant pas trop si le pain viendrait le soir, tout semblait fini pour moi, - j'eus en moi, sans nul mélange d'espérance religieuse, un pur sentiment stoïcien – je frappai de ma main, crevée par le froid, sur ma table de chêne (que j'ai toujours conservée), et sentit une joie virile de jeunesse et d'avenir."

    Jules Michelet

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