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Café philosophique de Montargis - Page 8

  • Éluard : "Liberté"

    "Sur mes cahiers d’écolier
    Sur mon pupitre et les arbres
    Sur le sable sur la neige
    J’écris ton nom

    Sur toutes les pages lues
    Sur toutes les pages blanches
    Pierre sang papier ou cendre
    J’écris ton nom

    Sur les images dorées
    Sur les armes des guerriers
    Sur la couronne des rois
    J’écris ton nom

    Sur la jungle et le désert
    Sur les nids sur les genêts
    Sur l’écho de mon enfance
    J’écris ton nom

    Sur les merveilles des nuits
    Sur le pain blanc des journées
    Sur les saisons fiancées
    J’écris ton nom

    Sur tous mes chiffons d’azur
    Sur l’étang soleil moisi
    Sur le lac lune vivante
    J’écris ton nom

    Sur les champs sur l’horizon
    Sur les ailes des oiseaux
    Et sur le moulin des ombres
    J’écris ton nom

    Sur chaque bouffée d’aurore
    Sur la mer sur les bateaux
    Sur la montagne démente
    J’écris ton nom

    Sur la mousse des nuages
    Sur les sueurs de l’orage
    Sur la pluie épaisse et fade
    J’écris ton nom

    Sur les formes scintillantes
    Sur les cloches des couleurs
    Sur la vérité physique
    J’écris ton nom

    Sur les sentiers éveillés
    Sur les routes déployées
    Sur les places qui débordent
    J’écris ton nom

    Sur la lampe qui s’allume
    Sur la lampe qui s’éteint
    Sur mes maisons réunies
    J’écris ton nom

    Sur le fruit coupé en deux
    Du miroir et de ma chambre
    Sur mon lit coquille vide
    J’écris ton nom

    Sur mon chien gourmand et tendre
    Sur ses oreilles dressées
    Sur sa patte maladroite
    J’écris ton nom

    Sur le tremplin de ma porte
    Sur les objets familiers
    Sur le flot du feu béni
    J’écris ton nom

    Sur toute chair accordée
    Sur le front de mes amis
    Sur chaque main qui se tend
    J’écris ton nom

    Sur la vitre des surprises
    Sur les lèvres attentives
    Bien au-dessus du silence
    J’écris ton nom

    Sur mes refuges détruits
    Sur mes phares écroulés
    Sur les murs de mon ennui
    J’écris ton nom

    Sur l’absence sans désir
    Sur la solitude nue
    Sur les marches de la mort
    J’écris ton nom

    Sur la santé revenue
    Sur le risque disparu
    Sur l’espoir sans souvenir
    J’écris ton nom

    Et par le pouvoir d’un mot
    Je recommence ma vie
    Je suis né pour te connaître
    Pour te nommer."

    Paul ÉluardLiberté, Poésie et vérité (1942)

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  • La liberté en clichés

    Du 4 au 8 juin, l’agence Magnum vend des tirages d’archives sélectionnés par ses photographes. Ces images symbolisent pour eux l’idée qui traversa l’année 1968 : la liberté.

    Rendez-vous sur cette page du Monde pour découvrir ces clichés. 

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  • Compte-rendu du débat : "Qu'est-ce qu'être normal?"

    Le café philosophique de Montargis se réunissait le 18 mai 2018 pour une séance qui portait sur cette question : "Qu’est-ce qu’être normal ?"

    La première question est de savoir de quelle norme il s’agit, en sachant qu’on interroge la normalité dans le sens de l’être. Il est dit que la norme est ce qui est d’équerre. C’est applicable à un ensemble de personnes, d’une majorité. Tout dépend des cultures et d’une époque. Faut-il suivre une normalité ou non ? L’être humain doit-il se référer à des normes, des lois, qui nous imposent telle ou telle attitude ?

    Être normal ce serait déjà utiliser un jeu de comparaisons. On est normal par rapport à : des normes, des lois ou des règles. La question de la normalité semble être omniprésent dans nos vies :"Suis-je normal ?" "Mon enfant est-il normal ?" "Est-ce normal que je réagisse ainsi ?" En politique, n’a-t-on pas parlé de "Président normal" ?

    Pour une participante, finalement c’est l’autre qui nous dit si je suis normal ou non. Chacun répondrait à des critère qu’on lui impose oui qui lui sont imposés, comme une personne handicapée. Il en sera question plus tard.
    Un autre intervenant se pose trois questions : est-ce que moi je me considère comme normal ? Et les autres : me paraissent-ils normaux ? Et le monde l’est-il ? La question de normalité fait réellement sens : "Quelle chimère est-ce donc que l'homme ? Quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradictions, quel prodige ? Juge de toutes choses, imbécile ver de terre, dépositaire du vrai, cloaque d'incertitude et d'erreur, gloire et rebut de l'univers" disait Blaise Pascal.

    Pour quelles raisons se pose-t-on cette question : une anomalie ou un décalage par rapport aux autres ? "Je ne suis pas sensé être normal, je suis sensé être moi" réagit une autre personne.

    Lire la suite

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  • Formes d'Histoire aux Tanneries d'Amilly

    Le café philosophique de Montargis donne rendez-vous le 23 juin prochain aux Tanneries d'Amilly pour un rendez-vous de "Philo sous les arbres." Cette séance de clôture exceptionnelle se fera dans le cadre de l'exposition temporaire aux Tanneries, "Formes d'Histoire"

    Si l’exposition inaugurale Histoire des formes privilégiait l’approche formaliste et silencieuse de l’œuvre d’art, Formes d’histoires est à découvrir comme un retournement qui place le récit au cœur de l’œuvre, vers la forme d’histoire qu’elle contient dans ses coutures, ses replis, ses accidents de matière.

    Figure tutélaire de cette exposition, Erik Dietman parlait ainsi de "panser les choses", comme pour les préserver d’une lecture trop directe et autoritaire, les libérer d’un réel réducteur pour leur imaginer une nouvelle renaissance, une inscription dans le merveilleux et le féérique, le mystérieux et le grotesque, la poésie et le secret.

    L’oeuvre devient un corps mouvant, façonnée de l’intérieur par de multiples formes d’histoires qui sont aussi les nôtres.

    En déjouant la question du goût, les étiquettes réductrices du laid et du beau, les "formes dansées" de Javier Pérez rejoignent ces glissements dietmaniens. Elles introduisent aux registres interprétatifs de la métamorphose et de la transformation, qui depuis les célèbres Métamorphoses d’Ovide font du travail de la langue, de l’imaginaire et des mythes un outil de compréhension du réel.

    Chez Marion Baruch, Marie-Ange Guilleminot et Vanessa Schindler, le corps est abordé par le prisme d’un vêtement officiant comme une nouvelle peau. Ainsi, la forme se pare d’une "allure", c’est à dire de cette façon d’apparaître, de se montrer, indissociable de celle de se mouvoir, insaisissable, dans l’éventail du sens et de son activation.

    La forme d’histoire dont ces objets sont "parés", travaillés, agités, façonnés s’assimile parfois à une charge (Céline Cléron, La mort du petit cheval). Ce poids de l’histoire se porte aussi parfois à dos d’homme (François Merelle), il apparaît comme un aveu de notre part d’animalité. Et lorsque cette histoire ne trouve plus où s’exprimer, elle vibre à fleur de peau (Marion Verboom) et se boursoufle dans la beauté obscène de ses intérieurs, comme libérée dans sa chair même (Anne Ferrer, Les carcasses). Chez Cathryn Boch, la surface épidermique se lamine et s’abrase, nourrie par des sucs qui émoussent la fibre et la libère. De cette charge, le récit s’empare également en faisant migrer le sujet vers des identités d’emprunt. Dans Le révolutionnaire Blagoy Füssad Moz, Erik Dietman assemble sur un banc d’école – là où l’esprit encore malléable s’éduque et se dompte, s’échappe et vagabonde par ennui – les figures de Blake, Goya, Fusslï, Sade et Mozart. Ailleurs, le corps s’étale comme une dépouille, il se fait toile et la toile se fait corps (Amandine Guruceaga, Jean-François Lacalmontie).

    L’exposition pourrait ainsi se lire comme un tableau de chasse, dans le sens métaphorique que lui donnait Jean Renoir avec La Règle du jeu ; la poursuite et la quête de ce qui apparaît subrepticement de réel dans un monde en représentation constante. Lieu de transformation de la matière vivante, les tanneries s’explorent également symboliquement sous l’angle de cette réécriture sensible de l’existant.

    Formes d’histoires aux Tanneries d'Amilly, du 28 avril au 2 septembre 2018
    http://www.lestanneries.fr

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  • Spinoza : "La plupart des hommes semblent croire qu'ils sont libres"

    "La plupart des hommes semblent croire qu'ils sont libres dans la mesure où il leur est permis d'obéir à leurs penchants, et qu'ils abandonnent de leur indépendance dans la mesure où ils sont tenus de vivre selon la prescription de la loi divine. La moralité donc, et la religion, et, sans restriction, tout ce qui se rapporte à la force d'âme, ils les prennent pour des fardeaux qu'ils espèrent déposer après la mort, pour recevoir le prix de la servitude, à savoir de la moralité et de la religion ; et ce n'est pas cet espoir seul, mais aussi et surtout la crainte d'être punis par d'horribles supplices après la mort, qui les poussent à vivre selon la prescription de la loi divine, autant que le permettent leur petitesse et leur âme impuissante. Et si les hommes n'avaient pas cet espoir et cette crainte, s'ils croyaient au contraire que les esprits périssent avec le corps et qu'il ne reste aux malheureux épuisés par le fardeau de la moralité aucune survie, ils reviendraient à leurs naturels, voudraient tout gouverner selon leurs penchants et obéir à la fortune plutôt qu'à eux-mêmes. Ce qui ne me paraît pas moins absurde que si un homme, parce qu'il ne croit pas pouvoir nourrir éternellement son corps de bons aliments, préférait se saturer de poisons mortels ; ou bien, parce qu'il voit que l'esprit n'est pas éternel ou immortel, préfère être dément et vivre sans la Raison : absurdité telle qu'elle mérite à peine d'être relevée."

    Baruch Spinoza, Éthique, Ve partie, scolie de la proposition XLI (+1677)

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  • Coup de projecteur sur les Simonnet

    Le café philo est heureux de faire un coup de projecteur sur les Simonnet, un couple d’artistes qui est invité par le prestigieux Château de Chamerolles du 23 mai au 16 septembre 2018. L’art contemporain vient rencontrer un lieu multiséculaire consacré à l’histoire du parfum.

    Les œuvres libres, joyeuses et exubérantes du couple Simonnet sont sublimées dans le cadre exceptionnel du château. Les formes fondamentales et modulaires se combinent pour créer des constructions étonnantes et aux possibilités infinies.

    Des rencontres privilégiées avec les artistes sont prévues les dimanches 3 juin, 15 juillet et 12 août de 15 h 00 à 16 h 30.

    Exposition Les Simonnet
    Château de Chamerolles, Chilleurs-aux-Bois
    En mai, juin et septembre, de 10H à 18H (fermé le mardi)
    et en juillet-août de 10H à 19H (tous les jours)

    http://www.chateauchamerolles.fr/evenements/exposition-simonnet
    https://lessimonnet.fr
    "Les Simonnet en pleine(s) forme(s)"

     

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  • Kœnig : Voyages d’un philosophe aux pays des libertés

    koenig"La société ouverte n’est pas aisée. Elle demande à chacun une certaine abnégation pour tolérer des propos qui le heurtent, des attitudes qui l’indisposent, des manières d’être qui lui répugnent [sic]. Car la finalité de notre vie en société n’est pas de produire du bonheur mais de réaliser notre liberté, vecteur essentiel de la perfectibilité humaine."

    Gaspard Kœnig, Voyages d’un philosophe aux pays des libertés (2018)

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  • Merci aux participants de la séance du 18 mai 2018

    tenor.gifLe café philosophique de Montargis se réunissait le vendredi 18 mai 2018 pour un débat qui portait autour de ce sujet : "Qu'est-ce qu'être normal?"

    Environ 40 personnes étaient étaient présentes pour ce débat. Merci aux participants et au café Le Belman pour son accueil.

    Le café philo fixe son prochain rendez-vous au Belman le vendredi 22 juin au Belman, à partir de 19 heures. Le débat portera sur cette question : "La liberté a-t-elle un prix?"

    Notez aussi que le café philo se réunira une dernière fois cette saison, le samedi 24 juin aux Tanneries pour une "Philo sous les arbres."

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  • Pour aller plus loin

    Affiche Qu'est-ce qu'être normal.pngPour compléter la séance du 18 mai qui portait sur la question "Qu'est-ce qu'être normal ?", retrouvez sur ce lien le diaporama qui était diffusé. 

    Lien permanent Catégories : =>Saison 9, Diaporamas, Documents, [72] "Qu'est-ce qu'être normal?" Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • Qu’est-ce qu’être normal ?

    Café philo ou café psycho ? La question se pose s’agissant du prochain débat du café philosophique de Montargis, qui aura lieu au Belman, le vendredi 18 mai, à 19 heures. Le débat portera en effet sur ce sujet : "Qu’est-ce qu’être normal ?"

    Cette interrogation semble rythmer notre vie, jusqu’à nous angoisser : "Docteur, suis-je normal ?", "Mon enfant est-il normal ?" ou "Est-ce normal que je vive ainsi ?" Il semblerait qu’une norme pèse sur nous et nous impose des comportements, des habitudes ou des pensées. Pourquoi sortir de la normalité paraît-elle souvent problématique ? Ne pas être normal serait-ce prendre le risque de tomber dans une forme de folie ? Que risquerions-nous, en tant qu’individus singuliers et uniques, à gommer nos particularités pour nous fondre dans un groupe et à être "comme les autres" ? Peut-on se construire soi-même en nous fondant dans une norme collective ?

    Ce sont autant de points qui pourront être débattues lors de la séance du vendredi 18 mai 2018, à partir de 19 heures au café Le Belman, boulevard des Belles Manières, à Montargis.

    La participation sera libre et gratuite.

     

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  • Zorn : La normalité me tue

    "Chez nous aussi les "idées élevées" étaient les bien-venues. Des idées très commodes car, au fond, grâce aux "choses élevées", il est facile de faire tout ce qui vous passe par la tête. Chez soi, on peut même rester assis sur le divan, chaussé de pantoufles, et participer en même temps des "choses élevées" ; pas besoin de se donner tant de mal pour cela. Se débattre dans le bourbier, comme on dit, de l’existence, ou même s’occuper du péché, c’est tout de même beaucoup plus fatigant : cela demande qu’on fasse au moins quelque chose. En tout cas je crois que ce qu’on appelle vertu n’a de valeur que si on l’acquiert dans les larmes ; tant que la vertu se borne à suivre la voie de moindre résistance, elle appartient au Démon. C’est ainsi que les "choses élevées" si souvent invoquées peuvent aussi constituer une voie de moindre résistance. Ce qui signifie, dans le domaine érotique : la fidélité conjugale bourgeoise peut fort bien être tout simplement la plus commode des solutions ; les histoires scandaleuses sont considérablement plus difficiles et incommodes. C’est pourquoi on peut sûrement dire de la sexualité qu’elle est une chose incommode, avant tout parce qu’elle engendre et suscite des problèmes. Cependant, si quelqu’un préfère se sentir à l’aise plutôt que mal à l’aise, d’avance il verra d’un mauvais œil tout ce qui pose des problèmes. Comme il est dit dans la fable du renard et des raisins : celui à qui il est trop difficile d’atteindre quelque chose dit volontiers qu’au fond il n’en a aucune envie. Le plus souvent il est très facile de renoncer à une chose : vouloir une chose est souvent très difficile. Ou, comme l’a formulé l’un de mes amis : naturellement le sexe est et a toujours été un péché parce qu’on a besoin de se donner du mal pour obtenir ce qui est défendu."

    Fritz Zorn, Mars (1976)

     

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  • Sans commentaire

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