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Café philosophique de Montargis - Page 8

  • Sade : "Je suis un animal amphibie"

    J’imaginais qu’en m’en tenant aux femmes, cela me rendrait sage ;... que mes désirs concentrés dans mon sexe ne s’exhaleraient plus vers le vôtre ; projets chimériques, mon ami ; les plaisirs dont je voulais me priver ne sont venus s’offrir qu’avec plus d’ardeur à mon esprit, et j’ai vu que quand on était, comme moi, née pour le libertinage, il devenait inutile de songer à s’imposer des freins : de fougueux désirs les brisent bientôt.

    Enfin, mon cher, je suis un animal amphibie ; j’aime tout, je m’amuse de tous les genres ; mais, avoue-le, mon frère, n’est-ce pas une extravagance complète à moi que de vouloir connaître ce singulier Dolmancé qui, de ses jours, dis-tu, n’a pu voir une femme comme l’usage le prescrit, qui, sodomite par principe, non seulement est idolâtre de son sexe, mais ne cède même pas au nôtre que sous la clause spéciale de lui livrer les attraits chéris dont il est accoutumé de se servir chez les hommes ?

    Vois, mon frère, quelle est ma bizarre fantaisie : je veux être le Ganymède de ce nouveau Jupiter, je veux jouir de ses goûts, des ses débauches, je veux être la victime de ses erreurs : jusqu’à présent, tu le sais, mon cher, je ne me suis livrée ainsi qu’à toi, par complaisance, ou qu’à quelqu’un de mes gens qui, payé pour me traiter de cette façon, ne s’y prêtait que par intérêt ; aujourd’hui, ce n’est plus ni la complaisance ni le caprice, c’est le goût seul qui me détermine...

    Marquis de Sade, La Philosophie dans le Boudoir (1795)

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  • "Cet obscur objet du désir"

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  • Platon : "Jamais nous ne posséderons en suffisance l'objet de notre désir"

    Aussi longtemps que nous aurons notre corps et que notre âme sera pétrie avec cette chose mauvaise, jamais nous ne posséderons en suffisance l'objet de notre désir. Or cet objet, c'est disons-nous, la vérité. Et non seulement mille et mille tracas nous sont en effet suscités par le corps à l'occasion des nécessités de la vie ; mais, des maladies surviennent-elles, voilà pour nous de nouvelles entraves dans notre chasse au réel ! Amours, désirs, craintes, imaginations de toute sorte, innombrables sornettes, il nous en remplit si bien, que par lui (oui, c'est vraiment le mot connu) ne nous vient même, réellement, aucune pensée de bon sens ; non, pas une fois ! Voyez plutôt : les guerres, les dissensions, la bataille, il n'y a pour les susciter que le corps et ses convoitises ; la possession des biens, voilà en effet la cause originelle de toutes les guerres, et, si nous sommes poussés à nous procurer des biens, c'est à cause du corps, esclaves attachés à son service ! Par sa faute encore, nous mettons de la paresse à philosopher à cause de tout cela.

    Mais ce qui est le comble, c'est que, sommes-nous arrivés enfin à avoir de son côté quelque tranquillité, pour nous tourner alors vers un objet quelconque de réflexion, nos recherches sont à nouveau bousculées en tous sens par cet intrus qui nous assourdit, nous trouble et nous démonte, au point de nous rendre incapables de distinguer le vrai. Inversement, nous avons eu réellement la preuve que, si nous devons jamais savoir purement quelque chose, il nous faudra nous séparer de lui et regarder avec l'âme en elle-même les choses en elles-mêmes. C'est alors, à ce qu'il semble, que nous appartiendra ce dont nous nous déclarons amoureux : la pensée ; oui, alors que nous aurons trépassé, ainsi que le signifie l'argument, et non point durant notre vie !

    Platon, Phédon (IVe s. av. JC)

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  • Sénèque : "Fais un bilan..."

    Fais un bilan, te dis-je, et repasse tous les jours de ta vie ; tu en verras fort peu, à peine quelques déchets, qui soient restés à ta disposition. Tel obtenu les faisceaux qu'il souhaitait, désire les déposer et il dit tout le temps, « Quand finira l'année ? » Tel organise des jeux, qui attache grande valeur à avoir été désigné pour cela par le sort : « Quand échapperai-je à ces maudits jeux ? » dit-il. On s'arrache tel avocat au forum ; il attire un concours tel qu'une partie de l'assistance est trop loin pour l'entendre, et il dit « Quand les affaires seront-elles ajournées ? » Chacun devance sa propre vie : il se tourmente par désir de l'avenir et par dégoût du présent. Mais celui-ci qui met son temps tout entier à son service, qui organise toutes ses journées comme une vie entière, ne souhaite ni ne craint le lendemain. Qu'est-ce que l'heure qui vient peut jamais lui apporter, en fait de plaisir neuf ? Tout lui est connu, il a tout ressenti jusqu'à la satiété : pour le reste, que la fortune l'organise comme elle voudra. Sa vie, elle, est maintenant en sûreté ; on peut y ajouter quelque chose, mais on ne peut rien en retrancher ; et une addition serait comme une nourriture qu'on donnerait à un homme déjà rassasié et dont l'estomac est plein ; il la prend sans la désirer. Aussi, si tu vois quelqu'un avec des cheveux blancs et des rides, ne va pas penser qu'il a vécu longtemps : il n'a pas vécu longtemps, il a existé longtemps. Iras-tu dire qu'il a beaucoup navigué, l'homme qu'une affreuse tempête a poussé çà et là dès sa sortie du port, et a fait tourner en rond sans changer de place, sous le souffle alterné des vents déchaînés en tous sens ? Non, il n'a pas navigué beaucoup ; il a été beaucoup ballotté.

    Sénèque, De la Brièveté de la Vie (Ier s. ap. JC)

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  • "L'Empire des Sens"

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  • Paul de Tarse : Contre les désirs de la chair

    Je dis donc : Marchez selon l’Esprit et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair. Car la chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair ; ils sont opposés afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez. Si vous êtes conduits par la chair, vous n’êtes pas sous la loi. Or, les œuvres de la chair sont manifestes, ce sont l’impudicité, l’impureté, la dissolution, l’idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l’envie, l’ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables. Je vous dis d’avance, comme je vous l’ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n’hériteront point le royaume de Dieu. Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance ; la loi n’est pas contre ces choses. Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi selon l’Esprit. Ne cherchons pas une vaine gloire, en nous provoquant les uns les autres, en nous portant envie les uns aux autres.

    Paul de Tarse, L’Épître aux Galates (Ier s. ap. JC)

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  • "Déshabillez-moi"

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  • Rousseau : Malheur à qui n’a plus rien à désirer

    Malheur à qui n’a plus rien à désirer ! il perd pour ainsi dire tout ce qu’il possède. On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère, et l’on n’est heureux qu’avant d’être heureux. En effet, l’homme avide et borné, fait pour tout vouloir et peu obtenir, a reçu du ciel une force consolante qui rapproche de lui tout ce qu’il désire, qui le soumet à son imagination, qui le lui rend présent et sensible, qui le lui livre en quelque sorte, et pour lui rendre cette imaginaire propriété plus douce, le modifie au gré de sa passion. Mais tout ce prestige disparaît devant l’objet même ; rien n’embellit plus cet objet aux yeux du possesseur ; on ne se figure point ce qu’on voit ; l’imagination ne pare plus rien de ce qu’on possède, l’illusion cesse où commence la jouissance. Le pays des chimères est en ce monde le seul digne d’être habité et tel est le néant des choses humaines, qu’hors l’Être existant par lui-même, il n’y a rien de beau que ce qui n’est pas.

    Si cet effet n’a pas toujours lieu sur les objets particuliers de nos passions, il est infaillible dans le sentiment commun qui les comprend toutes. Vivre sans peine n’est pas un état d’homme ; vivre ainsi c’est être mort. Celui qui pourrait tout sans être Dieu, serait une misérable créature ; il serait privé du plaisir de désirer ; toute autre privation serait plus supportable.

    Jean-Jacques Rousseau, La Nouvelle Héloïse (1761) 

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  • Saint Augustin : "Dévoré du désir secret de l'amour"

    Je vins à Carthage, et partout autour de moi bouillait à gros bouillons la chaudière des amours honteuses. Je n’aimais pas encore, et j’aimais à aimer; dévoré du désir secret de l’amour, je m’en voulais de ne l’être pas plus encore. Comme j’aimais à aimer, je cherchais un objet à mon amour, j’avais horreur de la paix d’une voie sans embûches. Mon âme avait faim, privée qu’elle était de la nourriture de l’âme, de vous-même, mon Dieu, mais je ne sentais pas cette faim. J’étais sans appétit pour les aliments incorruptibles, non par satiété, mais plus j’en étais privé, plus j’en avais le dégoût. Et c’est pourquoi mon âme était malade et, rongée d’ulcères, se jetait hors d’elle-même, avec une misérable et ardente envie de se frotter aux créatures sensibles. Mais si ces créatures n’avaient pas une âme, à coup sûr, on ne les aimerait pis. Aimer et être aimé m’était bien plus doux, quand je jouissais du corps de l’objet aimé. Je souillais donc la source de l’amitié des ordures de la concupiscence; j’en ternissais la pureté des vapeurs infernales de la débauche. Repoussant et infâme, je brûlais dans mon extrême vanité de faire l’élégant et le mondain. Je me ruai à l’amour où je souhaitais être pris. Mon Dieu, qui m’avez fait miséricorde, de quel fiel, dans votre bonté, vous en avez arrosé pour moi la douceur ! Je fus aimé, j’en vins secrètement aux liens de la possession.

    Saint Augustin, Confessions (397-401)

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  • Flaubert : les émois de madame Bovary

    D’abord, ce fut comme un étourdissement ; elle voyait les arbres, les chemins, les fossés, Rodolphe, et elle sentait encore l’étreinte de ses bras, tandis que le feuillage frémissait et que les joncs sifflaient.

    Mais, en s’apercevant dans la glace, elle s’étonna de son visage. Jamais elle n’avait eu les yeux si grands, si noirs, ni d’une telle profondeur. Quelque chose de subtil épandu sur sa personne la transfigurait.

    Elle se répétait : » J’ai un amant ! un amant ! » se délectant à cette idée comme à celle d’une autre puberté qui lui serait survenue. Elle allait donc posséder enfin ces joies de l’amour, cette fièvre du bonheur dont elle avait désespéré. Elle entrait dans quelque chose de merveilleux où tout serait passion, extase, délire ; une immensité bleuâtre l’entourait, les sommets du sentiment étincelaient sous sa pensée, et l’existence ordinaire n’apparaissait qu’au loin, tout en bas, dans l’ombre, entre les intervalles de ces hauteurs.

    Alors elle se rappela les héroïnes des livres qu’elle avait lus, et la légion lyrique de ces femmes adultères se mit à chanter dans sa mémoire avec des voix de soeurs qui la charmaient. Elle devenait elle-même comme une partie véritable de ces imaginations et réalisait la longue rêverie de sa jeunesse, en se considérant dans ce type d’amoureuse qu’elle avait tant envié. D’ailleurs, Emma éprouvait une satisfaction de vengeance. N’avait-elle pas assez souffert ! Mais elle triomphait maintenant, et l’amour, si longtemps contenu, jaillissait tout entier avec des bouillonnements joyeux. Elle le savourait sans remords, sans inquiétude, sans trouble.

    Gustave Flaubert, Madame Bovary (1857)

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  • Claude Sabatier présentera son ouvrage sur Zola au Festival Autrement, Autres mots

    Claude Sabatier présentera et dédicacera son livre Chroniques politiques de Zola (volume 1) [1863-1870] chez Classiques Garnier le samedi 1er décembre, de 17 h 30 à 18 h 30, au Hangar, 5 rue de la Forêt à Châlette, lors du festival "Autrement, Autres mots.

    Cet événement est organisé par un collectif d'associations (MRAP, Monde diplomatique, Collectif Immigrés, etc.) : Claude Sabatier évoquera l'engagement politique de Zola et ses combats humanistes, pour la patrie, la République, la laïcité, l'amnistie des Communards ou contre l'antisémitisme, avec l'Affaire Dreyfus.

    Sous la direction de Claude Sabatier, Emile Zola, Chroniques politiques. tome 1 (1863-1870)
    Avec Didier Alexandre, Philippe Hamon, Alain Pagès et Paolo Tortonese
    éd. Classiques Garnier, 669 p.
    Rencontre avec Claude Sabatier, le samedi 1er décembre, de 17 h 30 à 18 h 30, au Hangar, 5 rue de la Forêt à Châlette, lors du festival Autrement, Autres mots
    http://festivaldulivre.autrementautresmots.over-blog.com

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  • Le désir n'est-il que le manque ?

    Affiche Le désir n'est il que le manque.png

    Le café philosophique de Montargis proposera sa prochaine séance au Belman. Ce sera le vendredi 18 janvier 2019 à 19 heures. Le débat portera sur cette question : "Le désir n'est-il que le manque ?" 

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  • Pour aller plus loin

    Affiche Peut on être seul au milieu des autres.pngPour compléter la séance du 23 novembre qui portait sur la question "Va-t-on trop vite ?", retrouvez sur ce lien le diaporama qui était diffusé. 

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  • Merci aux participants de la séance du 23 novembre 2018

    tenor.gifLe café philosophique de Montargis se réunissait le vendredi 23 novembre 2018 pour un débat qui portait autour de ce sujet : "Peut-on être seul·e au milieu des autres?"

    Plus de 40 personnes étaient étaient présentes pour ce 77e débat. Merci aux participants et au café Le Belman pour son accueil.

    Le café philo fixe son prochain rendez-vous au Belman le vendredi 18 janvier 2019 à 19 heures. Le débat portera sur cette question : "Le désir n'est-il que le manque?"

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