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Café philosophique de Montargis - Page 3

  • Puis-je faire ce que je veux de mon corps ?

    Le café philosophique de Montargis avait consacré il y a quelques années un débat portant sur une question similaire à celle abordée lors du café philo du mois de mars 2019.

    Rendez-vous ici pour en savoir plus sur cet ancien débat.

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  • Compte-rendu du débat : "Le désir n'est-il que le manque?"

    Le café philo de Montargis se réunissait au Belman le vendredi 18 janvier 2019 pour un débat portant sur cette question : "Le désir n’est-il que le manque ?"

    Le désir, est-il dit pour commencer, est une forme d’idéalisation. Il naîtrait d’un fantasme et d’un inconscient qui pourrait nous commander. Le désir procéderait d’une tension et se porte sur un objet. Mais de quel objet parle-t-on ? D’une personne, d’un bien matériel ? En quoi donc, le désir viendrait-il d’un manque ?

    Une personne parle d’amour, "d’élégance dans son mode de vie", d’affection dans son environnement et de milliers de choses définissables. Des désirs sont atteignables, d’autres non. Certains sont raisonnables, ou pas. Parfois, nous pouvons être dans un prisme déformant, et le désir, par le manque qu’il provoque, nous rend vide, tendu et frustré. "Ce qu'on n'a pas, ce qu'on n'est pas, ce dont on manque, voilà l'objet du désir" écrivait Platon.
    Certains désirs pourraient-il être moins orientés sur le manque, qui seraient donc maîtrisés ? Cela peut être un désir sublimé.

    Beaucoup de désirs peuvent être une volonté orientée, par exemple dans le cadre d’un projet que l’on a souhaité mener. Cela peut être un désir intellectualisé, dans le domaine artistique par exemple.

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  • Descartes : Le corps est une machine

    Je désire que vous considériez, après cela, que toutes les fonctions que j'ai attribuées à cette machine, comme la digestion des viandes, le battement du cœur et des artères, la nourriture et la croissance des membres, la respiration, la veille et le sommeil ; la réception de la lumière, des sons, des odeurs, des goûts, de la chaleur et de telles autres qualités, dans les organes des sens extérieurs ; l'impression de leurs idées dans l'organe du sens commun et de l'imagination, la rétention ou l'empreinte de ces idées dans la mémoire, les mouvements intérieurs des appétits et des passions ; et enfin les mouvements extérieurs de tous les membres, qui suivent si à propos, tant des actions des objets qui se présentent aux sens, que des passions, et des impressions qui se rencontrent dans la mémoire, qu'ils imitent le plus parfaitement possible ceux d'un vrai homme : je désire, dis-je, que vous considériez que ces fonctions suivent toutes naturellement en cette machine, de la seule disposition de ses organes, ni plus ni moins que font les mouvements d'une horloge, ou autre automate, de celle de ses contrepoids et de ses roues ; en sorte qu'il ne faut point à leur occasion concevoir en elle aucune autre âme végétative, ni sensitive, ni aucun autre principe de mouvement et de vie, que son sang et ses esprits, agités par la chaleur du feu qui brûle continuellement dans son cœur, et qui n'est point d'autre nature que tous les feux qui sont dans les corps inanimés.

    René Descartes, Traité de l'homme (1634)

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  • Besnier : Modernité et corps

    Le dualisme de la pensée et de la matière affirmé par Descartes est la forme moderne qu’a prise la disqualification ancestrale du corps. Avec lui, l’homme ne devait qu’à son âme d’échapper à l’animal et au traitement strictement mécaniste dont relève le corps qu’il a en commun avec lui. Même lorsqu’ils combattront le dualisme pour privilégier une conception de la matière dotée de sensibilité et susceptible de produire l’intelligence la plus élaborée, les Temps modernes que Descartes inaugure restent convaincus que le corps représente l’inessentiel en nous – la part d’hétéronomie qui empêche que nous atteignions l’émancipation à laquelle nous aspirons. C’est dire combien l’on s’est persuadé de ce que l’autonomie, cet idéal des Modernes, doit en finir, d’une manière ou d’une autre, avec le corps. De là à envisager que nous n’avons depuis toujours d’autre obsession que celle de mettre à la raison ce corps qui nous impose des limites, de le discipliner jusqu’à l’effacer, il n’y a qu’un pas.

    Au fond, l’obsession du corps parfait que traduisent tant de nos contemporains ne dit peut-être rien d’autre que ce refus de la finitude qui réside au cœur de toute métaphysique et, aujourd’hui, au principe des utopies posthumaines. La spiritualité à laquelle on dit et redit – avec Malraux ou sans lui – que notre siècle est voué n’est peut-être que l’expression de ce paradoxal désir de dépasser la corporéité qui nous rive au sol et nous condamne à mourir un jour.

    Jean-Michel Besnier, Demain les posthumains : Le futur a-t-il encore besoin de nous ?, (2009)

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  • "My Body is a Cage"

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  • Platon : Le corps, obstacle à la pensée

    Tant que nous aurons notre corps et tant que notre âme se trouvera mêlée à un tel mal, jamais nous ne posséderons suffisamment ce que nous désirons : la vérité, disons-nous. Le corps, en effet, nous occasionne mille embarras par la nécessité qu'entraîne son entretien; en outre, si quelques maladies surviennent, elles nous entravent dans notre chasse au réel. Il nous remplit d'amours, de désirs, de craintes, de simulacres de toutes sortes et d'innombrables frivolités, de sorte que, comme on le dit à bon droit, il ne nous est jamais réellement donné par lui de penser. D'où proviennent donc les guerres, les séditions et les conflits, si ce n'est du corps et de ses appétits ? Toutes les guerres, en effet, ne naissent que du désir d'acquérir des richesses, et nous sommes contraints par notre corps d'acquérir ces richesses, asservis à ses soins. Pour toutes ces raisons et à cause de lui, nous vivons sans loisir pour la philosophie. Mais le pire de tout, c'est que, lors même qu'il nous permet quelque loisir et que nous nous livrons à quelque réflexion, il intervient encore de toutes les façons en toutes nos recherches, nous occasionne du trouble et de la confusion, et nous paralyse au point de nous rendre incapables de pouvoir par son fait discerner la vérité.

    Platon, Phédon (IVe s. av. J.-C)

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  • Quand la philosophie était pornographique…

    Le siècle des Lumières a vu naître une littérature clandestine : des textes qui mêlaient débats philosophiques et ébats érotiques... Si ces écrits érotico-philosophiques ont disparu, serait-ce parce que la philosophie est aujourd'hui prude ? Comment allier jouissance et philosophie ?

    Philosophie des pornographes est le titre d’un livre de Colas Duflo, spécialiste de la philosophie et de la littérature du XVIIIe siècle, qui vient de paraître aux éditions du Seuil.
    Par philosophie des pornographes, il ne faut pas entendre une philosophie de la pornographie, comme l’industrie du film porno, et il ne faut pas non plus s’attendre à des réflexions proposées par les auteurs eux-mêmes de “contenus explicites”...

    La suite ici...

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  • Focus du site Les-philosophes.fr

    Le site Lesphilosophes.fr viennent de faire un focus sur le café philosophique de Montargis.

    retrouvez cet article sur ce lien. 

    Et merci aux chroniqueurs de ce site. 

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  • Nancy : "Le corps du philosophe"

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  • La Mettrie : L'homme-machine

    offray de la mettrieMais puisque toutes les facultés de l’âme dépendent tellement de la propre organisation du cerveau et de tout le corps qu’elles ne sont visiblement que cette organisation même, voilà une machine bien éclairée ! Car enfin, quand l’homme seul aurait reçu en partage la Loi naturelle, en serait-il moins une machine ? Des roues, quelques ressorts de plus que dans les animaux les plus parfaits, le cerveau proportionnellement plus proche du cœur, et recevant aussi plus de sang, la même raison donnée ; que sais-je enfin ? Des causes inconnues produiraient toujours cette conscience délicate, si facile à blesser, ces remords qui ne sont pas plus étrangers à la matière que la pensée, et en un mot toute la différence qu’on suppose ici. L’organisation suffirait-elle donc à tout ? Oui, encore une fois ; puisque la pensée se développe visiblement avec les organes, pourquoi la matière dont ils sont faits ne serait-elle pas aussi susceptible de remords, quand une fois elle a acquis avec le temps la faculté de sentir ?

    L’âme n’est donc qu’un vain terme dont on n’a point d’idée, et dont un bon esprit ne doit se servir que pour nommer la partie qui pense en nous. Posé le moindre principe de mouvement, les corps animés auront tout ce qu’il leur faut pour se mouvoir, sentir, penser, se repentir, et se conduire, en un mot, dans le physique et dans le moral qui en dépend...

    En effet, si ce qui pense en mon cerveau n’est pas une partie de ce viscère, et conséquemment de tout le corps, pourquoi lorsque tranquille dans mon lit je forme le plan d’un ouvrage, ou que je poursuis un raisonnement abstrait, pourquoi mon sang s’échauffe-t-il ? Pourquoi la fièvre de mon esprit passe-t-elle dans mes veines ? Demandez-le aux hommes d’imagination, aux grands poètes, à ceux qu’un sentiment bien rendu ravit, qu’un goût exquis, que les charmes de la Nature, de la vérité, ou de la vertu transportent!

    Julien Offray de La Mettrie, L’Homme machine (1747)

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  • Descartes : Corps et esprit

    Je remarque ici, premièrement, qu’il y a une grande différence entre l’esprit et le corps, en ce que le corps, de sa nature, est toujours divisible, et que l’esprit est entièrement indivisible. Car en effet, lorsque je considère mon esprit, c’est-à-dire moi-même en tant que je suis seulement une chose qui pense, je n’y puis distinguer aucunes parties, mais je me conçois comme une chose seule et entière. Et quoique tout l’esprit semble être uni à tout le corps, toutefois un pied, ou un bras, ou quelque autre partie étant séparée de mon corps, il est certain que pour cela il n’y aura rien de retranché de mon esprit. Et les facultés de vouloir, de sentir, de concevoir, etc., ne peuvent pas proprement être dites ses parties : car le même esprit s’emploie tout entier à vouloir, et aussi tout entier à sentir, à concevoir, etc. Mais c’est tout le contraire dans les choses corporelles ou étendues : car il n’y en a pas une que je ne mette aisément en pièces par ma pensée, que mon esprit ne divise fort facilement en plusieurs parties et par conséquent que je ne connaisse être divisible. Ce qui suffirait pour m’enseigner que l’esprit ou l’âme de l’homme est entièrement différente du corps, si je ne l’avais déjà d’ailleurs assez appris.

    René Descartes, Méditations métaphysiques (1641)

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  • "Mon corps m'appartient-il ?"

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