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Documents - Page 4

  • Spinoza : "La plupart des hommes semblent croire qu'ils sont libres"

    "La plupart des hommes semblent croire qu'ils sont libres dans la mesure où il leur est permis d'obéir à leurs penchants, et qu'ils abandonnent de leur indépendance dans la mesure où ils sont tenus de vivre selon la prescription de la loi divine. La moralité donc, et la religion, et, sans restriction, tout ce qui se rapporte à la force d'âme, ils les prennent pour des fardeaux qu'ils espèrent déposer après la mort, pour recevoir le prix de la servitude, à savoir de la moralité et de la religion ; et ce n'est pas cet espoir seul, mais aussi et surtout la crainte d'être punis par d'horribles supplices après la mort, qui les poussent à vivre selon la prescription de la loi divine, autant que le permettent leur petitesse et leur âme impuissante. Et si les hommes n'avaient pas cet espoir et cette crainte, s'ils croyaient au contraire que les esprits périssent avec le corps et qu'il ne reste aux malheureux épuisés par le fardeau de la moralité aucune survie, ils reviendraient à leurs naturels, voudraient tout gouverner selon leurs penchants et obéir à la fortune plutôt qu'à eux-mêmes. Ce qui ne me paraît pas moins absurde que si un homme, parce qu'il ne croit pas pouvoir nourrir éternellement son corps de bons aliments, préférait se saturer de poisons mortels ; ou bien, parce qu'il voit que l'esprit n'est pas éternel ou immortel, préfère être dément et vivre sans la Raison : absurdité telle qu'elle mérite à peine d'être relevée."

    Baruch Spinoza, Éthique, Ve partie, scolie de la proposition XLI (+1677)

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  • Kœnig : Voyages d’un philosophe aux pays des libertés

    koenig"La société ouverte n’est pas aisée. Elle demande à chacun une certaine abnégation pour tolérer des propos qui le heurtent, des attitudes qui l’indisposent, des manières d’être qui lui répugnent [sic]. Car la finalité de notre vie en société n’est pas de produire du bonheur mais de réaliser notre liberté, vecteur essentiel de la perfectibilité humaine."

    Gaspard Kœnig, Voyages d’un philosophe aux pays des libertés (2018)

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  • Zorn : La normalité me tue

    "Chez nous aussi les "idées élevées" étaient les bien-venues. Des idées très commodes car, au fond, grâce aux "choses élevées", il est facile de faire tout ce qui vous passe par la tête. Chez soi, on peut même rester assis sur le divan, chaussé de pantoufles, et participer en même temps des "choses élevées" ; pas besoin de se donner tant de mal pour cela. Se débattre dans le bourbier, comme on dit, de l’existence, ou même s’occuper du péché, c’est tout de même beaucoup plus fatigant : cela demande qu’on fasse au moins quelque chose. En tout cas je crois que ce qu’on appelle vertu n’a de valeur que si on l’acquiert dans les larmes ; tant que la vertu se borne à suivre la voie de moindre résistance, elle appartient au Démon. C’est ainsi que les "choses élevées" si souvent invoquées peuvent aussi constituer une voie de moindre résistance. Ce qui signifie, dans le domaine érotique : la fidélité conjugale bourgeoise peut fort bien être tout simplement la plus commode des solutions ; les histoires scandaleuses sont considérablement plus difficiles et incommodes. C’est pourquoi on peut sûrement dire de la sexualité qu’elle est une chose incommode, avant tout parce qu’elle engendre et suscite des problèmes. Cependant, si quelqu’un préfère se sentir à l’aise plutôt que mal à l’aise, d’avance il verra d’un mauvais œil tout ce qui pose des problèmes. Comme il est dit dans la fable du renard et des raisins : celui à qui il est trop difficile d’atteindre quelque chose dit volontiers qu’au fond il n’en a aucune envie. Le plus souvent il est très facile de renoncer à une chose : vouloir une chose est souvent très difficile. Ou, comme l’a formulé l’un de mes amis : naturellement le sexe est et a toujours été un péché parce qu’on a besoin de se donner du mal pour obtenir ce qui est défendu."

    Fritz Zorn, Mars (1976)

     

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  • Sans commentaire

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  • Foucault : Les anormaux 2

    "La psychiatrie va pouvoir symptomatologiser, faire valoir comme symptôme de maladie, tout un ensemble de phénomènes qui n’avaient pas jusqu’alors de statut dans l’ordre de la maladie mentale […] Désormais, le fonctionnement symptomatologique d’une conduite […] va être d’une part l’écart que cette conduite représente par rapport à des règles d’ordre, de conformité, définies soit sur un fond de régularité administrative, soit sur un fond d’obligations familiales, soit sur un fond de normativité politique et sociale. […] Toute conduite doit pouvoir être située également par rapport à, et en fonction d’une norme qui est, elle aussi, contrôlée, ou du moins perçue comme telle, par la psychiatrie. La psychiatrie n’a plus besoin de la folie, elle n’a plus besoin de la démence, elle n’a plus besoin de l’aliénation pour fonctionner. La psychiatrie peut psychiatriser toute conduite sans se référer à l’aliénation. […] du moment où il n’y a plus cette référence au rapport à la vérité, finalement la psychiatrie voit s’ouvrir devant elle, comme domaine de son ingérence possible, comme domaine de ses valorisations symptomatologiques, le domaine tout entier de toutes les conduites possible." 

    Michel FoucaultLes Anormaux (1974-1975)

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  • Foucault : Les anormaux 1

    "La norme se définit non pas du tout comme une idée naturelle, mais par le rôle d’exigence et de coercition qu’elle est capable d’exercer par rapport aux domaines auxquels elle s’applique. La norme est porteuse, par conséquent, d’une prétention de pouvoir. La norme ce n’est pas simplement, ce n’est même pas un principe d’intelligibilité ; c’est un élément à partir duquel un certain exercice du pouvoir se trouve fondé et légitimé. Concept polémique – dit M. Canguilhem. Peut-être pourrait-on dire politique. En tout cas la norme porte avec soi à la fois un principe de qualification et un principe de correction. La norme n’a pas pour fonction d’exclure, de rejeter. Elle est au contraire toujours liée à une technique positive d’intervention et de transformation, à une sorte de projet normatif." 

    Michel Foucault, Les Anormaux (1974-1975)

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  • La valise philosophique du mois : "Qu'est-ce qu'être normal?"

    La classique "Valise philosophique" du café philo est toujours disponible et vous accompagne pour illustrer nos débats.

    Comme pour chaque séance, nous vous avons préparé des documents, textes, extraits de films ou de musiques servant à illustrer et enrichir les débats mensuels.

    Sur la colonne de droite, vous pouvez retrouver les documents autour de la séance du vendredi 18 mai 2018 qui aura pour thème : "Qu'est-ce qu'être normal ?""

    Restez attentifs : régulièrement de nouveaux documents viendront alimenter cette rubrique d'ici la séance.

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  • Lippmann : Le public fantôme

    Walter_Lippmann_1914.jpg"Aux yeux du public […] toute règle est bonne dès lors qu’elle convient à toutes les parties concernées […]. L’intérêt du public ne réside pas dans la substance des règles, des contrats et des coutumes, mais dans le maintien d’un régime de règles, de contrats et de coutumes. Ce qui lui importe est la loi – non les lois ; la méthode de la loi – non son contenu ; l’inviolabilité du contrat – non sa spécificité ; la bonne intelligence permise par l’habitude – non la teneur desdites habitudes. L’intérêt du public dans ces affaires ne recherche rien d’autre sinon l’assurance que les hommes dans la pratique de leurs affaires rechercheront un modus vivendi. Tout ce qui l’intéresse est en effet qu’il existe une règle efficace capable de définir la conduite des gens, de la rendre prévisible, de telle sorte qu’ils puissent s’ajuster entre eux ."

    Walter Lippmann, Le public fantôme (1925)

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  • Canguilhem : "Le normal n’est pas un concept statique"

    GeorgesCanguilhem6.jpg"Le normal n’est pas un concept statique ou pacifique, mais un concept dynamique et polémique... La forme et les fonctions du corps humain ne sont pas seulement l’expression des conditions faites à la vie par le milieu, mais l’expression des modes de vivre dans le milieu socialement adoptés."

    Georges Canguilhem, Le normal et le pathologique (1979)

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