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Documents - Page 3

  • Pascal : "Nous connaissons la vérité, non seulement par la raison, mais encore par le cœur"

    AVT_Blaise-Pascal_5742.jpeg"Nous connaissons la vérité, non seulement par la raison, mais encore par le cœur ; c’est de cette dernière sorte que nous connaissons les premiers principes, et c’est en vain que le raisonnement qui n’y a point de part essaye de les combattre. Les pyrrhoniens qui n’ont que cela pour objet, y travaillent inutilement. Nous savons que nous ne rêvons point ; quelque impuissance où nous soyons de le prouver par raison, cette impuissance ne conclut autre chose que la faiblesse de notre raison, mais non point l’incertitude de toutes nos connaissances, comme ils le prétendent. Car la connaissance des premiers principes, comme qu’il y a espace, temps, mouvement, nombres, est aussi ferme qu’aucune de celles que nos raisonnements nous donnent. Et c’est sur ces connaissances du cœur et de l’instinct qu’il faut que la raison s’appuie, et qu’elle y fonde tout son discours. Le cœur sent qu’il y a trois dimensions dans l’espace et que les nombres sont infinis ; et la raison démontre ensuite qu’il n’y a point deux nombres carrés dont l’un soit le double de l’autre. Les principes se sentent, les propositions se concluent ; et le tout avec certitude, quoique par différentes voies. Et il est aussi ridicule et inutile que la raison demande au cœur des preuves de ses premiers principes, pour vouloir y consentir, qu’il serait ridicule que le cœur demandât à la raison un sentiment de toutes les propositions qu’elle démontre, pour vouloir les recevoir."

    Blaise Pascal, Pensées, 142 (+1662)

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  • "Mourir pour des idées"

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  • Zola : "J'accuse!"

    "Telle est donc la simple vérité, monsieur le Président, et elle est effroyable, elle restera pour votre présidence une souillure. Je me doute bien que vous n’avez aucun pouvoir en cette affaire, que vous êtes le prisonnier de la Constitution et de votre entourage. Vous n’en avez pas moins un devoir d’homme, auquel vous songerez, et que vous remplirez. Ce n’est pas, d’ailleurs, que je désespère le moins du monde du triomphe. Je le répète avec une certitude plus véhémente : la vérité est en marche et rien ne l’arrêtera. C’est aujourd’hui seulement que l’affaire commence, puisque aujourd’hui seulement les positions sont nettes : d’une part, les coupables qui ne veulent pas que la lumière se fasse ; de l’autre, les justiciers qui donneront leur vie pour qu’elle soit faite. Quand on enferme la vérité sous terre, elle s’y amasse, elle y prend une force telle d’explosion que, le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle. On verra bien si l’on ne vient pas de préparer, pour plus tard, le plus retentissant des désastres.

    * * *

    Mais cette lettre est longue, monsieur le Président, et il est temps de conclure.

    J’accuse le lieutenant-colonel du Paty de Clam d’avoir été l’ouvrier diabolique de l’erreur judiciaire, en inconscient, je veux le croire, et d’avoir ensuite défendu son œuvre néfaste, depuis trois ans, par les machinations les plus saugrenues et les plus coupables.

    J’accuse le général Mercier de s’être rendu complice, tout au moins par faiblesse d’esprit, d’une des plus grandes iniquités du siècle.

    J’accuse le général Billot d’avoir eu entre les mains les preuves certaines de l’innocence de Dreyfus et de les avoir étouffées, de s’être rendu coupable de ce crime de lèse-humanité et de lèse-justice, dans un but politique, et pour sauver l’état-major compromis.

    J’accuse le général de Boisdeffre et le général Gonse de s’être rendus complices du même crime, l’un sans doute par passion cléricale, l’autre peut-être par cet esprit de corps qui fait des bureaux de la guerre l’arche sainte, inattaquable.

    J’accuse le général de Pellieux et le commandant Ravary d’avoir fait une enquête scélérate, j’entends par là une enquête de la plus monstrueuse partialité, dont nous avons, dans le rapport du second, un impérissable monument de naïve audace.

    J’accuse les trois experts en écritures, les sieurs Belhomme, Varinard et Couard, d’avoir fait des rapports mensongers et frauduleux, à moins qu’un examen médical ne les déclare atteints d’une maladie de la vue et du jugement.

    J’accuse les bureaux de la guerre d’avoir mené dans la presse, particulièrement dans L’Eclair et dans L’Echo de Paris, une campagne abominable, pour égarer l’opinion et couvrir leur faute.

    J’accuse enfin le premier conseil de guerre d’avoir violé le droit, en condamnant un accusé sur une pièce restée secrète, et j’accuse le second conseil de guerre d’avoir couvert cette illégalité, par ordre, en commettant à son tour le crime juridique d’acquitter sciemment un coupable.

    En portant ces accusations, je n’ignore pas que je me mets sous le coup des articles 30 et 31 de la loi sur la presse du 29 juillet 1881, qui punit les délits de diffamation. Et c’est volontairement que je m’expose.

    Quant aux gens que j’accuse, je ne les connais pas, je ne les ai jamais vus, je n’ai contre eux ni rancune ni haine. Ils ne sont pour moi que des entités, des esprits de malfaisance sociale. Et l’acte que j’accomplis ici n’est qu’un moyen révolutionnaire pour hâter l’explosion de la vérité et de la justice.

    Je n’ai qu’une passion, celle de la lumière, au nom de l’humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur. Ma protestation enflammée n’est que le cri de mon âme. Qu’on ose donc me traduire en cour d’assises et que l’enquête ait lieu au grand jour !

    J’attends."

    Emile Zola, Lettre à Félix Faure (13 janvier 1898)

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  • Florian : "La fable et la vérité"

    "La vérité, toute nue,
    Sortit un jour de son puits.
    Ses attraits par le temps étaient un peu détruits ;
    Jeune et vieux fuyaient à sa vue.
    La pauvre vérité restait là morfondue,
    Sans trouver un asile où pouvoir habiter.
    A ses yeux vient se présenter
    La fable, richement vêtue,
    Portant plumes et diamants,
    La plupart faux, mais très brillants.
    Eh ! Vous voilà ! Bon jour, dit-elle :
    Que faites-vous ici seule sur un chemin ?
    La vérité répond : vous le voyez, je gêle ;
    Aux passants je demande en vain
    De me donner une retraite,
    Je leur fais peur à tous : hélas ! Je le vois bien,
    Vieille femme n'obtient plus rien.
    Vous êtes pourtant ma cadette,
    Dit la fable, et, sans vanité,
    Partout je suis fort bien reçue :
    Mais aussi, dame vérité,
    Pourquoi vous montrer toute nue ?
    Cela n'est pas adroit : tenez, arrangeons-nous ;
    Qu'un même intérêt nous rassemble :
    Venez sous mon manteau, nous marcherons ensemble.
    Chez le sage, à cause de vous,
    Je ne serai point rebutée ;
    A cause de moi, chez les fous
    Vous ne serez point maltraitée :
    Servant, par ce moyen, chacun selon son goût,
    Grâce à votre raison, et grâce à ma folie,
    Vous verrez, ma soeur, que partout
    Nous passerons de compagnie."

    Jean-Pierre Claris de Florian, Fables (1792)

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  • Galilée : Limites et beautés de l'intellect humain

    SALVIATI : Il convient de recourir à une distinction philosophique et de distinguer deux modes d'entendement suivant qu'il est pris intensive ou extensive. Extensive, c'est-à-dire eu égard à la multitude des intelligibles, qui est infinie, l'entendement humain est comme nul, fût-il capable d'entendre mille propositions, puisque mille, par rapport à l'infini, est autant que zéro ; mais si le terme est pris intensive, signifiant alors la compréhension intensive, c'est-à-dire parfaite, d'une proposition donnée, je dis que l'entendement humain en comprend quelques-unes aussi parfaitement et en a une certitude aussi absolue que la nature elle-même ; telles sont, par exemple, les propositions des sciences mathématiques pures, à savoir la géométrie et l'arithmétique ; l'intellect divin en connait un nombre infiniment plus grand puisqu'il les connaît toutes, mais si l'intellect humain en connait peu, je crois que la connaissance qu'il en a s'égale en certitude objective à la connaissance divine parce qu'il arrive à en comprendre la nécessité et que c'est là le plus haut degré de la certitude.

    SIMPLICIO : C'est là, me semble-t-il, un langage bien assuré et bien audacieux.

    SALVIATI : C'est le langage du sens commun, sans ombre de témérité ou d'audace ; il ne porte aucune atteinte à la majesté de la sagesse divine, de même qu'on ne diminue en rien la toute puissance de Dieu en disant qu'Il ne peut faire que ce qui est fait ne soit pas fait. Mais je soupçonne, signor Simplicio, que vous prenez ombrage de ce que j'ai dit parce que vous avez mal entendu le sens de mes paroles. Aussi vais-je essayer de m'expliquer mieux : la vérité dont les démonstrations mathématiques nous donnent connaissance est celle même que connait la sagesse divine ; mais je suis tout prêt à vous accorder que le mode suivant lequel Dieu connait l'infinité des propositions est souverainement plus excellent que le mode suivant lequel nous en connaissons quelques-unes : le nôtre est un procédé discursif, un cheminement de conclusion en conclusion, alors que le Sien est une intuition simple. Ainsi, par exemple, pour acquérir la notion de quelques propriétés du cercle, lesquelles sont en nombre infini, nous partons de l'une des plus simples et, l'ayant prise comme définition, nous passons par raisonnement à une autre, de celle-ci à une troisième, puis à une quatrième et ainsi de suite ; tandis que l'intellect divin, par simple appréhension de l'essence du cercle, saisit, sans nul discours déroulé dans le temps, le nombre infini des propriétés de cette figure, lesquelles d'ailleurs, comme celles de toute figure, sont virtuellement contenues dans la définition et, pour infinies qu'elles soient, ne sont peut-être qu'une seule en leur essence et dans la pensée de Dieu. Cette connaissance intuitive n'est pas elle-même tout à fait étrangère à l'intellect humain, mais elle est obscurcie par un profond et épais brouillard, lequel se raréfie et s'éclaircit un peu quand nous nous sommes rendus maîtres d'un certain nombre de conclusions fermement démontrées et quand nous les avons si bien présentées à l'esprit que nous pouvons très rapidement les parcourir. Car, après tout, que dans un triangle rectangle le carré opposé à l'angle droit soit égal à la somme des deux carrés adjacents, qu'est-ce autre chose sinon que les parallélogrammes construits sur une base commune et entre les mêmes parallèles sont égaux entre eux ? Et ceci, pour finir, qu'est-ce autre chose sinon que deux surfaces appliquées l'une sur l'autre et contenues dans les mêmes limites sont égales ? Or, ces passages que notre intellect opère dans le temps et en avançant pas à-pas, l'intellect divin, prompt comme la lumière, les fait en un instant, ce qui revient à dire que tous lui sont présents à la fois. J'en arrive donc à cette conclusion que notre entendement, en ce qui concerne tant le mode de connaissance que la multiplicité des choses connues, est séparé de l'entendement divin par un intervalle infini, mais je ne l'abaisse pas au point de le réputer absolument nul ; bien plus, quand je considère combien sont nombreuses et merveilleuses les choses que les hommes ont comprises, découvertes et opérées, je connais et conçois clairement que l'esprit humain est oeuvre de Dieu, et l'une des plus excellentes.

    Galilée, Dialogue sur les deux grands Systèmes du Monde (1632)

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  • Engels : "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !"

    ""Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !" Quelques voix seulement nous répondirent, lorsque nous lançâmes cet appel par le monde, il y a maintenant quarante-deux ans, à la veille de la première révolution parisienne dans laquelle le prolétariat se présenta avec ses revendications à lui. Mais le 28 septembre 1864, des prolétaires de la plupart des pays de l'Europe occidentale s'unissaient pour former l'Association internationale des travailleurs, de glorieuse mémoire. L'Internationale elle-même ne vécut d'ailleurs que neuf années. Mais que l'alliance éternelle établie par elle entre les prolétaires de tous les pays existe encore et qu'elle soit plus puissante que jamais, il n'en est pas de meilleure preuve que la journée d'aujourd'hui. Au moment où j'écris ces lignes, le prolétariat d'Europe et d'Amérique passe la revue de ses forces, pour la première fois mobilisées en une seule armée, sous un même drapeau et pour un même but immédiat : la fixation légale de la journée normale de huit heures, proclamée dès 1866 par le Congrès de l'Internationale à Genève, et de nouveau par le Congrès ouvrier de Paris en 1889. Le spectacle de cette journée montrera aux capitalistes et aux propriétaires fonciers de tous les pays que les prolétaires de tous les pays sont effectivement unis."

    Friedrich Engels, Préface à l'édition allemande du Manifeste du Parti communiste (1890)

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  • Béart : "La Vérité"

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  • "X-Files" : La vérité est ailleurs...

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  • Nietzsche : Qu'est-ce que la vérité?

    "Qu'est-ce que la vérité ? Une multitude mouvante de métaphores, de métonymies, d'anthropomorphismes, bref, une somme de relations humaines qui ont été poétiquement et rhétoriquement haussées, transposées, ornées, et qui, après un long usage, semblent à un peuple fermes, canoniales et contraignantes : les vérités sont des illusions dont on a oublié ce qu'elles sont, des métaphores qui ont été usées et qui ont perdu leur force sensible, des pièces de monnaies qui ont perdu leur empreinte et qui entrent dès lors en considération non plus comme pièces de monnaie mais comme métal."

    Friedrich Nietzsche, Le Livre du Philosophe (1873)

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  • Brown : La vérité appartiendrait-elle à la jeunesse?

    "— Ah oui. Je crois avoir lu que vous avez prédit la crise financière en Europe, il y a quelques années ? Et comme personne n'a voulu vous écouter, vous avez mis au point un programme qui a sauvé l'Union européenne alors que tout le monde la croyait morte. Je me sou¬viens de votre déclaration, restée dans les annales : « À trente-trois ans, j'ai le même âge que le Christ quand il a ressuscité. »
    Kirsch grimaça.
    — La métaphore n'était guère heureuse, monseigneur. J'étais jeune.
    — Jeune ? Et quel âge avez-vous donc aujourd'hui ? Quarante ans ?
    — Tout juste.
    Le vieil homme sourit alors que le vent de la montagne agitait toujours sa soutane.
    — Les faibles sont censés hériter de la terre, mais c'est aux jeunes qu'elle appartient en vérité - à ceux qui versent dans la technologie, qui scrutent des écrans au lieu de sonder leur âme. Je ne pensais pas qu'un jour j'aurais l'occasion de rencontrer le champion de cette génération. Vous savez comment ils vous appellent ? Le prophète.
    — Un piètre prophète, en l'occurrence."

    Dan Brown, Origine (2017)

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  • Pour aller plus loin

    Affiche Ma liberté est elle en danger.pngPour compléter la séance du 15 décembre qui portait sur la question "Ma liberté est-elle en danger ?", retrouvez sur ce lien le diaporama qui était diffusé

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  • Ils ont dit, au sujet de la liberté et de ses dangers

    "Heureux sont les hommes libres et libres sont les hommes courageux." [Périclès]

    "Dans une cité démocratique tu entendras dire que c'est le plus beau de tous les biens, ce pourquoi un homme né libre ne saura habiter ailleurs que dans cette cité... Or, (...) n'est-ce pas le désir insatiable de ce bien, et l'indifférence pour tout le reste, qui change ce gouvernement et le met dans l'obligation de recourir à la tyrannie ?" [Platon]

    "On ne devrait pas abandonner à la masse des citoyens la haute main sur les élections de magistrats." [Aristote]

    "D'où vient, dis-je, cette libre faculté arrachée au destin, qui nous fait aller partout où la volonté nous mène ?" [Lucrèce]

    "L’esclave souhaite aussitôt d’être affranchi et libre. Pourquoi ? Croyez-vous que c’est par désir de donner de l’argent aux fermiers de l’impôt du vingtième ? Non, mais parce qu’il s’imagine mener une vie contrainte et malheureuse tant qu’il n’aura pas obtenu la liberté." [Épictète]

    "Si, par conséquent, tu t’attaches à quelqu’une de ces choses comme à un objet personnel, tu recevras le châtiment que mérite celui qui désire ce qui lui est étranger. Telle est la route qui conduit à la liberté : la seule qui délivre de l’esclavage." [Épictète]

    "La liberté, c'est l'indépendance de la pensée." [Épictète]

    "La vraie liberté est de pouvoir toute chose sur soi." [Montaigne]

    "L'indifférence me semble signifier proprement l'état dans lequel se trouve la volonté lorsqu'elle n'est pas poussée d'un côté plutôt que de l'autre par la perception du vrai ou du bien ; et c'est en ce sens que je l'ai prise lorsque j'ai écrit que le plus bas degré de la liberté est celui où nous nous déterminons aux choses pour lesquelles nous sommes indifférents." [René Descartes]

    "L'homme raisonnable est plus libre dans la cité où il vit sous la loi commune que dans la solitude où il n'obéit qu'à lui-même." [Baruch Spinoza]

    "Nous ne sommes pas du tout libres à l'égard des choses que nous désirons vivement et qui ne peut être apaisé par le souvenir d'une autre chose." [Baruch Spinoza]

    ""Le mot liberté désigne proprement l’absence d’opposition (par opposition, j’entends les obstacles au extérieurs au mouvement), et peut être appliqué aux créatures sans raison ou inanimées aussi bien qu’aux créatures raisonnables." [Thomas Hobbes]

    "Comment être libre, alors que n'importe qui peut vous imposer ses caprices ?" [John Locke]

    "Le droit est l'ensemble des conditions qui permettent à la liberté de chacun de s'accorder à la liberté de tous." [Emmanuel Kant]

    "Une volonté libre et une volonté soumise à des lois morales sont par conséquent une seule et même chose." [Emmanuel Kant]

    "On dit, il est vrai, que la liberté de parler ou d’écrire peut nous être ôtée par une puissance supérieure, mais non pas la liberté de penser... Aussi bien, l’on peut dire que cette puissance extérieure qui enlève aux hommes la liberté de communiquer publiquement, leur ôte également la liberté de penser." [Emmanuel Kant]

    "La liberté est le droit de faire ce que les lois permettent." [Montesquieu]

    "Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice, lorsqu’on va, pour ainsi dire, noyer des malheureux sur la planche même sur laquelle ils s’étaient sauvés." [Montesquieu]

    "La nature commande à tout animal, et la bête obéit. L’homme éprouve la même impression, mais il se reconnaît libre d’acquiescer, ou de résister ; et c’est surtout dans la conscience de cette liberté que se montre la spiritualité de son âme." [Jean-Jacques Rousseau]

    "On pourrait sur ce qui précède ajouter à l’acquis de l’état civil la liberté morale, qui seule rend l’homme vraiment maître de lui ; car l’impulsion du seul appétit est esclavage, et l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté." [Jean-Jacques Rousseau]

    "l’État et la société sont précisément les conditions dans lesquelles la liberté se réalise." [Hegel]

    "Le déterministe, le fataliste sont des désespérés, qui ont perdu leur moi, parce qu'il n'y a plus pour eux que de la nécessité." [Søren Kierkegaard]

    "Que les gens sont absurdes ! Ils ne se servent jamais des libertés qu'ils possèdent, mais réclament celles qu'ils ne possèdent pas ; ils ont la liberté de pensée, ils exigent la liberté de parole." [Søren Kierkegaard]

    "Les gens exigent la liberté d’expression pour compenser la liberté de pensée qu’ils préfèrent éviter." [Søren Kierkegaard]

    "À la vérité, le règne de la liberté commence seulement à partir du moment où cesse le travail dicté par la nécessité et les fins extérieures." [Karl Marx]

    "Tout ce qui augmente la liberté augmente la responsabilité." [Victor Hugo]

    "Sauvons la liberté, la liberté sauve le reste." [Victor Hugo]

    "C’est par la grâce de Dieu que nous avons ces trois précieuse choses : la liberté de parole, la liberté de penser et la prudence de n’exercer ni l’une ni l’autre." [Mark Twain]

    "Nous n’avons maintenant plus aucune indulgence pour la notion de "libre arbitre"; nous ne savons que trop ce que c’est." [Friedrich Nietzsche]

    "La liberté, c'est toujours la liberté de l'autre." [Rosa Luxembourg]

    "Le peuple n'a pas besoin de liberté, car la liberté est une des formes de la dictature bourgeoise..." [Lénine]

    "Que préfères-tu, celui qui veut te priver de pain au nom de la liberté ou celui qui veut t’enlever ta liberté pour assurer ton pain ?" [Albert Camus]

    "Sans une vie publique politiquement garantie, il manque à la liberté l’espace mondain où faire son apparition... La liberté comme fait démontrable et la politique coïncident et sont relatives l’une à l’autre comme deux côtés d’une même chose." [Hannah Arendt]

    "La liberté appartient à ceux qui l’ont conquise." [André Malraux]

    "En fait, nous sommes une liberté qui choisit, mais nous ne choisissons pas d'être libres : nous sommes condamnés à la liberté." [Jean-Paul Sartre]

    "Et, quand nous disons que l'homme est responsable de lui-même, nous ne voulons pas dire que l'homme est responsable de sa stricte individualité, mais qu'il est responsable de tous les hommes." [Jean-Paul Sartre]

    "Quand nous disons que l'homme se choisit, nous entendons que chacun d'entre nous se choisit, mais par là nous voulons dire aussi qu'en se choisissant il choisit tous les hommes." [Jean-Paul Sartre]

    "Dostoïevski avait écrit : « Si Dieu n’existait pas tout serait permis. » C’est là le point de départ de l’existentialisme. En effet, tout est permis si Dieu n’existe pas, et par conséquent l’homme est délaissé, parce qu’il ne trouve ni en lui, ni hors de lui une possibilité de s’accrocher." [Jean-Paul Sartre]

    "Une liberté qui ne s'emploie qu'à nier la liberté doit être niée." [Simone de Beauvoir]

    "La liberté ne peut pas être une institution. La liberté n'existe que dans le mouvement de conquête de la liberté." [Alain Robbe-Grillet]

    "Il faut tout dire. La première des libertés est la liberté de tout dire." [Maurice Blanchot]

    "On appellera émancipation la différence maintenue des deux rapports, l’acte d’une intelligence qui n’obéit qu’à elle-même, lors même que la volonté obéit à une autre volonté." [Jacques Rancière]

    "On a un peu vécu dans l’illusion que la liberté d’expression, sinon la liberté sexuelle, était acquise une bonne fois pour toutes." [Catherine Millet]

    "La liberté d'expression peut être une liberté d'offenser." [Fleur Pellerin]

    "Quand je suis faible je réclame la liberté au nom de vos principes ; quand je suis fort je vous la refuse au nom des miens." [Fernando Savater]

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  • Asimov : Danger, robots...

    "La voix de Powell avait pris une intonation tendue dans les oreilles de Donovan.

    - Maintenant, reprenons les Trois Lois fondamentales de la Robotique... les Trois Lois qui sont implantées au plus profond de tout cerveau positronique.

    Ses doigts gantés énumérèrent chacun des points dans l'obscurité.

    - Un : Un robot ne peut nuire à un être humain ni laisser sans assistance un être humain en danger.
    - Exact !
    - Deux, continua Powell : Un robot doit obéir aux ordres qui lui sont donnés par les êtres humains, sauf quand ces ordres sont incompatibles avec la Première Loi.
    - Exact
    - Et trois : Un robot doit protéger sa propre existence tant que cette protection n'est pas incompatible avec la Première ou la Deuxième Loi.
    - Exact! A présent où en sommes-nous ?
    - Précisément à l'explication. Les conflits entre les diverses Lois sont réglés par les différents potentiels positroniques existant dans le cerveau. Disons qu'un robot marche vers le danger et le sait. Le potentiel automatique suscité par la Loi numéro trois le contraint à revenir sur ses pas. Supposons que vous lui donniez l'ordre d'aller s'exposer à ce danger. Dans ce cas, la Loi deux suscite un contre-potentiel plus élevé que le
    précédent et le robot exécute les ordres au péril de son existence.
    - Je sais cela. Et après ?
    - Prenons le cas de Speedy. Speedy est l'un des derniers modèles, extrêmement spécialisé, et aussi coûteux qu'un croiseur de bataille. C'est une machine que l'on ne doit pas détruire à la légère.
    - Alors ?
    - Alors la Loi numéro trois a été renforcée."

    Isaac Asimov, Les Robots (1950)

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  • Marx : Liberté et travail

    marx"À la vérité, le règne de la liberté commence seulement à partir du moment où cesse le travail dicté par la nécessité et les fins extérieures ; il se situe donc, par sa nature même, au-delà de la sphère de la production matérielle proprement dite. Tout comme l'homme primitif, l'homme civilisé est forcé de se mesurer avec la nature pour satisfaire ses besoins, conserver et reproduire sa vie ; cette contrainte existe pour l'homme dans toutes les formes de la société et sous tous les types de production. Avec son développement, cet empire de la nécessité naturelle s'élargit parce que les besoins se multiplient ; mais, en même temps, se développe le processus productif pour les satisfaire. Dans ce domaine, la liberté ne peut consister qu'en ceci : les producteurs associés - l'homme socialisé - règlent de manière rationnelle leurs échanges organiques avec la nature et les soumettent à leur contrôle commun au lieu d'être dominés par la puissance aveugle de ces échanges ; et ils les accomplissent en dépensant le moins d'énergie possible, dans les conditions les plus dignes, les plus conformes à leur nature humaine. Mais l'empire de la nécessité n'en subsiste pas moins. C'est au-delà que commence l'épanouissement de la puissance humaine qui est sa propre fin, le véritable règne de la liberté qui, cependant, ne peut fleurir qu'en se fondant sur ce règne de la nécessité. La réduction de la journée de travail est la condition fondamentale de cette libération."

    Karl Marx, Le Capital (1867)

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