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[118] "Art & esthétique, débat à la Micro-Folie"

  • Merci aux participants de la séance à la Micro-Folie

    Environ 15 personnes étaient présentes pour la séance exceptionnelle à la Micro-Folie de l'AME, à Montargis, ce samedi 14 mars. 

    Merci à toutes et à tous pour ce débat qui avait pour sujet l'art, avec une question : "Tout le monde peut-il se prétendre artiste ?"

    Rendez-vous à la Médiathèque de l'Agorame pour la prochaine séance, le vendredi 20 mars prochain. 

    Le débat portera sur cette question : "Sommes-nous fâchés avec le progrès ?"

    Photo : Pexels - Ann H 

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  • Kant : L’agréable, le bon et le jugement

    L’agréable et le bon ont l’un et l’autre une relation avec la faculté de désirer et entraînent par suite avec eux, le premier une satisfaction pathologiquement conditionnée (par des excitations, stimulos) le second une pure satisfaction pratique ; celle-ci n’est pas seulement déterminée par la représentation de l’objet, mais encore par celle du lien qui attache le sujet à l’existence de l’objet Ce n’est pas seulement l’objet, mais aussi son existence qui plaît. En revanche le jugement de goût est seulement contemplatif, c’est un jugement qui, indifférent à l’existence de l’objet, ne fait que lier sa nature avec le sentiment de plaisir et de peine.

    Toutefois cette contemplation elle-même n’est pas réglée par des concepts ; en effet le jugement de goût n’est pas un jugement de connaissance (ni théorique, ni pratique), il n’est pas fondé sur des concepts, il n’a pas non plus des concepts pour fin. L’agréable, le beau, le bon désignent donc trois relations différentes des représentations au sentiment de plaisir et de peine, en fonction duquel nous distinguons les uns des autres les objets ou les modes de représentation. Aussi bien les expressions adéquates pour désigner leur agrément propre ne sont pas identiques. Chacun appelle agréable ce qui lui fait plaisir ; beau ce qui lui plait simplement ; bon ce qu’il estime, approuve, c’est-à-dire ce à quoi il attribue une valeur objective. L’agréable a une valeur même pour des animaux dénués de raison : la beauté n’a de valeur que pour les hommes, c'est-à-dire des êtres d'une nature animale, mais cependant raisonnables, et cela non pas seulement en tant qu'êtres raisonnables (par exemple des esprits), mais aussi en même temps en tant qu’ils ont une nature animale ; le bien en revanche a une valeur pour tout être raisonnable.

    Emmanuel Kant, Critique de la faculté de juger (1790)

    Photo : Pexels - Alan Quirván

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  • Nietzsche : L'art pour l'art ?

    "L’art pour l’art." La lutte contre tout but assigné à l’art est toujours une lutte contre la tendance moralisante dans l’art, contre la subordination de l’art à la morale. L’art pour l’art veut dire : « Au diable la morale ! » – Mais cette hostilité même trahit le pouvoir tyrannique du préjugé. Si l’on exclut de l’art le but de prêcher une morale et d’amender l’homme, il ne s’ensuit nullement que l’art soit totalement dénué de justification, de but et de sens, bref, soit « l’art pour l’art », ce serpent qui se mord la queue. « Plutôt pas de fins que des fins morales ! » : c’est la passion à l’état pur qui parle ainsi. À l’opposé, un psychologue demandera : que fait donc l’art, tout art ? Ne loue-t-il pas ? Ne célèbre-t-il pas ? N’opère-t-il pas un tri ? Ne met-il pas en relief ? En tout cela, il renforce ou affaiblit certains jugements de valeur… N’est-ce qu’accessoire ? Fortuit ? Quelque chose à quoi l’instinct de l’artiste n’aurait point de part ? Ne serait-ce pas plutôt la condition première du pouvoir de l’artiste ?… Son instinct le plus profond le porte-t-il vers l’art ? Ne le porte-t-il pas plutôt vers le sens de l’art, vers la vie ? Vers un idéal de vie ? L’art est le grand « stimulant » de la vie : comment pourrait-on le concevoir comme dénué de raison d’être et de finalité, comme « l’art pour l’art » ? Reste une autre question : l’art présente également bien des aspects laids, rudes, douteux, de la vie – ne semble-t-il pas, en cela, vouloir dégoûter de la vie ? Et, de fait, il s’est trouvé des philosophe pour lui prêter ce sens. Schopenhauer professait Aque la finalité dernière de l’art était d’« affranchir du vouloir », et, ce qu’il respectait dans la tragédie, c’était son utilité pour « disposer à la résignation ». – Mais cela – je crois l’avoir déjà donné à entendre – relève de l’optique pessimiste et du « mauvais œil ». Il faut en appeler aux artistes eux-mêmes. Que nous communique l’artiste tragique sur lui-même ? N’est-ce pas justement un état délivré de la peur de ce qui est terrible et douteux, qu’il nous montre ? Cet état est en lui-même un idéal élevé : tous ceux qui le connaissent le placent au-dessus de tout. Il le communique, il lui faut absolument le communiquer, pour peu qu’il soit un artiste, un génie de la communication. L’audace et la liberté de sentiment devant un puissant ennemi, devant une sublime adversité, devant un problème terrifiant – c’est cet état triomphant que l’artiste recherche, qu’il glorifie. Au spectacle de la tragédie, c’est l’élément guerrier qui célèbre ses saturnales dans notre âme. Qui a l’habitude de la douleur, qui recherche la douleur, bref, l’homme héroïque, glorifie dans la tragédie sa propre existence – c’est à lui seul que le dramaturge tend la coupe de cette cruauté, la plus douce qui soit.

    Friedrich Nietzsche, Crépuscule des idoles (1888)

    Photo : Pexels - Felicity Tai

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  • Hegel : Le sensible et l'intellect

    Le sensible doit être présent dans l'oeuvre artistique, mais avec cette restriction qu'il s'agit seulement de l'aspect superficiel, de l'apparence du sensible. L'esprit ne cherche en lui ni la matérialité concrète, la consistance intérieure et toute l'envergure d'un objet organique que réclame le désir, ni les concepts universels purement idéaux; ce qu'il veut, c'est la présence sensible, qui doit certes rester sensible, mais qui doit aussi être débarrassée de l'échafaudage de sa matérialité. C'est pourquoi le sensible est élevé dans l'art à l'état de pure apparence, par opposition à la réalité immédiate des objets naturels. L'oeuvre artistique tient ainsi le milieu entre le sensible immédiat et la pensée pure. Ce n'est pas encore de la pensée pure, mais en dépit de son caractère sensible, ce n'est plus une réalité purement matérielle, comme sont les pierres,les plantes et la vie organique. Le sensible dans l'oeuvre artistique participe de l'idée, mais à la différence des idées de la pensée pure, cet élément idéal doit en même temps se manifester extérieurement comme une chose. Cette apparence du sensible s'offre de l'extérieur à l'esprit, à titre de forme, d'aspect, de sonorité, à condition qu'il laisse les objets exister en toute liberté, sans cependant essayer de pénétrer leur essence intime (ce qui les empêcherait d'avoir pour lui une existence individuelle).

    C'est pourquoi le sensible dans l'art ne concerne que ceux de nos sens qui sont intellectualisés: la vue et l'ouïe, à l'exclusion de l'odorat, du goût et du toucher. Car l'odorat, le goût et le toucher n'ont affaire qu'à des éléments matériels et à leurs qualités immédiatement sensibles, l'odorat à l'évaporation de particules matérielles dans l'air, le goût à la dissolution de particules matérielles, le toucher au froid, au chaud, au lisse, etc. Ces sens n'ont rien à faire avec des objets de l'art qui doivent se maintenir dans une réalité indépendante et ne pas se borner à offrir des relations sensibles. Ce que ces sens trouvent d'agréable n'est pas le beau que connaît l'art.

    C'est donc à dessein que l'art crée un royaume d'ombres, de formes, de tonalités, d'intuitions et il ne saurait être question de taxer d'impuissance ou d'insuffisance l'artiste qui appelle une oeuvre à l'existence, sous prétexte qu'il ne nous offre qu'un aspect superficiel du sensible, que des sortes de schèmes Car ces formes et ces tonalités sensibles, l'art ne les fait pas seulement intervenir pour elles-mêmes et sous leur apparence immédiate, mais encore afin de satisfaire des intérêts spirituels supérieurs, parce qu'ils sont capables de faire naître une résonance dans les profondeurs de la conscience, un écho dans l'esprit. Ainsi, dans l'art, le sensible est spiritualisé, puisque l'esprit y apparaît sous une forme sensible.

    Hegel, Esthétique (1818-1829)

    Photo : Pexels - Ronaldo Murcia

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  • Merleau-Ponty : Voir

    Puisque les choses et mon corps sont faits de la même étoffe, il faut que sa vision se fasse en quelque manière en elles, ou encore que leur visibilité manifeste se double en lui d'une visibilité secrète: "la nature est à l'intérieur", dit Cézanne. Qualité, lumière, couleur, profondeur, qui sont là-bas devant nous, n'y sont que parce qu'elles éveillent un écho dans notre corps, que parce qu'il leur fait accueil. Cet équivalent interne, cette formule charnelle de leur présence que les choses suscitent en moi, pourquoi à leur tour ne susciteraient-elles pas un tracé, visible encore, où tout autre regard retrouvera les motifs qui soutiennent son inspection du monde? Alors paraît un visible à la deuxième puissance, essence charnelle ou icône du premier. Ce n'est pas un double affaibli, un trompe l'oeil, une autre chose. Les animaux peints sur la paroi de Lascaux n'y sont pas comme y est la fente ou la boursouflure du calcaire. Ils ne sont pas davantage ailleurs. Un peu en avant, un peu en arrière, soutenus par sa masse dont ils se servent adroitement, ils rayonnent autour d'elle sans jamais rompre leur insaisissable amarre. Je serais bien en peine de dire où est le tableau que je regarde. Car je ne le regarde pas comme on regarde une chose, je ne le fixe pas en son lieu, mon regard erre en lui comme dans les limbes de l'Etre, je vois selon ou avec lui plutôt que je ne le vois.

    Maurice Merleau-Ponty, L'oeil et l'esprit (1964)

    Photo : Pexels

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  • Platon : Poésie et tragédie

    SOCRATE - Le plus grand des méfaits de la poésie, nous ne l'en avons pas encore accusée: c'est qu'elle est capable de contaminer même les sages, à l'exception de quelques-uns en très petit nombre; (...) les meilleurs d'entre nous, quand ils entendent Homère, ou tel autre parmi les tragiques, imiter un héros qui est dans le deuil, qui remplit de ses lamentations une longue tirade ou qui, en chantant, se frappe la poitrine, ils y trouvent, tu le sais bien, du plaisir, ils se laissent aller, ils suivent le mouvement, ils y trouvent, tu le sais bien, du plaisir, ils se laissent aller, ils suivent le mouvement,ils s'associent aux émotions exprimées, ils louent gravement comme un bon poète celui qui, le plus possible, les aura placés dans de telles dispositions

    GLAUCON - Je le sais bien! Et comment en serait-il autrement?

    SOCRATE - Mais, quand un chagrin personnel survient à tel d'entre nous, réfléchis-tu en revanche que nous nous parons de l'attitude contraire, si nous sommes capables de garder notre calme et de nous résigner? dans la conviction que cela est d'un homme, tandis que la manière d'être que nous louions alors est d'une femme?

    GLAUCON - J'y réfléchis, dit-il.

    SOCRATE - Est-elle donc de mise, repris-je, cette louange? est-il de mise, qu'en voyant un homme se comporter d'une façon dont on ne voudrait pas se comporter soi-même, dont au contraire on aurait honte, on n'en soit pas dégoûté, mais qu'au contraire, on s'y plaise et qu'on la loue?

    GLAUCON - Non, par Zeus, dit-il, cela n'est pas raisonnable.

    Platon, République (Ve s. av JC)

    Photo : Pexels - Cottonbro Studio

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  • Prochain Café philo à la Micro-Folie de l'AME

    La Micro-Folie accueillera le Café Philosophique de Montargis dans ses locaux.

    La séance aura lieu le samedi 14 mars de 14 heures à 15 heures 30, sur réservation uniquement. 

    Pour cette séance, l’équipe du Café Philosophique de Montargis proposera un débat qui aura pour sujet : "Est-ce que tout le monde peut se prétendre artiste ?"

    Les collections numériques de la Micro-Folie serviront d’illustration à cette séance autour de l’art et de l’esthétique. Le public sera invité à débattre autour de questions sur ce sujet. L’art prend de multiples formes et est en évolution constante. Mais qu’entend-on au juste par art ? Et qu’est-ce qu’un artiste ? Si chaque individu a la capacité de créer, qu’est-ce qui distingue un artiste d’un simple créateur ? Est-on artiste parce que l’on produit de l’art ? Une œuvre d’art est-elle forcément unique ?

    Ce sont quelques questions qui pourront être débattues lors de cette séance exceptionnelle du Café Philosophique de Montargis. Rendez-vous à la Micro-Folie, le samedi 14 mars de 14 heures à 15 heures 30. 

    Accès libre à l’arrière du musée Girodet, par le parc Durzy.

    Sur réservation uniquement : microfolie@agglo-montargoise.fr  au 02 38 98 07 81 ou à l’adresse mail du cafephilo.montargis@yahoo.fr.

    Affiche

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  • "Marina Abramovi - The Artist is Present"

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  • "La jeune fille à la perle"

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  • Tápiés : La tâche de l’artiste

    L’artiste sera toujours vie et changement, tout comme la réalité dont on dit qu’il est l’interprète et qui, loin d’être constante, est le concept variable que nous en construisons. La tâche de l’artiste ne se limitera donc pas, à mon sens, à un acte réceptif. Son œuvre n’est pas, comme on le prétend, le simple reflet de son époque. Je crois plutôt que l’artiste peut jouer dans son époque un rôle actif, et que, comme d’autres dans d’autres domaines, il a entre ses mains le pouvoir de modifier cette idée de la réalité. J’ai toujours été impressionné par la parabole de l’arbre, présentée par Paul Klee lors de sa fameuse conférence d’Iéna. Il disait que l’artiste, à l’image du tronc qui conduit la sève des racines aux branches, joue un rôle fort modeste. Ni serviteur soumis, ni seigneur absolu, il est seulement un intermédiaire, « un conducteur » de la nature. Mais il n’est pas étonnant qu’à une époque comme la nôtre et vivant dans un pays comme l’Espagne, où l’homme, pris dans un drame d’une rare violence, semblait parfois avoir définitivement perdu la mesure des choses, je me sois toujours plu à ajouter « conducteur, certes, mais conducteur du concept changeant que se forme l’homme de cette nature ». Manifestement Klee le savait lorsqu’il affirmait que « cette forme reçue n’est pas le seul monde possible » (…).On trouve toujours à l’origine de la vocation artistique, la souffrance vécue lors d’une expérience marquante, et qui tantôt se manifeste brutalement par accident, tantôt prend corps en un lent processus. Il n’en demeure pas moins que tout d’un coup, à cause de cette expérience, nous nous rendons compte que se forme devant nos yeux une nouvelle réalité ; nous découvrons que les choses ne pas exactement comme on voulait nous faire croire qu’elles étaient, et alors naît une contradiction insupportable entre le milieu dans lequel nous avons grandi et la nouvelle vision qui est le fruit de notre expérience. Un réajustement s’impose donc, et c’est là que commence notre travail de création. On ne peut pas expliquer autrement la naissance de la vocation artistique.

    Antoni Tápiés, La Pratique de l’art (1970)

    Photo : Pexels - Mali Maeder

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  • Picasso : L'artiste trouvant sa voie...

    28_9782264042606_1_75.jpg"Quand j’ai découvert l’art nègre, il y a 40 ans, et que j’ai peint ce qu’on appelle mon époque nègre, c’était pour m’opposer à ce qu’on appelait beauté dans les musées. Á ce moment-là, pour la plupart des gens, un masque nègre n’était qu’on objet ethnographique. Quand je me suis rendu pour la première fois avec Derain au musée du Trocadéro, une odeur de moisi et d’abandon m’a saisi à la gorge. J’étais si déprimé que j’aurai voulu partir tout de suite. Mais je me suis forcé à rester, à examiner ces masques, tous ces objets que des hommes avaient exécutés dans un dessein sacré, magique, pour qu’ils servent d’intermédiaire entre eux et les forces inconnues, hostiles, qui les entouraient, tâchant ainsi de surmonter leur frayeur en leur donnant couleur et forme. En alors j’ai compris que c’était le sens même de la peinture. Ce n’est pas un processus esthétique, c’est une forme de magie qui s’interpose entre l’univers hostile et nous, une façon de saisir le pouvoir, en imposant forme à nos terreurs comme à nos désirs. Le jour où j’ai compris cela, je sus que j’avais trouvé mon chemin."

     Pablo Picasso, cité par Françoise Gilot et Carlton Lake, Vivre avec Picasso (2006)

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  • Bergson : Le sentiment du beau

    Le peine qu’on éprouve à définir le sentiment du beau tient surtout à ce que l’on considère les beautés de la nature comme antérieures à celle de l’art : les procédés de l’art ne sont plus alors que des moyens par lesquels l’artiste exprime le beau et l’essence du beau demeure mystérieuse. Mais on pourrait se demander si la nature est belle autrement que par la rencontre heureuse de certains procédés de notre art, et si, en un certain sens, l’art ne précède pas la nature. Sans même aller aussi loin, il semble plus conforme aux règles d’une saine méthode d’étudier d’abord le beau dans les œuvres où il a été produit par un effort conscient ; et de descendre par transitions insensibles de l’art à la nature, qui est artiste à sa manière (…). Si les sons musicaux agissent plus puissamment sur nous que ceux de la nature, c’est que la nature se borne à exprimer des sentiments, au lieu que la musique nous les suggèrent… Ainsi  l’art vise à imprimer en nous des sentiments plutôt qu’à les exprimer ; il nous les suggère, et se passe volontiers de l’imitation de la nature quand il trouve des moyens plus efficaces.

    Henri Bergson, Essai sur les données immédiates de la conscience (1889)

    Photo : Pexels - Cottonbro

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  • Camus : Le rôle de l'écrivain

    Conferences-et-discours.jpgLe rôle de l’écrivain (…) ne se sépare pas de devoirs difficiles. Par définition, il ne peut se mettre aujourd’hui au service de ceux qui font l’histoire : il est au service de ceux qui la subissent. Ou, sinon, le voici seul et privé de son art. Toutes les armées de la tyrannie avec leurs millions d’hommes ne l’enlèveront pas à la solitude, même et surtout s’il consent à prendre leur pas. Mais le silence d’un prisonnier inconnu, abandonné aux humiliations à l’autre bout du monde, suffit à retirer l’écrivain de l’exil, chaque fois, du moins, qu’il parvient, au milieu des privilèges de la liberté, à ne pas oublier ce silence et à le faire retentir par les moyens de l’art.

    Aucun de nous n’est assez grand pour une pareille vocation. Mais, dans toutes les circonstances de la vie, obscur ou provisoirement célèbre, jeté dans les fers de la tyrannie ou libre pour un temps de s’exprimer, l’écrivain peur retrouver le sentiment d’une communauté vivante qui le justifiera, à la seule condition qu’il accepte, autant qu’il le peut, les deux charges qui font la grandeur de son métier : le service de la vérité et celui de la liberté. Puisque sa vocation est de réunir le plus grand nombre d’hommes possible, elle ne peut s’accommoder du mensonge et de la servitude qui, là où ils règnent, font proliférer les solitudes. Quelles que soient nos infirmités personnelles, la noblesse de notre métier s’enracinera toujours dans les deux engagements difficiles à maintenir- le refus de mentir sur ce que l’on sait et la résistance à l’oppression.

    Albert Camus, Discours de Suède (1957)

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  • Camus : "L'art n'est pas une réjouissance solitaire"

    815HL3aeoZL.jpgL’art n’est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen d’émouvoir le plus grand nombre d’hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes. Il oblige donc l’artiste à ne pas s’isoler ; il le soumet à la vérité la plus humble et la plus universelle. Et celui qui, souvent, a choisi son destin d’artiste parce qu’il se sentait différent, apprend bien vite qu’il ne nourrira son art, et sa différence, qu’en avouant sa ressemblance avec tous. L’artiste se forge dans cet aller-retour perpétuel de lui aux autre, à mi-chemin de la beauté dont il ne peut se passer et de la communauté à laquelle il ne peut s’arracher. C’est pourquoi les vrais artistes ne méprisent rien ; ils s’obligent à comprendre au lieu de juger. Et, s’ils ont un parti à prendre en ce monde, ce ne peut être que celui d’une société où, selon le grand mot de Nietzsche, ne régnera plus le juge, mais le créateur, qu’il soit travailleur ou intellectuel.

    Albert Camus, Discours de Suède (1957)

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  • Prochain débat du Café philosophique de Montargis à la Micro-Folie

    Il n'y aura pas de séance en février. 

    Le prochain débat aura lieu le samedi 14 mars de 10H à 12H à la Micro-Folie de l'AME, au musée Girodet. Entrée par le parc Durzy. 

    Le sujet portera sur l'art et l'esthétique. 

    Réservation obligatoire, dans la limite des places disponibles.

    A bientôt. 

    Affiche ici

     

     

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  • Merci aux participants de la séance du vendredi 30 janvier

    Environ 30 personnes étaient présentes à la séance du 30 janvier pour le débat qui avait pour thème la raison et les émotions.

    Merci aux participants de cette séance à la Médiathèque de l'AME ainsi qu'à son équipe.

    Le Café Philosophique de Montargis fixe plusieurs rendez-vous. 

    Il n'y aura pas de débats en février.

    Rendez-vous au Hangar de Châlette/Loing le samedi 7 mars prochain dans l'après-midi. L'équipe du Café philo sera présente à l'occasion de la "Journée F’âme(s)", placée comme chaque année sous le signe de la Journée Internationale pour le Droit des Femmes. Au menu de cette journée, des rencontres, des débats et un joli moment de convivialité. 

    Le samedi 14 mars, débat à la Micro-Folie de l'Agglomération Montargoise, de 14 heures à 16 heures. Le débat portera sur l'art et l'esthétique.

    Le vendredi 20 mars, débat à la Médiathèque de l'AME à Montargis, à 19 heures. Le sujet sera choisi lors de la séance à la Micro-Folie. 

    De riches rendez-vous en perspective !

    A bientôt. 

    Photo : Café Philosophique de Montargis

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  • Ouverture de la Micro-Folie de l’Agglomération Montargoise

    La Micro-Folie de l’Agglomération Montargoise ouvre ses portes lors d’une journée festive le samedi 5 juillet 2025 de 10 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures. Accès libre à l’arrière du musée Girodet, par le parc Durzy

    Au programme de cette journée : des ateliers pour toute la famille, de la musique, du théâtre d’improvisation et des visites libres du musée virtuel. Le tout, gratuitement ! La Micro-Folie restera dans le bâtiment du musée Girodet pendant plusieurs mois avant de se déplacer sur tout le territoire de l’Agglomération Montargoise Et rives du loing. 

    Le réseau Micro-Folie permet de rendre la culture accessible à tous en réunissant plusieurs milliers de chefs-d’œuvre de nombreuses institutions et musées régionaux, nationaux et internationaux.

    Chaque Micro-Folie dispose d’une collection de plus de 5 000 œuvres, en constante évolution. Chefs d’œuvres artistiques, créations remarquables, archives sportives, spectacles vivants ou encore documentaires, dans une très haute qualité de définition, sont présentés au public sur grand écran et tablettes numériques, mais aussi grâce à des casques de réalité virtuelle. 
    Découverte libre, visites virtuelles, ateliers, jeux, livres et mallettes pédagogiques complètent le dispositif pour accompagner au mieux les visiteurs dans leurs découvertes.

    Le projet Micro-Folie est un dispositif culturel porté par le ministère de la Culture et coordonné par La Villette en lien avec 12 établissements nationaux fondateurs. L’Agglomération Montargoise Et rives du loing le propose aujourd’hui sur son territoire, avec le soutien de l’État, du Département du Loiret et de la DRAC.

    S’il n’est pas toujours possible d’aller vers les musées, pourquoi les musées ne se déplaceraient-ils pas vers le public ?  
    Dès cet été, la Micro-Folie de l’Agglomération Montargoise démarrera ses activités au musée Girodet avant de se déplacer sur tout le territoire de l’Agglomération Montargoise Et rives du loing, au plus près des habitants.

    Micro-Folie de l'Agglomération Montargoise
    Journée d'ouverture le samedi 5 juillet 2025 10H-12H et 14H-18H
    Musée Girodet
    https://www.musee-girodet.fr
    https://www.lavillette.com/micro-folie

    © Nicolas Krief

    Lien permanent Catégories : =>Saison. 16, Quartier de La Chaussée / Montargis et sa région, [118] "Art & esthétique, débat à la Micro-Folie" Imprimer 0 commentaire Pin it!