Café philo janvier 2025
[119] "Sommes-nous fâchés avec le progrès?"
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Taquieff : "Croire au Progrès, c'est imaginer le devenir comme orienté vers un but"
Le culte de l'avenir et la foi dans le Progrès (imaginé comme la somme de tous les progrès) représentent les deux piliers sur lesquels repose la religion civile des Modernes. Ils ne se sont pas seulement constitués au cours de la même époque, ils sont logiquement et mythologiquement inséparables : la mort de l'un est celle de l'autre. Leur synthèse classique aura été, du XVIIe siècle commençant au XXe finissant, la croyance aveugle en un avenir toujours meilleur. Le progrès imaginé global constitue un mouvement du moins bien vers le mieux qui, depuis les Lumières, se confond avec la marche même de la civilisation ou de l'histoire universelle, une marche ascendante supposée nécessaire et irréversible. La temporalité progressiste est donc orientée vers le futur, pour autant que celui-ci rapproche l'humanité d'un point de perfection, ou que celle-ci s'avance, dans l'histoire, vers son achèvement ou son accomplissement. Croire au Progrès, c'est imaginer le devenir comme orienté vers un but. C'est aussi postuler que toute progression est porteuse d'amélioration.
Pierre-André Taguieff, Du progrès (2001)
Photo : Pexels - Rac Coon
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Guénon : Progrès et dangers pour l'humanité
"C’est par là que la civilisation moderne périra d’une façon ou d’une autre ; peu importe que ce soit par l’effet des dissensions entre les Occidentaux, dissensions entre nations ou entre classes sociales, ou, comme certains le prétendent, par les attaques des Orientaux « occidentalisés », ou encore à la suite d’un cataclysme provoqué par les « progrès de la science » ; dans tous les cas, le monde occidental ne court de dangers que par sa propre faute et par ce qui sort de lui-même.
René Guénon, La crise du monde moderne (1927)
Photo : Pexels
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Guénon : Progrès et bienfaits
Les prétendus « bienfaits » de ce qu’on est convenu d’appeler le « progrès », et qu’on pourrait en effet consentir à désigner ainsi si l’on prenait soin de bien spécifier qu’il ne s’agit que d’un progrès tout matériel, ces « bienfaits » tant vantés ne sont-ils pas en grande partie illusoires ? Les hommes de notre époque prétendent par là accroître leur « bien-être » ; nous pensons, pour notre part, que le but qu’ils se proposent ainsi, même s’il était atteint réellement, ne vaut pas qu’on y consacre tant d’efforts ; mais, de plus, il nous semble très contestable qu’il soit atteint. Tout d’abord, il faudrait tenir compte du fait que tous les hommes n’ont pas les mêmes goûts ni les mêmes besoins, qu’il en est encore malgré tout qui voudraient échapper à l’agitation moderne, à la folie de la vitesse, et qui ne le peuvent plus ; osera-t-on soutenir que, pour ceux-là, ce soit un « bienfait » que de leur imposer ce qui est le plus contraire à leur nature ?
René Guénon, La crise du monde moderne (1927)
Photo : Pexels
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Guénon : Progrès et travail
En effet, la « spécialisation », si vantée par certains sociologues sous le nom de « division du travail », ne s’est pas
imposée seulement aux savants, mais aussi aux techniciens et même aux ouvriers, et, pour ces derniers, tout travail intelligent est par là rendu impossible ; bien différents des artisans d’autrefois, ils ne sont plus que les serviteurs des machines, ils font pour ainsi dire corps avec elles ; ils doivent répéter sans cesse, d’une façon toute mécanique, certains mouvements déterminés, toujours les mêmes, et toujours accomplis de la même façon, afin d’éviter la moindre perte de temps ; ainsi le veulent du moins les méthodes américaines qui sont regardées comme représentant le plus haut degré du « progrès ». En effet, il s’agit uniquement de produire le plus possible ; on se soucie peu de la qualité, c’est la quantité seule qui importe ; nous revenons une fois de plus à la même constatation que nous avons déjà faite en d’autres domaines : la civilisation moderne est vraiment ce qu’on peut appeler une civilisation quantitative, ce qui n’est qu’une autre façon de dire qu’elle est une civilisation matérielle.René Guénon, La crise du monde moderne (1927)
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Guénon : Progrès et guerre
Du reste, en dehors de la question des rapports de l’Orient et de l’Occident, il est facile de constater qu’une des plus notables conséquences du développement industriel est le perfectionnement incessant des engins de guerre et l’augmentation de leur pouvoir destructif dans de formidables proportions. Cela seul devrait suffire à anéantir les rêveries « pacifistes » de certains admirateurs du « progrès » moderne ; mais les rêveurs et les « idéalistes » sont incorrigibles, et leur naïveté semble n’avoir pas de bornes.
René Guénon, La crise du monde moderne (1927)
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Guénon : Le progrès infini ?
C’est ainsi que la croyance à un « progrès » indéfini, qui était tenue naguère encore pour une sorte de dogme intangible et indiscutable, n’est plus aussi généralement admise ; certains entrevoient plus ou moins vaguement, plus ou moins confusément, que la civilisation occidentale, au lieu d’aller toujours en continuant à se développer dans le même sens, pourrait bien arriver un jour à un point d’arrêt, ou même sombrer entièrement dans quelque cataclysme.
René Guénon, La crise du monde moderne (1927)
Photo : Pexels
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Zweig : Un meilleur des mondes possibles
Le XIXe siècle, dans son idéalisme libéral, était sincèrement convaincu qu'il se trouvait sur la route rectiligne et infaillible du « meilleur des mondes possibles ». On considérait avec dédain les époques révolues, avec leurs guerres, leurs famines et leurs révoltes, comme une ère où l'humanité était encore mineure et insuffisamment éclairée. Mais à présent, il ne s'en fallait plus que de quelques décennies pour que les dernières survivances du mal et de la violence fussent définitivement dépassées, et cette foi en un « Progrès » ininterrompu et irrésistible avait véritablement, en ce temps-là, toute la force d'une religion. On croyait déjà plus en ce « Progrès » qu'en la Bible, et cet évangile semblait irréfutablement démontré chaque jour par les nouveaux miracles de la science et de la technique. Et en effet, à la fin de ce siècle de paix, une ascension générale se faisait toujours plus visible, toujours plus rapide, toujours plus diverse. Dans les rues, la nuit, au lieu des pâles luminaires, brillaient des lampes électriques ; les grands magasins portaient des artères principales jusque dans les faubourgs leur nouvelle splendeur tentatrice ; déjà, grâce au téléphone, les hommes pouvaient converser à distance, déjà ils volaient avec une vélocité nouvelle dans des voitures sans chevaux, déjà ils s'élançaient dans les airs, accomplissant le rêve d'Icare. Le confort des demeures aristocratiques se répandait dans les maisons bourgeoises, on n'avait plus à sortir chercher l'eau à la fontaine ou dans le couloir, à allumer péniblement le feu du fourneau ; l'hygiène progressait partout, la crasse disparaissait. Les hommes devenaient plus beaux, plus robustes, plus sains depuis que le sport trempait leur corps comme de l'acier ; on rencontrait de plus en plus rarement dans les rues des infirmes, des goitreux, des mutilés, et tous ces miracles, c'était l'œuvre de la science, cet archange du progrès ; d'année en année, on donnait de nouveaux droits à l'individu, la justice se faisait plus douce et plus humaine, et même le problème des problèmes, la pauvreté des grandes masses, ne semblait plus insoluble. Avec le droit de vote, on accordait à des classes de plus en plus étendues la possibilité de défendre leurs intérêts par des voies légales, sociologues et professeurs rivalisaient de zèle pour rendre plus saine et même plus heureuse la vie des prolétaires – quoi d'étonnant, dès lors, si ce siècle se chauffait complaisamment au soleil de ses réussites et ne considérait la fin d'une décennie que comme le prélude à une autre, meilleure encore ? On croyait aussi peu à des rechutes vers la barbarie, telles que des guerres entre les peuples d'Europe, qu'aux spectres ou aux sorciers ; nos pères étaient tout pénétrés de leur confiance opiniâtre dans le pouvoir infaillible de ces forces de liaison qu'étaient la tolérance et l'esprit de conciliation. Ils pensaient sincèrement que les frontières des divergences entre nations et confessions se fondraient peu à peu dans une humanité commune et qu'ainsi la paix et la sécurité, les plus précieux des biens, seraient imparties à tout le genre humain.
Stefan Zweig, Le Monde d'hier (1942)
Photo : Pexels - Miguel Á. Padriñán
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"La complainte du progrès"
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Barjavel : Sommes-nous des barbares ?
Tu as regardé les côtelettes avec horreur. Tu as dit :
- C'est un morceau coupé dans une bête ?
Je n'avais pas pensé à ça. Jusqu'à ce jour, pour moi, une côtelette n'était qu'une côtelette. J'ai répondu avec un peu de gêne :
- Oui.
Tu as regardé la viande, la salade, les fruits. Tu m'as dit :
- Vous mangez de la bête !... Vous mangez de l'herbe !... Vous mangez de l'arbre !...
J'ai essayé de sourire. J'ai répondu :
- Nous sommes des barbares.
J'ai fait venir des roses.
Tu as cru que cela aussi nous le mangions.René Barjavel, La nuit des temps (1968)
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Alain : Une image du progrès
La route en lacets qui monte. Belle image du progrès. Mais pourtant elle ne me semble pas bonne. Ce que je vois de faux, dans cette image, c'est cette route tracée d'avance et qui monte toujours ; cela veut dire que l'empire des sots et des violents nous pousse encore vers une plus grande perfection, quelles que soient les apparences ; et qu'en bref l'humanité marche à son destin par tous moyens, et souvent fouettée et humiliée, mais avançant toujours. Le bon et le méchant, le sage et le fou poussent dans le même sens, qu'ils le veuillent ou non, qu'ils le sachent ou non. Je reconnais ici le grand jeu des dieux supérieurs, qui font que tout serve leurs desseins. Mais grand merci. Je n'aimerais point cette mécanique, si j'y croyais. Tolstoï aime aussi à se connaître lui-même comme un faible atome en de grands tourbillons. Et Pangloss, avant ceux-là, louait la Providence, de ce qu'elle fait sortir un petit bien de tant de maux. Pour moi, je ne puis croire à un progrès fatal ; je ne m'y fierais point."
Alain, Propos (1921)
Photo : Pexels - Maël Balland
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Apple - Publicité - 1954
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Kant : Une espérance en des temps meilleurs
Cette espérance en des temps meilleurs, sans laquelle un désir sérieux de faire quelque chose d'utile au bien général n'aurait jamais échauffé le coeur humain, a eu de tout temps une influence sur l'activité des esprits droits. [...] Au triste spectacle, non pas tant du mal que les causes naturelles infligent au genre humain, que de celui plutôt que les hommes se font eux-mêmes mutuellement, l'esprit se trouve pourtant rasséréné par la perspective d'un avenir qui pourrait être meilleur ; et cela à vrai dire avec une bienveillance désintéressée, puisqu'il y a beau temps que nous serons au tombeau, et que nous ne récolterons pas les fruits que pour une part nous aurons nous-mêmes semés.
Les raisons empiriques invoquées à l'encontre du succès de ces résolutions inspirées par l'espoir sont ici inopérantes. Car prétendre que ce qui n'a pas encore réussi jusqu'à présent ne réussira jamais, voilà qui n'autorise même pas à renoncer à un dessein d'ordre pragmatique ou technique (par exemple le voyage aérien en aérostats), encore bien moins à un dessein d'ordre moral, qui devient un devoir dès lors que l'impossibilité de sa réalisation n'est pas démontrée. Au surplus [...] le bruit qu'on fait à propos de la dégénérescence irrésistiblement croissante de notre époque provient précisément de ce que [...] notre jugement sur ce qu'on est, en comparaison de ce qu'on devrait être, et par conséquent le blâme que nous nous adressons à nous-mêmes, deviennent d'autant plus sévères que notre degré de moralité s'est élevé.
Emmanuel Kant
Photo : Pexels - Moose Photos
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Orwell : 1984
À chaque palier, sur une affiche collée au mur, face à la cage de l’ascenseur, l’énorme visage vous fixait du regard. C’était un de ces portraits arrangés de telle sorte que les yeux semblent suivre celui qui passe. Une légende, sous le portrait, disait : BIG BROTHER VOUS REGARDE. À l’intérieur de l’appartement de Winston, une voix sucrée faisait entendre une série de nombres qui avaient trait à la production de la fonte. La voix provenait d’une plaque de métal oblongue, miroir terne encastré dans le mur de droite. Winston tourna un bouton et la voix diminua de volume, mais les mots étaient encore distincts. Le son de l’appareil (du télécran, comme on disait) pouvait être assourdi, mais il n’y avait aucun moyen de l’éteindre complètement. Winston se dirigea vers la fenêtre. Il était de stature frêle, plutôt petite, et sa maigreur était soulignée par la combinaison bleue, uniforme du Parti. Il avait les cheveux très blonds, le visage naturellement sanguin, la peau durcie par le savon grossier, les lames de rasoir émoussées et le froid de l’hiver qui venait de prendre fin.George Orwell, 1984 (1948)
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Sommes-nous fâchés avec le progrès ?
Le Café philosophique de Montargis proposera son prochain rendez-vous le vendredi 20 mars à la Médiathèque de Montargis, à 19 heures. Le sujet de la soirée portera sur cette question : « Sommes-nous fâchés avec le progrès ? »
La notion de progrès a été pendant des années un idéal. Il devait permettre, pensait-on, d’aller vers des sociétés plus évoluées, des techniques plus efficaces et des personnes plus heureuses. Les sciences devaient être la condition de ce progrès. Mais jusqu’où peut aller ce progrès si même la science nous met en garde contre l’emballement des évolutions technologiques ?
Que recoupe la notion de progrès ? Le progrès améliore-t-il forcément notre vie ? Devons-nous au contraire nous en méfier ? Le progrès amène-t-il le bonheur ou, au contraire, promet-il notre malheur ? Peut-on dire que le progrès est une notion dépassée ? En quoi peut-on dire que nous sommes "fâchés" avec ce concept ? Qu’est-ce qui pourrait nous "réconcilier" avec lui ?
Ce sont autant de questions qui pourrons être débattues lors de la prochaine séance du Café philosophique de Montargis. Rendez-vous à l’Atrium de la Médiathèque de Montargis pour ce débat le vendredi 20 mars 2026 à 19 heures.
La participation sera libre et gratuite.
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Pascal : Qu'est-ce que le progrès ?
Il n'en est pas de même de l'homme, qui n'est produit que pour l'infinité. Il est dans l'ignorance au premier âge de sa vie ; mais il s'instruit sans cesse dans son progrès : car il tire avantage non seulement de sa propre expérience, mais encore de celle de ses prédécesseurs, parce qu'il garde toujours dans sa mémoire les connaissances qu'il s'est une fois acquises, et que celles des anciens lui sont toujours présentes dans les livres qu'ils en ont laissés. Et comme il conserve ces connaissances, il peut aussi les augmenter facilement ; de sorte que les hommes sont aujourd'hui en quelque sorte dans le même état où se trouveraient ces anciens philosophes, s'ils pouvaient avoir vieilli jusqu'à présent, en ajoutant aux connaissances qu'ils avaient celles que leurs études auraient pu leur acquérir à la faveur de tant de siècles. De là vient que, par une prérogative particulière, non seulement chacun des hommes s'avance de jour en jour dans les sciences, mais que tous les hommes ensemble y font un continuel progrès à mesure que l'univers vieillit, parce que la même chose arrive dans la succession des hommes que dans les âges différents d'un particulier. De sorte que toute la suite des hommes, pendant le cours de tous les siècles, doit être considérée comme un même homme qui subsiste toujours et qui apprend continuellement : d'où l'on voit avec combien d'injustice nous respectons l'antiquité dans ses philosophes ; car, comme la vieillesse est l'âge le plus distant de l'enfance, qui ne voit que la vieillesse dans cet homme universel ne doit pas être cherchée dans les temps proches de sa naissance, mais dans ceux qui en sont le plus éloignés ? Ceux que nous appelons anciens étaient véritablement nouveaux en toutes choses, et formaient l'enfance des hommes proprement ; et comme nous avons joint à leurs connaissances l'expérience des siècles qui les ont suivis, c'est en nous que l'on peut trouver cette antiquité que nous révérons dans les autres.
Blaise Pascal, Préface au Traité du vide (1647)
Photo : Pexels - Anna H.
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"Le progrès"
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Huxley : Le meilleur des mondes
Un oeuf, un embryon, un adulte, — c'est la normale. Mais un oeuf bokanovskifié a la propriété de bourgeonner, de proliférer, de se diviser : de huit à quatre-vingt-seize bourgeons, et chaque bourgeon deviendra un embryon parfaitement formé, et chaque embryon, un adulte de taille complète. On fait ainsi pousser quatre-vingt-seize êtres humains là où il n'en poussait autrefois qu'un seul. Le progrès. — La bokanovskification, dit le D.I.C. Pour conclure, consiste essentiellement en une série d'arrêts du développement. Nous enrayons la croissance normale, et, assez paradoxalement, l'oeuf réagit en bourgeonnant... A ce moment, l'oeuf primitif avait de fortes chances de se transformer en un nombre quelconque d'embryons compris entre huit et quatre-vingt- seize, « ce qui est, vous en conviendrez, un perfectionnement prodigieux par rapport à la nature. Des jumeaux identiques, mais non pas en maigres groupes de deux ou trois, comme aux jours anciens de reproduction vivipare, alors qu'un oeuf se divisait parfois accidentellement ; mais bien par douzaines, par vingtaines, d'un coup. »
— Par vingtaines, répéta le Directeur, et il écarta les bras, comme s'il faisait des libéralités à une foule. Par vingtaines. Mais l'un des étudiants fut assez sot pour demander en quoi résidait l'avantage.
— Mon bon ami ! le Directeur se tourna vivement vers lui, vous ne voyez donc pas? Vous ne voyez pas ?
Il leva la main ; il prit une expression solennelle
— Le Procédé Bokanovsky est l'un des instruments majeurs de la stabilité sociale ! Instruments majeurs de la stabilité sociale. Des hommes et des femmes conformes au type normal ; en groupes uniformes. Tout le personnel d'une petite usine constitué par les produits d'un seul oeuf bokanovskifié. Quatrevingt-seize jumeaux identiques faisant marcher quatre-vingt-seize machines identiques !Aldous Huxley, Le meilleur des mondes (1932)
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Merci aux participants de la séance à la Micro-Folie
Environ 15 personnes étaient présentes pour la séance exceptionnelle à la Micro-Folie de l'AME, à Montargis, ce samedi 14 mars.
Merci à toutes et à tous pour ce débat qui avait pour sujet l'art, avec une question : "Tout le monde peut-il se prétendre artiste ?"
Rendez-vous à la Médiathèque de l'Agorame pour la prochaine séance, le vendredi 20 mars prochain.
Le débat portera sur cette question : "Sommes-nous fâchés avec le progrès ?"
Photo : Pexels - Ann H
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Juvénal : Mysoginie
jadis, une très humble condition
Sauvegardait la chasteté de nos Romaines, et le travail,
Le sommeil bref, les mains durcies et gercées par la laine étrusque,
Les maris sur la tour de guet parce qu'Hannibal est aux portes,
Tout cela préservait des atteintes du vice
Leurs modestes maisons. Nous souffrons aujourd'hui
Des maux d'une trop longue paix. Car plus funeste que les armes,
Se ruant sur nous, la luxure venge l'univers asservi...
Nobles ou femmes de rien, même dévergondage...
La femme qui est dans ton lit, qu'elle n'ait surtout pas de style,
De phrases alambiquées en figures logiques !
Puisse-t-elle en histoire ignorer quelque chose,
Et quand elle lit, ne pas tout comprendre !
Ne me parlez pas d'une femme qui débobine sans arrêt
La grammaire de Palémon, sans jamais écorcher la langue,
D'une érudite qui me cite des vers que je ne connais pas,
Et relève chez une amie peu instruite quelque bévue
Que laisseraient passer les hommes...Juvénal, Satire VI (Ie s.)
Photo : Pexels - Thiago Matos
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Le Café philosophique de Montargis fixe un autre rendez-vous le 20 mars
Le Café philosophique de Montargis retrouvera son lieu désormais classique de rendez-vous, le vendredi 20 mars à la Médiathèque de l'AME de Montargis.
Le sujet sera prochainement défini.
A bientôt !0
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Merci aux participants de la séance du vendredi 30 janvier
Environ 30 personnes étaient présentes à la séance du 30 janvier pour le débat qui avait pour thème la raison et les émotions.
Merci aux participants de cette séance à la Médiathèque de l'AME ainsi qu'à son équipe.
Le Café Philosophique de Montargis fixe plusieurs rendez-vous.
Il n'y aura pas de débats en février.
Rendez-vous au Hangar de Châlette/Loing le samedi 7 mars prochain dans l'après-midi. L'équipe du Café philo sera présente à l'occasion de la "Journée F’âme(s)", placée comme chaque année sous le signe de la Journée Internationale pour le Droit des Femmes. Au menu de cette journée, des rencontres, des débats et un joli moment de convivialité.
Le samedi 14 mars, débat à la Micro-Folie de l'Agglomération Montargoise, de 14 heures à 16 heures. Le débat portera sur l'art et l'esthétique.
Le vendredi 20 mars, débat à la Médiathèque de l'AME à Montargis, à 19 heures. Le sujet sera choisi lors de la séance à la Micro-Folie.
De riches rendez-vous en perspective !
A bientôt.
Photo : Café Philosophique de Montargis