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  • MERCI AUX PARTICIPANTS DE LA SÉANCE DU 29 NOVEMBRE, A L'AGART

    WP_000870.jpgLe café philosophique de Montargis réunissait pour sa séance du 29 novembre 2013, qui avait lieu exceptionnellement à l'AGART d'Amilly,  de 90 à 100 personnes. Pour la première fois, le café philosophique de Montargis se décentralisait et devenait, l'espace d'un soir "le café philosophique d'Amilly"!

    Le débat, qui avait lieu dans cette remarquable galerie d'art, s'intitulait : "Un bon artiste est-il le Surhomme ?"

    Claire et Bruno tiennent à remercier les personnes qui étaient présentes. Bientôt, sur ce site, vous retrouverez comme d'habitude le compte-rendu de cette séance.

    La prochaine séance du café philosophique de Montargis aura lieu le vendredi 10 janvier 2014.Le débat sera intitulé : "L'utopie est-elle dénuée de toute valeur ?"


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  • SANS COMMENTAIRE

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  • PROCHAIN CAFÉ PHILOSOPHIQUE : "UN BON ARTISTE EST-IL LE SURHOMME ?"

    Affiche Ag art normal.jpg

    La prochaine séance du café philosophique de Montargis aura lieu le vendredi 29 novembre 2013 à 19 heures.

    Attention ! Exceptionnellement, cette séance sera décentralisée car elle aura lieu à l'AGART. 

    Le débat sera intitulé : "Un bon artiste est-il le Surhomme ?"

    Contacts de l'AGART

    35, rue Raymond Tellier, 45200, Amilly. Tél. : 07 81 27 36 26 ou 02 38 85 79 09 
    Adresse mail : 
    contact@galerieagart.com
    Site Internet : 
    http://www.galerieagart.com.

      

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  • COMPTE-RENDU DE LA SÉANCE "QU'EST-CE QUE L'AMITIÉ ?"

    Thème du débat : "Qu'est-ce que l'amitié ?" 

    Date : 8 novembre 2013 à la Brasserie du Centre commercial de la Chaussée.

    amitiés.jpgLe vendredi 8 novembre 2013, environ 120 personnes étaient présentes pour une nouvelle séance du café philosophique de Montargis intitulée "Qu’est-ce que l’amitié ?" 

    Pour commencer le débat, Claire cite Jean-Jacques Rousseau : "Il y a plus d’amour dans l’amitié que dans l’amour lui-même parce qu’il n’y a pas d’amour-propre". Y aurait-il donc plus de noblesse dans le sentiment amical que dans le sentiment amoureux ?

    Une question à se poser est celle de savoir si l’amitié est dénuée d’amour, voire si elle s’y oppose. Une participante réagit en mettant en avant la dimension sexuelle dans l’amour. Là, sans doute, se situe une forme d’intéressement, ce que n’a pas, a priori, l’amitié ("Amitié : mariage de deux êtres qui ne peuvent pas coucher ensemble", disait Jules Renard). C’est sans doute ce qu’implicitement veut dire Jean-Jacques Rousseau lorsqu’il parle de cette soif d’amour propre. Ne s’agirait-il pas d’un "désir sexuel", qui n’est pas présent dans l’amitié ? Son absence fait que le sentiment amical est traditionnellement considéré comme plus noble : "Il est plus ordinaire de voir un amour extrême qu'une parfaite amitié" écrivait le moraliste Jean de La Bruyère.

    Ne peut-on pas parler d’une forme de narcissisme dans l’amour, dans la mesure où ce sentiment permettrait de se chercher soi-même ? Au contraire, l’amitié serait un peu plus pur car ce serait un amour de bénévolence par excellence : je donne tout à l’autre sans rien attendre en retour, sans aspect passionnel. Pour Jean-Paul Sartre, dans l’amour on a un rapport de sujet à objet alors que dans l’amitié je prends l’autre comme mon égal. 

    depardieu dewaere.jpgComment définir ce qu’est l’amitié ? Un participant considère que l’amitié n’est pas mesurable, dans la mesure où il n’y a pas d’indicateurs. Si l’on continue la différence avec l’amour, l’amitié a la particularité d’être considérée comme plus vérace que l’amour, qui charrie souvent son lot d’illusions. L’amitié se vivrait alors que l’amour se déclarerait et se penserait. Mais l’amitié peut également reposer sur des fondations biaisées, réagit un intervenant et, à l’instar de l’amour, avoir comme corollaires trahisons, malentendus ou incompréhensions. Un autre participant souligne qu’une différence notable entre l’amour et l’amitié, différence pas si anecdotique que ça, réside dans la notion de cohabitation. Aujourd’hui, les amis ne vivent en général pas ensemble (si l’on omet certains couples ou bien des communautés marginales). Au contraire, la plupart du temps les couples formés dans le cadre d’une relation amoureuse sont dans un quotidien qui vient à brouiller les liens entre ces deux personnes. Dans l’amitié, ce lien, non pollué par la trivialité des choses domestiques, garde une certaine pureté et une pérennité. Une pureté qui n’est pas étrangère à l’absence de désir sexuel. 

    Un tel désir est-il réellement absent dans l’amitié ? Un rapprochement charnel n’est-il pas possible ? Il y a certainement une forme d’élection physique dans la relation amicale, ce que plusieurs personnes du public confirment. Preuve en est que le premier rapport amical est celle de la rencontre incarnée, souvent survenant à l’improviste. Ce qui fait dire que la séduction est là, que ce soit pour un homme ou pour une femme, sans pour autant qu’il y ait passage à l’acte. Une participante évoque toute la beauté d’une rencontre amicale avec une jeune femme ("Béatrice"), rencontrée des années plus tôt. Elle témoigne d’un "coup de foudre amical", sans pour autant qu’il y ait attirance physique. Ce qui ne veut pas dire, ajoute-t-elle, que la jalousie soit absente. On peut être assurément possessif en amitié en raison de cette affinité élective évoquée plus haut. 

    "On ne choisit pas ses amis", dit encore un intervenant : on peut avoir envie de nouer (voire renouer) une relation amicale. Encore faut-il qu’il y ait réciprocité de ce désir. Or, en amour, fait observer Bruno, la réciprocité n’est pas forcément au rendez-vous. 

    Si l’on parle de définir ce qu’est l’amitié, Claire pose cette question : qu’est-ce qui distingue l’ami, du copain, du compagnon ou de l’allié ? L’amitié et l’ami peuvent prendre plusieurs visages, est-il affirmé tout au long du débat de ce soir : l’amitié fusionnelle ou inconditionnelle, la notion d’âme-sœur, l’ami comme seconde famille, celle de circonstance, voire l’ami Facebook (nous y reviendrons) et celle des réseaux sociaux, professionnels ou non ! Il y a assurément plusieurs degrés dans l’amitié, comme le dit une intervenante. Finalement, est-il dit encore, et pour reprendre une citation de Hervé Lauwick, "un ami, c'est quelqu'un qui vous connaît bien et qui vous aime quand même".  

    boileau narcejac.jpgSelon une autre intervenante, l’amitié idéale pourrait avoir comme caractéristique principale la pérennité. Ce qui en fait quelque chose de plus rare. Claire évoque la rencontre entre Marceline Loridan-Ivens et Simone Veil dans les camps de la mort : "j’ai enfin compris que cette femme allait faire partie des femmes de ma vie" dit-elle en parlant de la future ministre (en lire plus ce lien). Il y a, nous l’avons dit, cette idée du coup de foudre déjà évoqué. Mais il y a aussi exprimé une forme d’intéressement. Un intéressement si fort que la jalousie n’est pas exclue. Une participante réagit en affirmant que tout échange – amical, amoureux ou autre – implique quelque chose en réponse. Un participant considère ceci : "Quand on aide un ami, on n’attend pas à recevoir quelque chose de lui en retour mais on attend quelque chose de lui malgré tout". L’absence de toute réciprocité peut mettre un danger cette relation amicale.

    Puisque l’on utilise le terme d’"élection", peut-il y avoir la possibilité de créer une "communauté d’amis" (Montaigne). Aristote parle de polyphilia dans Éthique à Nicomaque, une communauté d’amis égalitaire. Cette philia, dit Bruno, est l’amitié civique grecque. C’est un type d’amitié absent aujourd’hui dans nos sociétés, pour qui l’amitié se définit d’abord comme une relation intra-personnelle. La polyphilia a vocation à être une base sociale très forte et à être facteur d’entraide et de solidarité. Au contraire, dans nos cultures occidentales, c’est l’État, un État désincarné et parfois bureaucratique, qui a en charge d’aider les citoyens.

    Cela n’a pas toujours été le cas. Bruno évoque la plus célèbre histoire d’amitié de la littérature française, celle entre Montaigne et Étienne de La Boétie ("Parce que c’était lui, parce que c’était moi"). Il n’est pas anodin de préciser que cette amitié, née durant le drame des terribles Guerres de religion, n’aurait certainement pas pu s’épanouir sans prendre la forme d’une philia, cette amitié civique : nous nous rencontrons, nous sommes amis et nous restons ensemble dans une "communauté d’amis", pour le meilleur et pour le pire. Nous avons bien là l’exemple d’une amitié qui n’est pas entièrement désintéressée. 

    Cette philia n’a pas entièrement disparu dans nos époques modernes : citons les amitiés formés dans les rangs des Résistants durant la seconde guerre mondiale, dans les tranchées de la première guerre mondiale ou bien parmi les militants communistes (texte de JP Vernant). 

    Dans la philia, c’est l’échange qui fait sens. Une jeune participante cite à ce sujet David Foenkinos : "J’ai sans doute entendu dire qu’un véritable ami c’est quelqu’un qu’on peut appeler en pleine nuit lorsque l’on se retrouve avec un cadavre sur les bras. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai toujours aimé cette idée. Il y a des gens qui se demandent ce qu’ils feraient s’ils gagnaient au Loto. Moi, je me demande qui j’appellerais le jour où je devrais me débarrasser d’un corps, car il est très peu probable que je gagne un jour au Loto. Je parcours la liste de mes amis et j’hésite. Je pèse le pour et le contre d’une lâcheté éventuelle. Et puis, je me rends compte que le choix est plus complexe que prévu. Aimer un ami c’est aussi éviter de l’impliquer dans une histoire aussi sordide que risquée."

    montaigne-boétie.jpgL’amitié est omniprésente dans nos sociétés, même si elle ne prend pas la forme de la polyphilia antique. Cependant, il y a sans doute un peu de cette amitié civique dans les réseaux sociaux. L’ami Facebook (cf. lien vers cette publicité) est un emprunt à l’amitié anglo-saxonne (friendship), plus "lâche" et plus éphémère que l’amitié telle que nous la concevons dans notre idéal français (celle de Montaigne et La Boétie). Cette amitié "sociale" (nous dirions "civique") peut se défaire en un clic de souris et en quelques secondes : plus que dans la "vie réelle", on peut "changer d’ami comme de chemise", pour reprendre l’expression d’un intervenant. 

    Quel est le rôle de cet ami si on parle d’intéressement et peut-on vivre sans ami ? L’intéressement en question n’est-ce pas la compréhension et l’oreille ? Comme le dit un intervenant, "la nature nous a donné deux oreilles et une bouche afin d’écouter deux fois plus que parler". L’ami(e) est certainement celui ou celle qui écoute, voire conseille. L’ami peut être celui qui dit la vérité, coûte que coûte, comme le disent Aristote ou Molière (Alceste). À moins que l’ami ne soit celui qui se tait, dans le respect, sans jugement : "Je n’ai rien trahi. Car je n’avais rien à trahir. Je me suis interdit de vouloir connaître les secrets de mon ami et je ne les connais pas" (André Hardellet). L’ami pourrait également être celui qui garde notre jardin, en s’interdisant de pénétrer dans notre maison !

    Nous avons dit toute l’importance du rôle de l’affinité élective : la personne "choisie" l’est pour son essence, "pour ce qu’elle est vraiment". Et, plus encore, entretenir ce sentiment se fait dans une volonté qui est tout sauf désintéressée. J’attends de mon ami des conseils ou, à tout le moins, une forme d’acquiescement. En réalité, "on choisit le conseilleur" car on sait inconsciemment ou consciemment quel(s) avis l’on va recevoir de cette personne élue au nom de l’amitié. À ce sujet, c’est Sartre qui parle dans L’Existentialisme est un Humanisme de la polyphilia et de ses limites aristotéliciennes, à savoir que je ne peux pas donner autant, égalitairement, à tous mes amis. Pour Sartre, l’amitié a ce rôle de nourriture spirituelle, à ce ceci près et contrairement à l’amour, qu’elle est plurielle. Et, nous dit Sartre, selon les circonstances et selon les besoins, je vais m’adresser à tel(le) ou tel(le) ami(e) dont je sais qu’il/elle va me répondre ce que je veux entendre. Lorsque je suis face à une interrogation, il faut que je trouve dans mon cercle de relations l’ami ad hoc qui donnera l’avis qui irait dans mon sens.  

    Que la pérennité ne soit pas au rendez-vous est courante. Pour revenir à Montaigne et La Boétie, il faut avoir à l’esprit que cette amitié célébrissime et considérée comme un modèle n’a duré que quatre ans et s’est terminée avec le décès de La Boétie à l’âge de trente-deux ans (en 1563, alors que Montaigne est décédé en 1592 !).

    Jacques rivière alain fournier.jpgCela dit, lorsque ce n’est pas la mort qui met fin à l’amitié, elle peut s’arrêter subitement. Voilà qui peut surprendre, alors même que nous avons dit que le sentiment amical est souvent considéré comme un idéal ? Si une amitié prend fin, répond un intervenant, cela est souvent parce que des conditions ne sont plus réunies. Ce lien ne peut pas perdurer car des attentes qui ne sont plus satisfaites. Il convient de tenir compte des changements survenant au cours de nos vies et qui peuvent entraîner la fin de cette affinité élective ? L’amitié, nous l’avons dit avec la polyphilia, répond souvent à des besoins. Comme le disait encore David Foenkinos : "Il y a des gens formidables qu’on rencontre au mauvais moment et il y a des gens qui sont formidables parce qu’on les rencontre au bon moment.

    À partir du moment où l’amitié est là, dit Claire, la pérennité est attendue comme une condition sine qua non de ce sentiment rare : "On est ami(e)s, à la vie à la mort". Or, si une brouille vient à surgir, si un désaccord, voire une broutille, met un coup de griffe à cette relation que l’on pensait solide comme le roc, est-ce à dire que ce qui a été vécu jusqu’alors était de l’ordre de l’illusion ou bien à une chose sans importance ? Une participante reconnaît que l’amitié peut ne pas durer – comme l’amour d’ailleurs. Toutefois, cela n’enlève rien aux belles histoires et aux apports mutuels. D’ailleurs, selon les circonstances de l’existence, une amitié peut être comme suspendue dans le temps et l’espace puis reprendre comme si de rien n’était : "On reste ami, finalement !"

    Il n’en est pas moins vrai que la fin d’une relation amicale sonne dans l’entourage comme une incompréhension, voire un tsunami : "Vous ne vous parlez plus ? Mais pourquoi ? Vous étiez tellement ami(e)s !" La fin d’une amitié pourrait s’apparenter à un deuil cruel. La reconstruction est possible mais il s’agit d’une perte de repères et cette reconstruction est difficile. L’amitié perdue reste une perte incalculable dans la mesure où, d’une amitié disparue, il reste toujours quelque chose, un lien indicible ("Les blessures d'amitié sont inconsolables" écrivait Tahar Ben Jelloun). Il est toutefois possible, est-il affirmé, que les liens dissolues, en raison de futilités ou de confiance trahie, ne soient renoués grâce au pardon.  

    camus-sartre.jpg

    Claire cite à ce sujet la rupture d’amitié entre Jean-Paul Sartre et Albert Camus. Une brouille – philosophique, et qui n’avait rien de désuète ! – est intervenue entre les deux hommes, au point qu’ils ont fini par ne plus se parler. Lorsque Camus est décédé en 1962, Sartre a très mal vécu qu’ils n’aient plus été amis à ce moment. Il écrit : "Nous étions brouillés. Une brouille, ce n’est rien. Juste une façon de continuer à vivre ensemble dans le seul monde qui nous est donné." Il y a cette idée que l’échange et les liens perdurent malgré les choses de la vie qui peuvent nous séparer. 

    Car le véritable ami pourrait aussi être celui que l’on reconnaît a posteriori. Ce deuil nous fait cruellement ressentir la perte d’une amitié que l’on n’avait pas expérimentée jusqu’alors. Sans doute est-ce aussi le sens des réflexions de Sartre à l’égard de Camus.

    D’ailleurs, si brouille il y a, contrairement à l’amour, cela ne fait pas de cet ami quelqu’un que l’on n’aime plus du tout. Il peut y avoir désaccord et absence de contacts mais cela n’en fait pas un monstre. Cela reste quelqu’un avec qui l’on a partagé énormément. Les partages et les choses vécues ensemble font de cette personne – de celui ou celle qui a été notre ami(e) – quelqu’un que l’on traite et que l’on traitera avec bienveillance malgré tout. 

    En conclusion de ce débat, un participant souhaite réagir ainsi : "il n’y a pas d’amitiés, il n’y a que des preuves d’amitié", pour reprendre un célèbre dicton. Bruno clôt la séance par une citation d’Albert Camus au sujet de Roger Martin du Gard, un ami qu’il pleura à sa mort : "La seule présence de cet homme incomparable aidait à vivre."

    La prochaine séance du café philosophique de Montargis sera une séance décentralisée car elle aura lieu à La galerie d’art de l’AGART à Amilly, le 29 novembre 2013. Le débat portera sur cette question : "Un bon artiste est-il le Surhomme ?"  

    Philo-Galerie

    Les illustrations de ce compte-rendu sont les portraits d'amis dans le monde des arts, de la littérature et, bien entendu, de la philosophie : Depardieu et Dewaere, Boileau et Narcejac, Montaigne et La Boétie, Rivière et Alain Fournier, Sartre et Camus.


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  • ILS ONT DIT, AU SUJET DE LES ARTISTES ET DU SURHOMME

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    "Muse, chante la colère du fils de Pélée." [Homère]

    "C'est chose légère que le poète, ailée, sacrée: il n'est pas en état de créer avant d'être inspiré par un dieu, hors de lui, et de n'avoir plus sa raison; tant qu'il garde cette faculté, tout être humain est incapable de faire oeuvre poétique et de chanter des oracles." [Platon]

    "La tragédie est imitation." [Aristote]

    "De ce qui a été dit résulte clairement que le rôle du poète est de dire non pas ce qui a réellement eu lieu mais ce à quoi on peut s’attendre, ce qui peut se produire conformément à la vraisemblance ou à la nécessité." [Aristote]

    "S'il ne sent point du ciel l'influence secrète / Si son astre en naissant ne l'a formé poète, / Sans son génie étroit, il est toujours captif." [Nicolas Boileau]

    "En peinture, il n’y a pas de règle plus raisonnable que l’équilibre des formes : il faut les placer avec la plus grande précision sur leur propre centre de gravité. Une forme mal équilibrée est disgracieuse ; elle provoque en effet l’idée de sa chute et celle de dommage et de douleur, ce sont des idées pénibles quand par sympathie elles acquièrent quelque degré de force et de vivacité." [David Hume]

    "Le génie n’est autre chose qu’une grande aptitude à la patience." [GLL Buffon]

    "Quand je me sens bien et que je suis de bonne humeur […], les pensées me viennent en foule et le plus aisément du monde. D’où et comment m’arrivent-elles ? Je n’en sais rien, je n’y suis pour rien." [Wolfgang Amadeus Mozart]

    "Est beau ce qui plaît universellement, sans concept." [Emmanuel Kant]

    "Le génie est le talent de produire ce dont on ne peut donner de règle déterminée, et non pas l'habileté qu'on peut montrer en faisant ce qu'on peut apprendre suivant une règle ; par conséquent, l'originalité est sa première qualité." [Emmanuel Kant]

    "Pour acquérir en ce domaine un parfait savoir-faire, ce n'est pas l'inspiration qui peut être d'un quelconque secours, mais seulement la réflexion, l'application et une pratique assidue." [GWF Hegel]

    "D’une façon générale, il faut dire que l’art, quand il se borne à imiter, ne peut rivaliser avec la nature, et qu’il ressemble à un ver qui s’efforce en rampant d’imiter un éléphant." [GWF Hegel

    "Ce n'est que par la pure contemplation… que sont appréhendées les Idées et la nature du génie consiste précisément dans la capacité par excellence à une telle contemplation … ce qui exige un oubli complet de notre propre personne." [Arthur Schopenhauer]

    "[Le génie] atteint un but que les autres ne peuvent même pas voir." [Arthur Schopenhauer]

    "L’art sauvera le monde." [Fiodor Dostoïevski]

    "Un formidable esprit descend dans sa pensée/ Sa parole luit comme un feu / Et son front porte tout un Dieu." [Victor Hugo]  

    "Pas d’idées ! Surtout, pas d’idées !" [William Bouguereau]

    "Nous avons l’art afin de ne pas mourir de la vérité." [Friedrich Nietzsche]

    "Tous les grands hommes sont de grands travailleurs, infatigables non seulement à inventer, mais encore à rejeter, passer au crible, modifier, arranger. [De là] les magnifiques mélodies de Beethoven […] triées d’ébauches multiples." [Friedrich Nietzsche]

    "Je vous enseigne le Surhumain. L'homme est quelque chose qui doit être surmonté." [Friedrich Nietzsche]

    "Le surhumain est le sens de la terre. Que votre volonté dise : que le surhumain soit le sens de la terre!" [Friedrich Nietzsche]

    "Vous les solitaires d'aujourd'hui, vous qui demeurez à l'écart, vous serez un peuple un jour : de vous qui vous êtes vous-mêmes élus naîtra un peuple élu – et de lui naîtra le surhumain." [Friedrich Nietzsche]

    "Qu'est-ce que le singe pour l'homme ? Un objet de risée ou une honte douloureuse. Et c'est exactement cela que l'homme doit être pour le surhumain : un objet de risée ou une honte douloureuse." [Friedrich Nietzsche]

    "L'artiste a le pouvoir de réveiller la force d'agir qui sommeille dans d'autres âmes." [Friedrich Nietzsche]

    "Il faut avoir du chaos en soi pour enfanter une étoile dansante." [Friedrich Nietzsche]

    "L'art étant surhumain, il cultive l'élément surhumain en l'homme et se trouve être, par conséquent, un moyen d'évolution de l'humanité au même titre que la religion." [Piet Mondrian]

    "L’idée d’une œuvre d’art conservatrice a quelque chose d’absurde. En se séparant en toute rigueur du monde empirique, de leur autre, les œuvres témoignent que ce monde lui-même doit devenir autre chose." [Theodor W. Adorno]

    " La définition de ce qu’est l’art est toujours donnée à l’avance par ce qu’il fut autrefois, mais n’est légitimée que par ce qu’il est devenu, ouvert à ce qu’il veut être et pourra peut-être devenir." [Theodor W. Adorno]

    "Mais c'est expressément à Manet que nous devons attribuer d'abord la naissance de cette peinture sans autre signification que l'art de peindre qu'est la "peinture moderne" [George Bataille]

    "L’Homme habite en poète." [Martin Heidegger]

    " L'art est la mise en œuvre de la vérité." [Martin Heidegger]

    "Si nos écrivains et artistes venus des milieux intellectuels veulent que leurs oeuvres soient bien accueillies par les masses, il faut que leurs pensées et leurs sentiments changent, il faut qu'ils se rééduquent..." [Mao Zedong]

    "[L’art] c’est la seule chose qui résiste à la mort." [André Malraux]

    "L'artiste doit se faire regretter déjà de son vivant !" [René Char]

    "La main du poète-scribe n'est qu'un appareil enregistreur, un marteau sans maître." [René Char]

    "Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égard ni patience." [René Char]

    "Quel est le rapport de l’œuvre d’art avec la communication ? Aucun." [Gilles Deleuze]

    "[L’artiste est ] une sorte de monstre inconscient, irresponsable, un simple médiateur entre le commun des mortels et une puissance obscure, un Dieu." [Alain Robbe-Grillet]

    "Créer pour vivre ou vivre pour créer : toute la différence entre l’artiste et l’artisan." [Michel Polac]

    "Le peinte hyperréaliste ne dit pas au spectateur comment il doit ressentir le sujet, il affirme simplement qu’il existe et qu’il vaut la peine de le regarder parce qu’il existe." [Linda Chase

    "Un artiste est presque toujours tendu sur le bord du délire." [Hélène Grimaud]


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  • RENÉ CHAR : "LE MARTEAU SANS MAÎTRE"

    "Commune présence

    Tu es pressé d'écrire,
    Comme si tu étais en retard sur la vie.
    S'il en est ainsi fais cortège à tes sources.
    Hâte-toi.
    Hâte-toi de transmettre
    Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance.
    Effectivement tu es en retard sur la vie,
    La vie inexprimable,
    La seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t'unir,
    Celle qui t'est refusée chaque jour par les êtres et par les choses,
    Dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments décharnés
    Au bout de combats sans merci.
    Hors d'elle, tout n'est qu'agonie soumise, fin grossière.
    Si tu rencontres la mort durant ton labeur,
    Reçois-là comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride,
    En t'inclinant.
    Si tu veux rire,
    Offre ta soumission,
    Jamais tes armes.
    Tu as été créé pour des moments peu communs.
    Modifie-toi, disparais sans regret
    Au gré de la rigueur suave.
    Quartier suivant quartier la liquidation du monde se poursuit
    Sans interruption,
    Sans égarement.

    Essaime la poussière
    Nul ne décèlera votre union."

    René Char, Le Marteau Sans Maître, (1934)

     
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  • RETOUR EN ARRIÈRE

    Lors de sa deuxième saison, le café philosophique de Montargis avait débattu sur l'art. La séance du 18 février 2011 posait cette question : "L'art : à quoi ça sert?"

    Pour en savoir plus, rendez-vous sur ce lien.

     

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  • BAUDELAIRE : "LE CONFITEOR DE L'ARTISTE"

    baudelaire.jpg

    "Que les fins de journées d’automne sont pénétrantes ! Ah ! pénétrantes jusqu’à la douleur ! car il est de certaines sensations délicieuses dont le vague n’exclut pas l’intensité ; et il n’est pas de pointe plus acérée que celle de l’Infini.

    Grand délice que celui de noyer son regard dans l’immensité du ciel et de la mer ! Solitude, silence, incomparable chasteté de l’azur ! une petite voile frissonnante à l’horizon, et qui par sa petitesse et son isolement imite mon irrémédiable existence, mélodie monotone de la houle, toutes ces choses pensent par moi, ou je pense par elles (car dans la grandeur de la rêverie, le moi se perd vite !) ; elles pensent, dis-je, mais musicalement et pittoresquement, sans arguties, sans syllogismes, sans déductions.

    Toutefois, ces pensées, qu’elles sortent de moi ou s’élancent des choses, deviennent bientôt trop intenses. L’énergie dans la volupté crée un malaise et une souffrance positive. Mes nerfs trop tendus ne donnent plus que des vibrations criardes et douloureuses.

    Et maintenant la profondeur du ciel me consterne ; sa limpidité m’exaspère. L’insensibilité de la mer, l’immuabilité du spectacle me révoltent… Ah ! faut-il éternellement souffrir, ou fuir éternellement le beau ? Nature, enchanteresse sans pitié, rivale toujours victorieuse, laisse-moi ! Cesse de tenter mes désirs et mon orgueil ! L’étude du beau est un duel où l’artiste crie de frayeur avant d’être vaincu."

    Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris (1869, posthume)

     

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  • SANS COMMENTAIRE

    "Quand je me sens bien et que je suis de bonne humeur […], les pensées me viennent en foule et le plus aisément du monde. D’où et comment m’arrivent-elles ? Je n’en sais rien, je n’y suis pour rien."

    [W.A. Mozart]


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  • JOSEPH BEUYS : L'ARTISTE PEUT-IL ÊTRE UN SURHOMME?

    "Joseph Beuys fonda paradoxalement sa pratique à la fois sur son autobiographie, à la fois sur l'engagement social. Si l'oeuvre de Beuys se tourne vers le personnage de lui-même et la mythologie qu'il créa, avec son chapeau de feutre, sa veste de pêcheur et ses matériaux auxquels il prête une symbolique personnelle particulière (feutre, graisse, cuivre, miel, lièvre, etc.) c'est vers le personnage d'un chaman que cette oeuvre est construite. Beuys, par ses symboles et ses actions souhaitait contribuer à guérir la société, ou plutôt à l'amener à se guérir elle-même par l'art. "Chaque homme est un artiste", disait Beuys croyant que si chacun utilise sa créativité, cela mènera à la liberté. Pourrions-nous croire à une suite de la quête de Nietzsche avec son "surhomme"?

    Joseph Beuys était très proche du groupe Fluxus avec ses idées d'intermédia et du rapprochement entre l'art et la vie. D'après ce que j'ai déjà lu, il aurait été un très bon interprète des partitions Fluxus, mais un chaman peut-il ne rester qu'un interprète ? Aussi, si la forme des performances de Fluxus est très avantgardiste pour l'époque et très conceptuelle, la direction de Beuys deviendra beaucoup plus engagée socialement et beaucoup plus symbolique. Son rapprochement entre l'art et la vie se fait par l'idée de sculpture sociale et pour sculpter la société, il faut agir au sein de celle-ci. C'est avec cette idée en tête par exemple qu'il réalise à la Documenta 7, à Kassel en 1982 le projet "7000 chênes" qui consistait à inviter les gens avec lui à planter 7000 chênes sur le territoire planétaire. Le projet se continua même après la mort de Beuys en 1986..."

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    Punctum Arts Visuels, la revue d'art web sur le Québec

    http://www.punctum-qc.com

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  • ECO : "DE SUPERMAN AU SURHOMME" OU JAMES BOND VU PAR LA SÉMIOLOGIE

    "Chez Fleming, la diversion, au lieu de ressembler à une entrée du Larousse située au mauvais endroit, acquiert un double relief : d'abord, elle est rarement une description de l'inhabituel – comme chez Salagari ou Jules Verne – mais la description du déjà-connu; ensuite, elle n'intervient pas en tant qu'information encyclopédique mais en tant que suggestion littéraire, et à ce titre, elle va "ennoblir" le fait raconté.

    Examinons ces deux points car ils révèlent l'âme secrète de la machine stylistique de Fleming.

    ecoFleming ne décrit jamais le séquoia, le lecteur n'a jamais eu l'occasion d'en voir. Il décrit une partie de canasta, une voiture de série, le tableau de bord d'un avion, le wagon d'un train, la carte d'un restaurant, le paquet de cigarettes d'une marque trouvable dans n'importe quel bureau de tabac. Il liquide en quelques lignes un assaut donné à Fort Knox parce qu'il sait qu'aucun de ses lecteurs n'aura jamais l'occasion de dévaliser Fort Knox ; et il explique longuement le plaisir éprouver à empoigner un volant ou un levier de vitesse au plancher, car ce sont là des gestes que chacun de nous peut, pourrait ou voudrait accomplir. Fleming s'attache à nous restituer le déjà-vu avec une technique photographique, puisque c'est sur le déjà-vu que fonctionnent nos capacités d'identification. Nous nous identifions non pas à celui qui vole une bombe atomique mais à celui qui conduit un yacht luxueux ; non pas à celui qui détruit une fusée mais à celui qui fait une longue descente à skis ; non à celui qui s'adonne au trafic de diamants mais à celui qui commande un bon repas dans un restaurant de Paris. Notre attention est sollicitée, flattée, orientée vers le domaine des choses possibles et désirables. Là, le récit devient réaliste, l'attention maniaque ; quant au reste – qui relève de l'invraisemblable – quelques pages et un implicite clin d'œil suffisent. Personne n'est tenu d'y croire.

    Une fois encore, le plaisir de la lecture n'est pas donné par l'incroyable et l'inouï, mais par l'évident et l'habituel."

    Umberto EcoDe Superman au Surhomme (1993)


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  • SANS COMMENTAIRE

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  • UMBERTO ECO : L'ŒUVRE OUVERTE

    "En ce premier sens, toute œuvre d'art, alors même qu'elle est forme achevée et "close" dans sa perfection d'organisme exactement calibré, est "ouverte" au moins en ce qu'elle peut être interprétée de différentes façons sans que son irréductible singularité en soit altérée. Jouir d'une œuvre d'art revient à en donner une interprétation, une exécution, à la faire revivre dans une perspective originale.

    umbertoeco.jpgIl est clair cependant que des œuvres comme celles de Berio ou de Stockhausen sont "ouvertes" en un sens moins métaphorique et plus concret. Ce sont (à envisager le phénomène d'une façon grossière) des œuvres inachevées que l'auteur confie à l'interprète,  un peu comme les morceaux d'un Meccano ; on dirait qu'il se désintéresse de leur sort. Pour inexacte et paradoxale que soit cette dernière interprétation, il faut bien reconnaître que, vues de l'extérieur, les expériences musicales dont nous parlons se prêtent à des équivoques de ce genre. Ces équivoques ont au moins l'avantage de nous amener à chercher pourquoi les artistes poussent aujourd'hui dans ce sens, quels facteurs culturels les entraînent et quelle évolution de la sensibilité esthétique. Mieux: nous ne pouvons manquer de nous demander ce que deviennent des expériences aussi paradoxales au regard de la théorie esthétique.

    La poétique de l'œuvre "ouverte" tend, dit Pousseur, à favoriser chez l'interprète "des actes de liberté consciente", à faire de lui le centre actif d'un réseau inépuisable de relations parmi lesquelles il élabore sa propre forme, sans être déterminé par une nécessité dérivant de l'organisation même de l'œuvre. On pourrait objecter (en se reportant au premier sens, au sens large, du mot « ouverture ») que toute œuvre traditionnelle, encore que matériellement achevée, exige de son interprète une réponse personnelle et créatrice : il ne peut la comprendre sans la réinventer en collaboration. avec l'auteur. Remarquons cependant que l'esthétique a dû se livrer à une réflexion critique approfondie sur la nature du rapport interprétatif avant d'en venir à une telle conclusion. Il y a quelques siècles, l'artiste n'était nullement conscient de ce qu'apporte l'exécution. Aujourd'hui, non seulement il accepte "l'ouverture" comme un fait inévitable, mais elle devient pour lui principe de création.

    L'importance de l'élément subjectif dans la jouissance esthétique qui implique une interaction entre l'œuvre, donnée objective, et le sujet, qui la perçoit n'avait certes pas échappé aux anciens. Ainsi, Platon, dans le Sophiste, note que les peintres représentent leurs personnages non pas exactement mais en fonction de l'angle sous lequel ils seront regardés ; Vitruve distingue entre symétrie et eurythmie, cette dernière étant l'adaptation des proportions objectives aux exigences subjectives de la vision. Le développement d'une science et d'une pratique de la perspective montre bien l'importance reconnue à l'interprétation subjective de l'oeuvre d'art : le tableau doit être conçu en fonction d'un œil qui le regarde d'un point donné. Il est cependant incontestable que ces préoccupations ne favorisent nullement l' "ouverture" de l'œuvre. Au contraire. Les divers artifices de perspective sont autant de moyens pour amener l'observateur à voir l'objet représenté d'une seule façon, de la seule façon qui soit juste — celle que l'auteur a choisie.

    Umberto Eco, L'Oeuvre ouverte (1962)

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