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  • PROCHAIN CAFÉ PHILOSOPHIQUE EN SEPTEMBRE

    Le 30 septembre prochain à 18H30 (horaire à confirmer), toujours à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée, le café philosophique entamera sa troisième saison.

    Le thème du débat choisi par les participants de la séance de juillet portera sur ce sujet : "La vie n'est-elle qu'une suite de hasards ?"

     

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  • COMPTE RENDU DE LA DERNIÈRE SÉANCE

    Thème du débat : "Qui dit "jeune" dit-il forcément "con" ?"

    Date : 22 juillet 2011 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée.

    Photo titre 1.JPGUne quarantaine de personnes s’étaient réunies à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée pour la dernière séance de la deuxième saison du café philosophique de Montargis. Ce débat avait pour thème "Qui dit "jeune" dit-il forcément "con" ?" Les organisateurs, Claire et Bruno, ont tenu en début de séance à remercier les personnes qui ont aidé à la réussite de cette saison, en particulier le responsable de la brasserie de la Chaussée. Un petit mot a également été dit pour le soutien des Bons Plans de Montargis. Claire a souligné les moments forts de cette saison : le débat sur l’art, celui sur le livre Indignez-vous ! et le remarquable débat avec Catherine Armessen sur la manipulation sectaire en juin dernier.

    Les organisateurs mais aussi les participants du café philosophique ont, en préambule de ce débat, déploré que quelques jours avant le débat les affiches annonçant le rendez-vous de vendredi dernier ont été consciencieusement arrachées. Peut-être s’agissait d’une illustration du débat de ce jour ?

    café philosophique de montargis,philo,philosophieLe débat du 22 juillet entendait s’intéresser à un poncif stigmatisant la jeunesse comme l’âge par définition stupide. Bruno a placé cette croyance dans son contexte sociologique, qui permet de définir ce qu’est un adulte. "Pendant des siècles, dans nos sociétés, l’existence humaine se partageait en deux périodes : l’enfance et l’âge adulte. Le seul objectif d’un être humain était d’arriver à l’âge adulte par l’éducation et l’apprentissage. L’enfance et l’adolescence étaient finalement considérées comme des âges sans grand intérêt." L’enfant, ajoute Bruno, est étymologiquement l’infans c’est-à-dire "l’être dénué de paroles". L’adulte a pour mission de le sortir de sa "stupidité naturelle" ("sa connerie") pour lui faire acquérir autonomie et sagesse, ce que tout adulte est censé posséder ! Ce n’est qu’à partir du XVIIIème siècle avec Jean-Jacques Rousseau puis la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen que l’enfance est sortie de cette antichambre. Le terme d'adolescent apparaît quelques décennies plus tard. Au XXème siècle, Françoise Dolto est l’une des premières à considérer l’enfant comme un être doué de raison.

    dijkstra2.jpgLes participants du café philosophique ont longuement discuté sur ce que représentent aujourd’hui les adultes et les jeunes. "Qu’est-ce qu’être adulte ?" s’interroge Bruno. "Est-ce avoir un travail, une famille, des enfants ?" Un débattant considère qu’être adulte c’est avoir le sens de sa propre destinée et avoir les moyens d’atteindre ses objectifs. Cette notion d’adulte a aujourd’hui des contours plus flous : on est adulte plus tard ("adulescence"), au terme d’une longue période scolaire et on se trouve éjecté du monde du travail très tôt. Force est de constater que le jeune d’aujourd’hui n’est pas celui de 1968, qui n’était pas celui de 1940 pas plus que celui de 1914. Quant à parler de "stupidité" de la jeunesse, un participant ajoute justement que "statistiquement" il est impossible d’avoir 100% d’une tranche d’âge décérébrée…

    2535.jpgCe qui est vrai, par contre, ajoute une autre personne, c’est que le jeune d’aujourd’hui n’est pas aimé : il est méprisé, caricaturé et considéré comme un vulgaire consommateur. Cette participante considère en outre que l'âge de la maturité civique arrive bien trop tôt : scientifiquement et physiologiquement, 21 ans devrait être choisi, ce qui, certes, va à l'encontre du discours officiel.

    En réponse à ceux qui voudraient voir la jeunesse comme une génération sans but (au contraire de ce qui s’est passé dans les pays arabes), nombre de voix soulignent que les jeunes sont parfaitement lucides sur notre société mais en revanche très critiques sur la classe d’âge de leurs aînés qui les gouvernent, déconsidérés pour la plupart. Finalement, voir le jeune comme un être incapable de penser n’arrange-t-il pas les puissants (les "gérontocrates") ?

    La notion d’apprentissage a été longuement discutée au cours de cette soirée. On devient adulte au terme d’une période d’instruction, d’éducation et d’initiation. Claire ajoute que les rites d’initiation ont pratiquement disparu de nos sociétés occidentales, le baccalauréat pouvant être considéré comme un de nos derniers rites d’initiation. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la philosophie est enseignée uniquement durant cette année de Terminale : l’Éducation Nationale, via ses bulletins officiels, considère que le jeune n’est pas apte à être pleinement autonome par la pensée avant cette dernière année de lycée.

    vondelpark_rineke dijkstra.jpgLes participants du café philosophique en viennent à s’interroger sur cette période d’instruction strictement définie dans le temps : la société considère que l’on ne peut apprendre qu’à un certain âge, ni avant, ni après : l’enfant en école maternelle ou primaire ne pourrait pas utiliser pleinement son entendement (ce contre quoi se battent les organismes Philosophy for Children ou le GREPH) et l’adulte, comme le disait Platon dans Gorgias, se rendrait ridicule s’il continue à philosopher.

    Deux poètes et chanteurs viennent illustrer la fin du débat de ce soir. Léo Ferré d'abord :

    Pour tout bagage on a vingt ans
    On a des réserv's de printemps
    Qu'on jett'rait comm' des miett's de pain
    A des oiseaux sur le chemin
    Quand on aim' c'est jusqu'à la mort
    On meurt souvent et puis l'on sort
    On va griller un' cigarette
    L'amour ça s'prend et puis ça s'jette.

    Georges Brassens ensuite :

    Quand ils sont tout neufs
    Qu'ils sortent de l'œuf
    Du cocon
    Tous les jeunes blancs-becs
    Prennent les vieux mecs
    Pour des cons
    Quand ils sont d'venus
    Des têtes chenues
    Des grisons
    Tous les vieux fourneaux
    Prennent les jeunots
    Pour des cons...
    Moi, qui balance entre deux âges
    J'leur adresse à tous un message

    Le temps ne fait rien à l'affaire
    Quand on est con, on est con
    Qu'on ait vingt ans, qu'on soit grand-père
    Quand on est con, on est con
    Entre vous, plus de controverses
    Cons caducs ou cons débutants
    Petits cons d'la dernière averse
    Vieux cons des neiges d'antan.

    Claire conclut ce débat par une invite à ce que les adultes continuent à garder leur âme d’enfant et que les jeunes les aident à ne pas devenir de "vieux cons" !   

    La séance se poursuit par un blind test :

    book_cover_le_dico_de_la_philo_33621_250_400.jpg- Qui a écrit : "L'adolescent est l'être qui blâme, qui s'indigne, qui méprise." Réponse : Alain

    - Quel écrivain et philosophe français fait débuter son roman Justine à Montargis ? Réponse : le Marquis de Sade

    - Quel philosophe français auteur de l’Anti-Oedipe,  a enseigné au lycée Pothier d'Orléans ? Réponse : Gilles Deleuze

    - Qui a dit : "La psychanalyse est un remède contre l'ignorance. Elle est sans effet sur la connerie." Réponse : Jacques Lacan

    - Qui a dit : "Quand j'étais jeune, on me disait : Vous verrez quand vous aurez cinquante ans. J'ai cinquante ans, et je n'ai rien vu." Réponse : Erik Satie

    - Qui a publié "Le chemin de l’espérance, aux actes citoyens !" ? Réponse : Morin-Hessel

    - Qui a dit : "La première maxime [penser par soi-même] est la maxime de la pensée sans préjugés (...) celle d'une raison qui n'est jamais passive" ? Réponse : Kant

    - Pour qui ne pas philosopher "c’est avoir les yeux fermés sans jamais chercher à les ouvrir" ? Réponse : Descartes

    - Qui a chanté "Jeune et con" Réponse : Damien Saez

    - Qui a été à l’honneur au café philo de décembre dernier. Réponse : Le Père Noël

    - Question supplémentaire : combien y a-t-il eu de cafés philosophiques depuis le début ? Réponse : 16

    La gagnante repart avec le Dico de la Philo de Christophe Verselle. Félicitations à Isabelle.

    Un vote a enfin lieu pour définir le thème du prochain débat le vendredi 30 septembre à 18H30. Le choix se porte sur ce sujet : "La vie n’est-elle qu’une suite de hasards ?".

    Claire et Bruno concluent cette soirée riche et animée par leurs chaleureux remerciements.

    Philo-galerie

    café philosophique de montargis,philo,philosophieLes photographies sont de Rineke Dijkstra,  photographe néerlandaise née en 1959. Cette artiste contemporaine travaille par séries et s'est rendue célèbre pour des portraits d'adolescents et d'adolescentes photographiés sur les plages de son pays, en Europe orientale (Pologne ou Ukraine), aux Etats-Unis ou bien en Afrique.

    "Je travaille mes portraits comme des moments documentaires, et dans chacun de ces moments, je m'intéresse à l'authenticité et à la singularité du sujet que je photographie, comment tel individu se différencie de tel autre. Ce sont toujours les petits détails, un regard, un geste, qui font la différence et nourrissent ma recherche de vérité." (extrait d'un entretien de l'artiste avec Jean-Pierre Krief). Pour en savoir plus, rendez-vous sur ce site : http://www.creativtv.net/artistes/rineke.html.


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  • MERCI AUX PARTICIPANTS DE LA DERNIERE SEANCE

    Claire et Bruno remercient chaleureusement les participants de la dernière séance du café philosophique de Montargis. Ce débat sur la jeunesse était le dernier de cette saison 2.

    Un compte-rendu des débats sera comme d'habitude mis en ligne sur ce site prochainement.

    Il convient cependant de souligner que "la connerie", sujet sur lequel les participants du café philosophique discutaient et philosophaient, a montré son visage d'une bien curiseuse manière : les affiches qui annonçaient notre débat ont été consciencieusement arrachées quelques jours avant la séance. Ce geste, d'une profonde bêtise, n'est pas digne de celles ou ceux qui ont sont responsables. En tout cas, cela n'a pas empêché le café philosophique de Montargis d'attirer une quarantaine de personnes ! 

    Notre prochain rendez-vous est fixé le vendredi 30 septembre 2011, toujours à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée. A bientôt.

     

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  • VOUS PRENDREZ BIEN UNE TASSE DE PHILO ?

    Merci à la République du Centre qui nous fait l'honneur d'un très bel article dans son numéro d'aujourd'hui 22 juillet (édition de Pithiviers-Gien-Montargis).

    Une belle occasion de conclure la saison 2 - avec la séance d'aujourd'hui, bien entendu. Rendez-vous ce soir à 18H30 pour le débat "Qui dit "jeune" dit-il forcément "con" ?"

     

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  • GEORGES BRASSENS : "LE TEMPS NE FAIT RIEN À L'AFFAIRE"

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  • SALE TEMPS POUR LES GROS CONS

    Merci à Eric pour cette découverte...

     

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  • DÉCLARATION DES DROITS DE L’ENFANT (1959)

    café philosophique de montargis,philo,philosophie

    Afin de répondre pleinement aux besoins spécifiques de l'enfance, la communauté internationale adopte, à l'unanimité, lors de l'Assemblée générale des Nations Unies du 20 novembre 1959, la Déclaration des droits de l'enfant. Le texte commence par le rappel des grands thèmes qui ont présidé à la rédaction de la Charte des Nations Unies et de la Déclaration des droits de l'homme. Référence est faite ensuite à la Déclaration de Genève. Le texte énonce 10 principes.

    Préambule
    Considérant que, dans la Charte, les peuples des Nations unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l'homme et dans la dignité et la valeur de la personne humaine, et qu'ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande,
    Considérant que, dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, les Nations unies ont proclamé que chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés qui y sont énoncés, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation,

    Considérant que l'enfant, en raison de son manque de maturité physique et intellectuelle, a besoin d'une protection spéciale et de soins spéciaux, notamment d'une protection juridique appropriée, avant comme après la naissance,

    Considérant que la nécessité de cette protection spéciale a été énoncée dans la Déclaration de Genève de 1924 sur les droits de l'enfant et reconnue dans la Déclaration universelle des droits de l'homme ainsi que dans les statuts des institutions spécialisées et des organisations internationales qui se consacrent au bien-être de l'enfance,

    Considérant que l'humanité se doit de donner à l'enfant le meilleur d'elle-même,

    L'Assemblée générale
    Proclame la présente Déclaration des droits de l'enfant afin qu'il ait une enfance heureuse et bénéficie, dans son intérêt comme dans l'intérêt de la société, des droits et libertés qui y sont énoncés; elle invite les parents, les hommes et les femmes à titre individuel, ainsi que les organisations bénévoles, les autorités locales et les gouvernements nationaux a reconnaître ces droits et à s'efforcer d'en assurer le respect au moyen de mesures législatives et autres adoptées progressivement en application des principes suivants :

    Principe premier :
    L'enfant doit jouir de tous les droits énoncés dans la présente Déclaration. Ces droits doivent être reconnus à tous les enfants sans exception aucune, et sans distinction ou discrimination fondées sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, l es opinions politiques ou autres, l'origine nationale ou sociale, la fortune, la naissance, ou sur toute autre situation, que celle-ci s'applique à l'enfant lui-même ou à sa famille.

    Principe 2 :
    L'enfant doit bénéficier d'une protection spéciale et se voir accorder des possibilités et des facilités par l'effet de la loi et par d'autres moyens, afin d'être en mesure de se développer d'une façon saine et normale sur le plan physique, intellectuel, moral, spirituel et social, dans des conditions de liberté et de dignité. Dans l'adoption de lois à cette fin, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être la considération déterminante.

    Principe 3 :
    L'enfant a droit, dès sa naissance, à un nom et à une nationalité.

    Principe 4 :
    L'enfant doit bénéficier de la sécurité sociale, il doit pouvoir grandir et se développer d'une façon saine; à cette fin, une aide et une protection spéciales doivent lui être assurées ainsi qu'à sa mère, notamment des soins prénatals et postnatals adéquats. L'enfant a droit à une alimentation, à un logement, à des loisirs et à des soins médicaux adéquats.

    Principe 5 :
    L'enfant physiquement, mentalement ou socialement désavantagé doit recevoir le traitement, l'éducation et les soins spéciaux que nécessite son état ou sa situation.

    Principe 6 :
    L'enfant, pour l'épanouissement harmonieux de sa personnalité, a besoin d'amour et de compréhension. Il doit, autant que possible, grandir sous la sauvegarde et sous la responsabilité de ses parents et, en tout état de cause, dans une atmosphère d'affection et de sécurité morale et matérielle; l'enfant en bas âge ne doit pas, sauf circonstances exceptionnelles, être séparé de sa mère. La société et les pouvoirs publics ont le devoir de prendre un soin particulier des enfants sans famille ou de ceux qui n'ont pas de moyens d'existence suffisants. Il est souhaitable que soient accordées aux familles nombreuses des allocations de l'État ou autres pour l'entretien des enfants.

    Principe 7 :
    L'enfant a droit à une éducation qui doit être gratuite et obligatoire au moins aux niveaux élémentaires. Il doit bénéficier d'une éducation qui contribue à sa culture générale et lui permette, dans des conditions d'égalité de chances, de développer ses facultés, son jugement personnel et son sens des responsabilités morales et sociales, et de devenir un membre utile de la société.
    L'intérêt supérieur de l'enfant doit être le guide de ceux qui ont la responsabilité de son éducation et de son orientation; cette responsabilité incombe en priorité à ses parents.
    L'enfant doit avoir toutes possibilités de se livrer à des jeux et à des activités récréatives, qui doivent être orientés vers les fins visées par l'éducation; la société et les pouvoirs publics doivent s'efforcer de favoriser la jouissance de ce droit.

    Principe 8 :
    L'enfant doit, en toutes circonstances, être parmi les premiers à recevoir protection et secours.
     
    Principe 9 :
    L'enfant doit être protégé contre toute forme de négligence, de cruauté et d'exploitation, il ne doit pas être soumis à la traite, sous quelque forme que ce soit.
    L'enfant ne doit pas être admis à l'emploi avant d'avoir atteint un âge minimum approprié; il ne doit en aucun cas être astreint ou autorisé à prendre une occupation ou un emploi qui nuise à sa santé ou à son éducation, ou qui entrave son développement physique, mental ou moral.

    Principe 10 :
    L'enfant doit être protégé contre les pratiques qui peuvent pousser à la discrimination raciale, à la discrimination religieuse ou à toute autre forme de discrimination. Il doit être élevé dans un esprit de compréhension, de tolérance, d'amitié entre les peuples, de paix et de fraternité universelle, et dans le sentiment qu'il lui appartient de consacrer son énergie et ses talents au service de ses semblables.

     

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  • LORSQUE DESCARTES PARLE DE L'ENFANCE...

    Enfin, lorsque nous avons atteint l'usage entier de notre raison, et que notre âme, n'étant plus si sujette au corps, tâche à bien juger des choses, et à connaître leur nature, bien que nous remarquions que les jugements que nous avons faits lorsque nous étions enfants sont pleins d'erreurs, nous avons assez de peine à nous en délivrer entièrement, et néanmoins il est certains que si nous manquons à nous souvenir qu'ils sont douteux, nous sommes toujours en danger de retomber en quelque fausse prévention. Cela est tellement vrai qu'à cause que dès notre enfance, nous avons imaginé, par exemple, les étoiles forts petites, nous ne saurions nous défaire encore de cette imagination, bien que nous connaissions par les raisons de l'astronomie qu'elles sont très grandes : tant a de pouvoir sur nous une opinion déjà reçue!

    Descartes, Discours de la Méthode, 2ème partie, art. 72

     

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  • ÉPICURE, LETTRE À MÉNÉCÉE

    Épicure à Ménécée, salut.

    Même jeune, on ne doit pas hésiter à philosopher. Ni, même au seuil de la vieillesse, se fatiguer de l’exercice philosophique. Il n’est jamais trop tôt, qui que l’on soit, ni trop tard pour l’assainissement de l’âme. Tel, qui dit que l’heure de philosopher n’est pas venue ou qu’elle est déjà passée, ressemble à qui dirait que pour le bonheur, l’heure n’est pas venue ou qu’elle n’est plus. Sont donc appelés à philosopher le jeune comme le vieux. Le second pour que, vieillissant, il reste jeune en biens par esprit de gratitude à l’égard du passé. Le premier pour que jeune, il soit aussi un ancien par son sang-froid à l’égard de l’avenir. En définitive, on doit donc se préoccuper de ce qui crée le bonheur, s’il est vrai qu’avec lui nous possédons tout, et que sans lui nous faisons tout pour l’obtenir. Ces conceptions, dont je t’ai constamment entretenu, garde-les en tête. Ne les perds pas de vue quand tu agis, en connaissant clairement qu’elles sont les principes de base du bien vivre.

    Epicure.jpgD’abord, tenant le dieu pour un vivant immortel et bienheureux, selon la notion du dieu communément pressentie, ne lui attribue rien d’étranger à son immortalité ni rien d’incompatible avec sa béatitude. Crédite-le, en revanche, de tout ce qui est susceptible de lui conserver, avec l’immortalité, cette béatitude. Car les dieux existent : évidente est la connaissance que nous avons d’eux. Mais tels que la foule les imagine communément, ils n’existent pas : les gens ne prennent pas garde à la cohérence de ce qu’ils imaginent. N’est pas impie qui refuse des dieux populaires, mais qui, sur les dieux, projette les superstitions populaires. Les explications des gens à propos des dieux ne sont pas des notions établies à travers nos sens, mais des suppositions sans fondement. A cause de quoi les dieux nous envoient les plus grands malheurs, et faveurs : n’ayant affaire en permanence qu’à leurs propres vertus, ils font bonne figure à qui leur ressemble, et ne se sentent aucunement concernés par tout ce qui n’est pas comme eux.

    Familiarise-toi avec l’idée que la mort n’est rien pour nous, puisque tout bien et tout mal résident dans la sensation, et que la mort est l’éradication de nos sensations. Dès lors, la juste prise de conscience que la mort ne nous est rien autorise à jouir du caractère mortel de la vie : non pas en lui conférant une durée infinie, mais en l’amputant du désir d’immortalité.

    Il s’ensuit qu’il n’y a rien d’effrayant dans le fait de vivre, pour qui est radicalement conscient qu’il n’existe rien d’effrayant non plus dans le fait de ne pas vivre. Stupide est donc celui qui dit avoir peur de la mort non parce qu’il souffrira en mourant, mais parce qu’il souffre à l’idée qu’elle approche. Ce dont l’existence ne gêne point, c’est vraiment pour rien qu’on souffre de l’attendre ! Le plus effrayant des maux, la mort ne nous est rien, disais-je : quand nous sommes, la mort n’est pas là, et quand la mort est là, c’est nous qui ne sommes pas ! Elle ne concerne donc ni les vivants ni les trépassés, étant donné que pour les uns, elle n’est point, et que les autres ne sont plus. Beaucoup de gens pourtant fuient la mort, soit en tant que plus grands des malheurs, soit en tant que point final des choses de la vie. Le philosophe, lui, ne craint pas le fait de n’être pas en vie : vivre ne lui convulse pas l’estomac, sans qu’il estime être mauvais de ne pas vivre. De même qu’il ne choisit jamais la nourriture la plus plantureuse, mais la plus goûteuse, ainsi n’est-ce point le temps le plus long, mais le plus fruité qu’il butine ? Celui qui incite d’un côté le jeune à bien vivre, de l’autre le vieillard à bien mourir est un niais, non tant parce que la vie a de l’agrément, mais surtout parce que bien vivre et bien mourir constituent un seul et même exercice. Plus stupide encore celui qui dit beau de n’être pas né, ou sitôt né, de franchir les portes de l’Hadès.

    S’il est persuadé de ce qu’il dit, que ne quitte-t-il la vie sur-le-champ ? Il en a l’immédiate possibilité, pour peu qu’il le veuille vraiment. S’il veut seulement jouer les provocateurs, sa désinvolture en la matière est déplacée. Souvenons-nous d’ailleurs que l’avenir, ni ne nous appartient, ni ne nous échappe absolument, afin de ne pas tout à fait l’attendre comme devant exister, et de n’en point désespérer comme devant certainement ne pas exister.

    Il est également à considérer que certains d’entre les désirs sont naturels, d’autres vains, et si certains des désirs naturels sont contraignants, d’autres ne sont... que naturels. Parmi les désirs contraignants, certains sont nécessaires au bonheur, d’autres à la tranquillité durable du corps, d’autres à la vie même. Or, une réflexion irréprochable à ce propos sait rapporter tout choix et rejet à la santé du corps et à la sérénité de l’âme, puisque tel est le but de la vie bienheureuse. C’est sous son influence que nous faisons toute chose, dans la perspective d’éviter la souffrance et l’angoisse. Quand une bonne fois cette influence a établi sur nous son empire, toute tempête de l’âme se dissipe, le vivant n’ayant plus à courir comme après l’objet d’un manque, ni à rechercher cet autre par quoi le bien, de l’âme et du corps serait comblé. C’est alors que nous avons besoin de plaisir : quand le plaisir nous torture par sa non-présence. Autrement, nous ne sommes plus sous la dépendance du plaisir.

    Voilà pourquoi nous disons que le plaisir est le principe et le but de la vie bienheureuse. C’est lui que nous avons reconnu comme bien premier, né avec la vie. C’est de lui que nous recevons le signal de tout choix et rejet. C’est à lui que nous aboutissons comme règle, en jugeant tout bien d’après son impact sur notre sensibilité. Justement parce qu’il est le bien premier et né avec notre nature, nous ne bondissons pas sur n’importe quel plaisir : il existe beaucoup de plaisirs auxquels nous ne nous arrêtons pas, lorsqu’ils impliquent pour nous une avalanche de difficultés. Nous considérons bien des douleurs comme préférables à des plaisirs, dès lors qu’un plaisir pour nous plus grand doit suivre des souffrances longtemps endurées. Ainsi tout plaisir, par nature, a le bien pour intime parent, sans pour autant devoir être cueilli. Symétriquement, toute espèce de douleur est un mal, sans que toutes les douleurs soient à fuir obligatoirement.

    C’est à travers la confrontation et l’analyse des avantages et désavantages qu’il convient de se décider à ce propos. Provisoirement, nous réagissons au bien selon les cas comme à un mal, ou inversement au mal comme à un bien.

    Ainsi, nous considérons l’autosuffisance comme un grand bien : non pour satisfaire à une obsession gratuite de frugalité, mais pour que le minimum, au cas où la profusion ferait défaut, nous satisfasse. Car nous sommes intimement convaincus qu’on trouve d’autant plus d’agréments à l’abondance qu’on y est moins attaché, et que si tout ce qui est naturel est plutôt facile à se procurer, ne l’est pas tout ce qui est vain. Les nourritures savoureusement simples vous régalent aussi bien qu’un ordinaire fastueux, sitôt éradiquée toute la douleur du manque : galette d’orge et eau dispensent un plaisir extrême, dès lors qu’en manque on les porte à sa bouche. L’accoutumance à des régimes simples et sans faste est un facteur de santé, pousse l’être humain au dynamisme dans les activités nécessaires à la vie, nous rend plus aptes à apprécier, à l’occasion, les repas luxueux et, face au sort, nous immunise contre l’inquiétude.

    Quand nous parlons du plaisir comme d’un but essentiel, nous ne parlons pas des plaisirs du noceur irrécupérable ou de celui qui a la jouissance pour résidence permanente — comme se l’imaginent certaines personnes peu au courant et réticentes, ou victimes d’une fausse interprétation — mais d’en arriver au stade où l’on ne souffre pas du corps et ou l’on n’est pas perturbé de l’âme. Car ni les beuveries, ni les festins continuels, ni les jeunes garçons ou les femmes dont on jouit, ni la délectation des poissons et de tout ce que peut porter une table fastueuse ne sont à la source de la vie heureuse : c’est ce qui fait la différence avec le raisonnement sobre, lucide, recherchant minutieusement les motifs sur lesquels fonder tout choix et tout rejet, et chassant les croyances à la faveur desquelles la plus grande confusion s’empare de l’âme.

    Au principe de tout cela, comme plus grand bien : la prudence. Or donc, la prudence, d’où sont issues toutes les autres vertus, se révèle en définitive plus précieuse que la philosophie : elle nous enseigne qu’on ne saurait vivre agréablement sans prudence, sans honnêteté et sans justice, ni avec ces trois vertus vivre sans plaisir. Les vertus en effet participent de la même nature que vivre avec plaisir, et vivre avec plaisir en est indissociable.

    D’après toi, quel homme surpasse en force celui qui sur les dieux nourrit des convictions conformes à leurs lois ? Qui face à la mort est désormais sans crainte ? Qui a percé à jour le but de la nature, en discernant à la fois comme il est aisé d’obtenir et d’atteindre le « summum » des biens, et comme celui des maux est bref en durée ou en intensité ; s’amusant de ce que certains mettent en scène comme la maîtresse de tous les événements — les uns advenant certes par nécessité, mais d’autres par hasard, d’autres encore par notre initiative —, parce qu’il voit bien que la nécessité n’a de comptes à rendre à personne, que le hasard est versatile, mais que ce qui vient par notre initiative est sans maître, et que c’est chose naturelle si le blâme et son contraire la suivent de près (en ce sens, mieux vaudrait consentir à souscrire au mythe concernant les dieux, que de s’asservir aux lois du destin des physiciens naturalistes : la première option laisse entrevoir un espoir, par des prières, de fléchir les dieux en les honorant, tandis que l’autre affiche une nécessité inflexible).

    Qui témoigne, disais-je, de plus de force que l’homme qui ne prend le hasard ni pour un dieu, comme le fait la masse des gens (un dieu ne fait rien de désordonné), ni pour une cause fluctuante (il ne présume pas que le bien ou le mal, artisans de la vie bienheureuse, sont distribués aux hommes par le hasard, mais pense que, pourtant, c’est le hasard qui nourrit les principes de grands biens ou de grands maux) ; l’homme convaincu qu’il est meilleur d’être dépourvu de chance particulière tout en raisonnant bien que d’être chanceux en déraisonnant, l’idéal étant évidemment, en ce qui concerne nos actions, que ce qu’on a jugé « bien » soit entériné par le hasard.

    A ces questions, et à toutes celles qui s’y rattachent, réfléchis jour et nuit pour toi-même et pour qui est semblable à toi, et veillant ou rêvant jamais rien ne viendra te troubler gravement : ainsi vivras-tu comme un dieu parmi les humains. Car il n’a rien de commun avec un vivant mortel, l’homme vivant parmi des biens immortels.

    Traduction anonyme

    Source : Wikisource

     

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  • PROCHAIN CAFÉ PHILOSOPHIQUE VENDREDI PROCHAIN

    Le café philosophique de Montargis proposera un nouveau débat cette semaine. Les participants de la dernière séance ont choisi de débattre sur la jeunesse et l’adolescence. Fort opportunément, et non sans malice, ce débat portera ce titre : "Qui dit "jeune" dit-il forcément "con" ?"

    café philosophique de montargis,philo,philosophieLe mineur, par définition, ne sait pas se servir de son propre entendement et ne parvient pas à penser par lui-même. Dès lors, on le taxe facilement et a priori d’irresponsable et donc d’ignorant, de gauche ou de candide. Cette caractérisation de la jeunesse fait que l’on range même ses actes malencontreux au rang d’"erreurs".

    Face à lui, les adultes possèdent le statut de tuteurs. Les tuteurs se doivent d’apprendre, d’élever. Pour cela, il faut tendre à rendre le mineur ("le con") autonome : qu’il prenne d’abord conscience de sa minorité pour entrer dans une réflexion sur celle-ci. Les adultes doivent leur donner les armes pour devenir autonomes. Bref, leur apprendre à philosopher, à devenir, eux aussi,  philosophes.

    Dès lors, être mineur est-ce nécessairement ne pas savoir réfléchir, être en proie au prêt-à-penser et ne pas philosopher ? Sommes nous tous – en tant qu’adultes – philosophes et tuteurs efficaces ?

    Autant de questions – et bien d’autres – que Claire et Bruno seront enchantés de discuter avec vous pour ce débat qui clôturera la deuxième saison du café philosophique de Montargis. Rendez-vous le vendredi 22 juillet, à 18 h 30, à la Brasserie du centre commercial de La Chaussée. Participation libre et gratuite.


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  • LA VALISE PHILOSOPHIQUE DU MOIS

    3271480587.jpgComme d'habitude, retrouvez dans La Valise philosophique du mois (colonne de droite) des documents (textes, musiques et vidéos) sur le prochain café philosophique : "Qui dit "jeune" dit-il forcément "con" ?".

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  • COMPTE RENDU DE LA DERNIÈRE SÉANCE

    Thème du débat : "Pensées sectaires : où s'arrête ma liberté ?"

    Date : 24 juin 2011 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée.

    À la Brasserie du centre commercial de la Chaussée, un public deux fois plus nombreux que d’habitude (plus de cinquante personnes) était venu le vendredi 24 juin assister à séance du café philosophique intitulée "Pensées sectaires : où s’arrête ma liberté ?".

    Portrait Catherine Armessen.JPGPour l’occasion, Claire et Bruno avaient invité Catherine Armessen. Médecin et écrivain, cette dernière a travaillé longuement sur le sujet et y a consacré un roman, Manipulation (éd. Cheminements), récompensé par le prix Littré en 2008.

    Le débat n’entendait pas faire une description complète des sectes mais plutôt de s’interroger sur la liberté individuelle de chacun à adhérer ou non à ces mouvements religieux. Finalement la question du libre-arbitre se pose bien, les sectes étant autorisées par les lois, même si leurs activités sont surveillées. Claire s’interroge sur la manière dont fonctionne la manipulation : "Autrui est-il vraiment capable d’aliéner ma liberté ?", "Puis-je choisir, en toute liberté, d’aliéner cette liberté ?" et "Quels sont les moyens d’aliéner ma liberté ?"

    Esséniens.jpgUn participant voit dans le développement des sectes un symptôme, "finalement pas si mauvais", d’une demande dans nos sociétés de spiritualité. D’ailleurs, ajoute-t-il, la différence entre religions officielles et sectes est tenue : "une religion n’est-elle pas une secte qui a réussi ?" Bruno précise que cette assertion assez courante est un détournement du sens de la citation d'Ernest Renan (La Vie de Jésus) : "Le christianisme est un essénisme qui a réussi" (l’essénisme était un mouvement juif sectaire auquel appartenait, semble-t-il, Jésus).

    Il est évident que la manipulation est omniprésente dans nos sociétés modelées par la communication (le politique face à ses électeurs, le professeur face à ses élèves, etc.). Dans le cadre des sectes, la manipulation, moyen d’aliénation de la liberté, est un outil particulièrement efficace, rôdé et redoutable.

    Comment cette manipulation fonctionne-t-elle ? 

    casta.jpgPour répondre sur ce point, plutôt qu’un long discours technique, Catherine Armessen a choisi de prendre l’exemple imaginaire d’un jeune homme (qu’elle prénomme Martin), jeune homme semblable a des millions d’autres, inséré dans la société mais s’interrogeant sur lui-même et mal dans sa peau. La mécanique de manipulation sectaire, bien huilée, commence par une phase de séduction et par une forme d’empathie : au hasard d’une rencontre, quelqu’un va s’intéresser à Martin et affirmer qu’il le comprend et vante ses qualités. Non seulement ce dernier trouve une écoute qui le touche mais en plus cet(te) inconnu(e) lui parle d’un groupe d’amis "très sympas" avec qui il trouvera autant d’écoutes. À cette phase de séduction succède bientôt une phase d’initiation à des connaissances ésotériques sensés déconnectés le jeune homme de son environnement. À partir de là, la manipulation opère à plein : l’initié cherche à faire pleinement partie d’une petite société indépendante gravitant autour d’un gourou autoproclamé. En outre, ajoute Catherine Armessen, les sectes ne sont pas des entités homogènes : autour d’un groupuscule de disciples irréductibles gravitent des sympathisants bienveillants et qui peuvent trouver simplement sympathiques le groupe d’illuminés qu’ils ne qualifient pas (encore ?) de secte.

    temoins-jehovah-congres.jpgÀ la remarque d’un participant partisan de laisser à tout à chacun la libre pratique d’un culte quel qu’il soit, Catherine Armessen répond par une constatation imparable : l’extrême dangerosité des sectes, dangerosité psychologique (la manipulation aliénante) voire physique (l’exemple de l’interdiction des transfusions sanguines, chez les Témoins de Jéhovah, par exemple). À cela s’ajoute les motivations financières de ces sociétés très souvent uniquement mues par l’appât du gain. L’auteur ajoute que n’importe qui, quel que soit son âge, son sexe, son niveau d’études et sa profession peut être manipulé par les sectes, bien que celles-ci se "méfient" des profils cartésiens (les médecins par exemple), plus réticents adhérer aux doctrines abracadabrantesques (sur la fin du monde par exemple). Bruno s’étonne à ce sujet que dans le roman Manipulation, Catherine Armessen met en scène deux adolescentes étudiantes en médecine. Catherine Armessen que ce ne sont que des étudiantes ("Cela ne compte pas..."). Par contre, cette dernière convient que le jour où elle a croisé sur un plateau de télévision un important cadre de la secte des Raëliens, elle a pris une grande attention à ce qu’elle disait afin de ne pas être prise au piège.

    café philosophique de montargis,philo,philosophieSuivant l’exemple de Martin, la sortie d’une secte ne se fait que lentement et grâce à l’initiative de l’adhérent. Si Martin veut échapper à l’emprise du gourou, il devra être entouré d’amis, de proches, de sa famille, et avec le soutien d’associations spécialisées contre les sectes (UNADFI). Cette expérience, pour fugace qu’elle soit, va le laisser en tout cas marqué à jamais.

    Ainsi se termine cette séance passionnante et vivante, enrichie de nombreuses interventions du public.

    Claire et Bruno remercient Catherine Armessen pour son intervention brillante.

    Ils donnent rendez-vous pour le dernier café philosophique de la saison le vendredi 22 juillet. Le sujet choisi par les participants aura pour titre : "Qui dit "jeune" dit-il forcément "con" ?

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  • LA CRÉATION, UNE NÉCESSITÉ POUR LES ADOLESCENTS

    Soigner suppose de l'imagination et un amour de la singularité. Dans la pratique même des soins au quotidien, intégrer les activités artistiques est une expérience familière avec les enfants et les adolescents. Depuis longtemps, au moins depuis le génial Winnicott, pédiatre et pédopsychiatre londonien de la seconde partie du XXe siècle, on sait que la création artistique est précieuse pour les enfants, qu'ils peuvent créer et éprouver des émotions artistiques mais, plus encore, que ces espaces - qu'il appelait transitionnels - où prend place la culture et la création artistique sont un mode privilégié pour entrer en relation avec les enfants.

    Leur permettre de jouer et d'inventer, d'exercer leur imagination, est une phase essentielle de tout soin chez l'enfant. Cet espace artistique est donc aussi un espace de soins sous certaines conditions que les apprentis pédopsychiatres doivent apprendre à construire dans le cadre des consultations : l'enfant crée seul ou accompagné par le soignant, on prend plaisir à jouer et à créer ensemble, on interprète ce qui s'exprime dans la relation, on établit une continuité entre les séances.

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    Source : Lemonde.fr

     

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