Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

[44] "Le monstre est-il parmi nous?"

  • Bilan de la saison 6 en attendant la saison 7

    montage café philo.png

    Alors que la 7ème saison du café philosophique de Montargis se profile, un bilan de la saison 6 s'impose. Pour l'année 2014-2015, l'animation de la Chaussée a confirmé son succès. Avec huit séances, de septembre 2014 à juin 2015, totalisant en tout 740 personnes, en moyenne les débats du café philo ont réuni plus de 90 personnes (contre 75, pour la saison précédente).

    Rappelons que les séances du café philosophique de Montargis sont gratuites et ouvertes à tous. 

    Le café philosophique de Montargis proposait huit débats : "Existe-t-on quand personne ne nous regarde ?" (le 27 septembre 2014, avec 75 participants), "Le monstre est-il parmi nous?" (le 14 novembre 2014, avec 65 participants), "Doit-on tout faire pour être heureux ?" (le 12 décembre 2014,  100 participants), "Le langage trahit-il la pensée ?" (le 30 janvier 2015, 80  participants), "Autrui, antidote à la solitude ?" (le 20 mars 2015, 80 participants), "Suis-je ce que mon passé fait de moi?" (le 17 avril 2015, 120  participants), "Est-il raisonnable de croire en Dieu ?" (le 22 mai 2015, 130 participants) et "La philosophie a-t-elle une quelconque utilité ?" (le 19 juin 2015, avec 90  participants).

    Contrairement aux saisons précédentes, Claire et Bruno n'ont pas proposé de séances exceptionnelles, mise à part la dernière séance, la 50e, sur laquelle nous reviendrons.

    Lors des années précédentes, le café philo avait pris pour habitude d'ouvrir les soirées philosophiques vers des thèmes et des intervenants exceptionnelles (la non-violence en 2010, les sectes en 2011, la mémoire en 2012 ou la manipulation en 2013. De même, en 2013, le café philo s'était délocalisé à l'AGART d'Amilly pour une séance sur l'art ("Un bon artiste est-il le Surhomme ?"). Rien de tel lors de cette saison 6, avec un café philo qui n'a pas dérogé à son fonctionnement classique : des débats ouverts au plus grand nombre.

    Une séance particulière a cependant été organisée, et pas n'importe laquelle. Pour marquer la 50e séance du café philosophique de Montargis, créé en octobre 2009 par Claire Durand et Bruno Chiron, les deux animateurs ont voulu marquer le coup : pour débattre du sujet qui avait été opportunément choisi par les participants, "La philosophie a-t-elle une quelconque utilité ?", un blind-test exceptionnel et des remerciements ont marqué la soirée. Une soirée qui a également été ponctuée par l'annonce de changements. Claire annonçait en effet qu'en raison d'un déménagement imminent, elle n'allait pas pouvoir poursuivre l'animation du café philo. De chaleureux remerciements, amis aussi des regrets, ont répondu à cette annonce. Claire a cependant précisé qu'elle restait très attachée à ce café philo construit avec Bruno et qu'elle suivrait avec intérêt son développement futur.

    Dès la rentrée 2015, le café philo va entamer une nouvelle étape avec une nouvelle équipe, un nouveau fonctionnement et avec, espérons-le, toujours la même fidélité des Montargois pour une animation qui a réussi à s'imposer au cours de ses six ans d'existence.

    Bientôt, sur ce site, vous retrouverez plus d'informations sur cette future saison 7 et sur le premier débat qui devrait avoir lieu courant octobre 2015.

     

    Lien permanent Catégories : => Saison 1, => Saison 2, =>Saison 4, =>Saison 5, =>Saison 6, =>Saison 7, [05] "L'éducation à la non-violence...", [15] "Pensées sectaires : Où s'arrête ma liberté?", [27] "Mémoire, mémoires...", [33] "Manipulation dans le couple...", [37] "Un bon artiste est-il le Surhomme?", [43] "Existe-t-on quand personne ne nous regarde?", [44] "Le monstre est-il parmi nous?", [45] "Doit-on tout faire pour être heureux?", [46] "Le langage trahit-il la pensée?", [47] "Autrui, antidote à la solitude?", [48] "Suis-je ce que mon passé fait de moi?", [49] "Est-il raisonnable de croire en Dieu?", [50] "La philosophie a-t-elle une utilité?" Imprimer
  • J'AI TESTÉE POUR VOUS : LE CAFÉ PHILO

    Logo La Vraie vie c'est aujourd'hui.JPGLe café philosophique de Montargis fait l'objet d'un article sur le blog La Vraie Vie c'est Aujourd'hui.

    La bloggeuse et journaliste Anaïs Rambaud  "a testé le café philo" et nous parle de son expérience.

    Pour lire cet article, rendez-vous sur son site : [J’ai testé pour vous] : Le café-philo.

    Un grand merci pour ce coup de projecteur !

     

    Lien permanent Catégories : =>Saison 6, Quelques news en philo mais pas que, Vie du site, vie du café philo, [44] "Le monstre est-il parmi nous?", [46] "Le langage trahit-il la pensée?" Imprimer
  • COMPTE-RENDU DE LA SÉANCE : "LE MONSTRE EST-IL PARMI NOUS?"

    Thème du débat : "Le monstre est-il parmi nous ?" 

    Date : 14 novembre 2014 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée

    freud,pascal,socrate,canguilhem,sartre,foucaultLe vendredi 14 novembre 2014, environ 65 personnes pour une nouvelle séance du café philosophique de Montargis qui portait sur cette question : "Le monstre est-il parmi nous?"

    Une telle question en amène une autre : "Qu'est-ce qu'un monstre ?" Un premier participant parle de cette ambivalence : le monstre est autant celui est tapi au fond de nous (ce sont les notions de pulsion de vie et pulsion de mort, étudiées par Sigmund Freud) que le monstre que l'on trouve en société (ceux que l'on peut voir, par exemple, dans les phénomènes de foules). Voir aussi ce texte de Freud.

    D'après la définition du Robert, le monstre est un être ou un animal  fantastique et terrible. Le dictionnaire parle d'anormalité et de laideur. La normalité n'étant ni plus ni moins que cette norme définie collectivement – explicitement ou implicitement- pour une vie en société harmonieuse. Le monstre est également cette personne au physique et au comportement monstrueux. On peut penser au film Freaks (cf. cet extrait vidéo). 

    Claire rebondit d'emblée sur cette notion de "monstre en nous que nous ne connaissons pas" en évoquant l'expérience de Milgram, cette expérience scientifique qui avait pour objectif de transformer un citoyen lambda en bourreau – en monstre. Mettre à mort l'autre nous semble a priori complètement inenvisageable, sauf à être animé par un but tel que sauver sa vie, celle de ses proches, voire gagner une grosse somme d'argent. Or, l'expérience de Milgram nous enseigne que nous ne savons pas qui nous sommes. Elle nous enseigne par ailleurs que lorsqu'une autorité – politique, religieuse et scientifique – nous impose quelque chose; il est très difficile de désobéir. C'est le procès d'Eichmann qui met en évidence cela : "Je n'ai fait qu'obéir aux ordres", assurait-il. (cf. vidéo en ligne et texte d'Hanna Arendt).

    freud,pascal,socrate,canguilhem,sartre,foucaultLe monstrueux serait dans la situation et il n'y aurait finalement de monstres que dans l'excès. Le monstre serait celui qui dépasserait les limites, en passant à l'acte. Pour exorciser nos pulsions et nos peurs , dit un intervenant du café philo, on aime à l'objectiver en les mettant en scène au cinéma ou dans des romans. Définir un monstre, dit également Claire est un acte "clivant". L'autre serait désigné comme monstrueux en partie parce que cela permet de se dédouaner soi-même : "Ce n'est pas moi, c'est l'autre !" ou "C'est une bête !" (Aristote).

    L'obéissance face à une autorité supérieure peut être combattue, dans le cadre d'un conflit extérieur – et aussi intérieur ! Je m'oblige à être responsable, à ne plus être lié à un pouvoir contraignant. Le caractère monstrueux de certains actes peut se trouver dans une injonction similaire à l'expérience de Milgram, par exemple dans Le Choix de Sophie. Cette dernière, en étant contrainte à choisir entre ses deux enfants – lequel sera tué – doit assumer une responsabilité terrible. La liberté impose la responsabilité. 

    Le monstre, dit un autre participant, peut être, certes, réveillé par une contrainte extérieure. Mais il peut aussi surgir de notre fait, consciemment ou inconsciemment. La contrainte de Milgram peut être liée d'ailleurs à des pulsions enfouis : "On tire la manette parce que cela réveille en nous quelque chose... Il y avait une barrière et cette barrière est franchie."  D'ailleurs, ajoute Bruno, le "parmi nous" du sujet de ce soir évoque à la fois le "nous" individuel mais aussi le "nous" collectif.

    freud,pascal,socrate,canguilhem,sartre,foucaultLe monstre, ajoute Claire, n'est pas en lui-même monstrueux. Mais on parle de caractère monstrueux lorsque l'on remarque une frayeur face à une personne ou à un acte qui effraient. Qu'est-ce qui nous effraie ? Ce que l'on ne connaît pas ? Ce que l'on ne pense pas pouvoir faire ou penser ? Quelque chose de "monstrueux", dans le langage courant, est également quelque chose de colossal, en dissymétrie, nous écrasant. Le terme de "monstrueux" n'est pas sans connotation positive lorsque l'on parle de "monstres sacrés" pour parler d'un artiste par exemple. La définition du monstre n'existe pas en soi : c'est quelque chose qui naît d'un jugement, qu'il soit positif ou négatif.

    Pour un autre intervenant, il devrait y avoir une échelle de degrés dans cette monstruosité. Quoi de commun entre un acte criminel délibéré, un effet de groupe plus subi que voulu ou l'enrôlement dans une armée. Dans un acte monstrueux commis par soi-même, il pourrait y avoir délibération. Nous avons tendance, dit un participant, à parler des "monstres", de "nos" monstres, en oubliant cette passivité qui, elle aussi, peut être monstrueuse.

    Ces critères de morale (individuelle, sociale, politique, etc.), ce qui est admissible ou non, fluctuent selon les périodes et rendent difficile la compréhension et l'encadrement de la monstruosité. Montesquieu, dans l'Esprit des Lois, considère d'ailleurs qu'il y a autant de morales qu'il y a de cultures et de sociétés. Blaise Pascal ne dit pas autre chose : "Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà".  Une participante évoque la première guerre mondiale et la monstruosité de ce conflit et surtout des personnes qui l'ont organisé – généraux ou hommes politiques. Une telle réflexion s'applique pour d'autres événements : seconde guerre mondiale, guerre d'Algérie, etc. Des faits monstrueux susceptibles de réveiller les monstres qui sont en nous.

    freud,pascal,socrate,canguilhem,sartre,foucaultFreud dit, dans Malaises dans la Civilisation, qu'en nous certaines choses peuvent nous amener à commettre des actes monstrueux. Il faut se méfier de soi-même, dit le psychanalyste. Or, ajoute-t-il, il faut faire attention à ce que la société ne fasse pas culpabiliser les personnes qui sortent des limites. Et si aucun moyen ("média") cathartique ne permet de faire vivre ses sentiments monstrueux ou excessifs, on peut être amené à les commettre pour faire descendre la pression. Il est très dangereux pour une vie d'être humain, ajoute-t-il, d'occuper son Surmoi – la morale – et à complètement censurer de trop les désirs et toutes les pulsions qui font de moi ma singularité – "dans l'excès". Cela va, un moment, faire sauter tous les verrous. Il y a une forme de responsabilité collective à condamner autrui qui est en dehors de la norme, au risque que cette personne commette un acte monstrueux. Georges Canguilhem écrit, dans Le Normal et le Pathologique qu'il y a monstruosité lorsque l'on sort de la norme. Or, qu'est-ce que la norme en France et dans les sociétés occidentales ? La norme, déplore-t-il, est la "moyenne". On nivelle par la moyenne ce qui paraît comme normal et ce qui est au-dessus ou au-dessous est considéré comme "monstrueux". Monstrueux ou fou, comme le dit Antonin Artaud dans Van Gogh le Suicidé de la Société : le peintre génial qu'était Vincent Van Gogh, a été mis à mort par la société de l'époque car il était monstrueux. Il était, en réalité, au-dessus de la moyenne sociale : un Surhomme nietzschéen. cf. texte d'Artaud.

    Si le monstre est parmi nous, que devons-nous en faire ? Les hommes ayant acquis des actes monstrueux doivent-ils être considérés comme inhumains ? Auquel cas, on les punit. Ou bien, on se dit que les monstres n'existent pas en nous et qu'il n'y a que des gens différents ; dans ce cas, on les soigne, on les considère comme des être humains. Ainsi, Robert Badinter affirme-t-il dans sa plaidoirie pour la défense de Patrick Hanry que tout homme ayant commis un acte criminel, aussi monstrueux soit-il, n'était pas perdu pour l'Humanité. Il pouvait être "réparé". Florence Aubenas s'occupe en prison de l'humanité de chacun. Une peine de prison "juste" permet de faire comprendre à une personne condamnée la gravité d'un acte mais aussi de le réinsérer.

    freud,pascal,socrate,canguilhem,sartre,foucaultLe débat porte sur une solution apportée pour lutter contre les monstres qui sont parmi nous, ceux qui mettent en danger la société : la peine de mort. Un tel débat n'est jamais clos, même en 2014. Claire rappelle que les exécutions ont été longtemps publiques. Et non seulement publiques mais suivies par des foules nombreuses, au point de troubler l'ordre et de contraindre l'administration à tuer les condamnés discrètement dans les enceintes fermées des prisons, à l'aube. Michel Foucault le montre dans son ouvrage Surveiller et Punir. Le monstre ne serait-il pas autant celui que l'on exécute que le public qui réclame sa tête ?

    Finalement, ne serions-nous pas tous des monstres ? se demande un participant, y compris dans nos comportements passifs et dans notre docilité. Dans ce cas, la non-assistance en personne en danger pourrait être dans ce cas considérée comme une monstruosité. "Qui sommes-nous pour juger ?" se demande une intervenante lors de ce café philosophique.

    Jean-Paul Sartre ne dit pas autre chose lorsqu'il lance en 1945 au cours de sa conférence L'Existentialisme est un Humanisme, au sortir de la seconde mondiale, que l'homme est responsable de tout ce qu'il fait et responsable pour l'humanité tout entière. Une telle affirmation choque le public, à telle enseigne que le terme d'existentialisme sera longtemps considéré comme une insulte. Et l'existentialiste, un monstre !

    Dans un même ordre d'idée, Socrate, le premier philosophe, était l'empêcheur de tourner en rond (on peut penser à la maïeutique). Personnage public accusé de pervertir la Cité, il est contraint au suicide en 399 av JC. À l'instar du premier des philosophes, le monstre est considéré comme celui qui est perdu pour l'Humanité ou pour la Cité.

    freud,pascal,socrate,canguilhem,sartre,foucaultUn participant considère ceci : le fait de désigner le monstre  permet de pointer du doigt une personne différente que l'on rejette, que l'on considère comme inhumaine et perdue pour la société, alors qu'il serait plus intéressant d'observer le cheminement qui a mené à cet excès. Condamner en bloc empêche les analyses de toutes les petites transgressions qui ont amené à un fait monstrueux. Nous avons beau nous croire à l'abri d'actes de ce type, qui peut certifier à 100 % qu'il refuserait d'actionner les manettes lors d'une expérience de Milgram (comme l'a montré de nouveau l'émission récente "Le Jeu de la Mort") ? Cf. lien Youtube. Les entreprises de massacres collectifs partent sur ce postulat que chacun peut être éligible au rôle de bourreau. Lorsque la mort et le crime deviennent une norme dans un groupe (il est cité l'exemple du gang des barbares et la mort d'Ilian Halimi), qui peut avoir le courage d'aller contre ? Ce qui est admissible c'est ce que tout le monde fait. Un participant cite l'exemple d'une tribu africaine qui, pendant des siècles, avait pour habitude de manger leurs ennemis morts : un tel rituel était considéré comme un acte religieux et symbolique et non pas monstrueux. Le monstre est celui qui ne fait pas comme tout le monde et lorsque l'on commet collectivement le mal, le monstre sera celui qui saura dire : "non !"   

    Un philosophe s'est intéressé à cela : dans l'Histoire de la Folie à l'Âge classique, Michel Foucault montre que le fou est celui qui est monstrueux à une certaine époque donnée. Dans Surveiller et Punir, celui qui commet l'inadmissible, est enfermé, mis en asile ou en prison afin de l'isoler du reste de la société parce qu'elles sont considérées comme dangereuses. C'est aussi une manière de fermer les yeux sur la monstruosité. 

    Bruno clos ce débat par une citation de Blaise Pascal : "Quelle chimère est-ce donc que l'homme ? Quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradictions, quel prodige ? Juge de toutes choses, imbécile ver de terre, dépositaire du vrai, cloaque d'incertitude et d'erreur, gloire et rebut de l'univers.

    En fin séance, les participants élisaient le sujet du débat suivant, programmé le vendredi 12 décembre 2014. Trois sujets étaient proposés : "Qu'est-ce qu'un vrai cadeau ?", "On rêve ou quoi ?" et "Doit-on tout faire pour être heureux ?" C'est ce dernier sujet qui est choisi.

    Philo-galerie

    Les illustrations de ce compte-rendu sont des reproductions d'affiches de films fantastiques des années 50. La première illustration, qui est celle utilisée pour l'affiche, est une reproduction de Goya, Saturne dévorant un de ses fils.

     

     

    Lien permanent Catégories : =>Saison 6, Comptes-rendus des débats, Philo-galerie, [44] "Le monstre est-il parmi nous?" Imprimer
  • MERCI AUX PARTICIPANTS DE LA SÉANCE DU 14 NOVEMBRE 2014

    applause.gif

    Le café philosophique de Montargis a réuni, pour sa séance du 14 novembre 2014, de 65 à 70 personnes. Le débat s'intitulait : "Le monstre est-il parmi nous ?"

    Bientôt, sur ce site, vous retrouverez le compte-rendu de la dernière séance de cette saison.

    La prochaine séance du café philosophique de Montargis aura lieu le vendredi 12 décembre 2014 à 19 heures, à la Brasserie du Centre commercial de la Chaussée pour un débat intitulé : "Doit-on tout faire pour être heureux ?

     

    Lien permanent Catégories : =>Saison 6, [44] "Le monstre est-il parmi nous?", [45] "Doit-on tout faire pour être heureux?" Imprimer
  • L’EXPÉRIENCE DE MILGRAM

     

    Lien externe

     

    Lien permanent Catégories : =>Saison 6, Documents, Vidéos/cinéma/TV, [44] "Le monstre est-il parmi nous?" Imprimer
  • CAFÉ PHILOSOPHIQUE : "LE MONSTRE EST-IL PARMI NOUS?"

    Affiche Le monstre est il parmi nous image.png

    La prochaine séance du café philosophique de Montargis aura lieu le vendredi 14 novembre 2014 à 19 heures à la Brasserie du Centre commercial de la Chaussée

    Le débat sera intitulé : "Le monstre est-il parmi nous ?"

     
    Lien permanent Catégories : =>Saison 6, [44] "Le monstre est-il parmi nous?" Imprimer
  • ILS ONT DIT, AU SUJET DES MONSTRES

    platon,aristote,saint augustin,thomas d'aquin,montaigne,pascal,sade,leibniz,kant,freud,nietzsche,deleuze,jankélévitch,arendt,foucault

    "Ainsi donc, égorger quelqu’un, non plus que le bannir de la cité, non plus que le dépouiller de sa fortune, ce n’est pas cela que nous voulons, comme cela tout simplement ; mais nous le voulons faire dans le cas où cela nous est utile, tandis que, dans le cas où cela nous est dommageable, nous ne le voulons pas. Car nous voulons les choses bonnes, ainsi que tu le déclares toi-même, tandis que celles qui ne sont ni bonnes ni mauvaises, nous ne les voulons pas, non plus que celles qui sont mauvaises." [Platon]

    "Le monstrueux est contre nature, non pas contre la Nature prise absolument, mais contre le cours le plus ordinaire de la Nature." [Aristote]  

    "La maxime suivant laquelle nul n’est volontairement pervers, ni malgré soi bienheureux, est, semble-t-il, partiellement vraie et partiellement fausse." [Aristote]

    "On a dit d’un homme qu’il était un monstre de cruauté, que "même sans aucun motif, il aimait à déployer sa méchanceté et sa barbarie"…  Donc ce qu’aimait Catilina, ce n’était point les crimes mêmes, mais les fins que, par eux, il essayait d’atteindre." [Saint Augustin]

    "Il est clair maintenant, en effet, qu’en toute espèce d’actions mauvaises ce n’est autre chose que la passion qui exerce son empire." [Saint Augustin]

    "[Le diable] cherche plutôt à obscurcir sa raison pour le faire consentir au péché. Et comme cet obscurcissement provient de l’imagination et de l’appétit sensible, il semble que toute l’action intérieure du diable concerne ces deux facultés." [Saint Thomas d’Aquin]

    "Ce que nous appelons monstres ne le sont pas à Dieu, qui voit en l’immensité de son ouvrage l’infinité des formes qu’il y a comprises." [Montaigne]

    "Quelle chimère est-ce donc que l'homme ? Quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradictions, quel prodige ? Juge de toutes choses, imbécile ver de terre, dépositaire du vrai, cloaque d'incertitude et d'erreur, gloire et rebut de l'univers." [Blaise Pascal

    "Dieu est aussi peu la cause du péché que le courant de la rivière est la cause du retardement du bateau." [GH Leibniz]

    "Un objet est monstrueux lorsque par sa grandeur il réduit à néant la fin, qui en constitue le concept." [Emmanuel Kant

    "Or je dis : l’homme, et en général tout être raisonnable, existe comme fin en soi, et non pas simplement comme moyen dont telle ou telle volonté puisse user à son gré." [Emmanuel Kant

    "Enfin, mon cher, je suis un animal amphibie ; j’aime tout, je m’amuse de tous les genres." [Marquis de Sade

    "J’avoue avec la plus extrême franchise que je n’ai jamais cru que la calomnie fût un mal, et surtout dans un gouvernement comme le nôtre." [Marquis de Sade]

    Nous sommes au bord d’un précipice. Nous regardons dans l’abîme, – nous éprouvons du malaise et du vertige. Notre premier mouvement est de reculer devant le danger. Inexplicablement nous restons." [Edgar Allan Poe]

    "La plus grande astuce du diable est de nous persuader qu’il n’existe pas." [Charles Baudelaire]

    "Mais alors fut introduite la plus grande et la plus inquiétante de toutes les maladies, dont l’humanité n’est pas encore guérie aujourd’hui, l’homme, maladie de l’homme, malade de lui-même ; conséquence d’un divorce violent avec le passé animal, d’un bond et d’une chute tout à la fois, dans de nouvelles situations, au milieu de nouvelles conditions d’existence, d’une déclaration de guerre contre les anciens instincts qui jusqu’ici faisaient sa force, sa joie et son caractère redoutable." [Friedrich Nietzsche]

    "Cette disposition à toutes les perversions est quelque chose de profond et de généralement humain."[Sigmund Freud]

    "Un troisième démenti sera infligé à la mégalomanie humaine par la recherche psychologique de nos jours qui se propose de montrer au moi qu’il n’est seulement pas maître de sa propre maison, qu’il en est réduit à se contenter de renseignements rares et fragmentaires sur ce qui se passe, en dehors de sa conscience, dans sa vie psychique." [Sigmund Freud]

    "Nos meilleures vertus sont nées comme formations réactionnelles et sublimations sur l’humus de nos plus mauvaises dispositions. L’éducation devrait se garder soigneusement de combler ces sources de forces fécondes et se borner à favoriser les processus par lesquels ces énergies sont conduites vers le bon chemin." [Sigmund Freud]

    "Dans ces réserves, tout doit pousser et s’épanouir sans contrainte, tout, même ce qui est inutile et nuisible. Le royaume psychique de la fantaisie constitue une réserve de ce genre, soustraite au principe de réalité." [Sigmund Freud]

    "Je ne pouvais me persuader que les hommes et les femmes que je rencontrais n'étaient pas aussi un autre genre, passablement humain, de monstres, d'animaux à demi formés selon l'apparence extérieure d'une âme humaine, et que bientôt ils allaient revenir à l'animalité première, et laisser voir tout à tour telle ou telle marque de bestialité atavique." [HG Wells

    "C'est dans le vide de la pensée que s'inscrit le mal." [Hannah Arendt]

    "Les juges auraient pu aller plus loin et montrer que M. Hausner n’était pas logique puisqu’il voulait faire le procès du monstre le plus anormal que le monde ait jamais vu […] L’ennui, avec Eichmann, c’est précisément qu’il y en avait beaucoup qui lui ressemblaient et qui n’étaient ni pervers ni sadiques, qui étaient, et sont encore, effroyablement normaux." [Hannah Arendt]

    "Malgré tous les efforts de l'accusation, tout le monde pouvait voir que cet homme [Adolf Eichmann] n'était pas un "monstre" ; mais il était vraiment difficile de ne pas présumer que c'était un clown." [Hannah Arendt]

    "Depuis sa naissance jusqu'à la mort, en tout cas pendant tout l'exercice de son pouvoir despotique, le roi — ou en tout cas le roi tyrannique — est tout simplement un monstre." [Michel Foucault

    "On est tenté d’affirmer, par manière de dire, que nous sommes pécheurs avant toute faute, et que la faute en acte se préexiste à elle-même dans la faute en puissance, dans la faute originelle. Il n’y aurait pas de mal si personne n’en commettait, mais aucun homme ne commettrait le mal si l’existence n’était pas profondément ataxique et passionnée. Le mal est donc à la fois la cause et l’effet de la faute ; son étiologie est circulaire." [Vladimir Jankélévitch]

    "Le monde pervers est un monde où la catégorie du nécessaire a remplacé celle du possible… Toute perversion est un autruicide, un altruicide, donc un meurtre des possibles." [Gilles Deleuze]

     

    Lien permanent Catégories : =>Saison 6, Citations, Documents, [44] "Le monstre est-il parmi nous?" Imprimer
  • ARTAUD : VAN GOGH OU LE SUICIDE DE LA SOCIÉTÉ

    BIO_Biography_Vincent-Van-Gogh-Alienated-Artist_SF_HD_768x432-16x9.jpg"La peinture linéaire pure me rendait fou depuis longtemps lorsque j'ai rencontré Van Gogh qui peignait, non pas des lignes ou des formes, mais des choses de la nature inerte comme en pleines convulsions."

    "Sur le plan social, les institutions se désagrègent et la médecine fait figure de cadavre inutilisable et éventé, qui déclare Van Gogh fou. En face de la lucidité de Van Gogh qui travaille, la psychiatrie n'est plus qu'un réduit de gorilles eux-mêmes obsédés et persécutés et qui n'ont, pour pallier les plus épouvantables états de l'angoisse et de la suffocation humaines, qu'une ridicule terminologie, digne produit de leurs cerveaux tarés. Pas un psychiatre, en effet, qui ne soit un érotomane notoire. "

    "Un jour l'âme n'existait pas, l'esprit non plus, quant à la conscience, nul n'y avait jamais pensé, mais où était, d'ailleurs, la pensée dans un monde uniquement fait d'éléments en pleine guerre sitôt détruits que recomposés, car la pensée est un luxe de paix."

    Antonin Artaud, Van Gogh, le Suicidé de la Société (1948)

     

    Lien permanent Catégories : =>Saison 6, Compilation de textes, Documents, Livres, [44] "Le monstre est-il parmi nous?" Imprimer
  • "LA SALSA DU DÉMON"

     

    Lien externe

     

    Lien permanent Catégories : =>Saison 6, Documents, Musique, Vidéos/cinéma/TV, [44] "Le monstre est-il parmi nous?" Imprimer
  • KANT : LE RESPECT DE LA PERSONNE

    Joe Raedle  Getty Images.jpg"Or je dis : l’homme, et en général tout être raisonnable, existe comme fin en soi, et non pas simplement comme moyen dont telle ou telle volonté puisse user à son gré ; dans toutes ses actions, aussi bien dans celles qui le concernent lui-même que dans celles qui concernent d’autres êtres raisonnables, il doit toujours être considéré en même temps comme fin. Tous les objets des inclinations n’ont qu’une valeur conditionnelle ; car, si les inclinations et les besoins qui en dérivent n’existaient pas, leur objet serait sans valeur. Mais les inclinations mêmes comme sources du besoin ont si peu une valeur absolue qui leur donne le droit d’être désirées pour elles-mêmes que, bien plutôt, en être pleinement affranchi doit être le souhait universel de tout être raisonnable. Ainsi la valeur de tous les objets à acquérir par notre action est toujours conditionnelle. Les êtres dont l’existence dépend, à vrai dire, non pas de notre volonté, mais de la nature, n’ont cependant, quand ce sont des êtres dépourvus de raison, qu’une valeur relative, celle de moyens, et voilà pourquoi on les nomme des choses ; au contraire, les êtres raisonnables sont appelés des personnes, parce que leur nature les désigne déjà comme des fins en soi, c’est-à-dire comme quelque chose qui ne peut pas être employé simplement comme moyen, quelque chose qui, par suite, limite d’autant toute faculté d’agir comme bon nous semble (et qui est un objet de respect). Ce ne sont donc pas là des fins simplement subjectives, dont l’existence, comme effet de notre action, a une valeur pour nous : ce sont des fins objectives, c’est-à-dire des choses dont l’existence est une fin en soi-même, et même une fin telle qu’elle ne peut être remplacée par aucune autre, au service de laquelle les fins objectives devraient se mettre, simplement comme moyens. Sans cela, en effet, on ne pourrait trouver jamais rien qui eût une valeur absolue."

    Emmanuel Kant, Fondement de la Métaphysique des Mœurs (1785)

    Lien permanent Catégories : =>Saison 6, Compilation de textes, Documents, Livres, [44] "Le monstre est-il parmi nous?" Imprimer
  • SADE : LE CRIME JUSTIFIÉ PAR LA RAISON

    France-Sade--Juliette06.jpg"S’il devient donc incontestable que nous avons reçu de la nature le droit d’exprimer nos vœux indifféremment à toutes les femmes, il le devient de même que nous avons celui de l’obliger de se soumettre à nos vœux, non pas exclusivement, je me contrarierais, mais momentanément. Il est incontestable que nous avons le droit d’établir des lois qui la contraignent de céder aux feux de celui qui la désire ; la violence même étant un des effets de ce droit, nous pouvons l’employer légalement. Eh ! la nature n’a-t-elle pas prouvé que nous avions ce droit, en nous départissant la force nécessaire à les soumettre à nos désirs ? (…)

    Tous les hommes ont donc un droit de jouissance égal sur toutes les femmes ; il n’est donc aucun homme qui, d’après les lois de la nature, puisse s’ériger sur une femme un droit unique et personnel. La loi qui les obligera de se prostituer, tant que nous le voudrons, aux maisons de débauche dont il vient d’être question, et qui les contraindra si elles s’y refusent, qui les punira si elles y manquent, est donc une loi des plus équitables, et contre laquelle aucun motif légitime ou juste ne saurait réclamer."

    Marquis de Sade, Français, encore un Effort si vous voulez être Républicains (1790)

    Lien permanent Catégories : =>Saison 6, Compilation de textes, Documents, Livres, [44] "Le monstre est-il parmi nous?" Imprimer
  • SAINT AUGUSTIN : FAIRE LE MAL PAR PLAISIR

    catilina.jpg"On a dit d’un homme qu’il était un monstre de cruauté, que "même sans aucun motif, il aimait à déployer sa méchanceté et sa barbarie". L’historien vient cependant d’indiquer une raison : "Il craignait, écrit-il, que l’inaction n’engourdît sa main ou son esprit." Mais pourquoi cela ? Pourquoi ? C’est qu’il voulait, grâce à cette constante pratique du crime, devenir le maître de Rome, conquérir honneurs, pouvoir, richesse, s’affranchir de la crainte des lois et des difficultés où le jetaient la médiocrité de son patrimoine et la conscience de ses crimes. Donc ce qu’aimait Catilina, ce n’était point les crimes mêmes, mais les fins que, par eux, il essayait d’atteindre.

    Mais moi, hélas ! qu’ai-je donc aimé en toi, ô mon larcin, crime nocturne de ma seizième année ? Beau, tu ne l’étais pas, étant un larcin. Es-tu même quelque chose de réel, pour que je m’adresse ainsi à toi ? Ils étaient beaux, ces fruits que nous volâmes, puisqu’ils avaient été créés par vous, Beauté sans pareille, Créateur de toutes choses, Dieu bon, Dieu souverain Bien et mon bien véritable, oui, ils étaient beaux ces fruits ; mais ce n’était pas eux que convoitait mon misérable cœur. J’en avais de meilleurs en quantité ; je ne les ai donc cueillis que pour voler. Car, à peine cueillis, je les jetai, et n’en goûtai que ma seule iniuité, savourée avec joie : si quelque morceau de ces fruits a pénétré dans ma bouche, mon péché en fit toute la saveur."

    Saint Augustin, Confessions (Ve siècle ap. JC)

    Lien permanent Catégories : =>Saison 6, Compilation de textes, Documents, Livres, [44] "Le monstre est-il parmi nous?" Imprimer
  • PARANOID

     Voir également ce lien

     

    Lien permanent Catégories : =>Saison 6, Documents, Musique, Vidéos/cinéma/TV, [44] "Le monstre est-il parmi nous?" Imprimer
  • SAINT PAUL : LA CHAIR EST COUPABLE

    paul.jpg"En effet, nous savons que la Loi est spirituelle ; mais moi je suis un être de chair, vendu au pouvoir du péché. Vraiment ce que je fais je ne le comprends pas : car je ne fais pas ce que je veux, mais je fais ce que je hais. Or si je fais ce que je ne veux pas, je reconnais, d’accord avec la Loi, qu’elle est bonne ; en réalité, ce n’est plus moi qui accomplis l’action, mais le péché qui habite en moi.

    Car je sais que nul bien n’habite en moi, je veux dire dans ma chair ; en effet, vouloir le bien est à ma portée, mais non pas l’accomplir : puisque je ne fais pas le bien que je veux et commets le mal que je ne veux pas. Or si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui accomplis l’action, mais le péché qui habite en moi.

    Je trouve donc une loi s’imposant à moi, quand je veux faire le bien : le mal seul se présente à moi. Car je me complais dans la loi de Dieu du point de vue de l’homme intérieur, mais j’aperçois une autre loi dans mes membres qui lutte contre la loi de ma raison et m’enchaîne à la loi du péché qui est dans mes membres. Malheureux homme que je suis ! Qui me délivrera de ce corps qui me voue à la mort ? Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur !"

    Saint PaulÉpître aux romains (Ier s. ap. JC)

    Lien permanent Catégories : =>Saison 6, Compilation de textes, Documents, Livres, [44] "Le monstre est-il parmi nous?" Imprimer
  • FREUD : LA DISPOSITION PERVERSE POLYMORPHE

    freud"Il est intéressant de constater que l’enfant, par suite d’une séduction, peut devenir un pervers polymorphe et être amené à toutes sortes de transgressions. Il y est donc prédisposé ; les actes pervers rencontrent des résistances, les digues psychiques qui s’opposeront aux excès sexuels (pudeur, dégoût, morale) n’étant pas établies ou n’étant qu’en voie de formation. L’enfant, dans la circonstance, ne se comporte pas autrement que ne le ferait, vis-à-vis du séducteur, la moyenne des femmes n’ayant pas subi l’influence de la civilisation et conservant ainsi une disposition perverse polymorphe. Une femme ainsi disposée peut sans doute, dans les circonstances ordinaires de la vie, rester sexuellement normale ; mais, sous l’empire d’un séducteur averti, elle prendra goût à toutes les perversités et en fera désormais usage dans son activité sexuelle. La prostituée use de cette disposition polymorphe et, par conséquent, infantile, dans l’intérêt de sa profession ; et si l’on considère le nombre immense de femmes prostituées et de celles auxquelles on ne saurait dénier les aptitudes à la prostitution, quoiqu’elles aient échappé au métier, on devra reconnaître que cette disposition à toutes les perversions est quelque chose de profond et de généralement humain."

    Sigmund Freud, Trois Essais sur la Théorie sexuelle (1905)

     

    Lien permanent Catégories : =>Saison 6, Compilation de textes, Documents, Livres, [44] "Le monstre est-il parmi nous?" Imprimer