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  • PRÉSENTATION DE NOTRE INTERVENANT LORS DU PROCHAIN CAFÉ PHILOSOPHIQUE

    Le 30 novembre prochain, notre prochain café philosophique, intitulé "Mémoire, mémoires... : Cette mémoire qui nous construit, cette mémoire qui nous détruit", verra Claire et Bruno assistés pour l'occasion d'un troisième intervenant, Jean-Dominique Paoli

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    Expert-comptable de formation, agrégé d'économie et de gestion, Jean-Dominique Paoli a axé sa vie professionnelle sur l'enseignement et la formation. Depuis plusieurs années il s'intéresse à l'étude d'une des capacités fondamentales de notre cerveau : la mémoire. Comment elle fonctionne, comment l'entretenir, comment la rendre plus performante. Cette démarche l'a conduit à une réflexion plus générale sur la place de la mémoire dans notre société, alors qu'elle est de plus en plus remplacée par des composants numériques. Car c'est elle qui fait de nous l'individu que nous sommes, qui est à la base de notre identité, de notre personnalité. Mais c'est elle aussi qui nous poursuit, entretient les traumatismes du passé. Et lorsqu'elle vient à gravement défaillir, elle nous éloigne du monde où nous vivons.

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  • GOOGLE NOUS FAIT-IL PERDRE LA MÉMOIRE ?

    google_evil.jpgL’écrivain Nicholas Carr s’était déjà demandé si Google nous rendait stupide, les scientifiques s’interrogent désormais sur l’influence des moteurs de recherche sur notre mémoire. L’étude de Betsy Sparrow de l’université de Columbia, révélée par le magazine Science, met en avant le fait que l’internaute fait moins d’efforts de mémorisation quand il sait qu’il pourra retrouver l’information par la suite.

    Elle démontre également que quand il ne connaît pas la réponse à une question, il se tournera quasi systématiquement vers un moteur de recherche. C’est ce qu’on appelle le «réflexe Google». Cela ne veut pas dire pour autant que l’utilisation de ces outils altère notre capacité de mémorisation.

    L’étude oublie de préciser que les moteurs de recherche renvoient souvent vers des sites comportant des éléments de texte, des photos, du son… Ces multiples supports facilitent la mémorisation car ils sont plus susceptibles de toucher les différents types de mémoires (visuelle, auditive, motrice…)...

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  • JOURNÉE MONDIALE DE LA PHILOSOPHIE À L'UNESCO

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    Comme chaque année, l'UNESCO propose cette année la Journée Mondiale de la Philosophie. Cette journée aura lieu le jeudi 15 novembre 2012 au siège de l'UNESCO à Paris.

    Cette journée aura pour thème : "Les générations futures". Au menu de cette journée : des tables rondes, des cours, des conférences, l'installation d'une "capsule UNESCO pour les générations futures" et... des cafés philos.

    Pour en savoir plus, téléchargez ici le programme de cette journée.

    Plus d'infomations sur le site Internet de l'UNESCO.

     

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  • MERCI AUX (NOMBREUX) PARTICIPANTS DE LA SÉANCE DU 19 OCTOBRE

    Plus de 100 personnes étaient présentes à la dernière séance du café philosophique de Montargis ! Un record pour notre rendez-vous...

    DSCF7953.JPGCe débat, intitulée "La vérité est-elle toujours bonne à dire ?", a permis des échanges riches, passionnés et toujours respectueux. Bientôt, sur ce site, vous pourrez retrouver le compte-rendu de ce débat.

    Un grand merci à tous !

    La prochaine séance du café philo aura lieu le vendredi 30 novembre à 19 heures dans notre lieu de rendez-vous habituel, la Brasserie du centre commercial de la Chaussée. Il s'agira d'une séance exceptionnelle, co-animée avec Jean-Dominique Paoli, et qui aura pour sujet la mémoire. Le débat philosophique sera intitulé : "Mémoire, mémoires... : Cette mémoire qui nous construit, cette mémoire qui nous détruit".

     

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  • NOTRE PROCHAINE SÉANCE

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    La prochaine séance du café philosophique de Montargis aura lieu le vendredi 19 octobre 2012 à 19H à la Brasserie du Centre commercial de la Chaussée. Le débat portera sur ce thème : "La vérité est-elle toujours bonne à dire?" 

    A bientôt.


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  • LORSQUE LE MENSONGE TUE : L'AFFAIRE ROMAND

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    Lundi 11 janvier 1993, vers 4 heures 15 du matin, les pompiers arrivent sur les lieux d'un incendie à Prévessin-Moens, dans l'Ain à la frontière genevoise. La maison de la famille Romand est la proie des flammes. A l'intérieur de l'ancienne ferme ils découvrent les corps dans vie de Florence Romand qui présente des marques sur la tête et de ses deux enfants Antoine et Caroline âgés de cinq et sept ans, en partie carbonisés. Jean-Claude Romand est toujours vivant mais plongé dans un profond coma.

    Le lendemain les gendarmes se rendent à Clairvaux-les-Lacs, dans le Jura, au domicile des parents de Jean-Claude Romand pour leur annoncer la triste nouvelle. Mais, sur place ils font une macabre découverte. Aimé et Anne-Marie Romand ainsi que leur chien ont été assassinés durant le week-end.

    Dans la BMW louée par Jean-Claude Romand, les enquêteurs trouvent un message : "Un banal accident et une injustice peuvent provoquer la folie. Pardon." Il ne fait alors plus aucun doute qu'il est l'auteur de cette tuerie...

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  • COMPTE-RENDU DE LA SÉANCE "PRENDRE SON TEMPS EST-CE LE PERDRE ?"

    Thème du débat : "Prendre son temps est-ce le perdre ?" 

    Date : 28 septembre 2012 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée.

    Le vendredi 28 septembre 2012, le café philosophique de Montargis faisait sa rentrée avec un sujet choisi par les participants du précédent rendez-vous : "Prendre son temps est-ce le perdre?" Environ 60 personnes étaient présentes pour ce nouveau débat.

    En préambule de cette 25ème séance, Claire et Bruno présentent les grandes lignes de cette quatrième saison.

    Si l’objectif et le fonctionnement du café philo restent le même, dit Claire, quelques changements seront apportés cette année. Un changement dans l’horaire d’abord : les séances auront toujours lieu un vendredi par mois (le dernier si possible) mais elles commenceront à 19 heures au lieu de 18 heures 30 et ce, pour des raisons personnelles, "afin de ne pas arriver ventre à terre, pris que nous sommes par le temps !" Ensuite, l’ambition des séances à venir est d’apporter au sein des débats de la Chaussée encore plus de références et de sujets philosophiques – et ce, même s’il est vrai qu’un sujet comme le temps peut-être autant considéré comme un thème philosophique classique, digne d’une épreuve de baccalauréat, qu’une interrogation très concrète ancrée dans notre vie quotidienne. Enfin, une nouvelle rubrique est instaurée dès cette séance de septembre : "Le bouquin du Mois" (voir aussi ce lien et la rubrique à gauche). Chaque mois, et dans la mesure du possible, une œuvre philosophique importante sera présentés en fin de débat. Pour cette première séance, le choix a été porté sur L’Existentialisme est un Humanisme de Jean-Paul Sartre, essai commenté par Claire en fin de débat (cf. infra).

    Bruno présente les prochains rendez-vous du café philosophique de Montargis : le 19 octobre 2012 (et non plus le 26 octobre comme nous l’annoncions précédemment), le 30 novembre 2012, le 21 décembre 2012 (un café philo intitulé provisoirement : "Fin du monde ou la peur peut-elle être bonne conseillère ?"), le 25 janvier 2013, le 22 février 2013, le 29 mars 2013 (séance co-animée par des élèves de Terminale), le 26 avril 2013, le 31 mai 2013 (une séance spéciale "Le café philo passe le bac") et enfin le 28 juin 2013 (un café philo spécial consacré à la violence conjugale). Ce calendrier est susceptible d’être modifié. Voir aussi la rubrique "Calendrier des prochaines séances" à droite.

    Cette séance de rentrée, intitulée "Prendre son temps est-ce le perdre?", commence par une première intervention d’une participante qui entend répondre par l’affirmatif à ce qui est une préoccupation ressentie par nombre de personnes : nous pouvons nous sentir bousculés dans notre quotidien par des obligations sociales et professionnelles. Il est souvent difficile de s’arrêter, de se poser et de prendre le temps de souffler, un luxe que peuvent se permettre notamment les personnes retraitées, libérées presque totalement d’obligations d’emploi du temps. Ainsi, nous passons notre temps et notre vie dans des préoccupations vaines et matérielles qui nous éloignent de l’essence de notre existence : prendre le temps de savourer le présent, s’écouter soi-même, méditer, une oisiveté que Montaigne qualifie lui-même, comme le dit un participant, d’excellent moyen de vivre sa vie (Essais, cf. lien vers cette oeuvre). D’emblée la notion de divertissement pascalienne prend tout son sens : "La seule chose qui nous console de nos misères est le divertissement ; et cependant c’est la plus grande de nos misères" (Pensées, 171-414). Une contradiction est apportée à cette critique de ce mouvement qui peut nous être imposer : se hâter dans des tâches – ne pas prendre son temps – est une obligation dans notre vie en société. Mon travail – en entreprise, dans une administration, avec mes clients, à l’école, etc. – doit être fait dans un certain laps de temps, sauf à considérer qu’autrui, cet autrui qui dépend de mon travail, qui y participe même – un collègue, un professeur, un élève, un client, etc. – ne soit lésé, voire aliéné !

    Cela pourrait donc signifier, appuie un troisième participant, que cette vitesse dont nous faisons les frais, est, quelque part, non pas aliénante, mais source de liberté. "La vitesse est la forme d'extase dont la révolution technique a fait cadeau à l'homme" dit Milan Kundera (La Lenteur), auteur qu’une personne dans l’assistance cite avec justesse.

    Prendre son temps interroge notre rapport au travail, résume Bruno, mais aussi à l’économie. Comme le dit Guy Debord, "Le temps pseudo-cyclique est celui de la consommation de la survie économique moderne, la survie augmentée, où le vécu quotidien reste privé de décision et soumis… à la pseudo-nature développée dans le travail aliéné."

    Les exemples sont nombreux de cette importance donnée à l’action immédiate. N’avons-nous pas, dit Claire, l’exemple de ces deux Présidents de la République : l’un, Nicolas Sarkozy ayant donné une place prépondérante à la réaction immédiate à tel ou tel événement d’actualité – et qui fut critiqué à de nombreuses reprises pour cela – et de l’autre son successeur à la tête de l’État, François Hollande, soucieux de réflexion et d’actions dans la durée, une position qui lui est tout autant critiquée ? Chacun voudrait des résultats là, tout de suite, chez l’un, lorsque chez l’autre on pouvait dénoncer la précipitation voire l’emportement dans ses décisions. 

    Cette dictature de l’immédiateté fait des victimes en nombre : abreuvés que nous sommes par les médias (encore pourrait-on les nommer "i-mmédias" !), nous avons le plus grand mal – et c’est encore plus vrai pour les jeunes générations – à prendre du recul sur l’actualité, à réfléchir en profondeur sur un sujet. Il apparaît que les jeunes générations sont particulièrement en première ligne de ce recul du sens critique. Le traitement de l’information, nous arrivant en flux ininterrompu, est réduit à sa portion congrue, alors même que les outils qui sont mises à notre disposition pourraient faire de nous des êtres extraordinairement bien in-formés

    Ces outils sont notre chance mais aussi, paradoxalement, une source d’aliénation. Bruno prend l’exemple des courriers électroniques qui ont grandement facilité notre vie quotidienne : combien de "temps perdu" avant l’apparition des e-mails et des SMS lorsque tel ou tel devait rédiger et envoyer une lettre ; aujourd’hui, au contraire, écrire se fait en quelques secondes, dans l’immédiateté. Ces technologiques relativement récentes nous ont, certes, permis de "libérer du temps". Cependant, tout se passe comme si ce temps libéré ne servait en propre qu’à nous assigner de nouvelles tâches. Ce n’est plus la liberté qui est érigée en maître mot de nos sociétés post-modernes mais l’efficacité et une gestion optimisée du temps et que nombre de cadres connaissent bien (ce sont les formations professionnelles ad hoc pour "optimiser le temps"). Un participant, singulièrement ancien chef d’entreprise, se fait critique sur cette priorité donnée, en milieu professionnelle, à l’accélération des tâches et à l’importance, vaine selon lui, du travail accompli dans la vitesse : "Travailler vite ne sert à rien : je le sais d’expérience… L’essentiel est que le travail soit fait et bien fait…

     

    Il est patent de constater que la lenteur a été encouragée par nombre de philosophes et de penseurs, de Montaigne ("Je passe le temps, quand il est mauvais et incommode ; quand il est bon, je ne le veux pas passer, je le retâte, je m'y tiens. Il faut courir le mauvais et se rasseoir au bon.") à Simone de Beauvoir ("Ils se contentent de tuer le temps en attendant que le temps les tue") en passant par Schopenhauer ("Tout ce qui est exquis mûrit lentement."). Plus près de nous, Hartmut Rosa, de l'université Friedrich-Schiller d'Iéna, parle dans son essai Accélération de "critique sociale du temps" en tant que source d’aliénation dans nos sociétés post-modernes (cf. ce lien pour aller plus loin). Un participant cite également l’essai Éloge de la Lenteur de Carl Honoré. Pourtant, il existe singulièrement un philosophe – et pas des moindres – qui a encouragé de son côté l’occupation pleine et entière du temps. Platon – puisque c’est de lui dont il s’agit – affirme ainsi : "Il faut que l'emploi du temps de tous les hommes libres soit réglé dans la totalité de sa durée, à commencer presque depuis l'aube du jour sans la moindre interruption jusqu'à l'aube du jour suivant." Voilà un projet qui étonne les participants du café philo ! Encore faut-il préciser, dit Bruno, que ce projet – digne de 1984 – visait les hommes libres, déjà déchargés du travail dévolu aux esclaves, aux femmes et aux étrangers (les metoikos)...

    Que le temps – notre temps – soit "perdu" revient à nous interroger sur ce qu’est ce temps et en quoi il est nôtre. Cette étape dans notre débat est essentielle mais particulièrement ardue, dit Claire en citant saint Augustin : "Qu'est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais : mais que je veuille l'expliquer à la demande, je ne le sais pas !" Le temps a-t-il réellement été bien défini par les philosophes, interroge une participante ? Le connaît-on réellement? Ce temps de l’horloge – cette horloge qui guide nos journées pour le meilleur et pour le pire – n’est-il pas un instrument artificiel ? Répondre par l’affirmatif c’est nier ce temps biologique qui fait que le jeune enfant réclame nourriture et sommeil à des intervalles précises. Le temps a été un sujet débattu depuis des lustres par les philosophes. Claire évoque Emmanuel Kant (Critique de la Raison pure) qui a cristallisé une définition du temps : il considère le temps comme ayant la forme a priori de notre sensibilité. Il est transcendant à tout, c’est-à-dire que tous les phénomènes présupposent son existence. Sa représentation nous est malgré tout (et c’est paradoxal !) bien différente : ce temps, facteur d’ordre et horizon indépassable, nous apparaît bien réel (ainsi, nous n’éprouvons pas le temps de nos rêves, bien qu’ils soient composés d’événements se succédant). Comment aller plus loin dans cette explication du temps ? Au XXème siècle, Henri Bergson affirme que ce temps transcendant est aussi un temps vécu. Il suppose que chacun expérimente sa propre appréhension du temps. C’est le temps-durée qui rend un événement extrêmement long lorsqu’il est considéré comme peu agréable (un cours ennuyeux, par exemple) ou (trop) court lorsque cet événement m’apporte satisfaction (un rendez-vous amoureux, un film passionnant, etc.), ce que chacun de nous a expérimenté, dit une participante. Ce temps-durée, notre temps-durée, est aussi le temps du mouvement et du changement continuel, ce changement inexorable qui nous approche de notre mort.

    C'est à l’aune de cette fin inéluctable que se mesure notre appréhension au temps et à la manière dont nous l’avons utilisé. N’est-ce pas la préoccupation de chacun d'entre nous ? L’utilisation de ce temps qui nous est imparti (un temps déifié, ajoute un participant pour qui Dieu est le Temps !) semble être la condition d’une vie bien remplie, ou, au contraire, d'une "vie bien ratée" – pour reprendre le titre d’un recueil de nouvelles de Pierre Autin Grenier (Toute une Vie bien ratée). Cette boutade ouvre en réalité la porte d’un formidable problème existentiel. Ce temps-durée s’écoulant sans cesse (cf. la célèbre citation d’Héraclite : "Tout s’écoule."), chaque seconde de notre existence est une seconde terminée, morte pour ainsi dire. En rejoignant le passé et ces autres souvenirs, il ne reste qu’une étroite fenêtre ouverte : celle du futur. Et quel futur ! Un futur angoissant au sens existentiel puisque chaque décision est le déchirement de devoir faire un choix inexorable et qui n’appellera aucun retour en arrière. Claire cite d'ailleurs une conversation récente avec un adolescent (et lycéen), angoissé littérallement par cette perspective. Prendre son temps est-ce le perdre ? A cette question, force est de constater que de toute manière "notre temps" est appelé à disparaître, à être perdu. Sauf, ajoute Claire, si l’on se prend à rêver de faire machine arrière et de revivre (voire de réparer) nos années passées, comme le montre si admirablement le film récent Camille redouble. Charmante et utopique solution ! 

    Finalement, notre seule arme véritable est dans l’action. L’existence précédant l’essence, comme le répétait Jean-Paul Sartre, il convient que nous nous construisions au milieu de nos semblables, grâce à ce temps qui nous est imparti. Notre temps, finalement, doit être celui de nos actions. Qu’on ne s’y trompe pas, précise Claire : la phrase sartrienne emblématique "L’enfer c’est les autres" n’est en rien un appel à la défiance envers mes contemporains : c’est la constatation que l’autre est celui ou celle par qui mon existence prend son sens. Je suis grâce à mes relations avec l’autre, cet autre qui me construit autant que je me construits. 

    Notre (premier) bouquin du mois

    Dans la continuité directe de ce débat, c’est une nouvelle fois Jean-Paul Sartre qui est évoqué, à travers une de ses œuvres les plus emblématiques : L’Existentialisme est un Humanisme (Pour aller plus loin, rendez-vous sur ce lien).

    Claire présente cet ouvrage éminemment important, publié après la sortie de l’œuvre majeure de Sartre L’Être et le Néant qui avait suscité incompréhension pour ne pas dire rejet. L’Existentialisme est un Humanisme, sorti en 1946, est la transcription d’une conférence donnée par Sartre en octobre 1945. Contre toute attente, cette conférence remporte un grand succès public. Quelques mois plus tard, parait le compte-rendu de cette conférence (intitulée : "L’existentialisme est un Humanisme").

    Ce livre constitue une présentation synthétique et claire de l’existentialisme, mal compris jusqu’alors. Sartre y développe sa conception de la liberté, intrinsèque à l’homme : "L’homme est condamné à être libre". Pour reprendre Dostoïevski, "si Dieu n’existe pas, tout est permis" car, en l’absence de tout projet divin il n’y a pas de nature humaine a priori qui déterminerait la condition de chaque homme. L’expérience religieuse, pour l’homme athée, n’est d’aucun secours : tout doit dépendre de la volonté et de l’action de chaque homme. Sartre résume cette position par cette phrase : "L’existence précède l’essence". L’existentialisme entend dévoiler en pleine lumière la liberté, dans toute sa puissance mais aussi toute sa crudité. Par là, puisque je suis libéré de toute intention transcendante, mes comportements me révèlent en tant qu’individu libre. Libre, souverain mais aussi solitaire dans cette attitude. Car cette liberté se construit également dans l’angoisse existentielle.

    Que l’existentialisme soit une philosophie de l’action individuelle (ce qui n’a pas été sans susciter des critiques de la part des théoriciens marxistes) n’en fait pas une théorie du repli sur soi. L’existentialisme est bien un humanisme, dit Sartre  dans le sens où chacun, en étant responsable de lui-même est aussi responsable de l’humanité toute entière : "Tout se passe comme si pour tout homme, toute l’humanité avait les yeux fixés sur ce qu'il fait". L’homme, à chaque instant, se projette en avant, dans ses projets. Il s’invente, sans la condition d’une force transcendantale qui le dépasserait. Nos actes prennent sens en tant qu’actes exemplaires qui ne nous engagent pas qu’individuellement : ils doivent être cohérents avec notre conception de l’humanité. Notre responsabilité l’engage. Finalement, la seule nature universelle de l’homme est celle d’être au monde, d’être au milieu des autres hommes et d’être mortel. 

    Ce premier café philosophique de la saison se termine par le choix du sujet de la séance du 19 octobre. Quatre sujets étaient proposés : "La vérité est-elle toujours bonne à dire ?", "Un bon citoyen peut-il être hors-la-loi ?", "Et si on parlait d’amour ?" et "La mort" (sujet proposé par une participante). Le sujet "La vérité est-elle toujours bonne à dire ?" est choisi à la majorité. Rendez-vous est pris pour ce débat le vendredi 19 octobre 2012 à 19H à la Brasserie du Centre commercial de la Chaussée.

     

     

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  • PROCHAIN CAFÉ PHILOSOPHIQUE SUR LA VÉRITÉ

    Le vendredi 19 octobre à 19 heures à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée aura lieu le prochain débat du café philosophique de Montargis. Pour ce nouveau rendez-vous, le sujet du débat choisi par les participants de la dernière séance s’intitule : "La vérité est-elle toujours bonne à dire ?"

    Vérité François JOUFFROY Premier secret confié à Vénus 1839.jpgDire la vérité est-ce seulement conférer une réalité immuable et incontestable à un fait ? A priori, la vérité doit s’imposer d’elle-même, telle une évidence, face au mensonge qui paraît immoral. Pourtant, force est de constater que le vrai a souvent du mal à s’imposer sans être critiqué ici ou là. Ne voit-on pas des vérités scientifiques que d’aucuns jugeaient un jour irréfutables être battues en brèche pour être remplacées par d’autres vérités scientifiques ? Que l’on pense à la naissance de l’univers ou à la forme de la terre. Dire de bonne foi la vérité un jour ne peut-il pas devenir plus tard la défense d’un mensonge ? De même, lorsque cette vérité paraît incontestable, la dévoiler ne peut-il pas devenir un acte moralement répréhensible ? Dès lors, a-t-on le droit, voire parfois, le devoir, de mentir ?    

    C’est sur ces questions, et sur bien d’autres sans doute, que le débat portera. Le café philosophique de Montargis est ouvert à tous. La participation est libre et gratuite. 

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  • FRÉDÉRIC GROS: "VOIR LE PRÉSENT AUTREMENT"

    Se fier aux apparences, comme souvent, risquerait d'égarer. Evidemment, Frédéric Gros est affable et discret. Son maintien et sa gestuelle évoquent l'adolescent. Si on le croisait sur quelque sentier de montagne - quand il n'enseigne pas, il part en randonnée -, on le prendrait pour un trekkeur averti, même sans savoir qu'il est aussi l'auteur du remarquable Marcher, une philosophie (Carnets Nord, 2009), best-seller intelligent et savant. Du coup, difficile d'imaginer ce doux discret en philosophe préoccupé de sujets aussi rudes que la folie, la violence, la guerre, aujourd'hui la sécurité. Pour le comprendre, il faut entrevoir le développement d'une oeuvre qui s'affirme de plus en plus singulière et éclairante.

    Au commencement était Michel Foucault. Frédéric Gros lui doit une bonne part de ses centres d'intérêt comme de sa méthode. Avec toutefois une première particularité : ce foucaldien n'a jamais rencontré l'auteur de l'Histoire de la folie. La génération de Mai 68 a vu en Foucault, autant ou plus qu'un philosophe-historien, un intellectuel engagé, personnage public, agitateur parfois. Au contraire, c'est par les textes seulement que le jeune normalien, qui arrive rue d'Ulm en 1986, deux ans après la mort du philosophe, découvre cet auteur qu'il considère d'abord comme... un moraliste ! "A l'époque, à l'Ecole normale, on estimait qu'il fallait en finir avec les débordements des années 1970, revenir à une philosophie plus sérieuse, moins inutilement transgressive. Pour ma part, avec une formation très classique, je n'avais jamais lu les textes de Foucault, et je les ai découverts, presque par hasard, avec une sorte de stupéfaction. Ce qui m'a d'abord fasciné, c'était l'extraordinaire mélange de données historiques détaillées, de questions de grande philosophie, empruntées à Descartes ou à Hegel, et d'un souffle lyrique, d'un sens de la mise en scène qui traversent ses livres. J'ai d'abord trouvé très attachant le "dernier Foucault", qui s'intéresse de près à la littérature des moralistes, dissèque les règles de l'existence des stoïciens ou des cyniques grecs, scrute les traités d'Epictète, de Sénèque, de Marc Aurèle..."

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  • QUI A PEUR DES VÉRITÉS SCIENTIFIQUES ?

    sciences,Latour"Si on n'a pas confiance dans l'institution scientifique, c'est très grave". Dans son nouveau livre, Enquête sur les modes d'existence. Une anthropologie des modernes (La Découverte, 504 p., 26 €), le sociologue français des sciences Bruno Latour raconte sa stupéfaction à entendre un éminent climatologue répondre ainsi à un industriel qui lui demandait pourquoi il devait le croire lorsqu'il explique que le réchauffement de la planète est dû à l'influence humaine. "Il y a cinq ou dix ans, commente Bruno Latour, je ne crois pas qu'un chercheur - surtout français - aurait parlé, en situation de controverse, de "confiance dans l'institution scientifique". [...] C'est à la certitude qu'il aurait fait appel, certitude dont il n'aurait pas eu à discuter la provenance en détail devant un tel auditoire ; c'est elle qui lui aurait permis de traiter son interlocuteur d'ignorant et ses adversaires d'irrationnels." Et le sociologue de donner raison au climatologue : "Quand il s'agit d'obtenir des connaissances validées sur des objets aussi complexes que le système entier de la Terre, connaissances qui doivent entraîner des changements radicaux dans les détails les plus intimes de l'existence de milliards de gens, il est infiniment plus sûr de se confier à l'institution scientifique qu'à la certitude indiscutable."

    Cet ouvrage pourrait bien marquer la fin de ce qui a été appelé "la guerre des sciences" entre rationalistes et relativistes.

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"La félicité et le bonheur ne sont pas davantage l’œuvre d’une seule journée, ni d’un bref espace de temps” [Aristote]