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  • MERCI AUX PARTICIPANTS DE LA SÉANCE DU 21 DÉCEMBRE 2012

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    En cette veille de départ en vacances (et aussi jour programmé pour une fin du monde... qui n'a pas eu lieu !), environ 50 personnes étaient présentes pour séance 21 décembre 2012 intitulée : "Catastrophe ! La fin du monde ? La peur peut-elle être bonne conseillère ?"

    Merci aux participants qui ont une nouvelle fois permis de mener un débat intéressant et très ouvert.

    Bientôt, sur ce site, le compte-rendu de cette séance.

    Claire et Bruno fixent le prochain rendez-vous le vendredi 1er février 2013 à 19 heures à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée. Ce débat portera sur le thème de la gentillesse

    Affiche ici.

     

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  • UN COUP DE PROJECTEUR DE LA RÉPUBLIQUE DU CENTRE SUR NOTRE SÉANCE DU 21 DÉCEMBRE

    Sans titre.PNGLa République du Centre (édition de Montargis) parle dans son édition d'aujourd'hui de notre séance du vendredi 21 décembre 2012, intitulée : "Catastrophe ! La fin du monde ? La peur peut-elle être bonne conseillère ?".

    Pour en savoir plus, cliquez sur ce lien.

    L'Eclaireur du Gâtinais daté du 20 décembre consacre également un article à cette séance. Un grand merci également à eux.

     

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  • LE SPORT EXTRÊME OU LE PLAISIR D'AFFRONTER SA PEUR

    Par Maude Landreville

    Dangerous-Extreme-Sports-Wallpapers-15.jpgIl faudrait martyriser longtemps un skater  pour lui faire avouer qu’il est en fait un sportif. En effet, son passe-temps, peut-être sa passion, est inclus dans ce que l’on nomme les sports extrêmes.  Certains diront que l’émergence de ces sports dits aussi de glisse n’est qu’un pot-pourri de pratiques dont la principale caractéristique semble être de vouloir mourir jeune.  Pourtant, plus qu’un simple loisir, la pratique d’activités comme le parapente, la planche à neige, le surf et autres semble être un phénomène croissant.  Plutôt que d’en traiter d’un point de vue anthropologique en tant que sous-culture, il s’agira ici de faire la genèse des événements ou des courants qui ont mené à cette révolution dans le monde des activités physiques.  Par un survol du mouvement, je tenterai de démontrer comment le phénomène prend ou perd de l’ampleur selon qu’on l’analyse à travers une lunette d’approche plus spécifique et économique ou par celle, plus globalisante, de la psychologie.

    Une recherche d’absolu

    Tout d’abord, la racine du mot “sport” est anglaise: on part de desport  pour en arriver  en français à s’amuser. L’étymologie nous amène à remarquer la dimension ludique dans les sports extrêmes comparativement aux sports tels que nous les connaissons avec leurs règles et leurs records.  En effet, il n’y a pas de définition comme telle des X  sports. On les différencie entre autres par leur manque de résultats.  L’importance est mise non pas dans la pratique à long terme d’un sport en vue de produire une performance, mais dans l’exécution, dans ce qu’elle contient en elle-même d’absolu.  Faute de définition, voici une liste (un peu longue, mais incomplète) de ces pratiques et qui laisse quelques interrogations: surf, patins à roues alignées, windsurf (planche à voile), deltaplane, parachute, bodysurf, rafting, canyonning, benji, vtt, skate-board, snakeboard, footbag, vol libre, hydrospeed, ultramarathon, nage en eau vive, escalade, parapente, cerf-volant acrobatique, freesby, skysurf, monoski, ski extrême, via ferrata (“lignes de vie”, randonnée à la cime des montagnes avec cables et échelles), snowscoot, boomerang, etc.  La plupart de ces sports alternatifs sont nés après 1970 et continuent de procréer. Ils sont en général en rapport direct avec la nature, se pratiquent en solo et pas par n’importe qui.  C’est qu’ils imposent une certaine attitude (rebelle?), un langage particulier et un look.  Alain Loret (1995) parle même d’une génération glisse dans son livre.  Est-ce que toute cette mode ne serait en fait qu’une facette d’une société de consommation, qu’une preuve de plus de l’emprise de la culture américaine?  L’argent serait-il encore le coupable? La question mérite d’être soulevée.

    LA SUITE ICI...

     

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  • NOTRE PROCHAINE SÉANCE

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    La prochaine séance du café philosophique de Montargis aura lieu le vendredi 21 décembre 2012 à 19H à la Brasserie du Centre commercial de la Chaussée.

    En clin d'oeil à cette date, le débat sera intitulé : "Catastrophe ! La fin du monde ? La peur peut-elle être bonne conseillère ?"


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  • COMPTE-RENDU DE LA SÉANCE "MÉMOIRE, MÉMOIRES..."

    Thème du débat : "Mémoire, mémoires... Cette mémoire qui nous construit, cette mémoire qui nous détruit" 

    Date : 30 novembre 2012 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée.

    brainphysiology.jpgPour ce café philosophique spécial intitulé "Mémoire, mémoires… Cette mémoire qui nous construit, cette mémoire qui nous détruit" entre 80 et 90 personnes étaient présentes. Pour l’occasion, Claire et Bruno étaient accompagnés de Jean-Dominique Paoli. 

    Bruno le présente : Jean-Dominique Paoli, ancien professeur agrégé en économie et gestion, consacre depuis plusieurs années son temps libre dans l’étude de la mémoire et dans son entraînement quotidien. Il précise qu’il n’est certes pas spécialiste mais qu’il souhaite partager ses connaissances et son expérience sur les formidables capacités cognitives du cerveau. Notre invité entend faire de cette séance du café philosophique de Montargis un moyen de montrer que n’importe qui peut "muscler" son cerveau (quoique le terme de "muscle" n’est pas approprié pour cette partie du corps humain) et que, surtout, les petits accidents de la vie quotidienne (la perte d’un trousseau de clés ou celle d’un nom) ne sont pas dramatiques. Il s’agit également, ajoute Bruno, d’un café philo qui entendra rendre hommage au cerveau, mal connu, de taille modeste (1 % environ de la masse corporelle) mais puissamment irrigué : 20 à 25 % de notre sang passe par le cerveau !

    Puisque nous sommes dans le cadre d’une animation philosophique, en ce début de séance, Claire propose au public de faire fonctionner ses méninges en citant de mémoire une liste de vingt philosophes qu’ils ont pu retenir. Cette liste est inscrite sur un tableau: 

    Nietzsche (n°1), Platon (n°2), Spinoza (n°3), Bergson (n°4), Kierkegaard (n°5), Schopenhauer (n°6), Descartes (n°7), Lavarède (sic) (n°8), Pascal (n°9), Kant (n°10), Teilhard de Chardin (n°11), Épicure (n°12), Sartre (n°13), Husserl (n°14), Socrate (n°15), Confucius (n°16), Alain (n°17), Marx (n°18), Montaigne (n°19), Lao Tseu (n°20).

    Jean-Dominique Paoli mémorise pendant quelques minutes cette liste tout en continuant de converser avec les participants - ce qui rend l'exercice particulièrement difficile. Puis le tableau est retourné et caché. 

    IMG_2337.JPGJean-Dominique ne cache pas que l’utilisation de nos jours de la mémoire pose problème : alors que les maladies invalidantes – type Alzheimer – ont tendance à nous inquiéter, tout se passe comme si nous nous désintéressions de nos capacités mnémoniques. Il y a une explication à cela : notre vie quotidienne est de plus en plus riche d’instruments qui facilitent notre vie quotidienne – téléphones portables, Internet, moteurs de recherche, répertoires électroniques, etc. – au risque de rendre notre cerveau dépendant de ces machines. Combien sommes-nous à ignorer jusqu’à notre propre numéro de téléphone ? L’objet de cette séance sera donc nous ouvrir les yeux sur l’importance de cette mémoire. 

    Il est d’ailleurs remarquable de constater que même chez étudiants et les adolescents, les plus à même d’utiliser la mémoire – voire de bien l’utiliser étant donné les qualités optimales de leur cerveau à leur âge –, cette faculté est inhibée. Qui n’a pas connu, les veilles d’examens, l’expérience de l’angoisse à l’idée que toutes les connaissances que l’on a mémorisées vont disparaître devant une copie blanche ? Il existe pourtant des moyens de gérer sa mémoire, réagit Jean-Dominique Paoli, tout en concédant que le stress (bien compréhensible dans le cas d’un examen) est délétère pour le cerveau. Ce dernier n’est jamais aussi efficace que lorsqu’il travaille dans le plaisir et le "politiquement incorrect". À ce sujet, il est frappant, remarque notre intervenant non sans humour, que parmi les premiers mots appris par les jeunes enfants figurent en bonne place le "vocabulaire du "pipi-caca" !

    Rebondissant sur l’intervention d’une participante, il est entendu, dit Claire, que le sujet de ce soir entend parler de la mémoire personnelle, même si les concepts de mémoire historique ou de mémoire familiale ne sont pas déconnectés du sujet qui nous occupe, sujet qui mériterait à lui seul bien d’autres débats...

    IMG_2332.JPGJean-Dominique Paoli définit la mémoire en la montrant comme multiple et plurielle. Une différence est faite entre mémoire rétrograde et de mémoire antérograde (la mémoire antérograde est la mémoire qui acquiert les informations nouvelles alors que la mémoire rétrograde celle qui a conservé les informations passées).

    Maintenir ces souvenirs acquis n’est cependant pas garantir leur perpétuation intacte et exacte. Nous nous construisons grâce à notre passé autant que nous reconstruisons ce passé ! Nos souvenirs sont perpétuellement revus, réexaminés, voire "reliftés". Bruno prend pour exemple une anecdote tragique narrée par Boris Cyrulnik dans son autobiographie récente Sauve-toi, la vie t’appelle (éd. Odile Jacob, 2012). Ce spécialiste de la résilience garde le souvenir de son arrestation avec ses parents le 18 juillet 1942. Alors qu’il n’a que cinq ans, il est enfermé dans la synagogue de Bordeaux. Une infirmière le dissimule sous un matelas où gît déjà une femme mourante, ce qui le sauvera de la mort. Or, la mémoire de l’enfant conserve le souvenir d’un soldat allemand entrant dans la synagogue. Pendant des années, Boris Cyrulnik a été persuadé que ce militaire avait vu le petit garçon mais qu’il n’avait rien dit pour ne pas le dénoncer – par humanité. Ce n’est que plus tard qu’il apprendra la vérité crue : le "soldat bienveillant" n’a en réalité pas vu l’enfant mais, tombant sur la femme mourante, il lui a lancé : "Qu’elle crève ici ou ailleurs, ce qui compte c’est qu’elle crève". Tout se passe comme si la mémoire du jeune enfant avait reconstruit un souvenir afin de rendre son passé plus supportable. Sa santé psychique était sans doute à ce prix. 

    Même s’il est peu abordé au cours de cette séance, l’oubli fait partie de nos capacités cognitives : "Il est possible de vivre presque sans souvenir et de vivre heureux, comme le démontre l'animal, mais il est impossible de vivre sans oublier" affirme Nietzsche. Plus tard, Sigmund Freud a démontré que l’oubli est indispensable pour rendre notre vie psychique saine et stable. Parmi ces oublis, étudiés par le plus célèbre des psychanalystes, figurent en bonne place les actes manqués et les lapsus.

    Parler de mémoire, dit Jean-Dominique Paoli, c’est avoir en tête que sa compréhension est relativement récente. Pendant très longtemps, son étude s’est cantonnée aux réflexions de philosophes (Cicéron, s. Augustin ou Malebranche pour ne citer qu’eux). Est-ce à dire que cette faculté a été déconsidérée ? Non : pendant des centaines d’années, l’ars memoriae faisait partie des matières enseignées sous l’Antiquité (chez Platon ou Cicéron par exemple, cf. cet extrait de texte de Platon) comme sous l’époque médiévale (pour aller plus loin, lire ce document en ligne).

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    Depuis trente ans environ, l’arrivée et le développement de l’imagerie médicale (nombre de personnes se souviennent de l’événement que constituait il y a quelques années l’investissement dans tel ou tel hôpital d’un appareil IRM) a bouleversé notre connaissance du cerveau. Aujourd’hui, il est possible de suivre en temps réel l’activité du cerveau, ce qui laisse augurer pour les années à venir des progrès fulgurants dans la connaissance de cet organe hors du commun.

    Qu’est-ce que la mémoire ? Blaise Pascal résume en disant qu’"elle est nécessaire à toutes les opérations de l’esprit". Et pas seulement de l’esprit : elle régit notre motricité ("Les jambes, les bras sont pleins de souvenirs engourdis" dit Marcel Proust) autant que nos capacités cognitives, y compris celles les plus enfouies. D’emblée, pour un tel sujet, on se situe dans un vocabulaire en miroir : 

    Mémoire / cerveau

    |

    Psychisme / physiologique

    |

    Conscient / inconscient

    La mémoire à court terme est chargée de trier des informations provenant des cinq sens : visuelles, auditives, olfactives, gustatives et tactiles. Ce tri est constant et quasi instantané. Sans cesse renouvelé, il est nécessaire au bon fonctionnement de notre psychisme. J’ai un numéro de téléphone à composer. Mon cerveau enregistre ce numéro momentanément. À peine tapé au clavier, j’ai déjà oublié ce numéro, du moins si sa mémorisation ne m’est pas utile. C’est l’hippocampe qui gère ce tri et qui procède soit à l’élimination, soit à la conservation de cette information. Dans ce cas, celle-ci est en quelque sorte étiquetée et rangée à l’intérieur de mon cerveau pour une éventuelle réutilisation.

    Qui décide du tri ? En principe, dit encore Jean-Dominique Paoli, l’inconscient décide de ce qui doit être éliminé ; le conscient décide de son côté ce que l’on doit conserver dans la mémoire à long terme.

    Il y a cependant une nuance de taille : l’inconscient peut décider seul de conserver l’information lorsqu’elle s’accompagne d’une émotion. L’amygdale, structure par laquelle toutes les émotions passent, donne alors une injonction à l’hippocampe. L’inconscient joue son rôle à plein, au point que la personne ignore cette conservation d’information.

    Ce n’est que fortuitement que ce souvenir pourra se réveiller et se révéler à la personne. Claire cite Henri Bergson, théoricien de la mémoire involontaire : "La mémoire (...) n’est pas une faculté de classer des souvenirs dans un tiroir ou de les inscrire sur un registre... En réalité le passé se conserve de lui-même, automatiquement."

    Mais, ajoute notre invité, qui mieux que Marcel Proust a parlé de notre mémoire dans son œuvre fleuve À la Recherche du Temps perdu ? La "madeleine de Proust" est l’exemple parfait pour parler de cette procédure mentale de mémoire involontaire :

    "Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d'autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s'était désagrégé ; les formes - et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot - s'étaient abolies, ou ensommeillées, avaient perdu la force d'expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir." (Proust, Du côté de chez Swann, 1913)

    Ce célèbre texte lu par Bruno rend compte de manière admirable comment un souvenir peut rester à jamais enfoui dans la mémoire si rien ne vient le réveiller. 

    IMG_2325.JPGUn aspect important à souligner est encore le rôle de la mémoire dans la compréhension du langage. La mémoire à court terme permet de mémoriser le début d’une phrase de manière à ce que l’on en comprenne la fin.

    En fin de compte, que deviennent ces informations une fois stockées ? Nous avons dit qu’elles pouvaient passer dans la mémoire à long terme soit grâce à un acte conscient de la mémorisation, soit suite à une procédure inconsciente en présence d’une émotion. Elles peuvent aussi disparaître purement et simplement. Toutefois, on pourra les retrouver en reconstituant le contexte. Là encore, la notion de tri est centrale car il faut laisser la place aux millions d’informations qui assaillent la mémoire à court terme.

    S’agissant des petits troubles de la mémoire, faut-il s’en inquiéter ? Où sont mes clés ? Mes lunettes ? Que suis-je venu faire dans cette pièce ? Si je refais le chemin géographique, trouverai-je la réponse ? Rien n’est moins sûr… Suis-je en train de perdre la mémoire ? C’est grave, docteur ? Ce sont autant de situations – les plaintes mnésiques – qui inquiètent. Il convient de se rassurer : les professionnels consultés au sujet de la mémoire considèrent que tant qu’il y a plainte mnésique il n’y a pas de réel problème puisque la personne est consciente de ses défaillances.   

    Ces oublis, certes gênants dans la vie quotidienne, ne sont que des problèmes mineurs liés au fonctionnement de la mémoire à court terme d’une part et à un manque de concentration et à des gestes machinaux d’autre part : lorsque l’on pose ses clés, un geste machinal, la mémoire à court terme élimine l’information dans les secondes qui suivent. Cela n’a a priori pas de rapport avec une maladie neurodégénérative.

    À ce stade du débat et après près d’une heure d’explication, Bruno propose de mettre Jean-Dominique Paoli à l’épreuve. Les participants avaient en début de séance listé 20 noms de philosophes. Ces noms, Jean-Dominique parvient devant le public à les retrouver, qui plus est dans l’ordre où ils ont été donnés :

    Nietzsche (n°1), Platon (n°2), Spinoza (n°3), Bergson (n°4), Kierkegaard (n°5), Schopenhauer (n°6), Descartes (n°7), Lavarède (n°8), Pascal (n°9), Kant (n°10), Teilhard de Chardin (n°11), Épicure (n°12), Sartre (n°13), Husserl (n°14), Socrate (n°15), Confucius (n°16), Alain (n°17), Marx (n°18), Montaigne (n°19), Lao Tseu (n°20). 

    Il a suffi d’une poignée de minutes à notre invité pour mémoriser – dans l’ordre et sans avoir cessé son intervention ! – cette liste ardue, composée qui plus de noms peu courants. Ce travail de mémorisation s’appuie sur des aides mnémotechniques : des personnages facilement identifiables (les Chinois Confucius ou Lao Tseu ou bien encore Montaigne, le plus célèbre des Bordelais), de noms mis en scène ("Platon assiste à un banquet"), d’anecdotes sur tel ou tel personnage (Nietzsche, ses relations avec Richard Wagner et le dévoiement de certaines de ses théories – le Surhomme – récupérées par l’idéologie nazie) ou de jeux de mots (chope-> Schopenhauer !)... N’oublions pas que le cerveau n’aime rien de mieux que le politiquement incorrect ! L’intervenant précise l’importance, à la condition d’être en état de relâchement, du travail de son inconscient, lequel a enregistré les informations en arrière-plan et les restitue de manière quasi automatique. (Claire et Bruno témoignent d’ailleurs que bien après cette séance, jusqu’à trois jours plus tard, cette liste a pu être récitée parfaitement par notre intervenant, la mémoire s’étant consolidée). 

    IMG_2328.JPGJean-Dominique Paoli tient à montrer que cette performance n'est pas exceptionnelle et que tout un chacun peut parvenir à entraîner sa mémoire de la même façon. Une condition essentielle est d’adopter un mode de vie saine, en incluant le sport (la marche quotidienne pour notre invité) et en excluant drogues et alcool. Celui-ci insiste également sur une autre notion, que viennent corroborer plusieurs participants du public (dont un médecin) : l’importance du lâcher prise que nos sociétés contemporaines tendent à gommer. L’utilisation de plus en plus fréquente de la sophrologie – si elle est bien pratiquée par des personnes compétentes et qualifiées – peut être un outil intéressant d’aide à ce lâcher prise. (pour en savoir plus, rendez-vous sur cette page consacrée à la sophrologie). Il existe enfin des procédés mnémotechniques connus et facilement trouvables sur l’Internet.

    La séance se termine par la communication de l’adresse mail de Jean-Dominique Paoli. Il se déclare prêt à renseigner les personnes qui sont intéressées. Claire et Bruno le remercient une nouvelle fois pour son intervention brillante au cours de cette séance spéciale du café philosophique qui aura été, pour l’occasion, moins riche en débat mais particulièrement instructive.  

    Claire et Bruno fixent rendez-vous pour le prochain débat qui aura lieu le 21 décembre 2012. Des mouvements apocalyptiques ayant fixé la fin du monde à cette date, ce n’est pas sans malice que le café philosophique de Montargis a choisi de consacrer sa prochaine séance à ce sujet : "Catastrophe ! La fin du monde ? La peur peut-elle être bonne conseillère ?" Il ne reste plus qu’à espérer, conclut Bruno, que ce jour-là nous serons suffisamment de survivants – et nous le fêterons devant un verre ! – pour mener notre débat sur ce sentiment ancestral et universel qu’est la peur…

    Pour aller plus loin dans ce débat, lire aussi l'interview de Jean-Dominique Paoli.

    Pour en savoir plus sur la mémoire, voir cette bibliographie

    Photos de Bernard Croissant, avec son aimable autorisation


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  • APRÈS LA SÉANCE SUR LA MÉMOIRE : ENTRETIEN AVEC JEAN-DOMINIQUE PAOLI POUR ALLER PLUS LOIN DANS LE DÉBAT

    CAFÉ PHILO - Bonjour Jean-Dominique, nous nous retrouvons pour faire le bilan de la soirée "mémoire, mémoires" du 30 novembre dernier. Qu’en as-tu pensé ?

    JEAN-DOMINIQUE PAOLI - Bonjour. Je pense que les participants ont été intéressés par ce qui a été développé ce soir là. Les retours que j’en ai eus vont dans ce sens.

    CAFÉ PHILO - N’avons-nous pas manqué de temps pour traiter plus complètement ce sujet ?

    mise en page portrait black.JPGJDP - Evidemment. Nos objectifs étaient plutôt ambitieux au regard du temps dont nous disposions. Un premier objectif était d’expliquer le fonctionnement de la mémoire à court terme et dans la foulée de rassurer tout le monde sur les petites défaillances de notre mémoire. Cet objectif a été rempli, et de manière complète. Mais nous avions aussi l’objectif de montrer combien notre identité est liée à notre mémoire. Nous n’avons pu qu’effleurer le sujet. Car cela nécessitait de mettre l’éclairage sur la mémoire à long terme. Nous n’en avons pas eu le temps.

    CAFÉ PHILO - Peux-tu nous préciser ce point en quelques mots ?

    JDP -  La  mémoire à long terme est celle qui s’inscrit dans la durée et ce jusqu’à notre disparition. Elle comprend trois types de mémoire : la mémoire des gestes vitaux (respirer, manger, etc.), des gestes appris (marcher, lacer ses chaussures, faire du vélo, pratiquer un sport, etc.). On parle de mémoire procédurale. La mémoire des évènements, des épisodes de notre vie, c’est la mémoire épisodique. La mémoire de tout ce que nous avons appris dans notre vie, c’est la mémoire sémantique. La somme de ces trois mémoires constitue notre identité, car personne d’autre n’a vécu exactement comme nous, n’a appris comme nous. La discussion aurait pu être intéressante sur cet aspect plus philosophique de la mémoire.

    CAFÉ PHILO - Vois-tu d’autres points que nous aurions pu aborder ?

    JDP - Oui, le sujet de la soirée comportait la phrase "cette mémoire qui nous détruit". Il y avait là matière à parler des traumatismes qui peuvent nous poursuivre, des idées que nous ruminons, des symptômes chers à la psychanalyse, etc. 

    CAFÉ PHILO - Lors de la soirée tu as évoqué rapidement la question de l’entretien de notre mémoire. Mais là encore le temps a manqué. Peux-tu développer pour nos lecteurs du site ?

    JDP : Bien sûr. Il y a d’abord un aspect santé. Une mémoire n’est bonne que dans un cerveau en bonne santé. Le cerveau est un organe prodigieux, il est important de le dorloter. Et un cerveau n’est en bonne santé que si le corps est bien entretenu. On retrouve alors les conseils classiques d’une vie saine : se nourrir de manière équilibrée, éviter les excès, notamment le tabac et l’alcool. Avoir une activité physique régulière : point n’est besoin de faire du sport à haute dose, mais faire de la marche, de la danse, de la zumba, nager... Peu importe, cela permet au système circulatoire de rester performant et d’irriguer toutes les parties du corps, notamment le cerveau (qui a besoin de beaucoup de carburant : ce "petit" organe d’un kilo et demi consomme 20% de l’oxygène, 25% du glucose utilisés par  notre corps). Bien dormir : le sommeil permet au cerveau de se régénérer. Eviter le stress, qui envoie des hormones inhibitrices dans les connexions du cerveau. Eviter, ou en tout cas n’utiliser qu’avec parcimonie, les médicaments psychotropes (successeurs des barbituriques) : somnifères, anti-anxiolytiques, anti-dépresseurs, dont des études récentes montrent qu’ils sont de véritables poisons pour le cerveau si on les utilise inconsidérément. Est-il besoin de préciser que les diverses drogues sont à fuir ? Le problème de notre vie moderne est que beaucoup de gens sont stressés, ne trouvent pas le temps d’avoir une activité physique, dorment mal, prennent des psychotropes, etc.

    CAFÉ PHILO - Soit, mais toi-même, tu ne te contentes pas de cet entretien, tu entraînes ton cerveau à mémoriser.

    citation-21-L-ZVUnJL.jpegJDP - Certes, je m’entraîne tous les jours. Mais pas longtemps, une demi-heure maximum. Comme c’est intense, le cerveau sature vite. Cela m’est nécessaire si je veux rester performant dans mes deux spectacles d’effets de mémoire, ou dans les "conférences" comme l’autre soir. Mais franchement, cet entraînement, que je compare aux gammes que s’inflige un musicien, n’est pas passionnant, et ne se comprend que dans un contexte de performance mnésique. Pour monsieur ou madame Toulemonde qui veulent simplement conserver une bonne mémoire, il leur suffit de faire travailler leur cerveau dans la curiosité, le ludique, le convivial.

    CAFÉ PHILO - De quelle manière ?

    JDP - Le cerveau doit être actif : lecture, mots croisés, sudoku, musique, faire du théâtre, jouer aux échecs,  au bridge, aller au cinéma, etc. Mais aussi le bricolage et le jardinage. Et aussi les jeux vidéos, etc. Etre toujours curieux et, c’est important, sortir de ce qu’on appelle notre « zone de confort », aller voir ailleurs que nos activités habituelles. Tout ce qui fait travailler nos neurones est bénéfique. Les diverses activités cérébrales nous obligent à nous documenter, à échanger, à réfléchir, essayer de comprendre, pratiquer, etc. Tout cela entretient notre mémoire.

    CAFÉ PHILO - Tu insistes aussi sur la nécessité des relations sociales.

    JDP - Oui, le cerveau, ou plutôt notre personnalité, a besoin de contacts sociaux, d’échanges. A travers les échanges, le langage, la réflexion, les émotions en commun, les circuits neuronaux s’activent et contribuent au bon fonctionnement cérébral, à une mémoire performante. L’idéal est de conjuguer activités cérébrales et contacts sociaux. De nombreuses activités que j’ai citées tout à l’heure le permettent. Une remarque au passage : l’agglomération de Montargis est riche de possibilités, dans les médiathèques, le cinéma, les spectacles de l’AME et autres. Par exemple, le soir du café philo, il y avait simultanément un conteur canadien très connu à la salle Jean Vilar, un réalisateur venu présenter à l'AlTiCiné son film pour les Cramés de la bobine et encore autre chose à la médiathèque d’Amilly. Et à Courtenay, le cinéaste Yves Boisset était l’invité d’un café littéraire. La veille, j’avais assisté au Belman à un très chouette spectacle autour des chansons de Brassens. Et le  lendemain  du  café philo un certain nombre de manifestations se sont déroulées, dont un salon du livre à Châlette. C’est l’embarras du choix pour qui veut faire fonctionner ses neurones de manière agréable et enrichissante.

    CAFÉ PHILO - Penses-tu que cet entretien de la mémoire peut avoir un effet préventif sur les maladies neuro-dégénératives que chacun craint ?

    JDP - Je l’ai bien précisé lors de la soirée, même si j’ai fait des recherches approfondies sur la mémoire, je ne suis pas thérapeute. Mais je peux répondre à cette question en me basant sur les travaux des spécialistes. Lesquels sont en général prudents, utilisent le conditionnel, sur ce sujet des maladies touchant la mémoire. Mais quand même, il se dégage une constante : la personne qui respecte l’essentiel des conseils que j’ai indiqués tout à l’heure, a de très fortes chances de conserver longtemps ses facultés mnésiques. J’aime bien prendre comme exemple les acteurs, notamment de théâtre. Mais aussi les écrivains. En tout cas ceux qui ont une vie « saine » et qui continuent leur activité cérébrale, qui font travailler leur cerveau de manière intensive malgré leur âge avancé. Leurs facultés intellectuelles, donc leur mémoire, sont intactes. Vous les voyez jouer des pièces chaque soir, écrire des livres, etc… comme si l’âge n’était pas là.

    CAFÉ PHILO - Finalement, il y avait encore plein de choses à dire sur la mémoire après la fin de la soirée !

    JDP - Certainement, nous aurions pu y passer une partie de la nuit l

    Très bientôt, sur ce site, le compte-rendu de cette séance sur la mémoire.


     
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  • POURQUOI LES ENFANTS AIMENT AVOIR PEUR

    Un des sujets préférés des contes pour les juniors restent les angoisses enfantines. Pourquoi ce ressort fonctionne-t-il encore de nos jours?

    536291.jpgLe 20e Salon du livre de jeunesse et de la presse de Montreuil rend hommage au Petit Chaperon rouge à travers l'exposition Dans la gueule du loup. Plus de trois siècles après sa création, le conte s'avère une source inépuisable d'inspiration. Du classique Gustave Doré à la contemporaine Lisbeth Zwerger (Nord-Sud), du résolument stylisé Rascal (Pastel) aux photographies de Sarah Moon (Grasset Jeunesse), cette histoire aux mille et une versions fascine toujours. Pourquoi? Sans nul doute Le Petit Chaperon rouge délivre-t-il un message d'une portée universelle. En soulevant la peur du loup, il enseigne aux petits la méfiance envers l'inconnu. Dans les récits d'antan, la peur était un ressort essentiel de l'éducation. N'avait-on pas recours aux ogres et autres croque-mitaines pour rendre les enfants sages? Un procédé banni des méthodes d'aujourd'hui. Pourtant, les peurs ancestrales restent bien ancrées chez les bambins du troisième millénaire. D'où viennent-elles? Pourquoi nos enfants les subissent-ils encore? Le livre a-t-il toujours un rôle à jouer? Christophe André, médecin psychiatre à l'hôpital Sainte-Anne, à Paris, répond à Lire Junior. Spécialisé dans le traitement de la peur, il vient de signer son huitième livre, Psychologie de la peur (Odile Jacob).

    La peur des enfants est-elle normale?

    CHRISTOPHE ANDRÉ. Oui, elle est une fonction naturelle de l'être humain. Sans la peur, la survie de l'espèce ne serait pas assurée. Certaines peurs sont stockées dans la mémoire génétique de l'espèce: la peur de l'eau, des gros animaux, de l'inconnu, du tonnerre, etc. Elles sont des signaux d'alarme qui mobilisent nos ressources face au danger et jouent donc un rôle d'éducation. Si vous marchez sur un sentier escarpé, la crainte du vide vous empêchera de tomber. Seule exception, les enfants casse-cou! Leur absence de peur les expose davantage aux accidents.

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  • FIN DU MONDE 2012 : ET SI GÉRARD PALAPRAT AVAIT VU JUSTE?

    Le calendrier maya annonce la fin du monde pour le 21 décembre prochain. EN 1971, Gérard Palaprat avait lui aussi envisagé cette possibilité.

    "Pour la fin du monde, prends ta valise et va là-haut sur la montagne". Et si cette montagne en question dont nous parle Gérard Palaprat était celle de Bugarach ? Ce petit village situé dans l’Aude serait, selon de nombreuses hypothèses, l’unique endroit au monde pour échapper à la fin du monde prévue pour le 21 décembre prochain.

    Cette chanson composée en 1971 par Gérard Palaprat prend aujourd’hui tout son sens. C’est d’ailleurs à quelques kilomètres de Bugarach, en Lozère, que Gérard avait composé cette chanson.

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  • UNE SEMAINE AVANT LA FIN DU MONDE (LE DÉBAT !)

    Le compte à rebours a commencé : il reste une semaine avant la fin du monde… du moins si les prédictions de plusieurs prophètes s’avèrent véridiques.

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    Rien n’est moins sûr : les prophéties apocalyptiques sont légion dans l’histoire de l’humanité : pas moins de 180 comptabilisées (pour en savoir plus, rendez-vous sur ce lien). 

    L’occasion était trop bonne pour le café philosophique de Montargis qui, hasard du calendrier, organisera son prochain débat ce jour-là : pour ce nouveau rendez-vous, il sera moins question de discuter sur cette fin du monde annoncée (signalons au passage que si cette prophétie s’annonce vraie, nous ne serons sans doute plus là pour en discuter !) que de débattre sur un sentiment commun à tout homme : la peur.

    Rendez-vous donc le vendredi 21 décembre 2012 à 19 heures à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée de Montargis pour ce débat intitulé : "Catastrophe ! La fin du monde ? La peur peut-elle être bonne conseillère ?"   

     

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  • FIN DU MONDE LE 21 DÉCEMBRE 2012 : AU FAIT, QUE DISENT RÉELLEMENT LES MAYAS ?

    Rarement une date et un événement hypothétique (et hautement improbable) aura autant fait parler de lui :

    Films, livres, émissions de télévisions, articles de presse et jusqu’à nos conversations quotidiennes font de ce 21 décembre 2012 une date remarquable. Le café philosophique de Montargis lui-même, qui avait programmé cette date pour son dernier débat de l’année, ne pouvait pas ne pas faire un clin d’œil à cette prophétie aussi inquiétante que troublante. C’est pourquoi le débat de ce jour aura pour thème de discussion la peur ("Catastrophe ! La fin du monde ? La peur peut-elle être bonne conseillère ?").

    Mais au fait, pourquoi cette date du 21 décembre 2012 est-elle devenue celle d’une fin du monde programmée ?

    1.pngCette annonce prend pour hypothèse une inscription (et une seule inscription) maya découverte sur le monument 6 de Tortuguero au Costa Rica, un site modeste dont il reste peu de choses. Ces inscriptions (glyphes) sur une grande dalle verticale ont pour objet les divers épisodes de la vie d’un souverain local du VIIème siècle. Sur un côté de ces scènes sont inscrites ces mentions : "Il adviendra le bak’tum 4 Ahaw 3 K’ank’in". Les dernières mentions de ce texte ont disparu mais il n’est nulle part fait mention de fin du monde. Que veut dire ce texte et pourquoi fait-il couler tant d'encres ?

    Pour répondre à cette question, il convient de se pencher sur le système de calendrier des Mayas.

    Pour ce peuple d’Amérique, apparu vers 2000 avant JC  avant de s’éteindre sous la conquête espagnole (il reste cependant près de 7 millions de Mayas), le temps était cyclique. Le calendrier (tzolk’in) comprenait 260 jours, décomposés en 13 fois 20 jours, nommés par des noms divers (animaux, végétaux et symboles), fastes ou néfastes. C’est cette combinaison de chiffres (de 1 à 13) et de nom qui désignait la qualité ou non de tel ou tel jour. 

    À ce comput, s’ajoutait le calendrier solaire que les Mayas connaissaient bien. Ils divisaient l’année en 18 mois de 20 jours, soit 360 jours. Pour compléter le calendrier solaire, cinq jours "perdus", considérés comme néfastes, étaient ajoutés en fin de cycle. Chaque jour était désigné par le nom du mois auquel on ajoutait un chiffre de 1 à 19. Le dernier jour du mois (le vingtième) était qualifié comme "fondateur" du mois suivant.

    Cette particularité de double calendrier inégal faisait que chaque jour (calculé et nommé de deux manières différentes) se répétait au bout de 18 980 jours (le plus petit multiple commun de 260 et 365), soit 52 années de 365 jours ou encore 73 cycles de 260 jours. La fin d’un cycle était observé avec attention si ce n’est vénération, voire terreur.  

    fin du monde,peur,maya,calendrierÀ ce cycle court, s’ajoutait un compte long organisé lui aussi en cycles. On date sa création à plus de 2500 ans. Ce compte long n’a été découvert qu’au XIXème siècle grâce à l’examen d’inscriptions de l’époque classique (de 250 à 950 environ) composées de colonnes de chiffres ne dépassant jamais 20 et disposés sous un glyphe dit "introducteur". Sur ce document épigraphique, la plus petite unité, en bas de la colonne, désigne le jour (k’in ou "soleil"). Au-dessus, se trouve le mois de 20 jours (winal), puis vient la désignation de l’année (tun ou "pierre"). L’année a une durée de 18 mois soit 360 jours. Au-dessus du tun vient le k’atun (correspondant à 20 tun) et au-dessus du k’atum se situe la plus large et la dernière des unités de ce système : le bak’tun, équivalent à 20 k’atun, soit 400 ans. 

    Ce comput a un point d’origine que les spécialistes font démarrer au 11 août 3114 avant JC. Tout, ensuite, est affaire de mathématiques : au bout du 13ème bak’tun (13 fois 400 ans à partir de cette date originelle), nous dit l’inscription de Tortuguero, un cycle s’achève bien en décembre 2012. Il est probable qu’ensuite commencerait un nouveau cycle et non pas une fin du monde, jamais annoncée de fait à cette date.

    Jusque dans les années 70, la référence d’une fin du monde à cette date n’est d'ailleurs mentionnée nulle part. L’écrivain américain du New Age José Argüelles y fait référence le premier. Il popularise cette idée dans son livre à succès The Mayan Factor (Le Facteur Maya) en 1987. Mais la popularité du 21 décembre 2012 sera surtout le fait du cinéma commercial américain avec le film de Roland Emmerich : 2012, sorti en 2009. Mort en 2011, José Argüelles ne saura jamais si ses prédictions, qu’il doit en partie de ses propres aveux à des prises de LSD, se réaliseront.

    Quant à nous, il nous reste encore une semaine avant de savoir si les supposées prédictions des Mayas vont se concrétiser.

     

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  • VRAIES EXTINCTIONS MASSIVES ET FAUSSES FIN DU MONDE : UN RAPIDE HISTORIQUE

    Chutes de météorites, raz de marées, invasions extraterrestres, retournements des pôles, apocalypses nucléaires, guerres mondiales, chutes de stations spatiales et même... trou noir provoqué par le cyclotron du CERN : l'histoire humaine est riche de prédictions toutes aussi terrifiantes les unes que les autres.

    image fin du monde.jpgA l'heure où de nombrteux mouvements annoncent une fin du monde le 21 décembre prochain - qui sera aussi la date de notre prochain café philosophique consacré à la peur ! - il n'est pas inutile de rappeler que les prévisions et prophéties de tout poil annonçant la fin de l'humanité ont été légion : pas moins de 180 annonces ont émaillé notre histoire - et toutes se sont trompées... Gageons que celle du 21 décembre 2012 en fera partie. Sinon, nous serons tous dans de beaux draps !

    Il n'est par contre pas inutile, pour se faire peur autant que pour se rassurer, de faire un petit historique des vraies extinctions massives survenues sur Terre comme de faire un panorama des petites et grandes prédictions apocalyptiques - un panorama non exhaustif.

    - 500 millions d'années environ (Cambrien) : Disparition d'un grand nombre d'espèces de trilobites, brachiopodes et conodontes.

    - 440 millions d'années environ (entre l'Ordovicien et le Silurien) : Deuxième extinction massive suite à une grande période de glaciation.

    - 365 millions d'années environ (Dévonien) : Troisième extinction massive de 70 % des espèces mais sur une période de plusieurs millions d'années.

    - 250 millions d'années environ (Permien) : Quatrième extinction massive de la presque totalité de la vie sous-marine et de 70 % des espèces terrestres animales et végétales. Il s'agit de l'extinction la plus importante.

    - 200 millions d'années environ (Trias-jurassique) : Cinquième extinction massive de 75 % de la vie marine et de près de 30 % des familles d'animaux. Facturation de la Pangée.   

    peur,fin du monde,apocalypse- 65 millions d'années environ (Crétacé) : Sixième extinction massive de 50 % des espèces, suite à l'écrasement d'une météorite sur Terre dans l'actuel Mexique (Chicxulub).

    - 13 000 ans et après : Extinction de l'Holocène due à la colonisation de la terre par l'homme. Nous sommes toujours dans cette ère.

    VIème siècle avant JC : textes bibliques apocalyptique d'Ezéchiel et de Joël. 

    - 165 : Le Livre de Daniel inaugure réellement le genre apocalyptique. Il décrit l'avènement du royaume messianique à la fin des temps.

    Vers 95 : Apocalypse de Jean de Patmos. Ce texte qui conclue le Nouveau Testament annonce la fin des temps et l'avènement du Royaume de Dieu. Plusieurs interprétations ont cours sur ce texte obscur (explications symbolistes, historiques, prétéristes et futuristes).

    1000 : Grande peur de la fin du monde, considérée après coup par des médiévistes comme largement surévaluée.

    1260 : Panique provoquée par les "flagellants" à l'approche d'une fin du monde.

    1525 : Le pasteur millénariste Münzer lance une révolte de paysans contre le Saint Empire Romain Germanique afin de créer une théocratie à l'imminence du Jugement Dernier. Sa révolte est vaincue et Münzer est mis à mort.

    5 avril 1534 : Persuadé que cette date marque la fin du monde, le prédicateur néerlandais Jan Matthijs provoque les autorités catholiques qui assiègent Münster où il s'est enfermé avec des fidèles. Jan Matthijs meurt écartelé.

    1555 : Première édition des Centuries astrologique de Nostradamus dont les prédictions s'arrêtent en 3797.

    1898 : Sortie de La Guerre des Mondes du Britannique HG Wells.

    1910 : Le passage de la comète de Halley suscite la panique.

    peur,fin du monde,apocalypse30 octobre 1938 : Orson Welles provoque un mouvement de terreur aux Etats-Unis en raison de la vraisemblance de sa fiction radiophonique inspirée du livre La Guerre des Mondes (photo). 

    1947 : Création à Chicago de l'horloge de l'Apocalypse où "minuit" représente la fin des temps. En 2012, son cadran affiche 23h55.

    1960 : Le physicien Heinz von Foerster prédit que le nombre d'habitants en 2026 rendra la vie sur terre impossible.

    1962 : Crise des missiles de Cuba d'une gravité telle que le monde faillit basculer dans une guerre nucléaire entre les Etats-Unis et l'URSS.

    1978 : Le gourou Jim Jones, hanté par le spectre de l'apocalypse, entraîne ses 914 membres dans un suicide collectif.

    1993 : Incendie de Waco et mort de 82 fidèles de la secte des Davidiens dirigée par le gourou David Koresh.

    1999 : Le couturier Paco Rabanne annonce la fin du monde pour le 11 août, à l'occasion de l'éclipse solaire.

    2000 : A l'occasion du passage au nouveau millénaire, aucune prédiction catastrophique n'a lieu.

    11 septembre 2001 : L'attentat contre le Wall Trade Center fait craindre une nouvelle guerre mondiale.

    peur,fin du monde,apocalypse2007 : Le roman post-apocalyptique La Route de Cormac McCarthy reçoit le prix Pulitzer. Il sera adapté par la suite au cinéma (photo). Voir aussi ce lien au sujet du livre et cet autre lien au sujet du film.

    L'Union internationale pour la conservation de la nature évalue qu'une espèce d'oiseaux sur huit, un mammifère sur quatre, un amphibien sur trois et 70 % de toutes les plantes sont en péril.

    2008 : Inquiétudes autour de la mise en service de l'accélérateur de particules du CERN qui pourrait provoquer la création d'un trou noir.

    2009 : Le film 2012 de Roland Emmerich popularise et commercialise l'hypothèse selon laquelle les Mayas auraient prédit la fin du monde pour le 21 décembre 2012. 

    Sur cette page, retrouvez d'autres prédictions.

     

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  • UN SIÈCLE DE PHILOSOPHIE

    13534117682_GDSH_29_258.jpgLe café philosophique de Montargis souhaite faire un coup de projecteur sur le numéro de décembre 2012-janvier 2013 des "Grands Dossiers des Sciences Humaines". Ce numéro passionnant est consacré à un siècle de philosophie. Henri Bergson, Hanna Arendt, Jean-Paul Sartre, Albert Camus, Michel Foucault mais aussi Ludwig Wittgenstein, Jürgen Habermas, Carol Gilligan ou Peter Sloterdijk font l'objet d'articles synthétiques présentant leurs oeuvres principales et leurs apports à la philosophie. 

    Ce numéro de vulgarisation sur des oeuvres parfois difficiles d'accès est forcément incomplet et subjectif mais il ravira les curieux de la philosophie et leur donnera envie d'aller plus loin.

    En vente en kiosques 

     

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  • LA PRESSE PARLE DE NOTRE DERNIÈRE SÉANCE SUR LA MÉMOIRE...

    L'édition montargoise de la République du Centre (datée du 3 décembre 2012) se fait l'écho du dernier débat en date qui avait lieu le vendredi 30 novembre ("Mémoire, mémoires...").

    Pour en savoir plus, rendez-vous sur ce lien.

    Un grand merci bien entendu à la République du Centre pour ce coup de projecteur !

     

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  • MERCI AUX PARTICIPANTS DE LA SÉANCE DU 30 NOVEMBRE

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    Environ 90 personnes étaient présentes pour séance spéciale du 30 novembre 2012 qui était consacré à la mémoire ("Mémoire, mémoires...  : Cette mémoire qui nous construit, cette mémoire qui nous détruit").

    Pour ce débat, Claire et Bruno étaient accompagnés de Jean-Dominique Paoli venu partager ses connaissances et son expérience sur les facultés exceptionnelles du cerveau. Un grand merci à lui !

    Merci également aux nombreux participants qui ont permis la réussite de ce débat philosophique. 

    Bientôt, sur ce site, le compte-rendu de cette séance.

    Claire et Bruno fixent le prochain rendez-vous le vendredi 21 décembre 2012 à 19 heures à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée. Calendrier oblige, ce débat sera intitulé : "Catastrophe ! la fin du monde ? La peur est-elle mauvaise conseillère ?"

    A bientôt.

     

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"La félicité et le bonheur ne sont pas davantage l’œuvre d’une seule journée, ni d’un bref espace de temps” [Aristote]