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  • DES IDÉES DE DÉBAT, DES SUGGESTIONS ?

    Des idées de débat, des suggestions et l'envie de nous contacter ? N'hésitez pas à nous écrire à l'adresse du café philosophique de Montargis :

    cafephilo.montargis@yahoo.fr

     

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  • PETIT RAPPEL SUR NOS RENDEZ-VOUS...

    Le café philosophique de Montargis se tient généralement un vendredi par mois (dans la mesure du possible le dernier vendredi du mois) à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée. Les séances débutent à 18H30. Vous pourrez y trouver à libre disposition plusieurs classeurs compilant les principales informations sur toutes nos séances (compte-rendus, documents, articles, etc.).

    Plus d'informations sur ce plan :


    Agrandir le plan

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  • PROCHAIN CAFÉ PHILOSOPHIQUE

    Affiche la vie est elle trop courte mini.pngLe prochain café philosophique, le premier de l'année 2012, aura lieu le vendredi 27 janvier à 18H30 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée, à Montargis.

    Le débat proposé aura pour titre "Vivre seul(e) ou mal accompagné(e) ?" Claire et Bruno proposeront aux participants de discuter autour de cette question : "La vie est-elle trop courte pour s'ennuyer avec quelqu'un qui n'en vaut pas la peine ?"


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  • LA VIE EST-ELLE TROP COURTE POUR S’ENNUYER AVEC QUELQU’UN QUI N’EN VAUT PAS LA PEINE ?

    ennui-couple.jpgUne note d’optimisme, sur ce sujet ardu, délicat : l’avantage de vivre avec quelqu’un avec qui l’on s’ennuie c’est que la vie vous paraît plus longue !

    Philosopher c’est aussi chercher  les angles d’approches en différentes questions, regarder la question "sous toutes ses coutures".

    Et pourquoi ne pas se questionner ainsi : D’où vient l’ennui, de qui vient l’ennui ? Serait-on plus sûr de retrouver du plaisir, de la gaieté avec une autre personne ? Autrement dit, ne serais-je pas la source de cet ennui ? Et, question primordiale, est-ce que je suis bien en accord avec moi-même ? Il n’y a pas d’amour des autres sans un minimum "d’amour", d’estime de soi. Est-ce que les désaccords du "moi" avec moi, ou parce que je ne "m’aime pas", ne seraient pas la source cachée à l’origine de mes problèmes relationnels avec les autres ?

    Allez ! Allonge-toi sur ton divan, serait-on tenté de dire, et fais ton autoanalyse ; et, après, si les choses ne vont pas vers une amélioration, alors peut-être faudra-t-il que j’emprunte un autre chemin, puisqu’il n’appartient qu’à moi de "faire le chemin".

    Guy Louis Pannetier

    Café-philo de Chevilly-Larue et de L'Haÿ-les-Roses

    Débat sur ce sujet le vendredi 27 janvier 2012 à 18H30, à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée, à Montargis.

     

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  • EDGAR MORIN REVIENT SUR LES PHILOSOPHES QUI ONT MARQUÉ SA PENSÉE

    A quatre vingt dix ans, le sociologue français Edgar Morin revient sur "ses" philosophes, les auteurs qui ont jalonné son existence et ses recherches, tout au long des phases de sa vie.

    Dans ce panorama d'intellectuels, on retrouve des classiques de la pensée philosophique, comme Héraclite, Descartes, Pascal ou encore Spinoza, des figures religieuses comme Jésus ou Bouddha, des écrivains de littérature, comme Dostoïevski ou encore Proust, des scientifiques ou des épistémologues...

    LA SUITE ICI...

    Source : Mediapart

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  • RETOUR EN ARRIÈRE

    Alors que Noël approche à grands pas, il ne paraît pas inutile de faire un bond un an en arrière : en décembre 2010, le café philosophique de Montargis choisissait, non sans malice, de consacrer son dernier dernier débat de l'année au Père Noël ! Le titre de cette séance s'intitulait : "Le Père Noël est-il un imposteur ?"

    Tout un programme...

    Pour en savoir plus sur ce débat, et notamment pour lire le compte-rendu de ce cette séance, rendez-vous sur ce lien.

    pere-noel-origines-affiche-880x385.jpg


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  • CRONENBERG : FREUD VS JUNG

    Adapté d'une pièce de Christopher Hampton, créée en France en 2009 sous le titre Parole et guérison, A Dangerous Method ne ressemble en rien au reste de l'oeuvre de David Cronenberg : c'est un film en costumes, la violence physique en est presque absente, et presque toutes les images baignent dans une lumière exquise, estivale et helvétique. Cette élégance formelle, qui pourrait presque passer pour du conservatisme, est l'écrin tout neuf des éternelles obsessions du cinéaste : la lutte entre le désir et la raison, les pulsions et la loi, le monde réel et le monde rêvé.

    Les premiers plans de A Dangerous Method montrent une jeune femme aux mains de gardiens qui tentent de la maîtriser pendant qu'une voiture à cheval l'emporte vers ce que l'on suppose être un lieu de détention. Sabina Spielrein (Keira Knightley) doit être internée dans un hôpital psychiatrique près de Zurich. Là, un jeune et beau médecin, Carl Jung (Michael Fassbender), essaie une nouvelle méthode thérapeutique, inspirée des travaux de son collègue viennois Sigmund Freud (Viggo Mortensen).

    LA SUITE ICI...

    Source : Le Monde

     

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  • UN OPÉRA SUR LES ILLUSIONS DU COUPLE : "COSÍ FAN TUTTE" DE MOZART

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  • LA PHILO EN VOGUE À CAEN

    Boulanger, infirmier ou chômeur, ils sont un millier à assister chaque lundi au cours que donne Michel Onfray pour la dixième année à "l'université populaire" de Caen (nord-ouest de la France), destiné à tous ceux qui n'étaient pas "sociologiquement programmés pour la philosophie".

    Pour Pascale, 48 ans, sans emploi, "ça m'aide au quotidien à vivre ma vie. Quand tu es décalée, tu te heurtes à de l'incompréhension. Je me sens très proche de lui, de son hédonisme, il met des mots là où je n'en ai pas".

    Lancée en 2002, cette université gratuite, non reconnue, est la réponse du philosophe français Michel Onfray à l'arrivée du candidat d'extrême droite Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle la même année.

    "Si les gens sont racistes, c'est par manque de culture", estime Michel Onfray, 52 ans, auteur d'un "Antimanuel de philosophie", qui prône une éducation collective libertaire et gratuite, qui passe d'abord par la lecture des auteurs, en rupture avec l'enseignement habituel.

    Avec succès: l'université populaire, volontairement implantée en province, loin des cercles intellectuels parisiens, dans la région d'origine du philosophe, auteur d'une cinquantaine d'ouvrages diffusés dans 25 pays, a essaimé dans plusieurs autres villes de France, comme Lyon et Grenoble (centre-est)...

    LA SUITE ICI...

    Source : 20 minutes

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  • PROCHAIN CAFÉ PHILOSOPHIQUE

    Affiche la vie est elle trop courte.pngLa prochaine séance du café philosophique de Montargis aura lieu le vendredi 27 janvier à 18H30 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée. Il posera cette question : "La vie est-elle trop courte pour s'ennuyer avec quelqu'un qui n'en vaut pas la peine ?"

    A bientôt.

    Flyer de cette séance ici

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  • MERCI AUX PARTICIPANTS DE LA DERNIERE SEANCE

    applause.gifMerci aux participants de la dernière séance du café philosophique qui avait lieu le vendredi 9 décembre 2011. Le débat, passionné comme nous le pensions, portait sur cette question volontairement provocatrice :  - passionnant - avait justement pour titre : "Les riches le méritent-ils ?"

    Bientôt, sur ce site, le compte-rendu de cette séance.

    Prochain débat le vendredi 27 janvier 2012 à 18H30 à la brasserie du centre commercial de la Chaussée. Le sujet choisi posera cette question : "La vie est-elle trop courte pour s'ennuyer avec quelqu'un qui n'en vaut pas la peine ?"

    A bientôt.

     

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  • PROCHAIN CAFÉ PHILOSOPHIQUE CE SOIR

    prochainement.gifLe prochain café philosophique de Montargis se tiendra ce soir, vendredi 9 décembre, à partir de 18H30 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée. Pour cette dernière séance de l'année 2011, le sujet portera sur cette question : "Les riches le méritent-ils ?"

     

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  • LE MÉRITE SELON HUME

    "Je suis d’avis que les plaintes habituelles contre la providence sont mal fondées et que les qualités bonnes ou mauvaises de l’homme sont les causes de sa bonne ou mauvaise fortune, plus que l’on ne se l’imagine habituellement. Il y a sans aucun doute des contre-exemples, au demeurant assez nombreux, mais peu comparé à ceux qui témoignent d’une distribution égale entre prospérité et adversité. De la même manière, il ne saurait en être autrement dans le cours habituel des affaires humaines. Un homme doté d’un tempérament altruiste et qui aime son prochain apportera presque infailliblement amour et respect, se constituant des circonstances maîtresses qui facilitent chaque initiative et chaque dessein, en plus de la satisfaction personnelle qui en résulte aussitôt. Il en sera de même pour les autres vertus. La prospérité est naturellement, bien que non nécessairement, liée à la vertu et au mérite ; et l’adversité, de la même façon, au vice et à la folie.

    David Hume.JPGNéamnmoins, je dois reconnaitre que cette règle admet une exception concernant une qualité morale : la modestie a une tendance naturelle à dissimuler les talents d’un homme, tout comme l’orgueil les exhibe au plus haut point et a constitué l’unique cause de l’ascension de beaucoup dans le monde, malgré tous les handicaps que peuvent engendrer une naissance modeste et un faible mérite. Il y a tant de paresse et d’incapacité dans l’ensemble du genre humain que l’homme est enclin à accepter un autre homme, quelle que soit l’image que ce dernier visera à renvoyer de lui-même ; et qu’il considère ses airs dominateurs comme la preuve du mérite que cette personne s’attribue à elle-même. Une confiance en soi mesurée paraît être la compagne naturelle de la vertu, et peu d’hommes peuvent la distinguer de l’orgueil. De même, le manque d’assurance, résultat naturel du vice et de la folie, a flétri l’honneur de la modestie, qui d’apparence extérieure lui ressemble tant.

    Comme l’orgueil, bien qu’étant un vice, produit les mêmes effets qu’une vertu sur la fortune d’un homme, on peut alors observer qu’il est presque aussi pénible de se l’approprier, et qu’il se distingue ainsi de tous les autres vices, acquis sans grande peine et que l’indulgence fait prospérer. Plus d’un homme, conscient que la modestie portera grand préjudice à l’établissement de sa fortune, s’est résolu à  devenir orgueilleux et à en adopter l’attitude ; mais il faut remarquer que de telles personnes ont rarement réussi leur tentative, finalement contraintes à retomber dans leur modestie originelle. Rien ne permet davantage à l’homme de se faire une place dans le monde qu’un véritable orgueil, naturel et authentique. Le déguiser est voué à l’échec et ne saurait se maintenir. Dans toute autre tentative, quelles que soient les fautes qu’il commet et auxquelles il se montre sensible, il est tellement près de réussir. Mais dès qu’il tentera de jouer l’orgueil, pour peu qu’il échoue lors de la tentative, le souvenir de cet échec le fera rougir et le déconcerterainfailliblement. Après quoi chaque ridicule sera la cause de nouveaux ridicules jusqu’à ce qu’il soit clair pour tout le monde qu’il n’est qu’un tricheur éhonté et un vain prétendant à l’orgueil.

    Si quelque chose peut donner plus d’assurance à un homme modeste, ce sont les bienfaits de la fortune que la chance lui procure. La richesse fournit naturellement à l’homme une réception favorable en société, elle procure au mérite un lustre supplémentaire, quand la personne en est dotée, et le remplace avantageusement quand il est absent. Il est merveilleux d’observer les airs condescendants d’imbéciles et de canailles aux vastes richesses sur des hommes de plus grand mérite qui vivent dans l’indigence. Les hommes de mérite ne s’opposeront pas pour autant à ces usurpations ; ils auront plutôt tendance à les encourager par la modestie de leurs attitudes. Leur bon sens et leur expérience les rend timides dans leur jugement et les pousse à tout examiner avec la plus grande précision. D’un autre côté, la délicatesse de leurs sentiments les rend timorés car ils ont peur de fauter, ce qui les amène à perdre dans la pratique du monde cette intégrité de vertu, pour ainsi dire, dont ils sont si jaloux. Allier sagesse et confiance est aussi pénible que de réconcilier vice et modestie.

    Telles sont les réflexions qui me sont venues à l’esprit sur le thème de l’orgueil et de la modestie ; et j’espère que le lecteur ne verra pas d’inconvénient à ce qu’ils soient représentés dans l’allégorie suivante.

    Au commencement, Jupiter a allié Vertu, Sagesse et Confiance en Soi d’une part ; et Vice, Folie et Manque d’Assurance d’autre part. Il les envoya ainsi groupés dans le monde. Cependant, alors qu’il pensait les avoir unis avec grand jugement - la Confiance en Soi est la compagne naturelle de la Vertu, le Vice mérite sa place auprès du Manque d’Assurance - ils ne s’en furent pas loin avant que ne s’élève la discorde. La Sagesse, qui menait la première communauté, ne s’aventurait jamais sur un sentier, qu’il soit ou non battu, avant d’en être familier et de l’examiner avec attention, pour s’assurer de sa destination, des dangers, des difficultés et obstacles plus ou moins probables. Elle prenait d’habitude un certain temps avant de rendre son verdict ; un retard qui déplaisait beaucoup à la Confiance en Soi, toujours sur le pas de course, et sans trop de prévoyance ni de jugements au premier sentier qu’elle croisait. La Sagesse et la Vertu étaient inséparables. Mais un jour, la Confiance en Soi, fidèle à sa nature impétueuse, prit une formidable avance sur ses guides et compagnes et, ne ressentant pas le besoin de leur compagnie, elle ne s’enquit jamais de leurs nouvelles et ne les revit plus. D’une manière comparable, l’autre communauté, bien que formée par Jupiter, se trouva en désaccord et se scinda. Comme la Folie ne pouvait guère voir devant elle, elle ne pouvait déterminer si un sentier était avenant ou non, ni donner une préférence à l’un plutôt qu’à un autre ; et ce manque de résolution se trouvait augmenté par le Manque d’Assurance qui, plein de doutes et de scrupules, retardait toujours le trajet. Cela irritait beaucoup le Vice, qui n’aimait pas entendre parler de difficultés et de retards, et qui n’était jamais satisfait que de sa propre course folle, quel que fût le résultat de ses inclinations. La Folie, il le savait bien, bien qu’elle n’écoutât que le Manque d’Assurance, serait aisément apprivoisable quand elle serait seule; et ainsi, tel un cheval vicieux détrônant son cavalier, il expulsa ouvertement l’entrave à tous ses plaisirs, et reprit sa route avec la Folie dont il est inséparable. La Confiance en Soi et le Manque d’Assurance, ainsi écartés de leur communauté respective, errèrent quelque temps, jusqu’à ce qu’enfin le hasard les mène au même moment à un village précis. La Confiance en Soi se dirigea d’emblée vers la grande maison, qui appartenait à la Richesse, maîtresse du village; et sans attendre le portier, elle s’immisca directement dans les appartements privés où elle rencontra le Vice et la Folie qui avaient été bien accueillis. Elle se joignit à la compagnie, alla promptement se recommander à la maîtresse des lieux et devint si complice avec le Vice qu’elle fut admise dans la même communauté, avec la Folie. Ils étaient souvent les invités de la Richesse et dès lors, en furent inséparables. Le Manque d’Assurance, pendant ce temps, n’osant approcher la grande maison, accepta l’invitation de la Pauvreté, l’un des locataires. Quand il entra dans la maisonnette, il trouva la Sagesse et la Vertu qui, rejetées par la maîtresse du village, s’étaient retirées en ces lieux. La Vertu éprouva de la compassion pour lui, et la Sagesse jugea que d’après son tempérament, il ferait rapidement des progrès: elles l’acceptèrent donc dans leur communauté. Par conséquent et grâce à elles, certains aspects de son attitude changèrent en peu de temps et, devenant bien plus aimable et engageant, il fut connu sous le nom de Modestie. Comme une communauté corrompue produit de bien plus grands effets qu’une bonne communauté, la Confiance en Soi,  plus réfractaire aux conseils et à l’exemple, dégénéra tellement au contact du Vice et de la Folie qu’elle prit le nom d’Orgueil. Les Hommes, qui virent ces communautés telles que Jupiter les avaient d’abord formées, et qui ne savent rien de ces bouleversements, sont ainsi plongés dans d’étranges erreurs : là où ils rencontrent l’Orgueil, ils voient la Vertu et la Sagesse; et là où ils observent la Modestie, ils nomment ses acolytes Vice et Folie."

    David Hume, Essai sur l’Orgueil et la Modestie, traduction de Guillaume Ravasse,

    in http://philotra.pagesperso-orange.fr/orgueil.htm

     

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  • BIENTÔT LE PROCHAIN CAFÉ PHILOSOPHIQUE

    Le prochain débat du café philosophique de Montargis aura lieu cette semaine, le vendredi 9 décembre à 18H30 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée. Le thème de discussion philosophique proposé promet pour le moins d’être passionné puisqu’il posera cette question : "Les riches le méritent-ils ?"

    Richesses-0107f.jpgSi tel était le cas, les pauvres le mériteraient également… Alors, que penser ?

    Vit-on réellement dans un système méritocrate ? La hiérarchisation des richesses se fait-elle uniquement sur le mérite, c’est-à-dire sur ce qui rend une personne digne d'estime, d'éloge, de considération ou de récompense au regard de sa conduite ou des obstacles surmontés ?

    La richesse financière, économique, est-elle le résultat de comportements dignes ou nobles ?

    Le riche n’est-il pas, au contraire, l’arriviste qui, tel George Duroy (le Bel-Ami de Maupassant), est prêt à tout pour réussir ? Le Prince de Machiavel l’affirme et le souligne : lorsqu’il est question de réussir "la fin justifie toujours les moyens".

    Sur ce vaste sujet et toutes ces questions, Claire et Bruno proposeront à chacun de venir en découdre le vendredi 9 décembre à 18 h 30 au café philosophique de La Chaussée. Participation libre et gratuite – bien que toujours très enrichissante !

     

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  • COMPTE RENDU DE LA DERNIÈRE SÉANCE

    Thème du débat : "Mes passions sont-elles des entraves à ma liberté?"

    Date : 4 novembre 2011 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée.

    De 45 à 50 personnes étaient présentes pour ce café philosophique consacré aux passions.

    francis-bacon1.jpgClaire et Bruno commencent cette séance par un tour de table et poser cette double question : qui a une passion et cette passion peut-elle être un obstacle à la liberté individuelle ? Deux participants interviennent et évoquent leur passion respective. L’un des deux considère que sa passion peut devenir chronophage si l’on n’y prend pas garde. La liberté de s’adonner à une activité "passionnante" peut du même coup nous enferrer et condamner tout autre aspect de la vie. En ce sens, la passion devient aliénante et devient un obstacle à notre liberté. Une participante insiste sur le fait que la passion est ce qui nous construit. S’y consacrer librement c’est choisir de donner un sens à notre vie. Elle peut aussi être un moyen de dépassement : "Rien de grand dans le monde ne s’est accompli sans passion." (Hegel). Un participant considère à son tour sa passion comme un aspect constructif de son existence mais aussi comme un extrême danger pour sa vie personnelle et pour sa liberté individuelle. La passion peut assurément détruire et mettre en danger des couples et des familles. Par ailleurs, il convient de prendre à contre-pied la posture traditionnelle qui considère la passion comme une force d’inertie. Au contraire, il apparaît que la passion n’a rien de passive : elle agit et motive l’action (Kant, Anthropologie, §80). Elle est le fruit de l’intellect. Rappelons que les animaux n’ont pas de passion.

    Dans la droite lignée de cette réflexion une question apparaît : peut-on n’avoir aucune passion ? Est-ce possible et souhaitable ? Une participante répond par l’affirmatif : son absence de passion ne l’empêche pas de se sentir pleinement en accord avec elle-même. Si elle n’a pas à proprement parlé de passions, ses centres d’intérêts sont par contre nombreux. Une autre personne abonde dans ce sens, ajoutant que faute de passion, tel(le) ou tel(le) s’ouvrira librement – et plus librement sans doute que certains passionnés – vers des centres d’intérêt variés. Plus tard dans la séance, l’accent sera mis sur cette notion de centre d’intérêt parfois confondu avec la notion de passion, la passion se caractérisant, selon Bruno, par la notion d’intensité. L’absence de passion est d’emblée une affirmation et une posture surprenante, pour ne pas dire provocatrice. La passion semble être devenu un fait majeur de nos sociétés occidentales. Une opinion courante semble imposer que tout un chacun règle sa vie à ce diapason : on doit être passionné dans sa vie amoureuse, dans sa vie professionnelle (n’est-ce pas un non-sens ?) et cultiver ses passions : qui vit sans passion "n’est pas digne de vivre" pour paraphraser Molière (Don Juan)

    francis-bacon2.jpgUn participant objecte que si la passion est importante dans notre société c’est qu’elle est un puissant indicateur de la valeur potentielle d’un individu, dans une entreprise par exemple. Pour preuve, les CV contiennent une rubrique "centre d’intérêt" (où, d’ailleurs, singulièrement, les "passions" trouveront leur place) destinée à décrire les potentielles passions du candidat. Cette rubrique est si peu anecdotique que les jeunes diplômés sont très souvent jugés d’après celle-ci. Sans nul doute, la passion façonne un individu autant qu’elle est un marqueur social.

    Une autre question est de savoir si une passion peut se choisir ou si elle nous choisit. Claire propose de revenir à la définition stricto sensu de ce terme. La passion (du latin passio ; pathos - πάθος - en grec) évoque la souffrance (la "Passion du Christ"). Il y a derrière cette acception quelque chose de mystique dans la passion. La liberté, au contraire, est de l’ordre du rationnel et de l’intentionnel. N’est-ce pas antinomique ? Or, ce serait aller vite en besogne que de restreindre la passion à un concept indépendant de notre volonté, de notre liberté. En effet, le désir (de sidus, "l’astre perdu") de la passion, contingent par nature, est de l’ordre de l’élection, s’oppose au besoin à satisfaire, nécessaire et dont font partie le boire ou le manger. Ce qui ne veut pas dire que la passion ne soit pas ressentie comme un "besoin" presque vital, comme une pulsion psychique qui nous déborde. Les théories de Freud peuvent nous aider à comprendre la puissance de ces forces.  

    francis-bacon3.jpgOui, la passion semble, aux dires des participants, nous tomber dessus ! D’ailleurs, le propre du pathos est d’être subi. Peut-on comprendre autrement que le crime passionnel soit en général moins sévèrement puni ? La notion de responsabilité – et, par là, de liberté – se pose. La passion nous submergerait comme elle accapare le tueur en série (Dexter !), incapable de lutter. Cet exemple extrême cache mal le bonheur que tel ou tel ressent lorsqu’il découvre sa passion (ou ses passions) et s’y adonne corps et âmes. La déception peut bien entendu être au rendez-vous, tels ces "artistes du dimanche" enthousiastes mais peu doués à qui l’on souhaiterait conseiller d’abandonner cette voie, mus par une pulsion parfois indicible.

    "Le passionné est-il fatalement chiant ?"

    Car le passionné, qui peut susciter admiration et fascination, est parfois ce personnage hors de la société, obnubilé par cette activité qui guide sa vie. "Le passionné est-il fatalement chiant ?" Ou bien n’est-ce pas d’abord qu’une question de personnalité ? La personne timide ou réservée va avoir tendance à taire ce qui meut sa vie ; cela n’augure pas la force de sa passion. 

    Un participant souhaite catégoriser la passion en deux grands types : la passion assumée telle quelle, comme un choix. Ce sera l’artisan ne comptant pas ses heures ou bien la passionnée d’animaux choisissant de consacrer sa vie professionnelle à une activité en rapport avec eux. D’autre part, il y a la passion aliénante : ce coup de foudre qui vous frappe, source de bonheur autant que de souffrance. De telles passions regorgent dans la littérature et le cinéma (un exemple ici). Une question est posée : il semblerait que la passion ait suscité la méfiance, pour ne pas dire la défiance ; en a-t-il été autrement ? Bruno répond que malgré les propos sévères de certains penseurs – tel Alain qui a une mauvaise opinion de l’amour et de la passion qui n’engendrerait que mesquinerie et médiocrité – certains philosophes se sont fait les défenseurs de la passion : Hegel par exemple. Pour en savoir plus, cliquez ici.

    francis-bacon4.jpgSi la passion peut être une contrainte à notre liberté, la solution ne pourrait-elle pas être de la maîtriser, la contraindre dans des bornes ? Véronique Ovaldé, écrivain, a dit, par exemple, qu’elle avait aménagé chez elle un minuscule bureau sous un escalier et travaillait à sa passion la nuit, en dehors de son travail pour un important éditeur. Pour la plupart des gens présents, la passion doit s’appréhender de cette manière, en la contenant dans des bornes spatiales et/ou temporelles, afin qu’elle ne vampirise pas le passionné et/ou ses proches. Une participante objecte que si la passion est maîtrisée, elle perd du même coup sa faculté de passion. L’est-elle toujours ? Voire. La passion, rappelle-t-elle, est souffrance. Une passion réfrénée aurait tendance à s’édulcorer et à ne devenir qu’un centre d’intérêt plus ou moins vif. Faute d’intensité, sans doute la passion perd-elle de sa nature ; peut-être même en perd-elle même la nature.

    Pour conclure, Bruno insiste sur le fait que les passions, non content d’être intimement liées à la liberté individuelle, nous construisent personnellement. Existe-t-il de bonnes ou de mauvaises passions ? La question n’a pas de sens car les passions sont avant tout un mouvement. D’ailleurs, si l’on va sur ce chemin, la classification des passions n’est qu’historique (cf. Barthes : "Ce n’est plus le sexuel qui est indécent, mais le sentimental", Roland Barthes, Fragments d’un Discours amoureux). Les passions sont donc toutes bonnes par nature comme le dit Descartes. Finalement, rejeter la passion n’a pas de sens car cela équivaudrait à adopter à son tour une attitude passionnée à leur encontre ! Il convient de dédramatiser les passions et de les comprendre. Les penser. Les rationaliser afin qu'elles ne soient pas un obstacle à notre liberté. Ce faisant, cela implique de rattacher nos passions à la nécessité comme le dit Spinoza. C’est comprendre leur origine, être capable de les prévoir et de les maîtriser. Nos passions deviennent alors des actions que nous cessons de subir. Pour Hegel, la passion en soi n’a pas d’intérêt : elle n’est qu’un instrument, certes parfois magnifié. La passion doit être l’instrument de la raison !

    Le débat se termine par le choix du sujet suivant. La majorité de l’assistance vote pour le sujet "Les riches le méritent-ils ?" Rendez-vous est pris le vendredi 9 décembre, même lieu, même heure.

    Philo-galerie

    café philosophique de montargis,philo,philosophie,montargisPour illustrer ce compte-rendu sur les passions, nous avons choisi Francis Bacon (1909-1992), peintre sombre, violent, provocateur mais aussi peintre des passions : "[Sa] peinture apparaît comme étant une image, mais n’est pas seulement une image. C’est un ensemble de gestes mettant en jeu le corps tout entier, son animalité, ses vibrations, ses sensations multiples, son jeu, ses passions. Exister est une passion" (Josyane Savigneau, Le Monde, in Pileface.com).


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