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  • MERCI AUX PARTICIPANTS DE LA DERNIÈRE SEANCE

    applause.gifMerci aux participants de la 20ème séance du café philosophique qui avait lieu le vendredi 27 janvier. 

    Le débat avait pour titre : "Vivre seul(e) ou mal accompagné(e) ?" Les participants étaient invités à discuter de cette question : "La vie est-elle trop courte pour s'ennuyer avec quelqu'un qui n'en vaut pas la peine ?" 

    Cette soirée philosophique a pour le moins inspiré les participants qui étaient venus  en nombre - pas moins de 70 personnes !

    Merci à eux. 

    Bientôt, sur ce site, le compte-rendu de cette séance.

    Prochain débat le vendredi 24 février 2012 à 18H30 à la brasserie du centre commercial de la Chaussée. Le sujet choisi aura pour titre : "L'école sert-elle à enseigner ou à éduquer ?

    A bientôt !

    Affiche de la prochaine séance

    Flyer de la prochaine séance


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  • PROCHAIN CAFÉ PHILOSOPHIQUE LE VENDREDI 27 JANVIER

    Nous vous donnons rendez-vous le vendredi 27 janvier, à 18H30 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée.

    Cette vingtième séance du café philosophique de Montargis est intitulée "Vivre seul(e) ou mal accompagné(e) ?" et proposera de discuter de cette question : "La vie est-elle trop courte pour s'ennuyer avec quelqu'un qui n'en vaut pas la peine ?"

    Participation libre et gratuite.


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  • CE QUE MADELINE A FAIT EN 2011...

    Durant l'année 2011, une jeune Américaine, Madeline, a filmé pendant un an, quotidennement, à Los Angeles et ailleurs, quelques instants de sa vie. Elle en a tiré un montage de 365 courtes séquences d'une seconde. Le résultat est cette vidéo, This is what Madeline did in 2011 : de courts instants de bonheur, seule, avec sa famille ou ses amis. Voici ce qu'elle dit sur son travail : "J'espère que cette vidéo vous donnera envie de chérir chaque jour de votre vie et de trouver des beaux et des bons moments même dans les pires journées..."

    Egalement sur ce lien : http://vimeo.com/34874881

     

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  • UNIVERS SURRÉALISTES ET DÉLIRES PHILOSOPHIQUES

    castafiore7.jpg

    Du vert, beaucoup de vert, un immense plateau vert pomme sur lequel évoluent d’énigmatiques vibrions colorés eighties, de la perruque et de la fringue décalée, six danseurs loufoques réunis donc dans un Système Castafiore plus vivant que jamais, et totalement déjanté.

    Karl Biscuit et Marcia Barcellos signent là une pièce millimétrée, explosive mais parfaitement maîtrisée. Composée de quatre-vingt personnages interprétés simultanément ou successivement par les six danseurs-acteurs du Système, cette encyclopédie élégamment Tatiesque utile le matériau sonore pour incarner la multitude de ses personnages chorégraphiés : fragments d’interviews france-cul, boucles radios d’un autre monde, extraits de films ou de séries tv, ces sources sonores mimées par les acteurs sont drôles, décalées, impeccablement ludiques, le tout dans une succession étourdissante d’apparitions-disparitions où la virtuosité des danseurs est servie par l’imagination débridée de la mise en scène.

    Pas de temps mort donc pour ce ballet très Monsieur Hulot, ultraspeedé, composé d’une mulitude de plans et d’arrières plans où rien n’est immobile, où se passe toujours quelque chose, si possible de parfaitement incongru. Cette Encyclopédie bruitiste et glamour se construit de fulgurances visuelles et de télescopages de sens, elle étalonne et mixe, organisant son déroulement mécanique de ballet futuriste comme un gigantesque cut-up sans fin, un collage magistral.

    C’est un regard parfaitement cynique jeté sur notre monde contemporain que nous propose cette encyclopédie-là, un digest de l’inanité du speed de nos sociétés, toujours plus véloces, rapides, agitées pour toujours moins de matière et de sens. Le remarquable travail sonore servant à merveille l’extravagante chorégraphie et le jeu brillant de ce petit ballet tout fou.

    Un spectacle très visuel, à la limite de la performance et toujours éminemment plastique. Même si le décor, le cadre plutôt, est résolument ascétique, minimaliste, le foisonnement des costumes, perruques et accessoires très colorés années 80, quasi Deschiens par moments, s’accorde extraordinairement avec le chromatisme sonore des archives, voix éclatées, voix multiples et parfois d’outre-tombe, extraits de conférences ou de talk-shows pontifiants, onomatopées et verbiages, tout y est pour tisser un croisement monstrueux de signes et de sens qui forment patiemment cette toile envoutante, réglée pour un format idéal : 65 minutes de pur délice qui se termine, comme il se doit, par la voix tressautante du Momo pour en finir avec le jugement de Dieu. Belle conclusion et aimable clin-d’œil au plus vital de nos poètes.

    Installée dans l’arrière-pays niçois, la compagnie était l’invitée des Hivernales d’été du festival, dont elle illustrait les visuels. Une belle proposition qui nous amenait à penser la danse contemporaine comme autre chose qu’un laboratoire un peu glacé, mais plutôt comme une fête où humour et émotion servent superbement un programme chorégraphique exigeant et une expérimentation riche en potentiel poétique. Que la Castafiore continue donc longtemps de rire en son mirroir !

    Marc Roudier 2008 (Avignon Off)


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  • PROCHAIN CAFÉ PHILOSOPHIQUE LE 27 JANVIER 2012

    herazeus.jpgLe prochain débat du café philosophique de Montargis aura lieu cette semaine, le vendredi 27 janvier à 18H30 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée. Le thème de cette séance, qui aura pour titre "Vivre seul(e) ou mal accompagné(e) ?", proposera de répondre à cette question : "La vie est-elle trop courte pour s'ennuyer avec quelqu'un qui n'en vaut pas la peine ?"

    Après avoir cherché le sens de sa vie durant plusieurs années, s’être affranchi de la société de consommation américaine, avoir fait fi de toutes les convenances, abandonné son diplôme, sa famille ou sa fiancée, Chris McCandless, aventurier américain devenu célèbre grâce au film de Sean Penn Into the Wild, a écrit en guise d’épitaphe : "Le bonheur ne vaut que s’il est partagé".

    Les participants du prochain café philosophique de Montargis seront invités à répondre à cette question. S’arrêter sur l’adage populaire qui affirme – peut-être un peu vite ? – qu’il vaut mieux vivre seul que mal accompagné c’est aussi se poser d’autres interrogations : l’être humain peut-il se passer d’autrui ? Quel est le rôle de ce dernier pour moi ? Est-il le sens de ma vie ou me gêne-t-il, m’encombre-t-il ? Peut-on parler d’Amour vrai et véritable ? Comment aimer absolument et de façon désintéressée ?

    Claire et Bruno proposent à tous de venir débattre de ces questions le vendredi 27 janvier à 18 h 30 lors du prochain café philosophique de Montargis, à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée. Participation libre et gratuite.

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  • LES 300 ANS DE JEAN-JACQUES ROUSSEAU

    portrait_rousseau_lacretelle.jpgCela fait des mois que, de la télévision à l’université, de l’inititative privée au grand spectacle, du débat pointu à la conversation autour d’un buffet campagnard, de l’Ile Saint-Pierre à New York, la Suisse bruisse de Rousseau.

    Le tricentenaire Rousseau? On aimerait écrire Rousseau avec un x final, pour marquer le pluriel. Celui de la multitude des facettes du Jean-Jacques que la Suisse s’apprête à célébrer. La Confédération étant une mosaïque où une grande part de la culture se décide à l’échelle des villes et des cantons, pas de programmation centralisée. Pas de figure «officielle» du personnage célébré...

    LA SUITE ICI...

    Source : Le Temps

     

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  • COMPTE RENDU DE LA DERNIÈRE SÉANCE

    Thème du débat : "Les riches le méritent-ils ?"

    Date : 9 décembre 2011 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée.

    Environ 50 personnes étaient présentes pour cette nouvelle séance du café philosophique intitulée "Les riches le méritent-ils ?"

    Une fois n’est pas coutume, cette séance commence par un blind test consacré au sujet de cette soirée :

    1.    Qui a dit : "Celui qui n’a pas une Rolex a cinquante ans a quand même raté sa vie !" ? Réponse : Jacques Séguéla

    2.    Qui a dit : "Avoir beaucoup vu et ne rien avoir, c’est avoir les yeux riches et les mains pauvres" ? Réponse : William Shakespeare

    3.    Qui est l’auteur des Recherches sur la nature et les causes de la Richesse des Nations… ? Réponse : Adam Smith (économiste écossais, 1723-1790)

    4.    Qui a dit : "Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : "ceci est à moi" et trouva assez de gens simples pour le croire fut le vrai fondateur de la société civile." ? Réponse : Jean-Jacques Rousseau

    5.    Quel cinéaste et intellectuel français est l’auteur de L’Argent ? Réponse : Robert Bresson

    6.    Qui a dit : "L'expérience prouve que jamais les peuples n'ont accru leur richesse et leur puissance sauf sous un gouvernement libre." Réponse : Nicolas Machiavel

    7.    Quel philosophe considère la richesse comme l’un des trois bienfaits de l’humanité (avec la santé et la beauté) ? Réponse : Platon

    8.    Qui a dit : "Les hommes sont mille fois plus acharnés à acquérir des richesses que la culture , bien qu’il soit parfaitement certain que le bonheur d’un individu dépend bien plus de ce qu’il est que de ce qu’il a" ? Réponse : Arthur Schopenhauer

    9.    Qui a dit : "La valeur diffère donc essentiellement de la richesse car elle ne dépend pas de l’abondance, mais de la difficulté ou de la facilité de production." Réponse : Karl Marx

    Le gagnant repart avec le nouvel ouvrage de Thomas Cathcart et Daniel Klein, Kant et son Kangourou franchissent les Portes du Paradis : Petite Philosophie de la Vie (et après) par les blagues. Félicitations à lui.

    Le débat de ce soir commence par un tour de table sur le sujet de ce soir, un sujet qu’une participante trouve polémique et problématisant mal un débat sur la richesse. Bruno répond que l’objectif d’une telle question ("les riches le méritent-ils ?", et qui sous-entendrait que les pauvres le mériteraient également...) est bien entendu de jouer la provocation. Notre café philosophique a pour habitude de proposer des sujets volontairement malicieux et de faire de ses rendez-vous des lieux de débat et non des smples cours de philosophie. Claire ajoute que l’objectif n’est pas de jeter aux gémonies les riches – une situation que certains souhaiterait atteindre alors que ces mêmes personnes seraient les premières à  se féliciter de faire fortune – mais bien de s’interroger sur la place du mérite. Il y a matière à s’interroger sur cette équation qui conduirait une personne digne d’éloge, de considération et de valeur morale à accéder à une fortune matérielle. Cette équation est-elle encore recevable de nos jours?

    Claire ajoute que les riches peuvent se caractériser dans trois grands groupes distincts : les héritiers d’une part (ce sont les Bettencourt, les Lagardère ou les Rothschild), les entrepreneurs ou hauts salariés d’autre part (chefs d’entreprise, actionnaires, traders, hauts fonctionnaires et cadres supérieurs) et enfin les personnes dotées d’un talent hors du commun (ce sont les grands artistes mais aussi certains sportifs de haut niveau). Il se trouve que le poids de ces riches ou "super riches" prend une place de plus en plus considérable. Le classement Forbes 2011 est marqué par un double record : celui du nombre de milliardaires d’une part (1210) et celui des fortunes cumulées d’autre part (4500 milliards de dollars). (Plus d'infos ici)

    Alors, les riches peuvent-ils mériter ces fortunes ?

    En réponse à cette question provocatrice, un débattant répond avec la même malice que les riches méritent certainement non seulement de l’être mais en plus de savoir conserver leur richesse intacte ! Ils mettent en tout cas beaucoup d’énergie et de talent à se soustraire à toute ponction financière (impôts, taxes ou autre). Il n’en reste pas moins vrai, ajoute-t-il, que l’acquisition de la richesse pose assurément question et débat, dans un monde où les inégalités ne cessent de croître. L’acquisition de la fortune obéit certes à des règles – une bonne scolarité, le travail, un environnement favorable – mais la part de l’opportunité, pour ne pas dire du hasard, jouent un rôle capital. C’est toute l’histoire des fortunes créées grâce aux nouvelles technologies (les Mark Zuckerberg et autres Steve Jobs).

    Parler du seul mérite dans la création de richesses, dit au autre participant, c’est oublier que dans un monde technologique les richesses sont aussi créées de manière ultra sophistiquée. C’est l’exemple de ces sociétés de bourse générant des actes d’achat et de vente à l’aide de logiciels performants où l’intervention de l’homme reste minime (système automatisé intégral).

    Bruno fait un aparté pour s’interroger sur le seuil à partir duquel on peut considérer tel ou tel comme riche. Il existe une définition statistique (en savoir plus ici). À l’instar du seuil de pauvreté qui correspond à 40 ou 60 % du revenu médian, le seuil de richesse correspond au double du revenu médian. En France, une personne seule gagnant au moins 3 000 euros (net) est donc considérée comme riche. Cette acception économique et statistique est considérée par les participants comme trop restrictive : la richesse n’est-elle pas très relative ? Pour preuve, alors qu’un participant considère la richesse comme cette possibilité de pouvoir s’octroyer le superflu, une autre répond qu’elle considère le superflu (un parfum onéreux, par exemple) comme un plus "indispensable" à l’existence humaine. Rien donc n’est simple lorsque l’on parle de richesse.

    La richesse est-elle question de culture? Accordons-nous dans nos sociétés occidentales une importance considérable à la richesse, contrairement à d’autres pays ? Bruno doute sur ce point : la mondialisation donne à tout être humain une envie d’acquérir la fortune, sinon comment expliquer que le besoin d’accéder à la fortune se fasse déplacer des millions d’êtres humains, ce qui paraît le plus naturel du monde ! La richesse apparaît en tout cas comme très souvent limitée à un aspect trop prosaïque : le mérite d’un professeur, souligne avec justesse un participant, apporte une richesse considérable.

    En tout état de cause, qu’elle soit méritée ou pas (et surtout si elle n’est pas méritée!) la richesse non seulement n’est pas source de bonheur mais serait son pire ennemi. Un participant rappelle qu’une enquête sur le bonheur (Enquête "Happy Life Years" de Ruut Veenhoven, université de Rotterdam) a placé les personnes riches comme potentiellement les plus imperméables à cette notion, un peu comme si la peur de perdre ses biens anéantissait tout "bénéfice" à cette fortune si convoitée.

    Évoquer le mérite qu’a tel ou tel dans l’acquisition de la richesse signifie d’abord surtout acceptation ou non qu’autrui acquiert une fortune démesurée dans un monde de plus en plus inégalitaire. Là, sans doute, est le nœud du débat. Un intervenant souhaite souligner qu’un super riche pourra être considéré – justement – avec considération alors que sa fortune est immense - voire démesurée - et pourrait heurter le commun des mortels. Prenant l’exemple de Bill Gates, le même intervenant souligne que son prestige est dû aux œuvres caritatives et de philanthropies importantes qui ont le "mérite" d’humaniser sa richesse (site de la Fondation Bill & Melinda Gates sur ce lien). Soulignons que ce blanc-seing accordé au fondateur de Microsoft est caractéristique : un riche est jugé moins pour ses actions passées qui l’ont conduit à la fortune que pour l’utilisation de sa fortune.

    Cela fait dire à un jeune participant que philosopher sur la notion de mérite et de richesse c’est se confronter à un mur : c’est d’emblée réduire le riche à sa situation matérielle et à lui dénier le statut de personne humaine ! Un autre participant rebondit sur cette constatation, affirmant qu’une telle réduction a trouvé dans l’histoire des réalités monstrueuses : les dictatures communistes. Cette idéologie, héritée du philosophe Karl Marx, en proclamant le riche comme "ennemi de la société" (un ennemi qui, précisément, ne méritait pas sa fortune), a commis des crimes de masse, parmi les pires pratiqués dans l’Histoire (Goulag de l'ancienne URSS, Cambodge de Pol Pot, Chine de Mao, etc.). Dans ces pays communistes d’ailleurs, une classe de gens riches, pas plus méritoires d’ailleurs, remplaçait celle qui avait été exterminée !

    La fortune peut-elle être bénéfique et méritée ? La question, dit un autre participant, semble ne pas se poser en tout cas pas pour ces "super riches", formant une caste, une nomenklatura cooptée, fréquentant les mêmes écoles, les mêmes salons et se retrouvant dans les mêmes conseils d’administration. Quelle est la place du mérite pour ces "super riches" ? Nulle ou négligeable, ajoute-t-il. Voire, répond un autre intervenant : il y a d’abord ces responsabilités écrasantes que peu d’entre nous pourraient assurément assumer. Il ne faut pas nier non plus la valeur intrinsèque de tel ou tel individu explique pour une part ces fortunes (Michel Pébereau, ancien responsable de BNP Paribas, par exemple). D’ailleurs, plusieurs personnes conviennent que la prise d’importantes responsabilités peut être extrêmement lourde : "Qui serait prêt à sacrifier tout ou partie de sa vie personnelle ou familiale ?" résume Claire.

    En tout état de cause, les fortunes, méritées ou pas, doivent être mises au service de la communauté, avance un participant. Finalement, ce qui est passionnément débattu en fin de séance n’est pas tant la question du droit à être riche ou très riche (droit acquis grâce à son mérite, ses talents ou un art, quel qu’il soit, ou bien à cause de sa naissance...) que le devoir qu’entraîne cette richesse : participer à la vie de la Cité à hauteur de ses moyens, participation qui implique d’accepter de se voir grever une infime minorité de sa richesse. Il est, hélas, patent, affirment plusieurs participants, que la générosité est pour le moins un sentiment peu répandu au sommet de la pyramide économique et financière (cf. théorie du "trickle down"), comme si la cohésion des hommes de pouvoir ne pouvait admettre tout coup de canif à des richesses démesurées ! Un intervenant rappelle une citation du milliardaire Warren Buffet : "La lutte des classes existe et nous sommes en train de la gagner" (citation datée de 2008, précise Bruno).

    Détester la pauvreté plutôt que mépriser les riches !

    Bruno conclut ce débat. S’interroger sur la richesse, dit-il, et sur la valeur de la richesse, c’est ne pas en faire une simple question de comptabilité. Je peux vouer une admiration sans borne à Bill Gates dont la richesse me paraît méritée et moralement acceptable ; à l’inverse, combien sont plus aléatoires ces rémunérations de traders ! De même, un footballeur payé des millions d’euros mais à la carrière très courte et apportant prestige, notoriété et richesse à son club, aura-t-il une rémunération moralement moins acceptable qu’un chef d’entreprise à la tête d’une entreprise du CAC 40 où les responsabilités sont diluées ? On peut en douter ! La richesse doit donc résulter d’une rémunération juste au terme d’un contrat conclut entre deux parties. Dans l’idéal. Mais ce même mérite comme voie vers la richesse rencontre très souvent comme obstacle la modestie (c’est le philosophe David Hume qui le dit) et est détrôné tout autant par ces cancers de la société que sont le népotisme et tous ces systèmes de préférence en fonction de la naissance.

    Un autre facteur, social et économique, doit être pris en compte : celui d’une aliénation via l’argent et de la non-distribution de la richesse en dépit du mérite de tel ou tel (Karl Marx). Cette non-distribution est expliquée par la dilution des responsabilités  et par le développement de l’automatisation de la création des richesses (exemple des systèmes informatiques boursiers).

    Le mot de la fin est pour Hume qui est parvenu à disséquer les heurs et les malheurs de la fortune : "les qualités bonnes ou mauvaises de l’homme sont les causes de sa bonne ou mauvaise fortune" (encore que ce terme de "fortune" désigne essentiellement la fortuna, autrement dit la providence). C’est finalement à chacun qu’il appartient de refuser de mépriser les riches mais préférer détester la pauvreté et de travailler à son propre mérite, avec courage et sans modestie ! Ayons enfin à l’esprit que le véritable mérite est, pour reprendre Hume, de procurer du bonheur à la société des hommes - plutôt que d'acquérir la richesse !

    Le café philo se conclut par le vote du sujet de la séance du 27 janvier 2012. Les participants élisent à une écrasante majorité le sujet : "La vie est-elle trop courte pour s'ennuyer avec quelqu'un qui n'en vaut pas la peine ?" Nous l'intitulerons ainsi : "Vivre seul(e) ou mal accompagné (e) ?"

     

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  • ALBERT CAMUS, LE PHILOSOPHE

    ordre-libertaire.jpgMichel Onfray sort en ce moment une biographie sur Albert Camus, intitulée : L’ordre libertaire : la vie philosophique d’Albert Camus (éd. Flammarion). 

    C'est l'occasion de s'intéresser à Camus, intellectuel exceptionnel et singulièrement mal aimé en France en tant que philosophe. Le site Philonet retrace le parcours de cet écrivain et philosophe tragiquement disparu en 1960 : 

    Romancier, dramaturge, essayiste, journaliste et résistant, Albert Camus est peut-être par excellence la figure de l'écrivain et de l'intellectuel français d'après-guerre. Profondément engagé dans les luttes et les débats de son temps, il continue, malgré les malentendus que sa renommée même a valus à son œuvre lucide et sincère, de jouer un rôle majeur dans la littérature du XXe siècle.

    Le souvenir d'une jeunesse misérable semble avoir définitivement orienté une sensibilité que les honneurs n'ont pas détournée: en 1957, à Stockholm, face aux têtes couronnées, le nouveau prix Nobel de littérature rendra, à la tribune, hommage à son instituteur...

    LA SUITE ICI...

     

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“Il n’est pas d’hommes qu’on juge moins propres à gouverner l’État, que les théoriciens, c’est-à-dire les philosophes” [Spinoza]