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Poullain de La Barre : De l'égalité des deux sexes

Chacun voit en son pays les femmes dans une telle sujétion, qu’elles dépendent des hommes en tout ; sans entrée dans les sciences, ni dans aucun des états qui donnent lieu de se signaler par les avantages de l’esprit. Nul ne rapporte qu’il ait vu les choses autrement à leur égard. On sait aussi qu’elles ont toujours été de la sorte, et qu’il n’y a point d’endroit de la terre où on ne les traite comme dans le lieu où l’on est. Il y en a même où on les regarde comme des esclaves. À la Chine on leur tient les pieds petits dès leur enfance, pour les empêcher de sortir de leurs maisons, où elles ne voient presque jamais que leurs maris et leurs enfants. En Turquie les Dames sont resserrées d’aussi près. Elles ne sont guère mieux en Italie, Quasi tous les peuples d’Asie, de l’Afrique, et de l’Amérique usent de leurs femmes, comme on fait ici des servantes. Partout on ne les occupe que de ce que l’on considère comme bas ; et parce qu’il n’y a qu’elles qui se mêlent des menus soins du ménage et des enfants, l’on se persuade communément qu’elles ne sont au monde que pour cela, et qu’elles sont incapables de tout le reste. On a de la peine à se représenter comment les choses pourraient être bien d’une autre façon : et il paraît même qu’on ne les pourrait jamais changer, quelque effort que l’on fît. 

François, Poullain de La Barre, De l'égalité des deux sexes (1673)

Photo : Pexels - Olia Danilevich

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