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  • Merci aux participants de la séance du 29 janvier 2016

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    Le vendredi 29 janvier 2016, le café philosophique de Montargis se réunissait autour du sujet "L'Histoire se répète-t-elle ?" Environ 70 personnes étaient présentes pour ce débat. Merci à tous pour votre participation. Bientôt, sur ce site, vous pourrez retrouver le compte-rendu de cette séance.

    Le café philo donne rendez-vous pour le 54e débat qui aura lieu le vendredi 26 février 2016, à 19 heures. Le sujet élu par les participants du 6 novembre portera sur cette question : "La femme est-elle un homme comme les autres ?

     

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  • "L'histoire se répète-t-elle ?"

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    La prochaine séance du café philosophique de Montargis aura lieu le vendredi 29 janvier 2016 à 19 heures, à la Brasserie du Centre commercial de la Chaussée.

    Le débat de cette séance sera intitulé : "L'Histoire se répète-t-elle?"

     

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  • Jaspers : qu'appelons-nous l'histoire ?

    grand-conde-z.jpg"C’est seulement de tout près, quand on croit voir les choses dans leur réalité sensible et qu’on s’attache même aux détails, que l’histoire se met à nous intéresser vraiment. Lorsque nous philosophons, nous nous en tenons à quelques considérations générales qui restent forcément abstraites.

    L’histoire universelle peut apparaître comme un chaos d’événements fortuits. Dans l’ensemble, tout parait se mêler comme dans les tourbillons d’un torrent. Cela n’en finit pas d’aller de confusion en confusion et de malheur en malheur, avec de courtes éclaircies de bonheur, des îles que le courant épargne un moment avant de les inonder elles aussi. C’est, pour reprendre une image de Max Weber, une route que le diable pave de valeurs détruites.

    Certes, la connaissance découvre certains liens entre les événements, des rapports de causalité, par exemple les effets des inventions techniques sur les méthodes de travail, ceux des méthodes de travail sur la structure de la société, ceux des conquêtes sur les couches ethniques, ceux de la technique de la guerre sur les organisations militaires et ceux des organisations militaires sur la structure de l’État, et ainsi de suite à l’infini. Puis, au-delà des rapports de causalité, se manifestent certains aspects d’ensemble, par exemple dans la continuité d’un style spirituel à travers une série de générations : on voit les époques successives d’une civilisation découler l’une de l’autre, et se développer en de grands cycles culturels formant comme des organismes. Spengler et ses successeurs ont considéré que ces civilisations sont issues de la masse humaine qui se contente de vivre, comme des plantes naissent de l’humus, fleurissent et meurent. Leur nombre ne saurait être fixé — Spengler en avait compté huit jusqu’ici, Toynbee vingt et une — et elles n’ont entre elles que peu ou pas de rapports.

    Ainsi considérée, l’histoire n’a aucun sens, aucune unité, ni aucune structure. On n’y trouve que des relations causales, tellement nombreuses qu’elles restent inextricables pour l’esprit, ou des unités morphologiques telles qu’il s’en trouve aussi dans le déroulement des phénomènes de la nature. Encore ces dernières ne peuvent-elles, dans l’histoire, être établies qu’avec beaucoup moins d’exactitude.

    Mais la philosophie de l’histoire exige que l’on cherche le sens, l’unité, la structure de l’histoire uni­verselle. Celle-ci ne peut viser que l’humanité tout entière.

    Essayons de tracer un schéma de l’histoire univer­selle :

    Il y a des centaines de millénaires déjà, des hommes vivaient sur la terre. La preuve en est fournie par les ossements retrouvés dans des couches géologiques dont on peut dater la formation. Il y a des dizaines de millénaires que vivaient des hommes anatomiquement tout pareils à nous ; nous possédons des restes de leurs outils, et même de leurs peintures. C’est seulement depuis cinq ou six mille ans que nous avons une histoire suivie et fondée sur des documents.

    Cette histoire présente quatre phases profondément tranchées :

    1° Nous ne pouvons qu’inférer la première grande étape : naissance du langage, invention des outils, art d’allumer et d’utiliser le feu. C’est l’âge prométhéen, fondement de toute histoire, où l’homme devint enfin homme, par opposition à une condition humaine purement biologique que nous ne pouvons imaginer. Quand cela s’est-il passé ? Combien de temps a-t-il fallu pour franchir les étapes successives ? Nous n’en savons rien. Cette époque doit se situer très loin dans le passé et compter tant de fois la durée de l’ère histo­rique pourvue de documents, que celle-ci disparaît presque à côté de celle-là.

    2° Entre 5 000 et 3 000 avant Jésus-Christ se formèrent les hautes civilisations antiques de l’Égypte, de la Mésopotamie et de l’Inde, et un peu plus tard de la Chine, sur le Hoang-ho. Ce sont de petites îles de lumière dans la large masse de l’humanité qui peu­plait déjà toute la planète.

    3° Autour de 500 avant Jésus-Christ — dans la pé­riode qui s’étend de 800 à 200 — furent posés les fondements spirituels de l’humanité, ceux où elle puise encore aujourd’hui sa substance, et cela simul­tanément et de façon indépendante, en Chine, aux Indes, en Perse, en Palestine, en Grèce.

    4° Depuis lors il ne s’est produit qu’un seul événe­ment tout à fait nouveau, spirituellement et maté­riellement décisif, exerçant sur l’histoire universelle une influence de l’ordre des précédents : l’avènement de l’âge scientifico-technique. Il se préparait en Europe depuis la fin du Moyen Age ; il s’est constitué spirituellement au XVIIe siècle ; il s’est largement déployé depuis la fin du XVIIIe siècle, et son déve­loppement a pris une vitesse précipitée depuis quel­que dizaines d’années seulement.

    Jetons un regard sur la troisième phase, autour de 500 avant Jésus-Christ. Hegel disait : « Toute l’his­toire va vers le Christ et vient de lui. L’apparition du Fils de Dieu est l’axe de l’histoire universelle. » Notre façon de compter les années témoigne chaque jour de cette structure chrétienne donnée à l’histoire.

    Son défaut, c’est de n’être valable que pour le chré­tien. Or, même en Occident, les chrétiens n’ont pas lié leur conception empirique de l’histoire à cette foi. Ils séparent l’histoire sainte de l’histoire profane en attribuant à chacune un sens différent

    Un axe de l’histoire, à supposé qu’il existe, ne pourrait être trouvé que dans, l’histoire profane, et là empiriquement, en tant que fait valable comme tel pour tous les hommes, y compris les chrétiens. Il devrait s’imposer pour l’Occident et pour l’Asie, à tous les hommes, sans l’intervention d’une norme issue de tel ou tel credo particulier. On aurait ainsi trouvé pour tous les peuples un cadre commun per­mettant à chacun de mieux comprendre sa réalité his­torique. Or cet axe de l’histoire nous paraît se situer dans le développement spirituel qui a eu lieu entre 800 et 200 avant Jésus-Christ. C’est alors qu’a surgi l’homme avec lequel nous vivons encore aujourd’hui. Appelons brièvement cette époque « la période axiale ».

    Il s’y passe simultanément des choses extraordi­naires. En Chine vivent Confucius et Lao-tsé, on voit naître toutes es tendances de la philosophie chinoise ; c’est le temps où enseignent Mo-ti, Tchouang-tsé, Lié-tsi et d’autres, innombrables. Aux Indes, on compose les Upanishads ; c’est le temps de Bouddha ; toutes les possibilités philosophiques se déploient, jusqu’au scepticisme et au matérialisme, jusqu’à la sophistique et au nihilisme, comme c’est le cas en Chine. En Perse, Zarathoustra développe son âpre vision du monde où l’univers apparaît déchiré par le combat du bien et du mal ; en Palestine se dressent les prophètes, depuis Élie, Ésaïe, Jérémie, jusqu’au second Ésaïe. En Grèce, il y avait Homère, les philo­sophes, Parménide, Héraclite, Platon, les Tragiques, Thucydide et Archimède. Tout ce que de tels noms ne peuvent qu’évoquer a grandi au cours de ces quelques siècles, à peu près en même temps en Grèce, aux Indes et en Occident, sans que ces hommes aient rien su les uns des autres.

    La nouveauté de cette époque, c’est que partout l’homme prend conscience de l’être dans sa totalité, de lui-même et de ses limites. Il fait l’expérience du monde redoutable et de sa propre impuissance. Il pose des questions essentielles et décisives et, devant l’abîme ouvert, il aspire à sa libération et à son salut. Tout en prenant conscience de ses limites, il se pro­pose les buts les plus élevés. Il rencontre l’absolu dans la profondeur du sujet conscient et dans la clarté de la transcendance.

    On essaye alors des voies antinomiques. La dis­cussion, les partis, la dislocation de l’unité spirituelle (qui pourtant continuait à se manifester dans le rap­port réciproque des affirmations contradictoires), tout cela donna naissance à une inquiétude et une agitation qui allèrent jusqu’au bord du chaos spirituel.

    C’est en ce temps que furent élaborées les catégo­ries fondamentales selon lesquelles nous pensons encore aujourd’hui, ainsi que les grandes religions qui soutiennent notre vie.

    A la suite de cette évolution, les conceptions, les coutumes, les conditions sociales, jusqu’alors inconsciemment reconnues et incontestées, se trou­vèrent mises en question. Tout entra dans le tourbil­lon.

    L’âge mythique et ses rassurantes évidences avaient pris fin. Un combat commença, celui de la pensée rationnelle et de l’expérience positive contre le mythe, la lutte pour la transcendance du Dieu unique et, par indignation morale, contre les faux dieux. Les mythes se transformèrent, leur sens gagnait en profondeur au moment où le mythe dans sa totalité était détruit.

    L’homme n’est plus fermé sur lui-même. Incertain de soi, il s’ ouvre à des possibilités nouvelles et illimi­tées.

    Pour la première fois il y eut des philosophes. Des hommes osèrent, isolément, ne s’appuyer que sur eux-même. On peut ainsi rapprocher les ermites et les penseurs itinérants de la Chine, les ascètes de l’Inde, les philosophes grecs, les prophètes d’Israël, si différents qu’ils aient été les uns des autres dans leur foi, leur pensée et leur attitude intérieure. L’homme, était capable de s’arracher intérieurement au monde et de le mettre tout entier en face de lui. Il découvrait en lui-même la source originelle qui permet de s’élever au-dessus de soi et du monde.

    On prend en même temps conscience de l’histoire. Quelque chose d’extraordinaire commence, mais en même temps, on se sent, on se sait précédé d’un passé infini. Dès le début de son éveil à la conscience véri­table, l’esprit humain se trouve porté par le souvenir, il a la conscience qu’il est tard, et a même, parfois, un sentiment de décadence.

    On veut faire des plans pour diriger le cours des événements, on veut rétablir ou réaliser pour la première fois des conditions sociales qu’on estime bonnes. On imagine la meilleure manière d’organiser la vie commune des hommes, de l’administrer et de la gouverner. Des idées réformatrices commandent l’action.

    La situation sociale, elle aussi, présente dans les trois régions des analogies. La multiplicité des petits États et des cités, tous en lutte les uns contre les autres, permit cependant au début une étonnante pros­périté.

    Mais il ne faudrait pas croire que l’époque à travers laquelle se fit ce développement séculaire se présente simplement comme une évolution montante. Il y eut à la fois destruction et création, jamais achèvement. Les possibilités les plus hautes, réalisées chez des indivi­dus isolés, ne constituèrent jamais un bien commun. Ce qui avait été d’abord liberté de mouvement devint finalement anarchie. Lorsque l’époque perdit son élan créateur, on vit dans les trois grandes cultures les opi­nions se fixer dogmatiquement et on assista à un nivellement général. Quand le désordre devint exces­sif, on éprouva le besoin de se lier à nouveau en réta­blissant des conditions stables.

    La fin est d’abord politique. Presque en même temps, en Chine (Tsin-Chi-Houang-ti), aux Indes (dynastie des Mauryas) et en Occident (monarchies hellénistiques et Empire romain), surgissent des empires vastes et tout-puissants. Partout, dans l’effon­drement, on sut d’abord réaliser un ordre, une organi­sation technique conforme à un plan.

    Jusqu’à nos jours, la vie spirituelle de l’humanité reste liée à la période axiale. En Chine, aux Indes et en Occident, des retours en arrière ont eu lieu de pro­pos délibéré : les Renaissances. Certes, de grandes créations spirituelles n’ont pas cessé de se produire, mais elles ont été suscitées par la connaissance des valeurs acquises dans la période axiale.

    Ainsi la grande ligne de l’histoire va de la première étape où l’homme est devenu lui-même, à travers les civilisations de la haute antiquité, jusqu’à la période axiale, dont les suites sont restées fécondes presque jusqu’à nos jours.

    Depuis, semble-t-il, une nouvelle ligne a commencé. Notre âge scientifico-technique est comme un second commencement, comparable seule­ment à la première découverte des outils et du feu.

    Si nous osions avancer une supposition fondée sur une pure analogie, ce serait la suivante : nous passerons par des structures analogues aux organisations planifiées de la haute antiquité, telle cette Égypte d’où les anciens Juifs émigrèrent et qu’ils prirent en horreur comme une maison de correction dès qu’ils se furent installés ailleurs. Peut-être l’humanité, traver­sant ces organisations géantes, marche-t-elle vers une nouvelle période axiale, pour nous encore lointaine, invisible, inimaginable, qui verra l’avènement véri­table de l’homme.

    Pour le moment, nous vivons en un temps d’effroyables catastrophes. Il semble que tout ce qui est dépassé doive subir une refonte sans qu’on voie encore nettement les bases d’un édifice futur.

    La nouveauté, aujourd’hui, c’est que l’histoire, à notre époque, est devenue pour la première fois universelle. Comparée à l’unité actuelle du globe ter­restre telle que la font nos moyens de communication, l’histoire qui s’est déroulée jusqu’ici n’est plus qu’une collection de chroniques locales.

    Ce que nous appelons « histoire » a pris fin, au sens que nous donnions à ce mot. Il s’est passé un instant de cinq millénaires entre les centaines de mil­lénaires préhistoriques, au cours desquels l’homme s’est répandu sur la planète, et le début actuel de l’histoire vraiment mondiale. Ces millénaires, compa­rés à ce qui les a précédés et aux possibilités futures, ne sont qu’un minuscule laps de temps. Ce que nous appelons l’histoire prend une signification nouvelle : c’est l’effort des hommes pour se trouver, se réunir en vue de leur action dans l’histoire universelle, pour conquérir sur le plan spirituel et sur le plan technique l’équipement nécessaire au voyage. Nous ne faisons que commencer."

    Karl Jaspers, Introduction à la Philosophie, (1950)

     

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  • Foucault : continu et discontinu

    michel-foucault.jpg"On pourrait dire, sur un mode schématique, que l'histoire et, d'une façon générale, les descriptions historiques ont cessé d'être la reconstitution des enchaînements au-delà des successions apparentes ; elles pratiquent désormais la mise en jeu systématique du discontinu"

    Michel Foucault, Cahiers pour l'Analyse (1968)

     

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  • Lévi-Strauss : histoire universelle et histoires locales

    12417057.jpg"Même une histoire qui se dit universelle n'est encore qu'une juxtaposition de quelques histoires locales au sein desquelles (et entre lesquelles) les trous sont bien plus nombreux que les pleins... Pour autant que l'histoire aspire à la signification, elle se condamne à choisir des régions, des époques, des groupes d'hommes et des individus dans ces groupes, et à les faire ressortir, comme des figures discontinues, sur un continu tout juste bon à servir de toile de fond."

    Claude Lévi-Strauss, La Pensée sauvage (1962)

     

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  • Sartre : l'histoire et la condition humaine

    lenain-repas-paysan-f.jpg"S'il est impossible de trouver en chaque homme une essence universelle qui serait la nature humaine, il existe pourtant une universalité humaine de condition. Ce n'est pas par hasard que les penseurs d'aujourd'hui parlent plus volontiers de la condition de l'homme que de Sa nature. Par condition ils entendent avec plus ou moins de clarté l'ensemble des limites a priori qui esquissent Sa situation fondamentale dans l'univers. Les situations historiques varient: L’homme peut naître esclave dans une société païenne ou seigneur féodal ou prolétaire. Ce qui ne varie pas, c'est la nécessité pour lui d'être dans le monde, d'y être au travail, d'y être au milieu d'autres et d'y être mortel... Et bien que les projets puissent être divers, au moins aucun ne me reste-t-il tout à fait étranger parce qu'ils se présentent tous comme un essai pour franchir ces limites ou pour les reculer ou pour les nier ou pour s'en accommoder."

    Jean-Paul Sartre, L'Existentialisme est un Humanisme (1946)

     

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  • Nietzsche : à qui appartient l'histoire ?

    3623.jpeg"L’histoire appartient avant tout à l’actif et au puissant, (…) qui, ayant besoin de maîtres, d’exemples, de consolateurs, ne saurait les trouver parmi ses compagnons (…) qui ne font que s’agiter et se débattre ; pour qu’il ne se prenne pas à désespérer et à ressentir du dégoût, il a besoin de regarder derrière lui…

    L’histoire appartient en second lieu à celui qui conserve et qui vénère, à celui qui, avec fidélité et amour, tourne les regards vers l’endroit d’où il vient, où il s’est formé… Il veut conserver les conditions sous lesquelles il est né, pour ceux qui viendront après lui, et c’est ainsi qu’il sert la vie... Quand l’histoire sert la vie passée au point qu’elle mine la vie présente et surtout la vie supérieure, quand le sens historique ne conserve plus la vie mais qu’il la momifie, c’est alors que l’arbre se meurt...

    Pour pouvoir vivre, l’homme doit posséder la force de briser un passé et de l’anéantir et il faut qu’il emploie cette force de temps en temps... Il arrive pourtant parfois que cette même vie qui a besoin de l’oubli exige la destruction momentanée de cet oubli. Il s’agit alors de se rendre compte combien injuste est l’existence d’une chose, par exemple d’un privilège, d’une caste, d’une dynastie, de se rendre compte à quel point cette chose mérite de disparaître."

    Friedrich NietzscheSeconde Considération inactuelle (1874)

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  • Ils ont dit, au sujet de l'histoire

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    "Voici l'exposé de l'enquête effectuée par Hérodote de Thourioi, afin que les événements humains ne disparaissent pas avec le temps." [Hérodote]

    “L'histoire est un perpétuel recommencement.” [Thucydide]

    "Voilà pourquoi la poésie est une chose plus philosophique et plus noble que l’histoire : la poésie dit plutôt le général, l’histoire le particulier." [Aristote]

    “L'histoire est la philosophie enseignée par l'exemple.” [Denys d’Halicarnasse]

    "Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les événements, mais l'idée qu'ils se font des événements." [Épictète]

    “Il faut éclairer l'histoire par les lois et les lois par l'histoire.” [Montesquieu]

    "Une tentative philosophique pour traiter l'histoire universelle en fonction du plan de la nature qui vise à une unification politique totale dans l'espèce humaine doit être envisagée comme possible et même comme avantageuse pour ce dessein de la nature." [Emmanuel Kant]

    "J’ai vu l’Empereur – cette âme du monde – sortir de la ville pour aller en reconnaissance ; c’est effectivement une sensation merveilleuse de voir un pareil individu qui, concentré ici sur un point, assis sur un cheval, s’étend sur le monde et le domine." [Hegel]

    "Le point de vue de l'histoire philosophique n'est pas tiré abstraitement de la multitude des autres points de vue généraux et ne peut être compris si l'on fait abstraction des autres. Son principe spirituel est la totalité de tous les points de vue." [Hegel]

    "On dit aux gouvernants, aux hommes d’État, aux peuples de s'instruire principalement par l'expérience de l'histoire. Mais ce qu'enseignent l'expérience et l'histoire, c'est que peuples et gouvernements n'ont jamais rien appris de l'histoire et n'ont jamais agi suivant des maximes qu'on en aurait pu retirer. Chaque époque, chaque peuple se trouve dans des conditions si particulières, constitue une situation si individuelle que dans cette situation on ne peut et on ne doit décider que par elle." [Hegel]

    “La raison gouverne le monde et par conséquent gouverne et a gouverné l'histoire universelle.” [Hegel]

    "L’histoire est à la poésie ce que le portrait est au tableau d’histoire ; la première nous donne la vérité particulière, la seconde la vérité générale." [Arthur Schopenhauer]

    "L’histoire est pour l’espèce humaine ce que la raison est pour l’individu. Grâce à sa raison, l’homme n’est pas renfermé comme l’animal dans les limites étroites du présent visible ; il connaît encore le passé infiniment plus étendu, source du présent qui s’y rattache : c’est cette connaissance seule qui lui procure une intelligence plus nette du présent et lui permet même de formuler des inductions pour l’avenir." [Arthur Schopenhauer]

    "Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas arbitrairement, dans les conditions choisies par eux, mais dans des conditions directement données et héritées du passé." [Karl Marx]

    "L'histoire de toute société jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire de luttes de classes." [Karl Marx et Friedrich Engels]

    "La société bourgeoise moderne, élevée sur les ruines de la société féodale, n'a pas aboli les antagonismes de classes. Elle n'a fait que substituer de nouvelles classes, de nouvelles conditions d'oppression, de nouvelles formes de lutte à celles d'autrefois." [Karl Marx et Friedrich Engels]

    "L’histoire se répète toujours deux fois : la première fois comme une tragédie, la seconde fois comme une comédie." [Karl Marx]

    "Votre amour trompeur pour le passé : amour de fossoyeur - C'est faire tort à la vie : c'est lui voler son avenir." [Friedrich Nietzsche]

    “Toute l'histoire du monde se conçoit comme la biographie d'un seul homme.” [Friedrich Nietzsche]

    “L'histoire est la science des choses qui ne se répètent pas.” [Paul Valéry]

    "Si j’étais un antiquaire, je n’aurais d’yeux que pour les vieilles choses. Mais je suis historien. C’est pourquoi j’aime la vie." [Marc Bloch]

    “L'histoire, comme une idiote, mécaniquement se répète.” [Paul Morand]

    “L'histoire est un grand présent, et pas seulement un passé.” [Alain]

    "Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre" [Winston Churchill]

    "Si nous quittons résolument l'idée théologique d'un fond rationnel du monde, la logique de l'histoire n'est plus qu'une possibilité parmi d'autres." [Maurice Merleau-Ponty]

    “Nous ne voulons plus d'un destin. Nous voulons une histoire. ” [Jean Baudrillard]

    "La connaissance historique ne consiste pas à raconter ce qui s’est passé d’après les documents écrits qui nous ont été par accident conservés, mais, sachant ce que nous voulons découvrir et quels sont les principaux aspects de toute collectivité, à nous mettre en quête de documents qui nous ouvriront l’accès au passé." [Raymond Aron]

    "J'entends par histoire une recherche scientifiquement conduite, disons à la rigueur une science, mais complexe : il n'y a pas une histoire, un métier d'historien, mais des métiers, des histoires, une somme de curiosités, de points de vue, de possibilités." [Fernand Braudel]

    “Il arrive que l’histoire repasse les plats mais ce sont rarement les meilleurs.” [André Frossard]

    "Nous attendons de l'histoire une certaine objectivité, l'objectivité qui lui convient : c'est de là que nous devons partir et non de l'autre terme." [Paul Ricoeur]

    “Toute philosophie est d'une certaine façon, la fin de l'histoire.” [Paul Ricoeur]

    “Hélas, l'histoire donne peu d'exemples de peuples qui tirent les leçons de leur propre histoire” [Stéphane Hessel]
    “Et si l'Histoire plaisantait ?” [Milan Kundera]

    "L’enjeu véritable n’est pas l’avenir mais le passé : nous voulons le modifier en fonction de nos goûts. On ne veut être maître de l’avenir que pour pouvoir changer le passé." [Milan Kundera]

    "Demain, c'est écrit hier" [Günter Grass]

     

    "Un homme sans passé est plus pauvre qu’un homme sans avenir." [Elie Wiesel]

    "Ce à quoi nous assistons peut-être n'est pas seulement à la fin de la Guerre froide, ni à la fin d'une période particulière de l'histoire d'après-guerre, mais à la fin de l'histoire en tant que telle... C'est-à-dire le point final de l'évolution idéologique de l'humanité et l'universalisation de la démocratie libérale occidentale en tant que forme ultime du gouvernement humain." [Francis Fukuyama]

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  • Bloch : je suis historien, j'aime la vie

    AVT_Marc-Bloch_5715.jpeg"L’incompréhension du présent naît fatalement de l’ignorance du passé. Mais il n’est peut-être pas moins vain de s’épuiser à comprendre le passé, si l’on ne sait rien du présent. J’ai déjà ailleurs rappelé l’anecdote : j’accompagnais, à Stockholm, Henri Pirenne ; à peine arrivés, il me dit: "Qu’allons-nous voir d’abord? Il paraît qu’il y a un Hôtel de Ville tout neuf. Commençons par lui." Puis, comme s’il voulait prévenir un étonnement, il ajouta: "Si j’étais un antiquaire, je n’aurais d’yeux que pour les vieilles choses. Mais je suis historien. C’est pourquoi j’aime la vie.""

    Marc Bloch

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  • Aron : l'enrichissement moderne de la documentation

    ARON-Raymond_NB.jpg"La connaissance historique, qui s'intéresse aux individus, personnes ou collectivités, dans leur être singulier, naît d'une curiosité dont la justification est humaine autant que théorique, existentielle et non purement intellectuelle. En chaque temps, en chaque cité, l'historien s'efforce de retrouver ce qui mérite de ne pas périr. À certains égards, la méthode a été renouvelée par cet élargissement de la curiosité. Assurément, la reconstitution du passé demeure tributaire des documents. La connaissance historique n'a valeur scientifique qu'à la condition de fonder ses affirmations sur des données. Le passé vécu n'est plus et ne sera jamais plus; ce qui est présent ce sont des traces, des expressions ou des monuments d'existences à jamais disparues. L'historien d'aujourd'hui, pas plus que celui d'hier, ne peut se soustraire entièrement à cette sujétion. Mais quand il s'agit d'un proche passé, les documents sont innombrables, parfois embarrassants par leur richesse plus que par leurs lacunes.Même à propos du lointain passé, la notion de document s'est pour ainsi dire élargie. Les documents écrits ont peu à peu perdu leur privilège. La connaissance historique ne les ce que nous voulons découvrir et quels sont les principaux aspects de toute collectivité, à nous mettre en quête des documents qui nous ouvriront l'accès au passé. Le nombre des combattants à Marathon ou à Salamine ne se déduit pas des récits d'Hérodote ou de la discussion critique des historiens grecs ou romains. L'étude du champ de bataille, l'analyse de la structure sociale et du mode de recrutement des armées permettent une approximation que ne suggèrent pas les textes. Il n'en va pas autrement des estimations du nombre des citoyens à Athènes au V siècle, du nombre des habitants de la Rome impériale, du mouvement de population en France au XVIIIe siècle. Plus l'historien se pose de questions que les contemporains des événements ne se posaient pas, plus il veut mettre au jour des aspects de la vie collective que les classes dirigeantes du passé ignoraient ou voulaient dissimuler, plus l'interprétation des documents s'éloigne du schéma traditionnel (qui n'a jamais été conforme à la pratique) de la critique, interne et externe, des textes, de celle qui prétendait établir, par comparaison et des outils, des prix, du commerce, des classes, les documents principaux ne sont pas les récits de ceux qui ont observé et racontent ce qui a été, mais ceux qui, indirectement, fournissent des renseignements. Tout - monnaies, gravures, tableaux, sculptures, restes de palais, récits, poèmes - est document, si l'on en peut tirer quelques informations sur tel aspect de la vie matérielle ou tel trait de la vie morale des hommes du passé. L'extension de la curiosité amène avec elle l'enrichissement de la documentation et du savoir."

    Raymond Aron, Dimensions de la Conscience historique (1961)

     

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  • "Ballade des dames du temps jadis"

     

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  • Ricoeur : la subjectivité historique

    cropped-libr.jpg"Nous attendons de l'histoire une certaine objectivité, l'objectivité qui lui convient : c'est de là que nous devons partir et non de l'autre terme. Or qu'attendons-nous sous ce titre ? L'objectivité ici doit être prise en son sens épistémologique strict : est objectif ce que la pensée méthodique a élaboré, mis en ordre, compris et ce qu'elle peut ainsi faire comprendre. Cela est vrai des sciences physiques, des sciences biologiques ; cela est vrai aussi de l'histoire. Nous attendons par conséquent de l'histoire qu'elle fasse accéder le passé des sociétés humaines à cette dignité de l'objectivité. Cela ne veut pas dire que cette objectivité soit celle de la physique ou de la biologie : il y a autant de niveaux d'objectivité qu'il y a de comportements méthodiques. Nous attendons donc que l'histoire ajoute une nouvelle province à l'empire varié de l'objectivité.

    Cette attente en implique une autre : nous attendons de l'historien une certaine qualité de subjectivité, non pas une subjectivité quelconque, mais une subjectivité qui soit précisément appropriée à l'objectivité qui convient à l'histoire. Il s'agit donc d'une subjectivité impliquée, impliquée par l'objectivité attendue. Nous pressentons par conséquent qu'il y a une bonne et une mauvaise subjectivité, et nous attendons un départage de la bonne et de la mauvaise subjectivité, par l'exercice même du métier d'historien.

    Ce n'est pas tout : sous le titre de subjectivité nous attendons quelque chose de plus grave que la bonne subjectivité de l'historien ; nous attendons que l'histoire soit une histoire des hommes et que cette histoire des hommes aide le lecteur, instruit par l'histoire des historiens, à édifier une subjectivité de haut rang, la subjectivité non seulement de moi-même, mais de l'homme.

    Mais cet intérêt, cette attente d'un passage - par l'histoire - de moi à l'homme, n'est plus exactement épistémologique, mais proprement philosophique : car c'est bien une subjectivité de réflexion que nous attendons de la lecture et de la méditation des œuvres d'historien ; cet intérêt ne concerne déjà plus l'historien qui écrit l'histoire, mais le lecteur - singulièrement le lecteur philosophique -, le lecteur en qui s'achève tout livre, toute oeuvre, à ses risques et périls. Tel sera notre parcours : de l'objectivité de l'histoire à la subjectivité de l'historien ; de l'une et de l'autre à la subjectivité philosophique (pour employer un terme neutre qui ne préjuge pas de l'analyse ultérieure)."

    Paul RicoeurHistoire et Vérité (1955)

     

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  • Fukuyama : la fin de l'histoire ?

    francis-fukuyama-end-history.jpg"Ce à quoi nous assistons (la fin du bloc de l'Est en 1989) peut-être n'est pas seulement à la fin de la Guerre froide, ni à la fin d'une période particulière de l'histoire d'après-guerre, mais à la fin de l'histoire en tant que telle... C'est-à-dire le point final de l'évolution idéologique de l'humanité et l'universalisation de la démocratie libérale occidentale en tant que forme ultime du gouvernement humain."

    Francis FukuyamaLa fin de l'Histoire et le dernier Homme (1992)

     

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