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  • Merleau-Ponty : logique de l'histoire ou théologie de l'histoire ?

    1693355-2287084.jpg"La notion d'une "logique de l'histoire" renferme deux idées : d'abord l'idée que les événements, de quelque ordre qu'ils soient, en particulier les événements économiques, ont une signification humaine, que sous tous ses aspects l'histoire est une et compose un seul drame, — et ensuite l'idée que les phases de ce drame ne se succèdent pas sans ordre, qu'elles vont vers un achèvement et une conclusion. La contingence de l'histoire signifie que même si les divers ordres d'événements forment un seul texte intelligible, ils ne sont cependant pas rigoureusement fiés, qu'il y a du jeu dans le système, que par exemple le développement économique peut être en avance sur le développement idéologique, que la maturité idéologique peut survenir lorsque les conditions objectives ne sont pas encore ou ne sont plus favorables à la révolution, — et d'autre part que la dialectique de l'histoire peut s'enliser ou dévier vers des aventures sans résoudre les problèmes qu'elle a mis au jour. Si nous quittons résolument l'idée théologique d'un fond rationnel du monde, la logique de l'histoire n'est plus qu'une possibilité parmi d'autres."

    Maurice Merleau-Ponty, "Autour du marxisme", in Sens et non-sens (1945)

     

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  • Cournot : l'histoire, entre la science et le hasard

    francisco-goya-hannibal.jpg"Ce qui fait la distinction essentielle de l'histoire et de la science, ce n'est pas que l'une embrasse la succession des événements dans le temps, tandis que l'autre s'occuperait de la systématisation des phénomènes, sans tenir compte du temps dans lequel ils s'accomplissent. La description d'un phénomène dont toutes les phases se succèdent et s'enchaînent nécessairement selon des lois que font connaître le raisonnement ou l'expérience est du domaine de la science et non de l'histoire.

    La science décrit la succession des éclipses, la propagation d'une onde sonore, le cours d'une maladie qui passe par des phases régulières, et le nom d'histoire ne peut s'appliquer qu'abusivement à de semblables descriptions ; tandis que l'histoire intervient nécessairement (lorsque à défaut de renseignements historiques il y a lacune inévitable dans nos connaissances) là où nous voyons, non seulement que la théorie, dans son état d'imperfection actuelle, ne suffit pas pour expliquer les phénomènes, mais que même la théorie la plus parfaite exigerait encore le concours d'une donnée historique.

    S'il n'y a pas d'histoire proprement dite, là où tous les événements dérivent nécessairement et régulièrement les uns des autres, en vertu des lois constantes par lesquelles le système est régi, et sans concours accidentel d'influences étrangères au système que la théorie embrasse, il n'y a pas non plus d'histoire dans le vrai sens du mot, pour une suite d'événements qui seraient sans aucune liaison entre eux.

    Ainsi les registres d'une loterie publique pourraient offrir une succession de coups singuliers, quelquefois piquant pour la curiosité, mais ne constitueraient pas une histoire : car les coups se succèdent sans s'enchaîner, sans que les premiers exercent aucune influence sur ceux qui les suivent, à peu près comme dans ces annales où les prêtres de l'Antiquité avaient soin de consigner les monstruosités et les prodiges à mesure qu'ils venaient à leur connaissance. Tous ces événements merveilleux, sans liaison les uns avec les autres, ne peuvent former une histoire, dans le vrai sens du mot, quoiqu'ils se succèdent suivant un certain ordre chronologique."

    Antoine-Auguste Cournot,  Essai sur les Fondements de la Connaissance et sur les Caractères de la Critique philosophique (1851)

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  • Kant : la nécessité de penser l'histoire

    couronnement_napoleon_gr.jpg"Une tentative philosophique pour traiter l'histoire universelle en fonction du plan de la nature qui vise à une unification politique totale dans l'espèce humaine doit être envisagée comme possible et même comme avantageuse pour ce dessein de la nature. C'est un projet à vrai dire étrange, et en apparence extravagant, que vouloir composer une histoire d'après l'idée de la marche que le monde devrait suivre, s'il était adapté a des buts raisonnables certains; il semble qu'avec une telle intention, on ne puisse aboutir, qu'à un roman.

    Cependant, si on peut admettre que la nature même, dans le jeu de la liberté humaine, n'agit pas sans plan sans dessein final, cette idée pourrait bien devenir utile; et, bien que nous ayons une vue trop courte pour pénétrer dans le mécanisme secret de son organisation, cette idée pourrait nous servir fil conducteur pour nous représenter ce qui ne serait sans cela qu'un agrégat des actions humaines comme formant, du moins en gros, un système."

    Emmanuel Kant, Idée d'une Histoire universelle du Point de vue cosmopolitique (1784)

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  • Un joyeux Noël

    noel.PNGL'équipe du café philosophique de Montargis vous souhaite un joyeux Noël !

    Prochaine séance : le 29 janvier 2016 sur le thème "L'Histoire se répète-t-elle ?"

    A bientôt.

     

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  • Sites amis et partenaires

    Copie de Eniac.JPGDes sites Internet amis et partenaires suivent et soutiennent le café philosophique de Montargis, parfois depuis depuis les premiers jours de sa création en octobre 2009.

    Voici la liste de ces sites. Parmi eux, des associations, des bloggeurs, des artistes, des journaux en ligne ou des institutionnels.

    Les sites des animateurs, Claire et Bruno, ont été inclus dans cette liste qui ne se veut pas exhaustive.

    Un grand merci à ces amis et soutiens, bien entendu, et pardon à ceux que nous aurions oubliés !

     

    Le café philo sur les réseaux sociaux

    Le café philosophique de Montargis sur Facebook

    Le café philosophique de Montargis sur Twitter

     

    Les sites des animateurs

    La Philosophie en Claire

    Le blog de Bruno Chiron

    Le site de Bruno Chiron

    La page Facebook de Claire

    La page Facebook de Bruno

    Le compte Twitter de Bruno

     

    Les sites partenaires et soutiens  

    C2L

    Art et Culture Montargis

    AGART d'Amilly

    Cafesphilo.org

    Le Café philo de Chevilly-Larue et de L'Häy-les-Roses

    Mes Carnets de Survie Joyeuse

    Les Cramés de la Bobine

    Les Bons Plans de Montargis

    On Va Sortir ! Orléans

    Le site de Catherine Armessen

    Le café philosophique de Genève-Annemasse

    Gatinais-info

    La Ville de Montargis

    Le Renard

    Tatiana Colas 

    Fantasy à la Carte

    Les Tanneries

     

    Les sites amis

    La République du Centre

    L'AME de Montargis

    Les Simonnet, sculpteurs

    Confrérie des 10001 Pages

    Fantasy à la Carte

    Elèv/ation

    Philosophie pour Tous

    Philosophie en France

    Café philosophique de Pau

    Le café philo de South Kensington

    Montargisphilo.eklablog.com

    Natasha Vassiliev

    Villanimation

    Actu Philo

    Du Bleu dans mes Nuages

    Coordination pour l'éducation à la non-violence et à la paix

    AmillyActu : le blog d'Amilly par les Amillois et les Amilloises

    Spinoza.blogse.nl

     

    Les sites utilitaires

    Hautetfort

    Wikipédia

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    Générateur de liens courts

     

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  • Hérodote : Enquêtes

    leonidas.jpg"Voici l'exposé de l'enquête effectuée par Hérodote de Thourioi, afin que les événements humains ne disparaissent pas avec le temps, et que les grands et merveilleux exploits accomplis par les Grecs et par les Barbares ne perdent pas leur renommée, concernant en particulier la cause pour laquelle ils se firent mutuellement la guerre."

    Hérodote, Histoires (Enquêtes), Ve s. av JC

     

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  • "Sliders"

     Sliders - Les mondes parallèles, série américaine

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  • Marx : l'histoire se répète deux fois

    200px-Napoleon-3.jpg"Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d'ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce. Caussidière pour Danton, Louis Blanc pour Robespierre, la Montagne de 1848 à 1851 pour la Montagne de 1793 à 1795, le neveu pour l'oncle. Et nous constatons la même caricature dans les circonstances où parut la deuxième édition du 18 Brumaire.

    Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas arbitrairement, dans les conditions choisies par eux, mais dans des conditions directement données et héritées du passé. La tradition de toutes les générations mortes pèse d'un poids très lourd sur le cerveau des vivants. Et même quand ils semblent occupés à se transformer, eux et les choses, à créer quelque chose de tout à fait nouveau, c'est précisément à ces époques de crise révolutionnaire qu'ils évoquent craintivement les esprits du passé, qu'ils leur empruntent leurs noms, leurs mots d'ordre, leurs costumes, pour apparaître sur la nouvelle scène de l'histoire sous ce déguisement respectable et avec ce langage emprunté. C'est ainsi que Luther prit le masque de l'apôtre Paul, que la Révolution de 1789 à 1814 se drapa successivement dans le costume de la République romaine, puis dans celui de l'Empire romain, et que la révolution de 1848 ne sut rien faire de mieux que de parodier tantôt 1789, tantôt la tradition révolutionnaire de 1793 à 1795. C'est ainsi que le débutant qui apprend une nouvelle langue la retraduit toujours en pensée dans sa langue maternelle, mais il ne réussit à s'assimiler l'esprit de cette nouvelle langue et à s'en servir librement que lorsqu'il arrive à la manier sans se rappeler sa langue maternelle, et qu'il parvient même à oublier complètement cette dernière."

    Karl Marx, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte (1852)

     

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  • Hegel : on n'apprend jamais rien de l'histoire

    historio_image-small480.jpg"On dit aux gouvernants, aux hommes d'Etat, aux peuples de s'instruire principalement par l'expérience de l'histoire. Mais ce qu'enseignent l'expérience et l'histoire, c'est que peuples et gouvernements n'ont jamais rien appris de l'histoire et n'ont jamais agi suivant des maximes qu'on en aurait pu retirer. Chaque époque, chaque peuple se trouve dans des conditions si particulières, constitue une situation si individuelle que dans cette situation on ne peut et on ne doit décider que par elle. Dans ce tumulte des événements du monde, une maxime générale ne sert pas plus que le souvenir de situations analogues qui ont pu se produire dans le passé, car une chose comme un pâle souvenir, est sans force dans la tempête qui souffle sur le présent ; il n'a aucun pouvoir sur le monde libre et vivant de l'actualité. A ce point de vue, rien n'est plus fade que de s'en référer aux exemples grecs et romains, comme c'est arrivé si fréquemment chez les Français à l'époque de la Révolution. Rien de plus différent que la nature de ces peuples et le caractère de notre époque... Seule l'intuition approfondie, libre, compréhensive des situations (...) peut donner aux réflexions de la vérité et de l'intérêt."

    GWF Hegel, Leçons sur la Philosophie de l'Histoire (1822)

     

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  • Hugo : la bataille de Waterloo

    14895.jpg"Ils étaient trois mille cinq cents. Ils faisaient un front d'un quart de lieue. C'étaient des hommes géants sur des chevaux colosses. Ils étaient vingt-six escadrons ; et ils avaient derrière eux, pour les appuyer, la division de Lefebvre-Desnouettes, les cent six gendarmes d'élite, les chasseurs de la garde, onze cent quatre-vingt-dix-sept hommes, et les lanciers de la garde, huit cent quatre-vingts lances. Ils portaient le casque sans crins et la cuirasse de fer battu, avec les pistolets d'arçon dans les fontes et le long sabre-épée. Le matin toute l'armée les avait admirés quand, à neuf heures, les clairons sonnant, toutes les musiques chantant Veillons au salut de l'empire, ils étaient venus, colonne épaisse, une de leurs batteries à leur flanc, l'autre à leur centre, se déployer sur deux rangs entre la chaussée de Genappe et Frischemont, et prendre leur place de bataille dans cette puissante deuxième ligne, si savamment composée par Napoléon, laquelle, ayant à son extrémité de gauche les cuirassiers de Kellermann et à son extrémité de droite les cuirassiers de Milhaud, avait, pour ainsi dire, deux ailes de fer.

    L'aide de camp Bernard leur porta l'ordre de l'empereur. Ney tira son épée et prit la tête. Les escadrons énormes s'ébranlèrent.

    Alors on vit un spectacle formidable.

    Toute cette cavalerie, sabres levés, étendards et trompettes au vent, formée en colonne par division, descendit, d'un même mouvement et comme un seul homme, avec la précision d'un bélier de bronze qui ouvre une brèche, la colline de la Belle-Alliance, s'enfonça dans le fond redoutable où tant d'hommes déjà étaient tombés, y disparut dans la fumée, puis, sortant de cette ombre, reparut de l'autre côté du vallon, toujours compacte et serrée, montant au grand trot, à travers un nuage de mitraille crevant sur elle, l'épouvantable pente de boue du plateau de Mont-Saint-Jean. Ils montaient, graves, menaçants, imperturbables ; dans les intervalles de la mousqueterie et de l'artillerie, on entendait ce piétinement colossal. Étant deux divisions, ils étaient deux colonnes ; la division Wathier avait la droite, la division Delord avait la gauche. On croyait voir de loin s'allonger vers la crête du plateau deux immenses couleuvres d'acier. Cela traversa la bataille comme un prodige.

    Rien de semblable ne s'était vu depuis la prise de la grande redoute de la Moskowa par la grosse cavalerie ; Murat y manquait, mais Ney s'y retrouvait. Il semblait que cette masse était devenue monstre et n'eût qu'une âme. Chaque escadron ondulait et se gonflait comme un anneau du polype. On les apercevait à travers une vaste fumée déchirée çà et là. Pêle-mêle de casques, de cris, de sabres, bondissement orageux des croupes des chevaux dans le canon et la fanfare, tumulte discipliné et terrible ; là-dessus les cuirasses, comme les écailles sur l'hydre. Ces récits semblent d'un autre âge. Quelque chose de pareil à cette vision apparaissait sans doute dans les vieilles épopées orphiques racontant les hommes-chevaux, les antiques hippanthropes, ces titans à face humaine et à poitrail équestre dont le galop escalada l'Olympe, horribles, invulnérables, sublimes ; dieux et bêtes.

    Bizarre coïncidence numérique, vingt-six bataillons allaient recevoir ces vingt-six escadrons. Derrière la crête du plateau, à l'ombre de la batterie masquée, l'infanterie anglaise, formée en treize carrés, deux bataillons par carré, et sur deux lignes, sept sur la première, six sur la seconde, la crosse à l'épaule, couchant en joue ce qui allait venir, calme, muette, immobile, attendait. Elle ne voyait pas les cuirassiers et les cuirassiers ne la voyaient pas. Elle écoutait monter cette marée d'hommes. Elle entendait le grossissement du bruit des trois mille chevaux, le frappement alternatif et symétrique des sabots au grand trot, le froissement des cuirasses, le cliquetis des sabres, et une sorte de grand souffle farouche. Il y eut un silence redoutable, puis, subitement, une longue file de bras levés brandissant des sabres apparut au-dessus de la crête, et les casques, et les trompettes, et les étendards, et trois mille têtes à moustaches grises criant : vive l'empereur ! toute cette cavalerie déboucha sur le plateau, et ce fut comme l'entrée d'un tremblement de terre."

    Victor Hugo, Les Misérables (1862)

     

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