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  • GIORGIONE ET L'ÉNIGME DES TROIS PHILOSOPHES

    Giorgione Les trois philosophes.jpg

    On sait peu de chose de la vie de Zorzo da Castelfranco, dit Giorgione. Né en Vénétie vers 1478, il meurt prématurément de la peste à  Venise en 1510. Seules une trentaine de ses oeuvres nous sont connues, dont l'attribution fait encore l'objet de controverses.

    Le tableau que nous avons choisi comme emblème de Sophie's Lovers porte traditionnellement le titre Les Trois philosophes. Il date de la période de pleine maturité de l'artiste — un ou deux ans avant sa mort — et témoigne bien de sa manière si subtile d'intégrer la figure humaine au paysage. Pour les besoins de notre page d'accueil, nous avons dû en réduire les proportions, l'illustration ci-dessous permet de mieux les apprécier.

    Comme dans son tableau le plus célèbre — et aussi le plus énigmatique — La Tempête, Giorgione accorde une place importante aux éléments naturels qui occupent ici près des trois quarts de la composition. Les trois personnages sont rassemblés dans la partie droite et le plus jeune d'entre eux, vu de profil, semble absorbé dans la contemplation d'une grotte ou d'une caverne.

    Que peut bien représenter cette scène ? Qui sont ces trois personnages ?...

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    Source : Sophie's Lovers

     

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  • BIENTÔT, LE COMPTE-RENDU DE LA DERNIÈRE SÉANCE

    Bientôt, sur ce site, vous pourrez retrouver le compte-rendu de la séance du 24 février "L'école sert-elle à enseigner ou à éduquer ?"

    En attendant, vous pouvez retrouver sur le lien le compte-rendu de la séance de janvier dernier : "Vivre seul(e) ou mal accompagné(e) ?"

     

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  • MERCI AUX PARTICIPANTS DE LA DERNIÈRE SEANCE

    applause.gifMerci aux participants de la séance du café philosophique qui avait lieu le vendredi 24 février 2012. 

    Le débat avait pour titre : "L'école sert-elle à enseigner ou à éduquer ?"

    55 participants étaient présents. Merci à eux. 

    Bientôt, sur ce site, le compte-rendu de cette séance.

    Prochain débat le vendredi 30 mars 2012 à 18H30 à la brasserie du centre commercial de la Chaussée. Le sujet choisi aura pour titre : "Peut-on être jeune et heureux ?" Il s'agira d'un café philo spécial car pour l'occasion des élèves de Terminale L du Lycée Saint-François-de-Sales de Gien seront invités

    A bientôt !

    Affiche de la prochaine séance

    Flyer de la prochaine séance


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  • PROCHAIN CAFÉ PHILOSOPHIQUE

    prochainement.gifLe prochain café philosophique de Montargis se tiendra ce soir, vendredi 24 février, à partir de 18H30 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée.

    Cette nouvelle séance portera sur ce sujet : "L'école sert-elle à enseigner ou à éduquer ?"

     

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  • FAUT-IL DES ÉCOLES EXPÉRIMENTALES ? L’AVIS D’EMMANUEL KANT

    kant74b.jpg"On s’imagine ordinairement que pour ce qui regarde l’éducation des expériences ne sont pas nécessaires et que l’on peut par la raison seule juger si quelque chose sera bon ou non. Mais l’on se trompe fort en ceci et l’expérience enseigne que dans nos tentatives ce sont souvent des effets tout à fait opposés à ceux que l’on attendait qui apparaissent. On voit ainsi, puisque tout revient à l’expérience, qu’aucune génération humaine ne peut présenter un plan d’éducation achevé. L’unique école expérimentale qui, d’une certaine manière, ait en ceci commencé la voie, a été l’Institut de Dessau. Il faut lui laisser cette gloire, en dépit des nombreuses fautes qu’on peut lui reprocher ; fautes que l’on découvre dans tous les raisonnements effectués à partir de d’expériences et qui consistent en ce que de nouvelles expériences sont toujours nécessaires. D’une certaine manière ce fut la seule école où les maîtres ont la liberté de travailler d’après leurs propres méthodes et leurs propres plans, et où ils fussent aussi bien unis entre eux qu’avec tous les savants de l’Allemagne."

    Kant, Réflexions sur l’Éducation, trad. A. Philonenko, Vrin, pp. 114-115

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  • DE LA DISCIPLINE

    Jean_Jacques_Rousseau_832.jpg"Jeune instituteur, je vous prêche un art difficile, c’est de gouverner sans préceptes, et de tout faire en ne faisant rien. Cet art, j’en conviens, n’est pas de votre âge ; il n’est pas propre à faire briller d’abord vos talents, ni à vous faire valoir auprès des pères ; mais c’est le seul propre à réussir. Vous ne parviendrez jamais à faire des sages, si vous ne faites d’abord des polissons…"

    Jean-Jacques Rousseau, Émile, livre II, t. III

     
    "La discipline transforme l’animalité en humanité. Par son instinct, un animal est déjà tout ce qu’il peut être ; une raison étrangère a pris soin de tout pour lui. Mais l’homme doit user de sa propre raison. Il n’a point d’instinct et doit se fixer lui-même le plan de sa conduite. Or puisqu’il n’est pas immédiatement capable de le faire, mais au contraire vient au monde à l’état brut, il faut que d’autres le fassent pour lui.
    L’espèce humaine doit, peu à peu, par son propre effort, tirer d’elle-même toutes les qualités naturelles de l’humanité. Une génération éduque l’autre."

    Kant, Réflexions sur l’Éducation, trad. A. Philonenko, Vrin, pp. 94-95

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  • "LE CERCLE DES POÈTES DISPARUS"

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  • LA GAUCHE HÉGÉMONIQUE CHEZ DES ENSEIGNANTS DU PUBLIC CRISPÉS

    sondage politique.jpgLes enseignants ont l'intention de voter massivement et efficacement à gauche. C'est la principale leçon du sondage réalisé par l'IFOP pour Le Monde. Au premier tour de l'élection présidentielle, le 22 avril, 46 % des 712 enseignants représentatifs interrogés du 13 au 15 février, comptent voter pour le candidat socialiste François Hollande. Et au second tour, 79 % de ces enseignants du primaire, des collèges et des lycées ont l'intention de faire ce même choix. Le candidat Nicolas Sarkozy, lui, recueillerait 12,5 % de leurs suffrages au premier tour du scrutin et 21 % au second. Voici les sept leçons qui se dégagent de cette enquête, à 60 jours du premier tour.

    "Il n'y a pas d'autre catégorie professionnelle où 8 électeurs sur 10 ont l'intention de voter pour un même candidat au second tour. En 2007, les agriculteurs avaient opté à 70 % pour M. Sarkozy, et c'était exceptionnel", rappelle Jérôme Fourquet, directeur du département opinions à l'IFOP.

    Double prouesse, donc, pour le candidat socialiste. D'abord parce que ce taux est très élevé. Ensuite parce que François Hollande peut se targuer d'avoir réconcilié le corps enseignant avec le PS. Ses 46 % d'intentions de vote au premier tour sonnent comme une vraie victoire, si l'on se souvient que Ségolène Royal n'avait recueilli que 31,5 % du suffrage enseignant en 2007 et Lionel Jospin, 16 % en 2002.

    "Cette catégorie professionnelle, championne de la dispersion des voix aux deux précédents [scrutins] présidentiels, a décidé cette fois de jouer l'efficacité pour être sûre de ne pas retrouver Nicolas Sarkozy", estime l'analyste. Plus que d'une adhésion au projet socialiste, François Hollande bénéficie de la volonté d'en finir avec ce que les enseignants estiment être la "casse de l'école"...

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    Source : Le Monde

     

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  • LES BIENFAITS DE L'ÉDUCATION À LA BAGUETTE

    Mme Charron et ses enfants.jpgDes enfants qui disent bonjour et merci. Se régalent de petits pois et de brocolis. Et restent à table sans broncher. C'est ainsi que Pamela Druckerman voit les petits Français.

    "Déguisement : les Indiens Peaux-Rouges." Jill, une Américaine installée à Paris, est restée médusée devant l'invitation à une fête d'anniversaire qu'a reçue sa fille. Pour comprendre son effroi, il faut imaginer des petits Français conviés aux Etats-Unis à un goûter sur le thème : "Les sauvages du fleuve Congo"... Pas facile de devenir une mère à la française. Mais Jill a décidé de s'accrocher. Elle a acheté le plus beau déguisement d'Indienne à plumes à sa fille et l'a conduite à l'anniversaire de son amie. Sans oublier, au retour de lui faire un petit cours sur l'histoire des Etats-Unis.

    Pourquoi une telle abnégation ? Vues d'outre-Atlantique, les Françaises seraient des mères modèles. Ou plutôt des mères d'enfants modèles : bien élevés, mangeant de tout et capables de rester à table sans broncher durant les (très) longs repas de famille. Tout le contraire des affreux petits Américains qui ne connaissent des légumes que les frites et ne conçoivent pas de manger assis. Cliché ? C'est une Américaine qui le véhicule. Mais elle connaît son sujet : elle vit à Paris...

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    Source : M - Le Magazine du Monde

     

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  • ÉDUQUER ET INSTRUIRE

    instruire.gif"La liberté dans l’éducation comme ailleurs doit être une affaire de degré. Certaines libertés ne peuvent être tolérées. J’ai rencontré une dame qu’on ne devait jamais  interdire à un enfant de faire quoi que ce soit, car un enfant doit développer sa nature de l’intérieur. "Et si cette nature lui fait avaler des épingles ?" demandais-je ? […] C’est pourquoi défendre la liberté dans l’éducation ne signifie pas que les enfants doivent faire exactement ce leur plaît toute la journée…"

    Bertrand Russel, Essais Sceptiques, § VXIV, p. 258/259, éd. Reider, 1928

    "S’il faut à la France 80% de bacheliers, ce n’est pas pour grossir administrativement la cohorte des Golden boys et des chevaliers d’industrie, c’est pour mener des générations entières à la tâche intellectuelle et morale qui leur incombe et à laquelle elles ont droit : se libérer, d’abord intérieurement puis extérieurement des slogans et des modèles d’une société sinistrée par l’économie."

    Alain de Libera, Penser au Moyen-Âge, p.78, Seuil

    En 1883 Jules Ferry écrit dans la célèbre lettre aux instituteurs :

    "Vous êtes et, à certains égards, le suppléant du père de famille ; parlez donc à son enfant comme vous voudriez qu’on parlât au vôtre ; avec force et autorité, toutes les fois qu’il s’agit d’une vérité incontestée, d’un précepte de morale commune ; avec une grande réserve, dès que vous risquez d’effleurer un sentiment religieux dont vous n’êtes pas juge."

    Thierry Wanegffelen, Le Poseau pensant, p.165, éd. Payot, 2011 

     
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  • L’ÉCOLE SERT-ELLE À ENSEIGNER OU À ÉDUQUER ?

    Le prochain débat du café philosophique de Montargis aura lieu cette semaine, le vendredi 24 février à 18H30 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée. Cette séance aura pour titre : "L’école sert-elle à enseigner ou à éduquer ?"

    café philosophique,café philosophique de montargis,montargis,cafe philo,cafe philosophique,philosophieÀ cette question, qui prend une résonance particulière en cette période électorale, il serait aisé de répondre que ces deux fonctions sont indissolublement liées à l’école. Mieux, elles paraissent ne pouvoir se différencier l’une de l’autre. Est-ce si simple ? Enseigner c’est, littéralement, "marquer d’un signe". C’est développer un ensemble de connaissances, afin de rendre l’apprenant autonome, adulte, citoyen. Au départ, l’enseignement mêle instruction d’un savoir et éducation. Il s’agit d’élever l’apprenant (élève). Pourtant, il semblerait que ce métier soit de plus en plus décrit comme difficile par ceux qui l’exercent (selon M. Pochard, Livre vert sur l’évolution du métier d’enseignant, 2008 : "46% des enseignants du premier degré et 39% de ceux du second degré disent songer à quitter ce métier en raison du stress qu'il engendre", rapport en ligne sur ce lien) et mal fait par ceux qui le subissent. Alors, quel est le rôle de l’école ? Quel rapport doit-elle entretenir avec l’éducation parentale ? Ce rôle n’est-il pas en profond bouleversement ? Faut-il faire bouger "le mammouth" ? Est-ce possible ? Y a-t-il une perte d’autorité de nos professeurs ? Si oui comment la rétablir ? Le faut-il ? Le politique doit-il intervenir ? Quel est le rôle de l’école dans nos sociétés ? La culture générale, âprement débattue récemment, a-t-elle encore sa place ?  

    Claire et Bruno proposent à tous de venir débattre de ces points – et de bien d’autres encore – le vendredi 24 février à 18 h 30 lors du prochain café philosophique de Montargis, à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée. Participation libre et gratuite.

    Renseignements : cafephilo.montargis@yahoo.fr

     
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  • LE CAFÉ PHILO ANNONCE...

    Portrait Catherine Armessen.JPG

    Soirée conférence/débat qui aura lieu sur le site de la maison de retraite de la Boisserie à Montargis le 14 mars 2012 à 20h. Le thème de notre réflexion sera :

    L'APPROCHE NON MEDICAMENTEUSE DE LA MALADIE DE PARKINSON

    Comprendre les difficultés rencontrées par le patient et par son entourage

    Afin d’améliorer la prise en charge de cette maladie chronique

    Quels partenaires choisir ?

    Quelles solutions pratiques proposer pour la vie de tous les jours ?

    La soirée sera animée par le Docteur Catherine ARMESSEN, médecin coordinateur de l’HAD45 Montargis.

    Les intervenants seront :

    Carine BEHAR, neuropsychologue à l’HAD 45 Montargis

    - Sylvie ROUSSEAU, assistante sociale à l’HAD 45 Montargis

    - Suzanne MOUTIN, présidente d’ASSOPARK (association de malades atteints de la maladie de parkinson).


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  • COMPTE RENDU DE LA DERNIÈRE SÉANCE

    Thème du débat : "Vivre seul(e) ou mal accompagné(e) ?" Débat sur cette question : "La vie est-elle trop courte pour s'ennuyer avec quelqu'un qui n'en vaut pas la peine ?" 

    Date : 27 janvier 2012 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée.

    café philosophique,café philosophique de montargis,montargis,cafe philo,cafe philosophique,philosophiePour cette vingtième séance, et la première de l’année 2012, le café philosophique de Montargis rassemblait un public particulièrement nombreux – environ 70 personnes. Sans doute le titre et le thème de cette séance n’étaient-ils pas étrangers à cette affluence : "Vivre seul(e) ou mal accompagné (e) ?" Bruno précise que ce sujet, choisi lors de la séance de décembre et proposé d’ailleurs par un participant, porte en réalité sur cette question : "La vie est-elle trop courte pour s'ennuyer avec quelqu'un qui n'en vaut pas la peine ?"

    Claire et Bruno commencent le débat par un tour de table. À la question de savoir – comme le dit l’adage – s’il vaut mieux vivre seul que mal accompagné, une participante répond par l’affirmatif, tant il est vrai, ajoute-t-elle, qu’une vie à deux ne peut se concevoir sans épanouissement personnel. Sans cet épanouissement, à quoi bon s’évertuer à continuer avec un homme ou une femme ? Cela ne dispense en outre pas d’être accompagné, si ce n’est d’un compagnon ou d’une compagne, d’amis ou de relations plus éphémères, a fortiori si cette vie sociale de célibat assumée apporte bonheur et accomplissements personnels. Un autre participant, en écho à cette intervention, donne un autre son de cloche. Il souligne la difficulté à porter un jugement définitif sur la personne qui sera amenée à partager notre vie. Il prend pour exemple l’opéra de Mozart La Flûte enchantée : l’oiseleur Papageno désespère à l’idée de devoir se marier avec une sorcière hideuse, jusqu’à ce que, miraculeusement et à son grand bonheur, cette future épouse honnie se transforme en délicieuse Papagena, l’âme sœur de Papageno (vidéo ici).

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    Une troisième intervenante souligne la difficulté de former un couple, tout en considérant que vivre seul ne peut se concevoir dans la durée. Le célibat paraît être une situation sociale non pérenne. Ce qui ne veut pas dire que vivre en couple le soit obligatoirement : plus qu’il y a quelques années, la vie à deux devient compliquée (pour aller plus loin, cliquez ici) et il n’y a pas de doute que la transformation idyllique de Papagena peut être vécue bien différemment : celui ou celle qui partage sa vie, considéré(e) au début comme son âme sœur, peut, avec les années, s’avérer être un compagnon ou une compagne bien encombrante. Accepter de faire sa vie avec un homme ou une femme ne va donc pas forcément de soi. 

    Cela nous amène à nous demander, s’interroge Claire, si nous ne sommes pas faits pour vivre seuls ("Il n’est pas bon que l’homme soit seul", lit-on dans le premier livre de la Genèse) :  "L’homme est un animal politique" écrit Aristote (Politiques, I, 1). Dès lors, qu’attendons-nous d’autrui ? Quelle est la fin de notre relation ? Quel est notre intérêt à vivre avec tel(le) ou tel ? Cette relation peut-elle être désintéressée ?

    Un participant suggère que le mot "intérêt" a certainement pris tout son sens dans les millénaires qui nous ont précédés ; il est d'ailleurs encore présent de nos jours. Bien souvent, c’est le gain qui est recherché et lorsque ce gain se fait inférieur à ce que l’on donne, on rompt. Il semble que la relation avec l’autre, dans nos sociétés modernes, soit fondée  sur une recherche de plaisir : il doit être présent sinon la relation perd son sens…

    café philosophique,café philosophique de montargis,montargis,cafe philo,cafe philosophique,philosophieCelui ou celle qui m’accompagne ne déboule pas dans ma vie simplement par hasard. Nombre de psychologues sont d’accord pour dire que la personne avec qui je choisis de partager ma vie vient en résonance avec mon passé comme avec mes attentes, ici et maintenant. 

    L’amour ne peut-il exister que par l’intérêt que la relation amoureuse m’apporte ? À ce sujet, Claire évoque l’exemple concret d’un couple actuel (documentaire "Couple : quand l'autre change de visage") qui s’est reconstruit de manière troublante : après des années de vie commune, ponctuées de fréquents déplacements à l’étrangers d'un homme, militaire de carrière,  ce dernier décide de se séparer de sa femme au moment de sa retraite. Problème – hélas ! – classique de notre société dans laquelle un mariage sur trois se conclut par un divorce… (pour aller plus loin, cliquez ici) Alors que le divorce est sur le point d’être prononcé, un médecin apprend à l’homme que sa femme (bientôt sa "future ex-femme") est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Contre toute attente, l’homme décide de rester avec cette dernière, mû par un sentiment autre que l’amour. Il s’agit d’une forme de reconnaissance. Reconnaissance de l’autre, de cet autre précis et singulier comme ayant donné et donnant encore un sens, le sens que je souhaite, à celui ou celle que je suis.

    Il y a en effet un rôle conséquent de l’autre dans celle ou celui que je suis ; ne me définit-il pas ? Au-delà des désirs et plaisirs charnels, la relation amoureuse n’est-elle pas celle où je m’expose tout entière, attendant que celui avec qui je vis me reconnaisse telle que je cherche à être : aimé(e) d’un autre, existant à travers ou dans ses yeux.

    café philosophique,café philosophique de montargis,montargis,cafe philo,cafe philosophique,philosophie"Ne confond-on donc pas "amour" et "désir" ?" s’interroge un participant. Il est patent que l’homme est aujourd’hui principalement devenu un être de désir. Notre société de consommation le pousse d’ailleurs à cet état de fait. Ce désir, qui est omniprésent dans la vie d’un jeune couple, s’amenuise avec les années. Et ce qui fait tenir un couple dans la durée c’est bien un amour désincarné et non pas un désir évanescent. Bruno va dans ce sens, ajoutant que l’on touche là le centre de la problématique du sujet de ce soir : "La vie est-elle trop courte pour s'ennuyer avec quelqu'un qui n'en vaut pas la peine ?" L’ennui – qui est par définition l’absence de désir – serait une justification suffisante de la désagrégation du couple.

    Ce mal absolu dans la vie à deux – ou du moins présumé tel – invite plusieurs participants à discuter autour du sexe – en se gardant bien de tout jugement moral, comme le souligne un participant. Sans doute, là, touchons-nous un point névralgique! Vivre à deux, demande Claire, implique une acceptation de l’abandon d’une liberté. C’est toute l’histoire de ces couples libertins. Une telle acceptation signifie aussi la mutilation d’une partie de ma liberté (n’est-ce pas toute la thèse du sulfureux Marquis de Sade ?).

    Alors, l’homme s’il est politique (selon Aristote), est-il naturellement fidèle ? Le véritable amour doit-il être exclusif ?

    café philosophique,café philosophique de montargis,montargis,cafe philo,cafe philosophique,philosophieClaire évoque Jean-Paul Sartre dans son questionnement sur l’aliénation qu’apporte mon amour passionné pour autrui : "Il arrive qu'un asservissement total de l'être aimé tue l'amour de l'amant… [L’amant] veut être aimé par une liberté et réclame que cette liberté comme liberté ne soit plus libre. Il veut à la fois que la liberté de l'Autre se détermine elle-même à devenir amour (…) et, à la fois, que cette liberté soit captivée par elle-même, qu'elle se retourne sur elle-même, comme dans la folie, comme dans le rêve, pour vouloir sa captivité. Et cette captivité doit être démission libre et enchaînée à la fois entre nos mains", L'Être et le Néant). Comme souvent, en se liant à autrui au sein d’un couple, le piège se renferme sur sa propre liberté.

    Reste à considérer une forme d’amour considérée par les Grecs comme plus noble que toutes : l’amitié. La philia ne s’encombre pas du pathos.  Ne serait-ce pas vers celle-ci que nous souhaiterions aller ? Parlant de l’amour, Socrate pose cette question à Lysis: "Mais que leur as-tu donc fait pour qu'ils t'empêchent avec tant de rigueur d'être heureux et de faire ce qu'il te plaît, pour qu'ils te tiennent toute la journée dans la dépendance de quelqu'un, en un mot dans l'impossibilité de faire à peu près rien de ce que tu peux désirer ?" Il faut au contraire, selon,  Socrate  s'efforcer de rendre humbles ceux que l’on aime plutôt que les louer immodérément par des poèmes... (Lysis)

    café philosophique,café philosophique de montargis,montargis,cafe philo,cafe philosophique,philosophieCombien peut être éloignée de cet idéal une vie de couple, parfois faite de frustrations ou, pire, de non-dits ! Une participante convient que la gestion de la vie à deux doit être un combat de chaque instant et que ce combat est aussi fait d’écoutes et de compromis. Elle ajoute que dans la vie à deux peut intervenir un facteur important : l’enfant ou les enfants. Encore ne faut-il pas qu’ils soient des alibis mais au contraire un ciment bienfaiteur. Le résultat de ces efforts – écoutes mutuelles et compromis – en vaut véritablement la chandelle, ajoute-t-elle. Il est aussi vrai que cet appel à la mesure peut choquer le discours ambiant : l’amour ne devrait-il être que passionné ? Une nouvelle preuve de la "dictature des passions", acquiesce Bruno, qui renvoie du même coup à un débat antérieur du café philosophique de Montargis (en savoir plus ici).

    Un autre participant propose de revenir sur la phrase à l’origine du débat : "La vie est-elle trop courte pour s'ennuyer avec quelqu'un qui n'en vaut pas la peine ?" Voilà une question particulièrement virulente qui fait peu cas justement de ce partenaire qui partage ma vie, juge-t-il ! Il serait à l’origine de cet ennui déflagrateur de mon couple. Or, si problème il y a (cet ennui en l’occurrence), ne viendrait-il pas justement de moi et de personne d’autre ? Par ailleurs, ajoute Bruno sous forme de boutade, cette proposition qui a été à l’origine du débat de ce soir, est sans doute erronée : vivre avec une personne ennuyeuse peut rendre au contraire la vie extrêmement longue !

    café philosophique,café philosophique de montargis,montargis,cafe philo,cafe philosophique,philosophieIl est question dès lors de se regarder et de s’étudier plutôt que de juger l’autre. Une participante rappelle que le couple ne sera déstructuré et destructeur que si l’on accepte et même travaille à ce qu’il le soit. Un autre participant affirme dès lors que pour réussir son couple, il faut d’abord savoir ce que l’on veut et est prêt à accepter ou pas d’autrui. Conscient que l’image que l’autre me renvoie est primordiale pour celle que je suis vraiment, j’ai à exiger que ma relation à l’autre, ma manière de l’aimer soit aussi déterminante de celui ou celle que je suis. Dès lors, la relation à l’autre doit révéler, davantage que l’autre lui-même, mon identité.

    L’amour c’est donc d’abord voir l’autre comme sa finalité, non comme un moyen pour parvenir à un accomplissement. En le considérant ainsi, je m’élève au-dessus d’un simple rapport charnel pour entrer dans une relation de partage et d’échange, forcément salvatrice en qu’elle m’apprend qui je suis et qui est l’homme, elle fonde l’humanité. 

    C’est sur cet appel à chercher au fond de soi cet ennui destructeur et à accepter de l’autre ses différences que s’achève ce vingtième café philosophique. 

    La soirée se termine par le vote du sujet de la séance du 24 février 2012. Le choix se porte sur ce débat : "L’école sert-elle à enseigner ou à éduquer ?"

    Philo-galerie : Pour illustrer ce débat, nous avons choisi des peintures d'Annibale Carracche (Diane et Endymion), Michael Cheval (Cythare), Christopher Wood (Couple de mormons), Jean-Honoré Fragonard (Le verrou), Francis Picabia (Couple), Edward Burne-Jones (Love among the ruins) et Pablo Picasso (Les amoureux).

    Autres sources sur ce lien.


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