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malebranche

  • MALEBRANCHE : QU'EST-CE QUE CONNAÎTRE ?

    AVT_Nicolas-de-Malebranche_3830.jpeg"La première, est de connaître les choses par elles-mêmes.

    La seconde, de les connaître par leurs idées, c'est-à-dire, comme je l'entends ici, par quelque chose qui soit différent d'elles.

    La troisième, de les connaître par conscience, ou par sentiment intérieur.

    La quatrième, de les connaître par conjecture.

    On connaît les choses par elles-mêmes et sans idées, lorsqu'elles sont intelligibles par elles-mêmes, c'est-à-dire lorsqu'elles peuvent agir sur l'esprit, et par là se découvrir à lui. Car l'entendement est une faculté de l'âme purement passive; et l'activité ne se trouve que dans la volonté. Ses désirs même ne sont point les causes véritables des idées, elles ne sont que les causes occasionnelles ou naturelles de leur présence, en conséquence des lois naturelles de l'union de notre âme avec la Raison universelle... On connaît les choses par leurs idées, lorsqu'elles ne sont point intelligibles par elles-mêmes, soit parce qu'elles sont corporelles soit par qu'elles ne peuvent affecter l'esprit ou se découvrir à lui.  On connaît par conscience toues les choses qui ne sont point distinguées de soi. Enfin on connaît par conjecture les choses qui sont différentes de soi, et celles que l'on connaît en elles-mêmes et par des idées, comme lorsqu'on pense que certaines choses son semblables à quelques autres que l'on connaît."

    Nicolas Malebranche, La Recherche de la Vérité (1674-1675)

     

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  • MALEBRANCHE : EXPLICATION PHYSIOLOGIQUE DE LA MÉMOIRE

    malebranche.jpeg"De même que les branches d'un arbre, qui sont demeurées ployées d'une certaine façon, conservent quelque facilité pour être ployées de nouveau de la même manière: ainsi les fibres du cerveau ayant une fois reçu certaines impressions par le cours des esprits animaux, et par l'action des objets, gardent assez longtemps quelque facilité pour recevoir ces mêmes dispositions. Or la mémoire ne consiste que dans cette facilité; puisque l'on pense aux mêmes choses, lorsque le cerveau reçoit les mêmes impressions.

    Comme les esprits animaux agissent tantôt plus, et tantôt moins fort sur la substance du cerveau, et que les objets sensibles font des impressions bien plus grandes que l'imagination toute seule, il est facile de là de reconnaître pourquoi on ne se souvient pas également de toutes les choses que l'on a aperçues. Pourquoi, par exemple, ce que l'on a aperçu plusieurs fois se présente d'ordinaire à l'âme plus nettement que ce que l'on n'a aperçu qu'une ou deux fois. Pourquoi on se souvient plus distinctement des choses qu'on a vues que de celles qu'on a seulement imaginées: et ainsi, pourquoi on saura mieux, par exemple, la distribution des veines dans le foie, après l'avoir vue une seule fois dans la dissection de cette partie qu'après l'avoir lue plusieurs fois dans un livre d'anatomie, et d'autres choses semblables."

    Nicolas Malebranche, De la Recherche de la Vérité (1674-1675), Livre II, chap. V, § III

     

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