Café philo janvier 2025
Austen : Orgueil et préjugés
— Je puis dire que dès le premier jour que je vous ai connu, votre manière d’être m’a dévoilé toute votre arrogance, votre amour-propre et votre mépris pour les autres ; voilà les premières causes de cette aversion que les événements qui se sont succédé depuis lors ont rendue insurmontable. Il n’y avait pas long-temps que je vous connaissais, que je sentais déjà que vous étiez le dernier homme du monde, auquel j’eusse pu désirer d’unir mon sort.
— Vous en avez dit assez, Madame ; je connais maintenant vos sentiments ; il ne me reste plus qu’à rougir de ceux que j’ai éprouvés ; pardonnez-moi de vous avoir importunée si long-temps, et recevez tous les souhaits que je fais pour votre bonheur.Jane Austen, Orgueil et préjugés (1813)
