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  • Pépin : l'identification à l'échec

    "Lorsque nous échouons, nous nous identifions à l'échec. Nous nous persuadons que c'est nous qui sommes des ratés ! Nous confondons l'échec de notre projet avec celui de notre personne. Nous vivons dans un vieux pays qui fut jadis une grande puissance. Nous percevons implicitement le succès comme une fidélité à la norme, au passé. Et l'échec comme un manquement à cette tradition ou à cette norme, et non comme une expérience enrichissante ou une preuve d'audace. C'est une façon de voir très singulière, complètement différente de celle des américains, par exemple..."

    Charles Pépin

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  • Café philo du 10 décembre : visite de l'exposition "Histoire des Formes" aux Tanneries d'Amilly

    La vidéo de la visite de l'exposition Histoire des Formes proposée par Jeanne Pelloquin aux Tanneries d'Amilly juste avant la séance du 10 décembre sur le thème "Qu'est-ce qu'une œuvre d'art ?"

    Et bientôt, sur ce site, le compte-rendu de la séance.

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  • La Chanson de Roland ou l'échec magnifié

    "Ami Roland, preux chevalier, belle jeunesse, quand je serai à Aix, dans ma chapelle, les hommes viendront me demander des nouvelles : je leur en donnerai d’effroyables et de funestes : il est mort, mon neveu qui me conquit tant de terres. Et contre moi se révolteront les Saxons, et les Hongrois, les Bulgares et tant d’autres mécréants, les gens de Rome, de la Pouille, tous ceux de Palerme et ceux d’Afrique et ceux de Califerne : pour moi viendront les souffrances et les peines."

    La Chanson de Roland, v. 2916-2929 (XIe s.)

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  • Sans commentaire

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  • Marina & The Diamonds : "I'm a ruin"

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  • Marc Aurèle : "Sois semblable à un roc..."

    "Sois semblable à un roc contre lequel les vagues se brisent sans répit : il reste debout et autour de lui viennent mourir les bouillonnements des flots. Comme je suis malheureux de subir ce malheur ! Mais non ! Au contraire : comme je suis heureux, ayant subi ce malheur de résister à la peine sans être brisé par le présent, ni effrayé par l’avenir. Car la même chose pourrait arriver à n’importe qui, mais n’importe qui face à cette épreuve n’aurait pas résisté à la peine. Et pourquoi cela serait-il un malheur plutôt qu’un bonheur ?

    Appelles-tu un malheur pour l’homme ce qui n’est pas un échec pour la nature humaine ? Et ce qui n’est pas contraire au dessein de la nature t’apparaît-il comme un échec de la nature humaine ? Eh bien ? Tu connais ce dessein ; ce qui arrive t’empêche-t-il d’être juste, magnanime, prudent, sage, avisé, loyal, modeste, libre etc., qualités qui réunies, donnent à la nature humaine sa spécificité ? Bref, souviens-toi en présence de tout ce qui te plonge dans le chagrin, de recourir à ce principe : ceci n’est pas un malheur, mais le supporter noblement est un bonheur."

    Marc Aurèle, Pensées pour moi-même (IIe s. ap. JC)

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  • Lenoir : l'échec n'est pas un drame

    "Il est temps d'admettre que ; non seulement l’échec n'est pas un drame, mais qu'il peut bien souvent devenir un événement positif. Son premier atout, qui est loin d'être négligeable, consiste à nous remettre dans une attitude d'humilité face à la vie. Il nous contraint à accepter la vie telle qu'elle est et non pas telle que nous la voulons ou la rêvons. La vraie souffrance, comme je l'ai rappelé à la suite des philosophes stoïciens, mais aussi taoïstes, naît de notre résistance au changement, au mouvement de la vie, à son flux. Alors, réjouissons-nous quand il y a des hauts; et quand des bas se présentent, acceptons-les et faisons en sorte qu'ils nous servent de tremplin. En ce sens, je considère nos échecs comme autant de maîtres spirituels, c'est-à-dire de guides qui nous aident à rectifier notre trajectoire. Ils appartiennent à la loi de la vie, et je pense que leur présence, qui nous est naturellement désagréable sur le moment, est néanmoins indispensable à la globalité de notre parcours. Pour qu'ils soient de vrais maîtres, néanmoins nous devons transformer le regard que nous portons sur eux. Plutôt que vivre chaque échec comme un drame, entendons-le comme l’occasion d’un éveil, d’une prise de conscience. Essayons d’en tirer des leçons plutôt que de perdre notre énergie à ressasser ses causes et ses conséquences. Considérons d’emblée que la difficulté qui nous frappe n’est pas un drame, mais une occasion de réfléchir à notre vie, de l’appréhender autrement."

    Frédéric Lenoir, Petit traité de Vie intérieure (2010)

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  • Pascal : La réussite est un leurre

    "Chaque degré de bonne fortune qui nous élève dans le monde nous éloigne davantage de la vérité, parce qu'on appréhende plus de blesser ceux dont l'affection est plus utile et l'aversion plus dangereuse. Un prince sera la fable de toute l'Europe, et lui seul n'en saura rien. Je ne m'en étonne pas : dire la vérité est utile à celui à qui on la dit, mais désavantageux à ceux qui la disent, parce qu'ils se font haïr. Or, ceux qui vivent avec les princes aiment mieux leurs intérêts que celui du prince qu'ils servent ; et ainsi, ils n'ont garde de lui procurer un avantage en se nuisant à eux-mêmes.

    Ce malheur est sans doute plus grand et plus ordinaire dans les plus grandes fortunes ; mais les moindres n'en sont pas exemptes, parce qu'il y a toujours quelque intérêt à se faire aimer des hommes. Ainsi la vie humaine n'est qu'une illusion perpétuelle ; on ne fait que s'entre-tromper et s'entre-flatter. Personne ne parle de nous en notre présence comme il en parle en notre absence. L'union qui est entre les hommes n'est fondée que sur cette mutuelle tromperie ; et peu d'amitiés subsisteraient, si chacun savait ce que son ami dit de lui lorsqu'il n'y est pas, quoiqu'il en parle alors sincèrement et sans passion.

    L'homme n'est donc que déguisement, que mensonge et hypocrisie, et en soi-même et à l'égard des autres. Il ne veut donc pas qu'on lui dise la vérité. Il évite de la dire aux autres ; et toutes ces dispositions, si éloignées de la justice et de la raison, ont une racine naturelle dans son cœur."

    Blaise Pascal, Pensées (1670)

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  • Bergson : Qu’est-ce que le triomphe de la vie ?

    "Les philosophes qui ont spéculé sur la signification de la vie et sur la destinée de l’homme n’ont pas assez remarqué que la nature a pris soin de nous renseigner là-dessus elle-même. Elle nous avertit par un signe précis que notre destination est remplie. Ce signe est la joie. Je dis la joie, je ne dis pas le plaisir. Le plaisir n’est qu’un artifice imaginé par la nature pour obtenir de l’être vivant la conservation de la vie ; il n’indique pas la direction où la vie est lancée. Mais la joie annonce toujours que la vie a réussi, qu’elle a gagné du terrain, qu’elle a remporté une victoire : toute grande joie a un accent triomphal."

    Henri Bergson, L’énergie spirituelle (1911)

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  • Slimani : Chanson douce

    "Les squares, les après-midi d'hiver. Le crachin balaie les feuilles mortes. Le gravier glacé colle aux genoux des petits. Sur les bancs, dans les allées discrètes, on croise ceux dont le monde ne veut plus. Ils fuient les appartements exigus, les salons tristes, les fauteuils creusés par l'inactivité et l'ennui. Ils préfèrent grelotter en plein air, le dos rond, les bras croisés. A 16 heures, les journées oisives paraissent interminables. C'est au milieu de l'après-midi que l'on perçoit le temps gâché, que l'on s'inquiète de la soirée à venir. A cette heure, on a honte de ne servir à rien."

    Leïla Slimani, Chanson douce (2016)

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  • Pascal : l'échec de la recherche du bonheur

    "Car tous les hommes désirent d’être heureux ; cela est sans exception. Quelques différents moyens qu’ils y emploient, ils tendent tous à ce but. Ce qui fait que l’un va à la guerre et que l’autre n’y va pas, c’est ce même désir qui est dans tous les deux accompagné de différentes vues. La volonté ne fait jamais la moindre démarche que vers cet objet. C’est le motif de toutes les actions de tous les hommes, jusqu’à ceux qui se tuent et qui se pendent.
    Et cependant, depuis un si grand nombre d’années, jamais personne, sans la foi, n’est arrivé à ce point, où tous tendent continuellement. Tous se plaignent, princes, sujets, nobles, roturiers, vieillards, jeunes, forts, faibles, savants, ignorants, sains, malades, de tous pays, de tous temps, de tous âges et de toutes conditions.
    Une épreuve si longue, si continuelle et si uniforme devrait nous convaincre de l’impuissance où nous sommes d’arriver au bien par nos efforts ; mais l’exemple ne nous instruit point. Il n’est jamais si parfaitement semblable qu’il n’y ait quelque délicate différence; et c’est là que nous attendons que notre espérance ne sera pas déchue en cette occasion comme en l’autre. Ainsi le présent ne nous satisfaisant jamais, l’espérance nous séduit, et, de malheur en malheur, nous mène jusqu’à la mort, qui en est le comble éternel.

    C’est une chose étrange qu’il n’y a rien dans la nature qui n’ait été capable de tenir la place de la fin et du bonheur de l’homme, astres, éléments, plantes, animaux, insectes, maladies, guerres, vices, crimes, etc. L’homme étant déchu de son état naturel, il n’y a rien à quoi il n’ait été capable de se porter. Depuis qu’il a perdu le vrai bien, tout également peut lui paraître tel, jusqu’à la destruction propre, toute contraire qu’elle est à la raison et à la nature tout ensemble.

    Les uns ont cherché la félicité dans l’autorité, les uns dans les curiosités et dans les sciences, les autres dans les voluptés. Ces trois concupiscences ont fait trois sectes, et ceux qu’on appelle philosophes, n’ont fait effectivement que suivre une des trois. Ceux qui en ont le plus approché ont considéré qu’il est nécessaire que le bien universel que tous les hommes désirent, et où tous doivent avoir part, ne soit dans aucune des choses particulières qui ne peuvent être possédées que par un seul, et qui, étant partagées, affligent plus leur possesseur par le manque de la partie qu’il n’a pas, qu’elles ne le contentent par la jouissance de celle qui lui appartient. Ils ont compris que le vrai bien devait être tel que tous pussent le posséder à la fois sans diminution et sans envie, et que personne ne le pût perdre contre son gré. Ils l’ont compris, mais ils ne l’ont pu trouver ; et au lieu d’un bien solide et effectif, ils n’ont embrassé que l’image creuse d’une vertu fantastique.

    Notre instinct nous fait sentir qu’il faut chercher notre bonheur dans nous. Nos passions nous poussent au dehors, quand même les objets ne s’offriraient pas pour les exciter. Les objets du dehors nous tentent d’eux-mêmes, et nous appellent, quand même nous n’y pensons pas. Ainsi les philosophes ont beau dire : rentrez en vous-mêmes, vous y trouverez votre bien ; on ne les croit pas, et ceux qui les croient sont les plus vides et les plus sots. Car, qu’y a-t-il de plus ridicule et de plus vain que ce que proposent les Stoïciens, et de plus faux que tous leurs raisonnements ?"

    Blaise Pascal, Pensées (1670)

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