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  • D'HOLBACH : NOTRE CORPS ET NOTRE LIBERTÉ

    "Nous avons expliqué d’une manière purement physique et naturelle le mécanisme qui constitue les facultés que l’on nomme intellectuelles et les qualités que l’on appelle morales. Nous avons prouvé en dernier lieu que toutes nos idées, nos systèmes, nos affections, les notions vraies ou fausses que nous nous formons sont dus à nos sens matériels et physiques.

    Paul_Heinrich_Dietrich_Baron_d'Holbach_Roslin.jpgAinsi l’homme est un être physique ; de quelque façon qu’on le considère il est lié à la nature universelle, et soumis aux lois nécessaires et immuables qu’elle impose à tous les êtres qu’elle renferme, d’après l’essence particulière ou les propriétés qu’elle leur donne, sans les consulter. Notre vie est une ligne que la nature nous ordonne de décrire à la surface de la terre sans jamais pouvoir nous en écarter un instant. Nous naissons sans notre aveu, notre organisation ne dépend point de nous, nos idées nous viennent involontairement, nos habitudes sont au pouvoir de ceux qui nous les font contracter, nous sommes sans cesse modifiés par des causes soit visibles soit cachées qui règlent nécessairement notre façon d’être, de penser et d’agir. Nous sommes bien ou mal, heureux ou malheureux, sages ou insensés, raisonnables ou déraisonnables, sans que notre volonté entre pour rien dans ces différents états. Cependant malgré les entraves continuelles qui nous lient, on prétend que nous sommes libres, ou que nous déterminons nos actions et notre sort indépendamment des causes qui nous remuent.

    Quelque peu fondée que soit cette opinion, dont tout devrait nous détromper, elle passe aujourd’hui dans l’esprit d’un grand nombre de personnes, très éclairées d’ailleurs, pour une vérité incontestable ; elle est la base de la religion, qui, supposant des rapports entre l’homme et l’être inconnu qu’elle met au dessus de la nature, n’a pu imaginer qu’il pût mériter ou démériter de cet être s’il n’était libre dans ses actions. On a cru la société intéressée à ce système, parce qu’on a supposé que si toutes les actions des hommes étaient regardées comme nécessaires, l’on ne serait plus en droit de punir celles qui nuisent à leurs associés. Enfin la vanité humaine s’accommoda, sans doute, d’une hypothèse qui semblait distinguer l’homme de tous les autres êtres physiques, en assignant à notre espèce l’apanage spécial d’une indépendance totale des autres causes, dont, pour peu que l’on réfléchisse, nous sentirons l’impossibilité.

    Partie subordonnée d’un grand tout, l’homme est forcé d’en éprouver les influences. Pour être libre il faudrait qu’il fût tout seul plus fort que la nature entière, ou il faudrait qu’il fût hors de cette nature, qui toujours en action elle-même, oblige tous les êtres qu’elle embrasse, d’agir et de concourir à son action générale ou, comme on l’a dit ailleurs, de conserver sa vie agissante par les actions ou les mouvements que tous les êtres produisent en raison de leurs énergies particulières soumises à des lois fixes, éternelles, immuables.

    Pour que l’homme fût libre, il faudrait que tous les êtres perdissent leurs essences pour lui, il faudrait qu’il n’eût plus de sensibilité physique, qu’il ne connût plus ni le bien ni le mal, ni le plaisir ni la douleur. Mais dès lors il ne serait plus en état ni de se conserver ni de rendre son existence heureuse ; tous les êtres devenus indifférents pour lui, il n’aurait plus de choix, il ne saurait plus ce qu’il doit aimer ou craindre, chercher ou éviter. En un mot l’homme serait un être dénaturé ou totalement incapable d’agir de la manière que nous lui connaissons.

    S’il est de l’essence actuelle de l’homme de tendre au bien-être ou de vouloir se conserver ; si tous les mouvements de sa machine sont des suites nécessaires de cette impulsion primitive ; si la douleur l’avertit de ce qu’il doit éviter, si le plaisir lui annonce ce qu’il doit appéter, il est de son essence d’aimer ce qui excite ou ce dont il attend des sensations agréables, et de haïr ce qui lui procure ou lui fait craindre des impressions contraires. Il faut nécessairement qu’il soit attiré ou que sa volonté soit déterminée par les objets qu’il juge utiles, et repoussée par ceux qu’il croit nuisibles à sa façon permanente ou passagère d’exister.

    Ce n’est qu’à l’aide de l’expérience que l’homme acquiert la faculté de connaître ce qu’il doit aimer ou craindre ; ses organes sont-ils sains ? Ses expériences seront vraies, il aura de la raison, de la prudence, de la prévoyance, il pressentira des effets souvent très éloignés ; il saura que ce qu’il juge quelquefois être un bien, peut devenir un mal par ses conséquences nécessaires ou probables, et que ce qu’il sait être un mal passager peut lui procurer pour la suite un bien solide et durable. C’est ainsi que l’expérience nous fait connaître que l’amputation d’un membre doit causer une sensation douloureuse, en conséquence nous sommes forcés de craindre cette opération ou d’éviter la douleur ; mais si l’expérience nous a montré que la douleur passagère que cette amputation cause, peut nous sauver la vie ; notre conservation nous étant chère nous sommes forcés de nous soumettre à cette douleur momentanée dans la vue d’un bien qui la surpasse."

    Paul Henri Thiry d'Holbach, Système de la Nature ou des Lois du Monde (1820)

     

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  • ILS ONT DIT, AU SUJET DU CORPS...

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    "L’homme doit harmoniser l’esprit et le corps." [Hippocrate]

    "Le corps est le tombeau de l'âme." [Platon]

    "L'esprit commande le corps et le corps obéit. L'esprit se commande à lui-même et trouve de la résistance." [Saint Augustin]

    "Le corps ne peut subsister sans l'esprit, mais l'esprit n'a nul besoin de corps." [Erasme]

    "La nature m’enseigne aussi par ces sentiments de douleur, de faim, de soif, etc. que je ne suis pas seulement logé dans mon corps ainsi qu’un pilote en son navire." [René Descartes]

    "Passion est passivité de l'âme et activité du corps." [René Descartes]

    "Mon corps est un jardin, ma volonté est son jardinier." [William Shakespeare]

    "Chaque corps organique d’un vivant est une espèce d’automate naturel." [GW Leibniz]

    "Plus le corps est faible, plus il commande ; plus il est fort, plus il obéit. " [Jean-Jacques Rousseau]

    "Plus nous réfléchirons et plus nous demeurerons convaincus que l'âme (...) n'est que ce corps lui-même." [Paul Henri d'Holbach]

    "Une lecture amusante est aussi utile à la santé que l’exercice du corps." [Emmanuel Kant]

    "C’est le corps qu’il faut d’abord convaincre." [Friedrich Nietzsche]

    "Je suis corps tout entier et rien d'autre ; l'âme n'est qu'un mot désignant une parcelle du corps." [Friedrich Nietzsche]

    "Je suis corps tout entier et rien d'autre ; l'âme n'est qu'un mot désignant une parcelle du corps." [Friedrich Nietzsche]

    "Les attitudes, gestes et mouvements du corps humain sont risibles dans l'exacte mesure où ce corps nous fait penser à une simple mécanique." [Henri Bergson]

    "Le nu est la sincérité du corps : une honnêteté que tout le monde ne peut avoir." [Jacinto Benavente]

    "Nous habitons notre corps bien avant de le penser." [Albert Camus]

    "Le corps propre est dans le monde comme le coeur dans l'organisme : il maintient continuellement en vie le spectacle visible, il l'anime et le nourrit intérieurement, il forme avec lui un système."  [Maurice Merleau-Ponty] 

    "Qu’il s’agisse de mon corps ou du corps d’autrui, je n’ai pas d’autre manière de connaître le corps humain qu’en le vivant, ce qui signifie assumer la responsabilité du drame qui coule à travers moi et se confondre avec lui. Je suis donc mon corps, au moins dans toute la mesure où j’ai un acquis et réciproquement mon corps est comme un sujet naturel, comme une esquisse provisoire de mon être total." [Maurice Merleau-Ponty]

    "Ce que cache mon langage, mon corps le dit. Mon corps est un enfant entêté, mon langage est un adulte très civilisé…" [Roland Barthes]

    "Mais est-ce qu’il ne se pourrait pas que le langage ait d’autres effets que de mener les gens par le bout du nez à se reproduire encore, en corps à corps et en corps incarné." [Jacques Lacan]

    "Lorsqu'une femme ne vit pas suffisamment avec son corps, le corps finit par lui apparaître comme un ennemi." [Milan Kundera]

    "On ne possède même pas son propre corps." [Amélie Nothomb]

     

     

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""Il faut se méfier des ingénieurs, ça commence par la machine à coudre, ça finit par la bombe atomique." [Marcel Pagnol]