Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Musset : Souvenirs

Les voilà, ces coteaux, ces bruyères fleuries,
Et ces pas argentins sur le sable muet,
Ces sentiers amoureux, remplis de causeries,
Où son bras m'enlaçait.

Les voilà, ces sapins à la sombre verdure,
Cette gorge profonde aux nonchalants détours,
Ces sauvages amis, dont l'antique murmure
A bercé mes beaux jours.

Les voilà, ces buissons où toute ma jeunesse,
Comme un essaim d'oiseaux, chante au bruit de mes pas.
Lieux charmants, beau désert où passa ma maîtresse,
Ne m'attendiez-vous pas ?

Ah ! laissez-les couler, elles me sont bien chères,
Ces larmes que soulève un cœur encor blessé !
Ne les essuyez pas, laissez sur mes paupières
Ce voile du passé !

Alfred de Musset, Poésies nouvelles (1850)

Photo : Cottonbro - Pexels

Lien permanent Catégories : =>Saison. 13, Documents, Textes et livres, [92] "Peut-on se libérer de son passé ?" Imprimer 0 commentaire Pin it!

Écrire un commentaire

Optionnel

La distinction entre passé, présent et futur ne garde que la valeur d’une illusion, si tenace soit-elle." [Albert Einstein]