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  • Hugo : le poète est un guide

    hugo-justicier.jpg"Dieu le veut, dans les temps contraires,
    Chacun travaille et chacun sert.
    Malheur à qui dit à ses frères :
    Je retourne dans le désert !
    Malheur à qui prend ses sandales
    Quand les haines et les scandales
    Tourmentent le peuple agité !
    Honte au penseur qui se mutile
    Et s'en va, chanteur inutile,
    Par la porte de la cité !
    Le poète en des jours impies
    Vient préparer des jours meilleurs.
    ll est l'homme des utopies,
    Les pieds ici, les yeux ailleurs.
    C'est lui qui sur toutes les têtes,
    En tout temps, pareil aux prophètes,
    Dans sa main, où tout peut tenir,
    Doit, qu'on l'insulte ou qu'on le loue,
    Comme une torche qu'il secoue,
    Faire flamboyer l'avenir !"

    Victor HugoLes Rayons et les ombres (1840)

     

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  • Zola : J'accuse

    topelement.jpg"Mais cette lettre est longue, monsieur le Président, et il est temps de conclure.

    J’accuse le lieutenant-colonel du Paty de Clam d’avoir été l’ouvrier diabolique de l’erreur judiciaire, en inconscient, je veux le croire, et d’avoir ensuite défendu son œuvre néfaste, depuis trois ans, par les machinations les plus saugrenues et les plus coupables.

    J’accuse le général Mercier de s’être rendu complice, tout au moins par faiblesse d’esprit, d’une des plus grandes iniquités du siècle.

    J’accuse le général Billot d’avoir eu entre les mains les preuves certaines de l’innocence de Dreyfus et de les avoir étouffées, de s’être rendu coupable de ce crime de lèse-humanité et de lèse-justice, dans un but politique et pour sauver l’état-major compromis.

    J’accuse le général de Boisdeffre et le général Gonse de s’être rendus complices du même crime, l’un sans doute par passion cléricale, l’autre peut-être par cet esprit de corps qui fait des bureaux de la guerre l’arche sainte, inattaquable.

    J’accuse le général de Pellieux et le commandant Ravary d’avoir fait une enquête scélérate, j’entends par là une enquête de la plus monstrueuse partialité, dont nous avons, dans le rapport du second, un impérissable monument de naïve audace.

    J’accuse les trois experts en écritures, les sieurs Belhomme, Varinard et Couard, d’avoir fait des rapports mensongers et frauduleux, à moins qu’un examen médical ne les déclare atteints d’une maladie de la vue et du jugement.

    J’accuse les bureaux de la guerre d’avoir mené dans la presse, particulièrement dans L’Éclair et dans L’Écho de Paris, une campagne abominable, pour égarer l’opinion et couvrir leur faute.

    J’accuse enfin le premier conseil de guerre d’avoir violé le droit, en condamnant un accusé sur une pièce restée secrète, et j’accuse le second conseil de guerre d’avoir couvert cette illégalité, par ordre, en commettant à son tour le crime juridique d’acquitter sciemment un coupable.

    En portant ces accusations, je n’ignore pas que je me mets sous le coup des articles 30 et 31 de la loi sur la presse du 29 juillet 1881, qui punit les délits de diffamation. Et c’est volontairement que je m’expose.

    Quant aux gens que j’accuse, je ne les connais pas, je ne les ai jamais vus, je n’ai contre eux ni rancune ni haine. Ils ne sont pour moi que des entités, des esprits de malfaisance sociale. Et l’acte que j’accomplis ici n’est qu’un moyen révolutionnaire pour hâter l’explosion de la vérité et de la justice.

    Je n’ai qu’une passion, celle de la lumière, au nom de l’humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur. Ma protestation enflammée n’est que le cri de mon âme. Qu’on ose donc me traduire en cour d’assises et que l’enquête ait lieu au grand jour !

    J’attends."

    Emile Zola, J'accuse (13 janvier 1898)

     

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  • Merci aux participants de la séance du 27 mai 2016

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    Le vendredi 27 mai 2016, le café philosophique de Montargis se réunissait autour du sujet "L'ennui : vice ou vertu ?" Environ 40 personnes étaient présentes pour ce débat. Merci à tous pour votre participation. Bientôt, sur ce site, vous pourrez retrouver le compte-rendu de cette séance.

    Le café philo donne rendez-vous pour le 57e débat qui aura lieu le vendredi 24 juin 2016, à 19 heures. Le sujet proposé par les animateurs du café philo portera sur cette question : "Les mots sont-ils des armes?"

     

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  • Toutes nos affiches

    Saison 7

    "Les mots sont-ils des armes ?" (séance du 24 juin 2016)

    "L'ennui : vice ou vertu ?" (séance du 27 mai 2016)

    "Peut-on rire de tout ?" (séance du 1er avril 2016)

    "La femme est-elle un homme comme les autres ?" (séance du 26 février 2016)

    "L'Histoire se répète-t-elle ?" (séance du 29 janvier 2016)

    "La pauvreté est-elle le mal absolu ?" (séance du 4 décembre 2015)

    "Œil pour œil, dent pour dent?" (séance du 6 novembre 2015)

    "De quoi sommes-nous responsables ?" (séance du 2 octobre 2015)

    Saison 6

    "La philosophie a-t-elle une quelconque utilité ?" (séance du 19 juin 2015)

    "Est-il raisonnable de croire en Dieu ?" (séance du 22 mai 2015)

    "Suis-je ce que mon passé fait de moi ?" (séance du 17 avril 2015)

    "Autrui, antidote à ma solitude ?" (séance du 20 mars 2015)

    "Le langage trahit-il la pensée ?" (séance du 30 janvier 2015)

    "Autrui, antidote à la solitude ?" (séance du 13 mars 2015)

    "Doit-on tout faire pour être heureux ?" (séance du 12 décembre 2014)

    "Le monstre est-il parmi nous ?" (séance du 14 novembre 2014)

    "Existe-t-on quand personne ne nous regarde?" (séance du 26 septembre 2014)

    Saison 5

    "Avons-nous ce que nous méritons ?" (séance du 13 juin 2014)

    "Faut-il trouver un sens à chaque chose ?" (séance du 9 mai 2014)

    "Famille(s) je vous aime, famille(s) je vous hais" (séance du 28 mars 2014)

    "La raison a-t-elle à s'occuper de l'irrationnel ?" (séance du 14 février 2014)

    "L'utopie est-elle dénuée de toute valeur ?" (séance du 10 janvier 2014)  

    "Un bon artiste est-il le Surhomme ?" (séance du 29 novembre 2013), à l'AGART d'Amilly 

    "Qu'est-ce que l'amitié ?" (séance du 8 novembre 2013)  

    "Justice : surveiller, punir ou guérir ?" (séance du 27 septembre 2013) 

    Saison 4

    "Qu'est-ce qu'une vie réussie ?" (séance du 28 juin 2013) 

    "Manipulation dans le couple : pourquoi rester ? Comment partir ?" (séance du 7 juin 2013)

    "Puis-je faire ce que je veux de mon corps ?" (séance du 22 mars 2013)

    "Puis-je savoir qui je suis ?" (séance du 1er mars 2013)

    "Oser la gentillesse : est-ce encore possible ?" (séance du 1er février 2013)

    "Catastrophe ! La fin du monde ? La peur peut-elle être bonne conseillère ?" (séance du 21 février 2012)

    "Mémoire, mémoires..." (séance du 30 novembre 2012)

    "La vérité est-elle toujours bonne à dire ?" (séance du 19 octobre 2012)

    "Prendre son temps est-ce le perdre ?" (séance du 28 septembre 2012)

    Saison 3

    "Peut-on vraiment être en vacances ?" (séance du 6 juillet 2012)

    "Qu'est-ce qu'un bon Président ?" (séance du 20 avril 2012)

    "Peut-on être jeune et heureux ?" (séance du 30 mars 2012)

    "L'école sert-elle à enseigner ou à éduquer ?" (séance du 24 février 2012)

    "Vivre seul(e) ou mal accompagné(e)" (séance du 27 janvier 2012)

    "Les riches le méritent-ils ?" (séance du 9 décembre 2011) 

    "Mes passions sont-elles des entraves à ma liberté ?" (séance du 4 novembre 2011)

    "La vie n'est-elle qu'une suite de hasards ?" (séance du 30 septembre 2011)

    Saison 2

    "Qui dit "jeune" dit-il forcément "con"?" (séance du 22 juillet 2011)

    "Pensées sectaires : Où s'arrête ma liberté?" (séance du 24 juin 2011)

    "Le café philo passe le bac : Qu’attendons-nous pour être heureux ?" (séance du 27 mai 2011)

    "Parlons sérieux, parlons rire" (séance du 1er avril 2011)

    "L’art : à quoi ça sert ?"  (séance du 18 février 2011)

    "Indignez-vous (?)" (séance du 28 janvier 2011)

    "Le Père Noël est-il un imposteur ?"  (séance du 17 décembre 2010)

    "Engagement(s) ! - Philosophie de l’engagement et engagements du philosophe" (séance du 26 novembre 2010)

    "Cela a-t-il encore un sens de philosopher aujourd’hui ?" (séance du 29 octobre 2010)

    Saison 1

    "Faut-il brûler Freud ?" (séance du 3 juillet 2010)

    "Qu'attendons-nous pour être heureux ? (le café philo passe le bac)" (séance du 12 juin 2010)

    "L'éducation à la non-violence est-elle garante de la paix ?" (séance du 6 mars 2010)

    "Y a-t-il un humanisme aujourd'hui ?" (séance du 16 janvier 2010)

    "A-t-on le droit de mourir ?" (séance du 5 décembre 2009)

    "Religion = opium du peuple ?" (séance du 7 novembre 2009)

    "Autrui, obstacle à ma liberté ?" (séance du 3 octobre 2009)

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  • Schopenhauer : la vie oscille comme un pendule de la douleur a l'ennui

    arthur-schopenhauer.jpg"Cet effort qui constitue le centre, l'essence de chaque chose, c'est au fond le même, nous l'avons depuis longtemps reconnu, qui, en nous, manifesté avec la dernière clarté, à la lumière de la pleine conscience, prend le nom de volonté. Est-elle arrêtée par quelque obstacle dressé entre elle et son but du moment : voilà la souffrance. Si elle atteint ce but, c'est la satisfaction, le bien-être, le bonheur. Ces termes, nous pouvons les étendre aux êtres du monde sans intelligence ; ces derniers sont plus faibles, mais, quant à l'essentiel, identiques à nous. Or, nous ne pouvons les concevoir que dans un état de perpétuelle douleur, sans bonheur durable. Tout désir naît d'un manque, d'un état qui ne nous satisfait pas ; donc il est souffrance, tant qu'il n'est pas satisfait. Or, nulle satisfaction n'est de durée ; elle n'est que le point de départ d'un désir nouveau. Nous voyons le désir partout arrêté, partout en lutte, donc toujours à l'état de souffrance ; pas de terme dernier à l'effort ; donc pas de mesure, pas de terme à la souffrance.

    [...] Déjà, en considérant la nature brute, nous avons reconnu pour son essence intime l'effort, un effort continu, sans but, sans repos ; mais chez la bête et chez l'homme, la même vérité éclate bien plus évidemment. Vouloir, s'efforcer, voilà tout leur être ; c'est comme une soif inextinguible. Or tout vouloir a pour principe un besoin, un manque, donc une douleur ; c'est par nature, nécessairement, qu'ils doivent devenir la proie de la douleur. Mais que la volonté vienne à manquer d'objet, qu'une prompte satisfaction vienne à lui enlever tout motif de désirer, et les voilà tombés dans un vide épouvantable, dans l'ennui * ; leur nature, leur existence, leur pèse d'un poids intolérable. La vie donc oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui ; ce sont là les deux éléments dont elle est faite, en somme. De là ce fait bien significatif par son étrangeté même : les hommes ayant placé toutes les douleurs, toutes les souffrances dans l'enfer, pour remplir le ciel n'ont plus trouvé que l'ennui."

    Arthur Schopenhauer, Le Monde comme Volonté et comme Représentation (1819)

     

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  • Ennui : vice ou vertu ?

    Affiche Ennui vice ou vertu.png

    La prochaine séance du café philosophique de Montargis aura lieu le vendredi 27 mai 2016 à 19 heures, à la Brasserie du Centre commercial de la Chaussée.

    Le débat de cette séance sera intitulé : "L'ennui : vice ou vertu ?"

     

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  • Defoe : l'ennui de Robinson Crusoé

    Robinson_Crusoe_and_Man_Friday_Offterdinger.jpgLe 10. — Je commençais alors à regarder ma grotte ou ma voûte comme terminée, lorsque tout à coup — sans doute je l’avais faite trop vaste — une grande quantité de terre éboula du haut de l’un des côtés ; j’en fus, en un mot, très épouvanté, et non pas sans raison ; car, si je m’étais trouvé dessous, je n’aurais jamais eu besoin d’un fossoyeur. Pour réparer cet accident j’eus énormément de besogne ; il fallut emporter la terre qui s’était détachée ; et, ce qui était encore plus important, il fallut étançonner la voûte, afin que je pusse être bien sûr qu’il ne s’écroulerait plus rien.
    Le 11. — Conséquemment je travaillai à cela, et je plaçai deux étais ou poteaux posés à plomb sous le ciel de la grotte, avec deux morceaux de planche mis en croix sur chacun. Je terminai cet ouvrage le lendemain ; puis, ajoutant encore des étais garnis de couches, au bout d’une semaine environ j’eus mon plafond assuré ; et, comme ces poteaux étaient placés en rang, ils me servirent de cloisons pour distribuer mon logis.
    Le 17. — À partir de ce jour jusqu’au vingtième, je posai des tablettes et je fichai des clous sur les poteaux pour suspendre tout ce qui pouvait s’accrocher ; je commençai, dès lors, à avoir mon intérieur en assez bon ordre.
    Le 20. — Je portai tout mon bataclan dans ma grotte ; je me mis à meubler ma maison, et j’assemblai quelques bouts de planche en manière de dressoir, pour apprêter mes viandes dessus ; mais les planches commencèrent à devenir fort rares par-devers moi. Je me fabriquai aussi une autre table.
    Le 24. — Beaucoup de pluie toute la nuit et tout le jour ; je ne sortis pas.
    Le 25. — Pluie toute la journée.
    Le 26. — Point de pluie ; la terre était alors plus fraîche qu’auparavant et plus agréable.
    Le 27. — Je tuai un chevreau et j’en estropiai un autre qu’alors je pus attraper et amener en laisse à la maison. Dès que je fus arrivé je liai avec des éclisses l’une de ses jambes qui était cassée.
    Nota : J’en pris un tel soin, qu’il survécut, et que sa jambe redevint aussi forte que jamais ; et, comme je le soignai ainsi fort longtemps, il s’apprivoisa et paissait sur la pelouse, devant ma porte, sans chercher aucunement à s’enfuir. Ce fut la première fois que je conçus la pensée de nourrir des animaux privés, pour me fournir d’aliments quand toute ma poudre et tout mon plomb seraient consommés.
    Les 28, 29 et 30. — Grandes chaleurs et pas de brise ; si bien qu’il ne m’était possible de sortir que sur le soir pour chercher ma subsistance. Je passai ce temps à mettre tous mes effets en ordre dans mon habitation."

    Daniel Defoe, Robinson Crusoé (1719)

     

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  • Ils ont dit, au sujet de l'ennui

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    "De là cet ennui, ce mécontentement de soi, ce va-et-vient d’une âme qui ne se fixe nulle part, cette résignation triste et maussade à l’inaction… cette oisiveté mécontente." [Sénèque]

    "Mais le plaisir arrivé à son plus haut point s'évanouit; il ne tient pas une grande place, c'est pourquoi il la remplit vite; puis vient l'ennui, et après un premier élan le plaisir se flétrit." [Sénèque]

    "Celui qui connaît l'art de vivre avec soi-même ignore l'ennui." [Érasme]

    "Quand je m’y suis mis quelquefois à considérer les diverses agitations des hommes et les périls et les peines où ils s’exposent dans la Cour, dans la guerre, d’où naissent tant de querelles, de passions, d’entreprises hardies et souvent mauvaises, etc., j’ai dit souvent que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre." [Blaise Pascal]

    "Tout le malheur des hommes vient d’une chose, qui est de ne pas savoir demeurer au repos dans une chambre." [Blaise Pascal]

    "Le repos devient insupportable par l’ennui qu’il engendre. Il en faut sortir et mendier le tumulte." [Blaise Pascal]

    "Ennui. Rien n'est si insupportable à l'homme que d'être dans un plein repos, sans passions, sans affaires, sans divertissement, sans application. Il sent alors son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide." [Blaise Pascal]

    "Le bonheur abrège le temps, le plaisir lui donne des ailes, l'ennui le rend long." [La Rochefoucauld]

    "L'ennui est entré dans le monde par la paresse." [Jean de La Bruyère]

    "La philosophie nous met au-dessus des grandeurs, mais rien ne nous met au-dessus de l'ennui." [Madame de Maintenon]

    "L'ennui naquit un jour de l'uniformité." [Antoine Houdar de la Motte]

    "Aimer à lire, c'est faire un échange des heures d'ennui que l'on doit avoir en sa vie contre des heures délicieuses." [Montesquieu]

    "Le travail éloigne de nous trois grand maux : l'ennui, le vice et le besoin" [Voltaire]

    "La vie n'est que de l'ennui ou de la crème fouettée." [Voltaire]

    "Ah ! dignité, fille de l'orgueil et mère de l'ennui." [Jean-Jacques Rousseau]

    "L ‘oisiveté, en tant qu’oisiveté, est la mère de tous les maux, au contraire, c’est une vie vraiment divine lorqu’elle ne s’accompagne pas d’ennui." [Søren Kierkegaard]

    "L'ennui n'est pas le moindre de nos maux ; il met à la longue sur les figures une véritable expression de désespérance." [Arthur Schopenhauer]

    "N'importe ! Elle n'était pas heureuse, ne l'avait jamais été. D'où venait donc cette insuffisance de la vie, cette pourriture instantanée des choses où elle s'appuyait ?" [Gustave Flaubert]

    "Qui ne sait pas peupler sa solitude, ne sait pas non plus être seul dans une foule affairée." [Charles Baudelaire]

    "Les passions font moins de mal que l'ennui, car les passions tendent toujours à diminuer, tandis que l'ennui tend toujours à s'accroître." [Jules Barbey d’Aurevilly]

    "Chasser l'ennui à tout prix est vulgaire, comme de travailler sans plaisir." [Friedrich Nietzsche]

    "Celui qui ne dispose pas des deux tiers de sa journée pour lui-même est un esclave, qu’il soit d’ailleurs ce qu’il veut : politique, marchand, fonctionnaire, érudit." [Friedrich Nietzsche]

    "L’ennui fait le fond de la vie, c’est l’ennui qui a inventé les jeux, les distractions, les romans et l’amour." [Miguel de Unamuno]

    "Ce que certains appellent l'ennui n'est que de la lassitude; ou bien ce n'est qu'une sorte de malaise ; ou bien encore, il s'agit de fatigue. Mais l'ennui, s'il participe en effet de la fatigue, du malaise, de la lassitude, participe de tout cela comme l'eau participe de l'hydrogène et de l'oxygène dont elle se compose." [Fernando Pessoa]

    "La plupart de nos ennuis sont notre création originale." [Paul Valéry]

    "Il y a deux richesses ; celle qui laisse assis ennuie ; celle qui plait est celle qui veut des projets encore et des travaux, comme est pour le paysan un champ qu’il convoitait, et dont il est enfin le maître, car c’est la puissance qui plaît, non point au repos, mais la puissance en action. L’homme qui ne fait rien n’aime rien." [Alain]

    "Qui n’a point de ressources en lui-même, l’ennui le guette et bientôt le tient." [Alain]

    "C'est toujours par l'ennui et ses folies que l'ordre social est rompu." [Alain]

    "L'ennui est une sorte de jugement d'avance." [Alain]

    "J'ai compris alors qu'un homme qui n'aurait vécu qu'un seul jour pourrait sans peine vivre cent ans dans une prison. Il aurait assez de souvenirs pour ne pas s'ennuyer. Dans un sens, c'était un avantage." [Albert Camus]

    "Si l'on est d'accord pour considérer la vie avec ennui, alors seulement on peut se comporter comme de vieux amis." [Lao She]

    "L'ennui est un problème vital pour le moraliste , puisque sa crainte a causé au moins la moitié des péchés de l’Humanité." [Bertrand Russell]

    "L’idée que les pauvres puissent avoir des loisirs a toujours choqué les riches." [Bertrand Russell]

    "Je n’écris plus le livre. C’est fini, je ne peux plus écrire. Qu’est-ce que je vais faire de ma vie ? Rien. Exister." [Jean-Paul Sartre]

    "J'ai dit que je me suis toujours ennuyé; j'ajoute que c'est depuis un certain temps relativement récent que je suis arrivé à comprendre avec une clarté suffisante ce qu'est réellement l'ennui." [Alberto Moravia]

    "Le seul argument contre l'immortalité est l'ennui." [Emil Michel Cioran]

    "Avoir des ennuis désennuie" [Robert Sabatier]

    "Il y a trois catégories d'ennui: l'ennui passif (la jeune fille qui danse et baille); l'ennui actif (les amateurs de cerfs-volants); et l'ennui en révolte (la jeunesse qui brûle les voitures et cassent les vitrines)" [Milan Kundera]

    "L'ennui est lié à la réflexion, et toute réflexion tend à perdre de vue le monde. Les distractions perturbent la réflexion, mais cela reste un phénomène passager. Le travail se révèle souvent moins ennuyeux que les distractions." [Lars Fr. H. Svendsen]

    "Né de l'oisiveté comme le vice, l'ennuie donne souvent la main à son frère." [Joseph Sanial-Dubay]

     

    "Pour un monde de jouissances à gagner, nous n’avons à perdre que l’ennui." [Raoul Vaneigem]

    "Nous ne voulons pas d'un monde où la certitude de ne pas mourir de faim s'échange contre le risque de mourir d'ennui." [Raoul Vaneigem]

     

     

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  • Heidegger : le gênant dans l'ennui

    arton653.jpg"Au sens courant, l’ennui est gênant, désagréable et insupportable. Pour l’entente courante, toutes les choses de ce genre sont aussi de peu de valeur, elles sont indignes et à rejeter. Etre ennuyé est un signe qui dénote un caractère superficiel, de façade. Celui qui fixe à sa vie une vraie tâche et lui donne un contenu n’a pas à redouter l’ennui et est assuré devant lui. On peut néanmoins se demander ce qui l’emporte dans cette morale – l’assurance mensongère ou bien la banalité."

    Martin Heidegger, Les Concepts fondamentaux de la métaphysique. Monde – finitude – solitude (1983)

     

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  • L'ennui représente-t-il un danger ?

    untitled-article-1444730768-body-image-1444731244.jpgLe 16 août, trois ados américains tuaient un joggeur dans l’Oklahoma pour “tromper leur ennui”. Un fait divers inquiétant qui peut poser la question du danger de cet état d’âme, pourtant si familier.
    Le 20 août, trois adolescents américains étaient inculpés pour le meurtre d’un sportif originaire d’Australie, abattu par arme à feu alors qu’il faisait son footing dans la petite ville de Duncan (Oklahoma). Le fait divers, sinon banal du moins lointain, aurait pu ne jamais traverser les frontières américaines. C’était sans compter le motif du meurtre: aux policiers qui les ont interrogés à ce sujet, les ados ont affirmé avoir tué “par ennui”. Le 21 août, le mot “ennui” s’étalait dans toute la presse internationale, sans plus d’explications.

    Serait-il possible, comme ces ados l’affirment, de tuer par ennui ? Le meurtre ne serait-il, alors, qu’un divertissement, un moyen comme un autre de mettre un peu de piment dans un morne quotidien ?

    LA SUITE ICI...

     

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  • Schopenhauer : l'existence et l'ennui

    CPSzHhrWwAApSL5.jpg"Les hommes ayant placé toutes les douleurs, toutes les souffrances dans l'enfer, pour remplir le ciel, ils n'ont trouvé que l'ennui.

    ... L'activité de notre esprit n'est qu'un ennui que de moments en moments on chasse... Le besoin et la souffrance ne nous accordent pas plus tôt un répit, que l'ennui arrive; il faut à tout prix, quelque distraction. Ce qui fait l'occupation de tout être vivant, ce qui le tient en mouvement, c'est le désir de vivre. Eh bien, cette existence, une fois assurée, nous ne savons qu'en faire, ni à quoi l'employer! Alors intervient le second ressort qui nous met en mouvement, le désir de nous délivrer du fardeau de l'existence, de le rendre insensible, "tuer le temps", ce qui veut dire fuir l'ennui. Aussi voyons-nous la plupart des gens à l'abri du besoin et des soucis, une fois débarrassés de tous les autres fardeaux, finir par être à charge à eux-mêmes, se dire à chaque heure qui passe, autant de gagné! ... L'ennui, au reste, n'est pas un mal qu'on puisse négliger; à la longue il met sur les figures une véritable expression de désespérance. Il a assez de force pour amener les êtres, qui s'aiment aussi pu que les hommes entre eux, à se rechercher malgré tout; il est le principe de la sociabilité. On le traite comme une calamité publique; contre lui, les gouvernements prennent des mesures, créent des institutions officielles, car c'est avec son extrême opposé, la famine, le mal le plus capable de porter les aux déchaînements extrêmes panem et cicences! voilà ce qu'il faut au peuple. Le système pénitentiaire en vigueur à Philadelphie n'est que l'emploi de l'isolement et de l'inaction, bref de l'ennui, comme moyen de punition; or l'effet est assez effroyable pour décider les détenus au suicide. Comme le besoin pour le peuple, l'ennui est le tourment des classes supérieures. Il a dans la vie sociale sa représentation le dimanche; et le besoin, les six jours de la semaine".

    Arthur Schopenhauer, Le Monde comme Volonté et comme Représentation (1818)

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  • Venayre : ennui, un danger pour la jeunesse ?

    photo-another-world--2-ilya-rashap.jpg"Depuis que l’on imagine que la jeunesse peut être un danger pour la société, on se préoccupe des conséquences de l’ennui des jeunes, dès lors qu’ils sont en bande. D’ailleurs la “bande de jeunes” des années 1960-70 se caractérise souvent par son ennui. Mais dès la première moitié du XIXe siècle, des procès ont lieu contre des jeunes qui, en réunion, se sont livrés à telle ou telle turpitude (pouvant aller jusqu’au viol) : les “observateurs sociaux” de l’époque mettent, déjà, en cause l’ennui."

    Sylvain Venayre, L’Ennui: Histoire d’un état d’âme (2012)

     

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  • L'ennui, vice ou vertu ?

    hopper.hotel-room.jpgLe café philosophique de Montargis proposera sa prochaine séance le vendredi 27 mai 2016, à 19 heures, à la Brasserie du Centre commercial de La Chaussée. Le sujet de ce nouveau rendez-vous aura pour sujet : "L’ennui : vice ou vertu ?"

    Comment définir l’expérience de l’ennui, qu’il soit occasionnel ou existentiel ? Sénèque en parle comme d’un "mécontentement de soi et du va-et-vient d’une âme qui ne se fixe nulle part." L’ennui, cet "objet de haine", mérite d’être défini et débattu. Comment définir l’ennui ? L’ennui est-il à rechercher ou à fuir absolument ? Comment y échapper ? L’ennui peut-il avoir des vertus ?

    Voilà autant de questions qui seront abordées le vendredi 27 mai à partir de 19 heures à la brasserie du Centre Commercial de La Chaussée de Montargis pour un débat qui promet d’être tout sauf ennuyeux.

    La participation sera libre et gratuite.

     

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