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  • "Vipère au poing"

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  • Bazin : Vipère au poing

    81ivxUw1LIL._AC_UF1000,1000_QL80_.jpgCette vipère, ma vipère, dûment étranglée, mais partout renaissante, je la brandis encore et je la brandirai toujours, quelque soit le nom qu'il te plaise de lui donner : haine, politique du pire, désespoir ou goût du malheur !
    Cette vipère, ta vipère, je la brandis, je la secoue, je m'avance dans la vie avec ce trophée, effarouchant mon public, faisant le vide autour de moi.

    Merci ma mère ! Je suis celui qui marche, une vipère au poing.

    Hervé Bazin, Vipère au poing (1948)

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  • Prochaine séance le vendredi 30 octobre 2026

    La prochaine séance du Café philosophique de Montargis aura lieu le vendredi 30 septembre à la Médiathèque de l'Agglomération Montargoise, à Montargis.

    Le débat portera sur cette question : "L’ennemi a-t-il le droit à notre empathie ?"

    A bientôt

    Photo : Pexels - Cottonbro

    Affiche

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  • Merci aux participants de la séance du vendredi 25 septembre 2026

    Une trentaine de personnes étaient présentes à la séance du 25 septembre qui avait pour sujet : "Expliquer est-ce justifier ?"

    Merci à toutes et à tous de votre participation hier soir à la Médiathèque de l'AME. Et un grand merci en particulier à la Médiathèque de l'AME.

    Rendez-vous le vendredi 30 octobre à la Médiathèque de l'Agorame pour répondre à la question "L’ennemi a-t-il le droit à notre empathie ?"

    Photo : Pexels

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  • Expliquer est-ce justifier ?

    Le Café philosophique de Montargis proposera son prochain rendez-vous le vendredi 5 septembre à la Médiathèque de Montargis, à 19 heures. Le sujet de la soirée portera sur cette question : "Expliquer est-ce justifier ?"

    Voilà un sujet qui touche autant la science que l’éthique. Mais qu’entend-on par expliquer ? Et par justifier ? Ces notions sont-elles complémentaires ou opposées ? Une explication peut-elle, à elle seule, servir de justification ?Quels sont les risques de confondre explication et justification ? La science, qui a pour but d’expliquer, est-elle toujours neutre ? Et doit-elle l’être ?

    Ce sont autant de questions qui pourrons être débattues lors de la prochaine séance du Café philosophique de Montargis. Rendez-vous à l’Atrium de la Médiathèque de Montargis pour ce débat le vendredi 25 septembre 2026 à 19 heures.

    La participation sera libre et gratuite.  

    Photo : Pexels

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  • Beckett : "En attendant Godot"

    Sur une route de campagne, deux vagabonds attendent un certain Godot, qui n'arrive pas.

    ESTRAGON1. – Qu'est‑ce que tu as ?

    VLADIMIR. – Je n'ai rien.

    ESTRAGON. – Moi je m'en vais.

    VLADIMIR. – Moi aussi.
    Silence.

    ESTRAGON. – Il y avait longtemps que je dormais ?

    VLADIMIR. – Je ne sais pas.
    Silence.

    ESTRAGON. – Où irons‑nous ?

    VLADIMIR. – Pas loin.

    ESTRAGON. – Si si, allons‑nous‑en loin d'ici !

    VLADIMIR. – On ne peut pas.

    ESTRAGON. – Pourquoi ?

    VLADIMIR. – Il faut revenir demain.

    ESTRAGON. – Pour quoi faire ?

    VLADIMIR. – Attendre Godot.

    ESTRAGON. – C'est vrai. (Un temps.) Il n'est pas venu ?

    VLADIMIR. – Non.

    ESTRAGON. – Et maintenant il est trop tard.

    VLADIMIR. – Oui, c'est la nuit.

    ESTRAGON. – Et si on le laissait tomber ? (Un temps.) Si on le laissait tomber ?

    VLADIMIR. – Il nous punirait. (Silence. Il regarde l'arbre.) Seul l'arbre vit.

    ESTRAGON (regardant l'arbre). – Qu'est‑ce que c'est ?

    VLADIMIR. – C'est l'arbre.

    ESTRAGON. – Non, mais quel genre ?

    VLADIMIR. – Je ne sais pas. Un saule.

    ESTRAGON. – Viens voir. (Il entraîne Vladimir vers l'arbre. Ils s'immobilisent devant. Silence.) Et si on se pendait ?

    VLADIMIR. – Avec quoi ?

    ESTRAGON. – Tu n'as pas un bout de corde ?

    VLADIMIR. – Non.

    ESTRAGON. – Alors on ne peut pas.

    VLADIMIR. – Allons‑nous‑en.

    ESTRAGON. – Attends, il y a ma ceinture.

    VLADIMIR. – C'est trop court.

    ESTRAGON. – Tu tireras sur mes jambes.

    VLADIMIR. – Et qui tirera sur les miennes ?

    ESTRAGON. – C'est vrai.

    Samuel Beckett, En attendant Godot (1952)

    Photo : Pexels - Mario Spencer

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  • "La responsabilité pour autrui"

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  • "Pourquoi j'ai arrêté de me justifier"

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  • Porphyre : Peuvent-ils souffrir ?

    "Mettre sur le même pied plantes et animaux, voilà qui est tout à fait forcé. La nature des uns en effet est de sentir, de souffrir, de craindre, de subir un dommage et donc aussi l’injustice. Les autres n’ont aucune sensation et donc rien qui leur soit inapproprié ou mauvais, un dommage ou une injustice.

    Porphyre, De l'abstinence (IIIe s.)

    Photo : Pexels - Sonic

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  • "L'injustifiable et l'extrême par Alain Renaut"

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  • Leichter-Flack, Quand on ne peut pas sauver tout le monde

    51n9pHo+GZL._SX195_.jpgAinsi les différents usages argumentatifs du tri entre les vies , de la sélection , de la pénurie ou du rationnement , exploités dans leur dimension émotionnelle, doivent-ils être interrogés , examinés, maîtrisés de manière critique y compris dans un spectre large incluant les fictions grand public constitutives de tout un imaginaire contemporain.

    Frédérique Leichter-Flack, Qui vivra, qui mourra ? Quand on ne peut pas sauver tout le monde (2015)

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  • Mill : L'explication et la notion de justice

    Les Grecs et les Romains, qui savaient que leurs lois avaient été faites à l'origine, et continuaient encore à être faites, par des hommes, ne craignaient pas d'admettre que ces hommes pouvaient faire de mauvaises lois, et accomplir, sous le couvert d'une loi (...) les actes mêmes qui seraient qualifiés d'injustes, s'il s'agissait d'actes individuels accomplis sans protection légale...

    Et ainsi, le sentiment de l'injustice en vint à s'attacher, non plus à la violation de toutes les lois, mais seulement à la violation de celles qui doivent exister, en y comprenant celles qui devraient exister, mais n'existent pas ; et tout aussi bien aux lois elles-mêmes, lorsqu'on les juge contraires à ce que devrait être la loi. C'est ainsi que la notion de loi et de ses prescriptions resta prédominante dans l'idée de justice, alors même que les lois effectivement en vigueur cessaient d'être acceptées comme règles de justice.

    Il est vrai que l'humanité considère l'idée de justice et les obligations qui s'y rattachent comme devant s'appliquer à bien des choses qui ne sont pas réglées et qu'on ne désire pas voir réglées par la loi... Mais, même dans ce cas, l'idée d'une infraction à ce qui devrait être la loi subsiste encore sous une forme atténuée. Il nous serait toujours agréable et notre sentiment des convenances trouverait bon que les actes que nous estimons injustes fussent punis... Nous serions heureux de voir la conduite juste imposée par contrainte, et l'injustice réprimée, jusque dans leurs plus petits détails, si nous n'étions pas effrayés, et à juste titre, par la pensée de conférer au magistrat un pouvoir aussi illimité sur les individus. Quand nous pensons qu'une personne est tenue, en bonne justice, de faire une chose, nous disons – c'est une façon courante de parler – qu'on devrait la forcer à la faire. Il nous serait agréable de voir l'acte obligatoire (the obligation) imposé par quelqu'un qui en aurait le pouvoir... Nous considérons comme un mal l'impunité accordée à l'injustice et nous nous efforçons de réparer ce mal en donnant une forme énergique à notre blâme... Ainsi c'est toujours l'idée de contrainte légale qui est à l'origine de la notion de justice."

    John Stuart Mill, L'Utilitarisme (1861)

    Photo : Pexels - Polina Tankilevitch

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  • D'Holbach : Expliquer les actions des hommes

    Pour fixer nos idées sur les actions des hommes, il est utile de les définir avec précision. Cela posé, le vol est toute action qui prive un homme injustement et contre son gré de ce qu'il a droit de posséder : c'est une violation de la propriété que toute société s'engage à conserver à chacun de ses membres. Nulle loi ne peut autoriser des actions contraires au but de la société. Ainsi tout homme juste ne se prêtera jamais à des opinions introduites par la tyrannie, et contredites hautement par l'équité naturelle ; celle-ci défend à tous les hommes de s'emparer du bien des autres, et fait un crime du vol sous quelque nom qu'on cherche à le couvrir. Elle montre que les conquêtes sont des vols de royaumes et de provinces, et que les guerres injustes sont des assassinats. Elle montre que les impôts qui n'ont pas pour objet l'utilité publique, sont des vols avérés ; que les profits illicites, les émoluments injustes, le refus de payer ses dettes, les extorsions, les rapines et les concussions du despotisme sont des vols aussi criminels que ceux qui se font sur les grands chemins. Les voleurs ordinaires peuvent du moins rejeter leurs crimes sur la misère, sur le besoin, sur la nécessité qui ne connaît point de loi ; au lieu que les tyrans et leurs suppôts ne volent souvent que pour acquérir du superflu, dont ils ne font qu'un usage évidemment contraire au bonheur, et de la société particulière, et de tout le genre humain.

    Lorsque les nations sont corrompues, elles s'apprivoisent aisément avec les actions les plus criminelles. D'ailleurs, le nombre et le rang des coupables semblent ennoblir la conduite la plus déshonorante ; et la négligence des législateurs paraît en quelque sorte l'absoudre. Un grand qui emprunte de tous côtés ; un prodigue qui, après avoir follement dissipé sa fortune, ruine ses créanciers ; un commerçant qui, abusant de la confiance qu'on lui montre, dérange, par son inconduite ou ses entreprises hasardeuses, ses affaires propres, et fait banqueroute aux autres, ne sont le plus souvent, ni punis, ni déshonorés ; ils se montrent effrontément dans le monde, et quelquefois même y font trophée de leurs escroqueries. Mais aux yeux de l'homme juste, ces différents personnages ne sont que d'infâmes voleurs que les lois devraient punir, ou du moins qu'à leur défaut la bonne compagnie devrait exclure sans pitié. Si ceux qui vivent aux dépens des autres sont des voleurs, les adhérents et les parasites du prodigue ou du fripon endetté sont de vrais receleurs.

    La morale nous fait porter un même jugement de tous ces vendeurs de mauvaise foi, qui, sans pudeur et sans remords, profitent de la simplicité, du peu de connaissance ou du besoin des autres pour les tromper indignement.

    Bien des marchands se persuadent que leur profession les met en droit de saisir toutes les occasions de gagner ; que tout gain est légitime ; et ceux mêmes qui en tout autre chose craindraient de violer les règles de la probité la plus sévère et de blesser leur conscience, n'ont plus ni probité ni conscience dès qu'il s'agit de leur métier. Bien plus il est des hommes assez pervers pour se vanter ouvertement de l'abus honteux qu'ils ont fait de la crédulité des autres. L'ignorance trop commune où vit le peuple des grands principes de la justice, fait que, surtout dans les grandes villes, presque tous les petits marchands sont voleurs et fripons. Ce n'est que chez les commerçants d'un ordre plus relevé qu'on trouve de l'honneur et de la bonne foi ; sentiments que la bonne éducation peut seule inspirer.

    L'indigence, la paresse, le vice poussent communément au crime. Les hommes qui jouissent du nécessaire, ou qui l'obtiennent par leur travail, qui n'ont point de vices à satisfaire, ne sont guère tentés de voler ni de troubler la société. Les vices font commettre des crimes, pour contenter des vices dont on a contracté la malheureuse habitude. L'homme du peuple, dès qu'il est sans rien faire, devient nécessairement vicieux et se livre à toutes sortes de crimes pour assouvir ses nouveaux besoins. L'homme opulent et puissant est communément rempli de vices et de besoins, parce qu'il est désœuvré ; la fortune la plus ample suffisant à peine pour rassasier sa cupidité, il se croit forcé de recourir au crime, dans l'espoir frivole de se rendre plus heureux.

    L'injustice peut se définir, en général, une disposition à violer les droits des autres en faveur de notre intérêt personnel. La tyrannie est l'injustice exercée contre toute la société par ceux qui la gouvernent. Toute autorité légitime n'étant fondée que sur les avantages que l'on procure à ceux sur qui elle est exercée, cette autorité devient une tyrannie dès qu'on en abuse contre eux ; elle n'est alors qu'une usurpation odieuse. Comme ce n'est qu'en vue de jouir des avantages de la justice que les hommes vivent en société, on voit très clairement que l'injustice anéantit le pacte social, et que pour lors la société ne rassemble plus que des ennemis toujours prêts à se nuire, des oppresseurs et des opprimés.

    L'injustice relâche et dissout les liens de la société conjugale ; un mari, devenu tyran, n'est pas en droit d'attendre de sa femme des sentiments d'amour ; un père injuste ne trouve que des ennemis dans ses propres enfants ; un maître injuste se doit pas compter sur l'attachement de ses serviteurs ; tout homme injuste semble, par sa conduite, annoncer à ceux qui ont des rapports avec lui, qu'il renonce à leur affection, qu'il consent à leur haine, qu'il n'a besoin de personne, qu'il ne songe qu'à lui. En un mot la justice est le soutien du monde, et l'injustice est la source de toutes les calamités dont il est affligé.

    Paul-Henry Thiry D'Holbach, La Morale Universelle, ou Les devoirs de l'homme fondés sur la Nature (1776)

    Photo : Pexels - Cedric Eriale

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  • Aristote : L'injustice

    61+2Wpbqd8L._AC_UF1000,1000_QL80_.jpgL'injustice acquiert un surcroît de gravité quand elle s'adresse davantage à des amis : par exemple, il est plus choquant de dépouiller de son argent un camarade qu'un concitoyen, plus choquant de refuser son assistance à un frère qu'à un étranger, plus choquant enfin de frapper son père qu'une autre personne quelconque. La nature veut, en effet, que l'obligation d'être juste croisse avec l'amitié, puisque justice et amitié ont des caractères communs et une égale extension

    Aristote, Éthique à Nicomaque (IVe s. av. JC)

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  • Rastier : Justifier l'injustifiable

    Publié en décembre 2013 sous la responsabilité d'une équipe prestigieuse, le Dictionnaire Heidegger affirmait qu'il n'y a pas trace d'antisémitisme dans son œuvre. Dès la publication des Cahiers noirs, le déni a changé de portée : rien de nouveau sous le soleil, on vous l'avait toujours dit. Nancy déclare : « Nul depuis cinquante ans ne pouvait douter que Heidegger ait partagé l'antisémitisme dominant l'Europe des années 1930, même si on ne trouvait dans ses textes aucune déclaration de cette nature. À cet égard nous n'apprenons rien dans les Carnets noirs. » Ainsi, en quelques mois, les heideggériens français semblent-ils parvenus à réécrire l'histoire de leurs propres dénis, en oubliant leur indignation chorale contre l'ouvrage d'Emmanuel Faye, dont témoigne notamment le recueil au titre ambigu Heidegger à plus forte raison.

    À la différence de penseurs comme Krieck ou Baümler qui ne sont plus guère connus que des historiens de la pensée nazie, Heidegger est un auteur d'aujourd'hui car il a su assurer son emprise et sa survie : chacune des nouvelles parutions fait événement à l'échelon international – et un Cercle international Martin Heidegger vient même d'être lancé en juillet 2015 par Trawny et Di Cesare.

    Or la réception des Cahiers noirs n'est pas moins inquiétante que leur contenu et c'est bien au présent que nous allons l'évoquer. Depuis leur parution, des apologistes se radicalisent, tant dans le déni que dans l'affirmation, soit en continuant de séparer le philosophe et le nazi (Badiou), soit en félicitant Heidegger pour le courage de son engagement politique (Vattimo) ; soit enfin, comme Trawny en intégrant l'antisémitisme à la philosophie, en s'appuyant bien entendu sur des auteurs juifs…

    François Rastier, Comment justifier l'injustifiable (2020)
    https://shs.cairn.info/naufrage-d-un-prophete--9782130729709-page-119?lang=fr

    Photo : Pexels

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