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  • Berlanda : Naija

    Naija, c’est le Nigeria, un pays vers lequel nous mène Thierry Berlanda, dans son thriller du même nom.

    Mais auparavant, c'est en France que débute Naija, avec comme point de départ une enquête policière à la facture faussement classique, et menée par un duo improbable.

    Jacques Salmon et Justine Barcella sont deux agents de la cellule ultra-secrète Titan. Lui est un vieux briscard rompu aux missions de barbouzes. Elle est une redoutable militaire cachant derrière son physique de mannequin une détermination à toute épreuve et une passion pour l'action.

    Lorsque ces deux là se rencontrent et font équipe, c’est pour se lancer dans un dossier épineux et particulièrement sensible. Le président d’une multinationale spécialisée dans l’agroalimentaire a été retrouvé sauvagement agressé puis jeté dans une bétaillère au milieu d'animaux. Nos agents très spéciaux sont chargés de dénouer ce qui s'apparente à une agression spectaculaire destinée à faire un exemple aux yeux du monde. Qui en est l'instigateur ? Que cache cet homme d'entreprise ? Qui tire les ficelles ? Salmon et Justine suivent la piste de trois mystérieuses femmes noires. L'enquête mène les deux limiers jusqu'à Marseille, avant que leur attention ne se porte sur le Nigeria. La résolution de cette affaire pourrait venir d'Histal, une multinationale prospère et tentaculaire, et de ses responsables, dont l'intrigant Seymour Silverstone.

    Dire que le roman de Thierry Berlanda réserve son lot de surprise est un euphémisme. Véritable page-turner, de fausses pistes en rebondissements, Naija se joue du lecteur en faussant la grille de lecture d'un thriller diablement malin et comme en perpétuelle mutation.

    Dès le début du roman, Thierry Berlanda nous place en terrain familier : une enquête, un crime sordide, un duo d'enquêteurs opposés, cyniques et pugnaces, un journaliste curieux et des secrets inavouables. Les premiers chapitres de Naija s'inscrivent dans la droite lignée du polar français "chabrolien" : notables et industriels englués dans une affaire qui les dépassent, petites frappes ou d'escrocs sans foi ni loi et dialogues incisifs à la Michel Audiard.

    Bientôt, à l'image des agents de Titan, le lecteur voit l'enquête suivre une piste inattendue. Déracinée de France, c'est au Nigeria que l'affaire va se jouer. Naija qui s'annonçait comme un polar à la Fred Vargas, prend une l'ampleur inattendue. Cette fois, il n'est plus seulement question de coups tordus, de secrets de petits-bourgeois ou de malfrats maîtres-chanteurs mais de crimes organisés à l'échelle planétaire et de manipulations scientifiques ahurissantes. Salmon et Justine pénètrent dans un univers inédit, au risque d'y laisser leur peau, et sans doute plus encore.

    Le lecteur est happé par ce thriller aux dimensions atypiques. Thierry Berlanda s'offre le luxe de passer, dans la deuxième partie de son ouvrage, du roman noir traditionnel au livre d'espionnage à la James Bond, avec son lot de criminels et de génies du mal. Comment ne pas voir dans la redoutable île Banana Island le fameux domaine du Dr No, avec Jacques Salmon en James Bond dans une situation désespérée et Justine en Ursulla Andress – en moins écervelée et plus cabotine ?

    Polar, puis roman d'espionnage, Naija mue de nouveau en livre d'anticipation, sur fond de manipulations génétiques et de nanotechnologies. L'Île du Docteur Moreau est comme transposée sur le continent africain, dans un pays chaud, contrasté et étouffant où les technologies les plus avant-gardistes et le capitalisme le plus débridé côtoient la misère la plus sordide. L'auteur a depuis plusieurs pages abandonné ses dialogues imagés à la Audiard pour une écriture à l'américaine, nerveuse et efficace, au service d'un message alarmant.

    Finalement, c'est en philosophe que Thierry Berlanda dresse le tableau d'une humanité cynique menacée par des sciences débarrassées de toute éthique. Un danger immense et terrifiant nous menace, nous prévient en substance l'écrivain qui conclue Naija sur le sol européen. Le dénouement de ce roman aux multiples mutations permet à l'auteur, dans les dernières pages, de prendre une nouvelle fois le lecteur à contre-pied, qui aura été manipulé jusqu'au bout par ce thriller mené tambour battant.

    Thierry Berlanda, Naija, éd. du Rocher, 431 p., 2017
    "Naija ou mutations en chaîne", Bla Bla Blog

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  • Guillaume Martin : "Mon directeur sportif est un philosophe grec"

    Dans sa chronique pour « Le Monde », le coureur, qui dispute le Tour de France, fait sienne la devise d’Epitecte : "Supporte et abstiens-toi."

    Déjà plus de deux semaines de course. J’avoue me sentir de plus en plus héros stoïcien au fil des jours. « Supporte et abstiens-toi », telle est actuellement ma devise, que je reprends au philosophe antique Epictète.

    Ce dernier est pour moi comme un directeur sportif : « Allez, mon petit, c’est dans la tête. La souffrance n’est rien. Il faut l’oublier, tout peut s’oublier (et s’oublie déjà). Je te rappelle que le vélo est un sport d’endurance : face à la douleur et à la fatigue, baisse la tête et fais le dos rond. T’auras l’air d’un coureur… »

    A mesure que le Tour avance et que la souffrance s’accroît, les envies et les tentations sont également de plus en plus présentes. Envie de farniente, de s’extraire de tout ce battage médiatique. Envie de retrouver ses proches. Envie de boire une bonne pinte (et plus si affinités). Envie de manger trop gras, trop salé, trop sucré… Envie de toutes ces choses frappées d’anathèmes depuis maintenant plusieurs mois.

    La suite ici, dans Le Monde

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  • Liu Cixin : Le problème à trois corps

    "C'était Pan Han, l'un des membres les plus célèbres de la Société des frontières de la science. Biologiste de formation, il avait prédit avec succès les malformations génétiques que causerait sur le long terme la consommation de produits agricoles génétiquement modifiés. De même, il avait anticipé les catastrophes écologiques que provoqueraient les cultures d'OGM. Les prédictions de Pan Han étaient autrement plus concrètes et détaillées que les prophéties abstraites dont les oracles de la science abreuvaient d'ordinaire les médias. Toutes ses prévisions s'étaient effectivement réalisées. Leur taux d'exactitude était d'ailleurs tel qu'une légende le disant venu du futur était née. Il devait aussi sa réputation au fait d'avoir fondé la première communauté expérimentale en Chine. Contrairement aux tentatives de ces groupes occidentaux utopistes qui ne juraient que par "le retour à la nature", la communauté appelée "Chine pastorale" n'était pas basée en pleine nature, mais au milieu de la plus grande ville du pays. La communauté ne possédait rien. Même les aliments qu'elle consommait provenaient des déchets de la ville. Contrairement à ce que les gens avaient pronostiqué, non seulement la "Chine pastorale" avait survécu, mais la communauté s'était rapidement élargie. Ses membres actifs dépassaient aujourd'hui les trois mille personnes, tandis que le nombre de ceux qui y restaient un temps plus court pour expérimenter ce nouveau mode de vie était incalculable. Forts de ces succès, les idéaux sociaux de Pan Han ne cessèrent de gagner du terrain. Il considérait que la révolution technologique était une maladie des sociétés humaines. Il comparait la prolifération des technologies à une propagation rapide de cellules cancéreuses causant l'extinction de tout nutriment organique, la destruction des organes, et en définitive la mort des organismes hôtes. Il plaidait pour l'élimination des énergies dites "agressives" comme l'exploitation des combustibles fossiles et l'énergie nucléaire, qui devaient selon lui être remplacées par des énergies "douces" comme le solaire ou la petite hydroélectricité. Il se prononçait en faveur de la dissolution progressive des villes et pour une répartition des populations dans des villages afin de favoriser l'autosuffisance, avec comme fondement l'utilisation de technologies douces, le tout dans le but d'établir un nouveau type de société agraire."

    Liu CixinLe Problème à trois Corps (2006)

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  • Thierry Berlanda : Parlons philo

    En attendant la séance du vendredi 22 septembre, avec Thierry Berlanda

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  • "Les sciences vont-elles trop loin ?"

    Affiche sciences et éthiques.png

    Le café philosophique de Montargis proposera sa prochaine séance le vendredi 22 septembre 2017 à la Brasserie du Centre commercial de la Chaussée.

    Il s'agira de la première séance de la saison 9.

    Le débat de cette séance sera intitulé : "Les sciences vont-elles trop loin ?"

    Il s'agira d'une séance exceptionnelle, puisque nous recevront et débattront avec le philosophe et écrivain Thierry Berlanda, à l'occasion de la sortie récente de son roman Naija (éd. du Rocher).

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  • Cycliste du tour de France et philosophe

    À quelques jours du Tour de France, Libération publie le portrait d’un coureur atypique de la Grande Boucle. Guillaume Martin, grimpeur normand de 24 ans de l’équipe belge Wanty-Groupe Gobert, peut en effet au mieux incarner l’image du "sportif intello", lui qui a signé il y a trois ans un mémoire de Master 2 en philosophie au sujet détonnant : Le sport moderne : une mise en application de la philosophie nietzschéenne ? Le journaliste Pierre Carrey consacre deux pages à ce sportif de haut niveau peu connu du grand public et qui semble incarner l’idéal du mens sana in corpore sano.

    L’ancien étudiant en philosophie à Nanterre, aujourd’hui coureur professionnel aux résultats encourageants (18e du dernier Dauphiné Libéré), fait bien mieux qu’endosser le rôle d’"intello du peloton" – un cliché utilisé il y a quelques décennies au sujet de Laurent Fignon, sous prétexte que le double vainqueur du Tour était titulaire d’un bac, aimait lire et… portait des lunettes. Guillaume Martin assume et revendique sa passion pour la philosophie : il cite Nietzsche, son auteur fétiche, pour parler du sport moderne, et en premier lieu du cyclisme professionnel. Comme le rapporte Pierre Carrey, au début du XXe siècle le sport est venu remplacer la religion après cette "mort de Dieu" proclamée par le "philosophe au marteau". Guillaume Martin considère que "La pensée de Nietzsche offre une nouvelle relation au corps et au sport, différente de l’héritage judéo-chrétien."

    Voilà donc l'auteur d'Ainsi parlait Zarathoustra convoqué pour permettre au sport de retrouver des "fondamentaux" sportifs, bien loin des travers connus des compétitions modernes (professionnalisation, dopage, financiarisation, nationalisme et comportements haineux du supporter). Le sport doit retrouver son essence profonde – et nietzschéenne : plaisir de la confrontation pacifique, désir d’affirmation de soi, dépassement de soi pour devenir un Surhomme (et non pas une "mutant" dopé aux produits de synthèse) : "Il nous a semblé que la philosophie de Nietzsche pouvait permettre de penser le sport de manière plus authentique que ne le permet la morale qui le gouverne de nos jours".

    Féru de philosophie, de savoirs et de culture autant que passionné par son sport, Guillaume Martin n’oublie pas de prévoir pour les trois semaines de la Grande Boucle de s’alimenter en livres, que le journaliste énumère : Informatique céleste de Mark Alizart, 2000 ans d’Histoire gourmande Patrice Gélinet, un récit de voyage dans les Rocheuses au début du XIXe siècle et Les Affinités électives de Goethe.

    Singulièrement, aucun ouvrage philosophique n’accompagnera les soirées du cycliste philosophe durant le Tour de France. Philosophe et écrivain car, pour brouiller encore plus les pistes, le sportif se fait aussi homme de lettres et dramaturge. Il vient d’écrire une pièce de théâtre, Platon VS Platoche, bien entendu sur son sujet de prédilection, avec en guest-star Socrate et Diogène.

    Pas de quoi cependant désarçonner ce sportif talentueux, à quelques jours du début du Tour. Guillaume Martin entend bien mettre entre parenthèses pendant quelques jours la chose philosophique contre guidons, plateaux ou dérailleurs. Cycliste perché ? Le grimpeur de la Wanty-Groupe Gobert a ce mot plein d’esprit : "Moi, nietzschéen ? N’est-ce pas contre-nietzschéen que de se dire nietzschéen ?"

    Pierre Carrey, "Guillaume Martin, le Nietzsche dans le Guidon", Libération, 27 juin 2017
    "Le philosophe aux plateaux", Bla Bla Blog

     

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  • La saison 8 s'achève

    Le café philosophique de Montargis vient de s'achever avec la 7e séance de cette saison, le 23 juin dernier ("Pouvons-nous nous passer du progrès ?").

    L'équipe du café philo prépare déjà la prochaine saison, avec des séances qui s'annoncent déjà passionnantes : nous vous concocterons des séances inédites dans de nouveaux cadres...

    En attendant, l'équipe du café philo prend des vacances bien méritées. Pour autant, le site du café philo continuera à fonctionner tout l'été, avec des informations publiées, le compte-rendu du dernier café philo et des focus. 

    La prochaine séance aura lieu le vendredi 22 septembre prochain et aura pour thème les sciences et l'éthique. Le débat de cette séance se fera avec le philosophe et écrivain Thierry Berlanda, auteur de Naija (éd. du Rocher).

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