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  • PLATON : L'INJUSTICE

    15270271-platon-le-celebre-philosophe-grec-classique-buste-conserve-dans-le-musee-du-louvre-par-auteur-non-id.jpg"Pour prouver que l’on ne pratique la justice que malgré soi et par impuissance de commettre l’injustice, nous ne saurions mieux faire qu’en imaginant le cas que voici. Donnons à l’homme de bien et au méchant un égal pouvoir de faire ce qui leur plaira ; suivons-les ensuite et regardons où la passion va les conduire : nous surprendrons l’homme de bien s’engageant dans la même route que le méchant, entraîné par le désir d’avoir sans cesse davantage, désir que toute nature poursuit comme un bien, mais que la loi ramène de force au respect de l’égalité. Le meilleur moyen de leur donner le pouvoir dont je parle, c’est de leur prêter le privilège qu’eut autrefois, dit-on, Gygès, l’aïeul du Lydien. Gygès était un berger au service du roi qui régnait alors en Lydie. À la suite d’un grand orage et d’un tremblement de terre, le sol s’était fendu, et une ouverture béante s’était formée à l’endroit où il paissait son troupeau. Étonné à cette vue, il descendit dans ce trou, et l’on raconte qu’entre autres merveilles il aperçut un cheval d’airain, creux, percé de petites portes, à travers lesquelles ayant passé la tête il vit dans l’intérieur un homme qui était mort, selon toute apparence, et dont la taille dépassait la taille humaine. Ce mort était nu ; il avait seulement un anneau d’or à la main. Gygès le prit et sortit. Or les bergers s’étant réunis à leur ordinaire pour faire au roi leur rapport mensuel sur l’état des troupeaux, Gygès vint à l’assemblée, portant au doigt son anneau. Ayant pris place parmi les bergers, il tourna par hasard le chaton de sa bague par-devers lui en dedans de sa main, et aussitôt il devint invisible à ses voisins, et l’on parla de lui, comme s’il était parti, ce qui le remplit d’étonnement. En maniant de nouveau sa bague, il tourna le chaton en dehors et aussitôt il redevint visible. Frappé de ces effets, il refit l’expérience pour voir si l’anneau avait bien ce pouvoir, et il constata qu’en tournant le chaton à l’intérieur il devenait invisible ; à l’extérieur, visible. Sûr de son fait, il se fit mettre au nombre des bergers qu’on députait au roi. Il se rendit au palais, séduisit la reine, avec son aide attaqua et tua le roi, puis s’empara du trône. Supposons maintenant deux anneaux comme celui-là. Mettons l’un au doigt du juste, l’autre au doigt de l’injuste ; selon toute apparence, nous ne trouverons aucun homme d’une trempe assez forte pour rester fidèle à la justice et résister à la tentation de s’emparer du bien d’autrui, alors qu’il pourrait impunément prendre au marché ce qu’il voudrait, entrer dans les maisons pour s’accoupler à qui lui plairait, tuer les uns, briser les fers des autres, en un mot être maître de tout faire comme un dieu parmi les hommes. En cela, rien ne le distinguerait du méchant, et ils tendraient tous deux au même but, et l’on pourrait voir là une grande preuve qu’on n’est pas juste par choix, mais par contrainte, vu qu’on ne regarde pas la justice comme un bien individuel, puisque partout où l’on croit pouvoir être injuste, on ne s’en fait pas faute. Tous les hommes en effet croient que l’injustice leur est beaucoup plus avantageuse individuellement que la justice, et ils ont raison de le croire, si l’on s’en rapporte au partisan de la doctrine que j’expose. Si en effet un homme, devenu maître d’un tel pouvoir, ne consentait jamais à commettre une injustice et à toucher au bien d’autrui, il serait regardé par ceux qui seraient dans le secret comme le plus malheureux et le plus insensé des hommes. Ils n’en feraient pas moins en public l’éloge de sa vertu, mais à dessein de se tromper mutuellement dans la crainte d’éprouver eux-mêmes quelque injustice. Voilà ce que j’avais à dire sur ce point."

    PlatonRépublique, II (IVe siècle av. JC)


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  • PLATON : LA JUSTICE

    "Il faut donc nous souvenir que, lorsque chacune des parties qui sont en nous remplira sa fonction, alors nous serons justes et remplirons notre devoir.

    - Oui, dit-il, il faut nous en souvenir.

    - N’appartient-il pas à la raison de commander, puisqu’elle est sage et qu'elle est chargée de veiller sur l'âme tout entière, et à la colère de lui obéir et de la seconder ? (...) Et ces deux parties, ainsi élevées et vraiment instruites et entraînées à faire leur devoir, gouverneront celle du désir, qui tient la plus grande place dans notre âme et qui est naturellement insatiable de richesses ; elles veilleront sur elle, de peur qu'en se gorgeant de ce qu'on appelle les plaisirs corporels, elle ne grandisse et ne prenne de la force, et refuse de continuer sa tâche, pour essayer d'asservir et de gouverner, quoiqu'elle en soit naturellement indigne.

    images.jpg- Assurément, dit-il.

    - Et, repris-je, à l'égard aussi des ennemis du dehors, est-ce que ces deux parties ne sont pas les plus propres à veiller au salut de l'âme tout entière et du corps, l'une en délibérant, l'autre en faisant la guerre, en obéissant au chef et en exécutant par son courage les décisions de la première ?

    - Tu as raison.

    - C'est, je pense, cette dernière qui vaut à l'individu le nom de courageux, quand la colère qui est en lui le maintient à travers les peines et les plaisirs soumis aux préceptes de la raison sur ce qui est ou n'est pas à craindre.

    - C'est juste, dit-il.

    - Et il est sage par cette petite partie qui a commandé en lui et donné ces préceptes dont je viens de parler, et qui possède d'autre part la science de ce qui est utile à chaque partie et à la communauté qu'elles forment à elles trois.

    - C'est bien cela.

    - Et n'est-il tempérant par l'amitié et l'harmonie de ces mêmes parties, quand celle qui commande et celles qui obéissent sont d'accord pour reconnaître que c'est à la raison de commander, et qu'elles ne lui disputent point l'autorité ?

    - A coup sûr, dit-il, la tempérance n'est pas autre chose que cela, soit dans l'État, soit dans l'individu.

    - Enfin il sera juste par la raison et de la manière que nous avons plusieurs fois exposée... En fait la justice [...] ne s'applique pas aux actions extérieures de l'homme, mais à l'action intérieure, celle qui le concerne véritablement lui-même et les principes qui le composent. Elle fait que l'homme juste ne permet pas qu'aucune partie de lui-même fasse rien qui lui soit étranger, ni que les trois principes de son âme empiètent sur leurs fonctions respectives, qu'il établit au contraire un ordre véritable dans son intérieur, qu'il se commande lui-même, qu'il se discipline, qu'il devient ami de lui-même, qu'il harmonise les trois parties de son âme absolument comme les trois termes de l'échelle musicale, le plus élevé, le plus bas, le moyen, et tous les tons intermédiaires qui peuvent exister, qu'il lie ensemble tous ces éléments et devient un de multiple qu'il était, qu'il est tempérant et plein d'harmonie, et que dès lors dans tout ce qu'il entreprend, soit qu'il travaille à s'enrichir, soit qu'il soigne son corps, soit qu'il s'occupe de politique, soit qu'il traite avec des particuliers, il juge toujours et nomme juste et belle l'action qui maintient et contribue à réaliser cet état d'âme, et qu'il tient pour sagesse la science qui inspire cette action; qu'au contraire il appelle injuste l'action qui détruit cet état, et ignorance l'opinion qui inspire cette action.

    - Socrate, dit-il, rien n'est plus vrai que ce que tu dis...

    - Après cela, dis-je, il nous reste à examiner l'injustice.

    - Évidemment.

    - N'est-elle pas nécessairement un désaccord de ces trois parties,une ingérence indiscrète, un empiètement des unes sur les fonctions des autres, et la révolte de certaine partie contre le tout, avec la prétention de commander dans l'âme, en dépit de toute convenance, la nature l'ayant faite pour obéir à la partie née pour commander ? C'est en cela, je crois, c'est dans le désordre et la confusion de ces parties que consistent à nos yeux l'injustice, l'intempérance, la lâcheté, l'ignorance, en un mot, tous les vices."

    Platon, République, IV (IVe siècle av. JC)


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  • PHILOSOPHIE ET ART : "LES AVENTURES DE LA VÉRITÉ" A LA FONDATION MAEGHT

    Pour la grande exposition estivale de cette année 2013, la Fondation Maeght donne carte blanche au philosophe et écrivain Bernard-Henri Lévy. Sur le thème "Peinture et philosophie", Bernard-Henri Lévy, commissaire artistique, propose un itinéraire en sept "séquences" pour comprendre le corps à corps millénaire, entre la philosophie et la peinture, parfois rivales, parfois alliées. Une centaine d'œuvres anciennes et contemporaines, issues de collections publiques et privées, françaises et internationales, sont réunies pour cette exposition événement.

    vérité philosophie.jpgC'est en août 2011 qu'Olivier Kaeppelin, directeur de la Fondation Maeght, demande au philosophe et écrivain Bernard-Henri Lévy, de réfléchir sur la question des relations entre l'art et la philosophie pour l'exposition de l'été 2013 de la Fondation.

    Sur les relations entre la peinture et la littérature, il existe quantité de travaux.

    Sur la représentation, dans la peinture, de la figure même du philosophe, sur le mouvement de la pensée, il y a eu des expositions.

    La question de savoir, en revanche, comment la philosophie travaille ou entrave la peinture, ou comment la peinture, à l'inverse, prolonge, relance ou fait taire la philosophie, la question du corps à corps entre une philosophie dont l'un des premiers désir fut d'exclure de la Cité des peintres automatiquement renvoyés du côté de l'ombre ou du simulacre et une peinture qui, très vite, a résisté, contre-attaqué, voire défié la philosophie sur le propre terrain où elle régnait, cette question demeure obscure et c'est d'elle qu'il s'agit ici.

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  • "DOUZE HOMMES EN COLÈRE"

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  • HEUREUX CELUI QUI N'A PAS CONNU L'INJUSTICE !

    ecclesiaste.jpg"J’errai et je vis les larmes des victimes de l’injustice et ils sont sans consolation, et du côté de l’injustice il y avait la force, et ils sont sans consolation. Alors je louais les morts qui étaient déjà morts, plus que les vivants qui étaient encore en vie ; et plus heureux que les deux autres, celui qui n’a pas encore été, et qui n’a pas vu l’iniquité qui se commet sous le soleil."

    L'Ecclésiaste

     

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  • FOUCAULT : QU'EST-CE QUE LE SUPPLICE PÉNAL ?

    "Damiens avait été condamné, le 2 Mars 1757, à "faire amende honnorable devant la principale porte de l'Eglise de Paris", où il devait être "mené et conduit dans un tombereau, nu, en chemise, tenant une torche de cire ardente du poids de deux livres", puis, "dans le dit tombereau, à la place de Grève, et sur un échafaud qui y sera dressé, tenaillé aux mamelles, bras, cuisses et gras des jambes, sa main droite tenant en icelle le couteau dont il a commis le dit parricide, brûlée de feu de soufre, et sur les endroits où il sera ténaillé, jeté du plomb fondu, de l'huile bouillante, de la poix résine brûlante, de la cire et soufre fondus et ensuite son corps tiré et démembré à quatre chevaux et ses membres et corps consumés au feu, réduits en cendres et ses cendres jetées au vent"...

    damien.jpgLe supplice pénal ne recouvre pas n'importe quelle punition corporelle : c'est une production différenciée de souffrances, un rituel organisé pour le marquage des victimes et la manifestation du pouvoir qui punit; et non point l'exaspération d'une justice qui, en oubliant ses principes, perdrait toute retenue. Dans les "excès" des supplices, toute une économie du pouvoir est investie.

    Le supplice judiciaire est à comprendre comme un rituel politique. Il fait partie, même sur un mode mineur, des cérémonies par lesquelles le pouvoir se manifeste...

    Le crime, outre sa victime immédiate, attaque le souverain; il l'attaque personnellement puisque la loi vaut comme la volonté du souverain; il l'attaque physiquement  puisque la force de la loi, c'est la force du prince (...) L'intervention du souverain n'est donc pas un arbitrage entre deux adversaires; c'est même beaucoup plus qu'une action pour faire respecter les droits de chacun; c'est une réplique directe à celui qui l'a offensé. "L'exercice de la puissance souveraine dans la punition des crimes fait sans doute une des parties les plus essentielles de l'administration de la justice" (D. Jousse, Traité de justice criminelle, 1777). Le châtiment ne peut donc pas s'identifier ni même se mesurer à la réparation du dommage; il doit toujours y avoir dans la punition au moins une part, qui est celle du prince : et même lorsqu'elle se combine avec la réparation prévue, elle constitute l'élément le plus important de la liquidation pénale du crime. Or, cette part du prince en elle-même n'est pas simple : d'un côté elle implique la réparation du tort qu'on a fait à son royaume (désordre instauré, l'exemple donné, ce tort considérable est sans commune mesure avec celui qui a été commis à l'égard d'un particulier) ; mais elle implique aussi que le roi poursuive la vengeance d'un affront qui a été  porté à sa personne."

    Michel Foucault, Surveiller et punir (1975)

     

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  • JOHN LOCKE : "LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ SONT LES LIENS ÉLÉMENTAIRES DE TOUTE SOCIÉTÉ"

    locke.jpg"Quant à savoir s'il existe le moindre principe moral qui fasse l'accord de tous, j'en appelle à toute personne un tant soit peu versée dans l'histoire de l'humanité, qui ait jeté un regard plus loin que le bout de son nez. Où trouve-t-on cette vérité pratique universellement acceptée sans doute ni problème aucun, comme devrait l'être une vérité innée ? La justice et le respect des contrats semblent faire l'accord du plus grand nombre ; c'est un principe qui, pense-t-on, pénètre jusque dans les repaires de brigands, et dans les bandes des plus grands malfaiteurs ; et ceux qui sont allés le plus loin dans l'abandon de leur humanité respectent la fidélité et la justice entre eux. Je reconnais que les hors-la-loi eux-mêmes les respectent entre eux ; mais ces règles ne sont pas respectées comme des lois de nature innées : elles sont appliquées comme des règles utiles dans leur communauté ; et on ne peut concevoir que celui qui agit correctement avec ses complices mais pille et assassine en même temps le premier honnête homme venu, embrasse la justice comme un principe pratique. La justice et la vérité sont les liens élémentaires de toute société : même les hors-la-loi et les voleurs, qui ont par ailleurs rompu avec le monde, doivent donc garder entre eux la fidélité et les règles de l'équité, sans quoi ils ne pourraient rester ensemble. Mais qui soutiendrait que ceux qui vivent de fraude et de rapine ont des principes innés de vérité et de justice, qu'ils acceptent et reconnaissent ?"

    John Locke, Essai sur l'Entendement humain (1689)

     

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  • MICHEL FOUCAULT : "SE DÉFENDRE"

    "Se défendre" est un texte inédit de Michel Foucault qui présente une saisissante synthèse de ce que peut être un rapport offensif à la légalité et aux institutions chargées de la mettre en oeuvre. Ce texte a été écrit par Michel Foucault pour les premières Assises de la Défense Libre, à La Sainte Baume, en 1980. Foucault en est le seul auteur mais il a été cosigné par Jean Lapeyrie, Dominique Nocaudie et les avocats du réseau défense libre, Henry Juramy, Christian Revon et Jacques Vergès. 

    1008409-Michel_Foucault.jpg"1. Evitons d’abord le problème ressassé du réformisme et de l’anti-réformisme. Nous n’avons pas à prendre en charge les institutions qui ont besoin d’être transformées. Nous avons à nous défendre tant et si bien que les institutions soient contraintes de se réformer. L’initiative doit donc venir de nous, non pas sous forme de programme mais sous forme de mise en question et sous forme d’action.

    2. Ce n’est pas parce qu’il y a des lois, ce n’est pas parce que j’ai des droits que je suis habilité à me défendre ; c’est dans la mesure où je me défends que mes droits existent et que la loi me respecte. C’est donc avant tout la dynamique de la défense qui peut donner aux lois et aux droits une valeur pour nous indispensable. Le droit n’est rien s’il ne prend vie dans la défense qui le provoque ; et seule la défense donne, valablement, force à la loi.

    3. Dans l’expression "Se défendre", le pronom réfléchi est capital. Il s’agit en effet d’inscrire la vie, l’existence, la subjectivité et la réalité même de l’individu dans la pratique du droit. Se défendre ne veut pas dire s’auto défendre. L’auto-défense, c’est vouloir se faire justice soi-même, c’est-à-dire s’identifier à une instance de pouvoir et prolonger de son propre chef leurs actions. Se défendre, au contraire, c’est refuser de jouer le jeu des instances de pouvoir et se servir du droit pour limiter leurs actions. Ainsi entendue, la défense a valeur absolue. Elle ne saurait être limitée ou désarmée par le fait que la situation était pire autrefois ou pourrait être meilleure plus tard. On ne se défend qu’au présent : l’inacceptable n’est pas relatif.

    4- Se défendre demande donc à la fois une activité, des instruments et une réflexion. Une activité : il ne s’agit pas de prendre en charge la veuve et l’orphelin mais de faire en sorte que les volontés existantes de se défendre puissent venir au jour. De la réflexion : se défendre est un travail qui demande analyse pratique et théorique. Il lui faut en effet la connaissance d’une réalité souvent complexe qu’aucun volontarisme ne peut dissoudre. Il lui faut ensuite un retour sur les actions entreprises, une mémoire qui les conserve, une information qui les communique et un point de vue qui les mettent en relation avec d’autres. Nous laisserons bien sûr à d’autres le soin de dénoncer les "intellectuels". Des instruments : on ne va pas les trouver tout faits dans les lois, les droits et les institutions existantes mais dans une utilisation de ces données que la dynamique de la défense rendra novatrice."

    Michel Foucault (1980)

     

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  • COMPTE-RENDU DE LA SÉANCE "QU'EST-CE QU'UNE VIE RÉUSSIE?"

    Thème du débat : "Qu'est-ce qu'une vie réussie ?" 

    Date : 28 juin 2013 à la Brasserie du Centre commercial de la Chaussée.

    citizen-kane.jpgEnviron 60 personnes étaient présentes pour ce dernier café philosophique de la saison. Le débat de ce vendredi 28 juin était intitulé : "Qu’est-ce qu’une vie réussie ?"

    Un premier participant réagit à cette question par une autre question : "Parle-t-on de réussir sa vie ou de réussir dans la vie ?" Il s’agit d’une nuance de taille, tant la réussite sociale et professionnelle prend souvent le pas sur la poursuite de notre réussite en tant qu’hommes et femmes de raison. Or, il apparaît que réussir sa vie est possible malgré une carrière professionnelle modeste. Il y a une prétention à prétendre que l’on a réussi sa vie ou que l’on réussit sa vie, affirme un participant. Cependant, il n’en reste pas moins vrai que cette question se pose spécialement lorsque l’on a des choix importants à faire  dans les domaines professionnel, sentimental ou familial. Mieux, aujourd’hui il y a assurément une injonction sociale à réussir sa vie personnelle. Bruno souligne par ailleurs que l’approche individualiste de la réussite est un concept relativement moderne : pendant des siècles, la réussite de tel(le) ou tel(le) consistait d’abord à faire partie d’un groupe et à s’y insérer : que l’on pense aux sociétés chrétiennes sous l’Ancien Régime ou bien aux humanistes désireux d’apporter leur pierre au progrès et à la civilisation.

    "Réussir sa vie" pose un problème philosophique de taille, dit Claire, en ce que cette expression tendrait à prouver que notre vie peut être notre œuvre. Cela signifierait que nous pourrions nous détacher de notre vie, la penser comme un objet autonome et la mesurer comme réussite. Il y a là une question fondamentale à soulever : peut-on faire de sa vie son œuvre ? Est-on dans sa vie un existant, empêtré sans pouvoir prendre suffisamment de recul pour voir ou penser sa propre vie ? Une intervenante émet l'idée que la réussite ou non de sa vie se décide de manière posthume. A posteriori, c’est autrui qui jugerait de la réussite ou non de ma vie. Par conséquent, ma vie ne serait mon œuvre - ratée ou non - qu’à partir du moment où elle serait achevée, autrui se plaçant comme seul juge. Pour autant, réagit une personne du public, réussir c’est se placer au préalable comme acteur de sa propre vie. Réussir impliquerait donc que j’agisse à cette fin. 

    citizen-kane-1941-08-g 2.jpgA ce sujet, il y a une distinction entre vie contemplative (vita contemplativa) et vie active (vita activa). Cette distinction a notamment été soulignée par Hannah Arendt. Nous pouvons dans notre existence être maîtres de ce que nous faisons, acteurs de notre propre existence, avec la volonté de nous construire en même temps que notre identité (vita activa) ; mais nous pouvons également être dans la posture du sage antique (vita contemplativa), dans un lâcher prise permanent, avec la contemplation de sa vie comme œuvre. Dans ce dernier cas, nous ne devons pas être dans une contemplation béate et satisfaite mais dans la pratique de l’épokè (ἐποχή), une prise de recul spéculative au sein de laquelle on prend le temps de se regarder, de s’écouter, de s’intéresser à ce qui compte et à ce qui ne compte pas. Il s’agit de la dynamique du lâcher prise. Cette pratique est bien connue puisque la philosophie antique, dévoyée ou non, revient beaucoup au goût du jour. À l’origine, on retrouve ce concept chez les StoïciensÉpictète et Marc-Aurèle pour ne citer qu’eux. Dans leur optique, il faut prendre le temps de s’arrêter sur soi, savoir qui on est, ce que l’on veut, ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas (Manuel d'Épictète, cf. ce lien). 

    Qu’est-ce qui se joue fondamentalement dans ce concept de réussite ? Il semblerait pour beaucoup que ce soit la recherche du bonheur. La philosophie définie comme "amour de la sagesse" n’est rien d’autre que la quête de la vérité entendue comme forme de plénitude face à soi-même et d’accomplissement de soi. 

    Claire s’arrête sur Épicure et sa Lettre à Ménécée (cf. lien). Comment être heureux ? se demande-t-il. Suis-je heureux tout seul ou avec l’autre ? Et est-ce qu’il faut réussir sa vie absolument ? Il y a une injonction sociale, nous l'avons dit, à réussir sa vie. Une autre approche serait de considérer que ma vie au départ est a priori subie. Je n’ai pas demandé à naître sur cette terre. Pourquoi la réussite de cette vie non désirée devrait-elle être un objectif ? Ne pourrais-je pas traverser mon existence tel un fantôme en me laissant porter au gré des événements ? Une intervenante réagit ainsi : un tel postulat – le détachement total et le refus de toute recherche d’un accomplissement personnel – peut conduire paradoxalement à conduire sa vie harmonieusement, sans trahison et peut constituer une forme de réussite ! L’injonction n’est plus respectée, certes, mais une forme de réussite peut être au rendez-vous… 

    citizen-kane3.jpg

    Or, il y a là une question fondamentale : est-on d’abord heureux lorsque l’on est dans cette démarche de connaissance de soi (le "connais-toi toi-même" platonicien) ou bien lorsque l’on est maître de sa propre vie, c’est-à-dire dans nos actes ? Une participante répond que la réussite passe par la résolution des conflits entre notre identité et nos actions (dans la vie personnelle, professionnelle ou familiale). Il est question d’harmonie, ce que Friedrich Nietzsche, reprenant Pindare, a résumé par cette citation : "Deviens ce que tu es". 

    Comment est-ce possible ? Et comment mesure-t-on cette réussite ? Dépend-elle d’un salaire, du nombre de semaines de vacances, d’avantages divers et variés, du nombre d’enfants que l’on aura élevé ? Certes non. Outre que la réussite est subjective, comme il est rappelé, elle est aussi plurielle. Par ailleurs, ajoute cette intervenante, une réussite peut se jouer en dehors des objectifs que je m’étais donné durant ma jeunesse. La réussite peut s’avancer masquée, à l’image du morceau de trompette joué un soir par le personnage principal du Pendule de Foucault d’Umberto Eco (cf. cet extrait). On peut également penser au "rosebud" de Citizen Kane (cf. la bande annonce de ce film).

    Les rêves de notre jeunesse ou, dit autrement, les projets que je me suis fixés un certain moment ne jouent-ils pas cependant pleinement leur rôle ? Peut-on "rêver sa vie", au risque "de se faire du mal" ? Est-on dans notre existence dans une stratégie afin de réaliser un objectif tel l’enfant souhaitant devenir astronaute ou bien danseuse étoile ? Ou bien actualise-t-on des potentialités dans des réévaluations perpétuelles ? Il a été question plus haut d’harmonie : n’est-on pas dans une harmonisation perpétuelle de notre existence, d’adaptation au fil des événements qui surviennent – par exemple faire le choix d’une nouvelle carrière professionnelle selon telle ou telle circonstance. N’adapte-t-on pas notre existence au gré de désirs soudainement révélés ?      

    citizen-kane-welles-o--4.jpg

    Le "rêve" apparaît  pour certains participants comme un mirage. La réussite ne passe-t-elle pas avant tout par le passage successif dans notre existence d’étapes que l’on franchirait les unes après les autres, en s’en sortant le mieux possible, sans conflit particulier ? Finalement, ce dont il est question ici, réagit Bruno, est l’appréhension du présent comme seul horizon – le fameux "carpe diem" du poète épicurien Horace ("Prend le jour qui s'offre, ne fais pas crédit à demain", cf. cet extrait). Cette philosophie pratique évoquée, réagit Claire, est une philosophie antique mêlant épicurisme et stoïcisme : tous les plaisirs ne sont pas à désirer ni toutes les souffrances à refuser ; il faut à chaque fois que l’on passe une étape prendre le temps de faire sa vie son œuvre. 

    Or, une nouvelle question se pose : si la réussite se juge à la fin de sa vie, comme il a été dit plus haut, quand est-ce que ce jugement peut avoir lieu si l’on considère que cette fin - notre fin - peut subvenir à tout moment ? Si comme Montaigne nous affirmons : "Il ne faut juger notre heur qu'après notre mort", dans quelle mesure "réussit-on sa vie", là, maintenant ? Cette interrogation est capitale : personne ne sait à quel moment notre vie va s’arrêter ! En outre, une période de grande sérénité peut s’arrêter subitement. Comme un participant le dit, je peux être heureux et en pleine harmonie jusque vers soixante-dix ans avant de traverser des tourments et des malheurs qui mettront à mal cette réussite que j’avais touché du doigt. Dans ce cas, est-on capable de faire le bilan de sa propre vie. N’est-ce pas l’autre qui va décider a posteriori de la réussite ou non de mon existence ? 

    Cet accomplissement de soi, nous avons dit qu’il pouvait être dans une démarche de vita contemplativa et de connaissance de soi, telle que la philosophie antique nous l’enseigne. Mais plusieurs participants considèrent que la réussite passe aussi par une vita activa, à la recherche d’un but. Et notamment d’un but dans la société. Pour autant, ces deux démarches ne pourraient-elles pas être liées, se demande Claire ? Ne pourrait-on pas être à la fois un existant – on est dans sa vie et on essaie de passer les étapes les unes après les autres – et en même temps donner un sens dans nos actes. Et dans ce cas, le regard d’autrui est capital autant que les apports aux autres. Ma vie deviendrait alors une lutte pour la reconnaissance par autrui, condition pour une réussite de ma propre existence. 

    citizen_kane-warehouse4.jpegN’est-ce pas antinomique avec la philosophie antique et notamment le stoïcisme ? se demande Bruno. Le retour sur soi et la recherche de la sagesse me placerait d’emblée en dehors de la sphère sociale. Claire pondère cette vision en parlant d’Épicure qui considère qu’il y a une dimension morale dans le bonheur. Si l’on fait un bond dans le temps jusqu’à la deuxième moitié du XXème siècle, on retrouve des membres de  la Beat Generation (Jack Kerouac pour ne citer que lui) s’inscrivant en marge de la société pour s’accomplir soi-même, mais en même temps ne pouvant faire abstraction de leurs contemporains. C’est aussi tout le message du personnage principal du film Into The Wild choisissant de tout quitter – familles, carrière, petite amie – pour se retrouver dans le Grand Nord ; il laissera finalement une épitaphe bouleversante : "Le bonheur ne vaut que s’il est partagé" (cf. la bande annonce de ce film).  

    Dans ce rapport au monde, une participante soumet l’idée que notre vie doit se vivre comme une petite chose, le fragment atomique d’un cosmos que je peux essayer d’influer. Claire et Bruno retrouvent là l’influence antique de la philosophie atomiste. La réussite est aussi une question de mode autant qu’une idée universelle : toute croyance mise à part, dit Claire, nous avons conscience de notre place au monde autant que de l’éphémère de notre propre existence. Bien que simple "atome", je sais aussi que mes actes contribuent à ce monde. Et rater sa vie peut contribuer ad contrario à faire flancher cet univers. Le bonheur, finalement, se trouve dans la morale, "une morale intéressée et avec les autres".      

    Annex-Welles-Orson-Citizen-Kane_1.jpgRéussir sa vie passerait en tout cas par une recherche perpétuelle d’actions à accomplir, faute de quoi l’on peut se retrouver, comme le dit Sartre, "posthumes à nous-mêmes" (L’Être et le Néant). L’injonction de réussite n’est donc pas simplement un effet de mode mais aussi une question existentielle. Claire cite le philosophe français dans un autre livre, L’Existentialisme est un Humanisme. Au début de cet essai, il se pose cette question : d’où naît l’angoisse existentielle ? Elle vient, répond-il, de cette prise de conscience fondamentale : je choisis et/ou je choisis de ne pas choisir. L’angoisse existentielle offre ainsi deux alternatives : le désespoir et un formidable espoir. Plus que le "Qui suis-je ?" je dois sans cesse me poser cette question : "Que vais-je devenir ?" Le danger et l’échec, à cause de mes actions, m’attendent au coin de la rue. Mais ils ne me condamnent pas sûrement car j’ai cette liberté de changer et de me changer, ce qui est aussi une responsabilité angoissante. Mieux, parce que l’existence est un pis-aller, ne pas choisir c’est aussi faire un choix qui peut être lourd de conséquences. Cette liberté me donne aussi la possibilité de m’amender par mes actes. Comme le rappelle une participante, un criminel peut s’affranchir et se reconstruire : il n’est jamais trop tard pour philosopher, comme le dit Épicure et, pour reprendre l’adage populaire, il n’est jamais trop tard pour bien faire. Finalement, une question essentielle se pose lorsque je me projette vers la réussite de ma vie : "Que dois-je faire ?"

    Mais si je considère ma vie comme une œuvre, n’y a-t-il pas le danger que je prenne une partie pour un tout ? Si l'on réfléchit à une philosophie de vie, une personne auteur d’un acte immoral et criminel peut-elle avoir l’opportunité de refaire sa vie et de se racheter pour devenir autre ? Et même si cette personne peut changer, en partant du postulat existentialiste que je suis ce que je fais va-t-elle pouvoir reconvertir sa vie totalement ? Une rédemption n'est-elle pas vaine ? L’angoisse est prégnante, l’acte immoral pourrait m'avoir pollué et condamné pour de bon en tant qu’homme moral. Mes actes finalement m’engagent, sans retour en arrière possible, à l’exemple des efforts vains de l’héroïne du film Camille redouble pour changer (cf. la bande annonce de ce film). Le retour en arrière est vain et seul le présent importe, répètent les Stoïciens. Sénèque, dans Lettre à Lucilius dit que le passé est déjà passé et que l’avenir n’est pas encore, donc je dois apprendre sans cesse à me détacher de cela et à me dire que je suis là, maintenant, dans la vie. Le passé et le futur sont des poids qui nous lestent et seul le présent mériterait notre attention. De là, la locution "j’ai réussi ma vie" ou "je réussirai" à moins de sens que le "je réussis ma vie". Cela condamnerait-il le rêve et ma propension à me jeter dans l’avenir, se demande une participante ?

    kane 5.jpgClaire évoque une nouvelle fois cette contradiction vita contemplativa/vita activa, contradiction que des philosophes comme Arendt ou Hegel ont tenté de résoudre : pour ce dernier, les grands hommes sont ceux qui de leurs désirs font des idées. Ce sont eux qui révèlent l’humanité. Ils vont réaliser ce qu’ils croient bons et vertueux. Ce privilège n’est cependant réservé qu’à quelques hommes, tant le rêve peut sembler pour certains participants comme une chimère, un objectif indépassable voire vain. À moins que, à l’exemple de Claire, on choisisse d’utiliser le mot "élan" : une volonté qui serait un moteur dans notre vie. J’ai des projets plein la tête qui me font avancer. Comme le disait André Gide, la seule injonction que l’on ait c’est suivre sa pente en la montant, en se confrontant à l’altérité. 

    Réussir sa vie, dit un intervenant, c’est aussi et surtout, à la manière de l’ataraxie d’Épicure, ne pas trop la rater (Pour reprendre le livre de Pierre Autin-Grenier, Toute une Vie bien ratée, cf. cet extrait) et échapper autant que possible aux douleurs et aux troubles.

    Réussir sa vie ce serait aussi la corriger perpétuellement, le suicide pouvant apparaître, affirme un participant, comme la constatation d’un échec. La question de la mort fait sens car, nous disent les philosophes antiques, réussir dans la vie c’est aussi apprendre à mourir, sans crainte et conscients de se poser les bonnes questions. Appendre à mourir c’est apprendre à réussir sa vie. Il y a dans l’apprentissage de la mort la question de savoir si c’est dans la réalisation d’innombrables rêves que l’on s’accomplit (à la manière des deux personnages principaux du film Sans plus attendre, cf. bande annonce du film) ou bien dans le fait de devenir soi-même. Regretter telle ou telle chose peut apparaître vaine dans la mesure où mes choix – ou l’absence de choix – obéit, un certain moment, à des facteurs et des contraintes. Et simplement en s’interrogeant aux raisons qui ont présidé à ce choix, l’on se rend compte que l’on a pris ces décisions en connaissance de cause : "Nul n’agit mal volontairement" pour reprendre Platon.   

    citizen-kane-welles-o--21-g.jpgEn tout cas, se poser la question de la réussite de sa question c’est aussi et surtout commencer à y apporter une réponse. Empêtrés que nous sommes dans nos vies respectives, avec les contraintes sociales de toute sorte, il se peut, dit Sartre  que la question de la réussite de notre vie risque de ne jamais se poser. Chacun peut se conforter dans la vision de l’autre et coller à l’image qu’autrui attend de vous. Mais s’interroger sur qui l’on est réellement et sur nos choix pour donner un sens singulier à notre vie c’est déjà faire un pas vers cette réussite en se reconvertissant et en se pardonnant à soi-même. 

    En conclusion, dit Claire, réussir sa vie c’est d’abord la vivre. 

    Trois sujets sont proposés en fin de séance pour le premier débat de cette saison 5 du café philosophique de Montargis : "Il y a-t-il une manière de bien vieillir ?" "Justice : surveiller, punir ou guérir ?" et "Histoire contre devoir de mémoire". Les participants élisent à une courte majorité le sujet "Justice : surveiller, punir ou guérir ?"

    Claire et Bruno concluent cette séance – et cette saison – par remercier les soutiens du café philosophique de Montargis – l’équipe de Radio Châlette, la presse et surtout les participants venus en nombre cette année. Le rendez-vous suivant est d’ores et déjà fixé au vendredi 27 septembre 2013.

    Philo galerie

    Les illustrations de ce compte-rendu sont tirées du film Citizen Kane d'Orson Welles, l'un des plus beaux films sur la réussite et aussi l'un des plus grands films de l'Histoire du cinéma.


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  • "LE BAGAD DE LANN BIHOUÉ"

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  • "AGORA" : UN PÉPLUM SUR HYPATHIE, PHILOSOPHE ET MATHÉMATICIENNE

    Agora, de Alejandro Amenabar (Etats-Unis et Espagne, 2009, 126 mn), avec Rachel Weisz, Oscar Isaac et Max Minghella

    EMI_157203.jpgAu IVe siècle après Jésus-Christ, l'Egypte est sous la domination de l'Empire romain. A Alexandrie, l'astronome et philosophe Hypathie s'est réfugiée dans la Grande Bibliothèque. Elle tente de sauver le bâtiment menacé de destruction par les chrétiens. Deux de ses disciples, Oreste et le jeune esclave Davus, qui se disputent l'amour d'Hypathie, sont à ses côtés. Mais Davus est déchiré entre ses sentiments et la perspective d'être affranchi s'il rejoint les chrétiens...

    France 4, mercredi 17 juillet 2013, à 20H45

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  • MURAKAMI : COURIR ET VIVRE

    haruki-murakami.jpg"Il ne me semblait pas qu’avoir achevé cette course avait véritablement du sens. C’est comme la vie. Ce n’est pas parce qu’elle a un terme que notre existence a du sens. Selon moi, qu’il y ait quelque part un terme à notre existence permet commodément de lui donner du sens, et je crois y deviner simplement une métaphore indirecte de son caractère limité. Très philosophique."

    Haruki Murakami, Autoportrait de l’Auteur en Coureur de Fond,

    trad. Hélène Morita (2007) 

     
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