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  • Ils ont dit, au sujet de la responsabilité

    orsay20.jpg"J'apparais aujourd'hui ce que je suis en fait : un criminel , issu de criminels" [Sophocle]

    "En menant une existence relâchée les hommes sont personnellement responsables d'être devenus eux-mêmes relâchés, ou d'être devenus injustes ou intempérants" [Aristote]

    "Il y a aussi, semble-t-il bien, une différence entre agir par ignorance et accomplir un acte dans l'ignorance" [Aristote]

    "Il y a ce qui dépend de nous, il y a ce qui ne dépend pas de nous. Dépendent de nous l’opinion, la tendance, le désir, l’aversion, en un mot toutes nos œuvres propres ; ne dépendent pas de nous le corps, la richesse, les témoignages de considération, les hautes charges, en un mot toutes les choses qui ne sont pas nos œuvres propres" [Épictète]

    "- Qui t’as dit que c’était ton affaire de pouvoir te promener sans en être empêché ? C’est ta volonté seule dont je dis qu’elle n’est pas empêchée ; mais dès que l’on a besoin du corps et de son concours, tu as depuis longtemps appris que ce n’était pas ton affaire. Soit encore cela. Quelqu’un peut-il te forcer à désirer contre ton gré ? – Personne" [Épictète]

    "Renoncer à sa liberté c’est renoncer à sa qualité d’homme, aux droits de l’humanité, même à ses devoirs" [Jean-Jacques Rousseau]

    "Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen" [Emmanuel Kant]

    "Devoir ! nom sublime et grand, toi qui ne renfermes rien en toi d'agréable, rien qui implique insinuation, mais qui réclames la soumission" [Emmanuel Kant]

    "Si les circonstances ne sont pas celles dont l'individu avait conscience et si l'objectivité comporte d'autres déterminations que celles qu'il prévoyait, l'homme moderne n'accepte pas l'entière responsabilité de ce qu'il a fait, il désavoue une partie de ce qu'il a réalisé, parce que, du fait de l'ignorance où il était des circonstances ou du fait de leur fausse appréciation, cette partie de son activité n'a pas été comme il la voulait, et il ne s'impute que ce qu'il savait et que ce qu'il a accompli intentionnellement en se basant sur ce savoir" [Hegel]

    "On dit volontiers : ma volonté a été déterminée par ces mobiles, circonstances, excitations et impulsions. Cette formule implique que je me suis comporté de façon passive. Mais, en réalité, mon comportement n'a pas été seulement passif : il a été actif aussi, et de façon essentielle, car c'est ma volonté qui assume telles ou telles circonstances comme mobiles, qui les fait valoir comme mobiles" [Hegel]

    "Tout ce qui augmente la liberté augmente la responsabilité" [Victor Hugo

    "Mais ces personnes n'interviennent ici que comme personnification de catégories économiques, comme porteurs de rapports de classe et d'intérêts déterminés" [Karl Marx]

    "Société : système ingénieux pour obtenir des bénéfices individuels sans responsabilité individuelle.” [Ambrose Bierce]

    "On peut dire qu'il y a trois qualités déterminantes qui font l'homme politique : la passion - le sentiment de la responsabilité - le coup d’œil" [Max Weber]

    "Socrate et Platon ont raison : quoi que l'homme fasse, il fait toujours le bien, c'est-à-dire ce qui lui semble bon (utile) suivant son degré d'intelligence, son niveau actuel de raison" [Friedrich Nietzsche]

    "Les profondes lois de la conservation et de la croissance exigent le contraire: que chacun s'invente sa vertu, son impératif catégorique" [Friedrich Nietzsche]

    "On voit donc à quel point la notion de responsabilité repose sur celle de causalité, c'est-à-dire de conformité à des lois (Gesetzmässigkeit) de nos actes volontaires" [Moritz Schlick]

    "Responsabilité. Une faute est ce qui est enfin puni. La conséquence mauvaise est la marque de la faute. L'homme qui manque du pied pèche contre son rythme, choit et se blesse" [Paul Valéry]

    “Presque toujours, la responsabilité confère à l’homme de la grandeur.” [Stefan Zweig]

    "Si un homme est conduit, par les lois de la nature, à faire ce qu'il fait, nous ne pouvons ni l'en approuver ni le blâmer, pas davantage que nous ne pouvons reprocher à une montre d'être en avance ou en retard" [Albert Camus]

    "Dans la vie, bien souvent, les responsabilités nous échappent, comme l'eau qu'on puise avec un panier percé." [Lao She]

    "C'est justement pour préserver ce qui est neuf et révolutionnaire dans chaque enfant que l'éducation doit être conservatrice, c'est-à-dire assurer “la continuité du monde" [Hannah Arendt]

    "J'ignore quand le terme de « responsabilité collective » est apparu pour la première fois, mais je crois pouvoir affirmer avec certitude que non seulement le terme mais aussi les problèmes qu'il implique doivent leur pertinence et l'intérêt général qu'ils attirent à des situations qui sont politiques, et non juridiques ou morales" [Hannah Arendt]

    "Quand quelqu'un dit qu'il se sent coupable non de ce qu'il a fait mais des actes de son père ou de son peuple, c'est en un sens seulement métaphorique et non en un sens personnel. (Moralement parlant, il est presque aussi mal de se sentir coupable quand on n'a rien fait de précis, que de se sentir innocent quand on est réellement coupable.)" [Hannah Arendt]

    "L'homme qui se croit déterminé se masque sa responsabilité." [Jean-Paul Sartre]

    "L'existentialiste ne croit pas à la puissance de la passion. Il ne pensera jamais qu'une belle passion est un torrent dévastateur qui conduit fatalement l'homme à certains actes, et qui, par conséquent, est une excuse. Il pense que l'homme est responsable de sa passion. L'existentialiste ne pensera pas non plus que l'homme peut trouver un secours dans un signe donné, sur terre, qui l'orientera ; car il pense que l'homme déchiffre lui- même le signe comme il lui plaît." [Jean-Paul Sartre]

    "Ce qui compte, c'est l'engagement total, et ce n'est pas un cas particulier, une action particulière, qui vous engage totalement" [Jean-Paul Sartre]

    "Ah monstre que je suis ! infortunées victimes ! est-il possible que j'aye fait cela, non ce n'est qu'un rêve ! ah ce n'est que trop vrai !" [Michel Foucault/Pierre Rivière]

    "Brusquement ce qui est tout bonnement donné, ce qui est pris comme allant de soi, ce à quoi on ne réfléchit jamais dans le but de l'action : qu'il y ait des hommes, qu'il y ait la vie, qu'il y ait un monde fait pour cela, se trouve placé sous l'éclairage orageux de la menace émanant de l'agir humain" [Hans Jonas]

    "La condition de la responsabilité est le pouvoir causal. L'acteur doit répondre de son acte : il est tenu responsable de ses conséquences et le cas échéant on lui en fait porter la responsabilité" [Hans Jonas]

    "Personne ne doit des comptes pour l'imagination impuissante des méfaits les plus atroces et les sentiments de culpabilité qui surgissent éventuellement ici sont tout aussi privés que le délit psychologique. Un acte doit avoir été exécuté ou du moins commencé à avoir été commis dans le monde (comme dans le complot). Et il reste vrai que l'acte réussi pèse plus lourd que l'acte raté" [Hans Jonas]

    "Le problème de la responsabilité, ce sont des suites qui n'ont pas encore fait leurs effets mais que l'on peut évaluer. Là intervient la deuxième idée de Jonas, à savoir qu'il faut tenir compte non seulement des dangers probables, mais aussi des dangers possibles" [Paul Ricoeur]

    "La désobéissance civile est une forme de responsabilité et appelle à davantage de responsabilités" [André Glucksmann]

     

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  • Schlick : questions d’éthique

    schlick"On ne peut parler de motifs que dans un contexte causal. On voit donc à quel point la notion de responsabilité repose sur celle de causalité, c'est-à-dire de conformité à des lois (Gesetzmässigkeit) de nos actes volontaires. En effet, dès que nous nous représentons l'acte volontaire comme dépourvu de toute cause (ce qui est en toute rigueur l'hypothèse indéterministe), l'acte volontaire se produit absolument au hasard, car le hasard est identique à l'absence de loi et ne peut être que le contraire de la causalité. Pourrions-nous alors rendre responsable l'auteur d'un acte ? Certainement pas. Imaginons qu'un homme, qui a toujours été calme, paisible et irréprochable se jette soudain sur son voisin de tramway et se mette à le rouer de coups. Arrêté et interrogé sur les motifs de son comportement, supposons qu'il déclare en toute sincérité : "Il n'y a aucun motif à mon comportement. J'ai beau chercher, je n'en trouve pas. Ma volonté était sans cause, je l'ai voulu, et il n'y a absolument rien d'autre à dire." On hocherait la tête et on finirait par le déclarer fou, parce que l'on croirait à une cause et que, après les avoir toutes exclues, il ne resterait plus que l'hypothèse de la maladie mentale ; et il est certain que personne ne le tiendrait pour responsable de son acte. Si nos actes volontaires étaient sans cause, cela n'aurait aucun sens d'essayer d'agir sur autrui, et on voit immédiatement que nous cesserions de lui demander de rendre des comptes et que nous nous contenterions de hausser les épaules devant son comportement. On peut aisément constater dans la pratique que nous tenons quelqu'un pour d'autant plus responsable que nous pouvons découvrir plus de motifs à son action. Si un agresseur était brouillé avec sa victime, s'il avait déjà manifesté par ailleurs des dispositions violentes, si une circonstance particulière l'avait mis en colère, nous lui infligerons alors une peine sévère. En revanche, moins on peut trouver de raisons à son délit, moins nous l'imputerons à son auteur, et plus nous rendrons responsables de son acte un "malheureux hasard", un dérangement passager ou quelque chose de ce genre. Comme nous ne trouvons pas les raisons de son acte dans son caractère, nous ne chercherons donc pas à agir sur ce dernier pour l'améliorer : c'est cela et rien d'autre que signifie le fait que nous le déchargions de la responsabilité de son acte...

    Dès que l'on a pris conscience que ce qui arrive sans cause est identique à ce qui arrive au hasard et qu'un vouloir non déterminé supprimerait par conséquent toute responsabilité, on cesse d'incliner en faveur de l'indéterminisme. Personne ne peut prouver le déterminisme, mais il est certain que nous présupposons son existence dans tout notre comportement pratique et que nous ne pouvons, notamment, appliquer le concept de responsabilité aux actions humaines que pour autant que le principe de causalité vaut pour les phénomènes volontaires."

    Moritz Schlick, Questions d'éthique (1930)

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  • Jonas : le principe responsabilité 2

    Hans Jonas.jpg"Brusquement ce qui est tout bonnement donné, ce qui est pris comme allant de soi, ce à quoi on ne réfléchit jamais dans le but de l'action : qu'il y ait des hommes, qu'il y ait la vie, qu'il y ait un monde fait pour cela, se trouve placé sous l'éclairage orageux de la menace émanant de l'agir humain. C'est dans cette même lueur d'orage qu'apparaît la nouvelle obligation. Née de la menace, elle insiste nécessairement avant tout sur une éthique de la conservation, de la préservation, de l'empêchement et non sur une éthique du progrès et du perfectionnement."

    Hans JonasLe Principe Responsabilité (1979)

     

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  • Jonas : le principe responsabilité 1

    jonas.jpg"a. La condition de la responsabilité est le pouvoir causal. L'acteur doit répondre de son acte : il est tenu responsable de ses conséquences et le cas échéant on lui en fait porter la responsabilité. Cela a d'abord une signification juridique et non à proprement parler une signification morale. Le dommage commis doit être réparé, même si la cause n'était pas un méfait, même si la conséquence n'était ni prévue ni voulue. Il suffit que j'aie été la cause active. Mais cette condition vaut pourtant seulement en lien causal étroit avec l'acte, de sorte que son imputation sera univoque et que la conséquence ne se perdra pas dans l'imprévisible. Le fameux clou de sabot manquant [1] ne rend pas réellement l'apprenti forgeron responsable de la bataille perdue et de la perte du royaume. Mais le messager direct, le cavalier qui chevauche le cheval, aurait bien un droit de recours contre le forgeron qui porte la « responsabilité » de la négligence de son apprenti, sans que lui-même encoure un reproche. La négligence est ici l'unique chose qui doit éventuellement être dite moralement coupable et elle l'est en un sens trivial ; mais l'exemple montre (comme la responsabilité quotidienne pour leurs enfants encourue par les parents) qu'une responsabilité donnant droit à un dédommagement financier peut être libre de toute culpabilité. Le principe de l'imputabilité causale est toujours encore conservé dans la relation en vertu de laquelle le supérieur hiérarchique condense en général en sa personne la causalité de ses subordonnés (pour la performance fiable desquels il récolte également l'éloge).

    b. Or très tôt s'est mêlée à l'idée de la compensation juridique celle de la punition qui a une signification morale et qui qualifie l'acte causal comme étant moralement coupable. Ici l'explication : « coupable ! » a un autre sens que « Pierre doit des dédommagements et intérêts à Paul ». C'est l'acte, plus que les conséquences, qui est puni, s'il s'agit d'un crime et c'est d'après lui qu'est évalué le châtiment. Pour cela l'acte lui-même doit être analysé - la décision, la préméditation, le motif, l'imputabilité : l'acte était-il criminel « en soi » ? Le complot en vue de commettre un crime qui est resté sans suite grâce à sa découverte au moment opportun est lui-même un crime et punissable. Le châtiment occasionné ici, permettant de demander des comptes au malfaiteur, ne sert pas à la compensation du dommage ou du tort subis par d'autres, mais il sert à rétablir l'ordre moral perturbé. Ici c'est donc la qualité et non la causalité de l'acte qui est le point décisif dont on porte la responsabilité. Pourtant, c'est un pouvoir au moins potentiel qui reste la conditio sine qua non. Personne ne doit des comptes pour l'imagination impuissante des méfaits les plus atroces et les sentiments de culpabilité qui surgissent éventuellement ici sont tout aussi privés que le délit psychologique. Un acte doit avoir été exécuté ou du moins commencé à avoir été commis dans le monde (comme dans le complot). Et il reste vrai que l'acte réussi pèse plus lourd que l'acte raté".

    Hans Jonas, Le Principe Responsabilité : une éthique pour la Civilisation technologique (1979)

     

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  • Maccarthysme et responsabilité : lorsque la politique s'en mêle

     

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  • Nietzsche : de quoi sommes-nous coupables ?

    guilt.jpg"Nous n'accusons pas la nature d'immoralité quand elle nous envoie un orage et nous trempe : pourquoi disons-nous donc immoral l'homme qui fait quelque mal ? Parce que nous supposons ici une volonté libre aux décrets arbitraires, là une nécessité. Mais cette distinction est une erreur. En outre, ce n'est même pas en toutes circonstances que nous appelons immorale une action intentionnellement nuisible ; on tue par exemple une mouche délibérément, mais sans le moindre scrupule, pour la pure et simple raison que son bourdonnement nous déplaît, on punit et fait intentionnellement souffrir le criminel afin de se protéger, soi et la société. Dans le premier cas, c'est l'individu qui, pour se conserver ou même pour s'éviter un déplaisir, cause intentionnellement un mal ; dans le second, c'est l'État. Toute morale admet les actes intentionnellement nuisibles en cas de légitime défense, c'est-à-dire quand il s'agit de conservation ! Mais ces deux points de vue suffisent à expliquer toutes les mauvaises actions exercées par des hommes sur les hommes : on veut son plaisir, on veut s'éviter le déplaisir; en quelque sens que ce soit, il s'agit toujours de sa propre conservation. Socrate et Platon ont raison : quoi que l'homme fasse, il fait toujours le bien, c'est-à-dire ce qui lui semble bon (utile) suivant son degré d'intelligence, son niveau actuel de raison".

    Friedrich Nietzsche, Humain, trop humain (1878)

     

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  • Aristote : Éthique a Nicomaque

    le-sentiment-d-irresponsabilite-2014.jpg"En menant une existence relâchée les hommes sont personnellement responsables d'être devenus eux-mêmes relâchés, ou d'être devenus injustes ou intempérants, dans le premier cas par leur mauvaise conduite, dans le second en passant leur vie à boire ou à commettre des excès analogues : en effet, c'est par l'exercice des actions particulières qu'ils acquièrent un caractère du même genre qu'elles. On peut s'en rendre compte en observant ceux qui s'entraînent en vue d'une compétition ou d'une activité quelconque : tout leur temps se passe en exercices. Aussi, se refuser à reconnaître que c'est à l'exercice de telles actions particulières que sont dues les dispositions de notre caractère est-il le fait d'un esprit singulièrement étroit. En outre, il est absurde de supposer que l'homme qui commet des actes d'injustice ou d'intempérance ne veuille pas être injuste ou intempérant ; et si, sans avoir l'ignorance pour excuse, on accomplit des actions qui auront pour conséquence de nous rendre injuste, c'est volontairement qu'on sera injuste. Il ne s'ensuit pas cependant qu'un simple souhait suffira pour cesser d'être injuste et pour être juste, pas plus que ce n'est ainsi que le malade peut recouvrer la santé, quoiqu'il puisse arriver qu'il soit malade volontairement en menant une vie intempérante et en désobéissant à ses médecins : c'est au début qu'il lui était alors possible de ne pas être malade, mais une fois qu'il s'est laissé aller, cela ne lui est plus possible, de même que si vous avez lâché une pierre vous n'êtes plus capable de la rattraper. Pourtant il dépendait de vous de la jeter et de la lancer, car le principe de votre acte était en vous. Ainsi en est-il pour l'homme injuste ou intempérant : au début il leur était possible de ne pas devenir tels, et c'est ce qui fait qu'ils le sont volontairement ; et maintenant qu'ils le sont devenus, il ne leur est plus possible de ne pas l'être."

    Aristote, Éthique à Nicomaque IVe s. av JC)

     

     

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  • Hegel : responsabilité et connaissance des circonstances

    3.jpg"Lorsque nous agissons nous-mêmes, par exemple, ou que nous jugeons les actes des autres, nous n'imputons à nous-mêmes ou aux autres les actes accomplis que dans la mesure où celui qui agit est bien conscient de la manière dont il agit et des circonstances dans lesquelles l'acte s'est accompli. Si les circonstances ne sont pas celles dont l'individu avait conscience et si l'objectivité comporte d'autres déterminations que celles qu'il prévoyait, l'homme moderne n'accepte pas l'entière responsabilité de ce qu'il a fait, il désavoue une partie de ce qu'il a réalisé, parce que, du fait de l'ignorance où il était des circonstances ou du fait de leur fausse appréciation, cette partie de son activité n'a pas été comme il la voulait, et il ne s'impute que ce qu'il savait et que ce qu'il a accompli intentionnellement en se basant sur ce savoir. Mais pour le caractère héroïque, cette distinction n'existe pas, il se réalise tout entier, avec toute son individualité, dans l'ensemble de son oeuvre. Œdipe, par exemple, se rendant auprès de l'oracle rencontre un homme qu'il tue au cours d'une rixe. À l'époque où il a été accompli, cet acte n'était pas un crime, l'homme ayant lui-même usé de violence à l'égard d’Œdipe. Mais cet homme était son père. Œdipe épouse une reine ; or, cette épouse était sa mère et il se trouve ainsi avoir contracté un mariage incestueux sans le savoir. Et, cependant, il accepte toute la responsabilité de son forfait, se châtie lui-même comme parricide et comme coupable d'inceste, bien qu'ayant tué son père et partagé la couche de sa mère sans le savoir ni le vouloir. Ferme, total et entier, le caractère héroïque se refuse à diviser la faute, il ne veut rien savoir d'une opposition possible entre l'intention subjective et l'acte objectif, alors que dans l'activité moderne, aux complications et ramifications infinies, chacun cherche à se décharger sur les autres, à se soustraire autant que possible aux responsabilités d'une faute commise. Sous ce rapport, notre manière de voir est plus morale, étant donné que ce qui caractérise avant tout la conduite morale, ce sont la connaissance subjective des circonstances, l'idée que nous avons du bien et l'intention de la réaliser dans nos actes".

    Hegel, Esthétique (1835)

     

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  • Camus : la responsabilité pénale

    obsolete.jpg"Si un homme est conduit, par les lois de la nature, à faire ce qu'il fait, nous ne pouvons ni l'en approuver ni le blâmer, pas davantage que nous ne pouvons reprocher à une montre d'être en avance ou en retard... La louange et le blâme, le châtiment en tant que vengeance ou paiement d'une dette sociale, n'ont pas leur place dans un système qui considère l'homme comme appartenant à l'univers naturel et qui admet par conséquent que son caractère comme ses actes découlent de ces lois. Devant toute situation donnée, l'homme réagit comme il devait réagir. Il ne pourrait agir autrement que si son caractère ou sa situation, ou les deux, étaient différents... Dire que x n"aurait pas dû tuer y revient à dire que x n"aurait pas dû être x... Au regard d'un système juridique cohérent du point de vue déterministe, les définitions en usage devant nos tribunaux seraient considérées comme de pures absurdités. "La responsabilité pénale" serait une absurdité, puisque le mot "responsabilité" implique la possibilité d'un libre choix devant l'action, tandis que le libre choix est une illusion, et que toutes nos actions sont déterminées à l'avance. "Je n'ai pas pu m'en empêcher", suffirait à la défense de chacun, puisque aucun de nous ne peut s'empêcher d'être ce qu'il est et de se conduire comme il se conduit".

    Albert Camus, Réflexions sur la peine capitale (1957)

     

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  • De quoi sommes-nous responsables ?

    forum_Richard_Arens_speaking_from_the_podium.jpgLe café philosophique de Montargis fait sa rentrée le vendredi 2 octobre 2015, à 19 heures, à la brasserie du centre commercial de La Chaussée. 

    Cette 7e saison marque un virage important pour l'animation philosophique de la Chaussée, avec la création d'une équipe élargie à la tête de ce café philo, maintenant bien connu des Montargois. Le café philo ne déroge cependant pas à son objectif et à ses habitudes : proposer chaque mois, à la Brasserie de la Chaussée, un débat philosophique ouvert à tous, dans la liberté et le respect de la parole de chacun. 

    Pour cette première séance, la 51e de l'animation de la Chaussée, le sujet discuté portera autour de cette question : "De quoi sommes-nous responsables ?"

    Poser cette question n'est-ce pas s'interroger sur ce dont je ne suis pas responsable ? De quoi je parle lorsqu'il est question de responsabilité ? De moi comme sujet ? De mon histoire ? De mes passions ? De mon environnement social ? Que recouvre le champ de la responsabilité ? Quelle est la place du devoir ? La notion de responsabilité est-elle liée à celle de la culpabilité ? Peut-on parler de responsabilité collective ?

    Ce sont autant de questions qui pourront être discutés le vendredi 2 octobre, à partir de 19 heures à la brasserie du Centre Commercial de La Chaussée de Montargis.

    La participation sera libre et gratuite.

     

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  • Ricoeur : responsabilité, éthique et politique

    Paul_Ricoeur.jpg"Là où on peut le discuter — et quel plus grand hommage peut-on rendre à un philosophe sinon le discuter — c'est que le principe de responsabilité sous la forme où nous l'avons habituellement, à savoir sous sa forme juridique ou morale, est trop court, parce que, au plus, nous sommes responsables des conséquences immédiates de notre action et aussi des torts qui s'ensuivent, des suites qui ont déjà fait leurs effets. Tandis que le problème de la responsabilité, ce sont des suites qui n'ont pas encore fait leurs effets mais que l'on peut évaluer. Là intervient la deuxième idée de Jonas, à savoir qu'il faut tenir compte non seulement des dangers probables, mais aussi des dangers possibles. Là encore il a introduit cette heuristique de la peur, que tout le monde a monté en épingle, comme si c'était son message principal, alors que l'heuristique c'est simplement un principe de découverte, un regard prospectif. Prenons un exemple : aujourd'hui on peut dire qu'un des dangers politiques est la prolifération des armes nucléaires dans le tiers-monde. Ainsi une guerre nucléaire entre deux états africains pauvres, sans être probable, est possible d'ici à une décennie. Alors l'heuristique de la peur consiste, justement, à être à l'affût des nuisances et des dangers improbables mais possibles. Parce que justement l'enjeu — c'est le côté pascalien — est qu'il faut parier sur l'improbable comme possible."

    Paul Ricoeur, "L’éthique, le politique, l’écologie", entretien pour Ecologie Politique, 1993

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  • Café vidéo de Montargis

    11885778_870486463029630_2991292862848820975_o.jpgPour lancer cette nouvelle saison, l'Association Art et Culture Montargis organise le vendredi 25 septembre 2015, à 21h, au Café Belman, à un café-vidéo durant lequel seront visionnés des courts-métrages produits par des réalisateurs amateurs locaux.

    Une 2ème partie sera consacrée au lancement de l'édition 2015 du triathlon-vidéo "42h pour un Court" qui se déroulera cette année du 23 au 25 octobre.

    http://www.art-et-culture-montargis.com

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  • Sans commentaire

    "Il n'y a ni morale ni responsabilité
    en littérature"

    [Christine Angot]

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