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prévert

  • COMPTE-RENDU DE LA DERNIÈRE SÉANCE

    Thème du débat : "Peut-on être jeune et heureux ?" 

    Date : 30 mars 2012 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée.

    Retrouvez le portfolio et les photos de cette séance sur ce lien

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    Environ 70 personnes étaient présentes pour ce café philosophique atypique en ce qu’il conviait la classe de Terminale littéraire du Lycée Saint-François-de-Sales à Gien. Milaury, Julie, Agnès, Héline, Pierrick et Karl-Jonathan avaient préparé et organisé avec brio ce débat qui a duré plus d’une heure 30, débat qui s‘est prolongé par la suite. 

    Ce 30 mars, les participants étaient invités à réfléchir à cette question : "Peut-on être jeune et heureux ?"

    Un participant commence par qualifier la question de pertinente en ce qu’elle semble porter un paradoxe intrinsèque : en effet, les jeunes sont l’espoir, la candeur - en cela, proches du bonheur – et cependant, cet enseignant n’a de cesse de constater une certaine morosité de la jeunesse française pouvant aller tragiquement vers le suicide. D’ailleurs, Julie souligne que le suicide est la seconde cause de mortalité chez les 12-25 ans (après les accidents de la route). Dès lors, un autre participant s’interroge : qu’est-ce que la jeunesse ? Qui est le jeune ? Selon lui, le jeune se trouve dans une situation d’entre deux qui peut le mettre mal à l’aise : il n’est plus un enfant mais pas encore un adulte. Reste à savoir si le bonheur se confond avec l’insouciance ou au contraire, ajoute une jeune participante, avec une maîtrise de soi, que l’on pourrait confondre avec la liberté.  Dans ce second cas, le jeune est un "apprenant" du bonheur. Pour l’atteindre, il s’agirait d’être totalement libre et, par là, de maîtriser l’ensemble de ses déterminations au premier rang desquelles se trouvent les passions. En cela, le jeune ne peut être heureux dans la mesure où on peut le voir comme assailli par ses désirs, qui plus est dans la société de consommation au sein de laquelle nous évoluons aujourd’hui. D’ailleurs, une participante affirme que le nourrisson ou jeune enfant symbolise une forme de bonheur dans son inconscience de la réalité : il sourit à tout, signe de l’insouciance et de la quiétude (cf. cet article paru sur notre site).   

    café philosophique,jeunesse,heureuxCependant, ajoute un autre intervenant, Kant oppose en cela bonheur et morale en ce que le premier serait l’assouvissement de tendances égoïstes, inutiles au sens littérale du terme, alors que la morale, elle, serait définie comme l’acte désintéressé au travers duquel je définis l’humanité. Dans cette idée, l’un d’entre nous affirme que se poser la question de son bonheur c’est précisément s’éloigner de l’état de plénitude qu’il désigne. 

    Force est de constater que le bonheur est relatif à l’individu et qu’en ce sens là il est forcément singulier. Reste que l’homme se confronte très vite à la nécessité d’être reconnu par autrui. Dès lors, le bonheur est un état qui semble flou et ténu en ce qu’il doit allier singularité et universalité de l’humanité. 

    café philosophique,jeunesse,heureuxLe bonheur est-il un état permanent ? Ou se confond-il avec la joie éphémère ? A ces questions, Milaury évoque le film Sans plus attendre (The Bucket List) (2008) au sein duquel les deux personnages principaux dressent la liste des dernières choses à faire avant de mourir pour s’accomplir et être heureux. On peut dire que le bonheur, en ce sens là, est le résultat de différentes épreuves, une forme d’épanouissement au sens littéral. Il s’agit de se construire une définition, de donner un sens à ce que nous sommes. D’ailleurs, les deux personnages principaux de ce film découvrent dans leur complicité et leurs longues discussions le sens de leur entreprise davantage que dans leurs actes extraordinaires sensés les rendre heureux. À cela, un participant cite Jacques Prévert puis s. Augustin, le premier affirmant "qu’on reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait en s’en allant", le second que "le bonheur c’est désirer ce que l’on possède déjà." Dès lors, le bonheur se situerait dans une philosophie de vie qui consisterait, à l’instar de la dialectique hégélienne, dans une compréhension de nos actes et de nous-mêmes, une acceptation de mon passé et une orientation sans cesse recorrigée de mon avenir. 

    café philosophique,jeunesse,heureuxFace à cela, un participant interroge les jeunes coorganisateurs sur la question de savoir si, eux, sont heureux. Plusieurs évoquent l’insouciance, l’absence de responsabilité financière comme mobile du bonheur, d’autres parlent de la pression que les adultes leur imposent dans le choix de leur vie, donc de ce qu’ils seront plus tard. Ne sont-ils pas quelque part forcés à être heureux, contraints de l’être, alors qu’en théorie ils n’ont que des "petits soucis par rapport aux adultes" (Milaury) ? En cela, Julie  pose une nouvelle question : le bonheur ne serait-il pas un Saint-Graal créé par l’homme adulte  pour palier la conscience du néant qui nous attend ou à l’absurdité de la vie humaine. L’homme prenant conscience qu’il est destiné à mourir créerait un sens factice à sa vie pour éviter la dure ralité qui nous rendrait forcément malheureux. Agnès évoque alors Nietzsche qui affirme que n’importe quelle raison vaut mieux qu’aucune raison. 

    A-t-on besoin du bonheur ? Doit-on le rechercher ? Il semblerait que le bonheur soit conséquent dans sa quête et non dans sa possession. Chimère ou pas, il est moteur d’actes de dépassement de soi vers le mieux et en cela, même si l’homme se fait des illusions sur lui-même, celles-ci  l’inscrivent dans un cercle vertueux au sein duquel le jeune joue un rôle conséquent puisqu’il incarne l’élan, le changement. Il est un aventurier. 

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    Même si l’ensemble des intervenants n’en ont pas fini avec cette question, il est l’heure de conclure. Karl-Jonathan reprend les différents pans de la question et Héline de clore le débat en citant une réplique du film A la Recherche du Bonheur :

    "Ne laisse jamais quelqu’un te dire que tu ne peux pas faire quelque chose. Même pas moi. D’accord ?

     D’accord.

    – Tu as un rêve, tu dois le protéger. Les gens ne peuvent pas faire quelque chose eux-mêmes, ils veulent te dire que tu ne peux pas le faire.  Tu veux quelque chose, alors, va le chercher."  

    (Lien vers cet extrait ici)

    La soirée se termine par les félicitations chaleureuses de l'ensemble des participants. Bravo à  Milaury, Julie, Agnès, Héline, Pierrick et Karl-Jonathan pour avoir su mener avec talent ce débat ! Retrouvez quelques clichés de ce café philo sur ce lien.

    Claire et Bruno fixent la prochaine séance au 20 avril 2012. Le sujet proposé, actualité oblige, portera sur cette question : "Qu’est-ce qu’un bon président ?

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    Philo-galerie : Pour illustrer ce débat, nous avons choisi des extraits du photo-reportage de Raphaël Helle intitulé "Anthony & Victoria" (avec nos remerciements !) et paru dans la revue (remarquable) XXI.

    A noter que ce post est le 400ème de notre site Internet.
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"Il faut se méfier des ingénieurs, ça commence par la machine à coudre, ça finit par la bombe atomique." [Marcel Pagnol]