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  • Nietzsche : "Mes pensées écrites et multicolores"

    "Hélas ! Qu’êtes-vous donc, vous mes pensées écrites et multicolores ! Il n’y a pas longtemps que vous étiez encore si variées, si jeunes, si malicieuses, si pleines d’aiguillons et d’assaisonnements secrets que vous me faisiez éternuer et rire. Et maintenant ! Déjà vous avez dépouillé votre nouveauté et quelques-unes d’entre vous sont, je le crains, prêtes à devenir des vérités : tant elles ont déjà l’air immortelles, douloureusement véridiques et si ennuyeuses ! En fut-il jamais autrement ? Qu’écrivons-nous, que peignons-nous donc, nous autres mandarins au pinceau chinois, nous qui immortalisons les choses qui se laissent écrire, que pouvons-nous donc peindre ? Hélas ! rien autre chose que ce qui commence déjà à se faner et à se gâter ! Hélas ! toujours des orages qui s’épuisent et se dissipent, des sentiments tardifs et jaunis ! Hélas ! des oiseaux égarés et fatigués de voler qui maintenant se laissent prendre avec les mains, — avec notre main ! Nous éternisons ce qui ne peut plus vivre ni voler longtemps, rien que des choses molles et fatiguées ! Et ce n’est que pour votre après-midi, vous mes pensées écrites et multicolores, que j’ai encore des couleurs, beaucoup de couleurs peut-être, beaucoup de tendresses variées, des centaines de couleurs jaunes, brunes, vertes et rouges : — mais personne ne sait y démêler l’aspect que vous aviez au matin, ô étincelles soudaines, merveilles de ma solitude, ô mes anciennes, mes aimées… mes méchantes pensées !"

    Friedrich Nietzsche, Par delà le Bien et le Mal (1886)

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  • Nietzsche : l'art pour l'art

    "L'art pour l'art. - La lutte contre la fin en l'art est toujours une lutte contre les tendances moralisatrices dans l'art, contre la subordination de l'art sous la morale. L'art pour l'art veut dire : « Que le dia ble emporte la morale ! ». -Mais cette inimitié même dénonce encore la puissance prépondérante du préjugé. Lorsque l'on a exclu de l'art le but de moraliser et d'améliorer les hommes, il ne s'ensuit pas encore que l'art doive être absolument sans fin, sans but et dépourvu de sens, en un mot, l'art pour l'art - un serpent qui se mord la queue. « Etre plutôt sans but, que d'avoir un but moral ! » ainsi parle la passion pure. Un psychologue demande au contraire : que fait toute espèce d'art ? ne loue-t-elle point ? ne glorifie-t-elle point ? n'isole-t-elle point ? Avec tout cela l'art fortifie ou affaiblit certaines évaluations... N'est-ce là qu'un accessoire, un hasard ? Quelque chose à quoi l'instinct de l'artiste ne participerait pas du tout ? Ou bien la faculté de pouvoir de l'artiste n'est-elle pas la condition première de l'art ? L'instinct le plus profond de l'artiste va-t-il à l'art, ou bien n'est-ce pas plutôt au sens de l'art, à la vie, à un désir de vie ? - L'art est le grand stimulant à la vie : comment pourrait-on l'appeler sans fin, sans but, comment pourrait-on l'appeler l'art pour l'art ?"

    Friedrich Nietzsche, Le Crépuscule des Idoles (1888)

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  • Nietzsche : le travail et l'ennui

    caillebotte-raboteurs1.jpgLe besoin nous contraint au travail dont le produit apaise le besoin : le réveil toujours nouveau des besoins nous habitue au travail. Mais dans les pauses où les besoins sont apaisés et, pour ainsi dire, endormis, l'ennui vient nous surprendre. Qu'est-ce à dire ? C'est l'habitude du travail en général qui se fait à présent sentir comme un besoin nouveau, adventice ; il sera d'autant plus fort que l'on est plus fort habitué à travailler, peut-être même que l'on a souffert plus fort des besoins. Pour échapper à l'ennui , l'homme travaille au-delà de la mesure de ses autres besoins ou il invente le jeu, c'est-à-dire le travail qui ne doit apaiser aucun autre besoin que celui du travail en général. Celui qui est saoul du jeu et qui n'a point, par de nouveaux besoins, de raison de travailler, celui-là est pris parfois du désir d'un troisième état, qui serait au jeu ce que planer est à danser, ce que danser est à marcher, d'un mouvement bienheureux et paisible : c'est la vision du bonheur des artistes et des philosophes.

    Friedrich Nietzsche, Humain, trop humain (1878)

     

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  • Nietzsche : la femme et son apprentissage

    DSC0341.jpg"Apprendre nous métamorphose, cela fait ce que fait toute alimentation, laquelle ne se borne pas à "conserver" – : comme le physiologiste le sait bien. Mais au fond de nous, tout "en dessous", il y a assurément quelque chose qui se refuse à apprendre, un granit de fatum spirituel, de résolution et de réponse prédéterminée à des questions sélectionnées de manière prédéterminée. À l’occasion de tout problème cardinal s’exprime un immuable "voilà comment je suis" ; sur l’homme et la femme, par exemple, un penseur ne peut pas réviser ce qu’il a appris, mais seulement pousser son apprentissage à son terme, – seulement découvrir finalement ce qui en lui est "fermement établi" à ce sujet. On résout de bonne heure des problèmes en leur trouvant certaines solutions qui suscitent en nous précisément une croyance solide ; peut-être les nomme-t-on désormais ses "convictions". Plus tard – on ne voit en elles que des traces menant à la connaissance de soi, des panneaux indicateurs menant au problème que nous sommes, – plus précisément à la grande stupidité que nous sommes, à notre fatum spirituel, à ce tout "en dessous" qui se refuse à apprendre. – Du fait des gentillesses dont je viens de me rendre abondamment coupable à mon propre égard, peut-être m’accordera-t-on déjà plus volontiers d’exprimer quelques vérités sur la "femme en soi" : étant admis que l’on sait d’emblée, désormais, que ce ne sont à coup sûr que – mes vérités."

    Friedrich Nietzsche, Par-delà le Bien et le Mal (1886)

     

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  • Nietzsche : la vérité serait-elle femme ?

    o_cat.43.jpg"A supposer que la vérité soit femme, n’a-t-on pas lieu de soupçonner que tous les philosophes, pour autant qu’ils furent dogmatiques, n’entendent pas grand-chose aux femmes et que l’effroyable sérieux, la gauche insistance avec lesquels ils se sont jusqu’ici approchés de la vérité, ne furent que des efforts maladroits et mal appropriés pour conquérir justement les faveurs d’une femme ? Certes, elle ne s’est pas laissée séduire."

    Friedrich Nietzsche, Par-delà le Bien et le Mal (1886)

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  • Nietzsche : à qui appartient l'histoire ?

    3623.jpeg"L’histoire appartient avant tout à l’actif et au puissant, (…) qui, ayant besoin de maîtres, d’exemples, de consolateurs, ne saurait les trouver parmi ses compagnons (…) qui ne font que s’agiter et se débattre ; pour qu’il ne se prenne pas à désespérer et à ressentir du dégoût, il a besoin de regarder derrière lui…

    L’histoire appartient en second lieu à celui qui conserve et qui vénère, à celui qui, avec fidélité et amour, tourne les regards vers l’endroit d’où il vient, où il s’est formé… Il veut conserver les conditions sous lesquelles il est né, pour ceux qui viendront après lui, et c’est ainsi qu’il sert la vie... Quand l’histoire sert la vie passée au point qu’elle mine la vie présente et surtout la vie supérieure, quand le sens historique ne conserve plus la vie mais qu’il la momifie, c’est alors que l’arbre se meurt...

    Pour pouvoir vivre, l’homme doit posséder la force de briser un passé et de l’anéantir et il faut qu’il emploie cette force de temps en temps... Il arrive pourtant parfois que cette même vie qui a besoin de l’oubli exige la destruction momentanée de cet oubli. Il s’agit alors de se rendre compte combien injuste est l’existence d’une chose, par exemple d’un privilège, d’une caste, d’une dynastie, de se rendre compte à quel point cette chose mérite de disparaître."

    Friedrich NietzscheSeconde Considération inactuelle (1874)

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  • Ils ont dit, au sujet de l'histoire

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    "Voici l'exposé de l'enquête effectuée par Hérodote de Thourioi, afin que les événements humains ne disparaissent pas avec le temps." [Hérodote]

    “L'histoire est un perpétuel recommencement.” [Thucydide]

    "Voilà pourquoi la poésie est une chose plus philosophique et plus noble que l’histoire : la poésie dit plutôt le général, l’histoire le particulier." [Aristote]

    “L'histoire est la philosophie enseignée par l'exemple.” [Denys d’Halicarnasse]

    "Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les événements, mais l'idée qu'ils se font des événements." [Épictète]

    “Il faut éclairer l'histoire par les lois et les lois par l'histoire.” [Montesquieu]

    "Une tentative philosophique pour traiter l'histoire universelle en fonction du plan de la nature qui vise à une unification politique totale dans l'espèce humaine doit être envisagée comme possible et même comme avantageuse pour ce dessein de la nature." [Emmanuel Kant]

    "J’ai vu l’Empereur – cette âme du monde – sortir de la ville pour aller en reconnaissance ; c’est effectivement une sensation merveilleuse de voir un pareil individu qui, concentré ici sur un point, assis sur un cheval, s’étend sur le monde et le domine." [Hegel]

    "Le point de vue de l'histoire philosophique n'est pas tiré abstraitement de la multitude des autres points de vue généraux et ne peut être compris si l'on fait abstraction des autres. Son principe spirituel est la totalité de tous les points de vue." [Hegel]

    "On dit aux gouvernants, aux hommes d’État, aux peuples de s'instruire principalement par l'expérience de l'histoire. Mais ce qu'enseignent l'expérience et l'histoire, c'est que peuples et gouvernements n'ont jamais rien appris de l'histoire et n'ont jamais agi suivant des maximes qu'on en aurait pu retirer. Chaque époque, chaque peuple se trouve dans des conditions si particulières, constitue une situation si individuelle que dans cette situation on ne peut et on ne doit décider que par elle." [Hegel]

    “La raison gouverne le monde et par conséquent gouverne et a gouverné l'histoire universelle.” [Hegel]

    "L’histoire est à la poésie ce que le portrait est au tableau d’histoire ; la première nous donne la vérité particulière, la seconde la vérité générale." [Arthur Schopenhauer]

    "L’histoire est pour l’espèce humaine ce que la raison est pour l’individu. Grâce à sa raison, l’homme n’est pas renfermé comme l’animal dans les limites étroites du présent visible ; il connaît encore le passé infiniment plus étendu, source du présent qui s’y rattache : c’est cette connaissance seule qui lui procure une intelligence plus nette du présent et lui permet même de formuler des inductions pour l’avenir." [Arthur Schopenhauer]

    "Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas arbitrairement, dans les conditions choisies par eux, mais dans des conditions directement données et héritées du passé." [Karl Marx]

    "L'histoire de toute société jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire de luttes de classes." [Karl Marx et Friedrich Engels]

    "La société bourgeoise moderne, élevée sur les ruines de la société féodale, n'a pas aboli les antagonismes de classes. Elle n'a fait que substituer de nouvelles classes, de nouvelles conditions d'oppression, de nouvelles formes de lutte à celles d'autrefois." [Karl Marx et Friedrich Engels]

    "L’histoire se répète toujours deux fois : la première fois comme une tragédie, la seconde fois comme une comédie." [Karl Marx]

    "Votre amour trompeur pour le passé : amour de fossoyeur - C'est faire tort à la vie : c'est lui voler son avenir." [Friedrich Nietzsche]

    “Toute l'histoire du monde se conçoit comme la biographie d'un seul homme.” [Friedrich Nietzsche]

    “L'histoire est la science des choses qui ne se répètent pas.” [Paul Valéry]

    "Si j’étais un antiquaire, je n’aurais d’yeux que pour les vieilles choses. Mais je suis historien. C’est pourquoi j’aime la vie." [Marc Bloch]

    “L'histoire, comme une idiote, mécaniquement se répète.” [Paul Morand]

    “L'histoire est un grand présent, et pas seulement un passé.” [Alain]

    "Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre" [Winston Churchill]

    "Si nous quittons résolument l'idée théologique d'un fond rationnel du monde, la logique de l'histoire n'est plus qu'une possibilité parmi d'autres." [Maurice Merleau-Ponty]

    “Nous ne voulons plus d'un destin. Nous voulons une histoire. ” [Jean Baudrillard]

    "La connaissance historique ne consiste pas à raconter ce qui s’est passé d’après les documents écrits qui nous ont été par accident conservés, mais, sachant ce que nous voulons découvrir et quels sont les principaux aspects de toute collectivité, à nous mettre en quête de documents qui nous ouvriront l’accès au passé." [Raymond Aron]

    "J'entends par histoire une recherche scientifiquement conduite, disons à la rigueur une science, mais complexe : il n'y a pas une histoire, un métier d'historien, mais des métiers, des histoires, une somme de curiosités, de points de vue, de possibilités." [Fernand Braudel]

    “Il arrive que l’histoire repasse les plats mais ce sont rarement les meilleurs.” [André Frossard]

    "Nous attendons de l'histoire une certaine objectivité, l'objectivité qui lui convient : c'est de là que nous devons partir et non de l'autre terme." [Paul Ricoeur]

    “Toute philosophie est d'une certaine façon, la fin de l'histoire.” [Paul Ricoeur]

    “Hélas, l'histoire donne peu d'exemples de peuples qui tirent les leçons de leur propre histoire” [Stéphane Hessel]
    “Et si l'Histoire plaisantait ?” [Milan Kundera]

    "L’enjeu véritable n’est pas l’avenir mais le passé : nous voulons le modifier en fonction de nos goûts. On ne veut être maître de l’avenir que pour pouvoir changer le passé." [Milan Kundera]

    "Demain, c'est écrit hier" [Günter Grass]

     

    "Un homme sans passé est plus pauvre qu’un homme sans avenir." [Elie Wiesel]

    "Ce à quoi nous assistons peut-être n'est pas seulement à la fin de la Guerre froide, ni à la fin d'une période particulière de l'histoire d'après-guerre, mais à la fin de l'histoire en tant que telle... C'est-à-dire le point final de l'évolution idéologique de l'humanité et l'universalisation de la démocratie libérale occidentale en tant que forme ultime du gouvernement humain." [Francis Fukuyama]

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  • Nietzsche : qu'est-ce que la vengeance ?

    nietszche"La vengeance aussi est tantôt ceci, tantôt cela, tantôt quelque chose de plus composé. On distinguera d'abord cette riposte défensive que l'on exécute presque automatiquement, même contre des objets inanimés qui ont lésé (comme contre les machines en mouvement) : le sens de notre réaction est d'interrompre, en immobilisant la machine, le dommage qu'elle nous inflige. La vigueur de la riposte doit parfois, pour atteindre ce but, être si forte qu'elle brise la machine ; mais si cette dernière est trop puissante pour pouvoir être détruite sur-le-champ par l'individu, celui-ci n'en portera pas moins toujours le coup le plus violent dont il soit capable, - comme par un ultime essai. C'est ainsi que l'on se conduit aussi envers les personnes qui nous lèsent, dans la sensation immédiate de la lésion elle-même ; on pourra si l'on y tient appeler cet acte un acte de vengeance ; seulement, on devra considérer que seule la conservation personnelle a ici mis en branle son mécanisme de raison, et qu'au fond on ne pense pas alors à l'auteur de la lésion, mais uniquement à soi : on agit ainsi sans chercher à nuire en retour, mais seulement pour s'en tirer indemne. – On a besoin de temps pour passer de soi à l'adversaire par la pensée et se demander de quelle manière on pourra l'atteindre plus sensiblement. C'est ce qui se passe dans la deuxième espèce de vengeance ; la condition préalable en est une réflexion sur la vulnérabilité et la capacité de souffrance de l'autre ; on veut faire mal. Par contre, se garantir soi-même de dommages ultérieurs est ici si peu dans les vues de qui se venge qu'il provoque presque régulièrement lui-même ces dommages qui l'atteignent encore, et très souvent les voit de sang-froid venir d'avance. Si, dans la première espèce de vengeance, c'était la peur du deuxième coup qui rendait la riposte aussi forte que possible, c'est ici une indifférence presque totale à ce que fera l'adversaire ; la force de la riposte n'est déterminée par ce qu'il nous a fait. – Qu'a-t-il donc fait ? Et de quoi nous sert qu'il souffre maintenant, après que nous avons souffert par lui ? Il s'agit d'une réparation, alors que l'acte vengeance de la première espèce ne sert qu'à la conservation de soi. Peut-être avons-nous, du fait de l'adversaire, perdu fortune, rang, amis, enfants, - ces pertes ne sont pas rachetées par la vengeance, la réparation concerne uniquement une perte accessoire à côté de toutes celles que l'on vient de dire. La vengeance de réparation ne préserve pas de dommages ultérieurs, elle n'indemnise pas des dommages subis, - sauf dans un seul cas. Si c'est notre honneur qui a souffert du fait de l'adversaire, la vengeance a pouvoir de le rétablir. Or, il a subi un dommage dans tous les cas où l'on nous a intentionnellement lésé, car l'adversaire a ainsi démontré qu'il ne nous craignait pas. Par la vengeance, c'est nous qui démontrons que nous ne le craignons pas non plus ; c'est en cela que consiste la compensation, la réparation. […] Rien ne semble donc plus différent que la motivation intérieure des deux conduites que l'on désigne du terme unique de vengeance ; el néanmoins il arrive très fréquemment que l'auteur d'une vengeance ne se rende pas clairement compte de ce qui l'a déterminé à agir ; peut-être a-t-il exécuté sa riposte par peur et pour assurer sa conservation, mais après coup, ayant eu le temps de réfléchir au point de vue de l'honneur blessé, s'est-il persuadé à lui-même qu'il s'est vengé pour l'honneur : - ce motif, en effet, est, quoi qu'il en soit, plus distingué que l'autre. Un point essentiel en l'occurrence est encore de savoir s'il estime son honneur lésé aux yeux des autres (du monde) ou seulement aux yeux de l'offenseur ; dans ce dernier cas, il préférera la vengeance secrète, mais publique dans le premier. Selon qu'il s'imagine fort ou faible dans l'âme du coupable et des témoins, sa vengeance sera plus acharnée ou plus modérée ; si ce genre d'imagination lui fait entièrement défaut,  il ne pensera pas du tout à la vengeance; car alors le sentiment de l'honneur n'existe pas chez lui, où il ne peut donc être blessé. De même, il ne pensera pas à se venger s'il méprise le coupable et les témoins de son acte, puisqu'ils ne peuvent, objets de mépris, lui conférer aucun honneur, ni par suite lui ravir le sien. Enfin, il renoncera à la vengeance dans le cas nullement exceptionnel où il aime le coupable ; sans doute, il perdra ainsi quelque peu de son honneur aux yeux de celui-ci et en deviendra peut-être moins digne d'être aimé en retour. Mais renoncer à être payé de retour est aussi un sacrifice que l'amour est prêt à consentir pourvu de n'être pas obligé de faire mal à l'être aimé : cela serait se faire plus de mal que n'en fera ledit sacrifice. - Pour conclure, tout le monde se vengera, à moins d'être sans honneur ou alors plein de mépris ou d'amour pour l'auteur du dommage et de l'offense. Même celui qui s'adresse aux tribunaux veut sa vengeance en tant que particulier, mais en outre et accessoirement, en tant que membre conscient et prévoyant de la société, la vengeance de celle-ci sur quelqu'un qui ne la respecte pas. La peine juridique rétablit ainsi et l'honneur personnel et l'honneur de la société : ce qui veut dire que la peine est une vengeance. – Indubitablement, il y a aussi en elle cet autre élément de la vengeance que nous avons décrit en premier lieu, en ce que la société la faire servir à sa conservation et inflige une riposte en état de légitime défense. La peine veut empêcher d'autres dommages, cela veut intimider. De la sorte, les deux éléments si différents de la vengeance sont réellement associés dans la peine."

    Friedrich Nietzsche,  Humain, trop humain (1886)

     

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  • NIETZSCHE : LA RELIGION, MALADIE DE LA CIVILISATION

    artwork_images_424157556_176230_DavidLaChapelle111.jpg"On aura déjà deviné ce qui se passa avec tout cela et sous le voile de tout cela : cette volonté de se torturer soi-même, cette cruauté rentrée de l'animal-homme refoulé dans sa vie intérieure, se retirant avec effroi dans son individualité, enfermé dans "l'État" pour être apprivoisé, et qui inventa la mauvaise conscience pour se faire du mal, après que la voie naturelle de cette volonté de faire le mal lui fut coupée, – cet homme de la mauvaise conscience s'est emparé de l'hypothèse religieuse pour pousser son propre supplice à un degré de dureté et d'acuité effrayant. Une dette envers Dieu : cette pensée devint pour lui un instrument de torture.

    Il saisit en "Dieu" les extrêmes contrastes qu'il peut imaginer à ses propres instincts animaux irrémissibles, il interprète ces instincts mêmes comme dette envers Dieu (hostilité, rébellion, révolte contre le "maître", le "père", l'ancêtre et le principe du monde), il se place au beau milieu de l'antithèse entre "dieu" et le "diable", il jette hors de lui-même toutes les négations, tout ce qui le pousse à se renier soi-même, à renier la nature, la spontanéité, la réalité de son être pour en faire l'affirmation de quelque chose d'existant, de corporel, de réel, Dieu. Dieu saint, Dieu juge, Dieu bourreau, l'Au-delà, le supplice, l'infini, l'enfer, la grandeur incommensurable du châtiment et de la faute. C'est là une espèce de délire de la volonté dans la cruauté physique, dont à coup sûr on ne trouvera pas d'équivalent : cette volonté de l'homme à se trouver coupable et réprouvé jusqu'à rendre l'expiation impossible, sa volonté de se vouloir châtié sans que jamais le châtiment puisse être l'équivalent de la faute, sa volonté d'infester et d'empoisonner le sens le plus profond des choses par le problème de la punition et de la faute, pour se couper une fois pour toutes la sortie de ce labyrinthe d'"idées fixes", sa volonté enfin d'ériger un idéal – celui du "Dieu très saint" – pour bien se rendre compte en présence de cet idéal de son absolue indignité propre.

    Quelle bête triste et folle que l'homme. À quelles imaginations bizarres et contre nature, à quel paroxysme de démence, à quelle bestialité de l'idée se laisse-t-elle entraîner dès qu'elle est empêchée quelque peu d'être bête de l'action !... Tout cela est intéressant à l'extrême, mais, à trop longtemps regarder dans cet abîme, on se sent envahi par une tristesse poignante, et énervante, c'est pourquoi il faut s'arracher avec violence à ce spectacle. Il n'est pas douteux que nous ne nous trouvions en présence d'une maladie, la plus terrible qui ait jamais sévi parmi les hommes : – et celui qui est encore capable d'entendre (mais de nos jours on n'a plus d'oreilles pour cela) – d'entendre ressentir dans cette nuit de martyre et d'absurdité, le cri de l'amour, le cri de l'extase, enflammé de désir, le cri de la rédemption par l'amour, celui-là se retournera saisi d'une invincible horreur... En l'homme il y a tant de choses effroyables ! – Trop longtemps la terre fut un asile d'aliénés."   

    Friedrich Nietzsche, Généalogie de la Morale (1887)

     

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  • NIETZSCHE : L’ÉTERNEL RETOUR

    fusli.jpg"Et si un jour ou une nuit, un démon se glissait furtivement dans ta plus solitaire solitude et te disait: "Cette vie, telle que tu la vis et l’a vécue, il te faudra la vivre encore une fois et encore d’innombrables fois; et elle ne comportera rien de nouveau, au contraire, chaque douleur et chaque  plaisir et chaque pensée et soupir et tout ce qu’il y a dans ta vie d’indiciblement petit et grand doit pour toi revenir, et tout suivant la même succession et le même enchaînement – et également cette araignée et ce clair de lune entre les arbres, et également cet instant et moi-même. Un éternel sablier de l’existence est sans cesse renversé, et toi avec lui, poussière des  poussières !" – Ne te jetterais-tu pas par terre en grinçant des dents et en maudissant le démon qui parla ainsi ? Ou bien as-tu vécu une fois un instant formidable où tu lui répondrais: "Tu es un dieu et jamais je n’entendis rien de plus divin !" Si cette pensée s’emparait de toi, elle te métamorphoserait, toi, tel que tu es, et, peut-être, t’écraserait; la question, posée à  propos de tout et de chaque chose, "veux-tu ceci encore une fois et encore d’innombrables fois ?" ferait peser sur ton agir le poids le plus lourd ! Ou combien te faudrait-il aimer et toi-même et la vie pour ne plus aspirer à rien d’autre qu’à donner cette approbation et apposer ce sceau ultime et éternel ?"

    Friedrich Nietzsche, Le Gai Savoir (1882-1887)

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  • NIETZSCHE : L'OUBLI COMME GARDIEN DE LA VIE

    randonneur-sur-montagne-caspar-david-friedrich.jpg"L’oubli n’est pas seulement une vis inertiae, comme le croient les esprits superficiels ; c’est bien plutôt un pouvoir actif, une faculté d’enrayement dans le vrai sens du mot, faculté à quoi il faut attribuer le fait que tout ce qui nous arrive dans la vie, tout ce que nous absorbons se présente tout aussi peu à notre conscience pendant l’état de « digestion » (on pourrait l’appeler une absorption psychique) que le processus multiple qui se passe dans notre corps pendant que nous « assimilons » notre nourriture. Fermer de temps en temps les portes et les fenêtres de la conscience ; demeurer insensibles au bruit et à la lutte que le monde souterrain des organes à notre service livre pour s’entraider ou s’entre-détruire ; faire silence, un peu, faire table rase dans notre conscience pour qu’il y ait de nouveau de la place pour les choses nouvelles, et en particulier pour les fonctions et les fonctionnaires plus nobles, pour gouverner, pour prévoir, pour pressentir (car notre organisme est une véritable oligarchie) — voilà, je le répète, le rôle de la faculté active d’oubli, une sorte de gardienne, de surveillante chargée de maintenir l’ordre psychique, la tranquillité, l’étiquette. On en conclura immédiatement que nul bonheur, nulle sérénité, nulle espérance, nulle fierté, nulle jouissance de l’instant présent ne pourraient exister sans faculté d’oubli. L’homme chez qui cet appareil d’amortissement est endommagé et ne peut plus fonctionner est semblable à un dyspeptique (et non seulement semblable) — il n’arrive plus à "en finir" de rien…"

    Friedrich Nietzsche, La Généalogie de la Morale (1887)

     

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  • NIETZSCHE : LE BESOIN DU PASSÉ ET DE L'HISTOIRE

    le-temps-qui-passe.jpg"Nous avons besoin de l’histoire pour vivre et pour agir, et non point pour nous détourner nonchalamment de la vie et de l’action, ou encore pour enjoliver la vie égoïste et l’action lâche et mauvaise. Nous voulons servir l’histoire seulement en tant qu’elle sert la vie. Mais il y a une façon d’envisager l’histoire et de faire de l’histoire grâce à laquelle la vie s’étiole et dégénère. C’est là un phénomène qu’il est maintenant nécessaire autant que douloureux de faire connaître, d’après les singuliers symptômes de notre temps...

    Un homme qui voudrait ne sentir que d’une façon purement historique ressemblerait à quelqu’un que l’on aurait forcé de se priver de sommeil, ou bien à un animal qui serait condamné à ruminer sans cesse les mêmes aliments. Il est donc possible de vivre sans presque se souvenir, de vivre même heureux, à l’exemple de l’animal, mais il est absolument impossible de vivre sans oublier. Si je devais m’exprimer, sur ce sujet, d’une façon plus simple encore, je dirais : il y a un degré d’insomnie, de rumination, de sens historique qui nuit à l’être vivant et finit par l’anéantir, qu’il s’agisse d’un homme, d’un peuple ou d’une civilisation.

    Pour pouvoir déterminer ce degré et, par celui-ci, les limites où le passé doit être oublié sous peine de devenir le fossoyeur du présent, il faudrait connaître exactement la force plastique d’un homme, d’un peuple, d’une civilisation, je veux dire cette force qui permet de se développer hors de soi-même, d’une façon qui vous est propre, de transformer et d’incorporer les choses du passé, de guérir et de cicatriser des blessures, de remplacer ce qui est perdu, de refaire par soi-même des formes brisées...

    La culture historique par contre, n’est bienfaisante et pleine de promesses pour l’avenir que lorsqu’elle côtoie un puissant et nouveau courant de la vie, une civilisation en train de se former, donc uniquement lorsqu’elle est dominée et conduite par une puissance supérieure et qu’elle ne domine et ne conduit pas elle-même.[...] La question de savoir jusqu’à quel point la vie a besoin, d’une façon générale, des services de l’histoire, c’est là un des problèmes les plus élevés, un des plus grands intérêts de la vie, car il s’agit de la santé d’un homme, d’un peuple, d’une civilisation. Quand l’histoire prend une prédominance trop grande, la vie s’émiette et dégénère et, en fin de compte, l’histoire elle-même pâtit de cette dégénérescence."

    Friedrich Nietzsche, Seconde Considération intempestive (1873-1876)

     

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  • ILS ONT DIT, AU SUJET DE LA SOLITUDE

     

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    "Même dans la solitude, ne dis ni ne fais rien de blâmable. Apprends à te respecter beaucoup plus devant ta propre conscience que devant autrui." [Démocrite]

    "Or, puisque nous entreprenons de vivre seuls et de nous passer de compagnie, faisons que notre contentement dépende de nous." [Michel de Montaigne]

    "De là vient que les hommes aiment tant le bruit et le remuement ; de là vient que la prison est un supplice si horrible ; de là vient que le plaisir de la solitude est une chose incompréhensible." [Blaise Pascal

    "La parfaite solitude est peut-être la plus grande punition que nous puissions souffrir." [David Hume]

    "En sortant d'une longue et douce rêverie, en me voyant entouré de verdure, de fleurs, d'oiseaux et laissant errer mes yeux au loin sur les romanesques rivages qui bordaient une vaste étendue d'eau claire et cristalline, j'assimilais à mes fictions tous ces aimables objets ; et me trouvant enfin ramené par degrés à moi-même et à ce qui m'entourait, je ne pouvais marquer le point de séparation des fictions aux réalités ; tant tout concourait également à me rendre chère la vie recueillie et solitaire que je menais dans ce beau séjour." [Jean-Jacques Rousseau

    "Qui vient ? qui m'appelle ? / - Personne. / Je suis seul ; c'est l'heure qui sonne ; / Ô solitude ! Ô pauvreté !" [Alfred de Musset]

    "On ne peut être vraiment soi qu'aussi longtemps qu'on est seul ; qui n'aime donc pas la solitude n'aime pas la liberté, car on n'est libre qu'étant seul." [Arthur Schopenhauer]

    "La solitude offre à l'homme intellectuellement haut placé un double avantage : le premier, d'être avec soi-même, et le second de n'être pas avec les autres." [Arthur Schopenhauer

    "La solitude est très belle... quand on a près de soi quelqu'un à qui le dire." [Gustavo Adolfo Bécquer

    "Plus j'aime l'humanité en général et moins j'aime les gens en particulier." [Fiodor Dostoïevski]

    "Lorsque Zarathoustra eut atteint sa trentième année, Il quitta sa patrie et le lac de sa patrie et s'en alla dans la montagne. Là il jouit de son esprit et de sa solitude et ne s'en lassa point durant dix années." [Friedrich Nietzsche]     

    "Le défaut le plus répandu de notre type de formation et d’éducation : personne n'apprend, personne n'aspire, personne n'enseigne... à supporter la solitude." [Friedrich Nietzsche

    "L'intellectualité supérieure et indépendante, la volonté de solitude, la grande raison apparaissent comme des dangers." [Friedrich Nietzsche

    "Une seule chose est nécessaire : la solitude. La grande solitude intérieure. Aller en soi-même et ne rencontrer pendant des heures personne, c'est à cela qu'il faut parvenir. Etre seul, comme l'enfant est seul." [Rainer Maria Rilke

    "Il est bon de redire que l'homme ne se forme jamais par l'expérience solitaire." [Alain

    "Ma parole est recoupée par celle d'autrui : je m'entends en autrui et il parle en moi." [Maurice Merleau-Ponty

    "La solitude rend sensible, non étranger à autrui." [Mika Waltari]

    "Dans l'amour, chaque conscience cherche à mettre son être-pour-autrui dans la liberté de l'autre." [Jean-Paul Sartre]  

    "La femme postmoderne, interrogée par des sondeurs, s’estime être seule car elle est souvent condamnée à un enfermement intérieur qui lui interdit la rencontre avec un homme." [Simone de Beauvoir]

    "Incapable de s'accomplir dans la solitude, l'homme dans ses rapports avec ses semblables est sans cesse en danger : sa vie est une entreprise difficile dont la réussite n'est jamais assurée." [Simone de Beauvoir]

    "Dans la proximité, l'absolument autre, l'Étranger que "je n'ai ni conçu ni enfanté" je l'ai déjà sur les bras, déjà je le porte... En être réduit à recourir à moi, c'est déjà l'apatridie ou l'étranger du prochain. Elle m'incombe." [Emmanuel Lévinas]   

    "Le tort des théories philosophiques c'est de [réduire autrui] tantôt à un objet particulier, tantôt à un autre sujet... Mais autrui n'est ni un objet dans le champ de ma perception, ni un sujet qui me perçoit : c'est d'abord une structure du champ perceptif, sans laquelle ce champ dans son ensemble ne fonctionnerait pas comme il le fait." [Gilles Deleuze

    "La solitude. Elle est mon moteur, mais aussi une malédiction. Je rencontre peu de gens. Je ne sors presque jamais. J’ai trop de soucis." [Yves Saint Laurent

    "Solitude : douce absence de regards." [Milan Kundera

    "Être seul, c'est être soi, rien d'autre. Comment serait-on autre chose ? Personne ne peut vivre à notre place ni mourir à notre place, ni souffrir à notre place, et c'est ce qu'on appelle la solitude : ce n'est qu'un autre nom pour l'effort d'exister." [André Comte-Sponville

    "Le langage, loin de combler l’abîme qui sépare les êtres, creuse la distance, il met en évidence la solitude et l’impossibilité de communiquer." [Michel Onfray

     

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  • ILS ONT DIT, AU SUJET DE LA FAMILLE

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    "Voir les enfants de ses enfants est la joie du vieillard. La gloire des enfants est de connaître leur père." [Livre des Proverbes]

    "Vous voyez cet enfant qui est le mien ? Il n'a que cinq ans, mais il tient l'univers sous sa férule. Car il gouverne sa mère, sa mère me gouverne, je gouverne Athènes et Athènes gouverne le monde." [Thémistocle]

    "La cité est par nature antérieure à la famille et à chacun de nous pris individuellement." [Aristote]

    "Quel cadeau la Providence peut-elle faire à un homme qui lui soit plus cher que ses enfants ?" [Cicéron]

    "Un prophète n'est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents, et dans sa maison." [s. Marc]

    "Je ne vis jamais père, pour teigneux et bossu que fût son fils, qui laissât de l'avouer." [Montaigne]

    "La plus ancienne de toutes les sociétés et la seule naturelle est celle de la famille." [Jean-Jacques Rousseau]


    "Ce qui détermine la famille, en tant que substantialité immédiate de l'Esprit, c'est son unité sous la forme du sentiment, l'amour..." [Hegel]

    "La société humaine se compose de familles et non d'individus." [Auguste Comte]

    "Mon père est un grand enfant que j'ai eu quand j'étais tout petit." [Alexandre Dumas Fils

    "La famille conjugale résulte d'une contraction de la famille paternelle. Celle-ci comprenait le père, la mère, et toutes les générations issues d'eux, sauf les filles et leurs descendants. La famille conjugale ne comprend plus que le mari, la femme, les enfants mineurs et célibataires." [Emile Durkheim]

    "Derrière chaque homme qui se respecte se cache un enfant qui n'a qu'une envie : jouer." [Friedrich Nietzsche]

    "Les pères sont faits pour n'être ni vus ni entendus. C'est le fondement de toute vie de famille digne de ce nom." [Oscar Wilde]

    "Familles, je vous hais ! foyers clos ; portes refermées ; possessions jalouses du bonheur." [André Gide]

    "Se marier, fonder une famille, accueillir les enfants qui nous viennent, les aider à se faire une place dans ce monde peu sûr et peut-être les guider quelque peu, voilà, j'en suis convaincu, la plus belle chose dont un homme soit capable." [Franz Kafka]

    "L'attitude ambivalente à l'égard du père et la tendance objectale uniquement tendre envers la mère représentent chez le garçon le contenu du complexe d'Oedipe simple, positif." [Sigmund Freud]

    "Je ne connais aucun besoin dans l'enfance qui soit aussi pressant que la protection d'un père." [Sigmund Freud]

    "Les parents ont par priorité le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants." [Déclaration Universelle des Droits de l’Homme]

    "Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas." [Albert Camus]

    "En cas de conflit entre parent et enfant, il se peut que l'un des deux ait raison mais, en général, ils ont tort tous les deux. C'est cet état de choses qui donne à la famille son charme hystérique particulier." [Isaac Rosenfeld]

    "Les sentiments et les conduites passionnelles sont inventés comme les mots. Même ceux qui, comme la paternité, paraissent inscrits dans le corps humain sont en réalité des institutions." [Maurice Merleau-Ponty]

    "Où peut-on être mieux qu'au sein d'une famille ? Partout ailleurs !" [Hervé Bazin]

    "Non, ma mère, il n'y a plus qu'un seul verbe qui compte ici, et nous le déclinons correctement à tous les temps. Je te hais, tu me hais..." [Hervé Bazin]

    "La société bouge grâce à une forme de parricide où les enfants tuent d'une certaine façon, non pas leurs pères mais du moins les certitudes de leurs pères. C'est cela le progrès." [Isaiah Berlin]

    "Les enfants méprisent leurs parents jusqu'à l'âge de quarante ans. Après quoi ils deviennent exactement comme eux, pour ne pas compromettre le système." [Quentin Crewe]

    "Moi, j’aimerais mieux faire trois guerres, debout sur mes deux pieds, plutôt que d’accoucher une seule fois !" [Marie Cardinale]

    "Les parents sont les os sur lesquels les enfants se font les dents." [Peter Ustinov]

    "Les non-dits pathogènes ne sont pas néfastes tellement parce qu'ils maintiennent l'enfant dans différentes ignorances, que parce qu'ils traduisent l'insurmontable angoisse des parents touchant à ce qu'ils cachent." [Anne Ancelin Schützenberger]

    "Chacun d'entre nous a un roman familial, et chaque famille a des histoires qu'on raconte, qu'on répète, qu'on redit, une histoire mythique, une saga - et des secrets." [Anne Ancelin Schützenberger]

    "La fidélité aux ancêtres, devenue inconsciente ou invisible la loyauté invisible nous gouverne : il est important de la rendre visible, d'en prendre conscience, de comprendre ce qui nous oblige, ce qui nous gouverne et si éventuellement, il ne faudrait pas recadrer cette loyauté, pour redevenir libre de vivre sa vie." [Anne Ancelin Schützenberger]

    "Élever un enfant c'est moitié bonheur, moitié guérilla." [Ed Assner]

    "L'instinct maternel est un mythe." [Élisabeth Badinter]

    "Par ma mort, je comptais attirer l'attention de maman et non celle de la police. Je ferais souffrir maman, c'est entendu, mais pas question de la faire envoyer en prison." [Ying Chen]

     

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