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  • Ils ont dit, au sujet de l'ordre et du désordre dans la société

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    "C'est l'Intelligence qui a tout mis en ordre, c'est elle qui est la cause de toutes choses… Une telle cause fit ma joie" [Socrate]

    "La loi, au contraire, est faite par les faibles et par le grand nombre. C'est donc par rapport à eux-mêmes et en vue de leur intérêt personnel qu'ils font la loi et qu'ils décident de l'éloge et du blâme." [Platon]

    "Un acte de justice et de douceur a souvent plus de pouvoir sur le cœur des hommes que la violence et la barbarie." [Nicolas Machiavel]

    "Là où l'homme aperçoit un tout petit peu d'ordre, il en suppose immédiatement beaucoup trop." [Francis Bacon]

    "S'il était aussi facile de commander aux esprits qu'aux langues, aucun gouvernement ne se trouverait jamais en péril et aucune autorité n'aurait besoin de s'exercer par des moyens violents." [Baruch Spinoza]

    "Ce n’est pas pour tenir l’homme par la crainte et faire qu’il appartienne à un autre, que l’Etat est institué; au contraire, c’est pour libérer l’individu de la crainte, pour qu’il vive autant que possible en sécurité." [Baruch Spinoza]

    "Ainsi apparaît le grand Léviathan ou, si l'on préfère, le Dieu mortel à qui seul (...) nous devons la paix et la protection" [Thomas Hobbes]

    "De la sorte, nous pouvons trouver dans la nature humaine trois causes principales de querelles: premièrement, la rivalité; deuxièmement, la méfiance; troisièmement, la fierté... Dans le premier cas ils usent de violence pour se rendre maîtres de la personne d'autres hommes, de leurs femmes, de leurs enfants, de leurs biens." [Thomas Hobbes]

    "Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir." [Montesquieu]

    "L'aliénation totale de chaque associé avec tous ses droits à toute la communauté. Car, premièrement, chacun se donnant tout entier, la condition est égale pour tous, et la condition étant égale pour tous, nul n'a intérêt de la rendre onéreuse aux autres." [Jean-Jacques Rousseau]

    "Au lieu de détruire l’égalité naturelle, le pacte fondamental substitue, au contraire, une égalité morale et légitime à ce que la nature avait pu mettre d’inégalité physique entre les hommes, et que, pouvant être inégaux en force ou en génie, ils deviennent tous égaux par convention et de droit." [Jean-Jacques Rousseau]

    "L'ordre social ne vient pas de la nature ; il est fondé sur des conventions." [Jean-Jacques Rousseau]

    "L’homme veut vivre à son aise et plaisamment, mais la nature veut qu’il soit dans l’obligation de se précipiter hors de son indolence et de sa tempérance inactive dans le travail et les efforts, pour aussi, en revanche, trouver en retour le moyen de s’en délivrer sagement." [Emmanuel Kant]

    "On se fait une idée précise de l'ordre, mais non pas du désordre." [Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre]

    "L'état de nature est l'état de rudesse, de violence et d'injustice. Il faut que les hommes sortent de cet état pour constituer une société qui soit État." [GWF Hegel]

    "Le progrès est le développement de l’ordre." [Auguste Comte]

    "Quoique très ami de l’ordre, je suis anarchiste." [Pierre-Joseph Proudhon]

    "La plus haute perfection de la société se trouve dans l'union de l'ordre et de l'anarchie." [Pierre-Joseph Proudhon]

    "Être gouverné : c’est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n’ont ni le titre, ni la science, ni la vertu." [Pierre-Joseph Proudhon]

    "Là, tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe, calme et volupté." [Charles Baudelaire]

    "La violence joue encore dans l'histoire un autre rôle, un rôle révolutionnaire; que selon les paroles de Marx, elle soit l'accoucheuse de toute vieille société qui en porte une nouvelle dans ses flans; qu'elle soit l'instrument grâce auquel le mouvement social l'emporte et met en pièces des formes politiques figées et mortes." [Friedrich Engels]

    "L'ordre, et l'ordre seul, fait en définitive la liberté. Le désordre fait la servitude." [Charles Péguy]

    "Le commandement "Aime ton prochain comme toi-même" est la défense la plus forte contre l’agression humaine et un excellent exemple de la démarche non psychologique du sur-moi-de-la-culture. Le commandement est impraticable." [Sigmund Freud

    "Le désordre est simplement l’ordre que nous ne cherchons pas." [Henri Bergson]

    "L’ordre pour l’ordre châtre l’homme de son pouvoir essentiel, qui est de transformer et le monde et soi-même." [Antoine de Saint-Exupéry]

    "Quand l'ordre est injustice, le désordre est déjà un commencement de justice." [Romain Rolland]

    "Deux dangers ne cessent de menacer le monde ; l'ordre et le désordre." [Paul Valéry]

    "Un révolutionnaire est celui qui désire mettre au rancart l'ordre social existant, afin d'en essayer un autre." [George Bernard Shaw]

    "Dans le règne du contrat, le citoyen, à chaque opération d'échange, est présent dans un intérêt bien personnel et bien réel; l'ordre est sa mesure, il est à hauteur de l'ordre, l'ordre collectif n'est que sa volonté répétée à l'infini: toute hétéronomie est exclue de la société." [Emmanuel Mounier]

    "Côté gouvernés, le pouvoir abêtit, dans toute la mesure où il établit un clivage entre des éléments actifs et des individus à peu près passifs, dont l'obéissance devient simple exécution mécanique… Côté gouvernants, comme dit Alain, le pouvoir rend fou. C'est un des leitmotiv de l'anarchie, à l'adresse des semi-libéraux et de tous les anarchistes; mais, qu'on ne fait pas, dans son cœur, au pouvoir sa part; que toujours, quelle que soit son origine et quelle que soit sa forme, il tend au despotisme." [Emmanuel Mounier]

    "C'est toujours par l'ennui et ses folies que l'ordre social est rompu." [Alain]

    "Résistance et obéissance, voilà les deux vertus du citoyen. Par l'obéissance il assure l'ordre ; par la résistance, il assure la liberté." [Alain]

    "C'est un genre de force, mais passionnée et qui vise à briser la résistance par la terreur. La violence définit le crime, lorsqu'elle s'exerce contre la personne humaine. Et la loi des punitions est au contraire qu'elles soient entièrement purifiées de violence." [Alain]

    "Le désordre est le meilleur serviteur de l’ordre établi." [Jean-Paul Sartre]

    "La société se fout de votre bonheur, elle est pour l’ordre" [Jean-Louis Bory]

    "L'incohérence n'existe pas, le désordre n'est qu'un ordre différent." [Robert Malaval]

    "Il y a toujours mort d'homme à l'origine de l'ordre culturel." [René Girard]

    "Au principe du déterminisme généralisé, on devrait substituer un principe qui conçoit une relation entre l’ordre, le désordre et l’organisation." [Edgar Morin]

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  • Ils ont dit, au sujet de l'histoire

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    "Voici l'exposé de l'enquête effectuée par Hérodote de Thourioi, afin que les événements humains ne disparaissent pas avec le temps." [Hérodote]

    “L'histoire est un perpétuel recommencement.” [Thucydide]

    "Voilà pourquoi la poésie est une chose plus philosophique et plus noble que l’histoire : la poésie dit plutôt le général, l’histoire le particulier." [Aristote]

    “L'histoire est la philosophie enseignée par l'exemple.” [Denys d’Halicarnasse]

    "Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les événements, mais l'idée qu'ils se font des événements." [Épictète]

    “Il faut éclairer l'histoire par les lois et les lois par l'histoire.” [Montesquieu]

    "Une tentative philosophique pour traiter l'histoire universelle en fonction du plan de la nature qui vise à une unification politique totale dans l'espèce humaine doit être envisagée comme possible et même comme avantageuse pour ce dessein de la nature." [Emmanuel Kant]

    "J’ai vu l’Empereur – cette âme du monde – sortir de la ville pour aller en reconnaissance ; c’est effectivement une sensation merveilleuse de voir un pareil individu qui, concentré ici sur un point, assis sur un cheval, s’étend sur le monde et le domine." [Hegel]

    "Le point de vue de l'histoire philosophique n'est pas tiré abstraitement de la multitude des autres points de vue généraux et ne peut être compris si l'on fait abstraction des autres. Son principe spirituel est la totalité de tous les points de vue." [Hegel]

    "On dit aux gouvernants, aux hommes d’État, aux peuples de s'instruire principalement par l'expérience de l'histoire. Mais ce qu'enseignent l'expérience et l'histoire, c'est que peuples et gouvernements n'ont jamais rien appris de l'histoire et n'ont jamais agi suivant des maximes qu'on en aurait pu retirer. Chaque époque, chaque peuple se trouve dans des conditions si particulières, constitue une situation si individuelle que dans cette situation on ne peut et on ne doit décider que par elle." [Hegel]

    “La raison gouverne le monde et par conséquent gouverne et a gouverné l'histoire universelle.” [Hegel]

    "L’histoire est à la poésie ce que le portrait est au tableau d’histoire ; la première nous donne la vérité particulière, la seconde la vérité générale." [Arthur Schopenhauer]

    "L’histoire est pour l’espèce humaine ce que la raison est pour l’individu. Grâce à sa raison, l’homme n’est pas renfermé comme l’animal dans les limites étroites du présent visible ; il connaît encore le passé infiniment plus étendu, source du présent qui s’y rattache : c’est cette connaissance seule qui lui procure une intelligence plus nette du présent et lui permet même de formuler des inductions pour l’avenir." [Arthur Schopenhauer]

    "Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas arbitrairement, dans les conditions choisies par eux, mais dans des conditions directement données et héritées du passé." [Karl Marx]

    "L'histoire de toute société jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire de luttes de classes." [Karl Marx et Friedrich Engels]

    "La société bourgeoise moderne, élevée sur les ruines de la société féodale, n'a pas aboli les antagonismes de classes. Elle n'a fait que substituer de nouvelles classes, de nouvelles conditions d'oppression, de nouvelles formes de lutte à celles d'autrefois." [Karl Marx et Friedrich Engels]

    "L’histoire se répète toujours deux fois : la première fois comme une tragédie, la seconde fois comme une comédie." [Karl Marx]

    "Votre amour trompeur pour le passé : amour de fossoyeur - C'est faire tort à la vie : c'est lui voler son avenir." [Friedrich Nietzsche]

    “Toute l'histoire du monde se conçoit comme la biographie d'un seul homme.” [Friedrich Nietzsche]

    “L'histoire est la science des choses qui ne se répètent pas.” [Paul Valéry]

    "Si j’étais un antiquaire, je n’aurais d’yeux que pour les vieilles choses. Mais je suis historien. C’est pourquoi j’aime la vie." [Marc Bloch]

    “L'histoire, comme une idiote, mécaniquement se répète.” [Paul Morand]

    “L'histoire est un grand présent, et pas seulement un passé.” [Alain]

    "Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre" [Winston Churchill]

    "Si nous quittons résolument l'idée théologique d'un fond rationnel du monde, la logique de l'histoire n'est plus qu'une possibilité parmi d'autres." [Maurice Merleau-Ponty]

    “Nous ne voulons plus d'un destin. Nous voulons une histoire. ” [Jean Baudrillard]

    "La connaissance historique ne consiste pas à raconter ce qui s’est passé d’après les documents écrits qui nous ont été par accident conservés, mais, sachant ce que nous voulons découvrir et quels sont les principaux aspects de toute collectivité, à nous mettre en quête de documents qui nous ouvriront l’accès au passé." [Raymond Aron]

    "J'entends par histoire une recherche scientifiquement conduite, disons à la rigueur une science, mais complexe : il n'y a pas une histoire, un métier d'historien, mais des métiers, des histoires, une somme de curiosités, de points de vue, de possibilités." [Fernand Braudel]

    “Il arrive que l’histoire repasse les plats mais ce sont rarement les meilleurs.” [André Frossard]

    "Nous attendons de l'histoire une certaine objectivité, l'objectivité qui lui convient : c'est de là que nous devons partir et non de l'autre terme." [Paul Ricoeur]

    “Toute philosophie est d'une certaine façon, la fin de l'histoire.” [Paul Ricoeur]

    “Hélas, l'histoire donne peu d'exemples de peuples qui tirent les leçons de leur propre histoire” [Stéphane Hessel]
    “Et si l'Histoire plaisantait ?” [Milan Kundera]

    "L’enjeu véritable n’est pas l’avenir mais le passé : nous voulons le modifier en fonction de nos goûts. On ne veut être maître de l’avenir que pour pouvoir changer le passé." [Milan Kundera]

    "Demain, c'est écrit hier" [Günter Grass]

     

    "Un homme sans passé est plus pauvre qu’un homme sans avenir." [Elie Wiesel]

    "Ce à quoi nous assistons peut-être n'est pas seulement à la fin de la Guerre froide, ni à la fin d'une période particulière de l'histoire d'après-guerre, mais à la fin de l'histoire en tant que telle... C'est-à-dire le point final de l'évolution idéologique de l'humanité et l'universalisation de la démocratie libérale occidentale en tant que forme ultime du gouvernement humain." [Francis Fukuyama]

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  • Marx : l'histoire de luttes des classes

    Lenine.jpg"L'histoire de toute société jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire de luttes de classes.

    Homme libre et esclave, patricien et plébéien, baron et serf, maître de jurande [4] et compagnon, en un mot oppresseurs et opprimés, en opposition constante, ont mené une guerre ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée, une guerre qui finissait toujours soit par une transformation révolutionnaire de la société tout entière, soit par la destruction des deux classes en lutte.

    Dans les premières époques historiques, nous constatons presque partout une organisation complète de la société en classes distinctes, une échelle graduée de conditions sociales. Dans la Rome antique, nous trouvons des patriciens, des chevaliers, des plébéiens, des esclaves; au moyen âge, des seigneurs, des vassaux, des maîtres de corporation, des compagnons, des serfs et, de plus, dans chacune de ces classes, une hiérarchie particulière.

    La société bourgeoise moderne, élevée sur les ruines de la société féodale, n'a pas aboli les antagonismes de classes Elle n'a fait que substituer de nouvelles classes, de nouvelles conditions d'oppression, de nouvelles formes de lutte à celles d'autrefois.

    Cependant, le caractère distinctif de notre époque, de l'époque de la bourgeoisie, est d'avoir simplifié les antagonismes de classes. La société se divise de plus en deux vastes camps ennemis, en deux grandes classes diamétralement opposées : la bourgeoisie et le prolétariat.

    Des serfs du moyen âge naquirent les bourgeois des premières agglomérations urbaines; de cette population municipale sortirent les premiers éléments de la bourgeoisie."

    Karl Marx et Friedrich EngelsManifeste du Parti Communiste (1848)

     

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  • Ils ont dit, au sujet de la pauvreté

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    "Sous un bon gouvernement, la pauvreté est une honte ; sous un mauvais gouvernement, la richesse est aussi une honte." [Confucius]

    "Pauvreté et richesse sont des noms par lesquels on désigne le besoin et la satiété. Donc celui qui ressent le besoin n’est pas riche et celui qui ne connaît pas le besoin n’est pas pauvre... " [Démocrite]

    "Supporter avec dignité la pauvreté est signe d’empire sur soi-même." [Démocrite]

    "Si un État veut éviter la désintégration civile, il ne faut pas permettre à la pauvreté et à la richesse extrêmes de se développer dans aucune partie du corps civil." [Platon]

    "L'égalité veut que les pauvres n'aient pas plus de pouvoir que les riches, qu'ils ne soient pas seuls souverains, mais que tous le soient dans la proportion même de leur nombre ; on ne trouve pas de moyen plus efficace de garantir à l'État l'égalité et la liberté." [Aristote]

    "Si les caractères de l'oligarchie sont la naissance, la richesse, l'instruction, ceux de la démocratie seront la roture, la pauvreté, l'exercice d'un métier." [Aristote]

    "[Comment devenir riche ?] Ce n’est pas en augmentant les biens, mais en diminuant les besoins." [Épicure]
    "La pauvreté mesurée selon la fin de la nature est une grande richesse. Une richesse qui ne connaît pas de limite est une grande pauvreté." [Épicure]

    "La belle chose, que le contentement dans la pauvreté !" [Épicure]

    "La fortune a peu d’emprise sur le sage, c’est sa raison qui règle les chose les plus grandes et les plus importantes durant toute la durée de la vie." [Épicure]

    "Ce que tu cherches, n'est-ce pas, ce que tu veux gagner par tes retards, c'est de n'avoir point la pauvreté à craindre. Et s'il te faut la désirer ! Pour combien d'hommes les richesses furent un obstacle à la philosophie !" [Sénèque]

    "J'aime la pauvreté parce qu'il l'a aimée. J'aime les biens parce qu'ils me donnent le moyen d'en assister les misérables." [Blaise Pascal]

    "Passer de l'appauvrissement à la pauvreté, comme on va de l'humiliation à l'humilité." [Blaise Pascal]

    "Si la pauvreté est la mère des crimes, le défaut d'esprit en est le père." [Jean de La Bruyère]

    "Il est très surprenant que les richesses des gens d’Église aient commencé par le principe de pauvreté." [Montesquieu]

    "L'effet des richesses d'un pays, c'est de mettre de l'ambition dans tous les cœurs. L'effet de la pauvreté est d'y faire naître le désespoir. La première s'irrite par le travail ; l'autre se console par la paresse." [Montesquieu]

    "On fait tout pour s'enrichir, mais c'est pour être considéré qu'on veut être riche." [Jean-Jacques Rousseau]

    "Il ne dépend pas de nous de n'être pas pauvres, mais il dépend toujours de nous de faire respecter notre pauvreté." [Voltaire]

    "Il n’est vertu que pauvreté ne gâte." [Chamfort]

    "Ce qui est bon pour la classe dominante doit être bon pour toute la société avec laquelle s'identifie la classe dominante. Donc, plus la civilisation progresse, plus elle est obligée de couvrir avec le manteau de la charité les maux qu'elle a nécessairement engendrés, de les farder ou de les nier, bref, d'instituer une hypocrisie conventionnelle que ne connaissaient ni les formes de société antérieures, ni même les premiers stades de la civilisation." [Friedrich Engels]

    "La pauvreté est le lien passif qui fait que l’homme éprouve le besoin de la plus grande des richesses : autrui." [Karl Marx]

    "L'existence et la domination de la classe bourgeoise ont pour condition essentielle l'accumulation de la richesse aux mains des particuliers, la formation et l'accroissement du Capital; la condition d'existence du capital, c'est le salariat. Le salariat repose exclusivement sur la concurrence des ouvriers entre eux." [Karl Marx]

    "La simple chasse à la richesse n'est pas le destin final de l'humanité." [Lewis Henry Morgan]

    "L'argent permet de jouir de la vie. Sans argent, on jouit... de la pauvreté." [Lao She]

    "Voyez-vous, je divise les hommes en trois catégories : ceux qui ont beaucoup d'argent, ceux qui n'en n'ont point du tout et ceux qui en ont un peu. Les premiers veulent garder ce qu'ils ont : leur intérêt c'est de maintenir l'ordre ; les seconds veulent prendre ce qu'ils n'ont pas : leur intérêt c'est de détruire l'ordre actuel et d'en établir un autre qui leur soit profitable. Les uns et les autres sont des réalistes, des gens avec qui on peut s'entendre. Les troisièmes veulent renverser l'ordre social pour prendre ce qu'ils n'ont pas, tout en le conservant pour qu'on ne leur prenne pas ce qu'ils ont. Alors, ils conservent en fait ce qu'ils détruisent en idée, ou bien ils détruisent en fait ce qu'ils font semblant de conserver. Ce sont eux les idéalistes." [Jean-Paul Sartre]

    "Les individus, familles ou groupes de la population peuvent être considérés en état de pauvreté quand ils manquent des ressources nécessaires pour obtenir l'alimentation type, la participation aux activités, et pour avoir les conditions de vie et les commodités qui sont habituellement ou sont au moins largement encouragées ou approuvées dans les sociétés auxquelles ils appartiennent." [Peter Townsend]

    "Chaque personne doit avoir un droit égal au système le plus étendu de libertés de base égales pour tous, compatible avec le même système pour les autres." [John Rawls]

    "Les hommes sont comme les lions, comme toutes les bêtes, comme tous les êtres vivants. La faim les rend féroces. Et qu'est-ce que la pauvreté, sinon une faim généralisée ?" [Michel Tournier]

    "Il est facile à tout homme de reconnaître et de glorifier les richesses du monde, dit-il en cherchant du regard les visages noyés d'ombre, mais seul un pauvre peut connaître la richesse qu'est la pauvreté.Seul un pauvre peut connaître la richesse qu'est la souffrance..." [Dominique Lapierre]

    "Il est facile à tout homme de reconnaître et de glorifier les richesses du monde, mais seul un pauvre peut connaître la richesse qu'est la pauvreté." [Dominique Lapierre]

     

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  • Engels : barbarie et civilisation

    atelier1.jpg"La civilisation a accompli des choses dont l'ancienne société gentilice n'était pas capable le moins du monde. Mais elle les a accomplies en mettant en branle les instincts et les passions les plus ignobles de l'homme, et en les développant au détriment de toutes ses autres aptitudes. La basse cupidité fut l'âme de la civilisation, de son premier jour à nos jours, la richesse, encore la richesse et toujours la richesse, non pas la richesse de la société, mais celle de ce piètre individu isolé, son unique but déterminant. Si elle a connu, d'aventure, le développement croissant de la science et, en des périodes répétées, la plus splendide floraison de l'art, c'est uniquement parce que, sans eux, la pleine conquête des richesses de notre temps n'eût pas été possible.

    Comme le fondement de la civilisation est l'exploitation d'une classe par une autre classe, tout son développement se meut dans une contradiction permanente. Chaque progrès de la production marque en même temps un recul dans la situation de la classe opprimée, c'est-à-dire de la grande majorité. Ce qui est pour les uns un bienfait est nécessairement un mal pour les autres, chaque libération nouvelle de l'une des classes est une oppression nouvelle pour une autre classe. L'introduction du machinisme, dont les effets sont universellement connus aujourd'hui, en fournit la preuve la plus frappante. Et si, comme nous l'avons vu, la différence pouvait encore à peine être établie chez les Barbares entre les droits et les devoirs, la civilisation montre clairement, même au plus inepte, la différence et le contraste qui existe entre les deux, en accordant à l'une des classes à peu près tous les droits, et à l'autre, par contre, à peu près tous les devoirs.

    Mais cela ne doit pas être. Ce qui est bon pour la classe dominante doit être bon pour toute la société avec laquelle s'identifie la classe dominante. Donc, plus la civilisation progresse, plus elle est obligée de couvrir avec le manteau de la charité les maux qu'elle a nécessairement engendrés, de les farder ou de les nier, bref, d'instituer une hypocrisie conventionnelle que ne connaissaient ni les formes de société antérieures, ni même les premiers stades de la civilisation, et qui culmine finalement dans l'affirmation suivante: l'exploitation de la classe opprimée serait pratiquée par la classe exploitante uniquement dans l'intérêt même de la classe exploitée; et si cette dernière n'en convient pas, si elle va même jusqu'à se rebeller, c'est la plus noire des ingratitudes envers ses bienfaiteurs, ses exploiteurs."

    Friedrich EngelsBarbarie et civilisation,
    in L'Évolution de la Propriété, de l'État et de la Famille (1893)

     

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  • ENGELS : LA FAMILLE CONJUGALE MODERNE EST FONDEE SUR L'ESCLAVAGE DOMESTIQUE

    600full-friedrich-engels.jpg"La famille conjugale moderne est fondée sur l'esclavage domestique, avoué ou voilé, de la femme, et la société moderne est une masse qui se compose exclusivement de familles conjugales, comme d'autant de molécules. De nos jours, l'homme, dans la grande majorité des cas, doit être le soutien de la famille et doit la nourrir, au moins dans les classes possédantes; et ceci lui donne une autorité souveraine qu'aucun privilège juridique n'a besoin d'appuyer. Dans la famille, l'homme est le bourgeois; la femme joue le rôle du Prolétariat. Mais dans le monde industriel, le caractère spécifique de l'oppression économique qui pèse sur le prolétariat ne se manifeste dans toute sa rigueur qu'après que tous les privilèges légaux de la classe capitaliste ont été supprimés et que l'entière égalité juridique des deux classes a été établie; la république démocratique ne supprime pas l'antagonisme entre les deux classes, au contraire : c'est elle qui, la première, fournit le terrain sur lequel leur combat va se décider. Et de même, le caractère particulier de la prédominance de l'homme sur la femme dans la famille moderne, ainsi que la nécessité et la manière d'établir une véritable égalité sociale des deux sexes, ne se montreront en pleine lumière qu'une fois que l'homme et la femme auront juridiquement des droits absolument égaux. On verra alors que l'affranchissement de la femme a pour condition première la rentrée de tout le sexe féminin dans l'industrie publique et que cette condition exige à son tour la suppression de la famille conjugale en tant qu'unité économique de la société."

    Friedrich Engels, L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’Etat (1894)

     

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  • ILS ONT DIT, AU SUJET DE L'UTOPIE

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    "D'or fut la première race d'hommes périssables que créèrent les Immortels, habitants de l'Olympe." [Hésiode]

    "Nos citoyens seront fortement unis dans ce qu’ils nommeront leur intérêt propre, et, unis de la sorte, éprouveront joies et peines en parfaite communion." [Platon]

    "Ils seront délivrés de toutes ces misères et mèneront une vie plus heureuse que la vie bienheureuse des vainqueurs Olympiques." [Platon]

    "Mais quoi ? Ne verra-t-on pas disparaître les procès et les accusations réciproques, dans notre cité où chacun des gardiens n'aura à soi que son propre corps, et où tout le reste sera commun ? Ne s'ensuit-il pas que nos citoyens seront alors à l'abri de tous les conflits que fait naître parmi les hommes la possession de richesses, d'enfants et de parents ? […] Ainsi ils seront délivrés de toutes ces misères, et mèneront une vie plus heureuse que la vie bienheureuse des vainqueurs olympiques." [Platon]

    "Le premier âge du monde fut appelé l’Âge d’or, parce que l’homme y gardait sa foi, sans y être contraint par les lois, parce que de son propre mouvement il cultivait la Justice, et qu’il ne connaissait point d’autres biens que la simplicité et l’innocence." [Ovide]

    "Ainsi l’homme vivait au paradis comme il le voulait, aussi longtemps qu’il voulut ce que Dieu avait ordonné." [Saint Augustin]

    "La paix du corps, c'est l'agencement harmonieux de ses parties […] La paix de la cité, c'est la concorde bien ordonnée des citoyens dans le commandement et l'obéissance ; la paix de la cité céleste, c'est la communauté parfaitement ordonnée et parfaitement harmonieuse dans la jouissance de Dieu et dans la jouissance mutuelle en Dieu ; la paix de toutes choses, c'est la tranquillité de l'ordre. L'ordre, c'est la disposition des êtres égaux et inégaux, désignant à chacun la place qui lui convient." [Saint Augustin]

    "Il y a si loin de la manière dont on vit à celle donc on devrait vivre, que celui qui tient pour réel et pour vrai ce qui devrait l'être sans doute, mais qui malheureusement ne l'est pas, court à une ruine inévitable." [Machiavel]

    "L’imagination. C’est cette partie de l’homme, cette maîtresse d’erreur et de fausseté, et d’autant plus fourbe qu’elle ne l’est pas toujours." [Blaise Pascal]

    "L’imagination dispose de tout ; elle fait la beauté, la justice et le bonheur qui est le tout de tout le monde." [Blaise Pascal]

    "Pensiez-vous voir de pareils crimes dans le temps éclairé où nous sommes ? Hélas ! Les temps éclairés ne sont que pour un petit nombre de gens. La nature humaine est bien abominable et le meilleur des mondes possibles est bien funeste." [Voltaire]

    "Il arrivera donc, ce moment où le soleil n’éclairera plus, sur la terre, que des hommes libres, et ne reconnaissant d’autre maître que leur raison ; où les tyrans et les esclaves, les prêtres et leurs stupides ou hypocrites instruments n’existeront plus que dans l’histoire ou sur les théâtres." [Condorcet]

    "Comme si tout grand progrès de l’humanité n’était pas dû à de l’utopie réalisée ! Comme si la réalité de demain ne devait pas être faite de l’utopie d’hier et d’aujourd’hui." [Charles Fourier]

    "La philosophie sans la science perd bientôt de vue nos rapports réels avec la création pour s'égarer dans des espaces imaginaires; la science sans la philosophie […], on ne voit pas qu'elle offre à la raison un aliment digne d'elle, ni qu'elle puisse être prise pour le dernier but des travaux de l'esprit." [Antoine-Auguste Cournot]

    "L'utopie est la vérité de demain." [Victor Hugo]

    "Que les classes dominantes tremblent devant une révolution communiste. Les prolétaires n'ont rien à y perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !" [Karl Marx et Friedrich Engels]

    "Vous nous accusez de vouloir abolir votre propriété à vous. En vérité, c’est bien là notre intention." [Karl Marx et Friedrich Engels]

    "Quand une multitude de petites gens dans une multitude de petits lieux changent une multitude de petites choses, ils peuvent changer la face du monde." [Friedrich Nietzche]

    "Le progrès n'est que l'accomplissement des utopies." [Oscar Wilde]

    "Aucune carte du monde n'est digne d'un regard si le pays de l'utopie n'y figure pas." [Oscar Wilde]

    "Lorsqu’un homme désire ardemment de connaître la vérité, son premier effort sera d’imaginer ce que la vérité peut être." [Charles S. Pierre]

    "J’appuyai sur le levier jusqu’à sa position extrême. La nuit vint comme on éteint une lampe ; et un moment après, demain était là." [H.G. Wells]

    "Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif." [Aldous Huxley]

    "L’avenir ne dépend pas de l’identité du prochain président : il dépend de l’aptitude des citoyens écœurés à se mobiliser pour hurler leur désir de changement, de leur aptitude à faire dérailler ce pays pour qu’il emprunte enfin de vraies nouvelles voies." [André Gide]

    " Les problèmes du monde ne peuvent pas être résolus par des sceptiques ou des cyniques dont les horizons se limitent à des réalités évidentes. Nous avons besoin d ‘hommes capables d’imaginer ce qui n’a jamais existé." [Albert Einstein]

    "Il peut être considéré comme admis qu’avant 1980, les bateaux, les avions, les locomotives et même les automobiles seront alimentés atomiquement." [David Sarnoff]

    "Imaginer, c'est [...] hausser le réel d'un ton." [Gaston Bachelard]

    "L'imagination créatrice a de toute autres fonctions que celles de l'imagination reproductrice. A elle appartient cette fonction de l'irréel qui est psychiquement aussi utile que la fonction du réel si souvent évoquée par les psychologues pour caractériser l'adaptation d'un esprit à une réalité estampillée par les valeurs sociales." [Gaston Bachelard]

    "Composer follement, de façon indisciplinée, pure, venant de dessous ; plus c’est cinglé, mieux c’est." [Jack Kerouac]

    "Pour qu'une conscience puisse imaginer il faut qu'elle échappe au monde par sa nature même, il faut qu'elle puisse tirer d'elle-même une position de recul par rapport au monde. En un mot il faut qu'elle soit libre." [Jean-Paul Sartre]

    "L'imaginaire et le réel sont deux lieux de la vie." [Jacques Lacan]

    "L'utopie, presbytie des vieux peuples." [Emil Cioran]

    "L'utopie est simplement ce qui n'a pas encore été essayé!" [Théodore Monod]

    "La science et la cité radieuse sont étroitement liées dans la pensée des utopistes." [Jean Servier]

    "L'utopie ne consiste pas, aujourd'hui à préconiser le bien-être par la décroissance et la subversion de l'actuel mode de vie ; l'utopie consiste à croire que la croissance de la production sociale peut encore apporter le mieux-être, et qu'elle est matériellement possible." [André Gorz]

    "Toute personne née après l’an 2000 vivra indéfiniment, sauf accident." [Arthur C. Clarke]

    "L’utopie n’est plus alors qu’une manière de rêver l’action en évitant de réfléchir sur les conditions de possibilités de son insertion dans la situation actuelle." [Paul Ricoeur]

    "C'est la fin de l'utopie, car l'humain a désormais les moyens d'accéder à son origine, par l'archéologie et la génétique, qu'à sa fin dans une possible perfection paradisiaque obtenue dans la science et les techniques." [Jean Baudrillard]

    "Comme nous appelons folie la conjonction de l'illusion, de la démesure, de l'instabilité, de l'incertitude entre réel et imaginaire, de la confusion entre subjectif et objectif, de l'erreur, du désordre, nous sommes contraints de voir l'homo sapiens comme homo demens." [Edgar Morin]

     
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  • MARX ET ENGELS : L'INTERÊT INDIVIDUEL

    marx,engels"Précisément parce que les individus défendent uniquement leur intérêt particulier, qui, à leurs yeux, ne coïncide pas avec leur intérêt commun – ce dernier est présenté comme un intérêt "général", qui leur est "étranger", qui est "indépendant" d’eux, et qui est lui-même un intérêt "général", particulier et original ; ou bien ils doivent eux-mêmes évoluer dans cette dualité, comme c’est le cas dans la démocratie. D’un autre côté, la lutte pratique de ces intérêts particuliers en permanence opposés aux intérêts communs, réels ou illusoires, rend nécessaire intervention et refrènement pratique par l’intérêt "général" illusoire sous forme d’Etat. 

    Et enfin – la division du travail nous en offre tout de suite le premier exemple – l’action propre de l’homme devient pour l’homme une puissance étrangère, opposée, qui l’asservit, au lieu que ce soit lui qui la maîtrise, tant que les hommes se trouvent dans la société naturelle, donc tant que subsiste la scission entre intérêt particulier et intérêt commun, et que l’activité n’est pas divisée volontairement mais du fait de la nature. Dès l’instant où l’on commence à répartir le travail, chacun a une sphère d’activité déterminée et exclusive qu’on lui impose et dont il ne peut s’évader ; il est chasseur, pêcheur, berger ou "critique critique", et il doit le rester sous peine de perdre les moyens de subsistance – alors que dans la société communiste, où chacun, au lieu d’avoir une sphère d’activités exclusive, peut se former dans la branche qui lui plaît ; c’est la société qui dirige la production générale qui me permet ainsi de faire aujourd’hui ceci, demain cela, de chasser le matin, d’aller à la pêche l’après-midi, de faire l’élevage le soir et de critiquer après le repas, selon mon bon plaisir, sans jamais devenir chasseur, pêcheur ou critique. Cette fixation de l’activité sociale, cette consolidation de notre propre produit en une puissance matérielle qui nous domine, qui échappe à notre contrôle, qui contrarie nos espoirs et qui détruit nos calculs, est l’un des moments principaux du développement historique passé. 

    La puissance sociale, c’est-à-dire la force productive décuplée résultant de la coopération imposée aux divers individus – dont la coopération n’est pas volontaire mais naturelle – non pas comme leur propre puissance conjuguée, mais comme une puissance étrangère, située en dehors d’eux dont ils ne connaissent ni la provenance ni la destination, si bien qu’ils n’arrivent plus à la dominer. Au contraire, cette puissance traverse une série de phases et de stades particuliers, série indépendante de la volonté et de la marche des hommes au point qu’elle dirige cette volonté et cette marche. 

    Naturellement, cette aliénation, pour rester intelligible à nos philosophes, ne peut être surmontée qu’à double condition pratique. Pour qu’elle devienne une puissance "insupportable", c’est à dire une puissance contre laquelle on se révolte, il faut qu’elle ait engendré des masses d’hommes dénuées de tout. Il faut, en même temps, que cette humanité vive en conflit avec un monde existant de richesse et de culture, ce qui suppose un accroissement considérable de la force productive, un haut degré de son développement. D’un autre côté, ce développement des forces productives (qui implique que l’existence empirique se passe au niveau de l’histoire universelle au lieu de se passer au niveau de la vie sociale) est une condition pratique absolument nécessaire recommencerait et on retomberait fatalement dans la vieille pourriture. En effet, c’est grâce à ce seul développement universel des forces productives que peut s’établir un commerce universel entre les hommes engendrant ainsi le phénomène de la masse " sans propriété " simultanément chez tous les peuples (concurrence généralisée) et faisant dépendre chaque peuple des bouleversements qui se produisent chez les autres. Ce développement a remplacé les individus vivant au niveau local par des individus concrets, universels, vivant au niveau de l’histoire universelle. Sans cela 1° le communisme ne pourrait avoir qu’une existence locale ; 2° les puissances de l’échange n’auraient pu devenir des puissances universelles, donc insupportables, elles seraient restées les " circonstances " de la superstition locale, et 3° toute extension du commerce supprimerait le communisme local. Le communisme n’est concrètement possible que comme l’acte accompli " d’un seul coup " et simultanément par les peuples dominants, ce qui suppose le développement universel des forces productives et du commerce mondial qui se rattache au communisme. 

    Pour cela, le communisme n’est pas pour nous un état de choses à créer, ni un idéal auquel la réalité devra se conformer. Nous appelons communisme le mouvement réel qui dépasse l’état actuel des choses. Les conditions de ce mouvement doivent être appréciées en tenant compte de la réalité matérielle".

    Karl Marx et Friedrich Engels, L'Idéologie allemande (1845-1846)

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  • MARX ET ENGELS : L'INDIVIDU ET LE COMMUNISME

    Chine-affiche-propagande-Mao.jpg"Les individus sont toujours et en toutes circonstances "partis d’eux-mêmes", mais ils n’étaient pas uniques au sens qu’ils ne pouvaient se passer d’avoir des relations entre eux ; au contraire, leurs besoins, leur nature par conséquent, et la manière de les satisfaire les rendaient dépendants les uns des autres (rapport des sexes, échanges, division du travail) : aussi était-il inévitable que des rapports s’établissent entre eux. En outre, ils entraient en rapport, non comme de purs Moi, mais comme individus arrivés à un stade déterminé du développement de leurs forces productives et de leurs besoins, et ce commerce déterminait à son tour la production et les besoins ; aussi était-ce précisément le comportement personnel des individus, dans leur comportement réciproque en tant qu’individus, qui créa les rapports stables existants et continue tous les jours de les créer. Ils entraient en relation les uns avec les autres, étant ce qu’ils étaient, ils partaient "d’eux-mêmes", comme ils étaient, indépendamment de leur "conception de vie". Cette "conception de vie" et même la conception aberrante qui est celle des philosophes ne pouvaient évidemment être déterminées que par leur vie réelle, dans tous les cas. Il s’avère, il est vrai, que le développement d’un individu est conditionné par le développement de tous les autres, avec qui il se trouve en relation directe ou indirecte ; de même, les différentes générations d’individus, entre lesquelles des rapports se sont établis, ont ceci de commun que les générations postérieures sont conditionnées dans leur existence physique par celles qui les ont précédées, reçoivent d’elles les forces productives que celles-ci ont accumulées et leurs formes d’échanges, ce qui conditionne la structure des rapports qui s’établissent entre les génération actuelles. Bref, il apparaît que c’est une évolution qui a lieu ; l’histoire d’un individu pris à part ne peut en aucun cas être isolée de l’histoire des individus qui l’ont précédé ou sont ses contemporains : son histoire est au contraire déterminée par la leur.

    Ce renversement du comportement individuel en son contraire, un comportement purement objectif, la distinction que les individus font eux-mêmes entre individualité et contingence, tout ceci est, comme nous l’avons démontré, un processus historique qui prend des formes différentes aux différents stades de l’évolution, des formes toujours plus accusées et plus universelles. A l’époque actuelle, la domination des individus par les conditions objectives, l’écrasement de l’individualité par la contingence, ont pris des formes extrêmement accusées et tout à fait universelles, ce qui a placé les individus existants devant une tâche bien précise : remplacer la domination des conditions données et de la contingence sur les individus par la domination des individus sur la contingence et les conditions existantes. L’exigence de l’époque n’est pas, comme l’imagine Sancho, que "Je Me développe", chose que chaque individu a faite jusqu’à maintenant sans attendre le bon conseil de Sancho, mais notre époque nous impose de nous libérer d’un mode de développement bien précis. Cette tâche prescrite par la situation actuelle coïncide avec celle qui consiste à donner à la société une organisation communiste.

    Nous avons déjà montré plus haut qu’abolir le caractère autonome des conditions existantes par rapport aux individus, la soumission de l’individualité à la contingence, la subordination des rapports personnels de l’individu aux rapports de classes de caractère général, etc., est en dernière instance conditionné par la suppression de la division du travail. Nous avons montré également que l’abolition de la division du travail. Nous avons montré également que l’abolition de la division du travail est elle-même conditionnée par un développement des échanges et des forces productives qui doivent parvenir à une telle universalité que la propriété privée et la division du travail deviennent pour eux une entrave. Nous avons montré en outre que la propriété privée ne peut être abolie qu’à la condition que se soit réalisé un développement complet des individus ; ceux-ci se trouveront en effet en présence de forces productives et de formes d’échanges de caractère multiforme et seuls des individus dont le développement sera complet pourront se les assimiler, c’est-à-dire en faire l’activité libre de leur existence. Nous avons montré que les individus de l’époque actuelle sont contraints d’abolir la propriété privée parce que les formes productives et les formes d’échanges ont atteint un tel niveau de développement qu’elles sont devenues, sous le règne de la propriété privée, des forces destructrices et parce que les antagonismes de classes ont atteint leur limite extrême. Enfin, nous avons montré que l’abolition de la propriété privée et de la division du travail constitue en elle-même cette réunion des individus sur la base des forces productive actuelles et des échanges à l’échelle mondiale.

    Au sein de la société communiste, la seule où le développement original et libre des individus n’est pas une phrase creuse, ce développement est conditionné précisément par l’interdépendance des individus, interdépendance constituée pour une part par les prémisses économiques, pour une part par la solidarité indispensable du libre développement de tous, et enfin par la forme universelle de l’activité des individus sur la base des forces productives existantes. Il s’agit donc ici d’individus parvenus à un niveau déterminé de développement historique, et en aucun cas d’individus imaginés arbitrairement, pris au hasard en ayant fait aussi abstraction de l’indispensable révolution communiste qui est elle-même une condition commune de leur libre développement. La conscience que les individus auront de leurs relations réciproques aura, elle aussi, un caractère tout différent et donc sera aussi éloignée du " principe d’amour " que du dévoûment ou de l’égoïsme.

    Karl Marx et Friedrich Engels, L'Idéologie allemande (1845-1846)

     

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  • ILS ONT DIT, AU SUJET DU HASARD...

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    "Parmi les choses répandues au hasard, le plus beau : le cosmos. L'harmonie invisible plus belle que le visible. Nature aime se cacher." [Héraclite d'Ephèse]

    "La vie de l'homme dépend de sa volonté ; sans volonté, elle serait abandonnée au hasard." [Confucius]

    "Aucune chose ne devient sans cause, mais tout est l'objet d'une loi [raison] (λόγος), et sous la contrainte de la nécessité" [Leucippe]

    "Tout ce qui existe dans l'univers est le fruit du hasard et de la nécessité." [Démocrite]

    "Nécessairement, le hasard a beaucoup de pouvoir sur nous, puisque c'est par hasard que nous vivons." [Sénèque]

    "Si Dieu existe, tout est bien ; si les choses vont au hasard, ne te laisse pas aller, toi aussi, au hasard." [Marc-Aurèle]

    "Le hasard gouverne un peu plus de la moitié de nos actions, et nous dirigeons le reste." [Nicolas Machiavel]

    "Le hasard, donnée fictive qui de la même façon fait de la création de l'homme un événement tant inexplicable qu'incontrôlable, dissimulé sous le voile d'une cause extérieure inaccessible à l'entendement humain." (Descartes, Méditations métaphysiques)

    "Il n'y a point de hasard." [Voltaire, Zadig]

    "La Providence est le nom chrétien, le nom de baptême du hasard." [Alphonse Karr]

    "Le hasard ? Mais c'est Dieu qui garde l'anonymat." [Edouard Pailleron]

    "Partout où le hasard semble jouer à la surface, il est toujours sous l'empire de lois internes cachées, et il ne s'agit que de les découvrir." [Friedrich Engels]

    "Nul vainqueur ne croit au hasard." [Friedrich Nietzsche, Le Gai Savoir]

    "Il faut, dans la vie, faire la part du hasard. Le hasard, en définitive, c'est Dieu." [Anatole France]

    "La beauté, c'est l'harmonie du hasard et du bien." [Simone Weil]

    "Le hasard, c'est le purgatoire de la causalité." [Jean Baudrillard]

    "Laissons le choix au Hasard, cet homme de paille de Dieu." [Marguerite Yourcenar]

    "Ce que nous appelons le hasard n'est que notre incapacité à comprendre un degré d'ordre supérieur." [Jean Guitton]

    "L'homme sait enfin qu'il est seul dans l'immensité indifférente de l'univers d'où il a émergé par hasard. Non plus que son destin, son devoir n'est écrit nulle part. A lui de choisir entre le royaume et les ténèbres." [Jacques Monod, Le Hasard et la Nécessité]

    "Un événement n'est pas disqualifié par son caractère accidentel, au contraire c'est le hasard qui lui donne sa beauté, sa poésie." [Milan Kundera]

     

    Lien permanent Catégories : =>Saison 3, Citations, Documents, [17] "La vie n'est-elle qu'une suite de hasards?" Imprimer

"Il faut se méfier des ingénieurs, ça commence par la machine à coudre, ça finit par la bombe atomique." [Marcel Pagnol]