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Attentats du 13 novembre

  • Michel Onfray dans une vidéo de Daesh : la réaction du philosophe

    Dans une vidéo de Daesh, des extraits d'interviews du philosophe sont utilisés où il condamne la politique étrangère française. Il s'est expliqué sur Itélé.

    "Nous devrions, nous la France, cesser de bombarder les populations musulmanes sur la totalité de la planète", avait déclaré Michel Onfray sur LCI, une phrase reprise en boucle par Daesh.

    C'est la cinquième vidéo de revendication des attentats de Paris, publiée par l'État islamique. Particularité de celle-ci : elle contient notamment des extraits de plusieurs interviews du philosophe Michel Onfray. Au début de la vidéo, on voit François Hollande, lors d'une allocution où il évoque des "vols de reconnaissance au-dessus de la Syrie". Puis très vite apparaît Michel Onfray, interviewé sur RMC et BFM TV.

    Plusieurs passages sont repris, et sous-titrés, par l'État islamique. À la fin de la vidéo de propagande apparaît un autre court extrait d'une interview de Michel Onfray datant du début du mois de septembre. Le philosophe est alors sur LCI interrogé par Audrey Crespo-Mara, un entretien également publié sur Le Point.fr. Il déclare : "Nous devrions, nous la France, cesser de bombarder les populations musulmanes sur la totalité de la planète." La vidéo de l'EI s'achève avec cette dernière phrase, répétée en boucle...

    LA SUITE ICI...

     

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  • Spinoza : "la fin de l’État est en réalité la liberté"

    Suite aux attentats de Paris du 13 novembre, avec les explosions autour du Stade de France, les mitraillages dans les rues de Paris et l'attaque contre le Bataclan, il nous paraissait que ce texte de Spinoza donnait un éclairage philosophique aux événements que nous vivons.

    2048x1536-fit_place-republique-paris-16-novembre-2015.jpg"Ce n’est pas pour tenir l’homme par la crainte et faire qu’il appartienne à un autre, que l’Etat est institué; au contraire, c’est pour libérer l’individu de la crainte, pour qu’il vive autant que possible en sécurité, c’est-à-dire conserve aussi bien qu’il se pourra, sans dommage pour autrui, son droit naturel d’exister et d’agir. Non, je le répète, la fin de l’Etat n’est pas de faire passer les hommes de la condition d’êtres raisonnables à celles de brutes ou d’automates, mais au contraire, il est institué pour que leur âme et leur corps s’acquittent en sûreté de toutes leurs fonctions, pour qu’eux-mêmes usent d’une raison libre, pour qu’ils ne luttent point de haine, de colère ou de ruse, pour qu’ils se supportent sans malveillance les uns les autres. La fin de l’Etat est donc en réalité la liberté."

    Baruch Spinoza, Traité Théologico-politique (1670)

     

     

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  • Voltaire : contre le fanatisme

    250px-Dubois-massacre-détail.jpg"Le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère. Celui qui a des extases, des visions, qui prend des songes pour des réalités, et ses imaginations pour des prophéties, est un fanatique novice qui donne de grandes espérances; il pourra bientôt tuer pour l'amour de Dieu.

    Barthélemy Diaz fut un fanatique profès. Il avait à Nuremberg un frère, Jean Diaz, qui n'était encore qu'enthousiaste luthérien, vivement convaincu que le pape est l'antéchrist, ayant le signe de la bête. Barthélemy, encore plus vivement persuadé que le pape est Dieu en terre, part de Rome pour aller convertir ou tuer son frère: il l'assassine; voilà du parfait: et nous avons ailleurs rendu justice à ce Diaz.

    Polyeucte, qui va au temple, dans un jour de solennité, renverser et casser les statues et les ornements, est un fanatique moins horrible que Diaz, mais non moins sot. Les assassins du duc François de Guise, de Guillaume prince d'Orange, du roi Henri III, du roi Henri IV, et de tant d'autres, étaient des énergumènes malades de la même rage que Diaz.

    Le plus grand exemple de fanatisme est celui des bourgeois de Paris qui coururent assassiner, égorger, jeter par les fenêtres, mettre en pièces, la nuit de la Saint-Barthélemy, leurs concitoyens qui n'allaient point à la messe. Guyon, Patouillet, Chaudon, Nonotte, l'ex-jésuite Paulian, ne sont que des fanatiques du coin de la rue, des misérables à qui on ne prend pas garde: mais un jour de Saint-Barthélemy ils feraient de grandes choses.

    Il y a des fanatiques de sang-froid: ce sont les juges qui condamnent à la mort ceux qui n'ont d'autre crime que de ne pas penser comme eux; et ces juges-là sont d'autant plus coupables, d'autant plus dignes de l'exécration du genre humain, que, n'étant pas dans un accès de fureur comme les Clément, les Chastel, les Ravaillac, les Damiens, il semble qu'ils pourraient écouter la raison.

    Il n'est d'autre remède à cette maladie épidémique que l'esprit philosophique, qui, répandu de proche en proche, adoucit enfin les mœurs des hommes, et qui prévient les accès du mal; car dés que ce mal fait des progrès, il faut fuir et attendre que l'air soit purifié. Les lois et la religion ne suffisent, pas contre la peste des âmes; la religion, loin d'être pour elles un aliment salutaire, se tourne en poison dans les cerveaux infectés. Ces misérables ont sans cesse présent à l'esprit l'exemple d'Aod qui assassine le roi Églon; de Judith qui coupe la tête d'Holopherne en couchant avec lui; de Samuel qui hache en morceaux le roi Agag; du prêtre Joad qui assassine sa reine à la porte aux chevaux, etc., etc., etc. Ils ne voient pas que ces exemples, qui sont respectables dans l'antiquité, sont abominables dans le temps présent: ils puisent leurs fureurs dans la religion même qui les condamne.

    Les lois sont encore très impuissantes contre ces accès de rage: c'est comme si vous lisiez un arrêt du conseil à un frénétique. Ces gens-là sont persuadés que l'esprit saint qui les pénètre est au-dessus des lois, que leur enthousiasme est la seule loi qu'ils doivent entendre.

    Que répondre à un homme qui vous dit qu'il aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, et qui en conséquence est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant?

    Lorsqu'une fois le fanatisme a gangrené un cerveau, la maladie est presque incurable. J'ai vu des convulsionnaires qui, en parlant des miracles de saint Pâris, s'échauffaient par degrés parmi eux: leurs yeux s'enflammaient, tout leur corps tremblait, la fureur défigurait leur visage, et ils auraient tué quiconque les eût contredits.

    Oui, je les ai vus ces convulsionnaires, je les ai vus tendre leurs membres et écumer. Ils criaient: "Il faut du sang". Ils sont parvenus à faire assassiner leur roi par un laquais, et ils ont fini par ne crier que contre les philosophes.
    Ce sont presque toujours les fripons qui conduisent les fanatiques, et qui mettent le poignard entre leurs mains; ils ressemblent à ce Vieux de la montagne qui faisait, dit-on, goûter les joies du paradis à des imbéciles, et qui leur promettait une éternité de ces plaisirs dont il leur avait donné un avant-goût, à condition qu'ils iraient assassiner tous ceux qu'il leur nommerait. Il n'y a eu qu'une seule religion dans le monde qui n'ait pas été souillée par le fanatisme, c'est celle des lettrés de la Chine. Les sectes des philosophes étaient non seulement exemptes de cette peste, mais elles en étaient le remède; car l'effet de la philosophie est de rendre l'âme tranquille, et le fanatisme est incompatible avec la tranquillité. Si notre sainte religion a été si souvent corrompue par cette fureur infernale, c'est à la folie des hommes qu'il faut s'en prendre."

    Voltaire, "Fanatisme", Dictionnaire philosophique portatif (1764)

     

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  • Apres les événements du week-end

    marianne.jpg

    Au café philosophique de Montargis, nous pensons aux plusieurs centaines de victimes qui ont eu lieu à Paris ce week-end.

    Ces actes commis par des "fous de Dieu" sont destinés autant à instiller dans notre pays la peur qu'à mettre à mal le modèle de nos sociétés, basé sur la raison, la liberté, la laïcité, la solidarité entre personnes de toutes origines mais aussi la culture, la vie et la jeunesse (car ce sont des jeunes qui ont été les premières victimes de ces actes odieux). 

    Et ne nous trompons pas de cible : "Ce n'est pas le monothéisme qui favorise l'intolérance, mais la volonté de l'imposer comme foi universelle" (Gérard Haddad). 

     

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"Il faut se méfier des ingénieurs, ça commence par la machine à coudre, ça finit par la bombe atomique." [Marcel Pagnol]