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=>Saison 9 - Page 5

  • Ils ont dit, au sujet de la culture, de la violence et de la non-violence

    "Mais, quand ils se furent groupés, ils commettaient des injustices les uns." [Platon]

    "La colère est une courte folie." [Horace]

    "L'ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence. Voilà l'équation." [Averroès]

    "Tous les efforts de la violence ne peuvent affaiblir la vérité, et ne servent qu'à la relever davantage. Toutes les lumières de la vérité ne peuvent rien pour arrêter la violence, et ne font que l'irriter encore plus." [Blaise Pascal]

    "La violence peut avoir de l'effet sur les natures serviles, mais non sur les esprits indépendants." [Ben Johnson]

    "Dans le gouvernement d'un État bien établi, chaque particulier ne se réserve qu'autant de liberté qu'il lui en faut pour vivre commodément, et en une parfaite tranquillité." [Thomas Hobbes]

    "Les hommes ne retirent pas d'agrément (mais au contraire un grand déplaisir) de la vie en compagnie, là où il n'existe pas de pouvoir capable de les tenir tous en respect." [Thomas Hobbes]

    "C'est à celui qui domine sur les esprits par la force de la vérité, non à ceux qui font des esclaves par la violence, c'est à celui qui connaît l'univers, non à ceux qui le défigurent, que nous devons nos respects." [Voltaire]

    "Est-il vrai, prince, que vous avez dit un jour que la ‘beauté’ sauverait le monde ?" [Dostoïevski]

    "L'art doit supprimer la violence, et seul il peut le faire. Sa mission est de faire régner le royaume de Dieu, c'est-à-dire de l'Amour." [Romain Rolland]

    "Il est plus difficile de désagréger un préjugé qu'un atome." [Albert Einstein]

    "La non-violence est la loi de notre espèce tout comme la violence est la loi de l'animal." [Gandhi]

    "La démocratie, d'après l'idée que je m'en fais, devrait assurer au plus faible les mêmes opportunités qu'au plus fort. Seule la non violence peut aboutir à ce but." [Gandhi]

    "C'est beaucoup au contraire que d'avancer vers la torture et vers la mort, quand on sait de science certaine que la haine et la violence sont choses vaines par elles-mêmes." [Albert Camus]

    "La non-violence est une arme puissante et juste, qui tranche sans blesser et ennoblit l'homme qui la manie. C'est une épée qui guérit." [Martin Luther King]

    "La violence n'est pas un moyen parmi d'autres d'atteindre la fin, mais le choix délibéré d'atteindre la fin par n'importe quel moyen." [Jean-Paul Sartre]

    "- La violence, rétorque Hardin, est le dernier refuge de l'incompétence. Mais je n'ai certainement pas l'intention de déployer un tapis sous les pas des envahisseurs ni de leur cirer les bottes. " [Isaac Asimov]

    "Alors, la remarque de Dostoïevski « La beauté sauvera le monde » ne serait plus une phrase en l’air, mais une prophétie." [Alexandre Soljenitsyne]

    "Dès que [par l’art] le mensonge sera confondu, la violence apparaîtra dans sa nudité et dans sa laideur. Et la violence, alors, s’effondrera." [Alexandre Soljenitsyne]

    ""La violence est cette impatience dans le rapport avec autrui, qui désespère d'avoir raison par raison et choisit le moyen le plus court pour forcer l'adhésion." [Georges Gusdorf]

    "C'est toujours l'oppresseur, non l'opprimé qui détermine la forme de lutte. Si l'oppresseur utilise la violence, l'opprimé n'aura pas d'autre choix que de répondre par la violence. Dans notre cas, ce n'était qu'une forme de légitime défense." [Nelson Mandela]

    "Le désarmement extérieur passe par le désarmement intérieur. Le seul vrai garant de la paix est en soi." [Dalaï-lama]

    "Pour sortir de la violence, il faut, de toute évidence, renoncer à l'idée de rétribution ; il faut donc renoncer aux conduites qui ont toujours paru naturelles et légitimes." [René Girard]

    "La culture est un antidote à la violence, car elle nous invite à la compréhension d'autrui et féconde la tolérance, en nous incitant à partir à la rencontre d'autres imaginaires et d'autres cultures." [Renaud Donnedieu De Vabres]

    "Je n'ai pas l'impression d'égorger quelqu'un avec un feutre. Je ne mets pas de vies en danger. Quand les activistes ont besoin d'un prétexte pour justifier leur violence, ils le trouvent toujours." [Charb]

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  • Camus : Haine et violence sont choses vaines...

    C'est peu de chose que de savoir courir au feu quand on s'y prépare depuis toujours et quand la course vous est plus naturelle que la pensée. C'est beaucoup au contraire que d'avancer vers la torture et vers la mort, quand on sait de science certaine que la haine et la violence sont choses vaines par elles-mêmes. C'est beaucoup que de se battre en méprisant la guerre, d'accepter de tout perdre en gardant le goût du bonheur."

    Albert CamusLettres à un Ami allemand (1948)

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  • Morrison : À quoi sert la littérature ?

    "Regardez, ce qui se passe actuellement aux États-Unis depuis l'élection de Trump : le livre le plus vendu dans ce pays est un roman publié en 1948 par un écrivain anglais que l'on pensait oublié, il s'agit de 1984 de George Orwell. Incroyable, non ? C'est la preuve que la littérature est la meilleure réponse à la folie et aux temps sombres. Je ne veux pas théoriser sur cette question du rôle de la littérature ni parler au nom des autres écrivains. Mais je dirai qu'il existe un lien intime entre l'écriture et la moralité. Écrire demande un effort constant pour comprendre ce que signifie être humain. Écrire suppose de poser des questions et non d'apporter sans cesse des réponses. Qu'est-ce que je fais sur cette terre pendant que d'autres meurent ? Quelles sont mes obligations ? Voilà quelques-unes des questions auxquelles un écrivain doit répondre, me semble-t-il. J'ai écrit récemment une préface aux œuvres de Primo Levi. J'avais lu Si c'est un homme, bien sûr, et quelques autres livres, mais je ne connaissais pas ses poèmes. Je les ai découverts et j'ai été foudroyée par la beauté de ces textes. Primo Levi raconte les camps de concentration, vous le savez. Le passage le plus émouvant est celui où, au cours d'une interminable marche dans la neige, il brise une stalactite de glace et commence à la sucer pour se désaltérer. Un garde surgit, lui retire la stalactite. Comme Primo Levi lui demande pourquoi il lui retire quelque chose qui va fondre quelques instants plus tard, le garde lui répond : « Ici, il n'y a pas de pourquoi. » Cette phrase est terrible. Elle m'obsède. « II n'y a pas de pourquoi»... Peu importe ce qui peut vous arriver, il n'y a pas de raisons. Primo Levi n'écrit pas sur les nazis mais sur les gens des camps, sur ceux qui sont sur le point de mourir, sur ceux qui vont survivre, sur ceux qui souffrent. Je crois que Primo Levi était intéressé par le Bien plutôt que par le Mal. Je ressens la même chose. Lorsque le Mal déferle sur le monde, il faut écrire sur les gens qui souffrent. Il faut écrire pour parler des gens, pas de ceux qui les gardent. Parlez, des gens, pas de Trump. Depuis cette élection, on me pose souvent cette question : « Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?»"

    Toni Morrison, in America, n°1, 2017

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  • Hobbes : Violences et sociétés

    téléchargement (1).jpg"Hors de la société civile chacun jouit d'une liberté très entière, mais qui est infructueuse, parce que comme elle donne le privilège de faire tout ce que bon nous semble, aussi elle laisse aux autres la puissance de nous faire souffrir tout ce qu'il leur plaît. Mais dans le gouvernement d'un État bien établi, chaque particulier ne se réserve qu'autant de liberté qu'il lui en faut pour vivre commodément, et en une parfaite tranquillité, comme on n'en ôte aux autres que ce dont ils seraient à craindre. Hors de la société, chacun a tellement droit sur toutes choses, qu'il ne peut s'en prévaloir et n'a la possession d'aucune ; mais dans la république, chacun jouit paisiblement de son droit particulier. Hors de la société civile, ce n'est qu'un continuel brigandage et on est exposé à la violence de tous ceux qui voudront nous ôter les biens et la vie ; mais dans l'État, cette puissance n'appartient qu'à lui seul. Hors du commerce des hommes, nous n'avons que nos propres forces qui nous servent de protection, mais dans une ville, nous recevons le secours de tous nos concitoyens."

    Thomas Hobbes, Du Citoyen (1642)

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  • Gusdorf : La violence est une impatience

    maxresdefault.jpg"La violence est cette impatience dans le rapport avec autrui, qui désespère d'avoir raison par raison et choisit le moyen le plus court pour forcer l'adhésion. Si l'ordre humain est l'ordre de la parole échangée, de l'entente par la communication, il est clair que le violent désespère de l'humain, et rompt le pacte de cette entente entre les personnes où le respect de chacun pour chacun se fonde sur la reconnaissance d'un même arbitrage en esprit et en valeur. La raison du plus fort nie l'existence d'autrui en prétendant l'asservir: la conscience faible doit devenir conscience serve, et le corps le moins fort doit être soumis à celui qui le domine...

    Mais il arrive que le violent, une fois hors de soi, ne puisse à nouveau se posséder. Il fait confiance à la violence, méthodiquement, comme on le voit dans le domaine de la terreur, instrument jadis et naguère, et aujourd'hui encore, de la fausse certitude. La violence se fait institution et moyen de gouvernement: dragonnades, inquisition, univers concentrationnaire et régimes policiers; il a existé, il existe une civilisation de la violence, monstrueuse affirmation de la certitude qui rend fou, selon la parole de Nietzsche. A travers l'histoire, les persécutions et les guerres maintiennent le pire témoignage que l'humanité puisse porter contre elle-même.Individuelle ou collective, cette violence n'est d'ailleurs que le camouflage d'une faiblesse ressentie, d'un effroi de soi à soi, que l'on essaie, par tous les moyens, de dissimuler. L'agressivité est d'ordinaire signe de peur, et d'une manière générale, on pourrait faire entrer la sociologie de la violence parmi les répercussions du sentiment d'infériorité. Celui qui, ayant la force brutale de son côté, se sent mis dans son tort, et comme humilié, par un plus faible, réagit par des cris et des coups. Ainsi le loup devant l'agneau, de l'homme souvent en face de la femme, de l'adulte en face de l'enfant, ou de l'enfant plus âgé devant un plus jeune... La violence une fois déclenchée s'enivre d'elle-même par un effet d'accélération; elle fait boule de neige et, comme enchantée par son propre déchaînement, elle ne s'arrêtera plus. Ainsi s'expliquent les crimes et les massacres dont le caractère monstrueusement passionnel demeure incompréhensible à un esprit de sang froid. La violence est liée au mystère du mal dans l'être de l'homme...

    Le monde de la terreur est celui de la contradiction; il trahit un nihilisme foncier. Ce qui est obtenu par violence demeure en effet sans valeur: ce n'est pas en violant une femme que l'on obtient son amour, et la persécution ne saurait gagner cette libre approbation des consciences - que pourtant l'on désire secrètement conquérir. Celui qui subit la violence, s'il finit par y céder, devient en quelque sorte le complice de cette violence, et se trouve dégradé par le fait même qu'il y a consenti."

    Georges Gusdorf, La Vertu de la Force (1957)

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  • Pralat : Le "drame" de la culture selon Cassirer

    Cassirer a pensé "contre son temps" le "mythe du XXe siècle" et son interprétation jette maintenant une lumière nouvelle sur les déclarations comme : "Lorsque j’entends le mot culture je sors mon Browning" ou : "Nous voulons être des barbares". Cette mystique de la violence prend un tout autre relief si on la réinscrit dans le Tout des formes symboliques. La culture est animée par de profonds antagonismes, elle est traversée par le souffle de la discorde. Et si la culture est née du refus inconscient de la violence originaire, la violence nazie est née du rejet conscient de la culture. En traduisant la crise de la connaissance de soi de l’humanité, le nazisme a bien révélé la culture à elle-même et tendu un miroir à l’homme. Mais seule une philosophie qui conçoit la culture comme procès de libération de soi de l’homme en même temps qu’ensemble de forces en lutte contre la violence du mythe, seule une philosophie qui voit dans la violence / liberté la dualité constitutive du devenir de l’Esprit, peut apprécier justement la radicalité d’un refus de la culture et son sens. C’est pourquoi elle n’espère pas plus une victoire finale qu’elle ne redoute une défaite finale : entre le mal radical des puissances irrationnelles du mythe et les autres figures culturelles persiste une tension irréductible et indéracinable qui, loin de s’émousser, tend à s’accroître. Cela même constitue, selon Cassirer, le "drame de la culture" qui condamne l’homme à se libérer interminablement.

    Serge Pralat, Le "drame" de la culture selon Cassirer (1990)

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  • "Quand j'entends le mot 'culture', je sors mon revolver"

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  • La valise philosophique du mois : "La culture serait-elle une meilleure réponse à la violence ?"

    La "Valise philosophique" est toujours disponible.

    Comme pour chaque séance, nous vous avons préparé des documents, textes, extraits de films ou de musiques servant à illustrer et enrichir les débats mensuels.

    Sur la colonne de droite, vous pouvez retrouver les documents autour de la séance du vendredi 20 octobre 2017 qui pour thème : "La culture serait-elle une meilleure réponse à la violence?"

    Restez attentifs : régulièrement de nouveaux documents viendront alimenter cette rubrique d'ici la séance.

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  • Girard : Comment sortir de la violence

    9ac743b_3744-k839sc.jpg"Pour sortir de la violence, il faut, de toute évidence, renoncer à l'idée de rétribution ; il faut donc renoncer aux conduites qui ont toujours paru naturelles et légitimes. Il nous semble juste, par exemple, de répondre aux bons procédés par de bons procédés et aux mauvais par de mauvais, mais cela, c'est ce que toutes les communautés de la planète ont toujours fait, avec les résultats que l'on sait... Les hommes s'imaginent que pour échapper à la violence, il leur suffit de renoncer à toute initiative violente, mais comme cette initiative, personne ne croit jamais la prendre, comme toute violence a un caractère mimétique, et résulte ou croit résulter d'une première violence qu'elle renvoie à son point de départ, ce renoncement-là n'est qu'une apparence et ne peut rien changer à quoi que ce soit. La violence se perçoit toujours comme légitime représaille. C'est donc au droit de représailles qu'il faut renoncer et même à ce qui passe, dans bien des cas, pour légitime défense. Puisque la violence est mimétique, puisque personne ne se sent jamais responsable de son premier jaillissement, seul un renoncement inconditionnel peut aboutir au résultat souhaité : Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quel gré vous en saura-t-on ? Même les pécheurs en font autant. Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Même les pécheurs prêtent à des pécheurs pour en recevoir l'équivalent. Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour."

    René Girard, Des choses cachées depuis la fondation du monde (1978)

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"L'homme raisonnable est plus libre dans la cité où il vit sous la loi commune que dans la solitude où il n'obéit qu'à lui-même." [Baruch Spinoza]