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=>Saison 9 - Page 5

  • Kierkegaard : La bonne attitude face à la mort

    "Le sérieux comprend que si la mort est une nuit, la vie est le jour, que si l’on ne peut travailler la nuit, on peut agir le jour, et comme le mot bref de la mort, l’appel concis, mais stimulant de la vie, c’est : aujourd’hui même. Car la mort envisagée dans le sérieux est une source d’énergie comme nulle autre ; elle rend vigilant comme rien d’autre. La mort incite l’homme charnel à dire : « Mangeons et buvons, car demain, nous mourrons ». Mais c’est là le lâche désir de vivre de la sensualité, ce méprisable ordre des choses où l’on vit pour manger et boire, et où l’on ne mange ni ne boit pour vivre. L’idée de la mort amène peut-être l’esprit plus profond à un sentiment d’impuissance où il succombe sans aucun ressort ; mais à l’homme animé de sérieux, la pensée de la mort donne l’exacte vitesse à observer dans la vie, et elle lui indique le but où diriger sa course. Et nul arc ne saurait être tendu ni communiquer à la flèche sa vitesse comme la pensée de la mort stimule le vivant dont le sérieux tend l’énergie. Alors le sérieux s’empare de l’actuel aujourd’hui même ; il ne dédaigne aucune tâche comme insignifiante ; il n’écarte aucun moment comme trop court."

    Søren Kierkegaard, Sur une tombe

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  • Tolstoï: "Il est impossible que je doive mourir"

    téléchargement.jpg"Ivan Illitch voyait qu’il mourait et il en était désespéré. Dans le fond de son âme, il savait bien qu’il mourait ; mais non seulement il ne parvenait pas à s’habituer à cette pensée, il ne la comprenait même pas, il était incapable de la comprendre.

    Cet exemple de syllogisme qu’il avait appris dans le manuel de logique de Kieseweter :

    « Caïus est un homme, les hommes sont mortels, donc Caïus est mortel », ce raisonnement lui paraissait exact s’il s’agissait de CaÏus, mais non pas de sa propre personne. C’était Caïus, un homme en général, et il devait mourir. Mais lui n’est pas Caïus, il n’est pas un homme en général ; il est à part, tout à fait à part des autres êtres : il était Vania avec sa maman et son papa, avec Mitia et Volodia, avec sa bonne, avec le cocher, puis avec Katenka, avec toutes les joies, toutes les peines, tous les enthousiasmes de l’enfance, de l’adolescence, de la jeunesse. Caïus connaissait-il l’odeur de cette balle en cuir bariolé qu’aimait tant Vania ? Caïus embrassait-il la main de sa mère comme Vania ? Est-ce Caïus qui avait protesté à l’école au sujet des petits pâtés ? Avait-il aimé comme Vania ? Pouvait-il présider une séance comme lui ?

    « Caïus est en effet mortel, et il est juste qu’il meure. Mais moi, Vania, Ivan Illitch, avec toutes mes pensées, tous mes sentiments, c’est tout autre chose. Et il est impossible que je doive mourir. Ce serait trop affreux. »

    Ainsi sentait-il.

    « Si je devais mourir comme Caïus, je le saurais bien, ma voix intérieure me le dirait. Mais elle ne me dit jamais rien de tel. Moi et tous mes amis, nous comprenions bien que nous étions très différents de Caïus. Et voilà que maintenant… C’est impossible, et c’est cependant ainsi. Comment ? Comment comprendre cela ? »

    Il ne pouvait le comprendre et s’efforçait de chasser loin de soi cette pensée, comme étant fausse, anormale, maladive, et de la remplacer par d’autres pensées, normales et saines. Mais cette pensée, ou plutôt cette réalité, revenait de nouveau et se dressait devant lui.

    Et pour l’écarter il appelait à lui d’autres idées, dans l’espoir d’y trouver un appui. Il essayait de recourir à cet état d’esprit qui cachait autrefois à ses yeux la pensée de la mort. Mais chose étrange ! Tout ce qui naguère cachait et détruisait le sentiment de la mort, maintenant n’avait plus ce pouvoir."

    Léon Tolstoï, La Mort d’Ivan Ilitch (1886)

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  • "Evidemment"

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  • Bayle : La mort ne nous concerne pas

    220px-Pierre_Bayle_by_Louis_Ferdinand_Elle.jpg"Épicure et Lucrèce supposent que la mort est une chose qui ne nous concerne pas, et à laquelle nous n’avons aucun intérêt. Ils concluent cela de ce qu’ils supposent que l’âme est mortelle, et par conséquent que l’homme ne sent plus rien après la séparation du corps et de l’âme...

    Ces philosophes […] supposent que l’homme ne craint la mort que parce qu’il se figure qu’elle est suivie d’un grand malheur positif Ils se trompent, et ils n’apportent aucun remède à ceux qui regardent comme un grand mal la simple perte de la vie. L’amour de la vie est tellement enraciné dans le cœur de l’homme, que c’est un signe qu’elle est considérée comme un très grand bien ; d’où il s’ensuit que de cela seul que la mort enlève ce bien, elle est redoutée comme un très grand mal. À quoi sert de dire contre cette crainte : vous ne sentirez rien après votre mort ? Ne vous répondra-ton pas aussitôt, c’est bien assez que je sois privé de la vie que j’aime tant ; et si l’union de mon corps et de mon âme est un état qui m’appartient, et que je souhaite ardemment conserver, vous ne pouvez pas prétendre que la mort qui rompt cette union est une chose qui ne me regarde pas.

    Concluons que l’argument d’Épicure et de Lucrèce n’était pas bien arrangé, et qu’il ne pouvait servir que contre la peur des peines de l’autre monde. Il y a une autre sorte de peur qu’ils devaient combattre ; c’est celle de la privation des douceurs de cette vie."

    Pierre Bayle, Dictionnaire historique et critique (1697)

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  • "L'homme qui voulait vivre sa vie"

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  • Hegel : L'épreuve de la mort

    hans-baldung-grien-la-jeune-fille-et-la-mort-1517.jpg"La mort, si nous voulons nommer ainsi cette irréalité, est la chose la plus redoutable, et tenir fermement ce qui est mort, est ce qui exige la plus grande force. La beauté sans force hait l'entendement, parce que l'entendement attend d'elle ce qu'elle n'est pas en mesure d'accomplir. Ce n'est pas cette vie qui recule d'horreur devant la mort et se  réserve pure de la destruction, mais la vie qui porte la mort, et se maintient dans la mort même, qui est la vie de l'esprit. L'esprit conquiert sa vérité seulement à condition de se retrouver soi-même dans l'absolu déchirement.

    L'esprit est cette puissance en n'étant pas semblable au positif qui se détourne du négatif (comme quand nous disons d'une chose qu’elle n'est rien, ou qu'elle est fausse, et que, débarrassé alors d'elle, nous passons sans plus à quelque chose d'autre), mais l'esprit est cette puissance seulement en sachant regarder le négatif en face, et en sachant séjourner près de lui. Ce séjour est le pouvoir magique qui convertit le négatif en être."

    Hegel, La Phénoménologie de l'Esprit (1807)

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  • Sans commentaire

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  • Épicure : "Familiarise-toi avec l'idée que la mort n'est rien pour nous"

    "Familiarise-toi avec l'idée que la mort n'est rien pour nous, puisque tout bien et tout mal résident dans la sensation, et que la mort est l'éradication de nos sensations. Dès lors, la juste prise de conscience que la mort ne nous est rien autorise à jouir du caractère mortel de la vie : non pas en lui conférant une durée infinie, mais en l'amputant du désir d'immortalité. Il s'ensuit qu'il n'y a rien d'effrayant dans le fait de vivre, pour qui est radicalement conscient qu'il n'existe rien d'effrayant non plus dans le fait de ne pas vivre.

    Stupide est donc celui qui dit avoir peur de la mort non parce qu'il souffrira en mourant, mais parce qu'il souffre à l'idée qu'elle approche. Ce dont l'existence ne gêne point, c'est vraiment pour rien qu'on souffre de l'attendre ! Le plus effrayant des maux, la mort ne nous est rien, disais-je : quand nous sommes, la mort n'est pas là, et quand la mort est là, c'est nous qui ne sommes pas ! Elle ne concerne donc ni les vivants ni les trépassés, étant donné que pour les uns, elle n'est point, et que les autres ne sont plus. Beaucoup de gens pourtant fuient la mort, soit en tant que plus grand des malheurs, soit en tant que point final des choses de la vie.

    Le philosophe, lui, ne craint pas le fait de n'être pas en vie : vivre ne lui convulse pas l'estomac, sans qu'il estime être mauvais de ne pas vivre. De même qu'il ne choisit jamais la nourriture la plus plantureuse, mais la plus goûteuse, ainsi n'est-ce point le temps le plus long, mais le plus fruité qu'il butine ? Celui qui incite d'un côté le jeune à bien vivre, de l'autre le vieillard à bien mourir est un niais, non tant parce que la vie a de l'agrément, mais surtout parce que bien vivre et bien mourir constituent un seul et même exercice.

    Plus stupide encore celui qui dit « beau » de n'être pas né, ou « Sitôt né, de franchir les portes de l'Hadès ». S'il est persuadé de ce qu'il dit, que ne quitte-t-il la vie sur-le-champ ? Il en a l'immédiate possibilité, pour peu qu'il le veuille vraiment. S'il veut seulement jouer les provocateurs, sa désinvolture en la matière est déplacée. Souvenons-nous d'ailleurs que l'avenir, ni ne nous appartient, ni ne nous échappe absolument, afin de ne pas tout à fait l'attendre comme devant exister, et de n'en point désespérer comme devant certainement ne pas exister."

    Épicure, Lettre à Ménécée (IVe s. av JC)

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  • Café philo exceptionnel à la médiathèque de Montargis

    Le prochain café philosophique de Montargis aura exceptionnellement lieu à la Médiathèque de Montargis, le vendredi 13 avril, à 18 heures (et non pas 19 heures).

    Le sujet de cette séance sera choisi par les utilisateurs de la Médiathèque de Montargis. Voici les trois sujets qui seront mis au vote quelques semaines avant cette séance :

    - Y a-t-il des guerres justes ?
    - Les paroles engagent-elles autant que les actes ?
    - Faut-il vivre comme si nous ne devions jamais mourir ?

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  • Sans commentaire

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  • Montaigne : Philosopher c'est apprendre à mourir

    260px-Montaigne-Dumonstier.jpgLe but de notre chemin, c’est la mort, c’est [là] l’objet inéluctable de notre visée : si elle nous effraie, comment est-il possible de faire un pas en avant sans fièvre ? Le remède du vulgaire, c’est de ne pas y penser. Mais de quelle stupidité de brute peut lui venir un si grossier aveuglement ? Il lui faut faire brider l’âne par la queue.

    Qui capite ipse suo instituit vestigia retro.

    [Lui qui s’est mis dans la tête d’avancer à reculons.]

    Ce n’est pas étonnant s’il est si souvent pris au piège. On fait peur à nos gens en nommant seulement la mort, et la plupart s’en signent comme quand ils entendent le nom du diable. Et parce qu’il en est fait mention dans les testaments, ne vous attendez pas à ce qu’ils y mettent la main avant que le médecin leur ait donné l’extrême sentence ; et Dieu sait alors, entre la douleur et la frayeur, de quel bon jugement ils vous le pétrissent.

    Parce que cette syllabe frappait trop durement leurs oreilles et que ce mot leur semblait malencontreux, les Romains avaient appris à l’adoucir ou à l’étendre en périphrases. Au lieu de dire « il est mort », ils disent « il a cessé de vivre », « il a vécu ». Pourvu qu’ils emploient vie, même passée, ils se consolent. [...]

    Je naquis entre onze heures et midi le dernier jour de février mil cinq cent trente-trois, selon notre façon actuelle de compter, l’année commençant en janvier. Il n’y a juste que quinze jours que j’ai dépassé trente-neuf ans ; il m’en faut pour le moins encore autant ; s’embarrasser en attendant de la pensée d’une chose aussi éloignée, ce serait folie. Mais quoi ! les jeunes et les vieux abandonnent la vie dans les même conditions. Nul n’en sort autrement que comme s’il venait à l’instant d’y entrer. Ajoutez qu’il n’y a pas d’homme si décrépit soit-il qui, tant qu’il n’a pas atteint l’âge de Mathusalem, ne pense avoir encore vingt ans dans le corps. En outre, pauvre fou que tu es, qui t’a établi les limites de ta vie ? Tu te fondes sur ce que disent les médecins. Regarde plutôt la réalité et l’expérience."

    Michel de Montaigne, Essais (1595)

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  • "Le septième sceau"

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  • La Fontaine : "Plutôt souffrir que mourir"

    Un pauvre Bûcheron tout couvert de ramée,

    Sous le faix du fagot aussi bien que des ans

    Gémissant et courbé marchait à pas pesants,

    Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée.

    Enfin, n’en pouvant plus d’effort et de douleur,

    Il met bas son fagot, il songe à son malheur :

    Quel plaisir a-t-il eu depuis qu’il est au monde ?

    En est-il un plus pauvre en la machine ronde ?

    Point de pain quelquefois, et jamais de repos.

    Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts,

    Le créancier, et la corvée

    Lui font d’un malheureux la peinture achevée.

    Il appelle la Mort. Elle vient sans tarder,

    Lui demande ce qu’il faut faire.

    « C’est, dit-il, afin de m’aider

    À recharger ce bois ; tu ne tarderas guère ».

    Le trépas vient tout guérir ;

    Mais ne bougeons d’où nous sommes :

    plutôt souffrir que mourir,

    C’est la devise des hommes."

    Jean de La Fontaine, "La Mort et le Bûcheron ", Fables (1668.)

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  • Camus : La mort et le mythe de Sisyphe

    "On a compris déjà que Sisyphe est le héros absurde. Il l’est autant par ses passions que par son tourment. Son mépris des dieux, sa haine de la mort et sa passion pour la vie, lui ont valu ce supplice indicible où tout l’être s’emploie à ne rien achever. C’est le prix qu’il faut payer pour les passions de cette terre. On ne nous dit rien sur Sisyphe aux Enfers. Les mythes sont faits pour que l’imagination les anime. Pour celui-ci on voit seulement tout l’effort d’un corps tendu pour soulever l’énorme pierre, la rouler et l’aider à gravir une pente cent fois recommencée ; on voit le visage crispé, la joue collée contre la pierre, le secours d’une épaule qui reçoit la masse couverte de glaise, d’un pied qui la cale, la reprise à bout de bras, la sûreté tout humaine de deux mains pleines de terre. Tout au bout de ce long effort mesuré par l’espace sans ciel et le temps sans profondeur, le but est atteint. Sisyphe regarde alors la pierre dévaler en quelques instants vers ce monde inférieur d’où il faudra la remonter vers les sommets. Il redescend dans la plaine.

    C’est pendant ce retour, cette pause, que Sisyphe m’intéresse. Un visage qui peine si près des pierres est déjà pierre lui-même ! Je vois cet homme redescendre d’un pas lourd mais égal vers le tourment dont il ne connaîtra pas la fin. Cette heure qui est comme une respiration et qui revient aussi sûrement que son malheur, cette heure est celle de la conscience. À chacun de ces instants, où il quitte les sommets et s’enfonce peu à peu vers les tanières des dieux, il est supérieur à son destin. Il est plus fort que son rocher.

    Si ce mythe est tragique, c’est que son héros est conscient. Où serait en effet sa peine, si à chaque pas l’espoir de réussir le soutenait ? L’ouvrier d’aujourd’hui travaille, tous les jours de sa vie, aux mêmes tâches et ce destin n’est pas moins absurde. Mais il n’est tragique qu’aux rares moments où il devient conscient. Sisyphe, prolétaire des dieux, impuissant et révolté, connaît toute l’étendue de sa misérable condition : c’est à elle qu’il pense pendant sa descente. La clairvoyance qui devait faire son tourment consommée du même coup sa victoire. Il n’est pas de destin qui ne se surmonte par le mépris."

    Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe (1942)

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