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=>Saison 3 - Page 5

  • LA GAUCHE HÉGÉMONIQUE CHEZ DES ENSEIGNANTS DU PUBLIC CRISPÉS

    sondage politique.jpgLes enseignants ont l'intention de voter massivement et efficacement à gauche. C'est la principale leçon du sondage réalisé par l'IFOP pour Le Monde. Au premier tour de l'élection présidentielle, le 22 avril, 46 % des 712 enseignants représentatifs interrogés du 13 au 15 février, comptent voter pour le candidat socialiste François Hollande. Et au second tour, 79 % de ces enseignants du primaire, des collèges et des lycées ont l'intention de faire ce même choix. Le candidat Nicolas Sarkozy, lui, recueillerait 12,5 % de leurs suffrages au premier tour du scrutin et 21 % au second. Voici les sept leçons qui se dégagent de cette enquête, à 60 jours du premier tour.

    "Il n'y a pas d'autre catégorie professionnelle où 8 électeurs sur 10 ont l'intention de voter pour un même candidat au second tour. En 2007, les agriculteurs avaient opté à 70 % pour M. Sarkozy, et c'était exceptionnel", rappelle Jérôme Fourquet, directeur du département opinions à l'IFOP.

    Double prouesse, donc, pour le candidat socialiste. D'abord parce que ce taux est très élevé. Ensuite parce que François Hollande peut se targuer d'avoir réconcilié le corps enseignant avec le PS. Ses 46 % d'intentions de vote au premier tour sonnent comme une vraie victoire, si l'on se souvient que Ségolène Royal n'avait recueilli que 31,5 % du suffrage enseignant en 2007 et Lionel Jospin, 16 % en 2002.

    "Cette catégorie professionnelle, championne de la dispersion des voix aux deux précédents [scrutins] présidentiels, a décidé cette fois de jouer l'efficacité pour être sûre de ne pas retrouver Nicolas Sarkozy", estime l'analyste. Plus que d'une adhésion au projet socialiste, François Hollande bénéficie de la volonté d'en finir avec ce que les enseignants estiment être la "casse de l'école"...

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    Source : Le Monde

     

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  • LES BIENFAITS DE L'ÉDUCATION À LA BAGUETTE

    Mme Charron et ses enfants.jpgDes enfants qui disent bonjour et merci. Se régalent de petits pois et de brocolis. Et restent à table sans broncher. C'est ainsi que Pamela Druckerman voit les petits Français.

    "Déguisement : les Indiens Peaux-Rouges." Jill, une Américaine installée à Paris, est restée médusée devant l'invitation à une fête d'anniversaire qu'a reçue sa fille. Pour comprendre son effroi, il faut imaginer des petits Français conviés aux Etats-Unis à un goûter sur le thème : "Les sauvages du fleuve Congo"... Pas facile de devenir une mère à la française. Mais Jill a décidé de s'accrocher. Elle a acheté le plus beau déguisement d'Indienne à plumes à sa fille et l'a conduite à l'anniversaire de son amie. Sans oublier, au retour de lui faire un petit cours sur l'histoire des Etats-Unis.

    Pourquoi une telle abnégation ? Vues d'outre-Atlantique, les Françaises seraient des mères modèles. Ou plutôt des mères d'enfants modèles : bien élevés, mangeant de tout et capables de rester à table sans broncher durant les (très) longs repas de famille. Tout le contraire des affreux petits Américains qui ne connaissent des légumes que les frites et ne conçoivent pas de manger assis. Cliché ? C'est une Américaine qui le véhicule. Mais elle connaît son sujet : elle vit à Paris...

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    Source : M - Le Magazine du Monde

     

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  • ÉDUQUER ET INSTRUIRE

    instruire.gif"La liberté dans l’éducation comme ailleurs doit être une affaire de degré. Certaines libertés ne peuvent être tolérées. J’ai rencontré une dame qu’on ne devait jamais  interdire à un enfant de faire quoi que ce soit, car un enfant doit développer sa nature de l’intérieur. "Et si cette nature lui fait avaler des épingles ?" demandais-je ? […] C’est pourquoi défendre la liberté dans l’éducation ne signifie pas que les enfants doivent faire exactement ce leur plaît toute la journée…"

    Bertrand Russel, Essais Sceptiques, § VXIV, p. 258/259, éd. Reider, 1928

    "S’il faut à la France 80% de bacheliers, ce n’est pas pour grossir administrativement la cohorte des Golden boys et des chevaliers d’industrie, c’est pour mener des générations entières à la tâche intellectuelle et morale qui leur incombe et à laquelle elles ont droit : se libérer, d’abord intérieurement puis extérieurement des slogans et des modèles d’une société sinistrée par l’économie."

    Alain de Libera, Penser au Moyen-Âge, p.78, Seuil

    En 1883 Jules Ferry écrit dans la célèbre lettre aux instituteurs :

    "Vous êtes et, à certains égards, le suppléant du père de famille ; parlez donc à son enfant comme vous voudriez qu’on parlât au vôtre ; avec force et autorité, toutes les fois qu’il s’agit d’une vérité incontestée, d’un précepte de morale commune ; avec une grande réserve, dès que vous risquez d’effleurer un sentiment religieux dont vous n’êtes pas juge."

    Thierry Wanegffelen, Le Poseau pensant, p.165, éd. Payot, 2011 

     
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  • L’ÉCOLE SERT-ELLE À ENSEIGNER OU À ÉDUQUER ?

    Le prochain débat du café philosophique de Montargis aura lieu cette semaine, le vendredi 24 février à 18H30 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée. Cette séance aura pour titre : "L’école sert-elle à enseigner ou à éduquer ?"

    café philosophique,café philosophique de montargis,montargis,cafe philo,cafe philosophique,philosophieÀ cette question, qui prend une résonance particulière en cette période électorale, il serait aisé de répondre que ces deux fonctions sont indissolublement liées à l’école. Mieux, elles paraissent ne pouvoir se différencier l’une de l’autre. Est-ce si simple ? Enseigner c’est, littéralement, "marquer d’un signe". C’est développer un ensemble de connaissances, afin de rendre l’apprenant autonome, adulte, citoyen. Au départ, l’enseignement mêle instruction d’un savoir et éducation. Il s’agit d’élever l’apprenant (élève). Pourtant, il semblerait que ce métier soit de plus en plus décrit comme difficile par ceux qui l’exercent (selon M. Pochard, Livre vert sur l’évolution du métier d’enseignant, 2008 : "46% des enseignants du premier degré et 39% de ceux du second degré disent songer à quitter ce métier en raison du stress qu'il engendre", rapport en ligne sur ce lien) et mal fait par ceux qui le subissent. Alors, quel est le rôle de l’école ? Quel rapport doit-elle entretenir avec l’éducation parentale ? Ce rôle n’est-il pas en profond bouleversement ? Faut-il faire bouger "le mammouth" ? Est-ce possible ? Y a-t-il une perte d’autorité de nos professeurs ? Si oui comment la rétablir ? Le faut-il ? Le politique doit-il intervenir ? Quel est le rôle de l’école dans nos sociétés ? La culture générale, âprement débattue récemment, a-t-elle encore sa place ?  

    Claire et Bruno proposent à tous de venir débattre de ces points – et de bien d’autres encore – le vendredi 24 février à 18 h 30 lors du prochain café philosophique de Montargis, à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée. Participation libre et gratuite.

    Renseignements : cafephilo.montargis@yahoo.fr

     
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  • COMPTE RENDU DE LA DERNIÈRE SÉANCE

    Thème du débat : "Vivre seul(e) ou mal accompagné(e) ?" Débat sur cette question : "La vie est-elle trop courte pour s'ennuyer avec quelqu'un qui n'en vaut pas la peine ?" 

    Date : 27 janvier 2012 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée.

    café philosophique,café philosophique de montargis,montargis,cafe philo,cafe philosophique,philosophiePour cette vingtième séance, et la première de l’année 2012, le café philosophique de Montargis rassemblait un public particulièrement nombreux – environ 70 personnes. Sans doute le titre et le thème de cette séance n’étaient-ils pas étrangers à cette affluence : "Vivre seul(e) ou mal accompagné (e) ?" Bruno précise que ce sujet, choisi lors de la séance de décembre et proposé d’ailleurs par un participant, porte en réalité sur cette question : "La vie est-elle trop courte pour s'ennuyer avec quelqu'un qui n'en vaut pas la peine ?"

    Claire et Bruno commencent le débat par un tour de table. À la question de savoir – comme le dit l’adage – s’il vaut mieux vivre seul que mal accompagné, une participante répond par l’affirmatif, tant il est vrai, ajoute-t-elle, qu’une vie à deux ne peut se concevoir sans épanouissement personnel. Sans cet épanouissement, à quoi bon s’évertuer à continuer avec un homme ou une femme ? Cela ne dispense en outre pas d’être accompagné, si ce n’est d’un compagnon ou d’une compagne, d’amis ou de relations plus éphémères, a fortiori si cette vie sociale de célibat assumée apporte bonheur et accomplissements personnels. Un autre participant, en écho à cette intervention, donne un autre son de cloche. Il souligne la difficulté à porter un jugement définitif sur la personne qui sera amenée à partager notre vie. Il prend pour exemple l’opéra de Mozart La Flûte enchantée : l’oiseleur Papageno désespère à l’idée de devoir se marier avec une sorcière hideuse, jusqu’à ce que, miraculeusement et à son grand bonheur, cette future épouse honnie se transforme en délicieuse Papagena, l’âme sœur de Papageno (vidéo ici).

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    Une troisième intervenante souligne la difficulté de former un couple, tout en considérant que vivre seul ne peut se concevoir dans la durée. Le célibat paraît être une situation sociale non pérenne. Ce qui ne veut pas dire que vivre en couple le soit obligatoirement : plus qu’il y a quelques années, la vie à deux devient compliquée (pour aller plus loin, cliquez ici) et il n’y a pas de doute que la transformation idyllique de Papagena peut être vécue bien différemment : celui ou celle qui partage sa vie, considéré(e) au début comme son âme sœur, peut, avec les années, s’avérer être un compagnon ou une compagne bien encombrante. Accepter de faire sa vie avec un homme ou une femme ne va donc pas forcément de soi. 

    Cela nous amène à nous demander, s’interroge Claire, si nous ne sommes pas faits pour vivre seuls ("Il n’est pas bon que l’homme soit seul", lit-on dans le premier livre de la Genèse) :  "L’homme est un animal politique" écrit Aristote (Politiques, I, 1). Dès lors, qu’attendons-nous d’autrui ? Quelle est la fin de notre relation ? Quel est notre intérêt à vivre avec tel(le) ou tel ? Cette relation peut-elle être désintéressée ?

    Un participant suggère que le mot "intérêt" a certainement pris tout son sens dans les millénaires qui nous ont précédés ; il est d'ailleurs encore présent de nos jours. Bien souvent, c’est le gain qui est recherché et lorsque ce gain se fait inférieur à ce que l’on donne, on rompt. Il semble que la relation avec l’autre, dans nos sociétés modernes, soit fondée  sur une recherche de plaisir : il doit être présent sinon la relation perd son sens…

    café philosophique,café philosophique de montargis,montargis,cafe philo,cafe philosophique,philosophieCelui ou celle qui m’accompagne ne déboule pas dans ma vie simplement par hasard. Nombre de psychologues sont d’accord pour dire que la personne avec qui je choisis de partager ma vie vient en résonance avec mon passé comme avec mes attentes, ici et maintenant. 

    L’amour ne peut-il exister que par l’intérêt que la relation amoureuse m’apporte ? À ce sujet, Claire évoque l’exemple concret d’un couple actuel (documentaire "Couple : quand l'autre change de visage") qui s’est reconstruit de manière troublante : après des années de vie commune, ponctuées de fréquents déplacements à l’étrangers d'un homme, militaire de carrière,  ce dernier décide de se séparer de sa femme au moment de sa retraite. Problème – hélas ! – classique de notre société dans laquelle un mariage sur trois se conclut par un divorce… (pour aller plus loin, cliquez ici) Alors que le divorce est sur le point d’être prononcé, un médecin apprend à l’homme que sa femme (bientôt sa "future ex-femme") est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Contre toute attente, l’homme décide de rester avec cette dernière, mû par un sentiment autre que l’amour. Il s’agit d’une forme de reconnaissance. Reconnaissance de l’autre, de cet autre précis et singulier comme ayant donné et donnant encore un sens, le sens que je souhaite, à celui ou celle que je suis.

    Il y a en effet un rôle conséquent de l’autre dans celle ou celui que je suis ; ne me définit-il pas ? Au-delà des désirs et plaisirs charnels, la relation amoureuse n’est-elle pas celle où je m’expose tout entière, attendant que celui avec qui je vis me reconnaisse telle que je cherche à être : aimé(e) d’un autre, existant à travers ou dans ses yeux.

    café philosophique,café philosophique de montargis,montargis,cafe philo,cafe philosophique,philosophie"Ne confond-on donc pas "amour" et "désir" ?" s’interroge un participant. Il est patent que l’homme est aujourd’hui principalement devenu un être de désir. Notre société de consommation le pousse d’ailleurs à cet état de fait. Ce désir, qui est omniprésent dans la vie d’un jeune couple, s’amenuise avec les années. Et ce qui fait tenir un couple dans la durée c’est bien un amour désincarné et non pas un désir évanescent. Bruno va dans ce sens, ajoutant que l’on touche là le centre de la problématique du sujet de ce soir : "La vie est-elle trop courte pour s'ennuyer avec quelqu'un qui n'en vaut pas la peine ?" L’ennui – qui est par définition l’absence de désir – serait une justification suffisante de la désagrégation du couple.

    Ce mal absolu dans la vie à deux – ou du moins présumé tel – invite plusieurs participants à discuter autour du sexe – en se gardant bien de tout jugement moral, comme le souligne un participant. Sans doute, là, touchons-nous un point névralgique! Vivre à deux, demande Claire, implique une acceptation de l’abandon d’une liberté. C’est toute l’histoire de ces couples libertins. Une telle acceptation signifie aussi la mutilation d’une partie de ma liberté (n’est-ce pas toute la thèse du sulfureux Marquis de Sade ?).

    Alors, l’homme s’il est politique (selon Aristote), est-il naturellement fidèle ? Le véritable amour doit-il être exclusif ?

    café philosophique,café philosophique de montargis,montargis,cafe philo,cafe philosophique,philosophieClaire évoque Jean-Paul Sartre dans son questionnement sur l’aliénation qu’apporte mon amour passionné pour autrui : "Il arrive qu'un asservissement total de l'être aimé tue l'amour de l'amant… [L’amant] veut être aimé par une liberté et réclame que cette liberté comme liberté ne soit plus libre. Il veut à la fois que la liberté de l'Autre se détermine elle-même à devenir amour (…) et, à la fois, que cette liberté soit captivée par elle-même, qu'elle se retourne sur elle-même, comme dans la folie, comme dans le rêve, pour vouloir sa captivité. Et cette captivité doit être démission libre et enchaînée à la fois entre nos mains", L'Être et le Néant). Comme souvent, en se liant à autrui au sein d’un couple, le piège se renferme sur sa propre liberté.

    Reste à considérer une forme d’amour considérée par les Grecs comme plus noble que toutes : l’amitié. La philia ne s’encombre pas du pathos.  Ne serait-ce pas vers celle-ci que nous souhaiterions aller ? Parlant de l’amour, Socrate pose cette question à Lysis: "Mais que leur as-tu donc fait pour qu'ils t'empêchent avec tant de rigueur d'être heureux et de faire ce qu'il te plaît, pour qu'ils te tiennent toute la journée dans la dépendance de quelqu'un, en un mot dans l'impossibilité de faire à peu près rien de ce que tu peux désirer ?" Il faut au contraire, selon,  Socrate  s'efforcer de rendre humbles ceux que l’on aime plutôt que les louer immodérément par des poèmes... (Lysis)

    café philosophique,café philosophique de montargis,montargis,cafe philo,cafe philosophique,philosophieCombien peut être éloignée de cet idéal une vie de couple, parfois faite de frustrations ou, pire, de non-dits ! Une participante convient que la gestion de la vie à deux doit être un combat de chaque instant et que ce combat est aussi fait d’écoutes et de compromis. Elle ajoute que dans la vie à deux peut intervenir un facteur important : l’enfant ou les enfants. Encore ne faut-il pas qu’ils soient des alibis mais au contraire un ciment bienfaiteur. Le résultat de ces efforts – écoutes mutuelles et compromis – en vaut véritablement la chandelle, ajoute-t-elle. Il est aussi vrai que cet appel à la mesure peut choquer le discours ambiant : l’amour ne devrait-il être que passionné ? Une nouvelle preuve de la "dictature des passions", acquiesce Bruno, qui renvoie du même coup à un débat antérieur du café philosophique de Montargis (en savoir plus ici).

    Un autre participant propose de revenir sur la phrase à l’origine du débat : "La vie est-elle trop courte pour s'ennuyer avec quelqu'un qui n'en vaut pas la peine ?" Voilà une question particulièrement virulente qui fait peu cas justement de ce partenaire qui partage ma vie, juge-t-il ! Il serait à l’origine de cet ennui déflagrateur de mon couple. Or, si problème il y a (cet ennui en l’occurrence), ne viendrait-il pas justement de moi et de personne d’autre ? Par ailleurs, ajoute Bruno sous forme de boutade, cette proposition qui a été à l’origine du débat de ce soir, est sans doute erronée : vivre avec une personne ennuyeuse peut rendre au contraire la vie extrêmement longue !

    café philosophique,café philosophique de montargis,montargis,cafe philo,cafe philosophique,philosophieIl est question dès lors de se regarder et de s’étudier plutôt que de juger l’autre. Une participante rappelle que le couple ne sera déstructuré et destructeur que si l’on accepte et même travaille à ce qu’il le soit. Un autre participant affirme dès lors que pour réussir son couple, il faut d’abord savoir ce que l’on veut et est prêt à accepter ou pas d’autrui. Conscient que l’image que l’autre me renvoie est primordiale pour celle que je suis vraiment, j’ai à exiger que ma relation à l’autre, ma manière de l’aimer soit aussi déterminante de celui ou celle que je suis. Dès lors, la relation à l’autre doit révéler, davantage que l’autre lui-même, mon identité.

    L’amour c’est donc d’abord voir l’autre comme sa finalité, non comme un moyen pour parvenir à un accomplissement. En le considérant ainsi, je m’élève au-dessus d’un simple rapport charnel pour entrer dans une relation de partage et d’échange, forcément salvatrice en qu’elle m’apprend qui je suis et qui est l’homme, elle fonde l’humanité. 

    C’est sur cet appel à chercher au fond de soi cet ennui destructeur et à accepter de l’autre ses différences que s’achève ce vingtième café philosophique. 

    La soirée se termine par le vote du sujet de la séance du 24 février 2012. Le choix se porte sur ce débat : "L’école sert-elle à enseigner ou à éduquer ?"

    Philo-galerie : Pour illustrer ce débat, nous avons choisi des peintures d'Annibale Carracche (Diane et Endymion), Michael Cheval (Cythare), Christopher Wood (Couple de mormons), Jean-Honoré Fragonard (Le verrou), Francis Picabia (Couple), Edward Burne-Jones (Love among the ruins) et Pablo Picasso (Les amoureux).

    Autres sources sur ce lien.


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  • PINK FLOYD - "THE WALL"

    Cliquez également ici.

     

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  • L'ENSEIGNEMENT DE GARGANTUA

    gargantua.jpg"De faict, l'on luy enseigna un grand docteur sophiste nommé Maistre Thubal Holoferne, qui luy aprint sa charte si bien qu'il la disoit par cueur au rebours; et y fut cinq ans et troys mois. Puis luy leut Donat, le Facet, Theodolet et Alanus in Parabolis et y fut treze ans six moys et deux sepmaines.

    Mais notez que cependent il luy aprenoit à escripre gotticquement et escripvoit tous ses livres, car l'art d'impression n'estoit encores en usaige.

    Et portoit ordinairement un gros escriptoire pesant plus de sept mille quintaulx, duquel le gualimart estoit aussi gros et grand que les gros pilliers de Enay, et le cornet y pendoit à grosses chaines de fer à la capacité d'un tonneau de marchandise.

    Puis luy leugt De modis significandi, avecques les commens de Hurtebize, de Fasquin, de Tropditeulx, de Gualehaul, de Jean le Veau, de Billonio, Brelinguandus, et un tas d'aultres; et y fut plus de dix huyt ans et unze moys. Et le sceut si bien que, au coupelaud, il le rendoit par cueur à revers, et prouvoit sus ses doigtz à sa mère que de modis significandi non erat scientia.

    Puis luy leugt le Compost, où il fut bien seize ans et deux moys, lors que son dict precepteur mourut; et fut l'an mil quatre cens et vingt, de la verolle que luy vint .

    Après, en eut un aultre vieux tousseux, nommé Maistre Jobelin Bridé, qui luy leugt Hugutio, Hebrard Grecisme,le Doctrinal, les Pars, le Quid est, le Supplementum, Marmotret, De moribus in mensa servandis, Seneca De quatuor virtutibus cardinalibus, Passavantus cum Commento , et Dormi secure pour les festes, et quelques aultres de semblable farine. A la lecture desquelz il devint aussi saige qu'onques puis ne fourneasmes nous."

    François Rabelais, Gargantua, XIV

    http://sami.is.free.fr/Oeuvres/rabelais_gargantua.htm

     

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  • APPRENDRE GRÂCE À LA MAÏEUTIQUE

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    "Socrate — Rappelle-toi tous les us et coutumes des accoucheuses, et tu saisiras plus facilement ce que je veux t'apprendre... Mon art de maïeutique a mêmes attributions générales que le leur. La différence est qu'il délivre les hommes et non les femmes et que c'est les âmes qu'il surveille en leur travail d'enfantement, non point les corps. Mais le plus grand privilège de l'art que, moi, je pratique est qu'il sait faire l'épreuve et discerner, en toute rigueur, si c'est apparence vaine et mensongère qu'enfante la réflexion du jeune homme, ou si c'est fruit de vie et de vérité. J'ai, en effet, même impuissance que les accoucheuses. Enfanter en sagesse n'est point en mon pouvoir, et le blâme dont plusieurs déjà m'ont fait opprobre, qu'aux autres posant question je ne donne jamais mon avis personnel sur aucun sujet et que la cause en est dans le néant de ma propre sagesse, est blâme véridique. La vraie cause, la voici : accoucher les autres est contrainte que le dieu m'impose ; procréer est puissance dont il m'a écarté. Je ne suis donc moi-même sage à aucun degré et je n'ai, par devers moi, nulle trouvaille qui le soit et que mon âme à moi ait d'elle-même enfantée. Mais ceux qui viennent à mon commerce, à leur premier abord, semblent, quelques-uns même totalement, ne rien savoir. Or tous, à mesure qu'avance leur commerce et pour autant que le dieu leur en accorde faveur, merveilleuse est l'allure dont ils progressent, à leur propre jugement comme à celui des autres. Le fait est pourtant clair qu'ils n'ont jamais rien appris de moi, et qu'eux seuls ont, dans leur propre sein, conçu cette richesse des beaux pensers qu'ils découvrent et mettent au jour."

    Platon, Théétète, p. 148c-149b et p. 150b ; traduction A. Diès, éd. Budé

    http://www.philo5.com/Les%20philosophes%20Textes/Socrate_N'aRienEcritMais.htm

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  • BIENTÔT, LE COMPTE-RENDU DE LA DERNIÈRE SÉANCE

    Très bientôt, sur ce site, vous pourrez trouver le compte-rendu de la dernière séance "Vivre seul(e) ou mal accompagné(e) ?" qui avait lieu le 27 janvier 2012.

    Merci de votre patience.

     

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  • LA CULTURE GÉNÉRALE INUTILE ?

    "Sous prétexte que l'épreuve de culture générale condamnait les élèves issus de milieu modeste, Richard Descoings, le directeur de Sciences-Po, a décidé de la supprimer. Cela pose question et fait ressurgir dans mon esprit le personnage de monsieur Germain, l'instituteur d'Albert Camus, qui se souvenait de "voir briller dans les yeux de son élève le plaisir des découvertes qu'il lui apportait".

    On sait le milieu d'origine du grand écrivain, élevé par une mère veuve, en difficulté sociale et inculte, et la ressource qu'a représentée l'instituteur comme passeur de culture pour son "cher petit Albert".

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    Il est vrai que la sélection n'a plus bonne presse et qu'il est loin le temps du concours d'entrée au collège et du faible pourcentage de réussite au bac. On ne peut que se réjouir de la prolongation de la scolarité jusqu'à 16 ans, et même au-delà, pour l'obtention d'un diplôme ou d'une qualification professionnelle.

    Cette progression de la connaissance générale doit-elle s'accompagner de la disparition des concours et des classements permettant de repérer les meilleurs élèves ? Il faut repenser les modes de sélection. On peut admettre l'argument selon lequel "il est difficile d'être cultivé à 17 ans". Mais la mesure prise par le directeur de Sciences-Po est une mauvaise réponse : la suppression de l'épreuve de culture générale va mécaniquement majorer le poids de l'épreuve de langue étrangère qui, elle, est maintenue.

    Or, cela sera encore plus injuste : qui peut bénéficier de séjours linguistiques dans les milieux défavorisés ? Évaluons plutôt, dans une épreuve de grand oral initial, la façon des jeunes gens de comprendre, de réfléchir et de répondre à une question posée.

    Pourquoi ne pas instaurer, dès la sixième, des groupes de réflexion philosophique, matière socle de la culture générale, où les élèves pourraient, sous les auspices de Descartes, exercer leur spontanéité de pensée, le professeur défrichant avec eux les grandes questions et les ouvrages qu'ils aborderaient plus tard au lycée ? Utopique ?

    Il est plus facile de procéder de cette façon que de s'engager d'emblée dans une démarche conceptuelle. J'ai récemment été témoin d'une telle approche pédagogique au sein d'un collège adepte de la pédagogie Freinet (du nom d'un instituteur favorisant, notamment, l'expression libre des enfants).

    Si l'on pense que la culture générale est inaccessible à certains milieux, on finira par conclure que, dans les "quartiers", personne ne peut s'intéresser aux poètes antiques, vibrer au théâtre classique, se passionner pour l'histoire. À force de banaliser, de toujours vouloir uniformiser, on élimine aujourd'hui la possibilité d'émergence d'un Albert Camus issu de la banlieue."

    Marcel Rufo, in Pèlerin, 26 janvier 2012

    http://www.pelerin.info/Vie-de-Famille/Psycho/Marcel-Rufo-Plaidoyer-pour-la-culture-generale

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  • ILS ONT DIT, AU SUJET DE L'ÉCOLE...

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    "Nous sommes frères par la nature, mais étrangers par l'éducation." [Confucius]

    "Interroger, c’est enseigner." [Xénophon]

    " L’éducation est pour les gens heureux une parure, pour les malheureux un refuge." [Démocrite]

    "Pour les petits enfants, l'éducation, c'est le maître d'école ; pour les jeunes gens, c'est le poète." [Aristophane]

    "Les racines de l'éducation sont amères, mais ses fruits sont doux." [Aristote]

    "Je n'enseigne pas, je raconte." [Montaigne]

    "Celui qui est maître de l'éducation peut changer la face du monde." [Leibniz]

    "On aime ressentir l'influence bienfaisante d'un enfant, se mettre à son école, et, l'âme apaisée, l'appeler son maître avec reconnaissance." [Kierkegaard]

    "L'éducation développe les facultés, mais ne les crée pas." [Voltaire]

    " Ordinairement les parents ne se soucient que d’une chose : que leurs enfants réussissent bien dans le monde… Les princes ne considèrent leurs sujets que comme des instruments pour leurs desseins…" [Kant]

    "Toute éducation humaine doit préparer chacun à vivre pour autrui, afin de revivre dans autrui." [Auguste Comte]

    "Il faudrait bien comprendre que le rôle de l'école est d'apprendre aux enfants ce qu'est le monde, et non pas leur inculquer l'art de vivre." [Hannah Arendt]

    "Quoi d'étonnant si la prison ressemble aux usines, aux écoles, aux casernes, aux hôpitaux, qui tous ressemblent aux prisons ?" [Michel Foucault]

    "Il a été décidé qu’on reparlerait, dès les petites classes, d’éducation civique, d’honnêteté, de courage, de refus du racisme et d’amour de la République. Il est dommage que l’école ne soit fréquentée que par les enfants." [André Frossard]

    "On ne parle de clonage qu'en termes biologiques. Or il a déjà été précédé par un clonage mental : le système de l'école permet de fabriquer des êtres qui deviennent une copie conforme les uns des autres." [Jean Baudrillard]

    "Plutôt que d'initier les élèves à la critique textuelle, il faut utiliser les quelques années d'école, à apporter des poèmes, et à les faire apprendre par coeur, car c'est de ce seul fait qu'ils pourront accompagner les enfants dans leur existence à venir" [Yves Bonnefoy]

    "L'éducation sert à nous corrompre nous-mêmes afin de mieux rentrer dans le système." [Anonyme]


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  • KANT ET L'ÉDUCATION

    "L’homme ne peut devenir homme que par l’éducation. Il n’est que ce que l’éducation fait de lui. Il faut bien remarquer que l’homme n’est éduqué que par des hommes et par des hommes qui ont été également éduqués…

    00010371_Immanuel Kant.jpg

    Ordinairement, les parents élèvent leurs enfants seulement en vue de les adapter au monde actuel, si corrompu soit-il. Ils devraient bien plutôt leur donner une éducation meilleure, afin qu’un meilleur état pût en sortir dans l’avenir. Toutefois, deux obstacles se présentent ici : 

    1) Ordinairement les parents ne se soucient que d’une chose : que leurs enfants réussissent bien dans le monde, et 2) les princes ne considèrent leurs sujets que comme des instruments pour leurs desseins…

    Mais de qui faut-il attendre un meilleur état du monde ? Est-ce des princes ou des sujets ?"

    Kant, Réflexions sur l’Éducation, trad A. Philonenko, éd. Vrin, pp. 98-99

     
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  • PROCHAIN CAFÉ PHILOSOPHIQUE LE 24 FÉVRIER 2012

    Sans titre.pngLe prochain café philosophique de Montargis se tiendra le vendredi 24 février prochain 18H30 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée.

    Il aura pour titre : "L'école sert-elle à enseigner ou à éduquer ?

    A bientôt.

     

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"L'homme raisonnable est plus libre dans la cité où il vit sous la loi commune que dans la solitude où il n'obéit qu'à lui-même." [Baruch Spinoza]