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[51] "De quoi sommes-nous responsables?" - Page 4

  • "Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon"

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  • Notez bien la programmation d'une nouvelle séance en novembre

    72prud'hon3.jpgLe 2 octobre 2015, le café philosophique de Montargis fera sa rentrée avec une première séance intitulée "De quoi sommes-nous responsables ?"

    Vous pouvez déjà noter la date de la séance suivante : le vendredi 6 novembre 2015, toujours à la Brasserie du Centre commercial de La Chaussée, le café philo organisera une soirée qui portera sur cette question : "Œil pour œil, dent pour dent ?" Il s'agira d'un débat sur le thème de la vengeance et du pardon. Il sera co-animé avec Catherine Armessen.

    A bientôt.

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  • Migrants européens : l'avis de Michel Onfray

    "Il n'a pas honte, lui, franchement, il ferait mieux de rester caché", s'est exclamé le philosophe Michel Onfray sur BFMTV jeudi 3 septembre, citant le cinéaste Michel Audiard : "Les cons, ça ose tout, c'est d'ailleurs à ça qu'on les reconnaît. Il ferait mieux de rester chez lui."

    L'auteur de Cosmos (2015) a réagi aux propos tenus par son confrère Bernard-Henri Lévy sur la photo du petit syrien retrouvé mort sur une plage de Bodrum (Turquie) mercredi, qui a fait le tour du monde. 

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  • Réfugiés d'Europe : une histoire de responsabilités ?

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    Un enfant mort, échoué sur une plage turque. Jeudi 3 septembre, une seule et même image s'affiche à la "une" de la presse européenne. Au Royaume-Uni, The Independant, The Guardian, The Times, The Daily Mail et même le tabloïd The Sun — qui avaient jusqu'ici adopté une ligne très dure envers les réfugiés sur la crise migratoire — ont tous choisi de publier l'image particulièrement choquante de ce bambin au visage tourné vers le sable, mort noyé après avoir tenté de rejoindre l'Europe...

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  • "Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais plutôt ce que vous pouvez faire pour votre pays"

     

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  • Épictète : ce qui dépend de moi et ce qui n'en dépend pas

    25611VG_vainque_vaincu.jpg"Ne possèdes-tu donc rien qui soit en ton pouvoir, qui dépende uniquement de toi, ou possèdes-tu quelque chose de pareil ?

    - Je ne sais pas.

    - Vois donc et examine ainsi la question. Quelqu’un peut-il te faire adhérer à une proposition fausse ?

    - Personne.

    - Donc, quant à l’assentiment, tu ne trouves ni obstacle ni entrave.

    - Soit.

    - Peut-on te forcer à vouloir ce que tu ne désires pas ?

    - On le peut ; en me menaçant de la mort ou de la prison, on me force à le vouloir.

    - Donc, si tu méprisais la mort ou la prison, tu ne tiendrais plus compte de l’ordre ?

    - Non.

    - Le mépris de la mort est-il ou non ton affaire ?

    - C’est mon affaire.

    - Est-ce aussi ou non ton affaire de vouloir ?

    - Soit ! C’est la mienne.

    - Et de refuser d’agir ? N’est-ce pas aussi ton affaire ?

    - Quoi ! Si je veux me promener et que l’on m’en empêche ?

    - Qui pourra-t-on empêcher en toi ? Est-ce ton assentiment ?

    - Non, mais mon corps.

    - Oui, comme on arrête une pierre…

    - D’accord, mais il n’empêche que je cesse de me promener !

    - Qui t’as dit que c’était ton affaire de pouvoir te promener sans en être empêché ? C’est ta volonté seule dont je dis qu’elle n’est pas empêchée ; mais dès que l’on a besoin du corps et de son concours, tu as depuis longtemps appris que ce n’était pas ton affaire. Soit encore cela. Quelqu’un peut-il te forcer à désirer contre ton gré ?

    - Personne.

    - Ou à faire des projets, des plans et en général à user des représentations qui surviennent ?

    - Non plus. Mais il peut m’empêcher d’obtenir ce que je désire.

    - Comment le pourrait-il si tu désires des choses qui sont tiennes et qu’on ne peut empêcher ?

    - D’aucune manière."

    Épictète, Entretiens (Ier s. ap. JC)

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  • Arendt : la responsabilité collective (2)

    Eichmann3.jpg"Nombreux sont ceux qui, aujourd'hui, s'accorderaient pour dire que la culpabilité collective n'existe pas plus que l'innocence collective et que, dans le cas contraire, aucun individu ne pourrait jamais être coupable ou innocent. Dire cela n'est évidemment pas nier l'existence d'une chose comme la responsabilité politique, qui est cependant relativement distincte de ce que l'individu membre du groupe a fait et ne peut donc être jugée en termes moraux, ni conduite devant un tribunal criminel. Chaque gouvernement assume la responsabilité politique des faits et méfaits du gouvernement précédent et chaque nation, des faits et méfaits de son passé. Quand Napoléon, prenant le pouvoir en France au lendemain de la Révolution, déclarait : J'assumerai la responsabilité de tout ce qu'a fait la France depuis Saint Louis jusqu'au comité de salut public, il ne faisait qu'affirmer avec une certaine emphase l'un des principes fondamentaux de toute vie politique. Mais, d'une manière générale, cela signifie seulement que la naissance de chaque génération s'effectue au sein d'une continuité historique et que, pour cette raison, les péchés de ses pères pèsent sur elle, de même qu'elle est bénie par les actes de ses ancêtres. Or ce n'est pas ce genre de responsabilité dont nous parlons ici ; quand quelqu'un dit qu'il se sent coupable non de ce qu'il a fait mais des actes de son père ou de son peuple, c'est en un sens seulement métaphorique et non en un sens personnel. (Moralement parlant, il est presque aussi mal de se sentir coupable quand on n'a rien fait de précis, que de se sentir innocent quand on est réellement coupable.) On peut très bien concevoir qu'un tribunal international se prononce un jour sur certaines responsabilités politiques des nations ; mais il est inconcevable qu'un tel tribunal soit une cour d'assises appelée à se prononcer sur la culpabilité ou l'innocence d'individus.

    Et le problème de la culpabilité, ou de l'innocence de l'individu, de la justice rendue à l'accusé et à la victime, sont les seules choses qui sont en jeu lors d'un procès criminel."

    Hannah Arendt, Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal (1963)

     

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  • Arendt : la responsabilité collective (1)

    Hannah-Arendt-Political-Philosopher.jpg"J'ignore quand le terme de « responsabilité collective » est apparu pour la première fois, mais je crois pouvoir affirmer avec certitude que non seulement le terme mais aussi les problèmes qu'il implique doivent leur pertinence et l'intérêt général qu'ils attirent à des situations qui sont politiques, et non juridiques ou morales. Les normes juridiques et morales ont un élément très important en commun – elles sont toujours liées à la personne et à ce qu'elle a fait ; s'il se trouve que la personne a été impliquée dans une entreprise collective, comme dans le cas du crime organisé, ce qu'il y a à juger, c'est encore cette personne-là, son degré de participation, son rôle spécifique, et ainsi de suite, mais pas le groupe. Le fait qu'elle en ait fait partie ne joue un rôle que dans la mesure où il rend plus probable le fait qu'elle ait commis un crime ; et ce n'est en principe pas différent du fait d'avoir une mauvaise réputation ou un casier judiciaire. Si l'accusé était membre de la Mafia ou des SS ou d'une autre organisation criminelle ou politique, et qu'il assure qu'il était un simple rouage n'agissant qu'en vertu d'ordres supérieurs et ayant fait ce que n'importe qui d'autre aurait fait aussi bien, dès le moment où il apparaît devant une cour de justice, il apparaît en tant qu'il est une personne et est jugé d'après ce qu'il a fait. Que même un rouage puisse redevenir une personne : voilà ce qui constitue la grandeur des poursuites judiciaires. La même chose semble vraie à un degré encore plus haut du jugement moral, pour lequel l'excuse : mon seul autre choix aurait été de me suicider, ne pèse pas autant que pour les poursuites judiciaires. Ce n'est pas une affaire de responsabilité, mais de culpabilité.

    Aucune responsabilité collective n'est impliquée dans le cas de milliers de nageurs expérimentés qui se prélassent sur une plage publique et laissent un homme se noyer dans la mer sans venir l'aider, parce qu'ils ne forment pas une collectivité ; aucune responsabilité collective n'est impliquée dans le cas d'une conspiration montée afin de dévaliser une banque, parce qu'ici, la faute n'est pas déléguée ; ce qui est impliqué, ce sont divers degrés de culpabilité. Et si, comme dans le cas du système social après-guerre dans le Sud, seuls les "assignés à résidence" ou les "exclus" sont innocents, nous sommes là encore face à un cas très clair de culpabilité ; car tous les autres ont fait quelque chose qui n'est nullement "délégué".

    Deux conditions doivent être présentes pour qu'il y ait responsabilité collective : je dois être tenu pour responsable de quelque chose que je n'ai pas fait et la raison expliquant ma responsabilité doit être ma participation à un groupe (un collectif) qu'aucun acte volontaire de ma part ne peut dissoudre, c'est-à-dire une participation qui n'a rien à voir avec un partenariat commercial, que je peux dissoudre à volonté. La question de la « faute en groupe par complicité » doit être laissée en suspens parce que toute participation est déjà non déléguée. Cette forme de responsabilité est selon moi toujours politique, qu'elle prenne la forme ancienne où toute une communauté se juge responsable de ce que l'un de ses membres a fait ou bien si une communauté est tenue pour responsable de ce qui a été fait en son nom. Ce dernier cas est évidemment d'un plus grand intérêt pour nous, parce qu'il s'applique, pour le meilleur et pour le pire, à toutes les communautés politiques et pas seulement au gouvernement représentatif. Tout gouvernement assume la responsabilité des actes et des méfaits de ses prédécesseurs, et toute nation des actes et des méfaits passés. C'est vrai même des gouvernements révolutionnaires qui peuvent nier leur responsabilité dans les accords contractuels conclus par leurs prédécesseurs. Lorsque Napoléon Bonaparte a pris le pouvoir en France, il a déclaré : j'assume la responsabilité de tout ce que là France a fait depuis l'époque de Charlemagne jusqu'à la Terreur de Robespierre. En d'autres termes, il a dit - tout cela a été fait en mon nom dans la mesure où je suis membre de cette nation et représentatif de ce corps politique. En ce sens, de même que nous recueillons les fruits de leurs mérites, de même nous sommes toujours tenus responsables des péchés de nos pères ; mais nous ne sommes pas coupables de leurs méfaits, en termes moraux ou juridiques, ni ne pouvons nous attribuer le mérite de leurs actes."

    Hannah Arendt, La Responsabilité collective (1968)

     

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  • Aristote : actes volontaires et actes involontaires

    fotoPhilosophe-Aristotle-by-Raphael.jpg"On admet d'ordinaire qu'un acte est involontaire quand il est fait sous la contrainte, ou par ignorance.

    Est fait par contrainte tout ce qui a son principe hors de nous, c'est-à-dire un principe dans lequel on ne relève aucun concours de l'agent ou du patient : si, par exemple, on est emporté quelque part, soit par le vent, soit par des gens qui vous tiennent en leur pouvoir.

    Mais pour les actes accomplis par crainte de plus grands maux ou pour quelque noble motif (par exemple, si un tyran nous ordonne d'accomplir une action honteuse, alors qu'il tient en son pouvoir nos parents et nos enfants, et qu'en accomplissant cette action nous assurerions leur salut, et en refusant de la faire, leur mort), pour de telles actions la question est débattue de savoir si elles sont volontaires ou involontaires. C'est là encore ce qui se produit dans le cas d'une cargaison que l'on jette par-dessus bord au cours d'une tempête : dans l'absolu, personne ne se débarrasse ainsi de son bien volontairement, mais quand il s'agit de son propre salut et de celui de ses compagnons, un homme de sens agit toujours ainsi. De telles actions sont donc mixtes, tout en ressemblant plutôt à des actions volontaires, car elles sont librement choisies au moment où on les accomplit, et la fin de l'action varie avec les circonstances de temps. On doit donc, pour qualifier une action de volontaire ou d'involontaire, se référer au moment où elle s'accomplit. Or ici l'homme agit volontairement, car le principe qui, en de telles actions, eut les parties instrumentales de son corps, réside en lui, et les choses dont le principe est en l'homme même, il dépend de lui de les faire ou de ne pas les faire. Volontaires sont donc les actions de ce genre, quoique dans l'absolu elles soient peut-être involontaires, puisque personne ne choisirait jamais une pareille action en elle-même...

    L'acte fait par ignorance est toujours non volontaire ; il n'est involontaire que si l'agent en éprouve affliction et repentir. En effet, l'homme qui, après avoir accompli par ignorance une action quelconque, ne ressent aucun déplaisir de son acte, n'a pas agi volontairement, puisqu'il ne savait pas ce qu'il faisait, mais il n'a pas non plus agi involontairement, puisqu'il n'en éprouve aucun chagrin. Les actes faits par ignorance sont dès lors de deux sortes : si l'agent en ressent du repentir, on estime qu'il a agi involontairement ; et s'il ne se repent pas, on pourra dire, pour marquer la distinction avec le cas précédent, qu'il a agi non volontairement : puisque ce second cas est différent du premier, il est préférable, en effet, de lui donner un nom qui lui soit propre.

    Il y a aussi, semble-t-il bien, une différence entre agir par ignorance et accomplir un acte dans l'ignorance : ainsi, l'homme ivre ou l'homme en colère, pense-t-on, agit non par ignorance mais par l'une des causes que nous venons de mentionner, bien qu'il ne sache pas ce qu'il fait mais se trouve en état d'ignorance. Ainsi donc tout homme pervers ignore les choses qu'il doit faire et celles qu'il doit éviter, et c'est cette sorte d'erreur qui engendre chez l'homme l'injustice et le vice en général. Mais on a tort de vouloir appliquer l'expression involontaire à une action dont l'auteur est dans l'ignorance de ce qui lui est avantageux. En effet, ce n'est pas l'ignorance dans le choix délibéré qui est cause du caractère involontaire de l'acte (elle est seulement cause de sa perversité), et ce n'est pas non plus l'ignorance des règles générales de conduite (puisque une ignorance de ce genre attire le blâme) ; ce qui rend l'action involontaire, c'est l'ignorance des particularités de l'acte, c'est-à-dire de ses circonstances et de son objet, car c'est dans ces cas-là que s'exercent la pitié et l'indulgence, parce que celui qui est dans l'ignorance de quelqu'un de ces facteurs agit involontairement.

    AristoteEthique à Nicomaque (IVe s. av JC)

     

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  • Hegel : suis-je responsable ?

    do_you_feel_guilty_____by_abz_j_harding-d651hjz.jpg"On dit volontiers : ma volonté a été déterminée par ces mobiles, circonstances, excitations et impulsions. Cette formule implique que je me suis comporté de façon passive. Mais, en réalité, mon comportement n'a pas été seulement passif : il a été actif aussi, et de façon essentielle, car c'est ma volonté qui assume telles ou telles circonstances comme mobiles, qui les fait valoir comme mobiles.

    Il n'y a pas de place ici pour la relation de cause à effet. Les circonstances ne jouent pas le rôle de cause, et ma volonté n'est pas l'effet de ces circonstances. La relation de cause à effet implique que ce qui est contenu dans la cause en dérive nécessairement. Or, par ma réflexion, je peux aller au-delà des déterminations posées par les circonstances.

    Quand un homme prétend qu'il a été entraîné par des circonstances, des excitations, etc., il entend rejeter, pour ainsi dire, sa propre conduite hors de lui-même; il se réduit ainsi à l'état d'être non-libre, purement naturel, alors que sa conduite, en vérité, est toujours sienne, non celle d'un autre ni l'effet de quelque chose d'extérieur à lui.

    Les circonstances ou mobiles n'ont jamais sur l'homme que le pouvoir qu'il leur accorde lui-même."

    Hegel, Propédeutique Philosophique (1809-1811)

     

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  • Kafka : de quoi suis-je coupable ?

    Met_Le_proces_de_Kafka.jpg"Il devait s’agir d’une calomnie car un matin, sans avoir rien fait de mal, Joseph K fut arrêté. Il attendit en vain la cuisinière de Mme Grubach, sa logeuse, qui lui apportait son petit-déjeuner tous les jours vers huit heures. Ce n’était encore jamais arrivé. K. patienta un petit moment, et il aperçut de son oreiller la vieille femme qui habitait en face de chez lui; elle était en train de l’observer avec une curiosité qui ne lui ressemblait pas du tout; à la fois troublé et affamé, il sonna. Aussitôt, on frappa à sa porte, et un homme entra, qu’il n’avait jamais vu dans ce logement. Quoique bien bâti, il était mince et portait un habit noir seyant, pourvu à la façon des costumes de voyage d’une série de plis, de poches, de boucles, de boutons et d’une ceinture; sans que l’on pût en déterminer l’utilité, ces détails le faisaient paraître particulièrement pratique. “Qui êtes-vous?” demanda K. qui s’était immédiatement redressé sur son lit. Mais l’homme ne releva pas la question, comme s’il fallait accepter sa présence...

    - Mais qu’est-ce que vous voulez?” demanda K. en faisant alterner son regard entre le nouveau personnage et celui que l’on appelait Franz, qui s’était arrêté dans l’embrasure de la porte. Par la fenêtre ouverte, on apercevait à nouveau la vieille femme qui, avec une curiosité véritablement sénile, s’était maintenant postée à une fenêtre située en face du salon afin de continuer à tout voir. “Mais je veux que Mme Grubach…” dit K. en faisant mine de se libérer des deux hommes qui pourtant se tenaient loin de lui, puis il voulut passer son chemin. “Non, dit l’homme à la fenêtre, vous n’avez pas le droit de partir puisque vous êtes en état d’arrestation.

    - Ça m’en a tout l’air”, remarqua K., puis il demanda : “Et pourquoi donc?

    - Il n’est pas de notre ressort de vous le dire. Allez dans votre chambre et patientez. Il se trouve que la procédure a été engagée, et le moment venu vous serez mis au courant de tout..."

    Franz Kafka, Le Procès (1925)

     

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